Ven­te à emporter (AI)
  • Les cyber-ris­ques restent l’un des ris­ques opé­ra­ti­on­nels les plus importants ; les éta­blis­se­ments doi­vent sur­veil­ler en per­ma­nence les men­aces et tester leur infras­truc­tu­re pour détec­ter les vulnérabilités.
  • L’aug­men­ta­ti­on de l’ex­ter­na­li­sa­ti­on accroît la com­ple­xi­té de la chaî­ne d’ap­pro­vi­si­on­ne­ment et les ris­ques de con­cen­tra­ti­on, en par­ti­cu­lier pour les ser­vices en nuage, et ren­force les dépen­dan­ces et les ris­ques de cyber-attaque.
  • La FINMA exi­ge que les éta­blis­se­ments déve­lo­p­pent des con­nais­sances et des méca­nis­mes de gesti­on pour les fonc­tions exter­na­li­sées ; l’i­den­ti­fi­ca­ti­on et la sur­veil­lan­ce des ris­ques d’ex­ter­na­li­sa­ti­on sont insuffisantes.

La FINMA publie chaque année un moni­teur de ris­ques qui don­ne un aper­çu des ris­ques qu’el­le con­sidè­re actu­el­le­ment com­me par­ti­cu­liè­re­ment importants pour les assu­jet­tis et de l’o­ri­en­ta­ti­on de son acti­vi­té de surveillance.

Cyber-ris­ques

Sur le site Risk Moni­tor pour l’an­née 2023 la FINMA fait d’a­bord rap­port sur les cyber­ris­ques (voir aus­si le Dos­sier Cyber­ris­ques de la FINMA). Elle con­sidè­re tou­jours les cyber­ris­ques com­me l’un des prin­ci­paux ris­ques opé­ra­ti­on­nels. Le nombre de décla­ra­ti­ons fai­tes à la FINMA à ce sujet (art. 29 al. 2 LFINMA) s’est main­te­nu au niveau actuel, mais la pres­si­on exer­cée sur les éta­blis­se­ments pour qu’ils gar­dent un œil sur la situa­ti­on actu­el­le en matiè­re de men­aces, qu’ils réa­gis­sent rapi­de­ment et qu’ils testent en per­ma­nence leur pro­pre infras­truc­tu­re pour déce­ler les points fai­bles, reste for­te, notam­ment en ce qui con­cer­ne les exploits zero-day ou les atta­ques DDoS. Le type d’at­ta­ques se répar­tit com­me suit :

Au sein des caté­go­ries de sur­veil­lan­ce, les annon­ces en chif­fres abso­lus pro­vi­en­nent sur­tout des grands éta­blis­se­ments. Tou­te­fois, les petits éta­blis­se­ments sont plus sou­vent atta­qués, et les com­pa­gnies d’assu­rance (envi­ron 30%) et les gesti­on­n­aires de for­tu­ne (envi­ron 20%) rat­tra­pent leur retard :

En ce qui con­cer­ne les vec­teurs d’at­taque, les vul­né­ra­bi­li­tés logi­ciel­les et les atta­ques via une inter­face web sont au pre­mier plan, mais les atta­ques via des four­nis­seurs de ser­vices sont en augmentation :

C’est notam­ment dans ce con­tex­te que la FINMA a RS révi­sée sur les ris­ques opé­ra­ti­on­nels (en vigueur le 1er jan­vier 2024) a adap­té sa pra­tique de sur­veil­lan­ce des cyber­ris­ques. Elle a en out­re mené une enquête auprès des peti­tes et moy­ennes assu­ran­ces afin d’éva­luer le degré de matu­ri­té de la gesti­on des cyber­ris­ques, sur la base de laquel­le elle va “défi­nir d’aut­res mesu­res de sur­veil­lan­ce ponc­tu­el­les”. La FINMA a éga­le­ment mené une enquête appro­fon­die auprès des ban­ques, dont elle ne rend pas (enco­re) comp­te dans le moni­teur de risques.

Nou­veau ris­que d’externalisation

La FINMA con­sidè­re désor­mais l’ex­ter­na­li­sa­ti­on com­me un “moteur essen­tiel des ris­ques opé­ra­ti­on­nels” dans le Risko­mo­ni­tor. La com­ple­xi­té de la chaî­ne d’ap­pro­vi­si­on­ne­ment aug­men­te avec l’aug­men­ta­ti­on des exter­na­li­sa­ti­ons importan­tes. Les éta­blis­se­ments finan­ciers exter­na­li­sent sur­tout tout ou par­tie des pro­ce­s­sus com­mer­ci­aux com­me le tra­fic des pai­ements (2÷3 des ban­ques), le trai­te­ment des tit­res ou l’in­fras­truc­tu­re infor­ma­tique (80% des ban­ques, 60% des assur­eurs). Il en résul­te des dépen­dan­ces, en par­ti­cu­lier pour les éta­blis­se­ments pré­sen­tant des ris­ques de con­cen­tra­ti­on com­me notam­ment les ser­vices de cloud com­pu­ting, mais aus­si – com­me men­ti­onné – d’aut­res ris­ques de cyberattaques.

Les éta­blis­se­ments restent respons­ables de la bon­ne gesti­on de leurs affai­res. Ils doi­vent donc acquérir les con­nais­sances néces­saires pour pou­voir pilo­ter et sur­veil­ler les fonc­tions exter­na­li­sées et prend­re des mesu­res si néces­saire. La FINMA esti­me qu’il y a un retard à com­bler, notam­ment en ce qui con­cer­ne l’i­den­ti­fi­ca­ti­on de l’en­sem­ble de la chaî­ne d’ap­pro­vi­si­on­ne­ment et des ris­ques qui y sont liés, et que les ris­ques liés à des exter­na­li­sa­ti­ons importan­tes ne sont par­fois pas iden­ti­fi­és, sur­veil­lés et gérés de maniè­re adéquate.