Ven­te à emporter (AI)
  • Le PFPDT exi­ge un con­sen­te­ment expli­ci­te et une infor­ma­ti­on com­plè­te pour l’uti­li­sa­ti­on poli­tique d’ou­tils de cam­pa­gne numé­ri­ques qui trai­tent des don­nées personnelles.
  • L’as­so­cia­ti­on de don­nées pro­venant de sites web et de médi­as soci­aux peut géné­rer des pro­fils de per­son­na­li­té et des don­nées sen­si­bles, ce qui néces­si­te une justi­fi­ca­ti­on supplémentaire.
  • Con­flit avec l’in­ter­pré­ta­ti­on de la LPD : cri­tique selon laquel­le la LPD auto­ri­se en prin­ci­pe le trai­te­ment des don­nées et que seu­les cer­tai­nes trans­mis­si­ons de don­nées sen­si­bles à des tiers néces­si­tent une justi­fi­ca­ti­on spéciale.

Le PFPDT a for­mulé des exi­gen­ces con­cer­nant “l’uti­li­sa­ti­on d’ou­tils de cam­pa­gne numé­ri­ques à des fins poli­ti­ques”. Il s’a­git de

[…] des appli­ca­ti­ons numé­ri­ques que les grou­pes poli­ti­ques et les grou­pes d’in­té­rêt uti­li­sent pour inté­grer des actions, par exemp­le dans l’en­vi­ron­ne­ment de leur site web, et dont la pla­ni­fi­ca­ti­on et la mise en œuvre sont ciblées sur les inter­ac­tions avec cer­ta­ins grou­pes de per­son­nes. Les don­nées néces­saires à cet effet pro­vi­en­nent de per­son­nes qui ont mani­fe­sté un inté­rêt pour cer­ta­ins con­te­nus. En four­nis­sant aux respons­ables de la cam­pa­gne des infor­ma­ti­ons tel­les que Nom ou adres­se e‑mail et les compa­rer de maniè­re algo­rith­mi­que leur com­porte­ment en tant qu’­uti­li­sa­teurs de pla­te­for­mes de médi­as soci­auxLes jeu­nes qui ont des inté­rêts et des ten­dan­ces poli­ti­ques en tirent des conclusions.

L’uti­li­sa­ti­on de tels outils n’est auto­ri­sée que s’il exi­ste un con­sen­te­ment, qui doit notam­ment être expli­ci­te ; en out­re, une infor­ma­ti­on sur cer­ta­ins points est nécessaire.

Le PFPDT réitère ici son avis selon lequel le trai­te­ment de don­nées per­son­nel­les sen­si­bles ou de pro­fils de la per­son­na­li­té néces­si­te un motif justificatif :

La mise en rela­ti­on des don­nées que les per­son­nes con­cer­nées lais­sent sur les sites web et les pla­te­for­mes de médi­as soci­aux peut en out­re don­ner lieu à des pro­fils de per­son­na­li­té. S’il n’y a pas de Motif justi­fi­ca­tif par la loi ni d’un inté­rêt prépon­dé­rant pri­vé ou public au sens de l’ar­tic­le 13 de la loi fédé­ra­le sur la pro­tec­tion des don­nées (LPD), le trai­te­ment de don­nées per­son­nel­les sen­si­bles ou de pro­fils de la per­son­na­li­té selon l’ar­tic­le 4, 5e ali­néa, LPD requiert une con­sen­te­ment expli­ci­te des per­son­nes concernées.

Cet­te atti­tu­de est con­trai­re non seu­le­ment au con­cept, mais aus­si au tex­te clair de la LPD (art. 12, en par­ti­cu­lier art. 12, al. 2, let. c LPD). Le trai­te­ment des don­nées est en prin­ci­pe auto­ri­sé et n’est inter­dit qu’en cas de vio­la­ti­on d’un prin­ci­pe de trai­te­ment (art. 4, 5 et 7) ou d’op­po­si­ti­on (art. 12, al. 2, let. b). Cela vaut éga­le­ment pour les don­nées sen­si­bles. L’art. 12, al. 2, let. c, pré­voit une excep­ti­on ponc­tu­el­le : (uni­quement) les Trans­mis­si­on à des tiers de don­nées sen­si­bles néces­si­te une justi­fi­ca­ti­on. Le pro­jet de révi­si­on de la LPD ne chan­ge rien au prin­ci­pe de la liber­té de trai­te­ment des don­nées, même sen­si­bles (art. 26 P‑LPD).