Ven­te à emporter (AI)
  • Un con­sen­te­ment n’est pas con­sidé­ré com­me lib­re, spé­ci­fi­que et infor­mé lorsque les cli­entes doi­vent don­ner leur accord impli­ci­te dans des cont­rats stan­dar­di­sés par le biais de champs pré-rem­p­lis ou de men­ti­ons formelles.
  • La char­ge de la preuve de l’e­xi­stence d’un con­sen­te­ment valable incom­be au responsable du trai­te­ment ; en cas de dou­te, il doit appor­ter la preuve du consentement.

La pré­sen­te affai­re (Rs. C‑61/19) con­cer­ne un liti­ge ent­re Oran­ge Româ­nia SA (un opé­ra­teur de télé­com­mu­ni­ca­ti­ons) et l’au­to­ri­té rou­maine de pro­tec­tion des don­nées. Le liti­ge por­tait sur Con­sen­te­ment dans la créa­ti­on et la con­ser­va­ti­on d’u­ne Copie de la car­te d’i­den­ti­té dans le cad­re de négo­cia­ti­ons con­trac­tu­el­les avec des cli­ents. Les con­di­ti­ons géné­ra­les du four­nis­seur de cont­rats de télé­pho­nie mobi­le sti­pu­lai­ent que le cli­ent avait été infor­mé et avait don­né son accord sur plu­sieurs points, notam­ment l’é­ta­blis­se­ment et la con­ser­va­ti­on d’u­ne copie de sa car­te d’identité.

L’au­to­ri­té de sur­veil­lan­ce a esti­mé qu’il man­quait à cet égard une con­sen­te­ment effec­tif. Le tri­bu­nal régio­nal de Buca­rest a donc posé les que­sti­ons sui­van­tes à la CJCE :

1) Quel­les con­di­ti­ons doi­vent être rem­plies, au sens de l’ar­tic­le 2, sous h), de la direc­ti­ve 95/46, pour qu’u­ne mani­fe­sta­ti­on de volon­té pui­s­se être qua­li­fi­ée de pour le cas con­cret et en con­nais­sance de cau­se peut-il être con­sidé­ré com­me effectué ?

2) Quel­les sont les con­di­ti­ons qui doi­vent être rem­plies, au sens de l’ar­tic­le 2, sous h), de la direc­ti­ve 95/46, pour qu’u­ne mani­fe­sta­ti­on de volon­té soit qua­li­fi­ée de sans con­train­te peut-il être con­sidé­ré com­me effectué ?

Le site L’a­vo­cat géné­ral pro­po­seLe Con­seil de l’Eu­ro­pe a déci­dé de répond­re à ces que­sti­ons de la maniè­re suivante :

Une per­son­ne con­cer­née qui a l’in­ten­ti­on de con­clu­re un cont­rat de four­ni­tu­re de ser­vices de télé­com­mu­ni­ca­ti­ons mobi­les avec une ent­re­pri­se ne don­ne pas son “con­sen­te­ment” à l’entre­pri­se, c’est-à-dire qu’el­le n’in­di­que pas qu’el­le est d’ac­cord. pas “sans con­train­tepour le cas con­cret et en Con­nais­sance des faits” leur volon­té, au sens de l’ar­tic­le 2, point h), de la [direc­ti­ve sur la pro­tec­tion des don­nées] et de l’ar­tic­le 4, point 11), du [RGPD], lorsqu’ils sont étab­lis sur un sup­port par ail­leurs doit expli­quer à la main le cont­rat stan­dar­di­séqu’el­le a fait la Con­sen­te­ment à la réa­li­sa­ti­on et à la con­ser­va­ti­on de pho­to­co­pies de leurs docu­ments d’i­den­ti­té refu­se.

Dans le cad­re de son rai­son­ne­ment, l’a­vo­cat géné­ral con­sta­te notam­ment ce qui suit :

  • La CJCE a jugé dans Décis­i­on de Planet49 a recon­nu qu’u­ne case pré-cochée n’en­traî­ne pas de con­sen­te­ment. Cela vaut éga­le­ment pour le mon­de ana­lo­gi­que : Cases à cocher pré­dé­fi­nies signi­fi­ent pas de con­sen­te­ment actif de la per­son­ne qui signe le docu­ment : “La situa­ti­on n’est pas exemp­te de dou­tes. Le tex­te peut avoir été lu ou non. Le “lec­teur” peut l’a­voir oublié par pure nég­li­gence ; il est donc impos­si­ble de déter­mi­ner clai­re­ment si le con­sen­te­ment a été don­né libre­ment”..
  • La char­ge de la preuve du con­sen­te­ment incom­be au responsable du trai­te­ment ; “tout dou­te quant à l’ob­ten­ti­on du con­sen­te­ment de la per­son­ne con­cer­née doit être levé par des preu­ves à four­nir par le responsable du trai­te­ment”..