Ven­te à emporter (AI)
  • La CCPD con­sidè­re Goog­le com­me responsable con­joint de l’uti­li­sa­ti­on de Goog­le Ana­ly­tics, ce qui néces­si­te un accord au tit­re de l’ar­tic­le 26 du RGPD ent­re les par­ties concernées.
  • En règ­le géné­ra­le, Goog­le Ana­ly­tics ne peut être uti­li­sé qu’a­vec le con­sen­te­ment effec­tif, trans­pa­rent et volon­tai­re des uti­li­sa­teurs, con­for­mé­ment à l’art. 6, al. 1, let. a et à l’art. 7 du RGPD.

La con­fé­rence alle­man­de des auto­ri­tés de con­trô­le de la pro­tec­tion des don­nées (DSK) a adop­té des recom­man­da­ti­ons pour le 12 mai 2020. Remar­ques sur l’uti­li­sa­ti­on de Goog­le Ana­ly­tics par des orga­nis­mes pri­vés publié :

Les auto­ri­tés de con­trô­le de la pro­tec­tion des don­nées ont, dans le con­tex­te du nou­veau cad­re juri­di­que en vigueur en ver­tu du RGPD, mis l’ac­cent sur la pro­tec­tion des don­nées. Rééva­lua­ti­on de l’uti­li­sa­ti­on de Goog­le Ana­ly­tics. Les anci­ens points de vue des auto­ri­tés de sur­veil­lan­ce de la pro­tec­tion des don­nées, qui ont été com­mu­ni­qués en tenant comp­te de la situa­ti­on juri­di­que avant le 25.05.2018, sont donc con­sidé­rés com­me obsolè­tes. [Fn : Cela s’ap­pli­que en par­ti­cu­lier à la publi­ca­ti­on du délé­gué ham­bour­geois à la pro­tec­tion des don­nées et à la liber­té d’in­for­ma­ti­on, “Indi­ca­ti­ons pour les explo­itants de sites web ayant leur siè­ge à Ham­bourg et uti­li­sant Goog­le Analytics”].

Les remar­ques s’ap­pli­quent à l’uti­li­sa­ti­on de Goog­le Ana­ly­tics dans la Con­fi­gu­ra­ti­on stan­dard (sans comp­ter par exemp­le Ana­ly­tics 360).

Remar­ques

La DSK note en bref que

  • Goog­le lors de l’uti­li­sa­ti­on de Goog­le Ana­ly­tics avec l’ex­plo­itant du site web dans son ensem­ble responsable ensem­ble est et
  • Goog­le Ana­ly­tics uni­quement avec Con­sen­te­ment peut être utilisé.

En ce qui con­cer­ne l’e­xi­gence du con­sen­te­ment, la posi­ti­on de la CCPD cor­re­spond aux avis expri­més pré­cé­dem­ment par des auto­ri­tés (par exemp­le le LfDI Rhéna­nie-Pala­ti­nat) et, pour autant que l’on pui­s­se en juger, du Tri­bu­nal admi­ni­stra­tif de May­ence (voir aus­si ici).

Ce qui est nou­veau, en revan­che, c’est l’ap­pré­cia­ti­on selon laquel­le Goog­le est un responsable con­joint. La base de don­nées four­nie par Goog­le Accord de trai­te­ment des com­man­des ne chan­ge rien à cet­te situa­ti­on. Cela signi­fie que l’uti­li­sa­ti­on de Goog­le Ana­ly­tics requiert non seu­le­ment un con­sen­te­ment (ce qui con­fir­me d’ail­leurs une fois de plus que le trans­fert de don­nées ent­re respons­ables con­joints n’est pas pri­vilé­gié, mais néces­si­te une base juri­di­que), mais aus­si un accord ent­re respons­ables con­joints au sens de l’ar­tic­le 26 du RGPD. Jus­qu’à pré­sent, Goog­le n’a pas pré­sen­té un tel accord.

Pour Ent­re­pri­ses en Sui­s­se le RGPD peut s’ap­pli­quer si le com­porte­ment des uti­li­sa­teurs est coll­ec­té auprès de per­son­nes rési­dant dans l’EEE (y com­pris le Liech­ten­stein). Dans ce cas, les exi­gen­ces de la CCPD dev­rai­ent être mises en œuvre (bien que cel­les-ci ne soi­ent pas juri­di­quement con­traignan­tes). Une pos­si­bi­li­té peut con­si­ster à exclu­re les accès depuis l’étran­ger ou à ne pas les sai­sir. Sans de tel­les mesu­res, l’uti­li­sa­ti­on de Goog­le Ana­ly­tics pré­sup­po­se une éva­lua­ti­on du ris­que juridique.

Le site LPD sui­s­se régle­men­te l’uti­li­sa­ti­on de Goog­le Ana­ly­tics par les géné­ra­li­stes Prin­cipes de trai­te­ment et par la dis­po­si­ti­on sui­s­se rela­ti­ve aux coo­kies, Art. 45c LTC – dans la mesu­re où l’on peut sup­po­ser, pour la Sui­s­se éga­le­ment, que des don­nées per­son­nel­les sont trai­tées par Goog­le Ana­ly­tics, ce qui est loin d’êt­re évi­dent. Cet­te situa­ti­on juri­di­que ne chan­ge­ra guè­re avec la révi­si­on de la LPD, hor­mis les obli­ga­ti­ons d’in­for­ma­ti­on selon l’art. 17 P‑LPD. Un con­sen­te­ment à l’uti­li­sa­ti­on de Goog­le Ana­ly­tics n’est donc pas néces­saire. Il ne dev­rait pas y avoir de trans­mis­si­on de pro­fils de la per­son­na­li­té ou – selon l’off­re d’un site web – de don­nées per­son­nel­les sen­si­bles – à Goog­le, puis­que Goog­le coll­ec­te lui-même ces don­nées ou est un sous-trai­tant selon le droit sui­s­se. De ce point de vue éga­le­ment, il con­vi­ent donc pas de con­sen­te­ment requis être.

Il y a aus­si une Accord ent­re core­spons­ables est pas néces­saire en soi. La LPD et la P‑LPD ne pre­scri­vent géné­ra­le­ment pas un tel accord, même s’il peut s’a­vé­rer uti­le en cas de répar­ti­ti­on du tra­vail de trai­te­ment des don­nées. Étant don­né que Goog­le est sou­mis au RGPD, il dev­rait tou­te­fois exi­ger la con­clu­si­on d’un tel accord avec les explo­itants de sites web sui­s­ses : Cer­tes, ces der­niers ne dev­rai­ent pas être sou­mis au RGPD du seul fait qu’ils trai­tent des don­nées con­join­te­ment avec un responsable dans l’EEE. Mais l’ac­cord ent­re respons­ables con­joints vise à répar­tir cor­rec­te­ment les obli­ga­ti­ons de con­for­mi­té, et si le responsable sui­s­se assu­me de tel­les obli­ga­ti­ons sans s’en­ga­ger à respec­ter les nor­mes du RGPD, son homo­lo­gue de l’EEE ris­quer­ait de se retrou­ver face à une lacu­ne réglementaire.

Appli­ca­bi­li­té du RGPD

La DSK fait tout d’a­bord le cons­tat sui­vant ou défend le point de vue suivant :

Lors de l’uti­li­sa­ti­on de Goog­le Ana­ly­tics, des trai­te tou­jours les don­nées per­son­nel­les des uti­li­sa­teurs.

La CCPD s’op­po­se ici expres­sé­ment à l’a­vis de Goog­le lui-même, selon lequel les don­nées d’uti­li­sa­ti­on ne con­sti­tu­ent pas des don­nées per­son­nel­les. La CCPD ne justi­fie tou­te­fois pas davan­ta­ge son point de vue sur ce point – qui ne va pas de soi.

Répar­ti­ti­on des rôles : Goog­le en tant que co-responsable

Goog­le lors de l’uti­li­sa­ti­on de Goog­le Ana­ly­tics est, selon la DSK n’a­git pas en tant que sous-trai­tant.

La DSK à ce sujet :

Lors de l’uti­li­sa­ti­on de Goog­le Ana­ly­tics, l’ex­plo­itant du site web ne déter­mi­ne pas seul les Fina­li­tés et moy­ens du trai­te­ment des don­nées. Ceux-ci sont plutôt en par­tie exclu­si­ve­ment impo­sées par Goog­leGoog­le est donc lui-même responsable et accep­té con­trac­tu­el­le­ment par l’ex­plo­itant du site. Le trai­te­ment dans le cad­re de l’uti­li­sa­ti­on de Goog­le Ana­ly­tics con­sti­tue un fait de vie uni­que, dans lequel les dif­fér­ents aspects du trai­te­ment n’ont de sens que dans leur ensem­ble. Cela a pour con­sé­quence que les inter­venants dans une acti­vi­té de trai­te­ment ne chan­gent pas de rôle en tant que sous-trai­tant et/ou responsable du trai­te­ment peuvent.

Là enco­re, la CCPD s’op­po­se à Goog­le qui, selon elle, agit en tant que sous-trai­tant pour cer­ta­ins trai­te­ments et en tant que responsable pour d’aut­res (sur ce der­nier point, voir la Don­nées par­ta­gées sous Mesu­re Con­trô­leur-Con­trô­leur Ter­mes de pro­tec­tion des don­nées de Goog­le). Au con­trai­re, Goog­le et l’ex­plo­itant du site web respons­ables com­muns au sens de l’ar­tic­le 26 du RGPD.

Base juri­di­que : consentement

Goog­le Ana­ly­tics n’é­tant pas néces­saire au cont­rat, l’ar­tic­le 6, para­gra­phe 1, point b), du RGPD ne peut ser­vir de base juri­di­que. L’ar­tic­le 6, para­gra­phe 1, point f), du RGPD (inté­rêt légiti­me) ne s’ap­pli­que pas non plus “en règ­le générale” :

Comp­te tenu des étapes con­crè­tes du trai­te­ment des don­nées lors de l’uti­li­sa­ti­on de Goog­le Ana­ly­tics, les inté­rêts, les droits fon­da­men­taux et les liber­tés fon­da­men­ta­les des uti­li­sa­teurs pré­va­lent régu­liè­re­ment sur les inté­rêts des explo­itants de sites web. En par­ti­cu­lier, l’uti­li­sa­teur ne s’at­tend pas rai­sonnablem­ent à ce que L’uti­li­sa­teur accep­te que ses don­nées à carac­tère per­son­nel soi­ent trans­mi­ses à des tiers et ana­ly­sées de maniè­re glo­ba­le dans le but de cré­er de la publi­ci­té per­son­na­li­sée et de les asso­cier à des don­nées à carac­tère per­son­nel obte­nues dans d’aut­res con­tex­tes. Cela va bien au-delà de ce queCe qui est auto­ri­sé dans le cad­re de l’ar­tic­le 6, para­gra­phe 1, point f) du RGPD. La situa­ti­on dif­fè­re con­sidé­ra­blem­ent du cas d’u­ne fonc­tion sta­ti­stique sur le pro­pre site web ou par le biais d’un trai­te­ment de commande.

Il ne reste donc en géné­ral que le consentement :

En con­clu­si­on, une uti­li­sa­ti­on léga­le de Goog­le Ana­ly­tics n’est géné­ra­le­ment pos­si­ble que sur la base d’un con­sen­te­ment effec­tif des visi­teurs du site web con­for­mé­ment à l’ar­tic­le 6, para­gra­phe 1, point a), et à l’ar­tic­le 7 du RGPD.

Obten­ti­on du consentement

Le con­sen­te­ment au trai­te­ment des don­nées per­son­nel­les par Goog­le Ana­ly­tics est sou­mis aux exi­gen­ces habi­tu­el­les. La CCPD con­sta­te ent­re aut­res que

  • dans la de con­sen­te­ment soi­ent clai­re­ment décri­tes doit que le trai­te­ment est essen­ti­el­le­ment effec­tué par Goog­le, que les don­nées ne sont pas anony­mes, quel­les don­nées sont trai­tées et que Goog­le les “uti­li­se à tou­tes fins uti­les, tel­les que le pro­fi­la­ge” et “les asso­cie à d’aut­res don­nées, tel­les que d’é­ven­tuels comp­tes Goog­le”. Goog­le doit être expres­sé­ment men­ti­onné com­me desti­na­tai­re des données ;
  • Uti­li­sa­teur actif uni­quement con­sen­tir (par exemp­le, en cli­quant sur un bouton) ;
  • aucu­ne don­née ne peut être coll­ec­tée ou aucun élé­ment ne peut être télé­char­gé à par­tir de sites Goog­le avant que le con­sen­te­ment n’ait été donné ;
  • le con­sen­te­ment n’est don­né que volon­tai­re est lorsque la per­son­ne con­cer­née a des pos­si­bi­li­tés de choix et un lib­re choix. Elle doit éga­le­ment pou­voir refu­ser de don­ner son con­sen­te­ment sans subir de pré­ju­di­ce. Le fait de lier le con­sen­te­ment à un ser­vice peut avoir pour con­sé­quence que le con­sen­te­ment n’est pas libre.

De plus, une Pos­si­bi­li­té d’op­po­si­ti­on par exemp­le en inté­grant un bou­ton cor­re­spond­ant. La simp­le indi­ca­ti­on de l’e­xi­stence d’un site web n’est pas suf­fi­san­te. Modu­le com­plé­men­tai­re de Goog­le pour l’opt-outLa Com­mis­si­on a esti­mé que le retrait de l’au­to­ri­sa­ti­on n’é­tait pas aus­si simp­le que l’ob­ten­ti­on du consentement.

Aut­res exigences

En out­re, la décla­ra­ti­on de con­fi­den­tia­li­té doit expli­quer le trai­te­ment effec­tué par Goog­le Ana­ly­tics, et les uti­li­sa­teurs “dev­rai­ent Rac­cour­cis­se­ment de l’adres­se IP par Goog­le activer.