Le TAF a reje­té un recours cont­re une décis­i­on du PFPDT et con­fir­mé l’in­jonc­tion d’in­for­mer les per­son­nes con­cer­nées (arrêt A‑3790/2024 du 8 avril 2026). Il cri­tique tou­te­fois sévè­re­ment la con­duite de la pro­cé­du­re par le PFPDT en ce sens qu’il vio­la­ti­ons gra­ves du droit d’êt­re enten­du ou vio­la­ti­on de l’ob­li­ga­ti­on de l’au­to­ri­té de moti­ver sa décis­i­on reconnaît.

En l’oc­cur­rence, il s’a­gis­sait de Obli­ga­ti­on d’in­for­mer les per­son­nes con­cer­nées d’u­ne vio­la­ti­on de la sécu­ri­té des don­nées (le Blick a rap­por­té):

  • Sky­Sa­le Schweiz (repré­sen­té ici par Me Mar­tin Stei­ger) exploi­te la bou­tique en ligne apfelkiste.ch. Pour trai­ter les cas d’as­si­stance, Apfel­ki­ste uti­li­se des URL spé­ci­fi­ques au cli­ent avec une valeur de hachage impos­si­ble à devi­ner (appa­rem­ment par­ce que Apfel­ki­ste auto­ri­se les com­man­des d’invités).
  • Ces URL se sont retrou­vées dans l’in­dex des moteurs de recher­che, sur­tout Bing. Les don­nées de cont­act, le con­te­nu des com­mu­ni­ca­ti­ons, les don­nées ban­cai­res (IBAN) et d’aut­res don­nées ont ain­si été divul­guées. Pen­dant envi­ron huit mois, au moins 19 000 cas ont été concernés.
  • Après avoir été infor­mé par une tier­ce per­son­ne, Apfel­ki­ste a signa­lé l’in­ci­dent au PFPDT et a pris des mesu­res, notam­ment en blo­quant le craw­ler de Bing et en redi­ri­geant les URL con­cer­nées vers une aut­re page d’atterrissage.

Apfel­ki­ste avait renon­cé à infor­mer les per­son­nes con­cer­nées. Après une enquête, le PFPDT a ordon­né l’in­for­ma­ti­on des per­son­nes con­cer­nées. Com­me il s’é­tait éga­le­ment expri­mé dans la décis­i­on sur les excep­ti­ons ou la publi­ca­ti­on, il n’é­tait pas clair ce qui était con­crè­te­ment deman­dé à Apfel­ki­ste. Le TAF a néan­mo­ins reje­té le recours de Apfel­ki­ste, même si c’est avec des pince­ments au vent­re évidents.

Ordon­ner l’in­for­ma­ti­on des per­son­nes concernées

Après avoir échan­gé une cor­re­spond­ance avec le PFPDT, Apfel­ki­ste n’a pas infor­mé les cli­ents con­cer­nés, ce qui a amené le PFPDT à ordon­ner une tel­le information :

[…], Sky­Sa­le Schweiz GmbH a fait savoir au PFPDT qu’el­le ne juge­ait pas néces­saire d’in­for­mer les per­son­nes con­cer­nées. Les mesu­res qu’el­le a pri­ses ont été effi­caces. Il n’y a pas eu de on ne voit pas quel­les mesu­res sup­p­lé­men­tai­res serai­ent ouver­tes aux per­son­nes con­cer­nées pour rédui­re les ris­ques […] en plus des mesu­res qu’el­le a elle-même pri­ses. En out­re, l’in­for­ma­ti­on des per­son­nes con­cer­nées n’est pas pos­si­ble ou ne peut être mise en œuvre qu’au prix d’ef­forts disproportionnés.

Le TAF repro­duit le dis­po­si­tif de la décis­i­on com­me suit :

Par décis­i­on du 28 mai 2024, le PFPDT a obli­gé Sky­Sa­le Schweiz GmbH à infor­mer les per­son­nes con­cer­nées par la […] vio­la­ti­on de la sécu­ri­té des don­nées dans un délai de 10 jours à comp­ter de l’en­trée en force de la décis­i­on (chif­fre 1). Le PFPDT a indi­qué que le type et le con­te­nu de l’in­for­ma­ti­on devai­ent être con­for­mes aux pre­scrip­ti­ons de la légis­la­ti­on sur la pro­tec­tion des don­nées (chif­fre 2). En out­re, les per­son­nes phy­si­ques respons­ables du respect de la décis­i­on […] ont été expres­sé­ment infor­mées que la décis­i­on était ren­due sous la men­ace d’u­ne amen­de con­for­mé­ment à la loi sur la pro­tec­tion des don­nées (chif­fre 3). Enfin, un émo­lu­ment d’un mon­tant total de 2’850 francs a été impo­sé à Sky­Sa­le Schweiz GmbH (chif­fre 4).

Que­sti­ons de procédure

Cet­te décis­i­on a été ren­due après une enquête cor­re­spond­an­te (ce qui dev­rait être la règ­le, mais qui, selon l’a­vis de Str. L’a­vis n’est pas tou­jours obli­ga­toire). L’in­for­ma­ti­on des per­son­nes con­cer­nées n’a tou­te­fois pas été ordon­née à tit­re pré­ven­tif, ce qui aurait en prin­ci­pe été pos­si­ble (art. 55 al. 2 PA) :

Par décis­i­on du 28 mai 2024, le PFPDT a obli­gé Sky­Sa­le Schweiz GmbH à infor­mer les per­son­nes con­cer­nées […] de la vio­la­ti­on de la sécu­ri­té des don­nées. dans les 10 jours à comp­ter de l’en­trée en force de la décis­i­on […]. Le PFPDT a indi­qué que le type et le con­te­nu de l’in­for­ma­ti­on devai­ent être con­for­mes à la légis­la­ti­on sur la pro­tec­tion des don­nées (chif­fre 2). […]

Il a éga­le­ment été repro­ché une insuf­fi­sance Éta­blis­se­ment des faits. Jus­qu’à pré­sent, la décis­i­on elle-même n’est pas dis­po­ni­ble pour le public, ce qui ne va pas de soi : le PFPDT a mal­heu­reu­se­ment une con­cep­ti­on très géné­reu­se de l’in­for­ma­ti­on du public auto­ri­sée par l’art. 57, al. 2 LPD. En con­sé­quence, il n’est pas pos­si­ble de véri­fier les griefs de Apfel­ki­ste con­cer­nant les faits – mais le fait que les décis­i­ons ne trai­tent les faits que de maniè­re lacun­aire ou impré­cise cor­re­spond en tout cas à une cer­taine expé­ri­ence. Le TAF peut et doit en tout cas éta­b­lir lui-même les faits :

Le Tri­bu­nal admi­ni­stra­tif fédé­ral sta­tue en prin­ci­pe avec un pou­voir de cogni­ti­on illi­mi­té ; il exami­ne la décis­i­on atta­quée sous l’ang­le des vio­la­ti­ons du droit – y com­pris la con­sta­ta­ti­on inexac­te et incom­plè­te des faits per­tin­ents et les err­eurs de droit dans l’e­xer­ci­ce du pou­voir d’ap­pré­cia­ti­on – ain­si que sous l’ang­le de l’a­dé­qua­ti­on (art. 49 PA). Le Tri­bu­nal admi­ni­stra­tif fédé­ral éta­blit ensuite d’of­fice les faits per­tin­ents, sous réser­ve de l’ob­li­ga­ti­on de col­la­bo­rer des parties […].

Du droit à la droit d’êt­re enten­du il en résul­te en out­re un droit des par­ties à ce que leurs argu­ments soi­ent pris en comp­te. La que­sti­on de savoir si cela avait été fait dans le cas pré­sent a été con­te­stée devant le TAF, car une pri­se de posi­ti­on n’a­vait pas été men­ti­onnée dans la décis­i­on, ou en tout cas pas expres­sé­ment. Selon le TAF, le PFPDT n’est pas non plus tenu de le fai­re – il suf­fit que les pri­ses de posi­ti­on soi­ent ver­sées au dos­sier, du moins si le dérou­le­ment de la pro­cé­du­re per­met de con­stater que la pri­se de posi­ti­on a été pri­se en comp­te et de quel­le maniè­re (ici par une adap­t­ati­on de la décision).

Le TAF fixe éga­le­ment des exi­gen­ces assez bas­ses en ce qui con­cer­ne la pro­fon­deur de la moti­va­ti­on de la décis­i­on : Le fait que le PFPDT ait con­sidé­ré le phis­hing com­me un dan­ger pour les per­son­nes con­cer­nées n’a pas dû être moti­vé plus pré­cis­é­ment. Sur un point, le TAF rejet­te tou­te­fois la moti­va­ti­on de la décis­i­on – le PFPDT a Le droit de Apfel­ki­ste à une moti­va­ti­on com­pré­hen­si­ble „gra­ve­ment“ vio­lé.

Ce juge­ment doit avoir valeur de signal sur ce point. On peut con­stater qu’aut­re­fois les examens des faits, et aujour­d’hui les enquêtes, trai­tent par­fois les faits de maniè­re très libé­ra­le et que les moti­va­tions du PFPDT peu­vent être très suc­cinc­tes, cou­per les che­veux en quat­re, un peu aérées ou même contradictoires.

Donc, „gra­ve“, et ce, tant dans la moti­va­ti­on que dans le dispositif :

Dans la décis­i­on atta­quée, l’in­stance infé­ri­eu­re con­sta­te d’u­ne part qu’u­ne infor­ma­ti­on des per­son­nes con­cer­nées n’est pas impos­si­ble, mais qu’el­le est dis­pro­por­ti­onnée. En même temps, elle indi­que que l’art. 24, al. 5, let. c LPD, respec­ti­ve­ment la com­mu­ni­ca­ti­on publi­que, peut s’ap­pli­quer dans le pré­sent cas de figu­re. La décis­i­on atta­quée ne con­ti­ent pas d’aut­res expli­ca­ti­ons. Elle n’a­bor­de pas du tout la que­sti­on de la publi­ca­ti­on. D’aut­re part, elle indi­que qu’au­cun motif n’a été démon­tré qui justi­fierait une rest­ric­tion de l’in­for­ma­ti­on des per­son­nes con­cer­nées. Dans le dis­po­si­tif, l’in­stance infé­ri­eu­re obli­ge ensuite la recou­ran­te à infor­mer les per­son­nes con­cer­nées, sans tou­te­fois le pré­cis­er. En qua­li­fi­ant l’in­for­ma­ti­on indi­vi­du­el­le de dis­pro­por­ti­onnée, mais en décré­tant en même temps l’ob­li­ga­ti­on d’in­for­mer les per­son­nes con­cer­nées sans dif­fé­ren­cia­ti­on clai­re, respec­ti­ve­ment sans expli­ca­ti­on, la décis­i­on atta­quée est Décis­i­on incom­pré­hen­si­ble et donc insuf­fi­sam­ment moti­vée. Par con­sé­quent, l’in­stance infé­ri­eu­re a Vio­la­ti­on gra­ve du droit de la plaignan­te à une moti­va­ti­on com­pré­hen­si­ble et con­clu­an­te de la décis­i­on.

En out­re, le PFPDT a pris con­nais­sance d’aut­res expli­ca­ti­ons de Apfel­ki­ste con­cer­nant le Faits „non pris en comp­te ou pris en comp­te seu­le­ment en par­tie“.“ – il s’a­gis­sait de détails tech­ni­ques des URL con­cer­nées et de leur indexa­ti­on, qui n’é­tai­ent bien sûr pas des détails, mais qui étai­ent essen­tiels dans l’éva­lua­ti­on des ris­ques pour les per­son­nes concernées :

En résu­mé, on peut rete­nir que l’in­stance infé­ri­eu­re n’a pas pris en comp­te, ou seu­le­ment par­ti­el­le­ment, les expli­ca­ti­ons de la recou­ran­te sur les faits dans la décis­i­on attaquée.

En out­re, plu­sieurs décla­ra­ti­ons impré­cis­es ont été repro­chées au PFPDT. – Les juges* admi­ni­stra­tifs fédé­raux ont dû se grat­ter la tête en lisant la décis­i­on. Néan­mo­ins, le TAF renon­ce à annu­ler la décis­i­on. Cer­tes, le droit d’êt­re enten­du est de natu­re for­mel­le. Com­me le TAF sta­tue avec un plein pou­voir de cogni­ti­on et qu’un ren­voi serait un pas­sa­ge à vide, il sta­tue lui-même. Mais tout de même : il impo­se au PFPDT, bien qu’il ait obte­nu gain de cau­se, une indem­ni­té de par­tie de 500 CHF. et réduit les frais de justi­ce, car le PFPDT a vio­lé le droit d’êt­re enten­du et l’ob­li­ga­ti­on des auto­ri­tés de moti­ver leurs décisions.

Vio­la­ti­on de la sécu­ri­té des données

Le TAF con­fir­me tout d’a­bord qu’il y a eu une vio­la­ti­on de la sécu­ri­té des don­nées au sens de l’art. 5, let. h LPD. Il décrit la noti­on de vio­la­ti­on de la sécu­ri­té des don­nées de la maniè­re suivante :

La vio­la­ti­on de la sécu­ri­té des don­nées peut éga­le­ment être décri­te com­me un «inci­dent non pla­ni­fié ayant une inci­dence sur la sécu­ri­té», qui ent­raî­ne une att­ein­te à un ou plu­sieurs objec­tifs de pro­tec­tion de la sécu­ri­té des don­nées. Trois objec­tifs de pro­tec­tion sont déter­mi­nants à cet égard : Con­fi­den­tia­li­té (les don­nées ne sont acce­s­si­bles qu’aux per­son­nes auto­ri­sées), Dis­po­ni­bi­li­té (les don­nées sont dis­po­ni­bles lorsqu’el­les sont néces­saires) et Inté­gri­té (les don­nées ne sont pas modi­fi­ées de maniè­re non auto­ri­sée ou invo­lon­tai­re). En d’aut­res ter­mes, il y a vio­la­ti­on de la sécu­ri­té des don­nées lorsque au moins un de ces trois aspects est com­pro­mis invo­lon­tai­re­ment ou illé­ga­le­ment est en cours. En prin­ci­pe, il doit de maniè­re effi­cace à un tel pré­ju­di­ce ou l’au­rai­ent été. La con­fi­den­tia­li­té est de tou­te façon déjà con­sidé­rée com­me com­pro­mi­se dès lors que le simp­le fait de par­ler de la situa­ti­on est con­sidé­ré com­me une vio­la­ti­on de la loi. Pos­si­bi­li­té que des don­nées per­son­nel­les sont acce­s­si­bles à des per­son­nes non auto­ri­sées ; le fait qu’un tel accès ait effec­ti­ve­ment lieu ou ait eu lieu n’est pas per­ti­nent. Une vio­la­ti­on de la sécu­ri­té des don­nées peut notam­ment s’ac­com­pa­gner d’un pré­ju­di­ce dura­ble et d’u­ne véri­ta­ble att­ein­te à la per­son­na­li­té, dans la mesu­re où la per­son­ne con­cer­née perd le con­trô­le de ses don­nées ou que cel­les-ci sont uti­li­sées de maniè­re abu­si­ve ou divul­guées à des per­son­nes non auto­ri­sées. La que­sti­on de savoir si une vio­la­ti­on de la sécu­ri­té des don­nées s’est pro­duite doit être exami­née indé­pen­dam­ment du fait qu’el­le ait été pro­vo­quée de maniè­re fau­ti­ve ou illi­ci­te. Dans ce con­tex­te, les ris­ques liés à la vio­la­ti­on ne sont pas non plus pris en comp­te. La vio­la­ti­on de la sécu­ri­té des don­nées peut être causée aus­si bien par des tiers que par le responsable du trai­te­ment ou le sous-trai­tant lui-même […].

C’est cer­tai­ne­ment une défi­ni­ti­on per­ti­nen­te. Le fait qu’un accès ait eu lieu n’est pas déter­mi­nant pour la noti­on de vio­la­ti­on de la sécu­ri­té, mais bien pour l’éva­lua­ti­on des risques.

Il était clair que la sécu­ri­té des don­nées per­son­nel­les avait été vio­lée en l’oc­cur­rence et, pour autant que l’on pui­s­se en juger, ce fait n’é­tait pas con­te­sté dans son principe :

Il res­sort du dos­sier que des URL RMA de cas d’as­si­stance de l’in­ti­mé ont été Index du moteur de recher­che Bing de Micro­soft et donc, depuis juin 2023 envi­ron, des don­nées cli­ents ou des don­nées per­son­nel­les selon l’art. 5, let. a LPD, à savoir des don­nées de cont­act (noms, adres­ses e‑mail, adres­ses posta­les), des con­te­nus de com­mu­ni­ca­ti­on (de l’é­ch­an­ge ent­re le cli­ent et «apfelkiste.ch» pour le sup­port), des don­nées ban­cai­res (IBAN) ain­si que des don­nées d’i­mages (pho­tos des pro­duits ache­tés) et des codes de bons d’achat. ont été divulgués/accédés à des per­son­nes non auto­ri­sées ou la pos­si­bi­li­té que des don­nées per­son­nel­les soi­ent acce­s­si­bles à des per­son­nes non auto­ri­sées. L’ob­jec­tif de pro­tec­tion de la con­fi­den­tia­li­té a donc été com­pro­mis, indé­pen­dam­ment du fait qu’un tel accès ait effec­ti­ve­ment eu lieu ou non.

Pour l’éva­lua­ti­on des risques

Il est remar­quable et juste que le TAF ait con­sta­té que la le nombre de per­son­nes con­cer­nées ne joue en prin­ci­pe aucun rôle pour la que­sti­on de savoir si une vio­la­ti­on de la sécu­ri­té déclen­che un „beso­in de pro­tec­tion“ des per­son­nes con­cer­nées, c’est-à-dire le beso­in de mesu­res de réduc­tion des risques :

Le fait que seu­le une peti­te par­tie des URL RMA soit con­cer­née et qu’au maxi­mum et non au mini­mum 19 000 URL ou cli­ents soi­ent con­cer­nés ne chan­ge rien à l’ap­pré­cia­ti­on de l’e­xi­stence d’un beso­in de pro­tec­tion. Le site Le beso­in de pro­tec­tion se rap­por­te à la cli­entèle indi­vi­du­el­le con­cer­née par la vio­la­ti­on de la pro­tec­tion des don­nées. et con­si­ste à pou­voir prend­re les mesu­res néces­saires pour rédui­re les ris­ques pour leur per­son­na­li­té ou leurs droits fon­da­men­taux. Ces mesu­res ne dépen­dent donc pas du nombre d’URL RMA ou de cli­ents concernés.

Cela est vrai par­ce que le droit à la pro­tec­tion de la per­son­na­li­té ou des droits fon­da­men­taux est un droit indi­vi­du­el et que les indi­vi­dus ne peu­vent pas être moins bien pro­té­gés sim­ple­ment par­ce que le nombre d’aut­res per­son­nes con­cer­nées est fai­ble. Mais le nombre de per­son­nes con­cer­nées peut Pro­ba­bi­li­té d’oc­cur­rence d’é­vé­ne­ments dom­ma­ge­ables, ce qui peut ou doit être pris en comp­te lors d’u­ne éva­lua­ti­on des ris­ques. Cela aus­si découle de l’ar­rêt du TAF :

Même si le ris­que d’a­bus aug­men­te en prin­ci­pe avec le nombre de per­son­nes qui ont accès (sans auto­ri­sa­ti­on) aux don­nées per­son­nel­les, il s’a­git en l’oc­cur­rence d’un cer­cle de cli­ents non nég­li­geable (envi­ron 19 000 per­son­nes). Un abus de don­nées ne peut pas être exclu ; il exi­ste plutôt un ris­que per­ti­nent pour la per­son­na­li­té et les droits fon­da­men­taux des per­son­nes concernées.

La caisse de pom­mes avait, après avoir pris con­nais­sance de la vio­la­ti­on Mesu­res qui ren­dai­ent l’ac­cès dif­fi­ci­le ou impos­si­ble aux per­son­nes non auto­ri­sées. Mais cela n’é­tait pas suf­fi­sant, car trop tardif :

En out­re, il n’est pas exclu que les don­nées pré­cé­dem­ment divul­guées aient déjà été con­sul­tées, stockées ou trai­tées ulté­ri­eu­re­ment. En con­sé­quence, même après la rest­ric­tion d’ac­cès a poste­rio­ri, il exi­ste tou­jours un ris­que per­ti­nent d’uti­li­sa­ti­on abu­si­ve des don­nées, rai­son pour laquel­le le beso­in de pro­tec­tion des per­son­nes con­cer­nées persiste.

C’est peut-être vrai, mais le TAF sim­pli­fie trop les cho­ses. Il ne joue aucun rôle dans l’éva­lua­ti­on des ris­ques peu impor­te que les per­son­nes con­cer­nées se soi­ent mani­fe­stées ou que des con­sé­quen­ces néga­ti­ves soi­ent con­nues. sont

La moti­va­ti­on de la plaignan­te, selon laquel­le il n’y avait aucun signe que les con­sé­quen­ces pos­si­bles pour la cli­entèle con­cer­née se serai­ent effec­ti­ve­ment mani­fe­stées, n’est pas con­vain­can­te. Il en va de même pour l’ob­jec­tion selon laquel­le il n’y avait pas de pro­ba­bi­li­té d’oc­cur­rence per­ti­nen­te et que, con­trai­re­ment aux atten­tes initia­les, cel­le-ci s’est révé­lée faible, […]. […] 

Le fait que – pour autant que l’on sache – aucu­ne con­sé­quence con­crè­te ne se soit pro­duite jus­qu’à pré­sent ne per­met pas de con­clu­re que le ris­que dev­rait être con­sidé­ré com­me fai­ble. De même, on ne peut pas sui­v­re la plaignan­te lorsqu’el­le fait dépend­re la pro­ba­bi­li­té de sur­ven­an­ce d’un dom­mage du fait que la cli­entèle con­cer­née se soit mani­fe­stée ou non.

C’est faux dans la mesu­re où cela dénie tou­te per­ti­nence aux con­sé­quen­ces con­nues. En pré­sence d’un grand nombre de per­son­nes con­cer­nées et d’u­ne longue durée, le fait que per­son­ne ne se soit mani­fe­sté et qu’au­cu­ne con­sé­quence néga­ti­ve ne se soit appa­rem­ment pro­duite per­met de con­clu­re que la pro­ba­bi­li­té de sur­ven­an­ce de con­sé­quen­ces néga­ti­ves est un peu plus fai­ble que ce que l’on pour­rait sup­po­ser autre­ment. Appa­rem­ment, les don­nées con­cer­nées n’ont pas été sys­té­ma­ti­quement récup­é­rées, ven­dues sur le dark­net et uti­li­sées pour une cam­pa­gne d’ha­me­çon­na­ge – ce qui n’est pas sans importance, même si cela ne prouve évi­dem­ment pas un ris­que zéro.

Sur l’ob­li­ga­ti­on de noti­fi­ca­ti­on aux per­son­nes concernées

Le PFPDT avait appa­rem­ment justi­fié de maniè­re assez géné­ra­le l’ob­li­ga­ti­on de com­mu­ni­quer la vio­la­ti­on aux per­son­nes con­cer­nées par le fait qu’il pou­vait y avoir du phishing :

L’in­for­ma­ti­on [selon le PFPDT] per­met aux per­son­nes con­cer­nées d’e­xer­cer un con­trô­le sur l’uti­li­sa­ti­on de leurs don­nées. Elle expli­que que dans sa com­mu­ni­ca­ti­on du 16 février 2024, la plaignan­te a men­ti­onné l’u­sur­pa­ti­on d’i­den­ti­té et un pré­ju­di­ce finan­cier com­me con­sé­quen­ces pos­si­bles pour les per­son­nes con­cer­nées. Sou­vent, des jeux de don­nées issus de vio­la­ti­ons de la sécu­ri­té des don­nées serai­ent uti­li­sés pour les atta­ques de phis­hing décri­tes dans la décis­i­on atta­quée. L’in­stance infé­ri­eu­re repro­che en out­re à la recou­ran­te de fai­re valoir qu’un effet de réduc­tion des ris­ques ne peut plus être atten­du en rai­son de l’é­cou­le­ment du temps, alors qu’el­le a elle-même pro­vo­qué un retard dans l’in­for­ma­ti­on. Selon elle, cet argu­ment vide de sa sub­stance l’ob­li­ga­ti­on d’informer.

La que­sti­on qui se posait devant le TAF était de savoir si l’in­for­ma­ti­on des per­son­nes con­cer­nées per­met­tait d’é­vi­ter ou de rédui­re les ris­ques, ce qui est notam­ment le cas lorsque la per­son­ne con­cer­née est elle-même en mesu­re de prend­re cer­tai­nes mesu­res pour se pro­té­ger. Le TAF dit ici, en pas­sant, quel­que cho­se de bienvenu :

Le PFPDT ne peut deman­der l’in­for­ma­ti­on que si cela est néces­saire à la pro­tec­tion de la per­son­ne concernée

Le PFPDT lui-même avait, dans son Gui­de des vio­la­ti­ons de la sécu­ri­té affir­me qu’il peut aus­si ordon­ner une infor­ma­ti­on des per­son­nes con­cer­nées par­ce que les gens aiment la lire :

[…] éga­le­ment par­ce qu’il esti­me qu’en rai­son du grand nombre de per­son­nes con­cer­nées ou d’u­ne cou­ver­tu­re média­tique, il exi­ste un inté­rêt public à ce que les respons­ables four­nis­sent de maniè­re appro­priée au grand nombre de per­son­nes con­cer­nées, et donc indi­rec­te­ment aus­si à un lar­ge public, des infor­ma­ti­ons plus détail­lées sur les con­sé­quen­ces d’u­ne vio­la­ti­on de la sécu­ri­té des données.

Cela ne dev­rait plus être d’actualité.

Le TAF admet cepen­dant ici une obli­ga­ti­on d’in­for­mer les per­son­nes con­cer­nées de l’in­ci­dent, car le le ris­que d’ha­me­çon­na­ge, d’in­gé­nie­rie socia­le, d’u­sur­pa­ti­on d’i­den­ti­té ou de retrait d’ar­gent exi­ste et peut être réduit par les per­son­nes con­cer­nées pourrait :

Dans le cas pré­sent, diver­ses don­nées per­son­nel­les sont con­cer­nées par la vio­la­ti­on de la sécu­ri­té des don­nées. En com­bi­nai­son avec l’I­BAN, le nom et l’adres­se d’u­ne per­son­ne, il est notam­ment pos­si­ble d’ac­cé­der à ses don­nées per­son­nel­les. frau­de à l’i­den­ti­té ou à l’in­gé­nie­rie socia­le être com­mi­ses. On pour­rait aus­si, par exemp­le, uti­li­ser un de pré­lè­ve­ment auto­ma­tique peu­vent être pri­ses. Les mesu­res que la per­son­ne con­cer­née peut prend­re elle-même sont par exemp­le la modi­fi­ca­ti­on des don­nées d’ac­cès ou des mots de pas­se des comp­tes d’uti­li­sa­teurs, l’ex­amen des extraits de comp­te, l’ex­amen cri­tique des mes­sa­ges et des deman­des qui pour­rai­ent avoir été fab­ri­qués avec des don­nées per­son­nel­les obte­nues de maniè­re illi­ci­te (par­ti­cu­liè­re­ment con­fi­den­ti­el­les) et qui pour­rai­ent ser­vir à des fins de hame­çon­na­ge […] La per­son­ne con­cer­née pour­rait par exemp­le prend­re ces mesu­res ou Infor­ma­ti­on de sa pro­pre ban­que et le Limi­ter ou blo­quer le pré­lè­ve­ment auto­ma­tique de la per­son­ne con­cer­née. Il y a donc un beso­in de pro­tec­tion des per­son­nes con­cer­nées, rai­son pour laquel­le l’in­for­ma­ti­on des per­son­nes con­cer­nées s’a­vè­re nécessaire.

Que depuis la bles­su­re un cer­tain temps s’est écoulé n’y a rien chan­gé – en géné­ral, le temps ne sem­ble pas jouer de rôle dans les bles­su­res com­me cel­les que nous avons subies :

L’ar­gu­ment avan­cé par la plaignan­te selon lequel en rai­son de l’é­cou­le­ment du temps, il ne faut plus s’at­tendre à un effet de réduc­tion des ris­ques n’est pas valable. Le temps écoulé depuis la vio­la­ti­on de la pro­tec­tion des don­nées n’ex­clut pas une uti­li­sa­ti­on abu­si­ve des don­nées con­cer­nées. Les don­nées per­son­nel­les peu­vent, après une divul­ga­ti­on non auto­ri­sée être enre­gi­strées, copiées et réuti­li­sées ulté­ri­eu­re­ment ou trans­mi­ses à tout moment. de l’in­for­ma­ti­on. Un abus peut donc se pro­dui­re long­temps après la divul­ga­ti­on non auto­ri­sée ou la vio­la­ti­on de la pro­tec­tion des don­nées. L’é­cou­le­ment du temps ne per­met donc pas de con­clu­re de maniè­re fia­ble que les don­nées con­cer­nées ne sont pas (ou plus) uti­li­sées de maniè­re abu­si­ve et qu’il ne faut plus s’at­tendre à un effet de réduc­tion des ris­ques. Par con­sé­quent, le ris­que d’u­ne uti­li­sa­ti­on abu­si­ve des don­nées – et donc le beso­in de pro­tec­tion des per­son­nes con­cer­nées – sub­si­ste indé­pen­dam­ment du temps écoulé depuis la vio­la­ti­on de la pro­tec­tion des données.

Excep­ti­ons à l’ob­li­ga­ti­on d’information

Selon l’art. 24 al. 5 LPD, le responsable peut notam­ment limi­ter, dif­fé­rer ou renon­cer à infor­mer la per­son­ne con­cer­née si l’in­for­ma­ti­on est impos­si­ble ou exi­ge des efforts disproportionnés.

Impos­si­ble“ mais ne signi­fie pas „dif­fi­ci­le“ ni „je ne sais pas quel­le par­tie de ma cli­entèle est concernée“ :

En out­re, une limi­ta­ti­on de la noti­fi­ca­ti­on à la per­son­ne con­cer­née selon l’art. 24, al. 5, let. b, LPD est tout d’a­bord envi­sa­geable lorsqu’u­ne infor­ma­ti­on est impos­si­ble. C’est notam­ment le cas lorsque le responsable ne sait pas du tout quel­les per­son­nes sont con­cer­nées par la vio­la­ti­on de la sécu­ri­té des don­nées, ce qui peut être dû par exemp­le au fait que les fichiers jour­naux qui le per­met­trai­ent ne sont plus dis­po­ni­bles. L’in­for­ma­ti­on est éga­le­ment impos­si­ble lorsqu’il est pos­si­ble d’i­den­ti­fier les per­son­nes con­cer­nées, mais que leurs coor­don­nées ne sont pas con­nues. Tou­te­fois, le responsable ne peut pas se sous­trai­re à l’ob­li­ga­ti­on de décla­rer en argu­ant qu’il ne sait pas exac­te­ment à quel­les per­son­nes de sa cli­entèle les don­nées ont été volées. Dans de tels cas de figu­re, une décla­ra­ti­on «exce­s­si­ve» s’im­po­se., Le responsable du trai­te­ment doit éga­le­ment infor­mer les per­son­nes (et leur deman­der par exemp­le de modi­fier leur mot de pas­se) qui ne sont peut-être pas con­cer­nées par la vio­la­ti­on de la sécu­ri­té des données. […]

Dans le cas pré­sent, une infor­ma­ti­on était appa­rem­ment impos­si­ble, car Apfel­ki­ste a fait blo­quer tou­tes les URL poten­ti­el­le­ment con­cer­nées par Bing com­me mesu­re de pro­tec­tion. Cela ren­dait tech­ni­quement impos­si­ble l’in­for­ma­ti­on de la cli­entèle con­cer­née. Le juge­ment n’in­di­que pas clai­re­ment si c’est effec­ti­ve­ment le cas, appa­rem­ment pas non plus le TAF, mais cela n’a pas joué de rôle :

Une rest­ric­tion au sens de l’art. 24, al. 5, let. b, LPD est éga­le­ment pos­si­ble si l’in­for­ma­ti­on a un effort dis­pro­por­ti­onné néces­si­te un effort par­ti­cu­lier. C’est le cas, par exemp­le, lorsqu’un grand nombre de per­son­nes con­cer­nées doi­vent être infor­mées indi­vi­du­el­le­ment et que les coûts qui en résul­tent sont dis­pro­por­ti­onnés par rap­port au gain d’in­for­ma­ti­ons pour chaque per­son­ne. Il faut éga­le­ment pen­ser au cas où les coor­don­nées d’un grand nombre de per­son­nes con­cer­nées sont dif­fi­ci­les à obte­nir ou néces­si­tent de longues recher­ches, de sor­te que la com­mu­ni­ca­ti­on ne pour­rait avoir lieu qu’à un moment où il est déjà trop tard pour que les per­son­nes con­cer­nées pren­nent des cont­re-mesu­res, notam­ment par­ce que le ris­que s’est réa­li­sé entre-temps […].

En l’e­spè­ce, une iden­ti­fi­ca­ti­on des per­son­nes con­cer­nées n’est plus pos­si­ble en rai­son des mesu­res pri­ses par la plaignan­te. Mais même si une tel­le iden­ti­fi­ca­ti­on était pos­si­ble, la rest­ric­tion pré­vue à l’ar­tic­le 24, 5e ali­néa, lett­re b LPD s’ap­pli­quer­ait, car l’in­for­ma­ti­on des 19 000 cli­ents con­cer­nés repré­s­en­ter­ait un effort dis­pro­por­ti­onné.

Infor­ma­ti­on par voie d’a­vis public

Il est inté­res­sant de noter que L’ar­tic­le 24 LPD ne pré­voit pas expres­sis ver­bis de publi­ca­ti­on, mais fait uni­quement dépend­re l’ex­cep­ti­on à l’ob­li­ga­ti­on d’in­for­mer les per­son­nes con­cer­nées d’u­ne tel­le pos­si­bi­li­té, rai­son pour laquel­le le PFPDT ne peut pas ordon­ner une tel­le publi­ca­ti­on – il dis­po­se tou­te­fois d’un moy­en de pres­si­on grâ­ce à l’in­stru­ment de sa pro­pre infor­ma­ti­on du public :

[…] Tou­te­fois, la LPD ne pré­voit pas (expres­sé­ment) l’ob­li­ga­ti­on de pro­cé­der à une com­mu­ni­ca­ti­on publi­que dans de tels cas. Cela sem­ble défen­da­ble dans la mesu­re où, dans des con­stel­la­ti­ons où seu­les quel­ques per­son­nes con­cer­nées ne peu­vent pas être infor­mées indi­vi­du­el­le­ment, par exemp­le par­ce que leur adres­se élec­tro­ni­que est incon­nue, une la publi­ca­ti­on publi­que serait dis­pro­por­ti­onnée. Tou­te­fois, des résul­tats cho­quants sont éga­le­ment envi­sa­ge­ables dans cer­ta­ins cas : Si, par exemp­le, de nombreu­ses per­son­nes sont con­cer­nées par une vio­la­ti­on de la sécu­ri­té des don­nées et que leur infor­ma­ti­on indi­vi­du­el­le néces­si­terait des efforts dis­pro­por­ti­onnés, une com­mu­ni­ca­ti­on publi­que n’est en prin­ci­pe pas néces­saire selon le tex­te de la loi, même si elle per­met­tait de fai­re face effi­ca­ce­ment aux ris­ques décou­lant de la vio­la­ti­on. Dans de tels cas, le PFPDT n’a pas non plus la com­pé­tence d’e­xi­ger (for­mel­le­ment) du responsable qu’il procè­de à une com­mu­ni­ca­ti­on publi­que., En effet, dans le cad­re d’u­ne mesu­re de droit admi­ni­stra­tif, le PFPDT ne peut en prin­ci­pe exi­ger qu’un com­porte­ment auquel le responsable est déjà tenu par la loi. Le PFPDT pour­rait néan­mo­ins, dans cer­tai­nes con­di­ti­ons, infor­mer de sa pro­pre initia­ti­ve le public «de ses con­sta­ta­ti­ons et décis­i­ons» (art. 57, al. 2, LPD). Afin d’an­ti­ci­per une tel­le mesu­re, le responsable dev­rait en fait, mal­gré l’ab­sence d’ob­li­ga­ti­on (expres­se), être régu­liè­re­ment con­seil­lé de pro­cé­der de lui-même à une com­mu­ni­ca­ti­on publi­que, dans la mesu­re où cela sem­ble judi­cieux pour la pro­tec­tion des per­son­nes con­cer­nées et pro­por­ti­onné dans le sens d’u­ne con­sidé­ra­ti­on globale […].

L’in­for­ma­ti­on publi­que n’est tou­te­fois une alter­na­ti­ve que si elle cor­re­spond à une infor­ma­ti­on indi­vi­du­el­le équi­va­len­te („l’in­for­ma­ti­on de la per­son­ne con­cer­née est assu­rée de maniè­re com­pa­ra­ble par un avis public“). C’é­tait dis­cuta­ble dans le cas pré­sent. Tou­jours est-il que l’in­for­ma­ti­on ne serait pas tota­le­ment inefficace :

Avec une com­mu­ni­ca­ti­on publi­que, par exemp­le sur le site Inter­net de la plaignan­te, on choi­si­rait un canal d’in­for­ma­ti­on dont on peut s’at­tendre à ce qu’il soit att­eint par au moins une par­tie de la cli­entèle con­cer­née et que cet­te infor­ma­ti­on soit trans­mi­se par divers canaux (trans­mis­si­on ora­le, infor­ma­ti­on par les médi­as, etc.), de sor­te que même la cli­entèle con­cer­née en pren­ne fina­le­ment con­nais­sance, même si elle n’est pas infor­mée de pre­miè­re main dans le cad­re de la com­mu­ni­ca­ti­on publi­que. Le con­te­nu de l’in­for­ma­ti­on serait le même que dans le cad­re d’u­ne infor­ma­ti­on indi­vi­du­el­le. Au vu de ce qui pré­cè­de, une com­mu­ni­ca­ti­on publi­que s’a­vè­re en prin­ci­pe possible.

De plus, une publi­ca­ti­on serait éga­le­ment con­vi­ent, d’att­eind­re les per­son­nes con­cer­nées (indé­pen­dam­ment du fait que d’aut­res per­son­nes soi­ent éga­le­ment infor­mées). Com­me une infor­ma­ti­on indi­vi­du­el­le ne serait pas pos­si­ble ou serait dis­pro­por­ti­onnée, la publi­ca­ti­on est en même temps le moy­en le plus doux et donc aus­si le plus appro­prié. néces­saire. Après tout, elle est aus­si rai­sonnable et donc pro­por­ti­on­nel, La boîte à pom­mes est elle-même responsable d’un éven­tuel pré­ju­di­ce de réputation :

Comp­te tenu du beso­in de pro­tec­tion exi­stant, cet inté­rêt a un poids con­sidé­ra­ble. En revan­che, l’in­té­rêt de la plaignan­te à ne pas infor­mer publi­quement, afin de ne pas nui­re à sa répu­ta­ti­on et de ne pas inquié­ter inu­tile­ment les cli­ents non con­cer­nés ou poten­tiels, est important. L’in­té­rêt à la pro­tec­tion de la répu­ta­ti­on com­mer­cia­le doit en prin­ci­pe être recon­nu. Il faut tou­te­fois tenir comp­te du fait que l’é­ven­tuel pré­ju­di­ce de répu­ta­ti­on trouve son ori­gi­ne dans une vio­la­ti­on de la pro­tec­tion des don­nées dont la plaignan­te est elle-même responsable.. Il serait con­trai­re à l’ob­jec­tif de pro­tec­tion du droit de la pro­tec­tion des don­nées qu’u­ne per­son­ne (mora­le) pui­s­se se sous­trai­re à l’in­for­ma­ti­on des per­son­nes con­cer­nées en invo­quant d’é­ven­tu­el­les att­ein­tes à sa répu­ta­ti­on. Le fait que des cli­ents non con­cer­nés ou poten­tiels aient éga­le­ment con­nais­sance d’u­ne vio­la­ti­on de la pro­tec­tion des don­nées ne con­sti­tue pas une char­ge sup­p­lé­men­tai­re dis­pro­por­ti­onnée, d’autant plus que la com­mu­ni­ca­ti­on peut être effec­tuée de maniè­re objec­ti­ve et se limi­ter au strict néces­saire. Dans l’en­sem­ble, l’in­té­rêt de la per­son­ne con­cer­née à la pro­tec­tion de sa per­son­na­li­té l’em­por­te sur l’in­té­rêt de la plaignan­te à évi­ter une infor­ma­ti­on publi­que ; la mesu­re s’a­vè­re donc éga­le­ment rai­sonnablem­ent exigible.

Com­me nous l’a­vons dit, le PFPDT ne peut pas ordon­ner la publi­ca­ti­on, car la LPD – tel­le que l’a lue le TAF – ne la pre­scrit pas expres­sé­ment. On peut cer­tes le con­te­ster ; le tex­te ne pré­voit pas une tel­le obli­ga­ti­on, mais le but de la loi est clair com­me de l’eau de roche. Le PFPDT n’a­vait d’ail­leurs pas ordon­né une tel­le publi­ca­ti­on – il avait seu­le­ment ordon­né d’in­for­mer les per­son­nes concernées.

Le TAF pro­tège ce dis­po­si­tif et esti­me que la publi­ca­ti­on est pro­por­ti­onnée. Jus­qu’i­ci tout va bien – mais il con­sta­te en même temps que l’in­for­ma­ti­on est impos­si­ble ou du moins dis­pro­por­ti­onnée et que la LPD n’or­don­ne pas vrai­ment la publi­ca­ti­on publi­que. Alors quid ? Au final, on ne peut sans dou­te repro­cher au TAF que la même vio­la­ti­on de l’ob­li­ga­ti­on de moti­ver qu’il atte­ste au PFPDT. La pro­por­ti­on­na­li­té n’est en tout cas pas une base juri­di­que de pro­tec­tion des don­nées pour une obli­ga­ti­on de publi­ca­ti­on. La rai­son pour laquel­le le TAF n’a pas tout sim­ple­ment glis­sé une tel­le obli­ga­ti­on dans l’art. 24, al. 5, n’est pas clai­re. Quoi qu’il en soit, dans ces cir­con­stances, il est impos­si­ble que le non-respect de la décis­i­on ent­raî­ne une pei­ne pour désobéissance.