Ven­te à emporter (AI)
  • La CPD a adop­té le 25 juin 2019 un con­cept pour le cal­cul des amen­des selon l’ar­tic­le 83 du RGPD.
  • Le chif­fre d’af­fai­res con­sti­tue la base ; taux jour­na­lier = chif­fre d’af­fai­res annuel/360, chif­fre d’af­fai­res par clas­se de tail­le et, le cas échéant, chif­fre d’af­fai­res du grou­pe utilisé.
  • La gra­vi­té de l’in­frac­tion mul­ti­plie le taux jour­na­lier par un fac­teur (léger 1 – 4, moy­en 4 – 8, gra­ve 8 – 12, très gra­ve ≥12).
  • Aut­res modi­fi­ca­ti­ons : Durée, type de trai­te­ment, nombre de per­son­nes con­cer­nées, éten­due du dom­mage, fau­te, coopé­ra­ti­on, infrac­tions antérieures.

La con­fé­rence alle­man­de des auto­ri­tés indé­pen­dan­tes de sur­veil­lan­ce de la pro­tec­tion des don­nées de l’É­tat fédé­ral et des Län­der (DSK) a adop­té le 25 juin 2019 un con­cept pour le cal­cul des amen­des selon l’ar­tic­le 83 du RGPD (cf. le Procès-ver­bal de la con­fé­rence cor­re­spond­an­te). 

Le con­cept prend en comp­te les fac­teurs sui­vants dans un modè­le complexe :

  • Chif­fre d’af­fai­res : base de cal­cul ; on déter­mi­ne ici ce que l’on appel­le un “taux jour­na­lier”, pour lequel le chif­fre d’af­fai­res est divi­sé par 360. Le chif­fre d’af­fai­res est clas­sé en fonc­tion de la tail­le de l’entre­pri­se, ce qui per­met de l’abs­trai­re pro­gres­si­ve­ment au lieu de le déter­mi­ner con­crè­te­ment. Il est inté­res­sant de noter que la CCPD ne pré­cise pas quel est le chif­fre d’af­fai­res déter­mi­nant, ni de qui il s’a­git ; aupa­ra­vant, la CCPD avait déjà indi­qué qu’il s’a­gis­sait du chif­fre d’af­fai­res du grou­pe et non de celui de l’entre­pri­se con­cer­née (ce qui soulè­ve des que­sti­ons juri­di­ques et est dis­cuta­ble). En tout état de cau­se, le chif­fre d’af­fai­res peut être esti­mé si les ent­re­pri­ses con­cer­nées ne le chif­frent pas. 
      • la gra­vi­té de l’in­frac­tion : Lors de la 2e étape, la gra­vi­té de l’in­frac­tion est déter­mi­née prin­ci­pa­le­ment sur la base du “taux d’in­ju­sti­ce”. Le taux jour­na­lier est ensuite mul­ti­plié par un fac­teur, com­me suit : 
        • faci­le : fac­teur 1 – 4 ;
        • Moy­enne : fac­teur 4 – 8 ;
        • Lourd : fac­teur 8 – 12 ;
        • Très dif­fi­ci­le : fac­teur 12 ou plus
      • aut­re modi­fi­ca­ti­on : Le bus est modi­fié en der­nier lieu en fonc­tion d’aut­res critères : 
        • Durée de l’infraction
        • Type de traitement
        • Nombre de per­son­nes concernées
        • Ampleur des dégâts
    • Ces fac­teurs ont respec­ti­ve­ment un effet de réduc­tion, de neu­tra­li­té ou d’aug­men­ta­ti­on de l’amende.
    • Une aut­re modi­fi­ca­ti­on est ensuite effec­tuée en fonc­tion des aut­res Critères de l’ar­tic­le 83, para­gra­phe 2 du RGPD, c’est-à-dire en fonc­tion du degré de responsa­bi­li­té, des mesu­res de réduc­tion des dom­mages, des infrac­tions anté­ri­eu­res, de la coopé­ra­ti­on avec les auto­ri­tés de sur­veil­lan­ce, etc.

    Au final, ce mode de cal­cul con­duit à des amen­des net­te­ment plus éle­vées que cel­les qui étai­ent pro­non­cées jus­qu’à pré­sent. 

    Un résu­mé détail­lé avec des exemp­les de cal­cul se trouve par exemp­le chez Lat­ham & Wat­kins.