Ven­te à emporter (AI)
  • Les auto­ri­tés de con­trô­le doi­vent exami­ner atten­ti­ve­ment les plain­tes con­for­mé­ment à l’ar­tic­le 77 du RGPD et infor­mer les plaignants en temps utile.
  • Les auto­ri­tés ont un pou­voir dis­cré­ti­on­n­aire dans le choix des mesu­res cor­rec­ti­ves appro­priées, mais ce pou­voir n’est pas illimité.
  • Le pou­voir dis­cré­ti­on­n­aire est limi­té par l’ob­li­ga­ti­on de garan­tir un niveau uni­for­mé­ment éle­vé de pro­tec­tion des don­nées grâ­ce à un cad­re juri­di­que exécutoire.
  • Une sanc­tion n’est pas obli­ga­toire ; les auto­ri­tés peu­vent renon­cer à des mesu­res cor­rec­ti­ves dans des cir­con­stances particulières.

La CJCE s’est pro­non­cée dans son arrêt sur la Rs. C‑768/21 du 26 sep­tembre 2024 s’est pro­non­cé sur la que­sti­on de la liber­té dont dis­po­sent les auto­ri­tés de con­trô­le lorsqu’el­les cons­tat­ent une vio­la­ti­on de la pro­tec­tion des données.

Ils doi­vent cer­tes agir lorsqu’ils reçoi­vent une plainte :

32 En par­ti­cu­lier, tou­te auto­ri­té de con­trô­le visée à l’ar­tic­le 57, para­gra­phe 1, point f) du RGPD obli­geLes États mem­bres de l’U­ni­on euro­pé­en­ne de trai­ter les plain­tesL’au­to­ri­té de con­trô­le est tenue de pro­cé­der à une enquête rai­sonnable sur l’ob­jet de la récla­ma­ti­on et d’in­for­mer le plaignant, dans un délai rai­sonnable, de l’a­vance­ment et du résul­tat de l’en­quête, con­for­mé­ment à l’ar­tic­le 77, para­gra­phe 1, du RGPD, lorsque tou­te per­son­ne esti­me qu’un trai­te­ment de don­nées à carac­tère per­son­nel la con­cer­nant vio­le le pré­sent règle­ment. L’au­to­ri­té de con­trô­le doit trai­ter une tel­le récla­ma­ti­on avec tou­te la dili­gence requise […].

Ils dis­po­sent d’un cer­tain pou­voir dis­cré­ti­on­n­aire dans l’e­xer­ci­ce de leurs com­pé­ten­ces, mais pas d’un pou­voir illimité :

37 Il con­vi­ent de souli­gner à cet égard que le RGPD con­fè­re à l’au­to­ri­té de con­trô­le un pou­voir d’ap­pré­cia­ti­on quant à la maniè­re de remé­dier à la carence con­sta­tée […]. Ain­si, la Cour a déjà jugé qu’il incom­be à l’au­to­ri­té de con­trô­le, comp­te tenu de tou­tes les cir­con­stances du cas d’e­spè­ce choi­sir le moy­en appro­prié et néces­saireLa Com­mis­si­on est tenue d’assurer la pro­tec­tion des don­nées à carac­tère per­son­nel et de fai­re preuve de tou­te la dili­gence requi­se dans l’e­xer­ci­ce de sa mis­si­on, qui con­si­ste à veil­ler au plein respect du RGPD […].

38 Ce pou­voir dis­cré­ti­on­n­aire est tou­te­fois limi­té par la néces­si­té d’assurer un niveau de pro­tec­tion uni­for­me et éle­vé des don­nées à carac­tère per­son­nel au moy­en d’un cad­re juri­di­que clai­re­ment exécutoire […].

Mais cela ne signi­fie pas que l’autorité

41 […] serait tenue de prend­re une mesu­re cor­rec­ti­ve, en par­ti­cu­lier d’in­f­li­ger une amen­de, dans chaque cas où elle con­sta­te une vio­la­ti­on de la pro­tec­tion des don­nées à carac­tère per­son­nel […]. Par con­sé­quent, […] le plaignant[…] n’a pas le droit d’e­xi­ger une amen­de. pas de droit sub­jec­tif que l’au­to­ri­té de con­trô­le inf­li­ge une amen­de au responsable du traitement.

L’au­to­ri­té peut éga­le­ment s’ab­ste­nir de prend­re une mesu­re cor­rec­ti­veLes États mem­bres peu­vent déci­der de ne pas uti­li­ser le système d’in­for­ma­ti­on de l’UE lorsqu’il n’est plus nécessaire :

43 À cet égard, il n’est pas exclu que l’au­to­ri­té de con­trô­le pui­s­se, à tit­re excep­ti­on­nel et comp­te tenu des cir­con­stances par­ti­cu­liè­res du cas d’e­spè­ce, s’ab­ste­nir de prend­re une mesu­re cor­rec­ti­ve alors qu’u­ne vio­la­ti­on de la pro­tec­tion des don­nées à carac­tère per­son­nel a été con­sta­tée. Un tel cas pour­rait notam­ment se pré­sen­ter lorsque la vio­la­ti­on con­sta­tée n’a pas per­du­ré, par exemp­le lorsque le responsable, qui avait en prin­ci­pe mis en œuvre des mesu­res tech­ni­ques et orga­ni­sa­ti­on­nel­les appro­priées au sens de l’ar­tic­le 24 de ce règle­ment, a pris, comp­te tenu des obli­ga­ti­ons qui lui incom­bent notam­ment en ver­tu des artic­les 5, para­gra­phe 2, et 24 du RGPD, dès qu’il a eu con­nais­sance de cet­te vio­la­ti­on, les mesu­res appro­priées et néces­saires pour que cel­le-ci ces­se et ne se repro­dui­se pas.

Il appar­tient à la pré­sen­te juri­dic­tion (le tri­bu­nal admi­ni­stra­tif de Wies­ba­den) de déter­mi­ner si cet­te dis­po­si­ti­on est appli­ca­ble en l’espèce.