La loi sui­s­se sur la pro­tec­tion des don­nées en bref

Dis­po­si­ti­ons applicables

Com­me la plu­part des pays, la Sui­s­se régle­men­te le trai­te­ment des don­nées per­son­nel­les par une légis­la­ti­on géné­ra­le et pré­voit des règles plus stric­tes ou dif­fé­ren­tes dans une régle­men­ta­ti­on sec­to­ri­el­le spé­ci­fi­que. Le trai­te­ment des don­nées est prin­ci­pa­le­ment régi par

  • la loi fédé­ra­le sur la pro­tec­tion des don­nées (FDPA), et
  • ses ordon­nan­ces dans leur for­me actu­el­le, y com­pris l’or­don­nan­ce rela­ti­ve à la loi fédé­ra­le sur la pro­tec­tion des don­nées (FDPO). Le FDPO con­ti­ent des dis­po­si­ti­ons plus détail­lées sur les trans­ferts à l’étran­ger et des règles sur le droit d’ac­cès des sujets. Une ordon­nan­ce moins per­ti­nen­te est l’Or­don­nan­ce sur la cer­ti­fi­ca­ti­on de la pro­tec­tion des don­nées.
    En out­re, un cer­tain nombre de dis­po­si­ti­ons d’aut­res lois rest­r­eig­n­ent ou auto­ri­sent le trai­te­ment des don­nées à carac­tère per­son­nel, en par­ti­cu­lier dans le sec­teur public (par exemp­le, l’assu­rance mala­die obli­ga­toire ou la sécu­ri­té inté­ri­eu­re) et sur les mar­chés régle­men­tés (par exemp­le, les télé­com­mu­ni­ca­ti­ons ou les ser­vices ban­cai­res et finan­ciers). Ces lois sont notam­ment les suivantes
  • the Tele­com­mu­ni­ca­ti­on Act, qui régle­men­te l’uti­li­sa­ti­on de coo­kies et d’aut­res don­nées stockées sur les appareils des uti­li­sa­teurs et limi­te l’uti­li­sa­ti­on et la divul­ga­ti­on de don­nées de télé­com­mu­ni­ca­ti­on par les four­nis­seurs de ser­vices de télé­com­mu­ni­ca­ti­on (y com­pris les four­nis­seurs de ser­vices over-the-top (OTT)), et les obli­ge à prend­re des mesu­res pour empêcher le mar­ke­ting par e‑mail non sollicité ;
  • the Fede­ral Act on the Sur­veil­lan­ce of Post and Tele­com­mu­ni­ca­ti­ons (FSPTA), qui inclut des obli­ga­ti­ons de réten­ti­on et de coopé­ra­ti­on pour les four­nis­seurs de ser­vices OTT et peut les obli­ger à iden­ti­fier leurs utilisateurs ;
  • le Code des obli­ga­ti­ons, qui rest­reint le trai­te­ment des don­nées des salariés ;
  • the Unfair Com­pe­ti­ti­on Act, qui régit les publi­ci­tés par e‑mail non solli­ci­tées et aut­res for­mes de com­mu­ni­ca­ti­ons com­mer­cia­les élec­tro­ni­ques (mais pas les ban­niè­res publi­ci­taires et aut­res publi­ci­tés affi­chées, par exemp­le, dans un flux de con­te­nu d’u­ne application) ;
  • a num­ber of pro­vi­si­ons that pro­tect con­fi­den­tia­li­ty, for exam­p­le the Fede­ral Act on Ban­king and Savings Banks, which rest­ricts dis­clo­sing cli­ent-iden­ti­fy­ing data by banks, the Fede­ral Act on Finan­cial Insti­tu­ti­ons with simi­lar sec­re­cy pro­vi­si­ons for regu­la­ted insti­tu­ti­ons, or the Cri­mi­nal Code, which rest­ricts dis­clo­sing busi­ness secrets (which may or may not include per­so­nal data) to reci­pi­en­ts abroad.
    La Sui­s­se n’est pas membre de l’U­ni­on euro­pé­en­ne ou de l’E­space éco­no­mi­que euro­pé­en et n’a pas mis en œuvre l’an­ci­en­ne direc­ti­ve euro­pé­en­ne sur la pro­tec­tion des don­nées ou le règle­ment géné­ral sur la pro­tec­tion des don­nées (GDPR). Tou­te­fois, la Com­mis­si­on euro­pé­en­ne a esti­mé que la légis­la­ti­on sui­s­se en matiè­re de pro­tec­tion des don­nées offrait un niveau de pro­tec­tion adé­quat. L’éva­lua­ti­on de l’a­dé­qua­ti­on de la Sui­s­se est actu­el­le­ment en cours de révi­si­on et la Com­mis­si­on dev­rait con­firm­er l’a­dé­qua­ti­on dans le cou­rant de l’an­née 2024.

Révi­si­on de la FDPA et de la FDPO

La Sui­s­se a ent­re­pris un long pro­ce­s­sus de révi­si­on de la LPD, et la LPD révi­sée, ain­si que l’OPD révi­sée, sont entrées en vigueur le 1er sep­tembre 2023. L’ob­jec­tif prin­ci­pal était d’a­li­gner la légis­la­ti­on sui­s­se sur la Con­ven­ti­on 108 révi­sée du Con­seil de l’Eu­ro­pe et sur le RGPD, éga­le­ment en rai­son de la con­clu­si­on d’a­dé­qua­ti­on en sus­pens men­ti­onnée ci-des­sus.
Les points clés de la ver­si­on révi­sée de la FDPA peu­vent être résu­més com­me suit :

    • La loi sui­s­se sur la pro­tec­tion des don­nées con­ti­n­ue à être basée sur le prin­ci­pe fon­da­men­tal que le trai­te­ment des don­nées est légal tant qu’il respec­te les prin­cipes géné­raux. En d’aut­res ter­mes, lorsque les don­nées sont trai­tées de maniè­re loya­le, trans­pa­ren­te et pro­por­ti­onnée pour une fina­li­té spé­ci­fi­que, elles sont pré­su­mées licites.
    • Si le trai­te­ment vio­le un prin­ci­pe de trai­te­ment (et dans cer­ta­ins aut­res cas, bien que limi­tés), le con­trô­leur doit soit agir sur la base du con­sen­te­ment, soit éta­b­lir un inté­rêt public ou pri­vé pré­é­mi­nent com­me justi­fi­ca­ti­on. En con­sé­quence de cet­te appro­che, de nombreu­ses acti­vi­tés de trai­te­ment (y com­pris le pro­fi­la­ge à des fins de mar­ke­ting sur la base de don­nées évé­ne­men­ti­el­les) ne néces­si­tent pas de con­sen­te­ment en ver­tu du droit sui­s­se, alors que le con­sen­te­ment serait requis en ver­tu du GDPR.
    • Cer­tai­nes vio­la­ti­ons de la FDPA, mais pas tou­tes, sont pas­si­bles d’u­ne amen­de. Les amen­des s’ap­pli­quer­ai­ent aux per­son­nes respons­ables de la vio­la­ti­on et non au con­trô­leur ou au pro­ce­s­seur. Cela soulè­ve un cer­tain nombre de que­sti­ons, par exemp­le en ce qui con­cer­ne les per­son­nes à ris­que, l’insur­mon­ta­bi­li­té des amen­des et la responsa­bi­li­té et l’in­dem­ni­sa­ti­on dans les contrats.
    • De nombreu­ses dis­po­si­ti­ons de la loi sur la pro­tec­tion des don­nées restent vagues, en par­tie par­ce que la loi sur la pro­tec­tion des don­nées est géné­ra­le­ment ouver­te à un équi­lib­re des inté­rêts et en par­tie par­ce que les débats au Par­le­ment ont été longs et que de nombreux chan­ge­ments ont été intro­duits au cours de ce processus.

En ce qui con­cer­ne l’ap­pli­ca­ti­on ter­ri­to­ria­le de l’APDF (cf. artic­le 3), des critères légè­re­ment dif­fér­ents s’ap­pli­quent en fonc­tion de la natu­re de la dis­po­si­ti­on en question :

  • La plu­part des dis­po­si­ti­ons clés sont con­sidé­rées com­me étant de natu­re pri­vée, par exemp­le les prin­cipes de trai­te­ment (cf. no 38 et seq.) ou les droits des sujets de don­nées. L’ap­pli­ca­ti­on de ces dis­po­si­ti­ons est régie par la loi fédé­ra­le sur le droit inter­na­tio­nal pri­vé (PILA) (cf. artic­le 3(2) FDPA), à con­di­ti­on qu’u­ne récla­ma­ti­on soit intro­duite devant un tri­bu­nal sui­s­se. En ver­tu de l’ar­tic­le 139 de la PILA, les per­son­nes con­cer­nées ont le droit d’op­ter pour la légis­la­ti­on de leur lieu de rési­dence habi­tuel ou pour la légis­la­ti­on appli­ca­ble au con­trô­leur ou au pro­ce­s­seur en infrac­tion. Tou­te­fois, si un sujet de don­nées rési­dant dans l’EEE opte pour que le GDPR s’ap­pli­que au liti­ge, les tri­bu­naux sui­s­ses se base­r­ai­ent alors pro­ba­blem­ent sur l’ar­tic­le 3 du GDPR pour déter­mi­ner si le GDPR est effec­ti­ve­ment appli­ca­ble – cet­te que­sti­on fait tou­te­fois l’ob­jet d’un débat.
  • Cer­tai­nes dis­po­si­ti­ons sont con­sidé­rées com­me rele­vant du droit public, par exemp­le l’ob­li­ga­ti­on de four­nir des infor­ma­ti­ons au sujet des don­nées, l’ob­li­ga­ti­on de pro­cé­der à une éva­lua­ti­on de l’im­pact sur la pro­tec­tion des don­nées, les obli­ga­ti­ons de noti­fi­ca­ti­on de vio­la­ti­on ou le droit pour l’au­to­ri­té sui­s­se de pro­tec­tion des don­nées de pro­cé­der à une enquête. L’ap­pli­ca­ti­on de ces dis­po­si­ti­ons est déter­mi­née con­for­mé­ment au prin­ci­pe de ter­ri­to­ri­a­li­té (artic­le 3(1) FDPA). En règ­le géné­ra­le, une obli­ga­ti­on de droit public est sou­mi­se au FDPA si les faits qui justi­fi­ent cet­te obli­ga­ti­on se sont déroulés entiè­re­ment ou par­ti­el­le­ment en Sui­s­se. Par exemp­le, si un uti­li­sa­teur sui­s­se accè­de et con­sul­te des infor­ma­ti­ons stockées sur un ser­veur à l’étran­ger, les obli­ga­ti­ons d’in­for­ma­ti­on décou­lant de cet­te opé­ra­ti­on seront sou­mi­ses au droit sui­s­se. Il en va de même pour les con­trô­leurs situés à l’étran­ger qui trai­tent des don­nées per­son­nel­les rela­ti­ves à des per­son­nes en Sui­s­se, lorsqu’il est pré­vi­si­ble qu’un nombre suf­fi­sant de per­son­nes sui­s­ses sera concerné.
  • Cer­tai­nes infrac­tions sont pas­si­bles d’u­ne amen­de. En ver­tu des prin­cipes géné­raux du droit pénal inter­na­tio­nal sui­s­se, cel­les-ci sont sou­mi­ses au droit sui­s­se si la vio­la­ti­on a été com­mi­se en Sui­s­se (“lieu de l’ac­tion”) ou a un effet en Sui­s­se (“lieu du résul­tat”) (cf. artic­le 3(2) de la LRCF et artic­les 3 et 8 du Code pénal).
    Pour des rai­sons pra­ti­ques, les ent­re­pri­ses dev­rai­ent sup­po­ser qu’el­les sont sou­mi­ses à la FDPA dès lors qu’el­les trai­tent des don­nées per­son­nel­les (i) rela­ti­ves à des per­son­nes dont le domic­i­le habi­tuel est en Sui­s­se et (ii) par le biais d’un éta­blis­se­ment sui­s­se. Dans not­re expé­ri­ence, la plu­part des ent­re­pri­ses par­tent du prin­ci­pe qu’el­les sont sou­mi­ses à l’ob­li­ga­ti­on de se con­for­mer à la légis­la­ti­on sui­s­se sur la pro­tec­tion des don­nées lorsqu’el­les ont une base de cli­ents finaux sui­s­ses et procè­dent sou­vent à une ana­ly­se plus détail­lée, en con­sidé­rant que la con­for­mi­té au GDPR impli­que la con­for­mi­té à la plu­part des obli­ga­ti­ons pré­vues par la légis­la­ti­on sui­s­se sur la pro­tec­tion des données.

Pas de prin­ci­pe de responsabilité

Con­trai­re­ment au GDPR, il n’y a pas de prin­ci­pe de responsa­bi­li­té dans le cad­re de la FDPA. Un con­trô­leur ou un pro­ce­s­seur qui ne tient pas de regist­re de ses acti­vi­tés de trai­te­ment, des évé­ne­ments per­tin­ents et des mesu­res de con­for­mi­té peut se trou­ver dans l’im­pos­si­bi­li­té de démon­trer sa con­for­mi­té en cas de plain­te ou d’en­quête, mais n’est pas en soi en infrac­tion avec la FDPA.
Tou­te­fois, il exi­ste cer­tai­nes obli­ga­ti­ons de responsa­bi­li­té, par exemp­le l’ob­li­ga­ti­on de con­ser­ver les enre­gi­stre­ments des éva­lua­tions de l’im­pact sur la pro­tec­tion des don­nées pen­dant deux ans à comp­ter de la fin du pro­jet, ou de con­ser­ver les jour­naux et de main­te­nir les règles de trai­te­ment dans cer­ta­ins scé­na­ri­os à haut risque.

Con­seil­ler en pro­tec­tion des données

Le FDPA n’a pas de con­cept de DPO tel que défi­ni dans le GDPR, mais les con­trô­leurs peu­vent choi­sir de dési­gner un “con­seil­ler à la pro­tec­tion des don­nées” (“Data Pro­tec­tion Advi­sor”) en ver­tu de l’ar­tic­le 10 du FDPA. La dési­gna­ti­on d’un con­seil­ler à la pro­tec­tion des don­nées est facul­ta­ti­ve, y com­pris pour les con­trô­leurs dont les acti­vi­tés de trai­te­ment de base con­si­stent en un trai­te­ment à haut ris­que (mais elle est obli­ga­toire pour les orga­ni­sa­ti­ons agis­sant en tant qu’or­ga­nis­mes fédé­raux, y com­pris les enti­tés pri­vées qui exé­cu­tent des tâches publi­ques). Lorsqu’un con­seil­ler en matiè­re de pro­tec­tion des don­nées est dési­gné, il doit être indé­pen­dant et dis­po­ser des res­sour­ces néces­saires pour assurer acti­ve­ment le con­trô­le de la con­for­mi­té au sein de l’or­ga­ni­sa­ti­on (artic­le 23 FDPO).

L’ob­li­ga­ti­on de con­sul­ter l’au­to­ri­té sui­s­se de pro­tec­tion des don­nées (le com­mis­saire fédé­ral à la pro­tec­tion des don­nées et à l’in­for­ma­ti­on, FDPIC) lorsqu’u­ne éva­lua­ti­on de l’im­pact sur la pro­tec­tion des don­nées con­fir­me un ris­que rési­du­el éle­vé n’est plus appli­ca­ble. Dans la pra­tique, tou­te­fois, cela n’a qu’u­ne valeur limi­tée, comp­te tenu du fait que la plu­part des éva­lua­tions d’im­pact con­firm­e­ront un ris­que infé­ri­eur ou égal à élevé.

La FDPA n’e­xi­ge pas que les Data Pro­tec­tion Advi­sors soi­ent des indi­vi­dus ou qu’ils soi­ent basés en Sui­s­se. Les DPO dési­gnés en ver­tu du GDPR peu­vent éga­le­ment agir en tant que Data Pro­tec­tion Advi­sors, pour autant qu’ils rem­plis­sent les con­di­ti­ons requises.

Repré­sen­tant suisse

Obli­ga­ti­on de nommer

Com­me l’ar­tic­le 27 du GDPR, les con­trô­leurs situés à l’étran­ger peu­vent être sou­mis à l’ob­li­ga­ti­on de dési­gner un “repré­sen­tant” en ver­tu de l’ar­tic­le 14 de la FDPA (CH Repre­sen­ta­ti­ve) et de publier son nom et son adres­se.
Les con­trô­leurs doi­vent dési­gner un CH Repre­sen­ta­ti­ve si tou­tes les con­di­ti­ons sui­van­tes sont rem­plies pour leur traitement :

  • Le trai­te­ment est effec­tué par un con­trô­leur situé à l’ex­té­ri­eur de la Suisse ;
  • les don­nées trai­tées con­cer­nent des per­son­nes situées en Suisse ;
  • elle est liée à l’off­re de biens ou de ser­vices en Sui­s­se ou à la sur­veil­lan­ce du com­porte­ment des per­son­nes en Suisse ;
  • elle est “exten­si­ve” (“éten­due”) et se pro­duit régu­liè­re­ment (“régu­liè­re­ment”) ;
  • elle impli­que un ris­que éle­vé pour les sujets des don­nées.
    Il n’y a pas de gui­dance à ce jour sur les critères de “exten­sif” et “régu­lier”.
    En ce qui con­cer­ne le ris­que éle­vé, le FDPA ne défi­nit pas le ris­que éle­vé de maniè­re géné­ra­le, mais le men­ti­on­ne dans la défi­ni­ti­on du “pro­fi­la­ge à haut ris­que” et l’ob­li­ga­ti­on de réa­li­ser une éva­lua­ti­on de l’im­pact sur la pro­tec­tion des don­nées. En par­tant de l’hy­po­thè­se que le “ris­que éle­vé” est une noti­on cohé­ren­te dans l’en­sem­ble de la loi, le ris­que éle­vé dépend de la natu­re, du champ d’ap­pli­ca­ti­on, des cir­con­stances et des fina­li­tés du trai­te­ment et peut inclu­re (artic­le 22(2) de la loi) :
  • high-risk pro­fil­ing” (artic­le 5(g) de la FDPA) ;
  • le trai­te­ment exten­sif de don­nées sen­si­bles ; et
  • sur­veil­lan­ce sys­té­ma­tique de vastes zones publi­ques.
    Les exemp­les peu­vent inclu­re le pro­fi­la­ge basé sur un lar­ge éven­tail de don­nées d’é­vé­ne­ments, par exemp­le les don­nées sur les inter­ac­tions avec les mes­sa­ges et les nou­vel­les dans un flux en ligne au fil du temps, en par­ti­cu­lier lorsque les don­nées pro­venant de diver­ses sources sont com­bi­nées (par exemp­le, don­nées d’é­vé­ne­ments hors ligne et en ligne).
    Lorsqu’un con­trô­leur éta­b­li en dehors de la Sui­s­se s’en­ga­ge dans un tel trai­te­ment, il y aura donc une pré­somp­ti­on de fac­to qu’un repré­sen­tant sui­s­se doit être dési­gné. Tou­te­fois, si ces acti­vi­tés com­portent un ris­que éle­vé, il con­vi­ent de pro­cé­der à une éva­lua­ti­on de l’im­pact sur la pro­tec­tion des don­nées. Si l’éva­lua­ti­on con­fir­me que le ris­que (net, atté­nué) est fai­ble, il n’y a alors aucu­ne obli­ga­ti­on de dési­gner un repré­sen­tant CH.
    CH Repre­sen­ta­ti­ves must be estab­lished in Switz­er­land and may include legal enti­ties, for exam­p­le a law firm.

Obli­ga­ti­ons du représentant

En ver­tu de l’ar­tic­le 15 de la FDPA, la CH Repre­sen­ta­ti­on doit

  • tenir un regist­re des acti­vi­tés de trai­te­ment du contrôleur,
  • sur deman­de, four­nir le regist­re au FDPIC ;
  • sur deman­de, four­nir au sujet des don­nées des infor­ma­ti­ons sur la maniè­re d’e­xer­cer ses droits.

Dos­siers des acti­vi­tés de traitement

Les con­trô­leurs et les pro­ce­s­seurs sont tenus de coll­ec­ter et de tenir des regi­stres des acti­vi­tés de trai­te­ment (artic­le 12(1) FDPA). Les infor­ma­ti­ons à inclu­re dans ces dos­siers sont les mêmes que cel­les pré­vues à l’ar­tic­le 30(1) et (2) du RGPD, sauf qu’au­cu­ne infor­ma­ti­on n’est requi­se con­cer­nant le Repré­sen­tant CH et un Con­seil­ler en matiè­re de pro­tec­tion des don­nées (s’il a été dési­gné).
Une excep­ti­on à l’ob­li­ga­ti­on de tenir des regi­stres des acti­vi­tés de trai­te­ment s’ap­pli­que aux ent­re­pri­ses comp­tant moins de 250 mem­bres du per­son­nel (sur la base d’un effec­tif et non d’un ETP), à con­di­ti­on qu’il n’y ait pas de trai­te­ment à gran­de échel­le de don­nées sen­si­bles ni de pro­fi­la­ge à haut ris­que (artic­le 24 FDPO).

Éva­lua­tions de l’im­pact sur la pro­tec­tion des données

Com­me l’ar­tic­le 35 du GDPR, l’ar­tic­le 22(1) de la FDPA exi­ge des con­trô­leurs qu’ils réa­li­sent une éva­lua­ti­on de l’im­pact sur la pro­tec­tion des don­nées (DPIA) lorsque le trai­te­ment “peut” con­dui­re à un ris­que éle­vé. Les fac­teurs à prend­re en comp­te lors de l’éva­lua­ti­on d’un ris­que éle­vé poten­tiel sont les mêmes que dans le cad­re du GDPR.

Com­me le RGPD, la loi sur la pro­tec­tion des don­nées énon­ce cer­ta­ins types de trai­te­ment qui requiè­rent géné­ra­le­ment – mais pas néces­saire­ment – une DPIA (artic­le 22(2) de la loi sur la pro­tec­tion des données).

Les DPIA doi­vent être con­ser­vées dans un regist­re pen­dant au moins deux ans à comp­ter de la date à laquel­le l’ac­ti­vi­té de trai­te­ment a pris fin (artic­le 14 FDPO).

Noti­fi­ca­ti­on de vio­la­ti­on de données

Com­me dans le RGPD, on entend par “vio­la­ti­on de la sécu­ri­té des don­nées” une vio­la­ti­on de la sécu­ri­té – c’est-à-dire une vio­la­ti­on de la con­fi­den­tia­li­té, de l’in­té­gri­té ou de la dis­po­ni­bi­li­té – qui ent­raî­ne la per­te, la sup­pres­si­on, la des­truc­tion ou la modi­fi­ca­ti­on invo­lon­tai­res ou illé­ga­les de don­nées per­son­nel­les ou la divul­ga­ti­on ou la mise à dis­po­si­ti­on de don­nées per­son­nel­les à des per­son­nes non autorisées.

Noti­fi­ca­ti­on par le pro­ce­s­seur au contrôleur

Les pro­ce­s­seurs doi­vent noti­fier les vio­la­ti­ons de don­nées au con­trô­leur “dans les meil­leurs délais” (artic­le 24(3) de la FDPA). Bien que cet­te obli­ga­ti­on ne soit pas une par­tie obli­ga­toire des accords de trai­te­ment, elle est géné­ra­le­ment men­ti­onnée dans ces accords, pré­cisant sou­vent le con­te­nu mini­mal de la noti­fi­ca­ti­on et les exi­gen­ces en matiè­re de calendrier.

Noti­fi­ca­ti­on par le con­trô­leur au FDPIC

Le con­trô­leur doit noti­fier au FDPIC tou­te vio­la­ti­on de don­nées “sus­cep­ti­ble d’en­traî­ner un ris­que éle­vé” pour le sujet des don­nées (artic­le 24(1) FDPA). La FDPA ne four­nit pas de défi­ni­ti­on du ris­que éle­vé, mais en sup­po­sant à nou­veau que le “ris­que éle­vé” est une noti­on cohé­ren­te dans tou­te la FDPA, la sévé­ri­té du ris­que dépend de la natu­re, du champ d’ap­pli­ca­ti­on, des cir­con­stances et de la fina­li­té du trai­te­ment (artic­le 22(2) de la FDPA). Tou­te­fois, jus­qu’à pré­sent, il n’e­xi­ste aucu­ne indi­ca­ti­on sur l’in­ter­pré­ta­ti­on du ris­que éle­vé dans le con­tex­te des vio­la­ti­ons de don­nées. Il est pro­ba­ble que la pra­tique se réfè­re aux lignes direc­tri­ces du CEPD sur les noti­fi­ca­ti­ons de vio­la­ti­on de don­nées, ou aux recom­man­da­ti­ons de l’E­NISA.
La noti­fi­ca­ti­on à la FDPIC doit être fai­te dès que pos­si­ble après la pri­se de con­nais­sance de la vio­la­ti­on, étant enten­du que le délai avant la noti­fi­ca­ti­on dépend de la gra­vi­té du ris­que. Elle doit con­te­nir, au mini­mum, les infor­ma­ti­ons pré­vues à l’ar­tic­le 15 de la direc­ti­ve sur la pro­tec­tion des données.

Dès récep­ti­on de la noti­fi­ca­ti­on, le FDPIC peut ouvr­ir une enquête. Tou­te­fois, les infor­ma­ti­ons four­nies au FDPIC en ver­tu de l’ar­tic­le 24 de la loi sur la pro­tec­tion des don­nées ne peu­vent pas être uti­li­sées dans le cad­re d’u­ne pro­cé­du­re péna­le à l’en­cont­re du con­trô­leur sans le con­sen­te­ment de ce der­nier (artic­le 24(6) de la loi sur la pro­tec­tion des données).

Com­mu­ni­ca­ti­on par le con­trô­leur aux per­son­nes con­cer­nées par les données

Indé­pen­dam­ment d’u­ne noti­fi­ca­ti­on au FDPIC, le responsable du trai­te­ment doit com­mu­ni­quer la vio­la­ti­on aux per­son­nes con­cer­nées indi­vi­du­el­le­ment, sans retard inju­sti­fié, si cela est “néces­saire pour la pro­tec­tion des per­son­nes con­cer­nées”, en par­ti­cu­lier lorsque les per­son­nes con­cer­nées doi­vent prend­re des mesu­res d’at­té­nua­ti­on (par exemp­le, chan­ger leurs iden­ti­fi­ants de con­ne­xi­on) ou sur deman­de du FDPIC (artic­le 24, para­gra­phe 4, de la loi sur la pro­tec­tion des don­nées). Le responsable du trai­te­ment doit four­nir les infor­ma­ti­ons néces­saires pour per­mett­re aux per­son­nes con­cer­nées de com­prend­re la vio­la­ti­on et ses effets pro­ba­bles pour elles et de prend­re les mesu­res appro­priées.
Le con­trô­leur peut rest­reind­re, repor­ter ou refu­ser la com­mu­ni­ca­ti­on aux sujets (artic­le 24(5) de la FDPA) :

  • pour des rai­sons liées à l’in­té­rêt supé­ri­eur de tiers ou à une obli­ga­ti­on léga­le de confidentialité ;
  • lorsque l’in­for­ma­ti­on est impos­si­ble ou néces­si­terait des efforts dis­pro­por­ti­onnés (par exemp­le, si les coor­don­nées des sujets ne sont pas con­nues, ou si un grand nombre de sujets aurai­ent beso­in d’êt­re infor­més indi­vi­du­el­le­ment et que les coûts sont dis­pro­por­ti­onnés par rap­port au gain d’information) ;
  • si l’in­for­ma­ti­on du sujet des don­nées est assu­rée par une annon­ce publique.

Con­ser­ver les journaux

Com­me men­ti­onné ci-des­sus, les con­trô­leurs et les pro­ce­s­seurs doi­vent prend­re des mesu­res de sécu­ri­té appro­priées en ce qui con­cer­ne les don­nées per­son­nel­les iden­ti­fi­a­bles (artic­le 8 de la loi sur la pro­tec­tion des don­nées). Sur cet­te base, l’ar­tic­le 4 du FDPO obli­ge les con­trô­leurs ain­si que les pro­ce­s­seurs à con­ser­ver des logs lorsqu’ils s’en­g­agent dans le trai­te­ment à gran­de échel­le de don­nées per­son­nel­les sen­si­bles ou dans le pro­fi­la­ge à haut ris­que. Des obli­ga­ti­ons plus stric­tes s’ap­pli­quent aux auto­ri­tés fédé­ra­les.
Lorsque cet­te obli­ga­ti­on s’ap­pli­que, le con­trô­leur ou le pro­ce­s­seur doit con­ser­ver un enre­gi­stre­ment mini­mal de l’ar­chivage, de la modi­fi­ca­ti­on, de la lec­tu­re, de la divul­ga­ti­on et de la des­truc­tion des don­nées. Ces jour­naux doi­vent con­te­nir des infor­ma­ti­ons sur l’i­den­ti­té de la per­son­ne qui a effec­tué le trai­te­ment ; le type de trai­te­ment ; la date et l’heu­re du trai­te­ment ; et si des don­nées sont divul­guées, l’i­den­ti­té des desti­na­tai­res des don­nées. Les enre­gi­stre­ments doi­vent être con­ser­vés pen­dant un an.

Règles de traitement

Dans cer­ta­ins cas, les con­trô­leurs sont tenus de respec­ter les “règles de trai­te­ment”. Com­me pour l’ob­li­ga­ti­on de tenir un regist­re, cet­te obli­ga­ti­on ne s’ap­pli­que que si le con­trô­leur ou le pro­ce­s­seur s’en­ga­ge dans un trai­te­ment à gran­de échel­le de don­nées per­son­nel­les sen­si­bles ou dans un pro­fi­la­ge à haut ris­que.
Les règles de trai­te­ment sont distinc­tes des enre­gi­stre­ments des acti­vi­tés de trai­te­ment – elles sont simi­lai­res à un manu­el qui défi­nit l’or­ga­ni­sa­ti­on inter­ne ; les pro­cé­du­res de trai­te­ment des don­nées pour l’en­re­gi­stre­ment, la cor­rec­tion, la divul­ga­ti­on, la con­ser­va­ti­on, l’ar­chivage, la pseud­ony­mi­sa­ti­on, l’an­ony­mi­sa­ti­on, la sup­pres­si­on ou la des­truc­tion des don­nées à carac­tère per­son­nel, y com­pris la maniè­re dont la mini­mi­sa­ti­on des don­nées est assu­rée ; la pro­cé­du­re selon laquel­le les droits d’ac­cès et de por­ta­bi­li­té des don­nées sont assu­rés ; et les mesu­res de sécu­ri­té tech­ni­ques et orga­ni­sa­ti­on­nel­les, y com­pris les infor­ma­ti­ons sur la con­fi­gu­ra­ti­on des res­sour­ces informatiques.

Prin­cipes de traitement

Com­me men­ti­onné ci-des­sus, les con­trô­leurs et – pour la plu­part des prin­cipes – éga­le­ment les pro­ce­s­seurs doi­vent se con­for­mer aux prin­cipes de trai­te­ment. L’ab­sence de respect de ces prin­cipes signi­fie que le trai­te­ment por­te att­ein­te aux droits de la per­son­na­li­té des per­son­nes con­cer­nées et qu’il est illé­gal, à moins qu’il ne soit justi­fié par le con­sen­te­ment et/ou l’in­té­rêt supérieur.

La FDPA énon­ce les prin­cipes de trai­te­ment sui­vants (artic­les 6 – 8 et FDPA) :

  • DroitLes don­nées per­son­nel­les doi­vent être trai­tées con­for­mé­ment à la loi, ce qui ne signi­fie pas que tout trai­te­ment doit être fon­dé sur des motifs légaux, mais que le trai­te­ment ne doit pas être incom­pa­ti­ble avec tou­te aut­re loi (i.e., aut­re que la FDPA) qui pro­tège les droits de la per­son­na­li­té des per­son­nes con­cer­nées par les données) ;
  • bon­ne foiLe trai­te­ment doit être effec­tué de bon­ne foi (fair­ness). Le prin­ci­pe d’é­qui­té est quel­que peu vague mais peut être uti­li­sé com­me justi­fi­ca­ti­on géné­ra­le chaque fois qu’un tri­bu­nal ou une auto­ri­té esti­me qu’un type par­ti­cu­lier de trai­te­ment est inacceptable ;
  • trans­pa­renceles paramè­tres clés des prin­cipes de trai­te­ment, y com­pris le(s) but(s) du trai­te­ment, doi­vent être trans­par­ents (c’est-à-dire soit évi­dents dans les cir­con­stances, soit expres­sé­ment mentionnés) ;
  • limi­ta­ti­on du butLes don­nées ne peu­vent être coll­ec­tées que dans un but pré­cis et ne peu­vent être trai­tées que de maniè­re com­pa­ti­ble avec ce but ;
  • pro­por­ti­on­na­li­téLe trai­te­ment doit être pro­por­ti­onné à l’ob­jec­tif (mini­mi­sa­ti­on des don­nées) et doit être “détruit ou anony­mi­sé” dès qu’il n’est plus néces­saire au regard de l’ob­jec­tif du trai­te­ment ;
    exac­ti­tu­de : les con­trô­leurs et les pro­ce­s­seurs doi­vent prend­re des mesu­res rai­sonn­ables pour s’assurer que les don­nées sont exac­tes et cor­ri­gées ou “effa­cées ou détruites” ;
  • pri­va­cy by design and secu­ri­ty: les con­trô­leurs doi­vent mett­re en place des mesu­res tech­ni­ques et orga­ni­sa­ti­on­nel­les afin de répond­re aux exi­gen­ces de pro­tec­tion des don­nées (pri­va­cy by design) et, en par­ti­cu­lier, d’assurer un niveau de sécu­ri­té des don­nées adap­té aux ris­ques (data security) ;
  • pro­tec­tion de la vie pri­vée par défautles con­trô­leurs doi­vent défi­nir des paramè­tres pré­dé­fi­nis de maniè­re à ce que le trai­te­ment soit limi­té au mini­mum requis (pro­tec­tion de la vie pri­vée par défaut) ;
  • droit à l’ob­jetLes don­nées ne doi­vent pas être trai­tées cont­re la volon­té expres­se des per­son­nes con­cer­nées (qui est la vari­an­te sui­s­se du droit des per­son­nes con­cer­nées de s’op­po­ser au traitement) ;
  • rest­ric­tions de divul­ga­ti­onLes don­nées sen­si­bles ne doi­vent pas être divul­guées à des tiers (c’est-à-dire à d’aut­res contrôleurs).

Une vio­la­ti­on des prin­cipes de trai­te­ment est illé­ga­le si elle n’est pas justi­fi­ée, mais elle n’est géné­ra­le­ment pas pas­si­ble d’u­ne sanction.

tit­re d’ex­cep­ti­on, le non-respect des exi­gen­ces mini­ma­les de sécu­ri­té peut don­ner lieu à une amen­de. La FDPA ne con­ti­ent pas de tel­les exi­gen­ces mini­ma­les, mais la FDPO com­prend des dis­po­si­ti­ons qui peu­vent être con­sidé­rées com­me des exi­gen­ces mini­ma­les, tel­les que la tenue de regi­stres pour les trai­te­ments à haut ris­que (artic­les 1 et suivants).

Justi­fi­ca­ti­on

Com­me men­ti­onné ci-des­sus, le trai­te­ment en vio­la­ti­on d’un ou de plu­sieurs prin­cipes de trai­te­ment n’est illé­gal que dans la mesu­re où il n’est pas justi­fié. Les motifs sui­vants peu­vent justi­fier un tel trai­te­ment (artic­le 31(1) FDPA) :

(a) Con­sen­te­ment (artic­les 31(1) et 6(6) et (7) FDPA) : le con­sen­te­ment est régle­men­té de maniè­re moins stric­te qu’en ver­tu du GDPR. Les prin­ci­pa­les exi­gen­ces en matiè­re de con­sen­te­ment sont les suivantes :

  • Con­sen­te­ment éclai­ré” : le sujet doit être infor­mé des élé­ments clés du traitement ;
  • con­sen­te­ment libre­ment con­sen­ti” : le con­sen­te­ment est inva­li­de s’il n’est pas libre­ment consenti.

Con­for­mé­ment au droit des affai­res, le con­sen­te­ment peut être inva­li­de si le con­trô­leur en fait une con­di­ti­on pour accé­der aux biens ou aux ser­vices de maniè­re arbi­trai­re, sans rai­sons objec­ti­ves ;
Con­sen­te­ment “expli­ci­te” : le con­sen­te­ment doit être expli­ci­te pour le trai­te­ment de don­nées per­son­nel­les sen­si­bles et pour le pro­fi­la­ge à haut ris­que, pour autant que ces opé­ra­ti­ons de trai­te­ment néces­si­tent un con­sen­te­ment ;
capa­ci­té de juge­ment : le con­sen­te­ment est inva­li­de s’il est don­né par quel­qu’un qui n’a pas la capa­ci­té de juger. Il n’y a pas d’â­ge mini­mum pour les enfants, et l’â­ge requis dépend des ris­ques et de la com­ple­xi­té du trai­te­ment en jeu.
Étant don­né que le FDPA n’a pas de prin­ci­pe de responsa­bi­li­té, il n’y a pas de vio­la­ti­on si le con­sen­te­ment n’est pas docu­men­té, mais le con­trô­leur a un inté­rêt évi­dent à con­ser­ver des enre­gi­stre­ments tra­ça­bles du con­sen­te­ment.
Lorsque le con­sen­te­ment est inva­li­de ou reti­ré, le responsable du trai­te­ment peut con­tin­uer à se fon­der sur l’in­té­rêt légiti­me pour justi­fier le trai­te­ment (à con­di­ti­on qu’un retrait exprès du con­sen­te­ment pui­s­se être assi­milé à une objec­tion, ce qui tend à aug­men­ter le mon­tant de l’in­té­rêt légiti­me).
(b) Pre­vai­ling inte­rest (artic­le 31(1) FDPA) :
Le con­sen­te­ment n’est pas néces­saire lorsque le trai­te­ment en vio­la­ti­on d’un prin­ci­pe est requis pour sau­vegar­der des inté­rêts. Les inté­rêts poten­ti­el­le­ment prépon­dé­rants com­pren­nent tout inté­rêt qui n’est pas con­trai­re à la loi, y com­pris l’in­té­rêt public et les inté­rêts pure­ment com­mer­ci­aux d’ac­teurs pri­vés. Ces inté­rêts doi­vent pré­va­loir sur les inté­rêts con­trai­res du sujet des don­nées. La FDPA n’e­xi­ge pas une “éva­lua­ti­on de l’in­té­rêt légiti­me” (“LIA”) for­mel­le, mais le con­trô­leur doit docu­men­ter l’é­qui­lib­re des inté­rêts dans tous les cas, sauf ceux qui sont évi­dents.
Par­mi les exemp­les d’in­té­rêt poten­ti­el­le­ment pré­va­lent, on peut citer :
Anony­mi­sa­ti­on des don­nées per­son­nel­les à des fins sta­ti­sti­ques ;
la con­ser­va­ti­on des don­nées au-delà de la péri­ode requi­se pour les fina­li­tés du trai­te­ment, car les don­nées sont con­ser­vées dans une base de don­nées de sau­vegar­de ;
de con­ser­ver des don­nées à carac­tère per­son­nel mal­gré une objec­tion à des fins de docu­men­ta­ti­on ou de preuve.

Pro­fi­la­ge”

La FDPA régle­men­te à la fois le pro­fi­la­ge et la pri­se de décis­i­on indi­vi­du­el­le. En ce qui con­cer­ne le pro­fi­la­ge, les dis­po­si­ti­ons appli­ca­bles sont dif­fé­ren­tes et, dans cer­ta­ins cas, légè­re­ment plus stric­tes que cel­les du RGPD.
Le “pro­fi­la­ge” dési­gne tout trai­te­ment auto­ma­ti­sé ayant pour objet d’ana­ly­ser ou de pré­voir des aspects per­son­nels ou le com­porte­ment d’un sujet (artic­le 5(f) de la loi sur la pro­tec­tion des don­nées). Il reste à voir si le pro­fi­la­ge requiert une auto­ma­tisa­ti­on com­plè­te ou s’il impli­que une inter­ac­tion humaine, mais pas décisi­ve. En tout état de cau­se, le pro­fi­la­ge ne requiert pas que les don­nées brutes uti­li­sées pour l’opé­ra­ti­on de pro­fi­la­ge soi­ent coll­ec­tées ou trai­tées auto­ma­ti­quement tant que l’opé­ra­ti­on de pro­fi­la­ge elle-même est auto­ma­ti­sée. Les exemp­les de pro­fi­la­ge inclu­ent l’éva­lua­ti­on auto­ma­tique des habi­tu­des d’achat afin de déter­mi­ner les pri­mes et les inci­ta­ti­ons, le cal­cul d’un indi­ce d’ac­ti­vi­té sur la base des don­nées de comp­ta­ge des étapes d’u­ne appli­ca­ti­on, l’ana­ly­se du com­porte­ment d’un site web ou d’u­ne appli­ca­ti­on afin de pré­sen­ter des publi­ci­tés en ligne ciblées, ou la sélec­tion auto­ma­tique des actua­li­tés en fonc­tion de la loca­li­sa­ti­on de l’uti­li­sa­teur.
Le pro­fi­la­ge en tant que tel n’en­traî­ne aucu­ne obli­ga­ti­on expres­se pour les con­trô­leurs (sauf s’ils agis­sent en tant qu’or­ga­ne fédé­ral). Tou­te­fois, il peut y avoir une obli­ga­ti­on, en ver­tu du prin­ci­pe de trans­pa­rence, d’in­for­mer les per­son­nes con­cer­nées sur le pro­fi­la­ge, et les con­trô­leurs choi­sis­sent sou­vent d’in­clu­re une réfé­rence au pro­fi­la­ge dans leurs avis de confidentialité.

Pro­fi­la­ge à haut risque”

Le “pro­fi­la­ge à haut ris­que” a été intro­duit dans le FDPA en tant que com­pro­mis poli­tique. Il s’a­git de tou­te for­me de pro­fi­la­ge qui, sur la base d’u­ne com­bi­nai­son de don­nées, abou­tit à une “éva­lua­ti­on des aspects essen­tiels de la per­son­na­li­té” d’un indi­vi­du (artic­le 5(h) FDPA). Cet­te défi­ni­ti­on est basée sur le con­cept de “pro­fils de per­son­na­li­té” dans la FDPA actu­el­le. Les exemp­les de “pro­fils de per­son­na­li­té” inclu­ent les pro­fils des cli­ents finaux basés sur les habi­tu­des d’achat, un CV com­plet, les résul­tats d’un test de per­son­na­li­té ou les don­nées KYC. Chaque fois que le pro­fi­la­ge abou­tit à un tel pro­fil, il est pro­ba­blem­ent con­sidé­ré com­me “à haut ris­que”. Il n’est tou­te­fois pas pos­si­ble de déter­mi­ner si seul le pro­fi­la­ge qui pro­duit un tel pro­fil de per­son­na­li­té est à haut ris­que, ou éga­le­ment le pro­fi­la­ge lorsque les don­nées d’en­trée (source) don­nent lieu à un pro­fil de per­son­na­li­té.
Où un con­trô­leur s’en­ga­ge dans le pro­fi­la­ge à haut risque,

  • le con­trô­leur doit pro­cé­der à une éva­lua­ti­on de l’im­pact sur la pro­tec­tion des données ;
  • le con­trô­leur peut être amené à dési­gner un CH Representative ;
  • est sus­cep­ti­ble d’êt­re sou­mis à une obli­ga­ti­on d’in­for­mer les sujets de don­nées sur le pro­fi­la­ge à haut ris­que, en ver­tu du prin­ci­pe de transparence ;
  • le con­sen­te­ment doit être expli­ci­te, à con­di­ti­on que le con­sen­te­ment soit requis com­me justification.

Décis­i­on indi­vi­du­el­le automatisée

La pri­se de décis­i­on indi­vi­du­el­le auto­ma­ti­sée impli­que des décis­i­ons qui :

  • sont fai­tes auto­ma­ti­quement, sans inter­ven­ti­on humaine significative,
  • exi­gent un cer­tain niveau de juge­ment (à l’ex­clu­si­on de simp­les décis­i­ons si/quand), et
  • ont un effet juri­di­que néga­tif sur le sujet ou ont autre­ment un effet néga­tif signi­fi­ca­tif sur le sujet (artic­le 21(1) FDPA). Nous nous atten­dons à ce que l’in­ter­pré­ta­ti­on en ver­tu de la FDPA sui­ve le con­cept de la pri­se de décis­i­on auto­ma­ti­sée en ver­tu du GDPR.
    Con­for­mé­ment à l’appro­che sui­s­se d’u­ne pré­somp­ti­on de léga­li­té du trai­te­ment des don­nées, la pri­se de décis­i­on auto­ma­ti­sée est régle­men­tée mais ne requiert pas de motifs légaux pour être auto­ri­sée. Tou­te­fois, le con­trô­leur doit géné­ra­le­ment infor­mer les per­son­nes con­cer­nées par la pri­se de décis­i­on auto­ma­ti­sée. En out­re, le con­trô­leur doit per­mett­re au sujet, sur deman­de, d’ex­pri­mer sa posi­ti­on et de deman­der que la décis­i­on soit réex­ami­née par un être humain (artic­le 21(2) de la loi sur la pro­tec­tion des don­nées).
    Les obli­ga­ti­ons en matiè­re d’in­for­ma­ti­on et d’e­s­cala­de énon­cées ci-des­sus ne s’ap­pli­quent tou­te­fois pas (artic­le 21(3) de la loi sur la pro­tec­tion des don­nées) où :
  • la décis­i­on est direc­te­ment liée à la con­clu­si­on ou à l’exé­cu­ti­on d’un cont­rat ent­re le responsable du trai­te­ment et le sujet, et la deman­de du sujet est satis­fai­te ; ou
  • les don­nées ont expli­ci­te­ment con­sen­ti à ce que la décis­i­on soit pri­se de maniè­re auto­ma­ti­sée.
    Les con­trô­leurs dev­rai­ent géné­ra­le­ment inclu­re des infor­ma­ti­ons sur la pri­se de décis­i­on auto­ma­ti­sée (le cas échéant) dans leur avis de con­fi­den­tia­li­té et, en out­re, ils infor­me­ront les sujets de l’au­to­ma­tisa­ti­on de la pri­se de décis­i­on et des droits d’e­s­cala­de lorsqu’ils noti­fi­ent la décis­i­on au sujet. La FDPA n’e­xi­ge pas expres­sé­ment cet­te deu­xiè­me infor­ma­ti­on dans chaque cas, mais nous pen­so­ns qu’il est pro­ba­ble qu’u­ne infor­ma­ti­on géné­ra­le dans l’a­vis de con­fi­den­tia­li­té ne suf­fi­ra pas à elle seule.

Com­men­tai­res généraux

Out­re le prin­ci­pe géné­ral de trans­pa­rence, et à l’in­star des artic­les 13 et 14 du RGPD, la loi sur la pro­tec­tion des don­nées énon­ce une obli­ga­ti­on géné­ra­le de four­nir cer­tai­nes infor­ma­ti­ons aux per­son­nes con­cer­nées (artic­le 19 de la loi sur la pro­tec­tion des don­nées). Cet­te obli­ga­ti­on s’ap­pli­que à tou­tes les caté­go­ries de don­nées, sous réser­ve d’ex­cep­ti­ons, et pas uni­quement à la coll­ec­te de don­nées sen­si­bles.
Pour les con­trô­leurs étab­lis en dehors de la Sui­s­se, l’ob­li­ga­ti­on d’in­for­mer s’ap­pli­que lorsque la coll­ec­te de don­nées a des liens suf­fi­sants avec la Sui­s­se, par exemp­le lorsque la coll­ec­te est liée à une off­re fai­te à des per­son­nes en Sui­s­se ou est effec­tuée à l’ai­de d’un ser­veur en Sui­s­se.
Tout man­quement à l’ob­li­ga­ti­on d’in­for­mer peut don­ner lieu à une amende.

Infor­ma­ti­ons minimales

Les con­trô­leurs doi­vent four­nir au mini­mum les infor­ma­ti­ons suivantes :

  • Nom et détails du contrôleur
  • Nom et coor­don­nées du représentant
  • Caté­go­ries de données
  • Fina­li­tés du traitement
  • Desti­na­tai­res ou caté­go­ries de destinataires
  • inten­ti­on de trans­fé­rer des don­nées vers un pays tiers ou une orga­ni­sa­ti­on inter­na­tio­na­le, y com­pris les pays destinataires
  • les garan­ties ou excep­ti­ons appro­priées appli­ca­bles
    Les avis de con­fi­den­tia­li­té qui sont con­for­mes au GDPR satis­font à la plu­part des exi­gen­ces de la FDPA, sauf que :
  • le FDPA exi­ge des con­trô­leurs qu’ils nom­ment les pays en cas de trans­fert vers un pays tiers (y com­pris pour les trans­ferts par les pro­ce­s­seurs et les sous-pro­ce­s­seurs). Dans la pra­tique, de nombreux con­trô­leurs indi­que­ront une région (tel­le que “l’EEE” ou “glo­ba­le­ment”) plutôt que de nom­mer tous les pays indi­vi­du­el­le­ment, mais il reste à voir si les tri­bu­naux ou le FDPIC accep­te­ront cet­te simplification ;
  • les réfé­ren­ces au GDPR sont sou­vent rem­pla­cées par une réfé­rence à la “loi appli­ca­ble” ou à un lan­ga­ge simi­lai­re, afin d’é­vi­ter de don­ner l’im­pres­si­on que le responsable du trai­te­ment est néces­saire­ment sou­mis au GDPR.
    Notez que des obli­ga­ti­ons d’in­for­ma­ti­on sup­p­lé­men­tai­res peu­vent s’ap­pli­quer dans cer­tai­nes circonstances :
  • une obli­ga­ti­on d’in­for­ma­ti­on sup­p­lé­men­tai­re peut s’ap­pli­quer en ver­tu du prin­ci­pe géné­ral de trans­pa­rence, selon les circonstances ;
  • L’ar­tic­le 19(1) de la loi sur la pro­tec­tion des don­nées exi­ge du responsable du trai­te­ment qu’il four­nis­se les infor­ma­ti­ons men­ti­onnées ci-des­sus, mais en géné­ral “tou­tes les infor­ma­ti­ons néces­saires pour per­mett­re au sujet des don­nées d’e­xer­cer ses droits et d’assurer la trans­pa­rence du trai­te­ment”. Il reste à voir si les tri­bu­naux ou les auto­ri­tés exi­gent des infor­ma­ti­ons sup­p­lé­men­tai­res en ver­tu de cet­te clause.

Con­train­tes de for­me et de temps

L’ob­li­ga­ti­on d’in­for­ma­ti­on est déclen­chée par la “coll­ec­te” de don­nées. La “coll­ec­te” requiert une action pré­mé­di­tée visa­nt à obte­nir des don­nées. Lorsque des don­nées à carac­tère per­son­nel sont obte­nues de maniè­re non inten­ti­on­nel­le, elles ne sont pas coll­ec­tées. Tou­te­fois, l’uti­li­sa­ti­on de don­nées exi­stan­tes – “coll­ec­tées” ou non – dans un nou­veau but sera tou­jours con­sidé­rée com­me une coll­ec­te, et déclen­che­ra une obli­ga­ti­on d’in­for­ma­ti­on.
Les infor­ma­ti­ons mini­ma­les doi­vent être four­nies aux per­son­nes concernées :

  • avant ou au moment de la coll­ec­te, si cel­le-ci est effec­tuée auprès du sujet des don­nées (artic­le 19(1) FDPA) ;
  • un mois après la coll­ec­te ou, si elle est anté­ri­eu­re, lorsque les don­nées sont divul­guées à un tiers (à l’ex­clu­si­on d’un pro­ce­s­seur), si les don­nées ne sont pas coll­ec­tées auprès du sujet (artic­le 19(5) de la loi sur la pro­tec­tion des don­nées).
    La FDPA n’e­xi­ge pas de for­mu­lai­re par­ti­cu­lier pour les infor­ma­ti­ons mini­ma­les. Les infor­ma­ti­ons peu­vent être four­nies sous n’im­por­te quel­le for­me, y com­pris par voie ora­le, et peu­vent éga­le­ment être pré­sen­tées sur un site web, si cela est prévu :
  • que les don­nées sont coll­ec­tées en ligne ou par un aut­re canal élec­tro­ni­que, ou
  • lorsque les don­nées sont coll­ec­tées hors ligne, que le sujet soit diri­gé vers le site web per­ti­nent où l’in­for­ma­ti­on est faci­le­ment acce­s­si­ble. Il est ouvert si les docu­ments impri­més se réfé­rant à un site web doi­vent inclu­re cer­tai­nes infor­ma­ti­ons (“infor­ma­ti­ons de base”), mais il y a un ris­que qu’un tri­bu­nal ou une auto­ri­té exi­ge­rait d’in­di­quer au moins l’i­den­ti­té du responsable du trai­te­ment, les fina­li­tés du trai­te­ment et les divul­ga­ti­ons à des tiers.

Excep­ti­ons à l’ob­li­ga­ti­on d’informer

Il n’y a pas d’ob­li­ga­ti­on d’in­for­mer dans les scé­na­ri­os sui­vants (artic­le 20 FDPA) :

  • Si, et dans la mesu­re où, le sujet dis­po­se déjà des infor­ma­ti­ons pertinentes ;
  • le trai­te­ment est néces­saire pour se con­for­mer à la légis­la­ti­on sui­s­se (par exemp­le, pour se con­for­mer aux obli­ga­ti­ons KYC, à cer­tai­nes obli­ga­ti­ons en ver­tu de la légis­la­ti­on du tra­vail ou aux obli­ga­ti­ons de rétention) ;
  • la divul­ga­ti­on d’in­for­ma­ti­ons con­sti­tuer­ait une vio­la­ti­on d’u­ne obli­ga­ti­on léga­le de secret ;
  • lorsque les don­nées ne sont pas coll­ec­tées auprès du sujet des don­nées, il n’est pas pos­si­ble de four­nir les infor­ma­ti­ons ou cela néces­si­terait des efforts dis­pro­por­ti­onnés.
    Dans ces cas, le responsable du trai­te­ment est dis­pen­sé de l’ob­li­ga­ti­on d’in­for­mer et la FDPA n’e­xi­ge pas du responsable du trai­te­ment qu’il pren­ne des mesu­res d’at­té­nua­ti­on tel­les que l’af­fichage des infor­ma­ti­ons sur un site web.
    En out­re, les con­trô­leurs peu­vent rest­reind­re, dif­fé­rer ou refu­ser les infor­ma­ti­ons où :
  • Il est néces­saire de pro­té­ger les inté­rêts prépon­dé­rants des tiers ;
  • la four­ni­tu­re d’in­for­ma­ti­ons empêcher­ait le trai­te­ment d’att­eind­re son objectif ;
  • il est néces­saire pour les inté­rêts prépon­dé­rants du con­trô­leur, à con­di­ti­on que le con­trô­leur ne divul­gue pas les don­nées à des tiers (ce qui exclut les pro­ce­s­seurs et les socié­tés affiliées).

Rela­ti­ons contrôleur/processeur

Lorsqu’un con­trô­leur a l’in­ten­ti­on de recour­ir à un pro­ce­s­seur, la LPD exi­ge que les deux par­ties con­clu­ent un accord de trai­te­ment des don­nées (artic­le 9, para­gra­phe 1, de la LPD). L’ac­cord de trai­te­ment des don­nées (DPA) peut être con­clu sous n’im­por­te quel­le for­me, y com­pris par voie ora­le, mais il doit être con­clu sous for­me de tex­te. Le con­te­nu mini­mum est plus léger que sous le GDPR. Les DPA doi­vent exi­ger du pro­ce­s­seur, au mini­mum, qu’il

  • ne trai­tent les don­nées que dans la mesu­re où elles sont néces­saires aux ser­vices du pro­ce­s­seur, con­for­mé­ment aux ins­truc­tions du contrôleur,
  • obte­nir l’au­to­ri­sa­ti­on du con­trô­leur avant d’uti­li­ser un sous-pro­ce­s­seur, et
  • assurer une sécu­ri­té appro­priée des don­nées.
    En out­re, le pro­ce­s­seur doit noti­fier le con­trô­leur d’un inci­dent de sécu­ri­té des don­nées dès que pos­si­ble (artic­le 24(3) FDPA), qui sera géné­ra­le­ment restau­ré ou spé­ci­fié dans le DPA.
    En géné­ral, les DPA rédi­gés con­for­mé­ment à l’ar­tic­le 28 du GDPR satis­font aux exi­gen­ces de l’ar­tic­le 9 du FDPA. Cependant,
  • Les DPA sont géné­ra­le­ment modi­fi­és pour sup­p­ri­mer les réfé­ren­ces au GDPR ou les rem­pla­cer par une réfé­rence à la “loi appli­ca­ble en matiè­re de pro­tec­tion des don­nées” lorsque le con­trô­leur et le pro­ce­s­seur peu­vent ne pas être sou­mis au GDPR ;
  • en out­re, les pro­ce­s­seurs sont direc­te­ment respons­ables du respect des prin­cipes de trai­te­ment et peu­vent donc deman­der à un sous-trai­tant que le responsable du trai­te­ment assu­re la con­for­mi­té du trai­te­ment avec la FDPA et que le pro­ce­s­seur soit inof­fen­sif en cas de vio­la­ti­on causée par le responsable du traitement.

Arran­ge­ments de con­trô­leurs conjoints

Com­me men­ti­onné ci-des­sus, les con­trô­leurs con­joints n’ont aucu­ne obli­ga­ti­on expres­se d’en­trer dans un accord de con­trô­leur con­joint ou d’in­for­mer les sujets de la répar­ti­ti­on des responsa­bi­li­tés ent­re eux. Tou­te­fois, une obli­ga­ti­on de con­ve­nir de la répar­ti­ti­on des responsa­bi­li­tés peut, selon les cir­con­stances, décou­ler des prin­cipes de respect de la vie pri­vée dès la con­cep­ti­on et de sécu­ri­té des don­nées. Les accords de con­trô­le con­joint con­for­mes au GDPR répon­dront à cet­te exi­gence.
Tous les con­trô­leurs con­joints doi­vent vrais­em­bla­blem­ent être indi­qués dans les avis de con­fi­den­tia­li­té, ain­si que dans la répon­se aux deman­des d’ac­cès aux sujets.

Trans­ferts de con­trô­leur à contrôleur

Dans le cas d’un trans­fert de con­trô­leur à con­trô­leur, le con­trô­leur divul­ga­teur doit se con­for­mer aux prin­cipes de trai­te­ment et aux rest­ric­tions de trans­fert trans­fron­ta­lier. En dehors de ces exi­gen­ces, il n’y a pas de con­di­ti­ons mini­ma­les pour les arran­ge­ments ent­re con­trô­leurs, mais les par­ties vont sou­vent con­clu­re un accord ent­re con­trô­leurs.
Il con­vi­ent tou­te­fois de noter qu’en ver­tu de l’ar­tic­le 62 de la loi sur la pro­tec­tion des don­nées, la divul­ga­ti­on de don­nées per­son­nel­les secrè­tes dont la con­nais­sance a été acqui­se dans l’e­xer­ci­ce d’u­ne pro­fes­si­on exi­geant de tel­les con­nais­sances (ou l’e­xer­ci­ce d’u­ne pro­fes­si­on sou­mi­se à une obli­ga­ti­on de con­fi­den­tia­li­té) est pas­si­ble d’u­ne amen­de pou­vant aller jus­qu’à 250 000 CHF. Il exi­ste un débat en Sui­s­se sur la que­sti­on de savoir si tou­te divul­ga­ti­on qui n’est pas néces­saire à un cont­rat avec le sujet des don­nées peut être con­sidé­rée com­me une vio­la­ti­on de cet­te dis­po­si­ti­on, ou si seu­les les divul­ga­ti­ons effec­tuées en vio­la­ti­on de la loi sur la pro­tec­tion des don­nées peu­vent l’être.

La FDPA régle­men­te les trans­ferts de don­nées à l’étran­ger (y com­pris la divul­ga­ti­on par le biais de l’ac­cès) aux artic­les 16 et sui­vants. Les trans­ferts à l’étran­ger sont auto­ri­sés com­me suit :

  • aux desti­na­tai­res dans les pays où le Con­seil fédé­ral a émis un avis d’a­dé­qua­ti­on (artic­le 16(1) FDPA). Ces con­clu­si­ons seront con­traignan­tes pour les ent­re­pri­ses exporta­t­ri­ces. La liste des pays adé­quats est annexée à la FDPO et com­prend tous les États mem­bres de l’EEE ain­si que quel­ques aut­res pays ;
  • si le pays impor­ta­teur n’off­re pas une pro­tec­tion adé­qua­te, le trans­fert est auto­ri­sé sur la base des BCR ou si les par­ties con­clu­ent un accord de trans­fert de don­nées basé sur des clau­ses stan­dard de pro­tec­tion des don­nées (y com­pris les clau­ses con­trac­tu­el­les stan­dard de l’UE, géné­ra­le­ment légè­re­ment modi­fi­ées pour tenir comp­te du droit sui­s­se) ou, dans le cas d’un accord ad hoc, qui a été noti­fié au FDPIC avant le transfert ;
  • lorsque des don­nées doi­vent être trans­fé­rées à un desti­na­tai­re dans un pays ne dis­po­sant pas d’u­ne pro­tec­tion adé­qua­te en dehors d’un trans­fert de don­nées, un tel trans­fert est auto­ri­sé s’il se fon­de sur les BCR ; s’il repo­se sur un con­sen­te­ment expli­ci­te ; s’il est direc­te­ment lié à la con­clu­si­on ou à l’exé­cu­ti­on d’un cont­rat ent­re le responsable du trai­te­ment et le sujet des don­nées ou ent­re le responsable du trai­te­ment et une aut­re par­tie dans l’in­té­rêt du sujet des don­nées ; s’il est néces­saire à la sau­vegar­de d’un inté­rêt public prépon­dé­rant ou à l’é­ta­blis­se­ment, à l’e­xer­ci­ce ou à l’ap­pli­ca­ti­on de droits légaux devant un tri­bu­nal ou une aut­re auto­ri­té étran­gè­re com­pé­ten­te ; néces­saires à la pro­tec­tion de la vie ou de l’in­té­gri­té phy­si­que du sujet ou d’un tiers, si le con­sen­te­ment n’est pas une opti­on ; le sujet a ren­du les don­nées géné­ra­le­ment acce­s­si­bles et n’a pas expres­sé­ment inter­dit leur trai­te­ment ; ou les don­nées pro­vi­en­nent d’un regist­re pré­vu par la loi qui est acce­s­si­ble au public ou aux per­son­nes ayant un inté­rêt légiti­me, pour autant que les con­di­ti­ons de con­sul­ta­ti­on soi­ent rem­plies.
    Sur deman­de, la par­tie exporta­t­ri­ce doit infor­mer le FDPIC des divul­ga­ti­ons de don­nées effec­tuées dans le cad­re de cer­tai­nes des excep­ti­ons énon­cées ci-des­sus (artic­le 17(2) de la LPD).
    Notez qu’à ce jour, il n’y a pas de cad­re sui­s­se-amé­ri­cain pour la pro­tec­tion des don­nées (DPF) en place (le suc­ce­s­seur du Pri­va­cy Shield), mais nous espé­rons que le DPF sui­s­se devi­en­dra appli­ca­ble à la fin du T1 2024.

Com­men­tai­res généraux

Dans le cad­re de la FDPA, les per­son­nes phy­si­ques et mora­les ont les mêmes droits que dans le cad­re du GDPR, mais les moda­li­tés d’uti­li­sa­ti­on de ces droits et les obli­ga­ti­ons du con­trô­leur de se con­for­mer à ces droits dif­fè­rent dans une cer­taine mesu­re. Les dif­fé­ren­ces peu­vent être résu­mées com­me suit :

  • Droit d’êt­re infor­mé : voir ci-dessous ;
  • Accès : les per­son­nes con­cer­nées ont le droit d’êt­re infor­mées, sur deman­de, du trai­te­ment des don­nées les con­cer­nant et de rece­voir une copie de leurs don­nées et des infor­ma­ti­ons sur le traitement ;
  • Rec­ti­fi­ca­ti­on : Le droit d’ob­te­nir la mise à jour ou tou­te aut­re rec­ti­fi­ca­ti­on des don­nées est simi­lai­re dans le cad­re de l’ar­tic­le 32 de la FDPA et du RGPD. Tou­te­fois, dans le cad­re de la loi sur la pro­tec­tion des don­nées, il n’e­xi­ste pas de droit de rec­ti­fi­ca­ti­on lorsque les don­nées sont trai­tées ou archi­vées dans l’in­té­rêt public (artic­le 32, para­gra­phe 1, de la loi sur la pro­tec­tion des don­nées), et lorsque l’e­xac­ti­tu­de ou l’in­exac­ti­tu­de des don­nées ne peut être déter­mi­née, le sujet peut deman­der à la juri­dic­tion com­pé­ten­te d’or­don­ner une note indi­quant que l’ob­jec­tion sera ajou­tée aux don­nées (artic­le 32, para­gra­phe 3, de la loi sur la pro­tec­tion des données) ;
  • Objec­tion : les per­son­nes con­cer­nées peu­vent s’op­po­ser à tout moment à la pour­suite du trai­te­ment des don­nées les con­cer­nant (artic­le 30(2)(b) de la loi sur la pro­tec­tion des don­nées). En cas d’ob­jec­tion, la pour­suite du trai­te­ment n’est auto­ri­sée que si elle est justi­fi­ée par un inté­rêt pri­vé ou public prépon­dé­rant. Dans la mesu­re où ce n’est pas le cas, le trai­te­ment doit être limi­té ou les don­nées doi­vent être supprimées ;
  • Rest­ric­tion du trai­te­ment : il n’e­xi­ste pas de droit exprès de rest­reind­re le trai­te­ment ulté­ri­eur des don­nées. Tou­te­fois, lorsque les don­nées sont con­ser­vées dans un système d’ar­chivage ou de sau­vegar­de (par exemp­le, lorsqu’un sujet s’est oppo­sé à la pour­suite du trai­te­ment mais que le responsable du trai­te­ment a un inté­rêt légiti­me à con­ser­ver une copie des don­nées), le responsable du trai­te­ment doit prend­re des mesu­res appro­priées pour empêcher le trai­te­ment à d’aut­res fins. En pra­tique, cet­te exi­gence a des effets simi­lai­res à ceux du droit de rest­reind­re le trai­te­ment pré­vu aux artic­les 4(3) et 18 du GDPR ;
  • Sup­pres­si­on : les con­trô­leurs doi­vent sup­p­ri­mer les don­nées à carac­tère per­son­nel dès qu’el­les ne sont plus néces­saires à une fina­li­té léga­le, sous réser­ve des obli­ga­ti­ons de con­ser­va­ti­on. Cela peut être le résul­tat d’u­ne objec­tion à la pour­suite du trai­te­ment des don­nées com­me men­ti­onné ci-des­sus. Les con­trô­leurs sou­mis à une obli­ga­ti­on de sup­pres­si­on doi­vent, à leur choix, sup­p­ri­mer, détrui­re ou rend­re anony­mes les don­nées (cf. artic­le 32(4) de la FDPA). Par “sup­pres­si­on”, on entend la sup­pres­si­on de don­nées à carac­tère per­son­nel d’u­ne maniè­re qui empêche leur recon­sti­tu­ti­on dans des con­di­ti­ons nor­ma­les, tan­dis que par “des­truc­tion”, on entend la des­truc­tion irré­ver­si­ble du sup­port de don­nées, par exemp­le le broya­ge de papier ou le déma­gné­ti­sa­ti­on d’un dis­que dur. Mal­gré une for­mu­la­ti­on ambi­guë, la FDPA ne requiert géné­ra­le­ment pas de des­truc­tion. En out­re, l’an­ony­mi­sa­ti­on est une alter­na­ti­ve via­ble à la sup­pres­si­on, quel que soit le but de l’an­ony­mi­sa­ti­on (même si ce point de vue fait l’ob­jet d’un débat) ;
  • Por­ta­bi­li­té des don­nées : les sujets de don­nées ont le droit d’ob­te­nir cer­tai­nes don­nées à carac­tère per­son­nel dans un for­mat élec­tro­ni­que stan­dard ou d’a­voir des don­nées trans­fé­rées à un aut­re contrôleur ;
  • Décis­i­on indi­vi­du­el­le auto­ma­ti­sée : il n’y a pas d’ob­li­ga­ti­on d’é­ta­b­lir des motifs légaux, mais le con­trô­leur doit infor­mer les sujets et accep­ter des droits d’escalade.

Droit d’ac­cès

Com­me dans le GDPR, les sujets de don­nées ont le droit d’ac­cé­der à leurs don­nées. Les deman­des d’ac­cès aux don­nées (SAR) peu­vent être for­mulées par écrit ou sous tou­te aut­re for­me, sauf si le nou­veau règle­ment pré­voit des exi­gen­ces for­mel­les, et doi­vent géné­ra­le­ment inclu­re une preuve d’i­den­ti­té. La pra­tique actu­el­le, accep­tée, con­si­ste à exi­ger une copie d’un docu­ment d’i­den­ti­té à tit­re de preuve, et nous nous atten­dons à ce que cet­te pra­tique se pour­suive sous la FDPA.
Sur deman­de, le con­trô­leur doit four­nir les infor­ma­ti­ons sui­van­tes aux sujets effec­tu­ant un DAS :

  • Nom et coor­don­nées du ou des contrôleurs
  • Fina­li­tés du traitement
  • Caté­go­ries de don­nées, si elles n’ont pas été coll­ec­tées auprès du sujet
  • Desti­na­tai­res ou caté­go­ries de destinataires
  • Le cas échéant, garan­ties appro­priées pour les trans­ferts à l’étran­ger ou exemp­ti­ons applicables
  • Temps de réten­ti­on ou critères
  • Infor­ma­ti­ons sur la source des don­nées, dans la mesu­re où elles sont disponibles
  • Décis­i­on indi­vi­du­el­le auto­ma­ti­sée
    En out­re, les con­trô­leurs doi­vent four­nir une copie des don­nées per­son­nel­le­ment iden­ti­fi­a­bles trai­tées.
    Les infor­ma­ti­ons requi­ses doi­vent être four­nies gra­tui­te­ment, sauf que les con­trô­leurs peu­vent fac­tu­rer une taxe allant jus­qu’à 300 CHF lorsque la répon­se au DRS ent­raî­ne des efforts dis­pro­por­ti­onnés (artic­le 19 FDPO). En ver­tu du FDPA, l’ac­cès doit être four­ni dans un délai de 30 jours à comp­ter de la récep­ti­on du SAR (ou de la preuve d’i­den­ti­té, si elle est posté­ri­eu­re), mais le con­trô­leur peut pro­lon­ger ce délai en four­nis­sant un avis au sujet dans les 30 jours (artic­le 18 FDPO). Aucu­ne rest­ric­tion ne s’ap­pli­que quant aux motifs de l’ex­ten­si­on, pour autant qu’ils soi­ent rai­sonn­ables.
    Les excep­ti­ons sui­van­tes aux droits d’ac­cès s’ap­pli­quent (artic­le 26 de la FDPA ; nous ne men­ti­onnons que les excep­ti­ons poten­ti­el­le­ment appli­ca­bles aux ent­re­pri­ses pri­vées qui n’a­gis­sent pas en tant qu’or­ga­nis­mes fédéraux) :
  • Le refus, la limi­ta­ti­on ou le refus d’ac­cès sont néces­saires à la pro­tec­tion des inté­rêts d’un tiers ;
  • la SAR est mani­fe­stem­ent infon­dée, en par­ti­cu­lier lorsque sa fina­li­té est con­trai­re à la pro­tec­tion des don­nées ou mani­fe­stem­ent frivole ;
  • le refus, la limi­ta­ti­on ou le refus d’ac­cès est néces­saire pour les inté­rêts supé­ri­eurs du con­trô­leur, à con­di­ti­on que le con­trô­leur ne divul­gue pas les don­nées à des tiers (ce qui exclut les pro­ce­s­seurs et les socié­tés affi­liées).
    Si le con­trô­leur se fon­de sur une tel­le excep­ti­on, il doit en indi­quer les rai­sons (artic­le 26(4) de la loi sur la pro­tec­tion des don­nées). Dans la pra­tique, les tri­bu­naux exi­gent une expli­ca­ti­on rela­ti­ve­ment détail­lée.
    Out­re les motifs men­ti­onnés ci-des­sus, les médi­as peu­vent refu­ser ou rest­reind­re l’ac­cès aux don­nées à carac­tère per­son­nel uti­li­sées exclu­si­ve­ment pour la publi­ca­ti­on dans la sec­tion édi­tée d’un média publié péri­odi­quement, dans la mesu­re où cela est néces­saire pour pro­té­ger les sources, les édi­ti­ons ori­gi­na­les ou la lib­re for­ma­ti­on de l’o­pi­ni­on publi­que, et les jour­na­li­stes peu­vent refu­ser, rest­reind­re ou refu­ser l’ac­cès aux don­nées à carac­tère per­son­nel uti­li­sées exclu­si­ve­ment com­me instru­ment de tra­vail per­son­nel. Tou­te­fois, en fonc­tion des cir­con­stances et du niveau de leur tra­vail édi­to­ri­al, les four­nis­seurs de pla­te­for­mes peu­vent ne pas être con­sidé­rés com­me faisant par­tie du “média”.

Por­ta­bi­li­té des données

En ver­tu de l’ar­tic­le 28 de la loi sur la pro­tec­tion des don­nées, les per­son­nes con­cer­nées peu­vent deman­der une copie de leurs don­nées à carac­tère per­son­nel dans un for­mat élec­tro­ni­que stan­dard (par exemp­le un fichier Excel) ou peu­vent avoir des don­nées trans­fé­rées à un aut­re con­trô­leur.
Le droit à la por­ta­bi­li­té ne s’ap­pli­que qu’aux don­nées (artic­le 20 FDPO) qui :

  • est trai­té de maniè­re auto­ma­ti­sée ; et
  • a été four­nie volon­tai­re­ment par le sujet des don­nées ou est obser­vée à par­tir du com­porte­ment du sujet des don­nées, à l’ex­clu­si­on des don­nées déri­vées tel­les que les clu­sters d’af­fi­ni­té ou les modè­les d’in­tel­li­gence arti­fi­ci­el­le ou d’app­ren­tis­sa­ge auto­ma­tique.
    Le con­trô­leur peut refu­ser, rest­reind­re ou refu­ser la por­ta­bi­li­té dans les scé­na­ri­os sui­vants (artic­le 29(1) FDPA ; les mêmes scé­na­ri­os qui rest­r­eig­n­ent le droit d’accès) :
  • La mesu­re est néces­saire pour pro­té­ger les inté­rêts d’u­ne tier­ce partie ;
  • la deman­de est mani­fe­stem­ent infon­dée, en par­ti­cu­lier si son but est con­trai­re à la pro­tec­tion des don­nées ou mani­fe­stem­ent frivole ;
  • la mesu­re est néces­saire pour les inté­rêts prépon­dé­rants du con­trô­leur, à con­di­ti­on que le con­trô­leur ne divul­gue pas les don­nées à des tiers (ce qui exclut les pro­ce­s­seurs et les socié­tés affi­liées).
    Là enco­re, si le con­trô­leur se fon­de sur une tel­le excep­ti­on, il doit en indi­quer les rai­sons (artic­le 29(2) de la loi sur la pro­tec­tion des données).

Responsa­bi­li­té civile

Une vio­la­ti­on de la FDPA peut don­ner lieu à des actions civi­les à l’en­cont­re du con­trô­leur et/ou du pro­ce­s­seur en infrac­tion, y com­pris des deman­des de ces­sa­ti­on et de dési­stem­ent et des deman­des d’in­dem­ni­sa­ti­on de dom­mages pécu­ni­ai­res. Tou­te­fois, il incom­berait au deman­deur d’é­ta­b­lir et de quan­ti­fier la per­te éco­no­mi­que subie à la suite de la vio­la­ti­on, ce qui con­sti­tue géné­ra­le­ment un défi dans la pra­tique. Les per­son­nes con­cer­nées peu­vent éga­le­ment fai­re valoir leurs droits d’in­for­ma­ti­on, de cor­rec­tion et d’ex­clu­si­on et peu­vent deman­der la publi­ca­ti­on d’u­ne décis­i­on de justice.

Enquête et ord­res de la FDPIC

En ver­tu de la loi sur la pro­tec­tion des don­nées, le FDPIC peut lan­cer une enquête (d’of­fice ou sur noti­fi­ca­ti­on d’un sujet ou d’u­ne aut­re par­tie) cont­re les con­trô­leurs et les pro­ce­s­seurs s’il exi­ste des indi­ces suf­fi­sants que le trai­te­ment pour­rait vio­ler la loi sur la pro­tec­tion des don­nées (artic­le 49(1) de la loi sur la pro­tec­tion des don­nées). Les con­trô­leurs et les pro­ce­s­seurs doi­vent four­nir au FDPIC tou­tes les infor­ma­ti­ons et tous les docu­ments néces­saires à l’en­quête (artic­le 49(3) et 50(1) FDPA).
Si le FDPIC con­clut que la FDPA est vio­lée, il peut ordon­ner que le trai­te­ment soit entiè­re­ment ou par­ti­el­le­ment cor­ri­gé, sus­pen­du ou inter­rom­pu et que les don­nées à carac­tère per­son­nel soi­ent entiè­re­ment ou par­ti­el­le­ment sup­p­ri­mées ou détrui­tes (artic­le 51(1) de la FDPA). Le FDPIC peut éga­le­ment refu­ser ou interd­ire la divul­ga­ti­on à l’étran­ger et peut ordon­ner au con­trô­leur et/ou au pro­ce­s­seur, le cas échéant,

  • infor­me le FDPIC des trans­ferts transfrontaliers ;
  • prend­re les mesu­res requi­ses en ver­tu de la pro­tec­tion des don­nées dès la con­cep­ti­on et par défaut et des prin­cipes de sécu­ri­té des données ;
  • infor­mer les per­son­nes con­cer­nées par les don­nées du traitement ;
  • effec­tuer une DPIA et, le cas échéant, con­sul­ter le FDPIC ;
  • infor­mer le FDPIC et/ou, le cas échéant, les per­son­nes con­cer­nées par les don­nées d’u­ne vio­la­ti­on de la sécu­ri­té des données ;
  • four­nir un accès au sujet des données ;
  • dési­gner un repré­sen­tant CH (cf. seq. 17 et seq.).
    Le FDPIC peut éga­le­ment infor­mer le public de ses con­clu­si­ons et de ses décis­i­ons dans des cas d’in­té­rêt géné­ral (artic­le 57(2) FDPA), ce qui peut ent­raî­ner une publi­ci­té néga­ti­ve. En out­re, com­me indi­qué ci-des­sus, le FDPIC est sou­mis à la loi sur la liber­té de l’in­for­ma­ti­on et peut être tenu de divul­guer des infor­ma­ti­ons au public ou aux médi­as, sur demande.

Sanc­tions

Con­trai­re­ment au GDPR, la FDPA ne pré­voit géné­ra­le­ment pas de sanc­tions pour les enti­tés juri­di­ques (mais voir ci-des­sous). Tou­te­fois, cer­tai­nes infrac­tions peu­vent don­ner lieu à des amen­des allant jus­qu’à 250 000 CHF impo­sées aux per­son­nes respons­ables d’u­ne infrac­tion, y com­pris, le cas échéant, aux direc­teurs, offi­ci­ers et employés ayant un pou­voir de décis­i­on indé­pen­dant (artic­le 29 du Code pénal), à con­di­ti­on que ces infrac­tions aient été com­mi­ses de maniè­re inten­ti­on­nel­le (cf. artic­le 12 du Code pénal) et à con­di­ti­on qu’un sujet dépo­se une plain­te. Ces infrac­tions com­pren­nent (artic­les FDPA) :

  • l’in­ca­pa­ci­té de four­nir les infor­ma­ti­ons requi­ses aux per­son­nes concernées ;
  • l’in­ca­pa­ci­té de se con­for­mer au droit d’accès ;
  • défaut de coopé­rer à une enquête du FDPIC ou de four­nir des infor­ma­ti­ons véri­di­ques au FDPIC, ou de se con­for­mer à un ord­re du FDPIC ;
  • four­nir des infor­ma­ti­ons à un desti­na­tai­re à l’étran­ger en vio­la­ti­on des rest­ric­tions de transfert ;
  • divul­guer des don­nées à carac­tère per­son­nel à un pro­ce­s­seur de don­nées en vio­la­ti­on d’u­ne obli­ga­ti­on de con­fi­den­tia­li­té, ou sans assurer des mesu­res de sécu­ri­té adé­qua­tes de la part du processeur ;
  • ne pren­nent pas les mesu­res de sécu­ri­té mini­ma­les qui peu­vent être défi­nies dans le revFDPO ;
  • l’in­ca­pa­ci­té de se con­for­mer à l’ob­li­ga­ti­on de cer­ta­ins pro­fes­si­on­nels de gar­der con­fi­den­ti­el­les des don­nées non publi­ques si le sujet est con­fi­den­tiel (que les don­nées soi­ent sen­si­bles ou non).
    Dans le cas d’un tel man­quement, une amen­de pou­vant aller jus­qu’à 50 000 CHF peut être inf­li­gée au con­trô­leur ou au pro­ce­s­seur en infrac­tion lorsque les per­son­nes respons­ables du man­quement ne peu­vent pas être ou ne sont pas identifiées.

Prin­cipes généraux

En ver­tu de l’ar­tic­le 328b du Code sui­s­se des obli­ga­ti­ons (CO), les don­nées des employés ne doi­vent pas être trai­tées à moins qu’el­les ne soi­ent objec­ti­ve­ment liées à des deman­des d’em­ploi ou à la rela­ti­on d’em­ploi. Cela limi­te à la fois les caté­go­ries qu’un employeur peut trai­ter en tou­te léga­li­té, par exemp­le lors de l’éva­lua­ti­on de can­di­dats poten­tiels et tout au long de la rela­ti­on d’em­ploi, mais aus­si le champ d’ap­pli­ca­ti­on et les fina­li­tés de ce trai­te­ment.
L’ar­tic­le 328b CO reprend prin­ci­pa­le­ment le prin­ci­pe géné­ral de limi­ta­ti­on des objec­tifs et de mini­mi­sa­ti­on des don­nées. En tant que tel, il n’im­po­se pas d’e­xi­gen­ces qui ne décou­lerai­ent pas de la FDPA. Tou­te­fois, les tri­bu­naux appli­quer­ai­ent des critères légè­re­ment plus stricts lorsqu’ils éva­lu­ent la léga­li­té du trai­te­ment des don­nées dans le cad­re de la rela­ti­on de tra­vail.
Lorsqu’un employeur a l’in­ten­ti­on d’uti­li­ser des don­nées à carac­tère per­son­nel d’u­ne maniè­re qui n’est pas néces­saire à la rela­ti­on de tra­vail, par exemp­le en uti­li­sant des pho­tos d’em­ployés sur un site web, l’em­ployeur se fon­de­ra géné­ra­le­ment sur le con­sen­te­ment. Le con­sen­te­ment de l’em­ployé reste une base valable, à con­di­ti­on qu’il soit don­né libre­ment et que les infor­ma­ti­ons four­nies à l’em­ployé soi­ent suffisantes.

Ser­vices par­ta­gés au sein d’un groupe

Dans un scé­na­rio de grou­pe typi­que, les don­nées des sala­riés seront par­ta­gées avec d’aut­res enti­tés par le biais d’un système de gesti­on des infor­ma­ti­ons RH (“SIRH”), par le biais de listes de sala­riés par­ta­gées et à des fins de report­ing. Les ent­re­pri­ses du grou­pe impli­quées dans ces trai­te­ments agi­ront sou­vent en tant que con­trô­leurs con­joints, bien que cela néces­si­te une ana­ly­se au cas par cas. En out­re, une ou plu­sieurs enti­tés
agi­ront en tant que pre­sta­tai­res de ser­vices inter­nes au grou­pe (par exemp­le, pour four­nir des rap­ports par­ta­gés ou exploi­ter un SIRH). Cela néces­si­te­ra un ou plu­sieurs accords de trai­te­ment des don­nées, en plus de tout arran­ge­ment de con­trô­leurs con­joints ou d’ac­cords de con­trô­leur à con­trô­leur.
Tou­te­fois, lorsque le but d’un tel trai­te­ment par­ta­gé ne dépas­se pas ce que les employés pour­rai­ent rai­sonnablem­ent attendre et qu’il est expli­qué de maniè­re appro­priée dans une noti­ce d’in­for­ma­ti­on sur la vie pri­vée des employés, il est géné­ra­le­ment con­sidé­ré com­me con­for­me aux prin­cipes de trai­te­ment ain­si qu’à l’ar­tic­le 328b CO. Le con­sen­te­ment des employés n’est donc géné­ra­le­ment pas une exi­gence dans ces cas de figure.