Ven­te à emporter (AI)
  • La recom­man­da­ti­on du Liech­ten­stein fait clai­re­ment la distinc­tion ent­re la “sup­pres­si­on” (rend­re mécon­naissa­ble de maniè­re irré­ver­si­ble) et la “des­truc­tion” (y com­pris la des­truc­tion du sup­port de données).
  • Le pro­jet de LPD sui­s­se per­met aux respons­ables de choi­sir ent­re la sup­pres­si­on et la des­truc­tion ; les ord­res de sup­pres­si­on usuels y sont déjà con­sidé­rés com­me une suppression.

Le ser­vice de pro­tec­tion des don­nées du Prin­ci­pau­té de Liech­ten­stein a récem­ment lan­cé une Recom­man­da­ti­on sur la des­truc­tion des don­nées per­son­nel­les a été publié. Le docu­ment est dis­po­ni­ble en for­mat PDF sous le lien sui­vant : www.llv.li/files/dss/pdf-llv-dss-empfehlung-vernichtung-von-daten.pdf. Com­me le pro­jet de LPD sui­s­se, la recom­man­da­ti­on fait la distinc­tion ent­re la “sup­pres­si­on” et la “des­truc­tion” des don­nées. Elle défi­nit ces ter­mes com­me suit :

Sur Sup­pres­si­on sera la des­truc­tion irré­mé­dia­ble ou mécon­naissa­ble et donc la sup­pres­si­on irré­ver­si­ble de don­nées per­son­nel­les enre­gi­strées dans des fichiers. Cela signi­fie qu’a­près l’opé­ra­ti­on d’effa­ce­ment – le pro­ce­s­sus d’effa­ce­ment – les don­nées per­son­nel­les exi­stant aupa­ra­vant n’e­xi­stent plus ou sont mécon­naissa­bles et ne peu­vent plus être recon­sti­tuées. Un éven­tuel sup­port de don­nées peut en géné­ral être réé­crit et réuti­li­sé après l’effacement.

Lors de la Des­truc­tion le sup­port de don­nées lui-même est éga­le­ment détruit :

Dans le lan­ga­ge cou­rant, on par­le de des­truc­tion lorsque les infor­ma­ti­ons ou la réfé­rence à une per­son­ne éga­le­ment le sup­port de don­nées lui-même soit détruit.

Le docu­ment s’ap­pu­ie sur évi­dent au RGPD et part de la même noti­on d’effa­ce­ment. Bien que le RGPD ne défi­nis­se pas cet­te noti­on, les RGPD entend éga­le­ment par effa­ce­ment un pro­ce­s­sus qui exclut la per­cep­ti­on de l’in­for­ma­ti­on incor­po­rée dans la don­née sans effort dis­pro­por­ti­onné (ce qui ne dépend pas uni­quement des pos­si­bi­li­tés du responsable).

Le pro­jet de LPD ne con­ti­ent pas de défi­ni­ti­on léga­le de la des­truc­tion ou de l’effa­ce­ment. Le mes­sa­ge s’ex­prime tou­te­fois com­me suit à ce sujet :

Le ter­me “Détrui­re” est plus fort que le ter­me “sup­pres­si­on” et impli­que que les don­nées sont irré­mé­dia­blem­ent détrui­tes. Si les don­nées exi­stent sur papier, celui-ci doit être détruit. brû­ler ou à déchi­que­ter. La des­truc­tion des don­nées élec­tro­ni­ques s’a­vè­re plus dif­fi­ci­le. Si les don­nées ont été trans­mi­ses au moy­en d’un CD ou d’u­ne clé USB, il faut d’u­ne part rend­re le sup­port de don­nées inutili­sable et d’aut­re part trai­ter tou­tes les copies de maniè­re à ce que les don­nées ne pui­s­sent plus être ren­dues lisi­bles. Pour les don­nées per­son­nel­les qui ont été trans­mi­ses en anne­xe d’un e‑mail, les éven­tu­el­les sau­vegar­des inter­mé­di­ai­res de cet e‑mail doi­vent éga­le­ment être détrui­tes. les com­man­des de sup­pres­si­on habi­tu­el­les ou un simp­le refor­ma­ta­ge ne con­sti­tu­ent pas une des­truc­tion, mais un effa­ce­ment.

Il exi­ste des dif­fé­ren­ces con­sidé­ra­bles par rap­port au RGPD et à la recom­man­da­ti­on du Liech­ten­stein : selon le mes­sa­ge les “com­man­des de sup­pres­si­on habi­tu­el­les” suf­fi­sent déjà pour une sup­pres­si­on. Cela est souli­g­né par le fait que la “des­truc­tion” en tant qu’effa­ce­ment défi­ni­tif ne se réfè­re pas seu­le­ment aux sup­ports de don­nées – com­me dans la recom­man­da­ti­on du Liech­ten­stein – mais aus­si aux don­nées. Cela con­fir­me a con­tra­rio que l’effa­ce­ment “nor­mal” ne con­sti­tue pas un effa­ce­ment défi­ni­tif. C’est ce qu’af­fir­me clai­re­ment le mes­sa­ge à la suite de la décis­i­on pha­re BVGE 2015/13.

Il est inté­res­sant de noter que le pro­jet de LPD n’e­xi­ge nul­le part expres­sé­ment une des­truc­tion ; il par­le à chaque fois de “des­truc­tion ou de sup­pres­si­on”. Il dev­rait donc s’a­gir à chaque fois être lais­sée à la dis­cré­ti­on du responsableLe responsable du trai­te­ment déci­de s’il “efface” ou “détruit” les don­nées en appli­quant les prin­cipes de sécu­ri­té des don­nées et en se fond­ant sur une éva­lua­ti­on des risques.

Pour les ent­re­pri­ses en cours de mise en œuvre, c’est une bon­ne nou­vel­le : si la nor­me RGPD est ancrée en tant que nor­me de grou­pe, ce qui est fré­quent pour des rai­sons opé­ra­ti­on­nel­les et des con­sidé­ra­ti­ons de ris­que juri­di­que, aucu­ne adap­t­ati­on ne sera néces­saire pour la LPD dans le domaine des con­cepts d’effacement.