Ven­te à emporter (AI)
  • La CJUE con­sta­te que l’ar­tic­le 15, para­gra­phe 3 du RGPD ne crée pas un droit d’ac­cès auto­no­me, mais règ­le la for­me de l’in­for­ma­ti­on déjà pré­vue au para­gra­phe 1.
  • Copie” fait réfé­rence aux don­nées à carac­tère per­son­nel con­te­nues dans des docu­ments ; des docu­ments entiers ou des extraits ne sont requis que si le con­tex­te est néces­saire à la com­pré­hen­si­on (par exemp­le, don­nées déri­vées, champs de tex­te libre).

La Cour de justi­ce des Com­mun­au­tés euro­pé­en­nes (CJCE) a ren­du son arrêt le 4 mai 2023 dans l’af­fai­re C‑487/21, un arrêt dans l’af­fai­re CRIF La décis­i­on a été pri­se à la suite d’u­ne décis­i­on de l’au­to­ri­té autri­chi­en­ne de pro­tec­tion des don­nées et sur pré­sen­ta­ti­on du tri­bu­nal admi­ni­stra­tif fédé­ral autrichien.

Le point de départ était l’ar­tic­le 15, para­gra­phe 3, du RGPD :

(3) Le responsable éta­blit une Copie des don­nées à carac­tère per­son­nel faisant l’ob­jet du trai­te­ment. Pour tou­tes les copies sup­p­lé­men­tai­res deman­dées par la per­son­ne con­cer­née, le responsable du trai­te­ment peut exi­ger une rému­n­é­ra­ti­on rai­sonnable basée sur les coûts admi­ni­stra­tifs. Si la per­son­ne con­cer­née fait sa deman­de par voie élec­tro­ni­que de four­nir les infor­ma­ti­ons dans un for­mat élec­tro­ni­que cou­rantsauf indi­ca­ti­on contraire.

La CJUE s’est deman­dé si cet­te dis­po­si­ti­on déter­mi­nait uni­quement la for­me de l’in­for­ma­ti­on ou si elle accordait un droit sup­p­lé­men­tai­re à l’in­for­ma­ti­on sur le con­tex­te du trai­te­ment. La CJUE répond par la néga­ti­ve à cet­te que­sti­on. De même, la noti­on de “copie” ne se réfè­re pas à des docu­ments entiers, mais uni­quement aux don­nées per­son­nel­les qu’ils peu­vent con­te­nir.:

32 Par con­sé­quent, l’ar­tic­le 15 du RGPD ne peut pas être inter­pré­té com­me accordant, dans sa pre­miè­re phra­se du para­gra­phe 3, un droit dif­fé­rent de celui pré­vu dans son para­gra­phe 1. Par ail­leurs, com­me la Com­mis­si­on euro­pé­en­ne l’a souli­g­né dans ses décla­ra­ti­ons écri­tes, la noti­on de “don­nées à carac­tère per­son­nel” ren­voie à la noti­on de “don­nées à carac­tère per­son­nel”. “copie” : non pas un docu­ment en tant que tel, mais les don­nées à carac­tère per­son­nel qu’il con­ti­ent et qui doi­vent être com­plè­tes. La copie doit donc con­te­nir tou­tes les don­nées à carac­tère per­son­nel qui font l’ob­jet du traitement.

Cela ne signi­fie tou­te­fois pas qu’un droit à la remi­se d’u­ne copie de docu­ments est exclu – si d’aut­res indi­ca­ti­ons que Infor­ma­ti­ons con­tex­tu­el­les sont néces­saires à la com­pré­hen­si­on, ils sont éga­le­ment cou­verts par le droit d’accès :

41 En effet, afin de garan­tir que les infor­ma­ti­ons ain­si four­nies soi­ent aisé­ment com­pré­hen­si­bles, ain­si que l’e­xi­ge l’ar­tic­le 12, para­gra­phe 1, du RGPD, lu en com­bi­nai­son avec le con­sidé­rant 58 de celui-ci, ain­si que l’a rele­vé M. l’a­vo­cat géné­ral aux points 57 et 58 de ses con­clu­si­ons, la repro­duc­tion d’ex­traits de docu­ments, voi­re de docu­ments entiers, ou enco­re d’ex­traits de bases de don­nées con­tenant, notam­ment, des don­nées à carac­tère per­son­nel faisant l’ob­jet du trai­te­ment, peut s’a­vé­rer indis­pensable lorsque la con­tex­tua­li­sa­ti­on des don­nées trai­tées est néces­saire pour garan­tir leur intelligibilité.

C’est par­ti­cu­liè­re­ment vrai lorsqu’il s’a­git de don­nées déri­vées ou des indi­ca­ti­ons en Champs de tex­te lib­re s’en va :

42 En par­ti­cu­lier, lorsque des don­nées à carac­tère per­son­nel sont géné­rées à par­tir d’aut­res don­nées ou lorsqu’el­les repo­sent sur des champs libres, c’est-à-dire une absence d’in­di­ca­ti­on per­met­tant d’ob­te­nir des infor­ma­ti­ons sur la per­son­ne con­cer­née, le con­tex­te dans lequel ces don­nées font l’ob­jet du trai­te­ment est indis­pensable pour que la per­son­ne con­cer­née pui­s­se obte­nir des infor­ma­ti­ons trans­pa­ren­tes et une pré­sen­ta­ti­on com­pré­hen­si­ble de ces données.