Ven­te à emporter (AI)
  • Les décla­ra­ti­ons de pro­tec­tion des don­nées doi­vent men­ti­on­ner les fina­li­tés du trai­te­ment de maniè­re con­crè­te et pré­cise ; des for­mu­la­ti­ons vagues tel­les que “fina­li­tés de mar­ke­ting” ne suf­fi­sent pas.
  • La ban­que était tenue de four­nir au cli­ent des copies des don­nées de comp­te des sept der­niè­res années, con­for­mé­ment à l’ar­tic­le 15 du RGPD.

Le Tri­bu­nal admi­ni­stra­tif fédé­ral autri­chien (Bun­des­ver­wal­tungs­ge­rict, BVwG) a, dans une Arrêt du 10 décembre 2018 (affai­re W211 2188383 – 1) a sta­tué sur la deman­de d’in­for­ma­ti­on d’u­ne ban­que en matiè­re de pro­tec­tion des données.

Indi­ca­ti­on des fina­li­tés du traitement

Tout d’a­bord, le TAF a esti­mé que l’in­di­ca­ti­on des fina­li­tés du trai­te­ment dans une décla­ra­ti­on de pro­tec­tion des don­nées devait être assez concrète :

Les indi­ca­ti­ons de fina­li­té tel­les que “amé­lio­ra­ti­on de la con­vi­via­li­té”, “fins de mar­ke­ting”, “fins de sécu­ri­té infor­ma­tique”, “recher­che future” sont trop géné­ra­les. et ne rem­plis­sent pas le critère de pré­cis­i­on suf­fi­san­te. Il est con­seil­lé de sui­v­re une règ­le géné­ra­le, indi­quer un objec­tif en plus de trois mots en géné­ralLa Com­mis­si­on a donc déci­dé d’ad­op­ter une appro­che plus glo­ba­le, sans tou­te­fois tom­ber dans des for­mu­la­ti­ons exce­s­si­ves, con­fu­ses et com­pli­quées. Des exemp­les pra­ti­ques de défi­ni­ti­on des fina­li­tés du trai­te­ment figu­rent à l’an­ne­xe 3 de la direc­ti­ve sur la pro­tec­tion des don­nées. WP203 du grou­pe de tra­vail “Artic­le 29” sur la pro­tec­tion des don­nées.

Il en res­sort que non seu­le­ment l’in­clu­si­on des uti­li­sa­ti­ons de don­nées à des fins de mar­ke­ting et de publi­ci­té dans la caté­go­rie des “ser­vices con­ne­xes” n’est pas suf­fi­sam­ment con­crè­te et trans­pa­ren­te, mais qu’il n’est pas non plus pos­si­ble d’é­ta­b­lir une distinc­tion ent­re les don­nées à carac­tère per­son­nel et les don­nées à carac­tère per­son­nel. les infor­ma­ti­ons con­cer­nant uni­quement les “fins de mar­ke­ting et de publi­ci­té” ne suf­fi­ront pas. Comp­te tenu de la décla­ra­ti­on de pro­tec­tion des don­nées de l’in­ti­mé, il aurait fal­lu au moins infor­mer de la fina­li­té du mar­ke­ting direct”.

La responsable – une ban­que – avait à cet égard vio­lé le droit à l’in­for­ma­ti­on du client.

Indi­ca­ti­on des destinataires

En revan­che, les infor­ma­ti­ons sur les desti­na­tai­res des don­nées n’é­tai­ent pas incom­plè­tes. Cer­tes, les ser­vices inter­nes doi­vent éga­le­ment être con­sidé­rés com­me des “desti­na­tai­res” lorsque les don­nées per­son­nel­les sont uti­li­sées pour un aut­re domaine d’ac­ti­vi­té. En l’oc­cur­rence, le ser­vice mar­ke­ting ne devait mal­gré tout pas être indi­qué com­me destinataire :

En l’oc­cur­rence, il s’a­git de savoir si les Ser­vice de publi­ci­té et de mar­ke­ting et le dépar­te­ment ” XXXX Gesti­on de l’expé­ri­ence cli­ent“doi­vent être con­sidé­rés com­me “d’aut­res domain­es d’ac­ti­vi­té” de l’in­ti­mée […]. Le Sénat a répon­du par la néga­ti­ve : il con­vi­ent de sui­v­re les […] dans la mesu­re où ces deux domain­es d’ac­ti­vi­té de l’in­ti­mée ne sont pas per­çues com­me suf­fi­sam­ment auto­no­mes et “dif­fé­ren­tes”.Les ser­vices ban­cai­res ne sont pas des ser­vices d’in­ve­stis­se­ment, mais des ser­vices de sou­ti­en ou des ser­vices “acces­soires” à l’ac­ti­vi­té prin­ci­pa­le, à savoir la banque.

Mise à dis­po­si­ti­on de copies

Le TAF a ensuite rete­nu que la ban­que était tenue, en ver­tu de l’ar­tic­le 15 du RGPD, de four­nir au cli­ent une copie des don­nées rela­ti­ves aux mou­ve­ments de comp­tes des sept der­niè­res années. La deman­de d’ac­cès n’é­tait notam­ment pas exce­s­si­ve, car c’é­tait la pre­miè­re fois que le cli­ent deman­dait des infor­ma­ti­ons. En out­re, le cli­ent avait deman­dé des infor­ma­ti­ons sur des don­nées spé­ci­fi­ques, rai­son pour laquel­le la ban­que ne pou­vait pas non plus deman­der une pré­cis­i­on des infor­ma­ti­ons au sens du con­sidé­rant 63, ce qui aurait été envi­sa­geable dans le cas d’u­ne deman­de d’in­for­ma­ti­ons non spécifique.

Il n’a pas été que­sti­on de droit local de mise en œuvre qui pour­rait pré­voir des rest­ric­tions sur la base de l’ar­tic­le 23 du RGPD ; en effet, con­trai­re­ment à ce qui se pas­se par exemp­le Alle­ma­gne voit le loi de trans­po­si­ti­on autri­chi­en­ne ne pré­voit pas de limi­ta­ti­on du droit d’accès.