Ven­te à emporter (AI)
  • L’in­té­gra­ti­on de plug­ins soci­aux (par ex. Face­book-Like) rend l’ex­plo­itant du site web responsable, con­join­te­ment avec le four­nis­seur de plug­ins, de la coll­ec­te et de la trans­mis­si­on des données.
  • Les respons­ables con­joints doi­vent con­clu­re un accord au tit­re de l’ar­tic­le 26 du RGPD ; le trans­fert requiert une base juri­di­que auto­no­me ou, le cas échéant, un consentement.

La CJCE s’est pro­non­cée en l’e­spè­ce Arrêt dans l’af­fai­re C‑40/17 du 29 juil­let 2019 dans l’af­fai­re Fashion ID s’est à nou­veau pro­non­cé sur la responsa­bi­li­té com­mu­ne. Il s’a­git déjà du troi­siè­me arrêt sur la responsa­bi­li­té com­mu­ne ren­du l’an­née dernière :

Dans la pré­sen­te décis­i­on, ren­due sur ren­voi de l’O­ber­lan­des­ge­richt (TRIBUNAL RÉGIONAL SUPÉRIEUR DE JUSTICE) Düs­sel­dorf con­cer­nait l’in­té­gra­ti­on du bou­ton “Like” de Face­book sur le site web de Fashion ID. Le site Cent­re des con­som­ma­teurs NRW avait cont­re Fashion ID a por­té plain­te cont­re Face­book. Face­book n’a pas sui­vi la pro­cé­du­re devant le TRIBUNAL RÉGIONAL SUPÉRIEUR DE JUSTICE en qua­li­té d’in­ter­venant (par­tie intervenante).

En bref:

  • Qui­con­que intèg­re dans son site web un plug-in social qui trans­met des don­nées per­son­nel­les des visi­teurs au four­nis­seur du plug-in est responsable de cet­te coll­ec­te et de cet­te trans­mis­si­on de don­nées con­join­te­ment avec le four­nis­seur. Les deux doi­vent con­clu­re un accord au sens de l’art. 26 de la loi sur la pro­tec­tion des don­nées. RGPD fermer.
  • Tous deux, l’ex­plo­itant du site web et le four­nis­seur du plug-in, ont beso­in d’u­ne base juri­di­que pour le trai­te­ment commun.
  • Si un con­sen­te­ment est néces­saire, il incom­be à l’ex­plo­itant du site web de l’obtenir.
  • L’ex­plo­itant du site web est éga­le­ment tenu de four­nir des infor­ma­ti­ons sur le pro­ce­s­sus de coll­ec­te et de trans­mis­si­on au sens de l’art. 12 et sui­vants de la loi sur la pro­tec­tion des don­nées. RGPD d’informer.
  • La CJCE ren­force sa posi­ti­on favorable à la pro­tec­tion des don­nées. Le con­cept de responsa­bi­li­té com­mu­ne prend enco­re plus d’im­portance. Il devi­ent en même temps plus dif­fi­ci­le et plus coûteux à appli­quer en rai­son de sa for­te impli­ca­ti­on dans les cas individuels.
  • La que­sti­on de savoir si la trans­mis­si­on de don­nées à un responsable con­joint est pri­vilé­giée – c’est-à-dire auto­ri­sée sans base juri­di­que par­ti­cu­liè­re – n’est pas défi­ni­ti­ve­ment cla­ri­fi­ée. Tou­te­fois, le ris­que qu’u­ne base juri­di­que spé­ci­fi­que soit néces­saire a con­sidé­ra­blem­ent augmenté.

Situa­ti­on de fait

La CJCE a basé sa décis­i­on sur les faits suivants :

  • Fashion ID son site web avait le Plug­in social “J’ai­me de Face­book est inté­g­ré au site. Lors de la visi­te du site web, le navi­ga­teur du visi­teur char­ge ent­re aut­res le plug­in et donc le con­te­nu du ser­veur de Face­book. Par ce pro­ce­s­sus, le navi­ga­teur du visi­teur trans­met cer­tai­nes infor­ma­ti­ons, notam­ment l’adres­se IP du ter­mi­nal, la visi­te du site web con­cer­né, des infor­ma­ti­ons tech­ni­ques et des infor­ma­ti­ons sur les con­te­nus deman­dés. Face­book lui-même dit d’ail­leurs ceci – la CJCE ne s’est tou­te­fois pas réfé­rée à cet­te source :

    Si une per­son­ne a visi­té Face­book et visi­te ensuite ton site web avec un plug-in social, le navi­ga­teur nous envoie ces infor­ma­ti­onspour char­ger du con­te­nu Face­book sur cet­te page. Les don­nées que nous rece­vons inclu­ent des infor­ma­ti­ons tel­les que l’ID uti­li­sa­teur de la per­son­ne, le site web visi­té, la date et l’heu­re, ain­si que d’aut­res infor­ma­ti­ons liées au navi­ga­teur. Nous enre­gi­strons cer­tai­nes de ces infor­ma­ti­ons et pou­vons les uti­li­ser pourNous nous effor­çons d’a­mé­lio­rer nos pro­duits et ser­vices et de pro­po­ser aux uti­li­sa­teurs des publi­ci­tés plus inté­res­s­an­tes et plus pertinentes.”

  • L’ex­plo­itant du site web ne peut pas influen­cer l’é­ten­due des don­nées trans­mi­ses à Facebook.
  • Dans le cas con­cret, la trans­mis­si­on des don­nées a eu lieu même si le visi­teur n’a pas de comp­te Face­book et ne cli­que pas sur le bou­ton “J’ai­me”.

Noti­on de responsa­bi­li­té partagée

Dans ce con­tex­te, le TRIBUNAL RÉGIONAL SUPÉRIEUR DE JUSTICE la question,

2) Dans un cas com­me celui de la pré­sen­te affai­re, où une per­son­ne intèg­re dans son site web un code de pro­gram­me qui amè­ne le navi­ga­teur de l’uti­li­sa­teur à deman­der un con­te­nu à un tiers et à trans­mett­re à cet­te fin des don­nées à carac­tère per­son­nel à ce tiers, la per­son­ne qui intèg­re le code est-elle un “responsable du trai­te­ment” au sens de l’ar­tic­le 2, sous d), de la direc­ti­ve 95/46, si elle ne peut pas elle-même influen­cer cet­te opé­ra­ti­on de trai­te­ment des données ?

La défi­ni­ti­on léga­le de la “per­son­ne responsable” se distin­gue, selon la défi­ni­ti­on per­ti­nen­te ici, de cel­le de l’ ”ent­re­pri­se”. Direc­ti­ve et Art. 4, point 7 RGPD n’est pas per­ti­nent. En ce sens, cet arrêt – com­me les arrêts anté­ri­eurs cités au début de l’ar­tic­le – est RGPD direc­te­ment per­ti­nen­te, com­me le fait par exemp­le l’au­to­ri­té ham­bour­geoi­se de pro­tec­tion des don­nées a rete­nu.

La CJCE répond par l’af­fir­ma­ti­ve à cet­te question :

[…] l’ex­plo­itant d’un site web […] qui intèg­re dans ce site web un plug­in social qui amè­ne le navi­ga­teur […] à deman­der des con­te­nus au four­nis­seur de ce plug­in et, à cet effet trans­mett­re des don­nées per­son­nel­les du visi­teur à ce four­nis­seurpeut être con­sidé­ré com­me responsable du trai­te­ment Responsable […] peut être con­sidé­rée com­me responsable […]. Cet­te responsa­bi­li­té est tou­te­fois limi­tée à l’opé­ra­ti­on ou aux opé­ra­ti­ons de trai­te­ment des don­néesLe responsable du trai­te­ment est le responsable du trai­te­ment pour lequel il déci­de effec­ti­ve­ment des fina­li­tés et des moy­ens, c’est-à-dire la coll­ec­te des don­nées en que­sti­on et leur com­mu­ni­ca­ti­on par transfert. 

La CJCE se base sur ses arrêts con­cer­nant les pages fan Face­book et les Témo­ins de Jéhovah :

  • L’ob­jec­tif de la défi­ni­ti­on léga­le est notam­ment d’assurer une “pro­tec­tion effi­cace et com­plè­te” des per­son­nes con­cer­nées, ce qui néces­si­te une inter­pré­ta­ti­on large.
  • Tou­te per­son­ne qui “exer­ce, dans son pro­pre inté­rêt, une influence sur le trai­te­ment de don­nées à carac­tère per­son­nel” et par­ti­ci­pe ain­si “à la déter­mi­na­ti­on des fina­li­tés et des moy­ens de ce trai­te­ment” est un responsable (Témo­ins de Jého­vah, point 68).
  • La responsa­bi­li­té con­join­te ne pré­sup­po­se pas que chaque responsable ait accès aux don­nées con­cer­nées (Pages fan Face­book, con­sidé­rant 69).
  • Une responsa­bi­li­té “com­mu­ne” ne signi­fie pas une responsa­bi­li­té “équi­va­len­te”. Par­al­lè­le­ment, un “trai­te­ment” peut com­prend­re plu­sieurs opé­ra­ti­ons. Les respons­ables peu­vent donc être impli­qués dans un trai­te­ment de don­nées “à dif­fér­ents sta­des et à des degrés divers”. L’é­ten­due de la responsa­bi­li­té ne peut donc être déter­mi­née qu’au cas par cas (Témo­ins de Jého­vah, point 66) :

    74 Il s’en­su­it […] qu’u­ne […] per­son­ne […] ne peut être […] responsable, con­join­te­ment avec d’aut­res, que des opé­ra­ti­ons de trai­te­ment […] dont elle déter­mi­ne – con­join­te­ment avec d’aut­res – les fina­li­tés et les moy­ens. En revan­che, […] cet­te […] per­son­ne ne peut être con­sidé­rée com­me responsable, au sens de cet­te dis­po­si­ti­on, d’opé­ra­ti­ons situées en amont ou en aval de la chaî­ne de trai­te­ment, pour les­quel­les elle ne déter­mi­ne ni les fina­li­tés ni les moyens”.

La CJCE en con­clut que Fashion ID

  • est responsable de la coll­ec­te des don­nées des visi­teurs et de leur trans­mis­si­on à Facebook,
  • mais pas pour les opé­ra­ti­ons de trai­te­ment en aval par Facebook.

Pour la coll­ec­te et la trans­mis­si­on, Fashion ID Les deux par­ties déci­dent ensem­ble des moy­ens et des fina­li­tés de ces traitements :

  • Moy­ens: Fashion ID lie le bou­ton dans le savoir que celui-ci sert à la coll­ec­te et à la trans­mis­si­on. En out­re, Fashion ID déci­dant ain­si “la coll­ec­te et la trans­mis­si­on des don­nées per­son­nel­les des visi­teurs de ce site” à Face­book “.influence”.
  • ButsFace­book uti­li­se les don­nées coll­ec­tées pour opti­mi­ser la publi­ci­té de Fashion. ID. En con­t­re­par­tie, Face­book peut uti­li­ser les don­nées coll­ec­tées “à ses pro­pres fins com­mer­cia­les”. Ce Rap­port d’é­ch­an­ge des inté­rêts éco­no­mi­ques signi­fie que les deux par­ties “déci­dent ensem­ble des fina­li­tés des opé­ra­ti­ons de coll­ec­te des don­nées à carac­tère per­son­nel en cau­se au prin­ci­pal et de leur com­mu­ni­ca­ti­on par transfert”.

En con­clu­si­on, la responsa­bi­li­té com­mu­ne a été con­fir­mée à cet égard. Le fait que Fashion ID ne peut pas accé­der lui-même aux don­nées coll­ec­tées ne s’y oppo­se pas selon la juris­pru­dence Face­book Fan­pages, ce que la CJCE con­fir­me à nou­veau ici.

Résul­tat intermédiaire

L’ar­rêt a tout d’a­bord les con­sé­quen­ces suivantes :

  • Tou­te per­son­ne qui intèg­re un bou­ton “J’ai­me” de Face­book est responsable con­join­te­ment avec Face­book. Il en va de même pour tous les aut­res plug-ins soci­aux pour les­quels le four­nis­seur du plug-in reçoit des don­nées per­son­nel­les lors de leur inté­gra­ti­on ou de leur déclenchement.
  • L’ex­plo­itant du site web et le four­nis­seur du plug-in doi­vent donc con­clu­re un accord au sens de l’ar­tic­le 26 de la loi sur la pro­tec­tion des don­nées. RGPD fermer.
  • Les décla­ra­ti­ons de pro­tec­tion des don­nées per­ti­nen­tes doi­vent être com­plé­tées en con­sé­quence, notam­ment par le fait que la responsa­bi­li­té est par­ta­gée et par l’e­s­sen­tiel de l’accord.

Il res­sort éga­le­ment de la décis­i­on de la CJCE ce qui suit :

  • La responsa­bi­li­té par­ta­gée con­si­ste à la déter­mi­na­ti­on en com­mun des fina­li­tés et des moy­ens d’un trai­te­ment ou d’u­ne par­tie d’un trai­te­mentc’est-à-dire des opé­ra­ti­ons de trai­te­ment indi­vi­du­el­les. Les que­sti­ons de savoir com­ment distin­guer une opé­ra­ti­on indi­vi­du­el­le d’un trai­te­ment, ce qu’est une “fina­li­té” et si une opé­ra­ti­on – au sens d’u­ne par­tie d’un trai­te­ment – peut avoir une fina­li­té pro­pre ne sont pas abor­dées (mal­heu­reu­se­ment ; elles serai­ent passionnantes).
  • Pour com­prend­re ce que “Influence sur les res­sour­ces L’ar­rêt n’ap­por­te pas grand-cho­se sur ce que signi­fie con­crè­te­ment “le trai­te­ment”. En l’oc­cur­rence, le moy­en de trai­te­ment (de la coll­ec­te et de la trans­mis­si­on) était l’in­té­gra­ti­on du plug-in, et la CJUE se con­tente ici de con­stater que Fashion ID a inté­g­ré le plug-in en sach­ant que des don­nées serai­ent ain­si trans­mi­ses à Face­book. Il n’est pas pré­cisé ce qu’est un “moy­en de trai­te­ment” et une “influence” per­ti­nen­te sur le moy­en dans d’aut­res con­stel­la­ti­ons. Mais il est tout de même clair que Con­nais­sance du trai­te­ment c’est-à-dire la con­nais­sance de l’opé­ra­ti­on en que­sti­on. Ce que la CJUE sup­po­se impli­ci­te­ment, c’est la par­ti­ci­pa­ti­on de Face­book à ce moy­en. La par­ti­ci­pa­ti­on rési­de dans le fait que Face­book met le plug­in à dis­po­si­ti­on et auto­ri­se la con­ne­xi­on de don­nées avec son ser­veur lors de son uti­li­sa­ti­on, ce qui lui per­met de coll­ec­ter des don­nées personnelles.
  • L’exé­cu­ti­on à des fins com­mu­nes est inté­res­s­an­te. Fashion ID veut que sa publi­ci­té soit dif­fusée sur Face­book de maniè­re ciblée, ce qui est éga­le­ment dans l’in­té­rêt de Face­book, et en même temps Face­book veut uti­li­ser les don­nées à d’aut­res fins (non expli­quées ici). La CJUE part donc du prin­ci­pe que le lien éco­no­mi­que ent­re les objec­tifs et trai­te ensuite les deux objec­tifs com­me un seul et même but uni­que mais com­mun.

Les points sui­vants, plus géné­raux, res­sortent de l’arrêt :

  • La CJCE pour­su­it sa for­te une juris­pru­dence favorable à la pro­tec­tion des don­nées – sans sur­pri­se – con­ti­n­ue. Ce n’est pas seu­le­ment sur ce point que l’ar­rêt rap­pel­le la décis­i­on ren­due dans l’af­fai­re Goog­le Espa­gne (là, la que­sti­on était dif­fé­ren­te, mais les décla­ra­ti­ons de la CJCE (“ […] il ne sau­rait être que­sti­on de sous­trai­re le trai­te­ment de don­nées à carac­tère per­son­nel […] aux obli­ga­ti­ons et garan­ties pré­vues par la direc­ti­ve 95/46, ce qui limi­terait l’ef­fet uti­le de la direc­ti­ve et la pro­tec­tion effec­ti­ve et com­plè­te des droits et liber­tés fon­da­men­taux des per­son­nes phy­si­ques qu’el­le vise à assurer […] ”) restent val­ables). L’appro­che éco­no­mi­que a éga­le­ment été déter­mi­nan­te dans le cas de Goog­le Spain. Pour la CJCE, il s’a­git mani­fe­stem­ent d’ai­der la pro­tec­tion des don­nées à s’im­po­ser, et ce dans les con­di­ti­ons éco­no­mi­ques con­crè­tes, sans que les que­sti­ons dog­ma­ti­ques ne jouent un grand rôle. Il en résul­te à l’in­ver­se que les auto­ri­tés de sur­veil­lan­ce doi­vent veil­ler dans leur acti­vi­té à la pro­tec­tion effec­ti­ve et ne pas accor­der une gran­de importance aux infrac­tions aux for­ma­li­tés, dans la mesu­re où cel­les-ci n’aug­men­tent pas les ris­ques pour les per­son­nes concernées.
  • La responsa­bi­li­té par­ta­gée n’est pas un con­cept aca­dé­mi­que mais Élé­ment clé dans la déter­mi­na­ti­on de la responsa­bi­li­té, le pour tou­tes les mesu­res de con­for­mi­té (p. ex. regist­re de trai­te­ment ; éla­bo­ra­ti­on de cont­rats avec des pre­sta­tai­res de ser­vices et des par­ten­aires au sein du grou­pe et avec des per­son­nes exté­ri­eu­res ; com­mu­ni­ca­ti­on avec les per­son­nes con­cer­nées ; droits des per­son­nes con­cer­nées ; pla­ni­fi­ca­ti­on des mesu­res de sécu­ri­té ; régle­men­ta­ti­on de la responsa­bi­li­té, etc.
  • La déter­mi­na­ti­on de la responsa­bi­li­té com­mu­ne est for­te­ment liée à un cas par­ti­cu­lierIl s’a­git non seu­le­ment de savoir quand il y en a un, mais aus­si et sur­tout de savoir jus­qu’où il va. Dans les rela­ti­ons inter­nes au grou­pe, cela com­pli­que le tra­vail avec des modè­les de cont­rats et, le cas échéant, les modè­les doi­vent être com­plé­tés par des ins­truc­tions et des aides cor­re­spond­an­tes. La gra­nu­la­ri­té de la con­sidé­ra­ti­on – responsa­bi­li­té com­mu­ne se rap­portant à des élé­ments indi­vi­du­els con­crè­te­ment déter­mi­nés – peut en out­re con­dui­re à ce que deux ou plu­sieurs par­ties portent plu­sieurs cas­quet­tes pour un seul projet.
  • L’im­portance de la responsa­bi­li­té com­mu­ne, asso­ciée à une appro­che au cas par cas et à des con­sé­quen­ces juri­di­ques dif­fé­ren­tes selon la qua­li­fi­ca­ti­on des rôles des par­ties, a le poten­tiel d’ai­der notam­ment le trai­te­ment des don­nées per­son­nel­les au sein d’un grou­pe beau­coup plus com­ple­xe de faire.

Bases léga­les : pas de privilège ( ?)

Les expli­ca­ti­ons rela­ti­ves aux bases juri­di­ques sont inté­res­s­an­tes et vont éga­le­ment au-delà du cas con­cret. Le site TRIBUNAL RÉGIONAL SUPÉRIEUR DE JUSTICE Düs­sel­dorf avait deman­dé si, lors d’un éven­tuel examen de la base juri­di­que des inté­rêts légiti­mes, il con­ve­nait de se fon­der sur l’in­té­rêt légiti­me de cet opé­ra­teur ou sur l’in­té­rêt légiti­me du four­nis­seur men­ti­onné (la CJCE a lais­sé en sus­pens la que­sti­on de savoir si un con­sen­te­ment était néces­saire en ver­tu de la direc­ti­ve sur les coo­kies ; cela sera exami­né par le TRIBUNAL RÉGIONAL SUPÉRIEUR DE JUSTICE Düs­sel­dorf doi­vent exami­ner). Ici, la CJCE a dit ce qui suit :

Étant don­né que […] l’ex­plo­itant d’un site web qui intèg­re dans ce site web un plug-in social qui inci­te le navi­ga­teur du visi­teur de ce site web à deman­der des con­te­nus au four­nis­seur de ce plug-in et à trans­mett­re à cet effet des don­nées à carac­tère per­son­nel du visi­teur à ce four­nis­seur, con­join­te­ment avec ce four­nis­seur que […] Responsable peut être con­sidé­ré, il est néces­saire que cha­cun de ces respons­ables a un inté­rêt légiti­me dans ces opé­ra­ti­ons de trai­te­ment. […] afin que ces pro­ce­s­sus justi­fié pour cha­cun d’ent­re eux sont

Selon la CJUE, les opé­ra­ti­ons rele­vant de la responsa­bi­li­té con­join­te des deux par­ties – la coll­ec­te et la trans­mis­si­on – doi­vent donc être pour chaque indi­vi­du être justi­fi­ée. Si l’on prend cet­te affir­ma­ti­on à sa valeur nomi­na­le, il y a là une con­tro­ver­sé Que­sti­on tran­chée : le trans­fert de don­nées d’un responsable com­mun à l’aut­re est (con­trai­re­ment à celui d’un responsable à son sous-trai­tant) non pri­vilé­giémais néces­si­te une base juri­di­que, tout com­me le trans­fert à un responsable indé­pen­dant.

Il n’est tou­te­fois pas pos­si­ble de savoir si la CJCE a réel­le­ment vou­lu dire cela. Les con­sidé­rants ne mont­rent pas que la CJCE était con­sci­en­te de la signi­fi­ca­ti­on pos­si­ble de ces décla­ra­ti­ons. D’aut­re part, on peut dif­fi­ci­le­ment lire les décla­ra­ti­ons de la CJUE com­me si elle avait envi­sa­gé un pri­vilè­ge. En effet, elle ne par­le pas du fait que Face­book pour les trai­te­ments sui­vants sous sa pro­pre responsa­bi­li­té, a beso­in d’u­ne base juri­di­que pro­pre (ce qui est bien sûr le cas) ; au con­trai­re, il a déjà beso­in d’u­ne base juri­di­que pro­pre. la trans­mis­si­on en tant que tel­le une base juri­di­que. Au final, le pri­vilè­ge n’a pas dispa­ru, mais il est deve­nu plus ris­qué de s’y fier.

Ce que la CJCE n’a pas dit (con­trai­re­ment à cer­ta­ins Pri­ses de posi­ti­on sur le juge­ment) : qu’il y a là une Con­sen­te­ment aurait été néces­saire. La CJCE se con­tente de dire qu’il appar­tient à l’ex­plo­itant du site web le cas échéant, d’ob­te­nir le con­sen­te­ment, car celui-ci dev­rait être obte­nu avant la coll­ec­te et la trans­mis­si­on des don­nées. Il appar­tien­dra au TRIBUNAL RÉGIONAL SUPÉRIEUR DE JUSTICE Düs­sel­dorf de véri­fier si le con­sen­te­ment est requis.

Aut­res points

La CJCE a rete­nu les aut­res points suivants :

  • Le site Obli­ga­ti­on d’in­for­ma­ti­on au sens de l’art. 13 s. de la loi sur la pro­tec­tion des don­nées. RGPD doit être rem­plie immé­dia­te­ment, c’est-à-dire lors de la per­cep­ti­on, et non ulté­ri­eu­re­ment (c’est en tout cas ce que l’on peut lire aux nos 102 et suivants).
  • Une régle­men­ta­ti­on natio­na­le qui Les asso­cia­ti­ons de con­som­ma­teurs ont le droit d’a­gir en justi­ce cont­re les auteurs de vio­la­ti­ons de don­nées n’est pas con­trai­re à la directive.