Ven­te à emporter (AI)
  • Les auto­ri­tés de pour­suite péna­le ne tien­nent pas de sta­ti­sti­ques sur le nombre des 6’918 mesu­res rétroac­ti­ves du VDS qui ont été exploi­tées par la justi­ce ou ont don­né lieu à des condamnations.
  • Six mois sont sou­vent trop courts pour des enquêtes à long ter­me (crime orga­ni­sé, tra­fic de dro­gue, ter­ro­ris­me, délits gra­ves de violence/de sexe) ; le moment de l’ac­cès varie fortement.

Que­sti­on Tre­de (15.5191) : Sur­veil­lan­ce de la cor­re­spond­ance par poste et télé­com­mu­ni­ca­ti­on. Effi­ca­ci­té de la con­ser­va­ti­on des données

Tex­te soumis

Selon les sta­ti­sti­ques du ser­vice ÜPF, des mesu­res de sur­veil­lan­ce rétroac­ti­ves (VDS) ont été ordon­nées 6918 fois en 2012.

- Sur les 6918 sur­veil­lan­ces VDS, com­bien ont été pré­sen­tées com­me preu­ves devant les tri­bu­naux, ont été admi­ses et ont don­né lieu à des con­dam­na­ti­ons définitives ?

- Dans com­bien de cas (effec­tifs ou esti­més) des mesu­res de sur­veil­lan­ce rétroac­ti­ves aurai­ent-elles été néces­saires au-delà de six mois et pour quel­les raisons ?

- En moy­enne, dans quel délai les don­nées con­ser­vées sont-elles con­sul­tées après le début de l’enquête ?

Répon­se du Con­seil fédéral

Il n’est pas pos­si­ble de dire exac­te­ment com­bien de mesu­res de sur­veil­lan­ce ordon­nées rétroac­ti­ve­ment ont été uti­li­sées com­me preu­ves devant les tri­bu­naux, car les auto­ri­tés de pour­suite péna­le ne tien­nent pas de sta­ti­sti­ques à ce sujet. Les expé­ri­en­ces des auto­ri­tés de pour­suite péna­le et leurs expli­ca­ti­ons lors de l’au­di­tion devant les com­mis­si­ons des affai­res juri­di­ques lors de l’ex­amen pré­li­mi­n­aire de la révi­si­on du Büpf mont­rent tou­te­fois que, dans la gran­de majo­ri­té des sur­veil­lan­ces rétroac­ti­ves, elles obti­en­nent des infor­ma­ti­ons qui ont une gran­de importance dans l’en­quête péna­le. Dans les pro­cé­du­res rela­ti­ves aux infrac­tions à la légis­la­ti­on sur les stu­pé­fi­ants, par exemp­le, il s’a­git le plus sou­vent d’i­den­ti­fier des par­ten­aires com­mer­ci­aux en tant qu’é­ven­tuels coau­teurs. Dans ce cas, le taux de réus­si­te est très éle­vé selon les auto­ri­tés de pour­suite péna­le. Il en va de même pour les homic­i­des et les vols. Il s’a­git ici de savoir si le suspect était pré­sent sur les lieux au moment du crime. Si ce n’est pas le cas, il s’a­git tou­te­fois d’un “suc­cès” pour les auto­ri­tés char­gées de l’en­quête dans la mesu­re où le suspect peut être exclu en tant qu’au­teur. Le délai actuel de six mois est trop court, notam­ment pour lut­ter cont­re des délits iso­lés qui néces­si­tent des enquêtes de longue durée. C’est typi­quement le cas dans la lut­te cont­re le crime orga­ni­sé, le tra­fic de dro­gue ou le ter­ro­ris­me, ain­si que dans la pour­suite d’in­frac­tions gra­ves à carac­tère vio­lent ou sexu­el, com­me la trai­te des êtres humains et la por­no­gra­phie enfan­ti­ne. Il en va de même pour les pro­cé­du­res ouver­tes sur la base d’in­di­ces étran­gers. De tels indi­ces n’ar­ri­vent géné­ra­le­ment qu’a­vec un retard con­sidé­ra­ble. Il n’est pas pos­si­ble de dire de maniè­re géné­ra­le dans quel délai une sur­veil­lan­ce rétroac­ti­ve est ordon­née après le début de l’en­quête. Cela dépend essen­ti­el­le­ment du délit et de l’é­tat de la procédure.