Ven­te à emporter (AI)
  • L’EDSA met l’ac­cent sur la pro­por­ti­on­na­li­té et exi­ge un examen au cas par cas ain­si que des exi­gen­ces éle­vées en matiè­re d’in­té­rêts légiti­mes en cas de vidé­o­sur­veil­lan­ce, con­for­mé­ment à l’ar­tic­le 6, para­gra­phe 1, point f) du RGPD.
  • Les don­nées bio­mé­tri­ques et les don­nées sen­si­bles relè­vent stric­te­ment de l’ar­tic­le 9 du RGPD ; la coll­ec­te, le stocka­ge ou la com­pa­rai­son de modè­les néces­si­tent géné­ra­le­ment un con­sen­te­ment explicite.

Le Comi­té euro­pé­en de la pro­tec­tion des don­nées (CEPD/EDPB) a adop­té, après le Pro­jet a publié la ver­si­on défi­ni­ti­ve de ses lignes direc­tri­ces sur la vidé­o­sur­veil­lan­ce (Lignes direc­tri­ces 3/2019 sur le trai­te­ment des don­nées à carac­tère per­son­nel par le biais d’ap­pareils vidéo) en date du 29 jan­vier 2020 (pour l’in­stant uni­quement dis­po­ni­bles en anglais). Les lignes direc­tri­ces expli­quent sur près de 30 pages, ent­re aut­res, la licéi­té de la vidé­o­sur­veil­lan­ce (bases juri­di­ques), la com­mu­ni­ca­ti­on à des tiers, le trai­te­ment de caté­go­ries par­ti­cu­liè­res de don­nées per­son­nel­les, les droits des per­son­nes con­cer­nées en rela­ti­on avec les enre­gi­stre­ments vidéo, l’in­for­ma­ti­on des per­son­nes con­cer­nées, la con­ser­va­ti­on des enre­gi­stre­ments, les mesu­res de sécu­ri­té néces­saires et les ana­ly­ses d’im­pact sur la pro­tec­tion des données.

Pro­por­ti­on­na­li­té

L’EDSA met l’ac­cent sur la Pro­por­ti­on­na­li­té des mesu­res, ce qui exi­ge à chaque fois un examen au cas par cas. Il pose en out­re des exi­gen­ces rela­ti­ve­ment éle­vées en ce qui con­cer­ne l’in­té­rêt légiti­me con­cret du responsable, dans la mesu­re où celui-ci se fon­de sur l’ar­tic­le 6, para­gra­phe 1, point f), du RGPD (cf. à ce sujet CJUE, Rs. C‑708/18).

Don­nées per­son­nel­les sensibles

Les expli­ca­ti­ons rela­ti­ves aux don­nées per­son­nel­les sen­si­bles sont inté­res­s­an­tes. Le CEPD con­fir­me ici l’a­vis géné­ral selon lequel les enre­gi­stre­ments qui mont­rent des carac­té­ri­sti­ques poten­ti­el­le­ment par­ti­cu­liè­re­ment déli­ca­tes (p. ex. des lunet­tes com­me date poten­ti­el­le de san­té) ne sont pas en soi des don­nées sen­si­bles. Ce n’est que lorsque ces décla­ra­ti­ons déli­ca­tes sont extrai­tes des enre­gi­stre­ments que des don­nées per­son­nel­les sen­si­bles sont traitées :

Tou­te­fois, si la séquence vidéo est trai­tées pour dédui­re des caté­go­ries spé­cia­les de don­nées L’ar­tic­le 9 s’applique.

Cela ne s’ap­pli­que pas seu­le­ment aux don­nées de san­té, mais aus­si à d’aut­res catégories :

La vidé­o­sur­veil­lan­ce d’u­ne égli­se ne relè­ve pas en soi de l’ar­tic­le 9.

Tou­te­fois, les don­nées per­son­nel­les poten­ti­el­le­ment sen­si­bles sont déli­ca­tes, rai­son pour laquel­le le prin­ci­pe de pro­por­ti­on­na­li­té revêt ici une importance particulière.

Don­nées biométriques

Les expli­ca­ti­ons con­cer­nant les don­nées bio­mé­tri­ques sont éga­le­ment remar­quables. Don­nées bio­mé­tri­ques au sens de l’ar­tic­le 4, point 14, du RGPD ne sont trai­tées que si

  • Les don­nées se rap­portent à des carac­té­ri­sti­ques phy­si­ques, phy­sio­lo­gi­ques ou com­porte­men­ta­les. Carac­té­ri­sti­ques se réfèrent,
  • qui a été créé avec de l’eau obte­nue par des pro­cé­dés tech­ni­ques spé­ci­aux être et les
  • être uti­li­sé pour iden­ti­fier une per­son­ne être clai­re­ment iden­ti­fié.

Ce n’est pas le cas, par exemp­le, lorsqu’u­ne camé­ra dans un magasin recon­naît auto­ma­ti­quement le sexe ou l’â­ge d’u­ne per­son­ne, tant que le système ne peut pas pro­cé­der à une identification.

Tou­te­fois, si le système est un modè­le bio­mé­tri­que dans le but de recon­naît­re une per­son­ne déter­mi­née, cela doit con­sti­tuer un trai­te­ment de don­nées bio­mé­tri­ques – même si la per­son­ne con­cer­née n’est pas nom­mé­ment con­nue ; avec pour con­sé­quence que l’ar­tic­le 9 du RGPD est appli­ca­ble. Ici, l’AESD s’ap­pu­ie – sans le dire – sur la noti­on de Sin­gu­la­ri­sa­ti­onLe tex­te de l’ar­tic­le est une liste d’i­den­ti­fi­ca­ti­on, qui sem­ble être l’é­qui­va­lent d’u­ne iden­ti­fi­ca­ti­on ici :

Si un con­trô­leur sou­hai­te détec­ter un sujet de don­nées qui revi­ent dans la zone ou qui ent­re dans une aut­re zone (par exemp­le pour pro­jeter une publi­ci­té per­son­na­li­sée con­ti­n­ue), le but serait alors d’i­den­ti­fier de maniè­re uni­que une per­son­ne phy­si­que, ce qui signi­fie que l’opé­ra­ti­on tom­berait dès le début sous le coup de l’ar­tic­le 9. Cela pour­rait être le cas si un con­trô­leur stock­ait des modè­les géné­rés pour four­nir une publi­ci­té per­son­na­li­sée con­ti­n­ue sur plu­sieurs pan­neaux d’af­fichage à dif­fér­ents end­roits à l’in­té­ri­eur du magasin. Étant don­né que le système uti­li­se des carac­té­ri­sti­ques phy­si­ques pour détec­ter des indi­vi­dus spé­ci­fi­ques revenant dans le champ de la camé­ra (com­me les visi­teurs d’un cent­re com­mer­cial) et de les sui­v­re, il s’a­gi­rait d’u­ne métho­de d’i­den­ti­fi­ca­ti­on bio­mé­tri­que par­ce qu’el­le vise à la recon­nais­sance par l’uti­li­sa­ti­on d’un trai­te­ment tech­ni­que spécifique.

L’AESP a tou­te­fois une posi­ti­on enco­re plus stric­te : les don­nées bio­mé­tri­ques ne sont pas trai­tées uni­quement pour les per­son­nes pour les­quel­les un modè­le a été créé, mais aus­si pour les per­son­nes qui ne sont pas con­cer­nées par le modè­le. éga­le­ment pour tou­tes les per­son­nes dont les carac­té­ri­sti­ques sont com­pa­rées au modè­le. Si, par exemp­le, les carac­té­ri­sti­ques facia­les des VIP sont enre­gi­strées dans un hôtel afin qu’ils soi­ent immé­dia­te­ment recon­nus lors de l’en­re­gi­stre­ment, le con­sen­te­ment des VIP n’est pas le seul requis, mais éga­le­ment celui de tous les aut­res cli­ents dont le visa­ge est scan­né, bien que ces cli­ents ne pui­s­sent pas être iden­ti­fi­és fau­te de modè­les propres :

Un hôtel uti­li­se la vidé­o­sur­veil­lan­ce pour aler­ter auto­ma­ti­quement le gérant de l’hô­tel de l’ar­ri­vée d’un VIP lorsque le visa­ge du cli­ent est recon­nu. Ces VIP ont pré­ala­blem­ent don­né leur con­sen­te­ment expli­ci­te à l’uti­li­sa­ti­on de la recon­nais­sance facia­le avant d’êt­re enre­gi­strés dans une base de don­nées éta­b­lie à cet effet. Ces systè­mes de trai­te­ment des don­nées bio­mé­tri­ques serai­ent illé­gaux. sauf si tous les aut­res invi­tés sur­veil­lés (afin d’i­den­ti­fier les VIP) ont don­né leur accord au trai­te­ment con­for­mé­ment à l’ar­tic­le 9 (2) (a) du GDPR.

L’AESP s’ex­prime éga­le­ment sur le carac­tère volon­tai­re du con­sen­te­ment requis et sur la mini­mi­sa­ti­on des don­nées dans les systè­mes biométriques.

Droits des per­son­nes concernées

Il exi­ste éga­le­ment un droit d’ac­cès aux enre­gi­stre­ments vidéo. Tou­te­fois, le responsable ne doit pas néces­saire­ment être con­traint de remett­re des copies d’en­re­gi­stre­ments si des tiers y figu­rent éga­le­ment. Le responsable n’est en tout cas pas tenu d’ac­quérir des systè­mes per­met­tant par exemp­le de pixel­li­ser d’aut­res per­son­nes. L’EDSA ne pré­cise pas de quel­le maniè­re il doit four­nir des infor­ma­ti­ons dans ce cas ; les images fixes (édi­tées) ent­rent en ligne de comp­te (cf. Lignes direc­tri­ces de l’au­to­ri­té de sur­veil­lan­ce irlan­dai­se). Le CEPD abor­de éga­le­ment la que­sti­on de l’i­den­ti­fi­ca­ti­on de la per­son­ne qui deman­de des infor­ma­ti­ons et des aut­res droits des per­son­nes concernées.

Trans­pa­rence

Pour l’in­for­ma­ti­on des per­son­nes con­cer­nées, l’AESD recom­man­de de maniè­re assez détail­lée une pro­cé­du­re éche­lon­née avec une indi­ca­ti­on près des camé­ras et les aut­res infor­ma­ti­ons, par exemp­le à une récep­ti­on ou aut­re. L’EDSA recom­man­de le pan­neau d’in­for­ma­ti­on suivant :

Durée de stockage

Les enre­gi­stre­ments vidéo doi­vent être effa­cés lorsqu’ils ne sont plus néces­saires. L’EDSA recom­man­de une con­ser­va­ti­on de 1 à 2 jours pour les systè­mes de sécu­ri­té, car les actes de van­da­lis­me, par exemp­le, sont géné­ra­le­ment décou­verts après 1 ou 2 jours. Si la durée est plus longue, la néces­si­té de la con­ser­va­ti­on doit être justifiée :

En tenant comp­te des prin­cipes de l’ar­tic­le 5 (1) (c) et (e) du RGPD, à savoir la mini­mi­sa­ti­on des don­nées et la limi­ta­ti­on de leur stocka­ge, les don­nées per­son­nel­les dev­rai­ent dans la plu­part des cas (par exemp­le, dans le but de détec­ter le van­da­lis­me) être sup­p­ri­mé, idéa­le­ment auto­ma­ti­quement, après quel­ques jours. Plus la péri­ode de stocka­ge est longue (en par­ti­cu­lier lorsque au-delà de 72 heu­res), plus l’ar­gu­men­ta­ti­on en faveur de la légiti­mi­té de l’ob­jec­tif et de la néces­si­té du stocka­ge doit être fournie.