Ven­te à emporter (AI)
  • La Com­mis­si­on euro­pé­en­ne con­fir­me que la légis­la­ti­on sui­s­se en matiè­re de pro­tec­tion des don­nées reste adé­qua­te ; la révi­si­on de la LPD et la rati­fi­ca­ti­on de la Con­ven­ti­on 108+ ont accru la con­ver­gence vers le RGPD.
  • L’ac­cès des auto­ri­tés sui­s­ses est sou­mis à des rest­ric­tions clai­res et pré­cis­es ain­si qu’à des méca­nis­mes de sur­veil­lan­ce et de recours ; l’UE sur­veil­le en per­ma­nence les décis­i­ons d’adéquation.

Le 15 jan­vier 2024, la Com­mis­si­on euro­pé­en­ne a pré­sen­té le rap­port tant atten­du sur la révi­si­on des décis­i­ons d’a­dé­qua­ti­on sur la base de la direc­ti­ve sur la pro­tec­tion des don­nées : “Rap­port […] sur le pre­mier examen du fonc­tion­ne­ment des décis­i­ons de con­for­mi­té adop­tées en ver­tu de l’Ar­tic­le 25(6) de la Direc­ti­ve 95/46/EC”.. Ce rap­port a pris beau­coup de temps, ent­re aut­res par­ce que l’UE vou­lait tenir comp­te de l’ar­rêt Schrems II ; elle avait donc sus­pen­du les travaux pen­dant un cer­tain temps.

Par­mi elles, la recon­nais­sance, il y a 23 ans Adé­qua­ti­on du droit sui­s­se (out­re Andor­re, l’Ar­gen­ti­ne, le Cana­da (en par­tie), les Îles Féroé, Guer­ne­sey, l’έle de Man, Israël, Jer­sey, la Nou­vel­le-Zélan­de et l’Uruguay).

Le site L’a­dé­qua­ti­on de la légis­la­ti­on sui­s­se en matiè­re de pro­tec­tion des don­nées a été con­fir­mée. La Com­mis­si­on recon­naît ain­si que la légis­la­ti­on sui­s­se actu­el­le en matiè­re de pro­tec­tion des don­nées est “essen­ti­el­le­ment équi­va­len­te” au RGPD à la lumiè­re de la Char­te, c’est-à-dire qu’el­le satis­fait au critère éta­b­li par la CJUE en 2015 dans l’af­fai­re “Cri­mi­na­li­té et pro­tec­tion des don­nées”. Schrems I et en Schrems II (à ce sujet, les “Réfé­ren­ces d’a­dé­qua­ti­on“du Comi­té euro­pé­en de la pro­tec­tion des don­nées). Plus pré­cis­é­ment : l’a­dé­qua­ti­on du droit sui­s­se, car l’éva­lua­ti­on ne se limi­te pas au droit de la pro­tec­tion des don­nées à pro­pre­ment par­ler, mais eng­lo­be éga­le­ment les régle­men­ta­ti­ons rela­ti­ves à l’ac­cès des auto­ri­tés et, en par­ti­cu­lier, la que­sti­on de savoir si cel­les-ci respec­tent le “prin­ci­pe de pro­por­ti­on­na­li­té”.Garan­ties essen­ti­el­les“c’est-à-dire les exi­gen­ces de la Char­te de l’UE en matiè­re d’É­tat de droit. Un com­mu­ni­qué de pres­se du DFJP à ce sujet est ici à trouver.

Les décla­ra­ti­ons dans le rap­port lui-même sont assez suc­cinc­tes ; des infor­ma­ti­ons sup­p­lé­men­tai­res se trou­vent dans le docu­ment de tra­vail “SWD(2024) 3” (SWD meint Staff Working Docu­ment), qui n’est pas enco­re dis­po­ni­ble à ce jour. En ce qui con­cer­ne la Sui­s­se, la Com­mis­si­on y dit ce qui suit :

La Com­mis­si­on se féli­ci­te des déve­lo­p­pe­ments inter­ve­nus dans le cad­re juri­di­que sui­s­se depuis l’ad­op­ti­on de la décis­i­on d’a­dé­qua­ti­on, y com­pris les modi­fi­ca­ti­ons légis­la­ti­ves, la juris­pru­dence et les acti­vi­tés des orga­nes de sur­veil­lan­ce, qui ont con­tri­bué à un niveau accru de pro­tec­tion des don­nées. En par­ti­cu­lier, la moder­ni­sa­ti­on de la loi fédé­ra­le sur la pro­tec­tion des don­nées, qui a enco­re ren­for­cé la con­ver­gence avec le cad­re de pro­tec­tion des don­nées de l’UE, notam­ment en ce qui con­cer­ne les pro­tec­tions des don­nées sen­si­bles et les règles rela­ti­ves aux trans­ferts inter­na­ti­on­aux de don­nées.. La Sui­s­se a éga­le­ment ren­for­cé ses enga­ge­ments inter­na­ti­on­aux dans le domaine de la pro­tec­tion des don­nées par rati­fy­ing Con­ven­ti­on 108+ en sep­tembre 2023.

Dans le domaine de l’ac­cès du gou­ver­ne­ment aux don­nées per­son­nel­les, auto­ri­tés publi­ques en Sui­s­se sont sou­mis à des règles clai­res, pré­cis­es et acce­s­si­bles en ver­tu des­quel­les ces auto­ri­tés peu­vent accé­der aux don­nées trans­fé­rées depuis l’UE et les uti­li­ser ensuite à des fins d’in­té­rêt public, en par­ti­cu­lier pour l’ap­pli­ca­ti­on de la loi sur la cri­mi­na­li­té et la sécu­ri­té natio­na­le. Ces limi­ta­ti­ons et garan­ties décou­lent du cad­re juri­di­que pri­mor­di­al et des enga­ge­ments inter­na­ti­on­aux, notam­ment la Con­sti­tu­ti­on fédé­ra­le sui­s­se, la CEDH et la Con­ven­ti­on 108+, ain­si que des règles sui­s­ses de pro­tec­tion des don­nées, y com­pris la loi fédé­ra­le sur la pro­tec­tion des don­nées et les règles spé­ci­fi­ques de pro­tec­tion des don­nées qui s’ap­pli­quent à l’ap­pli­ca­ti­on du droit pénal (par ex., le Code de pro­cé­du­re péna­le) et aux auto­ri­tés de sécu­ri­té natio­na­le (par ex., la loi sur le rens­eig­ne­ment). En out­re, la loi sui­s­se impo­se un cer­tain nombre de limi­ta­ti­ons spé­ci­fi­ques à l’ac­cès et à l’uti­li­sa­ti­on des don­nées à carac­tère per­son­nel à des fins d’ap­pli­ca­ti­on du droit pénal et de sécu­ri­té natio­na­le, et elle pré­voit des méca­nis­mes de con­trô­le et de recours dans ce domaine.

Sur la base des con­clu­si­ons géné­ra­les de la SWD, la Com­mis­si­on con­clut que la Sui­s­se con­ti­n­ue d’assurer un niveau de pro­tec­tion adé­quat des don­nées à carac­tère per­son­nel trans­fé­rées depuis l’UE.

L’a­dé­qua­ti­on est éva­luée en per­ma­nence ; en ce sens, elle ne con­sti­tue pas un droit :

La Com­mis­si­on con­tin­uera à sui­v­re de près l’é­vo­lu­ti­on des cad­res de pro­tec­tion et des pra­ti­ques effec­ti­ves des pays et ter­ri­toires con­cer­nés. En cas de déve­lo­p­pe­ments dans un pays ou ter­ri­toire appro­prié qui affec­terai­ent néga­ti­ve­ment le niveau de pro­tec­tion des don­nées trou­vé adé­quat, la Com­mis­si­on fera, si néces­saire, usa­ge de ses pou­voirs en ver­tu de l’ar­tic­le 45(5) du GDPR pour sus­pend­re, modi­fier ou reti­rer une décis­i­on appropriée.

L’UE con­sidè­re les décis­i­ons d’a­dé­qua­ti­on non seu­le­ment com­me une base pour les trans­mis­si­ons en pro­ven­an­ce de l’EEE, mais aus­si com­me un élé­ment essen­tiel de la pro­tec­tion des don­nées. instru­ment stra­té­gique d’u­ne poli­tique exté­ri­eu­re en matiè­re de don­néesEn effet, le régime de l’a­dé­qua­ti­on a un impact sur la légiti­ma­ti­on dans les pays tiers (ce qui n’est pas nou­veau pour la Sui­s­se) et les décis­i­ons d’a­dé­qua­ti­on de l’UE sont éga­le­ment respec­tées ou repri­ses par d’aut­res États, ce qui a un cer­tain effet de réseau (out­re la Sui­s­se, l’Ar­gen­ti­ne, la Colom­bie, Israël, le Maroc et l’U­ru­gu­ay en font partie).