Ven­te à emporter (AI)
  • Les expli­ca­ti­ons du PFPDT exi­gent un trai­te­ment appro­prié et lié à un but pré­cis, ain­si que la pro­tec­tion des don­nées d’i­den­ti­fi­ca­ti­on voca­le cont­re tout accès non autorisé.
  • Le stocka­ge cen­tra­li­sé des don­nées bio­mé­tri­ques est dis­pro­por­ti­onné dans le domaine des loi­sirs ; les jetons (par ex. les car­tes à puce) sont recom­man­dés com­me alternative.
  • Le con­sen­te­ment est sou­vent exi­gé par le PFPDT, mais il n’est pas requis de maniè­re géné­ra­le en droit sui­s­se ; pas d’ob­li­ga­ti­on léga­le d’in­ter­dic­tion de couplage.

Le PFPDT a publié le 20 avril 2017 Expli­ca­ti­ons sur les pro­cé­du­res d’i­den­ti­fi­ca­ti­on des votes c’est-à-dire les pro­cé­du­res bio­mé­tri­ques qui iden­ti­fi­ent les per­son­nes par leur voix. Selon les expli­ca­ti­ons, les points sui­vants doi­vent notam­ment être respectés :

  • Le trai­te­ment des don­nées ne doit être effec­tué qu’a­vec des moy­ens néces­saires et appro­priés au regard de la fina­li­té pour­suivie et le système doit être pro­té­gé cont­re tout accès non autorisé.
  • Dans le domaine des loi­sirs, une stocka­ge cen­tra­li­sé des don­nées bio­mé­tri­ques est dis­pro­por­ti­onnée : Com­me la per­son­ne à véri­fier est pré­sen­te, elle peut s’i­den­ti­fier à l’ai­de d’un jeton (par exemp­le une car­te à puce) sur lequel ses don­nées bio­mé­tri­ques sont enregistrées.
  • En revan­che, le stocka­ge cen­tra­li­sé de don­nées bio­mé­tri­ques est auto­ri­sé pour la pro­tec­tion de don­nées secrè­tes (par exemp­le dans le domaine des télé­com­mu­ni­ca­ti­ons ou de la ban­que), en par­ti­cu­lier pour les appli­ca­ti­ons où l’au­then­ti­fi­ca­ti­on se fait à distance, c’est-à-dire par télé­pho­ne ou en ligne. Les per­son­nes con­cer­nées doi­vent cepen­dant être infor­mées au pré­alable et une alter­na­ti­ve au système de recon­nais­sance bio­mé­tri­que doit leur être pro­po­sée. Il faut en out­re une con­sen­te­ment expli­ci­te et volon­tai­re dans le trai­te­ment des données.

Le PFPDT a publié un rap­port sur les systè­mes de recon­nais­sance bio­mé­tri­que. Gui­de avec un com­plé­ment sur le stocka­ge des don­nées dont il est que­sti­on ici.

Il n’est pas clair – com­me c’est le cas pour de nombreu­ses expli­ca­ti­ons du PFPDT – pour­quoi, en prin­ci­pe, une Con­sen­te­ment est exi­gée. En droit sui­s­se de la pro­tec­tion des don­nées, on sait qu’u­ne justi­fi­ca­ti­on n’est pas néces­saire tant qu’il n’y a pas d’é­lé­ment con­sti­tu­tif de l’art. 12 LPD, c’est-à-dire en par­ti­cu­lier tant que les prin­cipes géné­raux de trai­te­ment sont respec­tés. Cela vaut même si les don­nées bio­mé­tri­ques devai­ent être par­ti­cu­liè­re­ment sen­si­bles, com­me le pro­po­se l’a­vant-pro­jet de LPD (de lege lata, les don­nées bio­mé­tri­ques ne sont pas en prin­ci­pe sen­si­bles, con­trai­re­ment à une Décla­ra­ti­on du PFPDT il y a quel­ques années). Même le Gui­de du PFPDT sur les systè­mes de recon­nais­sance bio­mé­tri­que n’e­xi­ge pas sys­té­ma­ti­quement un con­sen­te­ment. Pour plus d’in­for­ma­ti­ons, voir le Site web du PFPDT et sur de ce site web.

Si un con­sen­te­ment est néces­saire dans un cas con­cret, il doit en out­re, de lege lata pas expli­ci­te­ment doit être. Il faut éga­le­ment rejeter l’i­dée qu’il faut une Alter­na­ti­ve être pro­po­sée. Cet­te exi­gence repo­se sur l’i­dée d’u­ne inter­dic­tion de cou­pla­ge qui n’e­xi­ste pas sous cet­te for­me en Sui­s­se et qui ne dev­rait pas non plus être justi­fi­ée par le droit de la pro­tec­tion des don­nées, mais plutôt – si c’est le cas – par le droit des car­tels ou le long de la juris­pru­dence rela­ti­ve à l’ob­li­ga­ti­on de con­trac­ter en droit des obli­ga­ti­ons. Même l’a­vant-pro­jet de la nou­vel­le LPD ne pré­voit pas, à juste tit­re, d’in­ter­dic­tion de cou­pla­ge, bien qu’el­le aurait pu être justi­fi­ée ici en s’ap­pu­yant sur le RGPD.