Ven­te à emporter (AI)
  • Le TAF pré­cise que les tiers dont les don­nées doi­vent être trans­mi­ses aux auto­ri­tés fis­ca­les étran­gè­res requé­ran­tes doi­vent éga­le­ment être infor­més au préalable.
  • Si des tiers ne sont pas vrais­em­bla­blem­ent per­tin­ents, leur trans­mis­si­on de don­nées n’est pas auto­ri­sée ; sinon, des déro­ga­ti­ons sont auto­ri­sées en cas de char­ge de tra­vail disproportionnée.

Selon TAF les per­son­nes non con­cer­nées par une deman­de d’as­si­stance admi­ni­stra­ti­ve inter­na­tio­na­le et dont les don­nées doi­vent être trans­mi­ses aux auto­ri­tés requé­ran­tes doi­vent éga­le­ment être infor­mées au préalable.

Le con­tex­te était celui d’u­ne Recom­man­da­ti­on du PFPDT du 18 décembre 2017. La recom­man­da­ti­on était diri­gée cont­re la pra­tique de l’AFC con­si­stant à n’in­for­mer, dans le cad­re de l’as­si­stance admi­ni­stra­ti­ve amé­ri­cai­ne, que les per­son­nes for­mel­le­ment con­cer­nées par les requêtes. Les aut­res tiers appa­rais­sant dans les docu­ments ban­cai­res édi­tés sont sim­ple­ment con­sidé­rés com­me “indi­rec­te­ment con­cer­nés” “en rai­son de l’ab­sence de lien avec l’ob­jet du liti­ge” et donc com­me “n’a­yant pas en soi qua­li­té pour recour­ir” – et ne sont par con­sé­quent pas non plus infor­més par l’AFC (recom­man­da­ti­on, p. 3).

L’AFC a reje­té la recom­man­da­ti­on du PFPDT. Selon elle, la recom­man­da­ti­on n’est pas com­pa­ti­ble avec l’ob­li­ga­ti­on de droit inter­na­tio­nal public de la Sui­s­se de garan­tir un éch­an­ge d’in­for­ma­ti­ons effi­cace. Le PFPDT a deman­dé sans suc­cès au Dépar­te­ment fédé­ral des finan­ces, sur la base de l’art. 27 al. 5 LPD, d’ob­li­ger l’AFC à mett­re en œuvre sa recom­man­da­ti­on. Le PFPDT a alors dépo­sé un recours auprès du TAF.

Extrait des con­sidé­rants du TAF :

4.7 Com­me résul­tat inter­mé­di­ai­re, on peut donc rete­nir que, dans la pré­sen­te pro­cé­du­re, le DSG en rai­son des dis­po­si­ti­ons léga­les spé­cia­les rela­ti­ves à la pro­tec­tion des don­nées con­te­nues dans la StA­hiG et dans la con­ven­ti­on de dou­ble impo­si­ti­on ent­re la Sui­s­se et les États-Unis (cf. ci-après) uni­quement à tit­re d’ai­de à l’in­ter­pré­ta­ti­on s’ap­pli­que. C’est pour­quoi les règles de base de l’as­si­stance admi­ni­stra­ti­ve en matiè­re fis­ca­le, y com­pris les dis­po­si­ti­ons rela­ti­ves à la pro­tec­tion des don­nées, que le recou­rant a invo­quées sur la base de l’art. 27, al. 1, de la loi sur la pro­tec­tion des don­nées, sont pré­sen­tées ci-après. DSG éga­le­ment surveillé.

5.5 En gui­se de con­clu­si­on inter­mé­di­ai­re, on peut rete­nir que les tiers, c’est-à-dire les per­son­nes qui ne sont pas direc­te­ment con­cer­nées par la pro­cé­du­re d’as­si­stance admi­ni­stra­ti­ve, ont le droit, en ver­tu de l’art. 14, al. 2, LAPI, d’êt­re infor­més dès que les don­nées les con­cer­nant en vue de leur trans­mis­si­on à une auto­ri­té fis­ca­le requé­ran­te vrais­em­bla­blem­ent per­ti­nent au sens de l’art. 4, al. 3, LCPI et de l’art. 26 CDI CH-USA 96. Si elles ne sont pas vrais­em­bla­blem­ent per­ti­nen­tes, la trans­mis­si­on de leurs don­nées est inter­di­te et leurs don­nées doi­vent être sépa­rées ou ren­dues mécon­naissa­bles (art. 17, al. 2, StA­hiG). Selon la juris­pru­dence, la noti­on de per­son­ne non con­cer­née au sens de l’art. 4 al. 3 LAPI doit être com­pri­se de maniè­re rest­ric­ti­ve, c’est-à-dire qu’il con­vi­ent de pro­té­ger les per­son­nes qui n’ont rien à voir avec les faits décrits dans la deman­de d’as­si­stance admi­ni­stra­ti­ve et dont les noms appa­rais­sent pure­ment par hasard dans les docu­ments à transmettre.

7. En résu­mé, on peut donc dire que les per­son­nes non con­cer­nées par une deman­de d’as­si­stance admi­ni­stra­ti­veLes per­son­nes con­cer­nées sont les per­son­nes dont les don­nées doi­vent être trans­mi­ses aux auto­ri­tés amé­ri­cai­nes et aux aut­res auto­ri­tés requé­ran­tes, doi­vent être infor­més au pré­alable, en prin­ci­pe sur la base de la pro­tec­tion juri­di­que qui leur est accor­dée par la LCPI et par la LPD. Dans les cas où l’in­for­ma­ti­on requi­se ent­raî­nerait un tra­vail dis­pro­por­ti­onné et ren­drait impos­si­ble ou retar­derait de maniè­re dis­pro­por­ti­onnée l’exé­cu­ti­on de l’as­si­stance admi­ni­stra­ti­ve, les auto­ri­tés com­pé­ten­tes doi­vent éla­bo­rer des solu­ti­ons com­mu­nes sous une for­me appro­priée, par exemp­le au moy­en de direc­ti­ves ou de lignes direc­tri­ces, au sens de régle­men­ta­ti­ons d’exception.

Le juge­ment du 3 sep­tembre 2019 publié hier n’est pas enco­re défi­ni­tif. Il faut s’at­tendre à un recours devant le Tri­bu­nal fédéral.