Ven­te à emporter (AI)
  • La CJUE con­sidè­re que les don­nées pseud­ony­mi­sées ne sont pas, de maniè­re géné­ra­le, des don­nées à carac­tère per­son­nel ; si des tiers ne sont pas en mesu­re de sup­p­ri­mer la pseud­ony­mi­sa­ti­on, les per­son­nes con­cer­nées ne restent pas iden­ti­fi­a­bles pour eux.
  • L’ob­li­ga­ti­on d’in­for­ma­ti­on du responsable doit être véri­fi­ée au moment de la coll­ec­te des don­nées ; elle ne s’ap­pli­que pas si, au moment de la coll­ec­te, il ne faut pas s’at­tendre à ce que les desti­na­tai­res pui­s­sent trai­ter les don­nées en tant que don­nées à carac­tère personnel.

La CJCE a sta­tué le 4 sep­tembre 2025 (Rs. C‑413/23), qu’u­ne com­mu­ni­ca­ti­on de don­nées pseud­ony­mes ne con­sti­tue pas une com­mu­ni­ca­ti­on de don­nées per­son­nel­les si

Le con­tex­te était une décis­i­on du Con­seil de réso­lu­ti­on uni­que SRBL’au­to­ri­té de réso­lu­ti­on de l’U­ni­on ban­cai­re euro­pé­en­ne a lan­cé une pro­cé­du­re de réso­lu­ti­on à l’en­cont­re d’u­ne ban­que. Dans ce cad­re, des avis ont été recu­eil­lis auprès des action­n­aires et des cré­an­ciers. Ces avis ont ensuite été trans­mis à Deloit­te sous for­me de pseudonymes :

28 Seu­les les obser­va­tions qui […] étai­ent accom­pa­gnées d’un code alpha­nu­mé­ri­que étai­ent munis d’un code. Tou­te­fois, seul le SRB pou­vait, à l’ai­de de ce code, reli­er les avis aux don­nées coll­ec­tées pen­dant la pha­se d’en­re­gi­stre­ment […]. […] Deloit­te avait pas d’ac­cès à la base de don­nées avec les don­nées coll­ec­tées pen­dant la pha­se d’enregistrement […].

Le liti­ge por­tait sur la que­sti­on de savoir si les action­n­aires et les cré­an­ciers con­cer­nés aurai­ent dû être infor­més de la com­mu­ni­ca­ti­on à Deloit­te, et donc notam­ment s’il s’a­gis­sait d’u­ne com­mu­ni­ca­ti­on de don­nées personnelles.

La CJCE répond par la néga­ti­ve à cet­te que­sti­on : Les don­nées pseud­ony­mi­sées ne sont pas des don­nées à carac­tère per­son­nel dans tou­tes les cir­con­stances. Si un tiers ne peut pas sup­p­ri­mer la pseud­ony­mi­sa­ti­on, les per­son­nes con­cer­nées doi­vent pour ce non iden­ti­fia­ble.

Ce juge­ment est cor­rect par­ce qu’il découle de l’appro­che rela­ti­ve de la déter­mi­na­ti­on du lien avec la per­son­ne : Ce qui comp­te, ce sont les pos­si­bi­li­tés d’i­den­ti­fi­ca­ti­on du ser­vice qui trai­te les don­nées ou qui les fait trai­ter par un sous-trai­tant. La con­sé­quence direc­te est le fait qu’u­ne pseud­ony­mi­sa­ti­on peut avoir l’ef­fet d’u­ne anony­mi­sa­ti­on vis-à-vis de tiers, rai­son pour laquel­le on pour­rait éga­le­ment qua­li­fier la pseud­ony­mi­sa­ti­on d’an­ony­mi­sa­ti­on sub­jec­ti­ve. En Sui­s­se, le HGer Zürich 2021 même décis­i­on.

Il s’en­su­it, par exemp­le, qu’en cas de com­mu­ni­ca­ti­on de don­nées pseud­ony­mi­sées robu­stes à un sous-trai­tant à l’étran­ger, les don­nées ne peu­vent pas être trai­tées de maniè­re con­fi­den­ti­el­le. pas beso­in d’ADV ni de SCC sont des don­nées à carac­tère per­son­nel. Le responsable peut tou­te­fois être tenu, au tit­re de la sécu­ri­té des don­nées, de garan­tir la con­fi­den­tia­li­té et la fina­li­té avec le desti­na­tai­re et donc de con­clu­re un quasi-CDA.

Critères de véri­fi­ca­ti­on de la réfé­rence aux personnes

La noti­on de don­nées per­son­nel­les dépend de la que­sti­on de savoir si une infor­ma­ti­on est

55 […] en rai­son de leur Con­te­nu, son À pro­pos de ou de leur Con­sé­quen­ces est liée à une per­son­ne iden­ti­fia­ble (arrêts du 20 décembre 2017, Nowak, C‑434/16 […], OC/Commission, C‑479/22 […], IAB Euro­pe, C‑604/22 […] et la juris­pru­dence citée).

Il n’est tou­te­fois pas tou­jours néces­saire d’ex­ami­ner sépa­ré­ment l’ob­jec­tif et les con­sé­quen­ces d’un traitement :

56 […] […] Selon la juris­pru­dence rap­pelée au point 55 du pré­sent arrêt, un examen du con­te­nu d’u­ne infor­ma­ti­on doit ne sont pas néces­saire­ment com­plé­tées par une ana­ly­se de leur fina­li­té et de leur impact être uti­li­sés. Cela résul­te de l’uti­li­sa­ti­on de la con­jonc­tion “ou”, à laquel­le ont été asso­ciés les dif­fér­ents critères men­ti­onnés dans cet­te jurisprudence.

Réfé­rence aux per­son­nes des don­nées pseudonymisées

Tout d’a­bord, la pseud­ony­mi­sa­ti­on n’est qu’u­ne Mesu­reLa défi­ni­ti­on léga­le des don­nées per­son­nel­les n’in­clut pas les don­nées de type “nom de famil­le”, qui rédui­sent la pro­ba­bi­li­té d’i­den­ti­fi­ca­ti­on, ni les don­nées de type “nom de famille” :

72 Com­me l’a indi­qué l’a­vo­cat géné­ral […], la pseud­ony­mi­sa­ti­on n’est donc pas un élé­ment de défi­ni­ti­on de la noti­on de “don­nées à carac­tère per­son­nel”. Elle se réfè­re plutôt à la mise en œuvre de mesu­res tech­ni­ques et orga­ni­sa­ti­on­nel­les visa­nt à rédui­re le ris­que qu’un ensem­ble de don­nées don­né soit asso­cié à l’i­den­ti­té des per­son­nes concernées. […]

Et si cet­te mesu­re a pour effet d’adss­s­ser une per­son­ne de fac­to non iden­ti­fia­ble est, il man­que justem­ent la réfé­rence à la personne :

75 En effet, dans la mesu­re où de tel­les mesu­res tech­ni­ques et orga­ni­sa­ti­on­nel­les sont effec­ti­ve­ment pri­ses et sont de natu­re à empêcher l’at­tri­bu­ti­on des don­nées en cau­se à la per­son­ne con­cer­née, de sor­te que cel­le-ci n’est pas ou plus iden­ti­fia­ble, la pseud­ony­mi­sa­ti­on peut avoir une inci­dence sur le carac­tère per­son­nel de ces don­nées au sens de l’ar­tic­le 3, point 1, du règle­ment 2018/1725.

C’est pour­quoi ceux qui sont liés à Deloit­te trans­mi­ses Les pseud­ony­mes ne sont pas en soi des don­nées per­son­nel­les:

77 En ce qui con­cer­ne Deloit­te, à qui le CSR a trans­mis des avis pseud­ony­mi­sés, […] les mesu­res tech­ni­ques et orga­ni­sa­ti­on­nel­les […] peu­vent fai­re en sor­te que ces avis ne soi­ent pas per­son­nels pour Deloit­te. Cela sup­po­se tou­te­fois, d’u­ne part, que Deloit­te ne soit pas en mesu­re de lever ces mesu­res lors du trai­te­ment des avis, qui s’ef­fec­tue sous son con­trô­le. D’aut­re part, ces mesu­res doi­vent éga­le­ment être effec­ti­ve­ment de natu­re à empêcher Deloit­te d’at­tri­buer ces avis à la per­son­ne con­cer­née, y com­pris par d’aut­res moy­ens d’i­den­ti­fi­ca­ti­on, tels qu’un recou­pe­ment avec d’aut­res élé­ments, de sor­te que la per­son­ne con­cer­née ne soit pas ou plus iden­ti­fia­ble pour Deloitte.

Ce résul­tat est con­for­me à la jurisprudence :

82 En out­re, la Cour a déjà jugé qu’un moy­en n’est pas sus­cep­ti­ble, selon l’ap­pré­cia­ti­on géné­ra­le, d’êt­re uti­li­sé pour iden­ti­fier la per­son­ne con­cer­née si le ris­que d’i­den­ti­fi­ca­ti­on sem­ble de fac­to insi­gni­fi­ant, par­ce que la Iden­ti­fi­ca­ti­on de cet­te per­son­ne inter­di­te par la loi ou impos­si­ble à réa­li­ser dans la pra­tique par exemp­le par­ce qu’el­le exi­ge­rait un inve­stis­se­ment dis­pro­por­ti­onné en temps, en coûts et en main-d’œuvre […]. […] 

83 De même, la Cour a jugé […] en sub­stance que des don­nées à carac­tère non per­son­nel en soi, coll­ec­tées et stockées par le responsable du trai­te­ment, se rap­por­tai­ent néan­mo­ins à une per­son­ne iden­ti­fia­ble, étant don­né que le responsable du trai­te­ment dis­po­sait de moy­ens juri­di­ques pour obte­nir de tiers des infor­ma­ti­ons sup­p­lé­men­tai­res per­met­tant d’i­den­ti­fier cet­te personne. […].

84 En par­ti­cu­lier, selon la juris­pru­dence […], des don­nées qui ne sont pas en soi des don­nées à carac­tère per­son­nel peu­vent deve­nir des don­nées “à carac­tère per­son­nel” lorsque le responsable du trai­te­ment les trans­met à d’aut­res per­son­nes qui dis­po­sent de moy­ens per­met­tant rai­sonnablem­ent d’i­den­ti­fier la per­son­ne concernée. […] 

85 […] Dans la mesu­re où […] il ne peut être exclu que ces tiers soi­ent rai­sonnablem­ent en mesu­re de rat­ta­cher les don­nées pseud­ony­mi­sées à la per­son­ne con­cer­née par des moy­ens tels qu’u­ne com­pa­rai­son avec d’aut­res don­nées dont ils dis­po­sent, cet­te per­son­ne doit être con­sidé­rée com­me iden­ti­fia­ble, tant en ce qui con­cer­ne la trans­mis­si­on des don­nées que le trai­te­ment ulté­ri­eur de ces don­nées par des tiers. Dans ces cir­con­stances, les don­nées pseud­ony­mi­sées dev­rai­ent être con­sidé­rées com­me des don­nées à carac­tère personnel.

86 Par con­sé­quent, […] des don­nées pseud­ony­mi­sées doi­vent être […]. ne sont pas con­sidé­rées com­me des don­nées à carac­tère per­son­nel dans tous les cas et pour chaque per­son­ne être uti­li­sées. En effet, la pseud­ony­mi­sa­ti­on peut – selon les cir­con­stances du cas d’e­spè­ce – empêcher effec­ti­ve­ment d’aut­res per­son­nes que le responsable du trai­te­ment d’i­den­ti­fier la per­son­ne con­cer­née, de sor­te que cet­te der­niè­re n’est pas ou plus iden­ti­fia­ble pour eux.

Con­sé­quen­ces sur l’ob­li­ga­ti­on d’information

La que­sti­on de savoir à quel moment l’ob­li­ga­ti­on d’in­for­ma­ti­on sur les desti­na­tai­res doit être appli­quée était éga­le­ment liti­gieu­se. Il s’a­git ici ne se pré­oc­cupe pas de savoir si un desti­na­tai­re ulté­ri­eur poten­tiel peut pro­cé­der à une iden­ti­fi­ca­ti­on:

112 Il s’en­su­it […] que l’ob­li­ga­ti­on d’in­for­ma­ti­on incom­bant au CSR a été rem­plie en l’e­spè­ce avant la trans­mis­si­on des avis en que­sti­on et des indé­pen­dam­ment de cela, exi­staitLa Com­mis­si­on a deman­dé à Deloit­te s’il s’a­gis­sait ou non de don­nées à carac­tère per­son­nel après leur éven­tu­el­le pseudonymisation.

113 […] Il résul­te des points 102 à 108 du pré­sent arrêt […] que cet­te dis­po­si­ti­on régit l’ob­li­ga­ti­on d’in­for­ma­ti­on qui incom­be au responsable du trai­te­ment au moment de la coll­ec­te de tel­les don­nées. La que­sti­on de savoir si le responsable a rem­pli son obli­ga­ti­on d’in­for­ma­ti­on à ce moment-là ne peut pas dépend­re des pos­si­bi­li­tés d’i­den­ti­fi­ca­ti­on de la per­son­ne con­cer­née dont un desti­na­tai­re poten­tiel pour­rait éven­tu­el­le­ment dis­po­ser après une trans­mis­si­on ulté­ri­eu­re des don­nées en question.

114 Com­me l’a indi­qué l’a­vo­cat géné­ral […], l’ar­gu­ment […] selon lequel il con­vi­ent de se pla­cer du point de vue du desti­na­tai­re pour véri­fier le respect de cet­te obli­ga­ti­on d’in­for­ma­ti­on con­dui­rait à dépla­cer ce con­trô­le dans le temps. Étant don­né que ce con­trô­le por­terait néces­saire­ment sur des don­nées à carac­tère per­son­nel déjà trans­mi­ses au desti­na­tai­re, cet argu­ment mécon­naît éga­le­ment le prin­ci­pe de pro­por­ti­on­na­li­té. Objec­tif de l’ob­li­ga­ti­on d’in­for­ma­ti­on, indis­so­cia­ble de la rela­ti­on ent­re le responsable du trai­te­ment et la per­son­ne con­cer­née. est

Cet­te con­clu­si­on est évi­den­te – mais seu­le­ment si, au moment de la coll­ec­te des don­nées, il faut au moins s’at­tendre à ce que des don­nées qui sont effec­ti­ve­ment per­son­nel­les pour un desti­na­tai­re soi­ent com­mu­ni­quées. S’il n’y a pas lieu de s’y attendre, par exemp­le par­ce qu’il est clair que les don­nées ne seront trans­mi­ses que sous for­me de pseud­ony­me, il ne peut y avoir d’ob­li­ga­ti­on d’in­for­ma­ti­on, car l’opé­ra­ti­on en que­sti­on n’est pas per­ti­nen­te pour la pro­tec­tion des don­nées et ne peut donc pas avoir de con­sé­quen­ces en matiè­re de pro­tec­tion des données.