Ven­te à emporter (AI)
  • La CPD a con­dam­né une per­son­ne mora­le à une amen­de de 9 500 euros, en se basant sur la juris­pru­dence de la CJCE selon laquel­le les infrac­tions ne doi­vent pas être attri­buées à une per­son­ne phy­si­que déterminée.
  • La coopé­ra­ti­on avec l’au­to­ri­té de sur­veil­lan­ce ain­si que la satis­fac­tion ulté­ri­eu­re des deman­des de rens­eig­ne­ments ont atté­nué la sanc­tion mal­gré la nég­li­gence et l’ab­sence d’in­frac­tions antérieures.

L’au­to­ri­té autri­chi­en­ne de pro­tec­tion des don­nées (DSB) a inf­li­gé une amen­de de 9’500 euros à une ent­re­pri­se. punitL’entre­pri­se a été con­dam­née pour avoir d’a­bord lais­sé traî­ner une deman­de de rens­eig­ne­ments, puis pour avoir effa­cé les don­nées per­son­nel­les au lieu de les com­mu­ni­quer, appa­rem­ment non pas inten­ti­on­nel­le­ment, mais par négligence.

Cet­te décis­i­on s’ap­pu­ie direc­te­ment sur les Juris­pru­dence Deut­sche-Woh­nen de la CJUE, selon laquel­le les États mem­bres ne peu­vent pas fai­re dépend­re une amen­de en ver­tu du RGPD de l’im­pu­ta­ti­on de l’in­frac­tion à une per­son­ne déter­mi­née ; les per­son­nes mora­les doi­vent plutôt être respons­ables de tou­tes les infrac­tions com­mi­ses dans le cad­re de l’ac­ti­vi­té entre­pre­neu­ria­le. § L’ar­tic­le 30 de la loi autri­chi­en­ne sur la pro­tec­tion des don­nées pré­voit qu’u­ne amen­de inf­li­gée à une per­son­ne mora­le pré­sup­po­se l’im­pu­ta­ti­on de l’in­frac­tion à une per­son­ne phy­si­que déter­mi­née et nom­mée. Suite à la décis­i­on de la CJCE, la CPD n’ap­pli­que désor­mais plus cet­te disposition.

Les fac­teurs sui­vants ont notam­ment été pris en comp­te lors de l’at­tri­bu­ti­on des amendes :

  • Le chif­fre d’af­fai­res du grou­pe, ici envi­ron 98 mil­li­ons d’euros ;
  • il n’y a pas eu de vio­la­ti­on anté­ri­eu­re du RGPD ;
  • l’entre­pri­se avait coopé­ré avec la CPD “notam­ment en ne con­te­stant pas les faits repro­chés, en recon­nais­sant sa fau­te et en se mon­trant com­pré­hen­si­ve après la noti­fi­ca­ti­on de la mise en demeu­re de se justi­fier. L’ac­cusée s’est mon­trée rep­en­tan­te et la CPD part du prin­ci­pe qu’el­le ne pro­cé­de­ra pas à l’a­ve­nir à une tel­le vio­la­ti­on des droits d’u­ne per­son­ne concernée” ;
  • l’entre­pri­se avait four­ni des infor­ma­ti­ons sur les don­nées enco­re dis­po­ni­bles dans le cad­re de la pro­cé­du­re de réclamation.

Les ent­re­pri­ses dev­rai­ent donc respec­ter les droits des per­son­nes con­cer­nées afin de rédui­re les ris­ques ou de dimi­n­uer les amen­des, mieux vaut tard que jamais, même si cer­tai­nes cho­ses ont déjà mal tour­né, et il est bien enten­du uti­le de coopé­rer avec les auto­ri­tés dans un cad­re raisonnable.