Ven­te à emporter (AI)
  • La CJUE con­sidè­re les explo­itants de pla­te­for­mes et les uti­li­sa­teurs qui publi­ent des annon­ces com­me des respons­ables con­joints au sens de l’ar­tic­le 26 du RGPD en cas de publi­ca­ti­on de don­nées par­ti­cu­liè­re­ment sensibles.
  • Les pla­te­for­mes doi­vent prend­re les mesu­res tech­ni­ques et orga­ni­sa­ti­on­nel­les appro­priées pour iden­ti­fier les annon­ces sen­si­bles avant leur publication.
  • Les opé­ra­teurs sont tenus de véri­fier l’i­den­ti­té de l’uti­li­sa­teur qui pas­se l’an­non­ce et de refu­ser la publi­ca­ti­on sans con­sen­te­ment prouvé.

Sur le site Juge­ment C‑492/23 du 2 décembre 2025 dans l’af­fai­re Russ­me­dia la CJCE s’est pro­non­cée sur la la responsa­bi­li­té des four­nis­seurs de pla­te­for­mes en ligne en matiè­re de pro­tec­tion des don­nées ont été expri­més. Le juge­ment a notam­ment été approu­vé par Sarah Bischof (Vischer) dis­cu­tée.

Le con­tex­te était une annon­ce fic­ti­ve sur une place de mar­ché en ligne du grou­pe Russ­me­dia, publiée par une per­son­ne incon­nue et dans laquel­le la plaignan­te était pré­sen­tée com­me offrant des ser­vices sexuels.

Caté­go­ries par­ti­cu­liè­res de don­nées personnelles

Tout d’a­bord, ces infor­ma­ti­ons con­sti­tu­ent des caté­go­ries par­ti­cu­liè­res de don­nées per­son­nel­les Les don­nées per­son­nel­les con­sti­tu­ent une vio­la­ti­on de la vie pri­vée au sens de l’ar­tic­le 9 du RGPD, même si elles sont inven­tées de tou­tes pièces :

Dans le cad­re de cet­te inter­pré­ta­ti­on lar­ge de la noti­on, les don­nées rela­ti­ves à la vie sexu­el­le ou à l’o­ri­en­ta­ti­on sexu­el­le d’u­ne per­son­ne phy­si­que ne peu­vent perd­re leur qua­li­fi­ca­ti­on de „don­nées sen­si­bles“ au sens de l’ar­tic­le 9, para­gra­phe 1, du RGPD au motif qu’el­les sont, par natu­re, fausses et préjudiciables.

Responsa­bi­li­té par­ta­gée ent­re l’opé­ra­teur de la pla­te­for­me et l’utilisateur

L’uti­li­sa­teur déci­de du cour­ri­er et est un responsable

La responsa­bi­li­té du trai­te­ment des don­nées par la publi­ca­ti­on (c’est-à-dire le post sur la pla­te-for­me) incom­be en pre­mier lieu à l’utilisateur :

En l’e­spè­ce, il est éta­b­li que l’uti­li­sa­teur annon­ceur, qui a uti­li­sé la publi­ci­té trom­peu­se, dom­ma­geable et l’an­non­ce con­tenant des don­nées à carac­tère per­son­nel de la requé­ran­te au prin­ci­pal sur le mar­ché en ligne exploi­té par Russ­me­dia, doit être con­sidé­ré com­me celui qui déci­de des fina­li­tés et des moy­ens du trai­te­ment de ces don­nées. a déci­dé prin­ci­pa­le­ment, L’ar­tic­le 4, point 7, du RGPD pré­voit que le responsable du trai­te­ment est une per­son­ne phy­si­que ou mora­le, et qu’il relè­ve donc de la noti­on de „responsable du trai­te­ment“ au sens de l’ar­tic­le 4, point 7, du RGPD.

L’opé­ra­teur de la pla­te-for­me est éga­le­ment responsable, indé­pen­dam­ment du con­te­nu du message.

Cepen­dant l’ex­plo­itant de la pla­te-for­me est éga­le­ment un responsable, Le trai­te­ment des don­nées à carac­tère per­son­nel est effec­tué par le responsable du trai­te­ment, par­ce que ou dans la mesu­re où il exer­ce une influence sur le trai­te­ment dans son pro­pre intérêt :

Il y a donc lieu de con­sidé­rer que Russ­me­dia a influen­cé, dans son pro­pre inté­rêt, la publi­ca­ti­on sur Inter­net des don­nées à carac­tère per­son­nel de la requé­ran­te au prin­ci­pal et a ain­si par­ti­ci­pé à la déter­mi­na­ti­on des fina­li­tés de cet­te publi­ca­ti­on et, par­tant, des fina­li­tés du trai­te­ment en cau­se. (point 68)

[…]

S’il résul­te de la juris­pru­dence citée au point 58 du pré­sent arrêt qu’u­ne per­son­ne ne peut être qua­li­fi­ée de „responsable“ du trai­te­ment de don­nées à carac­tère per­son­nel que si elle influence ce trai­te­ment dans son pro­pre inté­rêt, force est de con­stater que tel peut être le cas, ent­re aut­res, lorsque l’ex­plo­itant d’u­ne place de mar­ché en ligne publie des don­nées à carac­tère per­son­nel per­ti­nen­tes à des fins com­mer­cia­les ou publi­ci­taires qui vont au-delà de la simp­le four­ni­tu­re d’un ser­vice qu’il four­nit à l’uti­li­sa­teur annonceur.

C’é­tait le cas ici, car (para­phra­se) Russ­me­dia n’é­tait ni un simp­le auxi­li­ai­re de l’uti­li­sa­teur ni un simp­le four­nis­seur d’in­fras­truc­tu­re lors de la publi­ca­ti­on de l’an­non­ce, mais lors du trai­te­ment de l’an­non­ce avait une cer­taine par­ti­ci­pa­ti­on aux décis­i­ons pour ses pro­pres inté­rêts, en fin de comp­te com­mer­ci­aux – les con­di­ti­ons géné­ra­les de Russ­me­dia, ent­re aut­res, étai­ent pertinentes :

[…] À cet égard, les con­di­ti­ons géné­ra­les d’uti­li­sa­ti­on de cet­te place de mar­ché accor­dent à Russ­me­dia une gran­de liber­té pour uti­li­ser les infor­ma­ti­ons publiées sur cet­te place de mar­ché. En par­ti­cu­lier, selon les indi­ca­ti­ons de la juri­dic­tion de ren­voi, Russ­me­dia se réser­ve le droit, d’uti­li­ser, de dif­fu­ser, de trans­mett­re, de repro­dui­re, de modi­fier, de tra­dui­re, de com­mu­ni­quer à des par­ten­aires et de sup­p­ri­mer à tout moment tout con­te­nu publié, sans qu’au­cu­ne „rai­son valable“ ne soit requi­se à cet égard. Russ­me­dia ne publie donc pas les don­nées à carac­tère per­son­nel con­te­nues dans les annon­ces ou ne les publie pas uni­quement à l’in­ten­ti­on des uti­li­sa­teurs annon­ce­urs, mais trai­te ces don­nées et peut en tirer pro­fit à ses pro­pres fins publi­ci­taires et dans son pro­pre inté­rêt commercial.

Peu impor­te que Russ­me­dia, con­trai­re­ment à l’uti­li­sa­teur n’a­vait pas l’in­ten­ti­on de nui­re – Ce n’é­tait pas ou pas seu­le­ment ce motif sup­p­lé­men­tai­re qui était per­ti­nent, mais uni­quement le fait que Russ­me­dia vou­lait publier l’an­non­ce dans son pro­pre inté­rêt, ce qui suf­fi­sait pour la codé­ter­mi­na­ti­on du but :

Cet­te con­sta­ta­ti­on n’est pas remi­se en cau­se par le fait qu’il appa­raît que la fina­li­té trom­peu­se et pré­ju­di­cia­ble pour­suivie par l’uti­li­sa­teur annon­ceur en publi­ant l’an­non­ce en cau­se au prin­ci­pal a été déter­mi­née sans la par­ti­ci­pa­ti­on de Russ­me­dia. La Com­mis­si­on a par­ti­ci­pé à la déter­mi­na­ti­on de la fina­li­té du trai­te­ment, qui con­si­stait à four­nir aux inter­nau­tes les don­nées à carac­tère per­son­nel con­te­nues dans l’an­non­ce en cau­se au prin­ci­pal. de rend­re acce­s­si­ble, Afin de tirer pro­fit de ces publi­ca­ti­ons, Russ­me­dia a en effet a par­ti­ci­pé. De plus, Russ­me­dia a réus­si à faci­li­te le fait que ces don­nées ont été publiées sans le con­sen­te­ment de la per­son­ne con­cer­née, L’entre­pri­se a éga­le­ment con­tri­bué à l’a­mé­lio­ra­ti­on de la qua­li­té de vie des con­som­ma­teurs en leur per­met­tant de pla­cer anony­me­ment des annon­ces sur sa place de mar­ché en ligne.

[…] En out­re, en met­tant à la dis­po­si­ti­on de l’uti­li­sa­teur annon­ceur sa place de mar­ché en ligne, qui a ser­vi à la publi­ca­ti­on de l’an­non­ce en cau­se au prin­ci­pal, Russ­me­dia a par­ti­ci­pé à la Défi­ni­ti­on des moy­ens par­ti­ci­pé à cet­te publication.

Uti­li­sa­teur et explo­itant en tant que respons­ables conjoints

La CJCE en con­clut que les deux – uti­li­sa­teurs et opé­ra­teurs de pla­te­for­mes – doi­vent respons­ables com­muns sont

En ce qui con­cer­ne, pre­miè­re­ment, la que­sti­on de savoir si l’ex­plo­itant d’u­ne place de mar­ché en ligne doit iden­ti­fier les annon­ces con­tenant des don­nées sen­si­bles au sens de l’ar­tic­le 9, para­gra­phe 1, du RGPD avant de les publier, il con­vi­ent de noter que, com­me il res­sort des points 64 et 75 du pré­sent arrêt, cet explo­itant et l’uti­li­sa­teur ayant pla­cé une tel­le annon­ce sur ce mar­ché en ligne doi­vent être con­sidé­rés com­me respons­ables com­muns au sens de l’ar­tic­le 26 du RGPD, Les annon­ces sont publiées sur le site web de l’U­ni­on euro­pé­en­ne, à con­di­ti­on que l’an­non­ce en que­sti­on y soit publiée.

Obli­ga­ti­ons de con­trô­le des don­nées sensibles

Con­for­mé­ment à la clas­si­fi­ca­ti­on en tant que respons­ables con­joints, les explo­itants et les uti­li­sa­teurs doi­vent rem­plir les obli­ga­ti­ons des respons­ables en matiè­re de pro­tec­tion des don­nées, en par­ti­cu­lier la garan­tie démon­tra­ble de la pro­tec­tion des don­nées. Léga­li­té. De même, les deux doi­vent Exac­ti­tu­de des don­nées traitées.

La que­sti­on est donc de savoir quel Mesu­res et – par­ce que le liti­ge con­cer­nait la responsa­bi­li­té de l’ex­plo­itant de la pla­te-for­me – ce que celui-ci doit fai­re con­crè­te­ment. La CJCE décrit tout d’a­bord cela de maniè­re vague et dans un lan­ga­ge dif­fi­ci­le­ment lisi­ble, même pour la CJCE :

Afin de déter­mi­ner quel­les sont spé­ci­fi­quement les mesu­res tech­ni­ques et orga­ni­sa­ti­on­nel­les appro­priées que l’ex­plo­itant d’u­ne place de mar­ché en ligne doit prend­re en tant que responsable con­joint du trai­te­ment des don­nées à carac­tère per­son­nel […Il con­vi­ent de noter qu’il res­sort de ces dis­po­si­ti­ons que le carac­tère appro­prié de ces mesu­res doit être appré­cié con­crè­te­ment, en tenant comp­te de la natu­re, de la por­tée, des cir­con­stances et des fina­li­tés du trai­te­ment en que­sti­on, ain­si que des dif­fér­ents degrés de pro­ba­bi­li­té et de gra­vi­té des ris­ques pour les droits et liber­tés de la per­son­ne con­cer­née, qui lui sont propres […].

En l’e­spè­ce, il fallait tenir comp­te du fait que l’an­non­ce liti­gieu­se con­te­nait des don­nées sen­si­bles (infor­ma­ti­ons sur la vie sexu­el­le). Le RGPD inter­di­sant en prin­ci­pe le trai­te­ment de tel­les don­nées, la CJUE con­sidè­re que les explo­itants de pla­te­for­mes (dans la mesu­re où ils sont core­spons­ables) ont les obli­ga­ti­ons suivantes :

Iden­ti­fi­ca­ti­on des annon­ces sen­si­bles avant leur publication

Si un opé­ra­teur doit s’at­tendre à ce que des annon­ces don­nées per­son­nel­les sen­si­bles (ce qui doit être éva­lué au cas par cas et ne s’ap­pli­que pas néces­saire­ment à un mar­ché de peti­tes annon­ces), il doit prend­re des mesu­res pour iden­ti­fier les annon­ces avec de tel­les don­nées:

Étant don­né que l’ex­plo­itant d’u­ne place de mar­ché en ligne tel­le que cel­le en cau­se au prin­ci­pal sait ou dev­rait savoir que des annon­ces con­tenant des don­nées sen­si­bles au sens de l’ar­tic­le 9, para­gra­phe 1, du RGPD peu­vent géné­ra­le­ment être publiées par des uti­li­sa­teurs annon­ce­urs sur sa place de mar­ché en ligne, cet explo­itant est donc tenu, en tant que responsable, de prend­re, dès la con­cep­ti­on de son ser­vice, les mesu­res tech­ni­ques et orga­ni­sa­ti­on­nel­les appro­priées afin d’i­den­ti­fier de tel­les annon­ces avant leur publi­ca­ti­on. (point 97)

Véri­fi­ca­ti­on de l’i­den­ti­té de l’uti­li­sa­teur qui pas­se l’annonce

En out­re, l’ex­plo­itant de la pla­te-for­me doit véri­fier si les don­nées per­son­nel­les sen­si­bles con­te­nues dans une annon­ce sont con­for­mes à la loi. con­cer­nent l’uti­li­sa­teur lui-même ou un tiers:

Afin de pou­voir s’assurer et démon­trer que les exi­gen­ces pré­vues à l’ar­tic­le 9, para­gra­phe 2, sous a), du RGPD sont rem­plies, l’ex­plo­itant de la place de mar­ché doit donc véri­fier, avant de publier une tel­le annon­ce, que l’uti­li­sa­teur annon­ceur qui est sur le point de pla­cer cet­te annon­ce est bien la per­son­ne dont les don­nées sen­si­bles sont con­te­nues dans cet­te annon­ce, ce qui sup­po­se que l’i­den­ti­té de cet uti­li­sa­teur annon­ceur soit recu­eil­lie. (point 99)

Refus de publi­ca­ti­on sans consentement :

Si l’uti­li­sa­teur qui pas­se l’an­non­ce n’est pas la per­son­ne con­cer­née et qu’au­cun con­sen­te­ment expli­ci­te ne peut être prou­vé, l’an­non­ce ne doit pas être publiée.

Mesu­res cont­re la prolifération

Les explo­itants de pla­te­for­mes doi­vent éga­le­ment Mesu­res de pro­tec­tion cont­re la copie d’annonces :

À cet­te fin, l’ex­plo­itant de cet­te place de mar­ché en ligne doit mett­re en œuvre des mesu­res tech­ni­ques qui, dans la mesu­re où cela est tech­ni­quement pos­si­ble et éco­no­mi­quement sup­port­a­ble, peu­vent empêcher ou au moins rend­re plus dif­fi­ci­le la copie des annon­ces et leur publi­ca­ti­on sur d’aut­res sites. (point 112)

Tou­te­fois, le fait qu’u­ne annon­ce ait été repro­duite sur d’aut­res sites ne signi­fie pas que les mesu­res anti-copie ont été négligées.

Pas de pri­vilè­ge de responsa­bi­li­té en cas d’in­frac­tion au RGPD

Face à cet­te vaste responsa­bi­li­té, on peut se deman­der si l’ex­plo­itant n’a pas été infor­mé de l’e­xi­stence d’u­ne tel­le responsa­bi­li­té. Exo­né­ra­ti­on de responsa­bi­li­té en ver­tu de la Direc­ti­ve sur le com­mer­ce élec­tro­ni­que dev­rait béné­fi­ci­er. Les artic­les 12 à 15 de la direc­ti­ve accor­dent des exo­né­ra­ti­ons de responsa­bi­li­té aux explo­itants de pla­te­for­mes et aut­res inter­mé­di­ai­res : En cas de simp­le trans­mis­si­on (art. 12) et de mise en cache (art. 13), il n’y a pas de responsa­bi­li­té dans la mesu­re où le four­nis­seur reste pas­sif et ne modi­fie pas les con­te­nus ; en cas d’hé­ber­ge­ment (art. 14), un pri­vilè­ge s’ap­pli­que tant que le four­nis­seur n’a pas con­nais­sance de con­te­nus illi­ci­tes ou les sup­p­rime immé­dia­te­ment s’il en a con­nais­sance (noti­fi­ca­ti­on et retrait). L’art. 15 exclut en out­re les obli­ga­ti­ons géné­ra­les de surveillance.

Mais cela ne sert à rien cont­re les vio­la­ti­ons du RGPD :

La direc­ti­ve 2000/31 s’ap­pli­que, en ver­tu de son artic­le 1er , para­gra­phe 5, sous b), à l’en­sem­ble des cont­rats de tra­vail con­clus ent­re un employeur et un sala­rié. ne s’ap­pli­que pas aux que­sti­ons rela­ti­ves à la pro­tec­tion des don­nées. En out­re, l’ar­tic­le 2, para­gra­phe 4 du RGPD con­fir­me que les pri­vilè­ges en matiè­re de responsa­bi­li­té pré­vus aux artic­les 12 à 15 de cet­te direc­ti­ve ne limi­tent pas l’ap­pli­ca­ti­on du RGPD.

Le site Loi sur les ser­vices numé­ri­ques La DSA reprend pres­que mot pour mot les pri­vilè­ges de la direc­ti­ve sur le com­mer­ce élec­tro­ni­que, mais les com­plè­te par le „pri­vilè­ge du bon sama­ri­tain“ de l’ar­tic­le 7, selon lequel les enquêtes volon­tai­res sur les con­te­nus illi­ci­tes n’en­traî­nent pas la per­te du pri­vilè­ge. Le RGPD prév­aut éga­le­ment sur la DSA ou n’est pas affec­té. L’ar­tic­le 2, para­gra­phe 4, point g) de la DSA pré­cise que la DSA n’af­fec­te pas les dis­po­si­ti­ons du RGPD et, selon l’ar­tic­le 2, para­gra­phe 4, ali­néa 2 de la DSA, les pri­vilè­ges pré­vus aux artic­les 4 à 6 de la DSA ne limi­tent pas l’ap­pli­ca­ti­on du RGPD.

Con­sé­quen­ces

Il n’est pas sur­prenant que la CJCE y voie une responsa­bi­li­té com­mu­ne. Russ­me­dia va tou­te­fois plus loin en éta­blis­sant des obli­ga­ti­ons de con­trô­le con­crè­tes pour l’ex­plo­itant qui n’est que second­ai­re­ment core­sponsable. Cela peut avoir un impact con­sidé­ra­ble sur les explo­itants de pla­te­for­mes en ligne avec des con­te­nus géné­rés par les uti­li­sa­teurs. Les explo­itants devront fai­re face à des mesu­res tel­les que :

  • Systè­mes de recon­nais­sance pour les annon­ces con­tenant des don­nées sen­si­bles (san­té, ori­en­ta­ti­on sexu­el­le, opi­ni­ons poli­ti­ques, etc.)
  • Véri­fi­ca­ti­on de l’i­den­ti­té des uti­li­sa­teurs de l’an­non­ce avant l’ac­ti­va­ti­on du con­te­nu correspondant
  • pré­cau­ti­ons tech­ni­ques cont­re la copie et le scra­ping d’annonces

Des adap­t­ati­ons con­trac­tu­el­les peu­vent éga­le­ment s’im­po­ser, par exemple :

  • Examen des con­di­ti­ons géné­ra­les de ven­te afin de déter­mi­ner si les droits d’uti­li­sa­ti­on sont trop éten­dus et pour­rai­ent don­ner lieu à une core­sponsa­bi­li­té, sans qu’ils soi­ent com­pen­sés par un avan­ta­ge com­mer­cial correspondant.
  • Accords de con­trô­leur con­joint avec les utilisateurs

En Sui­s­se

La Sui­s­se ne con­naît pas de pri­vilè­ge de responsa­bi­li­té pour les four­nis­seurs d’hé­ber­ge­ment. La responsa­bi­li­té est régie par les art. 41 ss. CO, art. 28 ss. CC et selon la LPD. Les droits à la sup­pres­si­on exi­stent indé­pen­dam­ment de la fau­te cont­re tou­te per­son­ne qui par­ti­ci­pe à une att­ein­te à la per­son­na­li­té. Les dom­mages et inté­rêts pré­sup­po­sent une faute.

Le site Avant-pro­jet de LCom n’y chan­ge rien. Elle s’in­spi­re de la DSA, mais se limi­te aux très gran­des pla­te­for­mes de com­mu­ni­ca­ti­on et aux moteurs de recher­che et régle­men­te en pre­mier lieu les pro­cé­du­res de noti­fi­ca­ti­on, les obli­ga­ti­ons de trans­pa­rence et les droits des uti­li­sa­teurs en cas de sup­pres­si­on de con­te­nu. Elle ne pré­voit pas de pri­vilè­ges en matiè­re de responsabilité.