Ven­te à emporter (AI)
  • Le Tri­bu­nal fédé­ral inter­prè­te l’art. 19 al. 2 LIAG de maniè­re stric­te : l’AFC ne peut inter­ve­nir maté­ri­el­le­ment qu’en cas d’err­eurs de trans­mis­si­on ayant un lien de cau­sa­li­té avec l’opé­ra­ti­on de transmission.
  • Con­sé­quence : les per­son­nes con­cer­nées doi­vent en prin­ci­pe s’adress­er à l’é­ta­blis­se­ment finan­cier pour obte­nir des infor­ma­ti­ons, une rec­ti­fi­ca­ti­on ou une sup­pres­si­on ; les voies de droit cont­re la ban­que relè­vent du droit civil.

La loi fédé­ra­le sur l’é­ch­an­ge auto­ma­tique inter­na­tio­nal de rens­eig­ne­ments en matiè­re fis­ca­le (LEAR) règ­le ent­re aut­res les voies de recours cont­re une trans­mis­si­on de don­nées par le biais de l’en­trai­de admi­ni­stra­ti­ve. Son art. 19, al. 1, décla­re expres­sé­ment que les per­son­nes con­cer­nées dis­po­sent des droits pré­vus par la LPD à l’é­gard de l’é­ta­blis­se­ment finan­cier – donc en par­ti­cu­lier des droits d’ac­cès, de rec­ti­fi­ca­ti­on et de sup­pres­si­on (art. 5, 15, 25 LPD). En revan­che, vis-à-vis de l’Ad­mi­ni­stra­ti­on fédé­ra­le des con­tri­bu­ti­ons (AFC), les per­son­nes con­cer­nées ne peu­vent que deman­der des rens­eig­ne­ments et exi­ger une rec­ti­fi­ca­ti­on, pour autant que les don­nées inexac­tes “.repo­sent sur des err­eurs de trans­mis­si­on”(artic­le 19, para­gra­phe 2, pre­miè­re phra­se, de l’AI­AG). Ce n’est que dans le cas où la trans­mis­si­on ent­raî­ne des incon­vé­ni­ents inac­cep­ta­bles en rai­son de l’ab­sence de garan­ties de l’É­tat de droit que la loi ren­voie à la pro­tec­tion juri­di­que cont­re les actes réels (art. 19, al. 2, 2e phra­se, en rela­ti­on avec l’art. 25, al. 2, de la loi sur la pro­tec­tion des don­nées). art. 25a PA).

Le Tri­bu­nal fédé­ral s’est pen­ché sur l’in­ter­pré­ta­ti­on de cet art. 19 al. 2 LSA dans l’ar­rêt 2C_780/2020 Le plaignant avait deman­dé en vain à l’AFC de sup­p­ri­mer ses coor­don­nées des don­nées à trans­mett­re à l’Ar­gen­ti­ne, qui l’i­den­ti­fi­ai­ent com­me titu­lai­re d’un comp­te de contrôle.

L’ob­s­ta­cle à un juge­ment par le Tri­bu­nal fédé­ral était éle­vé dans ce cas, car les décis­i­ons dans le domaine de l’as­si­stance admi­ni­stra­ti­ve inter­na­tio­na­le en matiè­re fis­ca­le ne peu­vent fai­re l’ob­jet d’un recours que si une que­sti­on juri­di­que de prin­ci­pe se pose ou si le cas est d’u­ne aut­re maniè­re “par­ti­cu­liè­re­ment important” (art. 84a en rela­ti­on avec 84 al. 2 LTF). En l’oc­cur­rence, le Tri­bu­nal fédé­ral est entré en matiè­re sur le recours par­ce qu’il a jugé que la que­sti­on “l’é­ten­due du droit à la pro­tec­tion des don­nées vis-à-vis de l’AFC“Le Tri­bu­nal fédé­ral a esti­mé que la que­sti­on de l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on était con­tro­ver­sée et d’u­ne gran­de importance pra­tique (con­sid. 1.3).

Le Tri­bu­nal fédé­ral s’est débar­ras­sé de la que­sti­on, éga­le­ment con­tro­ver­sée, de savoir dans quel­le mesu­re la pro­tec­tion juri­di­que accor­dée par l’art. 19 LRAI est con­for­me aux droits fon­da­men­taux, en repro­chant au recou­rant de ne pas avoir satis­fait à son obli­ga­ti­on accrue de se plaind­re dans ce domaine (con­sid. 4.3). De maniè­re frap­pan­te, il y est néan­mo­ins reve­nu dans son appré­cia­ti­on maté­ri­el­le et a repro­duit dans un con­sidé­rant entier – sans le com­men­ter – la lit­té­ra­tu­re la plus récen­te qui s’ex­prime de maniè­re cri­tique sur la con­for­mi­té de la dis­po­si­ti­on à la Con­sti­tu­ti­on et à la Con­ven­ti­on (con­sid. 5.4).

Par­tant de l’u­sa­ge cou­rant, de l’hi­sto­ri­que et de l’ob­jec­tif de la dis­po­si­ti­on, le Tri­bu­nal fédé­ral s’est pro­non­cé en faveur d’u­ne com­pré­hen­si­on étroi­te de la noti­on. Selon lui, il n’y a pas de place pour une réduc­tion téléo­lo­gi­que, com­me l’e­xi­ge une par­tie de la doc­tri­ne (con­sid. 5.5). Par con­sé­quent, l’AFC ne peut et ne doit pas pro­cé­der à un examen maté­ri­el et ne doit pas remett­re en que­sti­on l’ap­pré­cia­ti­on juri­di­que de l’é­ta­blis­se­ment finan­cier (con­sid. 5.6.2). Elle ne doit donc inter­ve­nir que “si le carac­tère erro­né des don­nées cau­sa­le avec l’opé­ra­ti­on de trans­mis­si­on est lié” (E. 5.2). Le champ d’ap­pli­ca­ti­on de l’ ”err­eur de trans­mis­si­on” se réduit ain­si pour l’e­s­sen­tiel à de “simp­les omis­si­ons” com­mi­ses par les éta­blis­se­ments finan­ciers lors de la remi­se des docu­ments (con­sid. 5.3).

Com­me rien n’in­di­quait en l’e­spè­ce que les don­nées n’a­vai­ent été fal­si­fi­ées qu’au moment de leur trans­mis­si­on, le recou­rant ne pou­vait pas dédui­re de l’art. 19 al. 2 LIAG un droit de rec­ti­fi­ca­ti­on à l’en­cont­re de l’AFC (con­sid. 5.7). Le Tri­bu­nal fédé­ral a reje­té la plain­te et a indi­qué au recou­rant qu’il devait “s’en tenir uni­quement à la ban­que” à cet égard. Au cas où cel­le-ci refu­se­rait une rec­ti­fi­ca­ti­on, il l’a ren­voyé à la voie civi­le (con­sid. 5.8).