Ven­te à emporter (AI)
  • Art. 48 Abs. 1 KG erlaubt der WEKO die Ver­öf­fent­li­chung von Ent­schei­den ein­schliess­lich Schluss­be­rich­ten; damit besteht eine kar­tell­ge­setz­li­che Grundlage.
  • Geschäfts­ge­heim­nis­se sind nach Art. 25 Abs. 4 KG grund­sätz­lich ohne Inter­es­sen­ab­wä­gung zu schüt­zen; schüt­zens­wer­te Umsatz‑ und Markt­an­ga­ben sind zu schwärzen.
  • Für son­sti­ge Per­so­nen­da­ten ist eine Abwä­gung nach Art. 19 Abs. 4 DSG vor­zu­neh­men; öffent­li­ches Inter­es­se an Trans­pa­renz kann pri­va­ten Schutz­in­ter­es­sen vorgehen.

Dans son arrêt du 16 avril 2021, le Tri­bu­nal admi­ni­stra­tif fédé­ral s’est pen­ché sur la que­sti­on, dans quel­le mesu­re la COMCO est habi­li­tée à publier ses rap­ports finaux (TAF B‑4139/2015). Son arrêt de prin­ci­pe BVGE 2020 IV/3 Il a éga­le­ment exami­né la con­for­mi­té de la publi­ca­ti­on avec la légis­la­ti­on sur la pro­tec­tion des données.

La COMCO clôt la pro­cé­du­re d’en­quête pré­alable par un rap­port final. Dans ce rap­port, elle déter­mi­ne s’il exi­ste des indi­ces d’u­ne rest­ric­tion illi­ci­te à la con­cur­rence selon l’art. 5 ou 7 LCart. Aucun recours n’est pos­si­ble cont­re le rap­port final en soi (con­sid. 3.3). Tou­te­fois, sa publi­ca­ti­on est con­test­a­ble en tant qu’ac­te réel (con­sid. 3.5), ce dont la plaignan­te avait fait usa­ge dans cet­te procédure.

Le Tri­bu­nal admi­ni­stra­tif fédé­ral a tout d’a­bord con­sta­té que l’art. 48 al. 1 LCart per­met­tait aux auto­ri­tés de la con­cur­rence de publier leurs décis­i­ons et con­sti­tuait ain­si une base suf­fi­san­te pour la publi­ca­ti­on des rap­ports finaux (con­sid. 4.1, 9.1). Il a ain­si con­fir­mé son Arrêt de prin­ci­pe ATF 2020 IV/3qui avait ent­re-temps été con­fir­mé suite à la non-entrée en matiè­re sur le recours (TF 2C_250/2019). Elle a ensuite exami­né si le rap­port cor­ri­gé respec­tait le secret des affai­res, com­me l’e­xi­ge l’art. 25, al. 4, LCart (con­sid. 5.1). A cet égard, l’au­to­ri­té est cer­tes “une cer­taine mar­ge d’ap­pré­cia­ti­on“Elle doit éga­le­ment veil­ler à ce que les décis­i­ons publiées restent com­pré­hen­si­bles mal­gré les cavi­ar­d­a­ges (con­sid. 5.2 et 5.5.6). Néan­mo­ins, com­me pour les secrets d’af­fai­res selon l’art. 7, al. 1, let. g, LTrans (TAF A‑4494/2020, E. 4.2.3) – pas de pesée des inté­rêts à pro­pre­ment par­ler aura lieu :

S’il est ensuite éta­b­li qu’il s’a­git d’un secret d’af­fai­res, celui-ci est pro­té­gé. Il doit être pré­ser­vé et les faits rela­tifs au secret d’af­fai­res ne doi­vent pas être publiés.” (E. 5.2)

Dans le cas con­cret, le tri­bu­nal a ordon­né, en ce qui con­cer­ne trois chif­fres, que les don­nées rela­ti­ves au chif­fre d’af­fai­res et aux parts de mar­ché qui y sont men­ti­onnées soi­ent noir­ci­es ou du moins indi­quées dans des fourchet­tes (con­sid. 5.5.2 s.). Pour le reste, il a reje­té les deman­des d’oc­cul­ta­ti­on (con­sid. 5.6).

Lors de l’ex­amen de la con­for­mi­té avec la LPD, le tri­bu­nal a pro­cé­dé à un tri : Alors que les secrets d’af­fai­res sont ici aus­si pro­té­gés par la règ­le spé­cia­le de Art. 25 al. 4 LCartde maniè­re géné­ra­le, c’est-à-dire sans pro­cé­der à une pesée d’in­té­rêts“En ce qui con­cer­ne les aut­res don­nées per­son­nel­les, il con­vi­ent de mett­re en balan­ce l’in­té­rêt pri­vé au main­ti­en du secret et l’in­té­rêt public à la publi­ca­ti­on (Art. 19 al. 4 LPD; E. 6.5). Dans cer­tai­nes cir­con­stances, les ent­re­pri­ses peu­vent donc être amenées à publier une ver­si­on cor­ri­gée de ces rap­ports finaux “.même si les cir­con­stances per­met­tent d’i­den­ti­fier les per­son­nes ou les ent­re­pri­ses qui se cachent der­riè­re un pseud­ony­me.” (E. 6.5.1).

En l’e­spè­ce, le tri­bu­nal a accor­dé la prio­ri­té à l’in­té­rêt public à la sécu­ri­té juri­di­que et à la trans­pa­rence par rap­port à l’in­té­rêt pri­vé de la plaignan­te à sa bon­ne répu­ta­ti­on (con­sid. 6.6). En ce qui con­cer­ne les chif­fres clés à rend­re anony­mes, il a admis le recours et ren­voyé l’af­fai­re à la COMCO dans le sens des con­sidé­rants (con­sid. 9.2).