Ven­te à emporter (AI)
  • Le Tri­bu­nal fédé­ral a reje­té le recours du can­ton et a déci­dé que la direc­tion zurichoi­se de la san­té devait déci­der de l’ac­cès aux docu­ments de la CDS, mais n’est pas entré en matiè­re sur le recours, fau­te de légitimité.
  • Le tri­bu­nal a con­sta­té que le prin­ci­pe de trans­pa­rence selon la LDI/ZH don­ne droit à l’ac­cès indé­pen­dam­ment de l’o­ri­gi­ne des docu­ments, mais que l’o­ri­gi­ne reste per­ti­nen­te lors de la pesée des intérêts.

La direc­tion de la san­té zurichoi­se dev­ra désor­mais déci­der de l’ac­cès aux docu­ments de la Con­fé­rence des direc­tri­ces et direc­teurs can­tonaux de la san­té (CDS). Le Tri­bu­nal fédé­ral a reje­té le recours du can­ton qui met­tait en gar­de cont­re une “rup­tu­re de bar­ra­ge”. 1C_370/2020 du 14 juin 2021.

La Direc­tion de la san­té avait déjà reje­té la deman­de de l’as­so­cia­ti­on Öffentlichkeitsgesetz.ch en aut­om­ne 2018. L’ob­jet était des invi­ta­ti­ons et des Ord­re du jour des réuni­ons du comi­té direc­teur de la CDS. L’as­so­cia­ti­on a fait appel de la décis­i­on de recours, éga­le­ment reje­tée, auprès du tri­bu­nal admi­ni­stra­tif de Zurich. Celui-ci a ren­voyé l’af­fai­re à la direc­tion le 14 mai 2020 pour un com­plé­ment d’en­quête et une nou­vel­le décis­i­on (juge­ment VB.2020.00112).

Sur le plan maté­ri­el, le requé­rant avait invo­qué la loi zurichoi­se sur l’in­for­ma­ti­on et la pro­tec­tion des don­nées (IDG/ZH). Selon cet­te loi, les docu­ments offi­ci­els en prin­ci­pe acce­s­si­ble (§ 20, al. 1), à moins qu’u­ne aut­re dis­po­si­ti­on ou des inté­rêts prépon­dé­rants ne s’y oppo­sent (§ 23, al. 1). La direc­tion de la san­té a, quant à elle, esti­mé qu’il ne fallait pas “au détour d’un seul can­ton“La requé­ran­te a fait valoir qu’el­le ne pou­vait pas con­sul­ter les docu­ments des orga­nes inter­can­tonaux (VGer ZH, con­sid. 2.3.3 a.E.). Devant le Tri­bu­nal fédé­ral, elle a fait valoir en con­sé­quence que

le can­ton de Zurich n’a enco­re jamais publié de docu­ments d’u­ne orga­ni­sa­ti­on inter­can­to­na­le sur la base du prin­ci­pe de trans­pa­rence. Une tel­le décis­i­on con­sti­tuer­ait un Rup­tu­re de bar­ra­ge d’autant plus qu’il intro­dui­rait le prin­ci­pe de la trans­pa­rence pour les insti­tu­ti­ons inter­can­to­na­les et aurait ain­si des réper­cus­sions géné­ra­les sur la publi­ci­té des insti­tu­ti­ons inter­can­to­na­les.” (TF, con­sid. 2.3).

Le Tri­bu­nal fédé­ral a tout de suite nié la Qua­li­té pour recour­ir de la coll­ec­ti­vi­té (con­sid. 1), car l’in­stance pré­cé­den­te a jus­qu’à pré­sent “a uni­quement déci­dé que la direc­tion de la san­té était com­pé­ten­te” (E. 2.4). Il s’est néan­mo­ins per­mis d’in­di­quer que l’o­ri­gi­ne des docu­ments n’é­tait pas déter­mi­nan­te pour l’ap­pli­ca­ti­on du prin­ci­pe de transparence :

Au con­trai­re, selon le § 20 ali­néa 1 IDG/ZH, tou­te per­son­ne a le droit d’ac­cé­der aux infor­ma­ti­ons déte­nues par un orga­ne public, ‘[…] indé­pen­dam­ment de leur for­me de pré­sen­ta­ti­on et de leur sup­port d’in­for­ma­ti­on’ (§ 3 ali­néa 2 IDG/ZH).” (E. 2.4)

En même temps, il a pré­cisé que ces visi­on cen­trée sur le desti­na­tai­re pas d’ex­ten­si­on du prin­ci­pe de trans­pa­rence à des insti­tu­ti­ons inter­can­to­na­les (con­sid. 2.4). De plus, l’o­ri­gi­ne des docu­ments serait tout de même “sur la que­sti­on de l’oc­troi de l’ac­cès et notam­ment sur la mise en balan­ce des inté­rêts en pré­sence”(E. 2.5).

En con­clu­si­on, le Tri­bu­nal fédé­ral n’est pas entré en matiè­re sur le recours du can­ton, fau­te de légiti­ma­ti­on (con­sid. 3), et a recom­man­dé, pour le cas où “l’in­stance infé­ri­eu­re a fina­le­ment fait droit à la deman­de de con­sul­ta­ti­on con­te­stée en l’e­spè­ce” (E. 2.5).