Ven­te à emporter (AI)
  • Dans le cas con­cret, la Cour d’ap­pel de Bâle-Ville nie qu’un cur­sus de psy­cho­lo­gie rem­plis­se à lui seul les élé­ments objec­tifs et sub­jec­tifs de l’ar­tic­le 321 du Code pénal.
  • Il exi­ge un lien cau­sal inten­ti­on­nel : prou­ver que la révé­la­ti­on a été fai­te uni­quement en rai­son des étu­des est pra­ti­quement impossible.

La Cour d’ap­pel du can­ton de Bâle-Ville a dû se pen­cher sur les élé­ments con­sti­tu­tifs de l’in­frac­tion visée à l’ar­tic­le 321 du Code pénal (vio­la­ti­on du secret pro­fes­si­on­nel) (décis­i­on du 13 mars 2019, GT.2019.255, Swiss­lex). La que­sti­on était de savoir si un diplô­mé en psy­cho­lo­gie pou­vait être con­cer­né par cet­te disposition.

La Cour d’ap­pel répond par la néga­ti­ve à cet­te que­sti­on dans le cas con­cret, tant du point de vue objec­tif que sub­jec­tif des faits :

Le fait que l’in­ti­mé ait fait des étu­des de psy­cho­lo­gie a pu le rend­re enco­re plus digne de con­fi­ance pour la plaignan­te. Mais il est tout aus­si pos­si­ble, à l’in­ver­se, que son carac­tère digne de con­fi­ance l’ait pré­dis­po­sé à de tel­les étu­des. Une plus gran­de fia­bi­li­té, qui peut résul­ter d’é­tu­des anté­ri­eu­res ou de la per­son­na­li­té de l’in­ti­mé […] ne suf­fit pas à éta­b­lir le lien de cau­sa­li­té néces­saire. […]. Com­me les élé­ments con­sti­tu­tifs de l’in­frac­tion de l’art. 321 CP exi­gent en out­re une inten­ti­on du côté sub­jec­tif, cel­le-ci dev­rait éga­le­ment se rap­por­ter au lien de cau­sa­li­té […]. En d’aut­res ter­mes, il dev­rait être pos­si­ble de prou­ver que l’in­ti­mé a com­mis une fau­te, qu’il savait que la plaignan­te lui avait don­né des infor­ma­ti­ons sur sa situa­ti­on per­son­nel­le lors de leur ren­cont­re for­tuite dans la rue à Zurich, uni­quement par­ce qu’il avait sui­vi des étu­des de psy­cho­lo­gie. Il est très pro­ba­ble qu’u­ne tel­le preuve ne sera pas apportée.

Le TF a donc pu lais­ser ouver­te la que­sti­on de savoir si le fait d’a­voir sui­vi des étu­des de psy­cho­lo­gie pou­vait en soi con­sti­tuer une infrac­tion au sens de l’art. 321 CP :

La que­sti­on de savoir si l’in­ti­mé est effec­ti­ve­ment titu­lai­re d’un master ou de diplô­mes équi­va­lents et sans auto­ri­sa­ti­on for­mel­le d’e­xer­cer la pro­fes­si­on, tom­be juri­di­quement sous le coup des dis­po­si­ti­ons liti­gieu­ses en matiè­re de secret pro­fes­si­on­nel, peut, au vu des con­sidé­ra­ti­ons qui sui­vent être lais­sés ouverts.