Ven­te à emporter (AI)
  • Les accords de con­fi­den­tia­li­té ent­re par­ti­cu­liers et auto­ri­tés ne satis­font à l’art. 7, al. 1, let. h, LTrans que de maniè­re rest­ric­ti­ve, s’ils sont volon­tai­res, non équi­vo­ques et expres­sé­ment exigés.
  • La for­me écri­te et une preuve clai­re sont pra­ti­quement néces­saires ; les auto­ri­tés ne doi­vent pas com­mu­ni­quer de maniè­re proac­ti­ve aux par­ti­cu­liers des modes de com­pré­hen­si­on différents.

L’ac­cès à des docu­ments offi­ci­els peut être refusé lorsqu’u­ne per­son­ne pri­vée les trans­met volon­tai­re­ment et que l’au­to­ri­té a garan­ti leur con­fi­den­tia­li­té (art. 7, al. 1, let. h, LTrans). Néan­mo­ins, tout accord de con­fi­den­tia­li­té ne pro­tège pas d’u­ne con­sul­ta­ti­on selon la loi sur la trans­pa­rence. L’ar­rêt du Tri­bu­nal fédé­ral est ins­truc­tif à cet égard 1C_500/2020 du 11 mars 2021.

Dans ce cas, Swis­s­com avait vou­lu évi­ter la remi­se de docu­ments à la Télé­vi­si­on sui­s­se roman­de. C’est la Cor­re­spond­ance avec le PFPDTIl a con­seil­lé Swis­s­com dans le cad­re de l’art. 28 LPD lorsque cel­le-ci a été con­fron­tée à une importan­te fuite de don­nées en 2017.

Il était incon­test­a­ble que le PFPDT avait assu­ré à Swis­s­com, lors de l’en­tre­ti­en télé­pho­ni­que du 22 décembre 2017, que les infor­ma­ti­ons qui lui avai­ent été con­fiées con­fi­den­tiel (con­sid. 3.3.1). Le point liti­gieux de la pro­cé­du­re sui­van­te était la que­sti­on de l’é­ten­due de cet­te “garan­tie”.

Le PFPDT a sou­hai­té que l’assu­rance don­née soit com­pri­se de maniè­re extrê­me­ment rest­ric­ti­ve, en ce sens qu’il a sim­ple­ment renon­cé à se rend­re public de sa pro­pre initia­ti­ve. Selon lui, la con­fi­den­tia­li­té con­ve­nue se limi­tait à don­ner à Swis­s­com la pos­si­bi­li­té d’in­for­mer elle-même les per­son­nes con­cer­nées, ce qui a été fait par le com­mu­ni­qué de pres­se du 7 février 2018. En fin de comp­te, le prin­ci­pe de trans­pa­rence serait vidé de son con­te­nu si l’ad­mi­ni­stra­ti­on pou­vait déli­v­rer sys­té­ma­ti­quement des lais­sez-pas­ser sous la for­me de tel­les assu­ran­ces (con­sid. 3.3.2).

Les recou­ran­tes ont éga­le­ment argu­men­té sur la base du sens et de l’ob­jec­tif, en con­sidé­rant à l’in­ver­se que le secret con­ve­nu était pri­vé de son but. Selon elles, elles pou­vai­ent de bon­ne foi par­tir du prin­ci­pe que le secret couvrait éga­le­ment d’é­ven­tu­el­les deman­des de LTrans. L’hy­po­thè­se con­trai­re était d’ail­leurs “absur­de”, car Swis­s­com n’au­rait en aucun cas accep­té un tel accord en sach­ant qu’il pour­rait être faci­le­ment con­tour­né par le biais de la LTrans (con­sid. 3.3.2).

Le Tri­bu­nal fédé­ral s’est ran­gé à l’a­vis du PFPDT et a esti­mé que l’ac­cord de con­fi­den­tia­li­té ne répon­dait pas aux exi­gen­ces de l’art. 7, al. 1, let. h, LTrans. Un tel accord ne peut être que “.très rest­ric­tif et au cas par cas”(con­sid. 3.2). Se fond­ant sur le mes­sa­ge du Con­seil fédé­ral, la pra­tique du PFPDT et la doc­tri­ne unani­me en la matiè­re, il a for­mulé à cet effet trois con­di­ti­ons cumulatives :

  • L’in­for­ma­ti­on doit être four­nie par une Par­ti­cu­lier (et non par une aut­re auto­ri­té tout aus­si sou­mi­se au prin­ci­pe de transparence) ;
  • La com­mu­ni­ca­ti­on doit volon­tai­re et en l’ab­sence d’ob­li­ga­ti­on léga­le ou aut­re (“libre­ment, c’est-à-dire […] sans con­train­te”) ;
  • L’assu­rance doit est don­né sans ambi­guï­té et deman­dé expres­sé­ment être (“expres­sé­ment accor­dé […] à la deman­de expli­ci­te”).

Le Tri­bu­nal fédé­ral a admis que le tex­te de loi ne con­te­nait aucu­ne pre­scrip­ti­on de for­me, mais a souli­g­né dans la foulée que la for­me écri­te s’im­po­sait ne serait-ce que pour des rai­sons de preuve. Le Tri­bu­nal fédé­ral a éga­le­ment reje­té l’ar­gu­ment sub­si­di­ai­re selon lequel le PFPDT aurait dû, selon les règles de la bon­ne foi, infor­mer Swis­s­com de sa com­pré­hen­si­on appa­rem­ment divergente :

L’ad­mi­ni­stra­ti­on publi­que n’est en effet pas tenue, de sa pro­pre initia­ti­ve, d’at­ti­rer l’at­ten­ti­on des pri­vés sur la con­fi­den­tia­li­té […].” (E. 3.3.2 in fine)

Le fait que Swis­s­com ait enco­re noté ses infor­ma­ti­ons com­me “secrè­tes” en jan­vier 2018 et les ait qua­li­fi­ées de “natu­rel­le­ment tou­jours con­fi­den­ti­el­les” s’est donc révé­lé inu­tile. Et ce d’autant plus que les cad­res impli­qués “suf­fi­sam­ment qua­li­fi­és en matiè­re de pro­tec­tion des don­nées“La Com­mis­si­on a esti­mé que les par­ties n’é­tai­ent pas en mesu­re de four­nir des infor­ma­ti­ons sur l’é­tat d’a­vance­ment de la pro­cé­du­re et qu’el­les n’au­rai­ent donc pas dû se con­ten­ter de pro­mes­ses ora­les (con­sid. 3.3.2).

Enfin, l’in­vo­ca­ti­on d’u­ne pesée erro­n­ée des inté­rêts selon l’art. 7, al. 2, LTrans n’a pas non plus por­té ses fruits : l’in­stance pré­cé­den­te a suf­fi­sam­ment tenu comp­te des inté­rêts de la per­son­na­li­té en rendant anony­mes les don­nées des employés con­cer­nés et en noir­cis­sant en out­re un chif­fre (con­sid. 4.2). Le recours a été reje­té dans son intégralité.