Ven­te à emporter (AI)
  • 61 Les auto­ri­tés de pro­tec­tion des don­nées deman­dent des mesu­res de pro­tec­tion cont­re la géné­ra­ti­on abu­si­ve d’i­mages réa­li­stes et de repré­sen­ta­ti­ons inti­mes par l’IA.
  • Les orga­ni­sa­ti­ons doi­vent offrir une trans­pa­rence sur les capa­ci­tés, les pro­tec­tions, l’uti­li­sa­ti­on auto­ri­sée et les sanc­tions en cas d’abus.
  • Les exi­gen­ces léga­les : Obli­ga­ti­on d’é­ti­que­ta­ge de l’IA dans l’AI Act à par­tir d’août 2026 et initia­ti­ves natio­na­les de droit pénal cont­re les deepfakes.

Le 23 février 2026, 61 auto­ri­tés de pro­tec­tion des don­nées, y com­pris le PFPDT et le PFSA, la CNIL (FR) et l’I­CO (UK) ont publié une décla­ra­ti­on com­mu­ne sur les images géné­rées par l’IA :

Cet­te décla­ra­ti­on s’adres­se aux déve­lo­p­peurs et aux explo­itants d’IA géné­ra­ti­ve. Elle est moti­vée par le fait qu’il est de plus en plus faci­le de géné­rer des images et des vidé­os réa­li­stes de per­son­nes à leur insu, y com­pris des repré­sen­ta­ti­ons inti­mes et des con­te­nus dif­fa­ma­toires. La décla­ra­ti­on for­mu­le donc quat­re points Atten­tes envers les orga­ni­sa­ti­ons qui déve­lo­p­pent ou uti­li­sent l’IA géné­ra­ti­ve:

  • Mesu­res de pro­tec­tion cont­re l’uti­li­sa­ti­on abu­si­ve de don­nées per­son­nel­les et la pro­duc­tion d’i­mages inti­mes non con­sen­ties, notam­ment avec des repré­sen­ta­ti­ons d’enfants
  • Trans­pa­rence sur les capa­ci­tés, les mesu­res de pro­tec­tion, les uti­li­sa­ti­ons auto­ri­sées et les con­sé­quen­ces en cas d’a­bus de l’IA
  • des méca­nis­mes de sup­pres­si­on per­met­tant aux per­son­nes con­cer­nées de deman­der rapi­de­ment le retrait des con­te­nus préjudiciables
  • Mesu­res de pro­tec­tion spé­cia­le des enfants

L’AI Act con­ti­ent une obli­ga­ti­on de mar­quage des deepf­akes (appli­ca­ble à par­tir d’août 2026). En Alle­ma­gne, par exemp­le, il exi­ste un pro­jet de loi pour un nou­veau § 201b StGB (code pénal alle­mand) qui dev­rait rend­re les deepf­akes punissables :

§ 201b Att­ein­te aux droits de la per­son­na­li­té par la con­tre­fa­çon numérique

(1) Tou­te per­son­ne qui por­te att­ein­te aux droits de la per­son­na­li­té d’u­ne aut­re per­son­ne en dif­fusant un con­te­nu média­tique créé ou modi­fié par des moy­ens infor­ma­ti­ques, qui ne respec­te pas les droits de la per­son­na­li­té de la per­son­ne con­cer­née. appa­rence d’un enre­gi­stre­ment visuel ou sono­re fidè­le à la réa­li­té de l’ap­pa­rence phy­si­que, du com­porte­ment ou des décla­ra­ti­ons ora­les de cet­te per­son­ne, à une tier­ce per­son­ne. rend acce­s­si­ble, est puni d’u­ne pei­ne d’em­pri­son­ne­ment de deux ans au maxi­mum ou d’u­ne amen­de. Il en va de même si l’ac­te visé à la pre­miè­re phra­se con­cer­ne une per­son­ne décé­dée et qu’il por­te gra­ve­ment att­ein­te à ses droits de la personnalité.

(2) Tou­te per­son­ne qui, dans les cas visés au para­gra­phe 1, pre­miè­re phra­se, rend le con­te­nu média­tique acce­s­si­ble au public ou rend acce­s­si­ble un con­te­nu média­tique ayant pour objet un pro­ce­s­sus rele­vant de la sphè­re de la vie stric­te­ment per­son­nel­le, est pas­si­ble d’u­ne pei­ne pri­va­ti­ve de liber­té de cinq ans au maxi­mum ou d’u­ne amende.

(3) Le para­gra­phe 1, pre­miè­re phra­se, y com­pris en liai­son avec le para­gra­phe 2, ne s’ap­pli­que pas aux actes accom­p­lis dans le cad­re de la per­cep­ti­on des inté­rêts légiti­mes prépon­dé­rants notam­ment à l’art ou à la sci­ence, à la recher­che ou à l’ens­eig­ne­ment, au comp­te ren­du de faits d’ac­tua­li­té ou d’hi­stoire ou à des fins similaires.

(4) Les sup­ports d’i­mages ou de sons ou aut­res moy­ens tech­ni­ques uti­li­sés par l’au­teur ou le par­ti­ci­pant peu­vent être con­fis­qués. § L’ar­tic­le 74 bis est applicable.

[modi­fi­ca­ti­on de l’ar­tic­le 205 et du code de pro­cé­du­re pénale]

En Sui­s­se, le Con­seil natio­nal a reje­té la Moti­on Maha­im (23.3563) sur la régle­men­ta­ti­on des deepf­akes dans l’e­space public en mai 2025. Tou­te­fois, selon l’ob­jet des deepf­akes, des dis­po­si­ti­ons péna­les, la pro­tec­tion de la per­son­na­li­té en droit civil, le droit de la con­cur­rence déloya­le, etc. peu­vent s’appliquer.