déplier | replier

Cha­pit­re 1 Dis­po­si­ti­ons générales

Sec­tion 1 Sécu­ri­té des données

Rap­port explicatif

Les gar­de-fous pour garan­tir la sécu­ri­té des don­nées sont déjà nor­ma­li­sés dans la loi. Selon l’ar­tic­le 8, 1er ali­néa, nLPD, le responsable du trai­te­ment et le sous-trai­tant sont tenus de garan­tir, par des mesu­res tech­ni­ques et orga­ni­sa­ti­on­nel­les appro­priées, une sécu­ri­té des don­nées adap­tée aux ris­ques. Selon l’a­li­néa 2, ces mesu­res doi­vent per­mett­re d’é­vi­ter tou­te vio­la­ti­on de la sécu­ri­té des don­nées. L’al. 3 char­ge le Con­seil fédé­ral de pré­cis­er par voie d’or­don­nan­ce les exi­gen­ces mini­ma­les en matiè­re de sécu­ri­té des données.

Avec les dis­po­si­ti­ons sur la sécu­ri­té des don­nées, le Con­seil fédé­ral rem­plit le man­dat légal selon l’ar­tic­le 8, ali­néa 3 nLPD. La nor­me péna­le de l’ar­tic­le 61, lett­re c, nLPD se rat­ta­che en out­re à ces exi­gen­ces mini­ma­les. Le degré de sécu­ri­té qui doit être respec­té pour que la nor­me péna­le ne soit pas enfrein­te est déter­mi­né par les prin­cipes et les critères du pré­sent para­gra­phe. Selon l’ar­tic­le 61, lett­re c, nLPD, la punis­sa­bi­li­té n’e­xi­ste qu’en cas d’in­frac­tion inten­ti­on­nel­le. Cela sup­po­se que le responsable ne respec­te pas, sciem­ment et volon­tai­re­ment, les exi­gen­ces mini­ma­les en matiè­re de sécu­ri­té des don­nées. Ain­si, par exemp­le, serait punis­sa­ble celui qui omet­trait d’in­stal­ler un logi­ciel anti­vi­rus tout en sach­ant (ou du moins en accep­tant) qu’il pren­drait ain­si des mesu­res insuf­fi­san­tes pour respec­ter les exi­gen­ces mini­ma­les en matiè­re de sécu­ri­té des données.

Étant don­né que la loi suit déjà l’appro­che d’u­ne sécu­ri­té des don­nées basée sur les ris­ques et qu’il n’est pas pos­si­ble de défi­nir des exi­gen­ces mini­ma­les de por­tée géné­ra­le pour tous les sec­teurs, l’art. a renon­cé à un régime rigi­de d’e­xi­gen­ces mini­ma­les. L’appro­che de l’art. repo­se plutôt sur le fait qu’il est en pre­mier lieu de la responsa­bi­li­té du responsable de déter­mi­ner et de prend­re les mesu­res néces­saires dans chaque cas par­ti­cu­lier. Cel­les-ci doi­vent être déter­mi­nées au cas par cas et en fonc­tion du ris­que respec­tif. Ain­si, dans un hôpi­tal, où des don­nées per­son­nel­les sen­si­bles sont régu­liè­re­ment trai­tées, les exi­gen­ces sont géné­ra­le­ment plus éle­vées que pour le trai­te­ment de don­nées de cli­ents ou de four­nis­seurs dans une bou­lan­ge­rie ou une bou­che­rie. L’art. con­ti­ent donc notam­ment les lignes direc­tri­ces pour la déter­mi­na­ti­on des mesu­res à prend­re (art. 1, 2 et 3 art.). Cela per­met de garan­tir la fle­xi­bi­li­té néces­saire comp­te tenu de la diver­si­té des cas de figu­re pos­si­bles et d’é­vi­ter une sur­ré­gle­men­ta­ti­on, notam­ment pour les ent­re­pri­ses dont le trai­te­ment des don­nées est mini­me et pré­sen­te peu de risques.

Con­trai­re­ment au RGPD, le droit sui­s­se ne con­naît pas d’ob­li­ga­ti­on géné­ra­le de rend­re comp­te (“accoun­ta­bi­li­ty”). Tou­te­fois, le droit sui­s­se con­ti­ent déjà dans le droit en vigueur des mesu­res per­met­tant de satis­fai­re à l’ob­li­ga­ti­on de rend­re comp­te ou à l’ob­li­ga­ti­on d’êt­re “accoun­ta­bi­li­ty” : la jour­na­li­sa­ti­on (art. 4) et le règle­ment de trai­te­ment (art. 5, 6). Ces deux mesu­res sont repri­ses dans l’art. Elles sont déter­mi­nan­tes pour que le droit sui­s­se pui­s­se garan­tir un niveau de pro­tec­tion adé­quat par rap­port au droit de l’UE. En out­re, la direc­ti­ve (UE) 2016/680 exi­ge la jour­na­li­sa­ti­on. Ces deux mesu­res con­sti­tu­ent des exi­gen­ces mini­ma­les en matiè­re de sécu­ri­té des don­nées au sens de l’ar­tic­le 8, ali­néa 3 nLPD. Le Con­seil fédé­ral suit ici aus­si une appro­che basée sur les ris­ques : plus le ris­que pour les droits de la per­son­na­li­té et les droits fon­da­men­taux de l’in­di­vi­du est éle­vé, plus les exi­gen­ces sont élevées.

Selon le droit en vigueur, les exi­gen­ces mini­ma­les en matiè­re de sécu­ri­té des don­nées sont régies par les artic­les 8 à 12 et 20 à 21 de l’OLPD. Le Con­seil fédé­ral a déci­dé de s’en tenir au stan­dard en vigueur en matiè­re de sécu­ri­té des don­nées. Les exi­gen­ces maté­ri­el­les sont donc en prin­ci­pe repri­ses tel­les quel­les. Des adap­t­ati­ons ne seront appor­tées que si cela sem­ble indi­qué en rai­son de la numé­ri­sa­ti­on ou du pro­grès tech­ni­que, des pre­scrip­ti­ons de la loi révi­sée ou de la direc­ti­ve (UE) 2016/680 déter­mi­nan­te pour la Sui­s­se, notam­ment ses artic­les 25 et 29. En out­re, le Con­seil fédé­ral s’est éga­le­ment inspi­ré du règle­ment (UE) 2016/679 pour que les ent­re­pri­ses sui­s­ses acti­ves dans l’UE et qui garan­tis­sent une sécu­ri­té des don­nées con­for­me au RGPD pui­s­sent éga­le­ment par­tir du prin­ci­pe qu’el­les rem­plis­sent les exi­gen­ces mini­ma­les en Suisse.

D’un point de vue sys­té­ma­tique, la sécu­ri­té des don­nées est désor­mais nor­mée dans une sec­tion spé­cia­le­ment pré­vue à cet effet. Dans l’OLPD actu­el­le, la sécu­ri­té des don­nées est réglée sépa­ré­ment pour les per­son­nes pri­vées et les orga­nes fédé­raux ; pour des rai­sons de clar­té et de lisi­bi­li­té, les dis­po­si­ti­ons sont désor­mais réunies. Lorsque des dis­po­si­ti­ons dif­fé­ren­tes s’ap­pli­quent aux par­ti­cu­liers et aux orga­nes fédé­raux, elles sont réglées dans des artic­les ou des para­gra­phes distincts.

Art. 1 Principes
1 Pour garan­tir une sécu­ri­té adé­qua­te des don­nées, le responsable du trai­te­ment et le sous-trai­tant doi­vent déter­mi­ner le beso­in de pro­tec­tion des don­nées per­son­nel­les et défi­nir les mesu­res tech­ni­ques et orga­ni­sa­ti­on­nel­les appro­priées au regard du risque.

2 Le beso­in de pro­tec­tion des don­nées per­son­nel­les est éva­lué selon les critères suivants :

a. le type de don­nées traitées ;
b. la fina­li­té, la natu­re, l’é­ten­due et les cir­con­stances du traitement.

3 Le ris­que pour la per­son­na­li­té ou les droits fon­da­men­taux de la per­son­ne con­cer­née est éva­lué selon les critères suivants :

a. Les cau­ses du risque ;
b. les prin­ci­paux dangers ;
c. les mesu­res pri­ses ou pré­vues pour rédui­re le risque ;
d. la pro­ba­bi­li­té et la gra­vi­té d’u­ne vio­la­ti­on de la sécu­ri­té des don­nées mal­gré les mesu­res pri­ses ou prévues.

4 Lors de la défi­ni­ti­on des mesu­res tech­ni­ques et orga­ni­sa­ti­on­nel­les, les critères sui­vants sont en out­re pris en compte :

a. État de la technique ;
b. Coûts de mise en œuvre.
5 Le beso­in de pro­tec­tion des don­nées per­son­nel­les, le ris­que et les mesu­res tech­ni­ques et orga­ni­sa­ti­on­nel­les doi­vent être véri­fi­és pen­dant tou­te la durée du trai­te­ment. Les mesu­res doi­vent être adap­tées si nécessaire.

Rap­port explicatif

L’art. 1 Art. règ­le les prin­cipes qui doi­vent être respec­tés lors de la déter­mi­na­ti­on des mesu­res. Il reprend pour l’e­s­sen­tiel le con­cept régle­men­tai­re de l’art. 8, al. 2 et 3, OLPD, tout en réglant cer­ta­ins aspects de maniè­re plus pré­cise. L’art. 8, al. 1, OLPD a par cont­re été sup­p­ri­mé, car les objec­tifs visa­nt à garan­tir la sécu­ri­té des don­nées relè­vent désor­mais du niveau de la loi. L’art. 8, al. 2, nLPD stipu­le notam­ment que les mesu­res de sécu­ri­té des don­nées doi­vent per­mett­re d’é­vi­ter les vio­la­ti­ons de la sécu­ri­té des don­nées. Selon l’ar­tic­le 5, lett­re h, nLPD, il y a vio­la­ti­on de la sécu­ri­té des don­nées lorsque des don­nées per­son­nel­les sont acci­den­tel­le­ment ou illi­ci­te­ment per­dues, effa­cées, détrui­tes ou modi­fi­ées ou qu’el­les sont divul­guées ou ren­dues acce­s­si­bles à des per­son­nes non auto­ri­sées. On peut en dédui­re les objec­tifs tra­di­ti­on­nels de pro­tec­tion infor­ma­tique que sont la con­fi­den­tia­li­té, l’in­té­gri­té, la dis­po­ni­bi­li­té et la traçabilité.

Con­for­mé­ment à l’ar­tic­le 8, 1er ali­néa, nLPD, le responsable du trai­te­ment et le sous-trai­tant doi­vent garan­tir une sécu­ri­té des don­nées adap­tée au ris­que. L’ar­tic­le 1, art. reprend cet objec­tif de pro­tec­tion dans un nou­vel ali­néa 1. En out­re, dif­fér­ents critères sont fixés pour éva­luer le beso­in de pro­tec­tion (al. 2) ain­si que pour éva­luer le ris­que pour la per­son­na­li­té ou les droits fon­da­men­taux de la per­son­ne con­cer­née (al. 3). L’al. 4 pré­cise que d’aut­res critères peu­vent être pris en comp­te lors de la défi­ni­ti­on des mesu­res tech­ni­ques et orga­ni­sa­ti­on­nel­les néces­saires pour garan­tir une sécu­ri­té adé­qua­te des don­nées (al. 4). La liste des critères s’in­spi­re du droit en vigueur.

L’art. 1, al. 2, art. reprend le con­te­nu de l’art. 8, al. 2, let. a et b, OLPD et le com­plè­te afin de régle­men­ter l’ana­ly­se des beso­ins de pro­tec­tion. Le beso­in de pro­tec­tion est éva­lué sur la base du type de don­nées trai­tées ain­si que de la fina­li­té, du type, de l’é­ten­due et des cir­con­stances du trai­te­ment des don­nées. Il s’a­git notam­ment du niveau de pro­tec­tion à assurer au vu du ris­que pour la per­son­na­li­té et les droits fon­da­men­taux des per­son­nes con­cer­nées. Plus le beso­in de pro­tec­tion est éle­vé, plus les exi­gen­ces rela­ti­ves aux mesu­res sont stric­tes. Lors de l’éva­lua­ti­on du beso­in de pro­tec­tion, les critères sui­vants dev­rai­ent être pris en compte :

Le type de don­nées trai­tées (let. a) : il est par exemp­le déter­mi­nant de savoir si des don­nées per­son­nel­les sen­si­bles (art. 5 let. c nLPD) sont traitées.

la fina­li­té, le type, l’é­ten­due et les cir­con­stances du trai­te­ment des don­nées (let. b) : la fina­li­té se rap­por­te au but du trai­te­ment et, en par­ti­cu­lier, à l’ex­amen de la que­sti­on de savoir si le but du trai­te­ment ent­raî­ne un ris­que accru pour les droits de la per­son­na­li­té et les droits fon­da­men­taux ; en ce qui con­cer­ne le type de trai­te­ment, il est inté­res­sant de savoir com­ment les don­nées sont trai­tées. Le beso­in de pro­tec­tion peut par exemp­le être plus éle­vé en cas de décis­i­on entiè­re­ment auto­ma­ti­sée (uti­li­sa­ti­on d’u­ne intel­li­gence arti­fi­ci­el­le) ; l’am­pleur du trai­te­ment est notam­ment liée au nombre de per­son­nes con­cer­nées par le trai­te­ment (par exemp­le lorsque de gran­des quan­ti­tés de don­nées sont trai­tées ou que de vastes zones publi­ques sont sys­té­ma­ti­quement sur­veil­lées). En cas d’uti­li­sa­ti­on d’un nuage infor­ma­tique, le beso­in de pro­tec­tion peut être plus éle­vé que lorsque les don­nées sont stockées sur un ser­veur inter­ne sans pos­si­bi­li­té d’ac­cès exter­ne. La let. b a été com­plé­tée par l’ex­pres­si­on “cir­con­stances” du trai­te­ment des don­nées, con­for­mé­ment à l’art. 22, al. 2, nLPD. Il s’a­git d’aspects qui peu­vent revêtir une importance par­ti­cu­liè­re dans un cas d’e­spè­ce, car ils ont des réper­cus­sions sur les aut­res critères. Il est ain­si pos­si­ble d’in­clu­re des critères qui n’en­trerai­ent pas dans la défi­ni­ti­on des critères déjà mentionnés.

L’art. 1, al. 3, art. 8, al. 2, let. c, OLPD est repris et pré­cisé. Cet­te dis­po­si­ti­on intro­duit l’éva­lua­ti­on du ris­que d’att­ein­te à la per­son­na­li­té ou aux droits fon­da­men­taux de la per­son­ne con­cer­née. Com­me dans l’a­li­néa pré­cé­dent, un cer­tain nombre de critères sont défi­nis. L’a­li­néa est refor­mulé afin qu’il appa­raisse clai­re­ment que les cau­ses du ris­que (let. a), les prin­ci­paux dan­gers (let. b), les mesu­res pri­ses ou pré­vues pour rédui­re le ris­que (let. c) ain­si que la pro­ba­bi­li­té et la gra­vi­té d’u­ne vio­la­ti­on de la sécu­ri­té des don­nées (let. d) sont déter­mi­nants. Il s’a­git ici d’u­ne éva­lua­ti­on selon un système en cas­ca­de : le résul­tat de l’éva­lua­ti­on selon un critère est déter­mi­nant pour la suite de l’éva­lua­ti­on du ris­que. Vous trou­verez ici des expli­ca­ti­ons plus détail­lées sur les dif­fér­ents points :

Les cau­ses du ris­que (let. a) : il doit être pos­si­ble de déter­mi­ner quel­les per­son­nes (par exemp­le un responsable infor­ma­tique, un uti­li­sa­teur, un con­cur­rent) ou quels évé­ne­ments (par exemp­le un incen­die, un virus infor­ma­tique) pour­rai­ent être à l’o­ri­gi­ne du risque.

les prin­ci­paux dan­gers (let. b) : ce critère per­met d’i­den­ti­fier les men­aces sus­cep­ti­bles d’en­traî­ner des vio­la­ti­ons de la sécu­ri­té des don­nées (don­nées per­dues, endom­ma­gées, modi­fi­ées, uti­li­sées de maniè­re inap­pro­priée ou frau­du­leu­se, etc.)

Les mesu­res pri­ses ou adop­tées pour rédui­re le ris­que (let. c) : les dif­fé­ren­tes mesu­res tech­ni­ques et orga­ni­sa­ti­on­nel­les qui peu­vent être pré­vues ou adop­tées pour rédui­re le ris­que sont pré­cis­ées à l’ar­tic­le 3 Art.

la pro­ba­bi­li­té et la gra­vi­té d’u­ne vio­la­ti­on de la sécu­ri­té des don­nées mal­gré les mesu­res pri­ses ou pré­vues (let. d) : il faut déter­mi­ner les con­sé­quen­ces poten­ti­el­les pour les per­son­nes con­cer­nées, par exemp­le si des per­son­nes accè­dent illé­ga­le­ment à des don­nées (et les divul­guent), les modi­fi­ent (ce qui con­duit à des infor­ma­ti­ons erro­n­ées sur la per­son­ne con­cer­née) ou les effa­cent (ce qui ris­que de leur fai­re perd­re des don­nées néces­saires ; on peut pen­ser ici par exemp­le à un dos­sier de pati­ent dans lequel cer­tai­nes don­nées ont été détrui­tes, ce qui empêche un trai­te­ment médi­cal appro­prié). Le prin­ci­pe est le sui­vant : plus la pro­ba­bi­li­té d’u­ne vio­la­ti­on de la sécu­ri­té des don­nées est éle­vée et plus les con­sé­quen­ces pour les per­son­nes con­cer­nées sont importan­tes, plus les exi­gen­ces en matiè­re de mesu­res sont éle­vées. Il con­vi­ent de pré­cis­er ici que tou­te vio­la­ti­on de la sécu­ri­té des don­nées au sens de l’ar­tic­le 5, lett­re h nLPD ne con­sti­tue pas for­cé­ment une vio­la­ti­on des exi­gen­ces mini­ma­les au sens de l’ar­tic­le 8, ali­néa 3 nLPD et donc une vio­la­ti­on du devoir de dili­gence au sens de l’ar­tic­le 61, lett­re c nLPD. Une sécu­ri­té abso­lue ne peut et ne doit pas être exi­gée. On peut notam­ment ima­gi­ner que le responsable a pris tou­tes les mesu­res appro­priées, mais qu’u­ne vio­la­ti­on de la sécu­ri­té des don­nées se pro­duit mal­gré tout, notam­ment par­ce que le ris­que rési­du­el s’est réa­li­sé. Celui-ci ne peut pas être impu­té au responsable. Il con­vi­ent plutôt d’ex­ami­ner, dans le cad­re des exi­gen­ces mini­ma­les, si le responsable et le sous-trai­tant ont pris les mesu­res appro­priées pour garan­tir la sécu­ri­té des don­nées, comp­te tenu de la situa­ti­on con­crè­te, et ce indé­pen­dam­ment du fait qu’u­ne vio­la­ti­on de la sécu­ri­té des don­nées se pro­dui­se ou non.

Sur le modè­le de l’art. 8, al. 2, let. d, OLPD, l’art. 1, al. 4, Art. intro­duit enco­re d’aut­res critères qui peu­vent être pris en comp­te lors de la déter­mi­na­ti­on des mesu­res tech­ni­ques et orga­ni­sa­ti­on­nel­les visa­nt à garan­tir une sécu­ri­té appro­priée des don­nées. Le ter­me “déter­mi­na­ti­on” eng­lo­be l’ ”éva­lua­ti­on” et la “décis­i­on” (la ver­si­on fran­çai­se uti­li­se le ter­me “déter­mi­na­ti­on”). Les critères sont les sui­vants : l’é­tat de la tech­ni­que (let. a) et les coûts de mise en œuvre (let. b). Ces critères n’in­di­quent qu’in­di­rec­te­ment si des mesu­res doi­vent être pri­ses et si les mesu­res à prend­re sont appropriées.

Etat de la tech­ni­que (let. a) : les mesu­res doi­vent être déter­mi­nées et, le cas échéant, adap­tées en tenant comp­te de l’é­tat de la tech­ni­que (con­nais­sances tech­ni­ques et sci­en­ti­fi­ques). L’é­tat de la tech­ni­que signi­fie la pri­se en comp­te de l’é­tat actuel. Il suf­fit donc de prend­re des mesu­res qui sont déjà dis­po­ni­bles et qui ont fait leurs preu­ves en con­sé­quence. En revan­che, il n’est pas pos­si­ble d’e­xi­ger l’uti­li­sa­ti­on de tou­tes nou­vel­les tech­ni­ques inex­plo­rées ou enco­re en cours de développement.

Coûts de mise en œuvre (let. b) : le ter­me “coûts” doit être com­pris au sens lar­ge. Il ne se limi­te pas aux coûts finan­ciers, mais com­prend éga­le­ment les res­sour­ces en per­son­nel et en temps néces­saires. Cet­te ter­mi­no­lo­gie cor­re­spond à cel­le du droit euro­pé­en (direc­ti­ve [UE] 2016/680 et RGPD). Com­me il res­sort du “Com­men­tai­re de l’Of­fice fédé­ral de la justi­ce con­cer­nant l’or­don­nan­ce d’exé­cu­ti­on du 14 juin 1993 (état au 1er jan­vier 2008) rela­ti­ve à la loi fédé­ra­le sur la pro­tec­tion des don­nées (OLPD, RS 235.11)” (ch. 6.1.1), les coûts de mise en œuvre sont éga­le­ment un critère d’éva­lua­ti­on de l’a­dé­qua­ti­on des mesu­res selon le droit en vigueur. Il con­vi­ent tou­te­fois de se baser en pre­mier lieu sur les mesu­res tech­ni­ques et orga­ni­sa­ti­on­nel­les néces­saires au regard des critères énon­cés aux lett­res a à c. Les respons­ables du trai­te­ment et les sous-trai­tants ne peu­vent notam­ment pas se dis­pen­ser de l’ob­li­ga­ti­on d’assurer une sécu­ri­té adé­qua­te des don­nées au motif que cela ent­raî­nerait des coûts exce­s­sifs ; ils doi­vent en tout cas être en mesu­re d’assurer une sécu­ri­té adé­qua­te des don­nées. On ne peut pas non plus argu­men­ter qu’en l’ab­sence de con­cept lors du déve­lo­p­pe­ment, les coûts d’im­plé­men­ta­ti­on pour mett­re en œuvre la sécu­ri­té des don­nées après la mise en ser­vice s’a­vè­rent trop éle­vés. Pour les appli­ca­ti­ons patri­mo­nia­les (anci­en­nes appli­ca­ti­ons), il faut plutôt inclu­re le temps pré­vu jus­qu’au rem­pla­ce­ment (cycle de vie). Le critère des coûts peut tou­te­fois signi­fier qu’en pré­sence de plu­sieurs mesu­res dis­po­ni­bles pour garan­tir un niveau de pro­tec­tion des don­nées tou­jours adé­quat, la vari­an­te la moins coûteu­se peut être privilégiée.

Dif­fé­ren­tes mesu­res peu­vent être envi­sa­gées pour garan­tir la sécu­ri­té des don­nées. Trois mesu­res sont men­ti­onnées ici à tit­re d’exemple :

l’an­ony­mi­sa­ti­on, la pseud­ony­mi­sa­ti­on et le cryp­ta­ge des don­nées per­son­nel­les : L’an­ony­mi­sa­ti­on con­tri­bue notam­ment à rédui­re les éven­tu­el­les con­sé­quen­ces néga­ti­ves pour les per­son­nes con­cer­nées, qui pour­rai­ent par exemp­le résul­ter d’u­ne divul­ga­ti­on non auto­ri­sée de don­nées per­son­nel­les. En cas d’an­ony­mi­sa­ti­on, la LPD ne s’ap­pli­que pas, con­for­mé­ment à son champ d’application.

Pro­cé­du­res d’i­den­ti­fi­ca­ti­on, d’éva­lua­ti­on des ris­ques et de véri­fi­ca­ti­on de l’a­dé­qua­ti­on des mesu­res pri­ses : A par­tir d’un cer­tain niveau de ris­que, il sera sou­vent uti­le, voi­re néces­saire, de mett­re en place des pro­cé­du­res et des pro­ce­s­sus stan­dar­di­sés qui per­met­tent non seu­le­ment de véri­fier régu­liè­re­ment les ris­ques et l’a­dé­qua­ti­on des mesu­res pri­ses, mais aus­si de les appré­cier et de les éva­luer. De tel­les mesu­res sont par­ti­cu­liè­re­ment importan­tes pour les systè­mes auto­ma­ti­sés. Elles con­tri­buent à garan­tir dura­blem­ent la sécu­ri­té des don­nées et à en faci­li­ter la preuve.

la for­ma­ti­on et le con­seil des per­son­nes char­gées de la mise en œuvre : Cet­te mesu­re est importan­te du point de vue du Con­seil fédé­ral, car la mise en œuvre et l’ef­fi­ca­ci­té de la sécu­ri­té des don­nées dépen­dent aus­si en par­ti­cu­lier de l’ap­pli­ca­ti­on des mesu­res défi­nies par les per­son­nes impli­quées. Ain­si, un man­que de for­ma­ti­on et de con­seil peut con­dui­re à une vio­la­ti­on de la sécu­ri­té des don­nées. Par exemp­le, les col­la­bo­ra­teurs et col­la­bora­tri­ces dev­rai­ent être infor­més du ris­que d’ou­ver­tu­re de logi­ciels malveillants.

En fin de comp­te, les cir­con­stances du cas d’e­spè­ce restent bien enten­du déter­mi­nan­tes pour la déter­mi­na­ti­on des mesures.

Con­for­mé­ment à l’ar­tic­le 1, para­gra­phe 5, les mesu­res doi­vent être réex­ami­nées en per­ma­nence et adap­tées le cas échéant, com­me le pré­voit le droit en vigueur. Il con­vi­ent notam­ment de véri­fier si les mesu­res sont tou­jours adap­tées au ris­que et effi­caces. Au lieu de “péri­odi­quement”, le réex­amen doit désor­mais se fai­re “sur tou­te la durée du trai­te­ment”. Le beso­in de véri­fi­ca­ti­on dépend notam­ment du niveau de ris­que pour les droits de la per­son­na­li­té et les droits fon­da­men­taux des per­son­nes con­cer­nées : plus il est éle­vé, plus les mesu­res doi­vent être véri­fi­ées régu­liè­re­ment. La nou­vel­le for­mu­la­ti­on va dans le sens d’un con­trô­le per­ma­nent. Elle laisse tou­te­fois une gran­de mar­ge d’ap­pré­cia­ti­on au responsable et à la per­son­ne char­gée du trai­te­ment des com­man­des. Un réex­amen peut en out­re s’im­po­ser en cas de vio­la­ti­on de la sécu­ri­té des don­nées ou d’ad­ap­t­ati­on du trai­te­ment des don­nées per­son­nel­les. L’ar­tic­le 1, para­gra­phe 5, pré­cise en out­re que non seu­le­ment les mesu­res tech­ni­ques et orga­ni­sa­ti­on­nel­les doi­vent être véri­fi­ées pen­dant tou­te la durée du trai­te­ment, c’est-à-dire pen­dant tout le “cycle de vie” des don­nées per­son­nel­les, mais aus­si les beso­ins de pro­tec­tion et les ris­ques. L’ex­amen du beso­in de pro­tec­tion et des ris­ques per­met éga­le­ment de véri­fier (indi­rec­te­ment) si les mesu­res tech­ni­ques et orga­ni­sa­ti­on­nel­les sont appropriées.

Art. 2 Objectifs

Le responsable du trai­te­ment et le sous-trai­tant doi­vent prend­re des mesu­res tech­ni­ques et orga­ni­sa­ti­on­nel­les pour que les don­nées trai­tées soi­ent con­for­mes à leur beso­in de protection :

a. ne sont acce­s­si­bles qu’aux per­son­nes auto­ri­sées (con­fi­den­tia­li­té)
b. sont dis­po­ni­bles lorsqu’ils sont requis (dis­po­ni­bi­li­té) ;
c. ne soi­ent pas modi­fi­és de maniè­re non auto­ri­sée ou invo­lon­tai­re (inté­gri­té) ;
d. être trai­tées de maniè­re com­pré­hen­si­ble (tra­ça­bi­li­té).

Rap­port explicatif

L’art. 2 Art. com­plè­te l’art. 1 nLPD en ce qui con­cer­ne le but de la loi et con­cré­ti­se les objec­tifs visa­nt à garan­tir une sécu­ri­té appro­priée des don­nées, qui sont désor­mais fixés à l’art. 8, al. 2, nLPD. Selon cet­te dis­po­si­ti­on, les mesu­res doi­vent per­mett­re d’é­vi­ter une vio­la­ti­on de la sécu­ri­té des don­nées. La sécu­ri­té abso­lue est un idé­al inatt­eig­nable. L’appro­che basée sur les ris­ques doit per­mett­re d’i­den­ti­fier les ris­ques (art. 1 art.) afin que les mesu­res soi­ent adap­tées aux objec­tifs et choi­sies en con­sé­quence. Le responsable du trai­te­ment et le sous-trai­tant doi­vent déter­mi­ner les objec­tifs et l’é­ten­due de la protection.

La doc­tri­ne et la pra­tique reti­en­nent géné­ra­le­ment quat­re objec­tifs de pro­tec­tion, con­nus en fran­çais sous l’acro­ny­me (C.A.I.D.) : la con­fi­den­tia­li­té (con­fi­den­tia­li­té), l’au­then­ti­ci­té (authen­ti­fi­ca­ti­on), l’in­té­gri­té (inté­gri­té) et la dis­po­ni­bi­li­té (dis­po­ni­bi­li­té) des don­nées. En s’in­spi­rant de l’art. 32 RGPD et en vue d’u­ne har­mo­ni­sa­ti­on avec la loi fédé­ra­le sur la sécu­ri­té de l’in­for­ma­ti­on au sein de la Con­fé­dé­ra­ti­on , qui doit ent­rer en vigueur pro­chai­ne­ment, l’art. 2 doit rég­ler la con­fi­den­tia­li­té (let. a), la dis­po­ni­bi­li­té (let. b), l’in­té­gri­té (let. c) et la tra­ça­bi­li­té (let. d).

La con­fi­den­tia­li­té (let. a) : les don­nées per­son­nel­les ne doi­vent être acce­s­si­bles qu’aux per­son­nes auto­ri­sées. Le cer­cle des per­son­nes auto­ri­sées est déter­mi­né par le con­tex­te du domaine d’ac­ti­vi­té ain­si que par le con­te­nu et l’im­portance des don­nées. Il peut être très lar­ge ou extrê­me­ment rest­reint. Par con­fi­den­tia­li­té, il faut éga­le­ment entendre l’au­then­ti­fi­ca­ti­on, les métho­des qui y sont liées ain­si que les systè­mes de gesti­on et de rest­ric­tion d’ac­cès pour garan­tir la sécu­ri­té des don­nées. Enfin, la con­fi­den­tia­li­té du système et des don­nées doit être garantie.

La dis­po­ni­bi­li­té (let. b) : con­for­mé­ment à cet­te fina­li­té, le responsable veil­le à ce que les don­nées pui­s­sent être con­sul­tées à tout moment. Cet­te exi­gence est d’autant plus éle­vée lorsque les infor­ma­ti­ons doi­vent être dis­po­ni­bles en per­ma­nence pour l’exé­cu­ti­on de tâches essen­ti­el­les, voi­re légales.

L’in­té­gri­té (let. c) : cet objec­tif garan­tit l’e­xac­ti­tu­de des don­nées. Il est par­ti­cu­liè­re­ment important lorsque les don­nées sont desti­nées au public ou doi­vent être réuti­li­sées. Par inté­gri­té, on entend l’au­then­ti­ci­té, l’im­pu­ta­bi­li­té et la non-répu­dia­ti­on des don­nées. Ces ter­mes sont éga­le­ment uti­li­sés dans la pra­tique ou dans la doc­tri­ne à la place de l’intégrité.

La tra­ça­bi­li­té (let. d) : sur la base de cet objec­tif, il est pos­si­ble d’i­den­ti­fier des accès non auto­ri­sés, voi­re des abus. En out­re, la cau­se d’un inci­dent peut être déter­mi­née. Le responsable veil­le à l’en­re­gi­stre­ment des évé­ne­ments et des traces de don­nées et s’assu­re que cel­les-ci ne peu­vent pas être modi­fi­ées. La tra­ça­bi­li­té du trai­te­ment peut être importan­te pour la pro­cé­du­re (preuve) et faci­li­te les con­trô­les et la sur­veil­lan­ce. Dans la pra­tique, il est éga­le­ment que­sti­on d’im­pu­ta­bi­li­té et de non-répu­dia­ti­on des don­nées en rela­ti­on avec les méca­nis­mes de traçabilité.

Sur la base de ces objec­tifs, des pro­cé­du­res doi­vent être déve­lo­p­pées afin de con­trô­ler, d’ana­ly­ser et d’éva­luer régu­liè­re­ment l’ef­fi­ca­ci­té des mesu­res pri­ses (art. 1, al. 5, et art. 3, art.).

Art. 3 Mesu­res tech­ni­ques et organisationnelles

1 Afin de garan­tir la con­fi­den­tia­li­té, le responsable du trai­te­ment et le sous-trai­tant doi­vent prend­re des mesu­res appro­priées pour que :

a. les per­son­nes auto­ri­sées n’ont accès qu’aux don­nées per­son­nel­les dont elles ont beso­in pour accom­plir leurs tâches (con­trô­le d’accès) ;
b. seu­les les per­son­nes auto­ri­sées ont accès aux locaux et aux instal­la­ti­ons dans les­quels des don­nées per­son­nel­les sont trai­tées (con­trô­le d’accès) ;
c. que les per­son­nes non auto­ri­sées ne pui­s­sent pas uti­li­ser les systè­mes de trai­te­ment auto­ma­ti­sé de don­nées au moy­en d’in­stal­la­ti­ons de trans­mis­si­on de don­nées (con­trô­le des utilisateurs).

2 Afin de garan­tir la dis­po­ni­bi­li­té et l’in­té­gri­té, le responsable du trai­te­ment et le sous-trai­tant doi­vent prend­re des mesu­res appro­priées pour que :

a. les per­son­nes non auto­ri­sées ne pui­s­sent pas lire, copi­er, modi­fier, dépla­cer, effacer ou détrui­re les sup­ports de don­nées (con­trô­le des sup­ports de données) ;
b. les per­son­nes non auto­ri­sées ne pui­s­sent pas enre­gi­strer, lire, modi­fier, effacer ou détrui­re des don­nées per­son­nel­les dans la mémoi­re (con­trô­le de la mémoire) ;
c. que les per­son­nes non auto­ri­sées ne pui­s­sent pas lire, copi­er, modi­fier, effacer ou détrui­re des don­nées per­son­nel­les lors de la com­mu­ni­ca­ti­on de don­nées per­son­nel­les ou du trans­port de sup­ports de don­nées (con­trô­le du transport) ;
d. la dis­po­ni­bi­li­té des don­nées per­son­nel­les et l’ac­cès à cel­les-ci pui­s­sent être rétab­lis rapi­de­ment en cas d’in­ci­dent phy­si­que ou tech­ni­que (restau­ra­ti­on) ;
e. tou­tes les fonc­tions du système de trai­te­ment auto­ma­ti­sé des don­nées sont dis­po­ni­bles (dis­po­ni­bi­li­té), les dys­fonc­tion­ne­ments sont signa­lés (fia­bi­li­té) et les don­nées per­son­nel­les enre­gi­strées ne peu­vent pas être endom­ma­gées par un dys­fonc­tion­ne­ment du système (inté­gri­té des données) ;
f. les systè­mes d’ex­plo­ita­ti­on et les logi­ciels d’ap­pli­ca­ti­on soi­ent tou­jours main­te­nus à jour en matiè­re de sécu­ri­té et que les fail­les cri­ti­ques con­nues soi­ent com­blées (sécu­ri­té du système).

3 Afin de garan­tir la tra­ça­bi­li­té, le responsable du trai­te­ment et le sous-trai­tant doi­vent prend­re des mesu­res appro­priées pour que :

a. il est pos­si­ble de véri­fier quel­les don­nées per­son­nel­les sont intro­dui­tes ou modi­fi­ées dans le système de trai­te­ment auto­ma­ti­sé des don­nées, à quel moment et par quel­le per­son­ne (con­trô­le de l’introduction) ;
b. il est pos­si­ble de véri­fier à qui des don­nées per­son­nel­les sont com­mu­ni­quées à l’ai­de d’in­stal­la­ti­ons de trans­mis­si­on de don­nées (con­trô­le de la communication) ;
c. les vio­la­ti­ons de la sécu­ri­té des don­nées pui­s­sent être rapi­de­ment détec­tées (détec­tion) et que des mesu­res pui­s­sent être pri­ses pour en atté­nuer ou en éli­mi­ner les con­sé­quen­ces (éli­mi­na­ti­on).

Rap­port explicatif

L’ar­tic­le 8, 1er ali­néa, nLPD exi­ge qu’u­ne sécu­ri­té appro­priée des don­nées per­son­nel­les soit garan­tie. Comp­te tenu des résul­tats de la con­sul­ta­ti­on, l’ar­tic­le 3 pré­voit que des mesu­res orga­ni­sa­ti­on­nel­les et tech­ni­ques doi­vent être pri­ses pour att­eind­re les objec­tifs de l’ar­tic­le 2. En appli­ca­ti­on du prin­ci­pe de pro­por­ti­on­na­li­té, il con­vi­ent de déter­mi­ner à par­tir de là les mesu­res orga­ni­sa­ti­on­nel­les et tech­ni­ques à prend­re au cas par cas. Les respons­ables et les per­son­nes char­gées du trai­te­ment des com­man­des doi­vent donc exami­ner quel­les mesu­res appro­priées leur per­mettront d’att­eind­re les objec­tifs de pro­tec­tion. Il est tout à fait conce­va­ble que chaque objec­tif de pro­tec­tion ne soit pas per­ti­nent dans tous les cas. Si un objec­tif de pro­tec­tion n’est pas per­ti­nent dans un cas don­né, le responsable et le sous-trai­tant doi­vent être en mesu­re de justi­fier pour­quoi il l’est. La “per­ti­nence” des mesu­res dépend des cir­con­stances. L’ar­tic­le pré­sen­te de maniè­re didac­tique au responsable du trai­te­ment et au sous-trai­tant une série de mesu­res qui leur per­met­tent d’att­eind­re les objec­tifs visés à l’ar­tic­le 2. Une mesu­re peut d’ail­leurs con­tri­buer à la réa­li­sa­ti­on de dif­fér­ents objectifs.

Cet artic­le est en gran­de par­tie une repri­se de l’ar­tic­le 9 OLPD : La régle­men­ta­ti­on figu­re désor­mais sous le tit­re “Mesu­res tech­ni­ques et orga­ni­sa­ti­on­nel­les”. Avec l’art. 3, la Sui­s­se met éga­le­ment en œuvre les exi­gen­ces de l’art. 29 de la direc­ti­ve (UE) 2016/680.

Selon l’ar­tic­le 1, para­gra­phe 3, point c), art. 1, le responsable du trai­te­ment est tenu de prend­re des mesu­res tech­ni­ques et orga­ni­sa­ti­on­nel­les pour rédui­re le ris­que. Dans le tex­te de l’or­don­nan­ce, il est fait réfé­rence à des per­son­nes “auto­ri­sées” pour plu­sieurs mesu­res tech­ni­ques et orga­ni­sa­ti­on­nel­les. Cela ne sup­po­se pas néces­saire­ment l’in­ter­ven­ti­on direc­te d’u­ne per­son­ne. En effet, cet­te noti­on peut éga­le­ment engl­ober les cas où des don­nées per­son­nel­les sont trai­tées dans des appli­ca­ti­ons ou dans un système d’in­for­ma­ti­on automatisé.

L’art. 3, al. 1, art. con­cré­ti­se l’art. 2, al. 1, let. a, art. et men­ti­on­ne les mesu­res de con­fi­den­tia­li­té ; c’est-à-dire les mesu­res qui doi­vent garan­tir le con­trô­le de l’ac­cès (let. a), le con­trô­le de l’ac­cès (let. b) ain­si que le con­trô­le des uti­li­sa­teurs (let. c).

En pre­mier lieu, la let. a fixe une nou­vel­le nor­me pour le con­trô­le de l’ac­cès. L’ob­jec­tif de pro­tec­tion a été repris de l’art. 9, al. 1, let. g, OLPD. Il s’a­git prin­ci­pa­le­ment de déter­mi­ner les auto­ri­sa­ti­ons d’ac­cès qui règ­lent le type et l’é­ten­due de l’ac­cès. Ce faisant, il faut veil­ler à ce que les per­son­nes auto­ri­sées n’ai­ent accès qu’aux don­nées per­son­nel­les pour les­quel­les elles sont habi­li­tées. Les mesu­res à prend­re sont d’ord­re orga­ni­sa­ti­on­nel et technique.

La let. b régle­men­te le con­trô­le d’ac­cès pré­vu à l’art. 9, al. 1, let. a, OLPD. Selon cet­te dis­po­si­ti­on, les per­son­nes non auto­ri­sées doi­vent se voir interd­ire l’ac­cès aux locaux et aux instal­la­ti­ons dans les­quels des don­nées per­son­nel­les sont trai­tées. L’ob­jec­tif de pro­tec­tion con­ti­ent désor­mais aus­si le ter­me “instal­la­ti­ons”. Cela doit notam­ment signi­fier que l’ac­cès aux instal­la­ti­ons de trai­te­ment mobi­les doit éga­le­ment être inter­dit. Cet­te noti­on est très lar­ge et eng­lo­be tous les appareils de trai­te­ment de don­nées per­son­nel­les, des ser­ve­urs fixes aux ordi­na­teurs, en pas­sant par les télé­pho­nes por­ta­bles ou les tablet­tes. En rai­son des pro­grès tech­ni­ques, le ter­me “instal­la­ti­on” peut se réfé­rer aus­si bien à des instal­la­ti­ons de natu­re phy­si­que que vir­tu­el­le. Les mesu­res pos­si­bles sont par exemp­le des systè­mes d’alar­me et des armoi­res de ser­ve­urs verrouillables.

La let. c con­ti­ent le con­trô­le des uti­li­sa­teurs réglé à l’art. 9, al. 1, let. f, OLPD. Celui-ci vise à empêcher l’uti­li­sa­ti­on de systè­mes de trai­te­ment auto­ma­ti­sé de don­nées au moy­en d’in­stal­la­ti­ons de trans­mis­si­on de don­nées par des per­son­nes non auto­ri­sées. Les mesu­res veil­lent à ce que les don­nées ne pui­s­sent pas être uti­li­sées ou trans­mi­ses sans auto­ri­sa­ti­on. Les mesu­res pos­si­bles sont par exemp­le le con­trô­le régu­lier des auto­ri­sa­ti­ons (par exemp­le le blo­ca­ge des auto­ri­sa­ti­ons en rai­son d’un chan­ge­ment de per­son­nel ou d’u­ne nou­vel­le attri­bu­ti­on de tâches) et l’uti­li­sa­ti­on de logi­ciels cont­re les virus ou les logi­ciels espi­ons, ou enco­re la sen­si­bi­li­sa­ti­on du per­son­nel aux métho­des d’hameçonnage.

En ce qui con­cer­ne la dis­po­ni­bi­li­té et l’in­té­gri­té, l’ar­tic­le 3, para­gra­phe 2, art. reprend les objec­tifs de l’ar­tic­le 2, para­gra­phe 1, lett­res b et c, art. Les mesu­res pri­ses à cet égard doi­vent garan­tir le con­trô­le des sup­ports de don­nées (let. a), du stocka­ge (let. b), du trans­port (let. c) ain­si que de la récup­é­ra­ti­on (let. d). Les mesu­res doi­vent être appro­priées pour garan­tir la dis­po­ni­bi­li­té, la fia­bi­li­té et l’in­té­gri­té (let. e). Enfin, la sécu­ri­té du système doit être main­te­nue à jour (let. f).

La let. a règ­le le con­trô­le des sup­ports de don­nées, qui est actu­el­le­ment régle­men­té à l’art. 9, al. 1, let. b, OLPD. Il s’a­git d’empêcher les per­son­nes non auto­ri­sées de lire, copi­er, modi­fier, dépla­cer, effacer ou détrui­re des sup­ports de don­nées. Il s’a­git notam­ment d’empêcher que des don­nées per­son­nel­les pui­s­sent être trans­fé­rées de maniè­re incon­trôlée sur des sup­ports de don­nées (p. ex. dis­ques durs, clés USB). Par sup­port de don­nées, il faut entendre non seu­le­ment les sup­ports phy­si­ques, mais aus­si les ser­vices de cloud com­pu­ting par exemp­le. Les mesu­res pos­si­bles sont par exemp­le le cryp­ta­ge et la des­truc­tion en bon­ne et due for­me des sup­ports de don­nées. La lett­re cor­re­spond à l’e­xi­gence de l’ar­tic­le 29, para­gra­phe 2, point b), de la direc­ti­ve (UE) 2016/680.

La let. b cor­re­spond à l’art. 9, al. 1, let. e, OLPD et régit le con­trô­le de la mémoi­re. Selon cet­te mesu­re, les per­son­nes non auto­ri­sées ne doi­vent pas enre­gi­strer, con­sul­ter, modi­fier, effacer ou détrui­re des don­nées per­son­nel­les dans la mémoi­re. Il faut empêcher les per­son­nes non auto­ri­sées d’ac­cé­der au con­te­nu de la mémoi­re de don­nées, de le con­sul­ter, de le modi­fier ou de l’effacer. Les mesu­res pos­si­bles sont par exemp­le la défi­ni­ti­on de droits d’ac­cès dif­fé­ren­ciés pour les don­nées, les appli­ca­ti­ons et les systè­mes d’ex­plo­ita­ti­on et la jour­na­li­sa­ti­on des accès aux appli­ca­ti­ons. Cet­te lett­re cor­re­spond à l’e­xi­gence de l’ar­tic­le 29, para­gra­phe 2, point c), de la direc­ti­ve (UE) 2016/680.

La let. c régit le con­trô­le du trans­port, qui est actu­el­le­ment réglé à l’art. 9, al. 1, let. c, OLPD. Selon cet­te dis­po­si­ti­on, lors de la com­mu­ni­ca­ti­on de don­nées per­son­nel­les et du trans­port de sup­ports de don­nées, il faut empêcher que les don­nées pui­s­sent être lues, copiées, modi­fi­ées, effa­cées ou détrui­tes de maniè­re non auto­ri­sée. Le responsable et le sous-trai­tant doi­vent veil­ler à ce que le desti­na­tai­re dési­gné reçoi­ve les don­nées dans leur for­me ori­gi­na­le et qu’au­cun tiers ne pui­s­se inter­cep­ter les don­nées sans auto­ri­sa­ti­on. Les don­nées per­son­nel­les sen­si­bles, en par­ti­cu­lier, posent des exi­gen­ces accrues en matiè­re de mesu­res. Le cryp­ta­ge des don­nées ou des sup­ports de don­nées ent­re par exemp­le en ligne de compte.

La let. d por­te sur la pos­si­bi­li­té de réta­b­lir la dis­po­ni­bi­li­té des don­nées per­son­nel­les et l’ac­cès à cel­les-ci après un inci­dent phy­si­que ou tech­ni­que. Elle a été ajou­tée au cata­lo­gue sur le modè­le de l’ar­tic­le 32, para­gra­phe 1, point c), du règle­ment (UE) 2016/679 et cor­re­spond à l’e­xi­gence de l’ar­tic­le 29, para­gra­phe 2, point i), de la direc­ti­ve (UE) 2016/680. L’é­la­bo­ra­ti­on et l’ap­pli­ca­ti­on d’un con­cept de sau­vegar­de con­sti­tu­ent une mesu­re possible.

La let. e dis­po­se que tou­tes les fonc­tions du système de trai­te­ment auto­ma­ti­sé des don­nées doi­vent être dis­po­ni­bles (dis­po­ni­bi­li­té), que les dys­fonc­tion­ne­ments éven­tuels doi­vent être signa­lés (fia­bi­li­té) et que les don­nées per­son­nel­les enre­gi­strées ne doi­vent pas être endom­ma­gées par un dys­fonc­tion­ne­ment du système (inté­gri­té des don­nées). Il a été ajou­té au cata­lo­gue sur le modè­le de l’ar­tic­le 32, para­gra­phe 1, point b), du règle­ment (UE) 2016/679 et cor­re­spond à l’e­xi­gence de l’ar­tic­le 29, para­gra­phe 2, point j), de la direc­ti­ve (UE) 2016/680. Il s’a­git ici notam­ment de garan­tir dura­blem­ent la sta­bi­li­té ou la rési­stance des systè­mes uti­li­sés. La noti­fi­ca­ti­on des dys­fonc­tion­ne­ments doit être effec­tuée par le système lui-même, de sor­te que le responsable du trai­te­ment ou le sous-trai­tant soit auto­ma­ti­quement aver­ti de l’e­xi­stence d’un dys­fonc­tion­ne­ment. Le signa­le­ment d’un dys­fonc­tion­ne­ment ne signi­fie pas auto­ma­ti­quement que les fonc­tions sont fia­bles ; au con­trai­re, le dys­fonc­tion­ne­ment doit être corrigé.

La lett­re f con­cer­ne la garan­tie de la sécu­ri­té des systè­mes d’ex­plo­ita­ti­on et des logi­ciels d’ap­pli­ca­ti­on uti­li­sés pour le trai­te­ment des don­nées per­son­nel­les. Com­me le trai­te­ment de don­nées per­son­nel­les repo­se sur des systè­mes et diver­ses appli­ca­ti­ons fonc­tion­nant sur ces systè­mes, il est néces­saire de les main­te­nir à jour en matiè­re de sécu­ri­té et de com­bler rapi­de­ment les lacu­nes cri­ti­ques. La let. f com­plè­te ain­si les dis­po­si­ti­ons des let. d et e, dans le but de garan­tir une sécu­ri­té glo­ba­le. Il n’est pas exi­gé que chaque mise à jour du système et de l’ap­pli­ca­ti­on soit instal­lée immé­dia­te­ment, mais qu’un pro­ce­s­sus de mise à jour soit en place (ce que l’on appel­le la gesti­on des vul­né­ra­bi­li­tés et des cor­rec­tifs). La mise à jour de sécu­ri­té cor­re­spond­an­te peut être mise en œuvre de maniè­re éche­lon­née dans le temps, en tenant comp­te des niveaux de cri­ti­ci­té (éle­vé, moy­en, fai­ble). Jus­qu’à ce que les vul­né­ra­bi­li­tés soi­ent cor­ri­gées, des mesu­res doi­vent tou­te­fois être pri­ses pour que la sécu­ri­té des don­nées reste tout de même garan­tie. Con­trai­re­ment à l’art. 3, al. 3, let. c, la let. f ne por­te pas sur des mesu­res réac­ti­ves, mais sur l’é­li­mi­na­ti­on proac­ti­ve de points fai­bles pour les­quels aucu­ne vio­la­ti­on de la sécu­ri­té des don­nées n’a été con­sta­tée jus­qu’à pré­sent dans le système.

L’al. 3 men­ti­on­ne les mesu­res de tra­ça­bi­li­té (art. 2, al. 1, let. d, art.), c’est-à-dire les mesu­res visa­nt à garan­tir le con­trô­le de la sai­sie (let. a) et de la com­mu­ni­ca­ti­on (let. b), ain­si que les mesu­res de détec­tion et d’é­li­mi­na­ti­on (let. c).

La let. a règ­le désor­mais le con­trô­le de la sai­sie. Cel­le-ci exi­ge – con­for­mé­ment à l’art. 9, al. 2, let. h, OLPD – qu’il soit pos­si­ble de véri­fier a poste­rio­ri quel­les don­nées per­son­nel­les ont été intro­dui­tes ou modi­fi­ées dans le système de trai­te­ment auto­ma­ti­sé des don­nées, à quel moment et par quel­le per­son­ne. L’ob­jec­tif de pro­tec­tion a été adap­té de maniè­re à expri­mer expli­ci­te­ment que la modi­fi­ca­ti­on de don­nées per­son­nel­les doit éga­le­ment pou­voir être véri­fi­ée a poste­rio­ri. La jour­na­li­sa­ti­on est une mesu­re envisageable.

La let. b con­cer­ne le con­trô­le de la com­mu­ni­ca­ti­on. Elle a été repri­se de l’art. 9, al. 1, let. d, OLPD et légè­re­ment adap­tée dans sa for­mu­la­ti­on. Selon la nou­vel­le let. b, il est pos­si­ble de véri­fier à qui des don­nées per­son­nel­les ont été com­mu­ni­quées à l’ai­de de dis­po­si­tifs de trans­mis­si­on de don­nées. Les mesu­res doi­vent notam­ment per­mett­re d’i­den­ti­fier les desti­na­tai­res des don­nées. A cet égard, il peut suf­fi­re que l’in­sti­tu­ti­on soit con­nue en tant que tel­le, sans que la per­son­ne phy­si­que doi­ve être iden­ti­fia­ble dans tous les cas. Si néces­saire, il doit être pos­si­ble de déter­mi­ner, par exemp­le à l’ai­de de procès-ver­baux, par quels moy­ens quel­les don­nées per­son­nel­les ont été com­mu­ni­quées et à qui.

La let. c exi­ge que le responsable du trai­te­ment et le sous-trai­tant pui­s­sent rapi­de­ment iden­ti­fier les vio­la­ti­ons de la sécu­ri­té des don­nées au sens de l’art. 5, let. h, nLPD et prend­re des mesu­res pour en atté­nuer ou en sup­p­ri­mer les con­sé­quen­ces. Con­trai­re­ment à l’al. 2, let. e, il s’a­git ici en par­ti­cu­lier de mesu­res réac­ti­ves pri­ses par le responsable du trai­te­ment et le sous-traitant.

L’art. 9, al. 2, OLPD a été sup­p­ri­mé, car le Con­seil fédé­ral esti­me qu’il n’est plus néces­saire. Les motifs de refus, de limi­ta­ti­on ou de report d’u­ne deman­de d’ac­cès sont fixés au niveau de la loi (cf. art. 26 nLPD). Ain­si, les respons­ables du trai­te­ment et les sous-trai­tants sont déjà tenus, en ver­tu de la nLPD, de veil­ler à ce que les per­son­nes con­cer­nées pui­s­sent exer­cer effec­ti­ve­ment leurs droits, et ce indé­pen­dam­ment des tech­no­lo­gies con­crè­te­ment uti­li­sées pour trai­ter les don­nées personnelles.

Art. 4 Éta­blis­se­ment du procès-verbal
1 Lorsque des don­nées per­son­nel­les sen­si­bles font l’ob­jet d’un trai­te­ment auto­ma­ti­sé à gran­de échel­le ou d’un pro­fi­la­ge à haut ris­que et que les mesu­res pré­ven­ti­ves ne per­met­tent pas de garan­tir la pro­tec­tion des don­nées, le responsable pri­vé et son sous-trai­tant pri­vé doi­vent au moins con­si­gner l’en­re­gi­stre­ment, la modi­fi­ca­ti­on, la lec­tu­re, la com­mu­ni­ca­ti­on, l’effa­ce­ment et la des­truc­tion des don­nées. Une jour­na­li­sa­ti­on doit notam­ment être effec­tuée lorsqu’il n’est pas pos­si­ble de déter­mi­ner a poste­rio­ri si les don­nées ont été trai­tées aux fins pour les­quel­les elles ont été coll­ec­tées ou communiquées.
2 Lors du trai­te­ment auto­ma­ti­sé de don­nées per­son­nel­les, l’or­ga­ne fédé­ral responsable et son man­da­tai­re enre­gi­st­rent au moins l’en­re­gi­stre­ment, la modi­fi­ca­ti­on, la lec­tu­re, la com­mu­ni­ca­ti­on, l’effa­ce­ment et la des­truc­tion des données.
3 Pour les don­nées per­son­nel­les qui sont géné­ra­le­ment acce­s­si­bles au public, il faut au moins con­si­gner l’en­re­gi­stre­ment, la modi­fi­ca­ti­on, l’effa­ce­ment et la des­truc­tion des données.
4 La jour­na­li­sa­ti­on doit per­mett­re de con­naît­re l’i­den­ti­té de la per­son­ne qui a effec­tué le trai­te­ment, la natu­re, la date et l’heu­re du trai­te­ment et, le cas échéant, l’i­den­ti­té du desti­na­tai­re des données.
5 Les fichiers jour­naux doi­vent être con­ser­vés pen­dant au moins un an, sépa­ré­ment du système dans lequel les don­nées per­son­nel­les sont trai­tées. Ils ne doi­vent être acce­s­si­bles qu’aux orga­nes et aux per­son­nes char­gés de véri­fier l’ap­pli­ca­ti­on des règles de pro­tec­tion des don­nées ou de pré­ser­ver ou de réta­b­lir la con­fi­den­tia­li­té, l’in­té­gri­té, la dis­po­ni­bi­li­té et la tra­ça­bi­li­té des don­nées, et ne doi­vent être uti­li­sés qu’à cet­te fin.

Rap­port explicatif

La jour­na­li­sa­ti­on est régie par l’ar­tic­le 10 OLPD, qui s’ap­pli­que éga­le­ment aux orga­nes fédé­raux en rai­son du ren­voi figu­rant à l’ar­tic­le 20, 1er ali­néa, 1ère phra­se, OLPD. L’art. 4 reprend cet­te régle­men­ta­ti­on sous une for­me modi­fi­ée. La jour­na­li­sa­ti­on con­sti­tue une mesu­re au sens de l’art. 3, al. 1. Il est ain­si tenu comp­te du fait que le droit sui­s­se, con­trai­re­ment au RGPD, ne pré­voit pas d’ ”obli­ga­ti­on de rend­re comp­te” géné­ra­le. En out­re, la jour­na­li­sa­ti­on est éga­le­ment recom­man­dée par cer­tai­nes auto­ri­tés euro­pé­en­nes de pro­tec­tion des don­nées. En out­re, la jour­na­li­sa­ti­on est un moy­en clas­si­que et pré­ven­tif de garan­tir la cybersécurité.

L’ob­jec­tif de la jour­na­li­sa­ti­on est de rend­re les trai­te­ments de don­nées per­son­nel­les véri­fi­a­bles a poste­rio­ri, de sor­te qu’il soit pos­si­ble de con­stater après coup si des don­nées ont été per­dues, effa­cées, détrui­tes, modi­fi­ées ou divul­guées. Il s’a­git en out­re de garan­tir la con­for­mi­té à la fina­li­té et une sécu­ri­té des don­nées appro­priée. La jour­na­li­sa­ti­on peut ain­si four­nir des indi­ca­ti­ons sur la con­for­mi­té du trai­te­ment des don­nées per­son­nel­les. En out­re, la jour­na­li­sa­ti­on peut éga­le­ment ser­vir à détec­ter et à éluci­der des vio­la­ti­ons de la sécu­ri­té des don­nées. En revan­che, la jour­na­li­sa­ti­on n’a pas pour but de sur­veil­ler les uti­li­sa­teurs qui trai­tent des don­nées per­son­nel­les. La jour­na­li­sa­ti­on est un pro­ce­s­sus auto­ma­ti­sé. De nos jours, il n’e­xi­ste pra­ti­quement pas de système d’in­for­ma­ti­on ou de trai­te­ment auto­ma­ti­sé des don­nées qui ne con­si­gne pas le trai­te­ment des données.

L’ar­tic­le 4, para­gra­phe 1, art. exi­ge la jour­na­li­sa­ti­on pour le responsable pri­vé et son sous-trai­tant pri­vé en cas de trai­te­ment auto­ma­ti­sé à gran­de échel­le de don­nées sen­si­bles ou de pro­fi­la­ge à haut ris­que, lorsque les mesu­res pré­ven­ti­ves ne per­met­tent pas de garan­tir la pro­tec­tion des don­nées et que, sans cet­te mesu­re, il n’est pas pos­si­ble de déter­mi­ner a poste­rio­ri si les don­nées ont été trai­tées con­for­mé­ment aux fina­li­tés pour les­quel­les elles ont été coll­ec­tées ou com­mu­ni­quées. Les pro­ce­s­sus d’en­re­gi­stre­ment, de modi­fi­ca­ti­on, de lec­tu­re, de com­mu­ni­ca­ti­on, d’effa­ce­ment et de des­truc­tion des don­nées doi­vent au moins être con­si­gnés. Le pro­ce­s­sus de “lec­tu­re” doit être com­pris com­me un accès sans “modi­fi­ca­ti­on” ; il suf­fit donc de con­si­gner les accès aux don­nées per­son­nel­les et les modi­fi­ca­ti­ons de ces don­nées. La jour­na­li­sa­ti­on de la “lec­tu­re” est ain­si satis­fai­te. Le membre de phra­se “les mesu­res pré­ven­ti­ves ne peu­vent pas garan­tir la pro­tec­tion des don­nées” a été repris du droit en vigueur. Dans la pra­tique, elle n’a qu’u­ne importance second­ai­re, car les mesu­res pré­ven­ti­ves ne garan­tis­sent que rare­ment la pro­tec­tion des données.

Selon l’al. 2, l’or­ga­ne fédé­ral responsable et son sous-trai­tant enre­gi­st­rent au moins l’en­re­gi­stre­ment, la modi­fi­ca­ti­on, la lec­tu­re, la com­mu­ni­ca­ti­on, l’effa­ce­ment et la des­truc­tion des don­nées lors du trai­te­ment auto­ma­ti­sé de don­nées per­son­nel­les. Il s’a­git des mêmes opé­ra­ti­ons de trai­te­ment que cel­les qui doi­vent être jour­na­li­sées par le responsable pri­vé, mais pour les orga­nes fédé­raux, la jour­na­li­sa­ti­on doit être effec­tuée dans un plus grand nombre de cas (pour chaque trai­te­ment auto­ma­ti­sé). Il est ain­si tenu comp­te des exi­gen­ces de l’ar­tic­le 25 de la direc­ti­ve (UE) 2016/680 appli­ca­bles dans le cad­re de la coopé­ra­ti­on Schen­gen en matiè­re péna­le. Com­me indi­qué ci-des­sus, en ce qui con­cer­ne la “lec­tu­re”, il suf­fit de con­si­gner les accès aux don­nées per­son­nel­les et les modi­fi­ca­ti­ons de ces don­nées. Pour la mise en œuvre de l’ob­li­ga­ti­on de jour­na­li­sa­ti­on, une péri­ode tran­si­toire de trois ans est pré­vue à l’ar­tic­le 46, para­gra­phe 1, pour les trai­te­ments de don­nées qui ne relè­vent pas du champ d’ap­pli­ca­ti­on de la direc­ti­ve (UE) 2016/680.

L’a­li­néa 3 stipu­le désor­mais que, pour les don­nées per­son­nel­les qui sont acce­s­si­bles au public en géné­ral, il faut au moins con­si­gner l’en­re­gi­stre­ment, la modi­fi­ca­ti­on, l’effa­ce­ment et la des­truc­tion des don­nées. Cela signi­fie par exemp­le que la con­sul­ta­ti­on du cal­en­drier natio­nal, qui est acce­s­si­ble au public en géné­ral, ne doit pas obli­ga­toire­ment être consignée.

La régle­men­ta­ti­on a été com­plé­tée par un nou­vel ali­néa 4, où le con­te­nu de la jour­na­li­sa­ti­on est con­cré­ti­sé. Ain­si, la jour­na­li­sa­ti­on doit rens­eig­ner sur l’i­den­ti­té de la per­son­ne qui a effec­tué le trai­te­ment, la natu­re, la date et l’heu­re du trai­te­ment et, le cas échéant, l’i­den­ti­té du desti­na­tai­re des données.

L’al. 5 reprend l’art. 10, al. 2, OLPD sous une for­me légè­re­ment modi­fi­ée. Les fichiers jour­naux doi­vent être con­ser­vés pen­dant au moins un an, sépa­ré­ment du système dans lequel les don­nées per­son­nel­les sont trai­tées. Cela ne signi­fie tou­te­fois pas que les fichiers jour­naux peu­vent être con­ser­vés pen­dant une durée dis­pro­por­ti­onnée. La durée de con­ser­va­ti­on doit être pro­por­ti­on­nel­le à l’ob­jec­tif d’u­ne sécu­ri­té adé­qua­te des don­nées. Pour le reste, les pre­scrip­ti­ons de droit spé­cial restent en tout cas réser­vées pour les orga­nes fédé­raux. Ain­si, l’or­don­nan­ce du 22 février 2012 sur le trai­te­ment des don­nées per­son­nel­les résul­tant de l’uti­li­sa­ti­on de l’in­fras­truc­tu­re élec­tro­ni­que de la Con­fé­dé­ra­ti­on pré­voit notam­ment à l’art. 4, al. 1, let. b, que les don­nées rela­ti­ves à l’uti­li­sa­ti­on de l’in­fras­truc­tu­re élec­tro­ni­que peu­vent être con­ser­vées pen­dant deux ans au maxi­mum. La con­ser­va­ti­on sépa­rée du système est néces­saire, sans quoi le pro­to­co­le lui-même pour­rait être mani­pulé ou cryp­té en cas de cyberat­taque. Les jour­naux ne sont acce­s­si­bles qu’aux orga­nes ou aux per­son­nes char­gés de véri­fier l’ap­pli­ca­ti­on des règles de pro­tec­tion des don­nées ou de pré­ser­ver ou de réta­b­lir la con­fi­den­tia­li­té, l’in­té­gri­té, la dis­po­ni­bi­li­té et la tra­ça­bi­li­té des don­nées, et ne peu­vent être uti­li­sés qu’à cet­te fin. Avec ce der­nier ajout, le tex­te de l’or­don­nan­ce indi­que désor­mais que les pro­to­co­les doi­vent éga­le­ment être acce­s­si­bles aux respons­ables de la sécu­ri­té, afin qu’ils pui­s­sent réta­b­lir la con­fi­den­tia­li­té, l’in­té­gri­té, la dis­po­ni­bi­li­té et la tra­ça­bi­li­té des don­nées. Le ter­me “con­ser­va­ti­on” vise en out­re à garan­tir que les admi­ni­stra­teurs système aient éga­le­ment accès aux jour­naux géné­rés dans le système s’ils soup­çon­nent une fail­le de sécu­ri­té. Ces don­nées ne peu­vent donc pas être uti­li­sées à des fins de sur­veil­lan­ce des uti­li­sa­teurs, notam­ment de leur acti­vi­té pro­fes­si­on­nel­le. L’uti­li­sa­ti­on à des fins pré­vues par une loi spé­cia­le, com­me par exemp­le une éven­tu­el­le uti­li­sa­ti­on dans le cad­re d’u­ne pro­cé­du­re péna­le, reste bien enten­du réservée.

La troi­siè­me phra­se de l’art. 10, al. 1, OLPD a été sup­p­ri­mée. Il serait con­trai­re au système si le PFPDT pou­vait émett­re des recom­man­da­ti­ons dans le domaine de la sécu­ri­té des don­nées qui, selon l’art. 61, let. c, est sou­mis à la punis­sa­bi­li­té. En out­re, con­for­mé­ment à sa com­pé­tence géné­ra­le de décis­i­on, le PFPDT peut de tou­te façon ordon­ner une jour­na­li­sa­ti­on dans le cad­re d’u­ne enquête selon l’art. 51 nLPD.

Art. 5 Règle­ment de trai­te­ment des per­son­nes privées

1 Le responsable pri­vé et son sous-trai­tant pri­vé doi­vent éta­b­lir un règle­ment pour les trai­te­ments auto­ma­ti­sés lorsqu’ils :

a. trai­tent à gran­de échel­le des don­nées per­son­nel­les sen­si­bles, ou
b. effec­tuer un pro­fi­la­ge à haut risque.
2 Le règle­ment doit notam­ment con­te­nir des indi­ca­ti­ons sur l’or­ga­ni­sa­ti­on inter­ne, sur la pro­cé­du­re de trai­te­ment et de con­trô­le des don­nées ain­si que sur les mesu­res visa­nt à garan­tir la sécu­ri­té des données.
3 Le responsable pri­vé et son sous-trai­tant pri­vé doi­vent régu­liè­re­ment mett­re à jour le règle­ment. Si un con­seil­ler à la pro­tec­tion des don­nées a été dési­gné, le règle­ment doit être mis à sa disposition.

Rap­port explicatif

Devait éta­b­lir un règle­ment de trai­te­ment le “maît­re d’un fichier auto­ma­ti­sé sou­mis à décla­ra­ti­on” selon l’art. 11a, al. 3, LPD, qui n’é­tait pas exemp­té de l’ob­li­ga­ti­on de décla­rer ses fichiers en ver­tu de l’art. 11a, al. 5, let. b à d, LPD (art. 11, al. 1, OLPD). Com­me l’ob­li­ga­ti­on de décla­rer les respons­ables pri­vés (art. 11a LPD) n’e­xi­ste plus dans la nLPD, l’art. 11 OLPD ne peut pas être repris tel quel. Con­for­mé­ment au prin­ci­pe de responsa­bi­li­té ou “accoun­ta­bi­li­ty” pré­vu par le RGPD, le responsable doit pou­voir démon­trer le respect des prin­cipes du trai­te­ment des don­nées (art. 5, al. 2 RGPD). Le droit sui­s­se ne con­naît pas d’ob­li­ga­ti­on géné­ra­le de rend­re comp­te ou “accoun­ta­bi­li­ty”, mais l’ob­li­ga­ti­on d’é­ta­b­lir un règle­ment de trai­te­ment rem­plit le même objectif.

L’ob­li­ga­ti­on d’é­ta­b­lir un règle­ment de trai­te­ment incom­be au responsable et à son sous-trai­tant. Les per­son­nes pri­vées tra­vail­lant sur man­dat d’or­ga­nes fédé­raux tom­bent sous le coup de l’ar­tic­le 6. Si, excep­ti­on­nel­le­ment, un orga­ne fédé­ral devait agir en tant que per­son­ne tra­vail­lant sur man­dat d’un responsable pri­vé, il ne tom­berait pas sous le coup de l’ar­tic­le 5, qui ne cou­vre que les per­son­nes pri­vées tra­vail­lant sur man­dat, mais sous le coup de l’ar­tic­le 6, plus sévè­re. Cela se justi­fie par la posi­ti­on et la responsa­bi­li­té par­ti­cu­liè­res qui décou­lent de la natu­re juri­di­que de l’or­ga­ne fédé­ral. Les règle­ments de trai­te­ment doi­vent être étab­lis séparément.

Con­for­mé­ment à l’appro­che basée sur les ris­ques de la pre­scrip­ti­on de la sécu­ri­té des don­nées, un règle­ment de trai­te­ment doit être éta­b­li chaque fois qu’il exi­ste un ris­que éle­vé. Ain­si, les respons­ables pri­vés doi­vent éta­b­lir un règle­ment de trai­te­ment pour les trai­te­ments auto­ma­ti­sés lorsqu’ils trai­tent des don­nées per­son­nel­les sen­si­bles à gran­de échel­le (let. a) ou lorsqu’ils effec­tu­ent un pro­fi­la­ge à haut ris­que (let. b). La let. a cor­re­spond à la pre­scrip­ti­on de l’art. 22, al. 2, let. a, nLPD et se réfè­re au trai­te­ment à gran­de échel­le de don­nées per­son­nel­les sen­si­bles. Sont ain­si exclus les cas où les per­son­nes sen­si­bles ne sont trai­tées que de maniè­re iso­lée. De nombreu­ses ent­re­pri­ses, notam­ment les PME “tra­di­ti­on­nel­les”, ne procè­dent pas à de tels trai­te­ments. Elles ne sont donc pas con­cer­nées par cet­te disposition.

L’a­li­néa 2 con­ti­ent une liste des con­te­nus qui doi­vent au moins être indi­qués dans le règle­ment de trai­te­ment. Les con­te­nus ont été repris et com­plé­tés sous une for­me légè­re­ment adap­tée de l’ar­tic­le 11, 1er ali­néa, et de l’ar­tic­le 21, 2e ali­néa, OLPD. Com­me jus­qu’à pré­sent, le règle­ment de trai­te­ment doit être con­çu com­me une docu­men­ta­ti­on ou un manu­el et dev­rait éga­le­ment ser­vir au responsable.

Com­me jus­qu’à pré­sent, le responsable pri­vé et le responsable du trai­te­ment doi­vent décr­i­re l’or­ga­ni­sa­ti­on inter­ne dans le règle­ment de trai­te­ment. La descrip­ti­on de l’ar­chi­tec­tu­re et du fonc­tion­ne­ment des systè­mes en fait éga­le­ment partie.

L’a­li­néa 2 stipu­le que les pro­cé­du­res de trai­te­ment des don­nées, c’est-à-dire notam­ment les pro­cé­du­res d’en­re­gi­stre­ment, de rec­ti­fi­ca­ti­on, de com­mu­ni­ca­ti­on, de con­ser­va­ti­on, d’ar­chivage, de pseud­ony­mi­sa­ti­on, d’an­ony­mi­sa­ti­on, d’effa­ce­ment ou de des­truc­tion des don­nées, doi­vent figu­rer dans le règle­ment de trai­te­ment. Les mesu­res de mini­mi­sa­ti­on des don­nées en font éga­le­ment par­tie. Le prin­ci­pe de mini­mi­sa­ti­on des don­nées est un prin­ci­pe cen­tral de la pro­tec­tion des don­nées et, com­me on peut le lire dans le mes­sa­ge LPD du 15 sep­tembre 2017 , il découle impli­ci­te­ment du prin­ci­pe de pro­por­ti­on­na­li­té énon­cé à l’art. 6, al. 2, nLPD. Il doit notam­ment pré­cis­er quel­les pro­cé­du­res de trai­te­ment des don­nées sont mises en œuvre et com­ment elles se dérou­lent. Le règle­ment doit éga­le­ment con­te­nir la pro­cé­du­re d’e­xer­ci­ce du droit d’ac­cès et du droit de remi­se ou de trans­fert des don­nées. Les pro­cé­du­res de con­trô­le doi­vent per­mett­re d’é­ta­b­lir les droits d’ac­cès, la natu­re et l’é­ten­due de l’ac­cès. Enfin, il est essen­tiel que le règle­ment de trai­te­ment com­pren­ne éga­le­ment les mesu­res tech­ni­ques et orga­ni­sa­ti­on­nel­les visa­nt à garan­tir une sécu­ri­té adé­qua­te des don­nées. Il con­vi­ent par exemp­le d’in­di­quer les mesu­res qui per­met­tent de tenir comp­te des objec­tifs de pro­tec­tion visés à l’ar­tic­le 2. Les indi­ca­ti­ons dev­rai­ent éga­le­ment rens­eig­ner sur la con­fi­gu­ra­ti­on des moy­ens infor­ma­ti­ques, puis­qu’il s’a­git d’u­ne mesu­re tech­ni­que. L’an­ci­en art. 21, al. 2, let. h, OLPD, qui men­ti­on­ne enco­re expres­sé­ment la con­fi­gu­ra­ti­on des moy­ens infor­ma­ti­ques, n’a donc pas été repris. A cet égard, il suf­fit que les prin­ci­pa­les con­fi­gu­ra­ti­ons de base des moy­ens infor­ma­ti­ques soi­ent expli­quées dans le règle­ment de trai­te­ment. Il n’est tou­te­fois pas néces­saire de les détail­ler dans les moind­res détails techniques.

L’al. 3 est une repri­se de l’art. 11, al. 2, OLPD. Par rap­port au droit en vigueur, on a renon­cé à ajou­ter que le règle­ment de trai­te­ment doit être mis à la dis­po­si­ti­on du con­seil­ler ou de la con­seil­lè­re sous une for­me com­pré­hen­si­ble pour lui ou elle. Com­me le con­seil­ler par­ti­ci­pe lui-même à l’é­la­bo­ra­ti­on du règle­ment, celui-ci est en règ­le géné­ra­le com­pré­hen­si­ble pour lui. L’ob­li­ga­ti­on de mett­re éga­le­ment le règle­ment de trai­te­ment à la dis­po­si­ti­on du man­da­tai­re sur deman­de a été sup­p­ri­mée. Com­me pour le regist­re des acti­vi­tés de trai­te­ment, le PFPDT peut tou­te­fois le deman­der dans le cad­re d’u­ne enquête (art. 50, al. 1, let. a, nLPD).

Art. 6 Règle­ment de trai­te­ment des orga­nes fédéraux

1 L’or­ga­ne fédé­ral responsable et son man­da­tai­re éta­blis­sent un règle­ment de trai­te­ment pour les trai­te­ments auto­ma­ti­sés lorsqu’ils :

a. trai­tent des don­nées per­son­nel­les sensibles ;
b. effec­tuer un profilage ;
c. trai­tent des don­nées per­son­nel­les en ver­tu de l’art. 34, al. 2, let. c, LPD ;
d. rend­re des don­nées per­son­nel­les acce­s­si­bles aux can­tons, aux auto­ri­tés étran­gè­res, aux orga­ni­sa­ti­ons inter­na­tio­na­les ou à des per­son­nes privées ;
e. reli­er ent­re elles des bases de don­nées ; ou
f. exploi­ter un système d’in­for­ma­ti­on ou gérer des bases de don­nées en col­la­bo­ra­ti­on avec d’aut­res orga­nes fédéraux.
2 Le règle­ment doit notam­ment con­te­nir des infor­ma­ti­ons sur l’or­ga­ni­sa­ti­on inter­ne, la pro­cé­du­re de trai­te­ment et de con­trô­le des don­nées ain­si que les mesu­res visa­nt à garan­tir la sécu­ri­té des données.
3 L’or­ga­ne fédé­ral responsable et son man­da­tai­re doi­vent régu­liè­re­ment mett­re à jour le règle­ment et le mett­re à la dis­po­si­ti­on du con­seil­ler à la pro­tec­tion des données.

Rap­port explicatif

L’ar­tic­le 6 cor­re­spond, avec quel­ques modi­fi­ca­ti­ons, à l’ar­tic­le 21 OLPD.

L’ob­li­ga­ti­on d’é­ta­b­lir un règle­ment de trai­te­ment incom­be à l’or­ga­ne fédé­ral responsable ain­si qu’à son responsable du trai­te­ment sur man­dat. Com­me men­ti­onné ci-des­sus, l’ar­tic­le 6 con­cer­ne aus­si bien les per­son­nes pri­vées char­gées du trai­te­ment des com­man­des que les orga­nes fédé­raux qui agis­sent excep­ti­on­nel­le­ment en tant que per­son­nes char­gées du trai­te­ment des com­man­des. Les règle­ments de trai­te­ment doi­vent être étab­lis séparément.

Dans la phra­se intro­duc­ti­ve de l’al. 1, le ter­me de “fichiers” figu­rant à l’art. 21, al. 1, phra­se intro­duc­ti­ve, OLPD est rem­pla­cé par celui de “trai­te­ments”, car il n’est plus uti­li­sé dans la nLPD. Cet­te dis­po­si­ti­on pré­voit désor­mais que les orga­nes fédé­raux respons­ables éta­blis­sent un règle­ment de trai­te­ment dans les cas visés à l’al. 1, let. a à f. Le règle­ment de trai­te­ment doit être approu­vé par le Con­seil fédéral.

La nLPD sup­p­rime la noti­on de “pro­fil de la per­son­na­li­té” et intro­duit la noti­on de “pro­fi­la­ge”. En con­sé­quence, il con­vi­ent de modi­fier l’art. 21, al. 1, let. a, OLPD et de pré­voir à l’art. 6, al. 1, art. que l’or­ga­ne fédé­ral responsable et son sous-trai­tant doi­vent éta­b­lir un règle­ment de trai­te­ment s’ils trai­tent des don­nées per­son­nel­les sen­si­bles (let. a), s’ils effec­tu­ent un pro­fi­la­ge con­for­mé­ment à l’art. 5, let. f, nLPD (let. b) ou s’ils trai­tent des don­nées con­for­mé­ment à l’art. 34, al. 2, let. c, nLPD (let. c). Le cas visé à la let. a cor­re­spond à l’an­ci­en droit selon la LPD. Les let. b et c sont nou­vel­les. Elles rem­pla­cent l’art. 21, al. 1, let. a, OLPD, qui obli­ge l’or­ga­ne fédé­ral responsable à éta­b­lir un règle­ment de trai­te­ment pour tous les fichiers auto­ma­ti­sés qui con­ti­en­nent des pro­fils de la personnalité.

L’art. 6, al. 1, let. d, OLPD ne subit que quel­ques modi­fi­ca­ti­ons réd­ac­tion­nel­les par rap­port à l’art. 21, al. 1, let. c, OLPD.

A l’art. 6, al. 1, let. e, le ter­me “fichiers” uti­li­sé dans l’art. 21, al. 1, let. d, OLPD cor­re­spond­ant est rem­pla­cé par “fichiers de données”.

En ver­tu de l’art. 6, al. 1, let. f, art. 2, un règle­ment de trai­te­ment doit éga­le­ment être éta­b­li lorsque l’or­ga­ne fédé­ral responsable exploi­te un système d’in­for­ma­ti­on ou gère des fichiers de don­nées en col­la­bo­ra­ti­on avec d’aut­res orga­nes fédé­raux. Cet­te dis­po­si­ti­on rem­place l’art. 21, al. 1, let. b, OLPD, selon lequel une tel­le obli­ga­ti­on exi­ste lorsqu’un fichier auto­ma­ti­sé est uti­li­sé par plu­sieurs orga­nes fédéraux.

L’a­li­néa 2 cor­re­spond au con­te­nu du règle­ment de trai­te­ment pour les par­ti­cu­liers selon l’ar­tic­le 5, ali­néa 2, art. Il con­vi­ent donc de ren­voy­er ici aux expli­ca­ti­ons don­nées plus haut.

L’al. 3 a été repris, sous une for­me légè­re­ment adap­tée, de l’art. 21, al. 3, OLPD. Com­me à l’art. 5, al. 3, art. , la mise à dis­po­si­ti­on sous une for­me com­pré­hen­si­ble a été sup­p­ri­mée à cet end­roit. Le ter­me “orga­nes de con­trô­le” a été rem­pla­cé par “con­seil­ler à la pro­tec­tion des don­nées”. On a renon­cé à men­ti­on­ner le PFPDT pour les rai­sons évo­quées plus haut en rela­ti­on avec l’art. 5, al. 3, art.

Sec­tion 2 Trai­te­ment par les sous-traitants

Art. 7
1 L’au­to­ri­sa­ti­on pré­alable du responsable du trai­te­ment per­met­tant au sous-trai­tant de con­fier le trai­te­ment des don­nées à un tiers peut être de natu­re spé­ci­fi­que ou générale
2 En cas d’au­to­ri­sa­ti­on géné­ra­le, le sous-trai­tant infor­me le responsable du trai­te­ment de tou­te modi­fi­ca­ti­on envi­sa­gée con­cer­nant l’in­ter­ven­ti­on ou le rem­pla­ce­ment d’aut­res tiers. Le responsable du trai­te­ment peut s’op­po­ser à cet­te modification

Rap­port explicatif

L’ar­tic­le 7 Art. règ­le le type d’au­to­ri­sa­ti­on pré­alable par laquel­le un responsable du trai­te­ment peut auto­ri­ser un sous-trai­tant à trans­fé­rer le trai­te­ment des don­nées à un tiers. Cet­te dis­po­si­ti­on s’in­spi­re de l’art. 22, al. 2, de la direc­ti­ve (UE) 2016/680 ou de l’art. 28, al. 2, RGPD. Pour des rai­sons de sécu­ri­té juri­di­que, elle fixe expres­sé­ment ce que le Con­seil fédé­ral a déjà expli­qué dans le mes­sa­ge rela­tif à la révi­si­on tota­le de la loi sur la pro­tec­tion des don­nées con­cer­nant l’au­to­ri­sa­ti­on du trai­te­ment en sous-trai­tance (cf. FF 2017 6941, 7032). L’au­to­ri­sa­ti­on pré­alable du responsable peut être de natu­re spé­ci­fi­que ou géné­ra­le (art. 7, al. 1, art.). Dans le cas d’u­ne auto­ri­sa­ti­on géné­ra­le, le sous-trai­tant doit infor­mer le responsable de tout chan­ge­ment envi­sa­gé con­cer­nant l’in­ter­ven­ti­on ou le rem­pla­ce­ment d’un aut­re sous-trai­tant. Le responsable du trai­te­ment peut s’op­po­ser à cet­te modi­fi­ca­ti­on (art. 7, par. 2, art.).

Sec­tion 3 Com­mu­ni­ca­ti­on de don­nées per­son­nel­les à l’étranger

Rap­port explicatif

Con­for­mé­ment à la sys­té­ma­tique de la loi, les dis­po­si­ti­ons rela­ti­ves à la com­mu­ni­ca­ti­on de don­nées per­son­nel­les à l’étran­ger ont été pla­cées dans les dis­po­si­ti­ons géné­ra­les du cha­pit­re 1. Plu­sieurs noti­ons en rap­port avec la com­mu­ni­ca­ti­on de don­nées à l’étran­ger doi­vent être pré­cis­ées. Dans l’art., cela se fait dans cinq artic­les dif­fér­ents : Un pre­mier artic­le con­cré­ti­se les critères que le Con­seil fédé­ral doit prend­re en comp­te pour déter­mi­ner si un Etat, un ter­ri­toire, un sec­teur spé­ci­fi­que dans un Etat ou une orga­ni­sa­ti­on inter­na­tio­na­le assu­re une pro­tec­tion adé­qua­te des don­nées ; un deu­xiè­me artic­le expo­se ce que doi­vent rég­ler les clau­ses de pro­tec­tion des don­nées dans un cont­rat et les garan­ties spé­ci­fi­ques pour assurer une pro­tec­tion adé­qua­te des don­nées ; un troi­siè­me artic­le trai­te des clau­ses stan­dard de pro­tec­tion des don­nées ; un qua­triè­me artic­le se con­cent­re sur les règles de pro­tec­tion des don­nées con­traignan­tes inter­nes aux ent­re­pri­ses ; en rai­son de la com­pé­tence attri­buée au Con­seil fédé­ral par l’art. 16, al. 3, nLPD, d’aut­res garan­ties appro­priées sont pré­vues dans une der­niè­re disposition.

Art. 8 Éva­lua­ti­on du carac­tère adé­quat de la pro­tec­tion des don­nées d’un État, d’un ter­ri­toire, d’un sec­teur spé­ci­fi­que dans un État ou d’u­ne insti­tu­ti­on internationale
1 Les États, ter­ri­toires, sec­teurs spé­ci­fi­ques dans un État et orga­nes inter­na­ti­on­aux dis­po­sant d’u­ne pro­tec­tion adé­qua­te des don­nées sont énu­mé­rés à l’an­ne­xe 1.

2 Pour déter­mi­ner si un État, un ter­ri­toire, un sec­teur spé­ci­fi­que dans un État ou une insti­tu­ti­on inter­na­tio­na­le assu­re une pro­tec­tion adé­qua­te des don­nées, les critères sui­vants sont notam­ment pris en compte :

a. les obli­ga­ti­ons inter­na­tio­na­les de l’E­tat ou de l’in­sti­tu­ti­on inter­na­tio­na­le, notam­ment en matiè­re de pro­tec­tion des données ;
b. l’É­tat de droit et le respect des droits de l’homme ;
c. la légis­la­ti­on en vigueur, notam­ment en matiè­re de pro­tec­tion des don­nées, ain­si que sa mise en œuvre et la juris­pru­dence pertinente ;
d. la garan­tie effec­ti­ve des droits des per­son­nes con­cer­nées et de la pro­tec­tion juridique ;
e. le fonc­tion­ne­ment effi­cace d’u­ne ou de plu­sieurs auto­ri­tés indé­pen­dan­tes char­gées de la pro­tec­tion des don­nées dans l’É­tat con­cer­né ou pla­cées sous l’au­to­ri­té d’un orga­ne inter­na­tio­nal et dotées de pou­voirs et de com­pé­ten­ces suffisants.
3 Le Pré­po­sé fédé­ral à la pro­tec­tion des don­nées et à la trans­pa­rence (PFPDT) est con­sul­té lors de chaque éva­lua­ti­on. Les appré­cia­ti­ons d’or­ga­nes inter­na­ti­on­aux ou d’au­to­ri­tés étran­gè­res com­pé­ten­tes en matiè­re de pro­tec­tion des don­nées peu­vent être pri­ses en compte.
4 L’a­dé­qua­ti­on de la pro­tec­tion des don­nées est rééva­luée périodiquement.
5 Les éva­lua­tions sont publiées.
6 Si l’éva­lua­ti­on visée au para­gra­phe 4 ou d’aut­res infor­ma­ti­ons mont­rent que la pro­tec­tion adé­qua­te des don­nées n’est plus assu­rée, l’an­ne­xe 1 est modi­fi­ée, sans que cela ait d’in­ci­dence sur les com­mu­ni­ca­ti­ons de don­nées déjà effectuées.

Rap­port explicatif

Si cer­ta­ins critères sont rem­p­lis, le Con­seil fédé­ral peut esti­mer qu’un État ou un ter­ri­toire, un sec­teur spé­ci­fi­que d’un État ou un orga­ne inter­na­tio­nal assu­re une pro­tec­tion adé­qua­te. Con­for­mé­ment à l’art. 7, al. 1, let. d, de l’or­don­nan­ce du 17 novembre 1999 sur l’or­ga­ni­sa­ti­on du Dépar­te­ment fédé­ral de justi­ce et poli­ce (Org DFJP), la tâche con­si­stant à assurer une pro­tec­tion adé­qua­te des don­nées d’un État, d’un ter­ri­toire, d’un sec­teur spé­ci­fi­que dans un État ou d’un orga­ne inter­na­tio­nal relè­ve de la com­pé­tence de l’Of­fice fédé­ral de la justice.

Con­for­mé­ment à l’ar­tic­le 8, para­gra­phe 1, du RGPD, les États, ter­ri­toires, sec­teurs spé­ci­fi­ques dans un État et orga­nes inter­na­ti­on­aux dont la pro­tec­tion des don­nées a été jugée adé­qua­te sont énu­mé­rés dans l’an­ne­xe du règle­ment. Com­me l’ex­pli­que le mes­sa­ge, il s’a­git d’u­ne “liste posi­ti­ve”. Si un État n’y figu­re pas, cela ne signi­fie pas néces­saire­ment qu’il n’a pas de légis­la­ti­on en matiè­re de pro­tec­tion des don­nées garan­tis­sant une pro­tec­tion adé­qua­te des don­nées ; il est plutôt envi­sa­geable que l’É­tat n’ait pas (enco­re) été éva­lué par le Con­seil fédé­ral. Seuls les États figu­rant sur la liste de l’an­ne­xe peu­vent donc être con­sidé­rés com­me des États garan­tis­sant une pro­tec­tion adé­qua­te des don­nées. Cet­te appro­che dif­fè­re quel­que peu de cel­le du PFPDT. En effet, jus­qu’à pré­sent, le PFPDT indi­quait pour chaque État s’il assu­rait une pro­tec­tion adé­qua­te, une pro­tec­tion adé­qua­te sous cer­tai­nes con­di­ti­ons ou une pro­tec­tion insuf­fi­san­te. Il con­vi­ent éga­le­ment de souli­gner que la liste du PFPDT n’est pas con­traignan­te et ne lie notam­ment pas les tri­bu­naux en cas de liti­ge. Avant d’ex­ami­ner en détail les fac­teurs dont le Con­seil fédé­ral doit tenir comp­te dans son éva­lua­ti­on, il con­vi­ent de pré­cis­er ce que l’on entend par “ter­ri­toire” ou par “sec­teur spé­ci­fi­que dans un État”. Le ter­me “ter­ri­toire” fait réfé­rence aux cas où le pays n’est pas sou­mis à une légis­la­ti­on uni­que. Il s’a­git notam­ment du cas des États fédé­raux, à savoir lorsque la légis­la­ti­on de l’É­tat cen­tral n’assu­re pas une pro­tec­tion adé­qua­te, tan­dis qu’un État fédé­ral dis­po­se d’u­ne légis­la­ti­on adé­qua­te en matiè­re de pro­tec­tion des don­nées, mais qui ne s’ap­pli­que que sur son pro­pre ter­ri­toire. En ce qui con­cer­ne la noti­on de “sec­teur spé­ci­fi­que dans un État”, on peut par exemp­le citer la liste du PFPDT qui, sous le Cana­da, tient comp­te du fait que, sur la base d’u­ne loi spé­ci­fi­que sur la pro­tec­tion des don­nées pour le sec­teur pri­vé, un niveau de pro­tec­tion adé­quat ne peut être recon­nu que pour ce sec­teur. Jus­qu’en juil­let 2020, cela s’ap­pli­quait éga­le­ment aux États-Unis en rai­son du Pri­va­cy Shield CH-US, qui n’au­to­ri­sait le lib­re trans­fert de don­nées qu’aux ent­re­pri­ses qui s’é­tai­ent enga­gées à respec­ter les prin­cipes con­traignants du Pri­va­cy Shield. Il con­vi­ent de men­ti­on­ner d’aut­res sec­teurs spé­ci­fi­ques tels que le sec­teur finan­cier ou des assu­ran­ces ou le trai­te­ment des don­nées par des sous-trai­tants. La noti­on d’in­sti­tu­ti­on inter­na­tio­na­le a été pré­cis­ée dans le mes­sa­ge rela­tif à la loi sur la pro­tec­tion des don­nées. Elle se réfè­re à “tou­tes les insti­tu­ti­ons inter­na­tio­na­les, qu’il s’a­gis­se d’or­ga­ni­sa­ti­ons ou de tri­bu­naux” (FF 2017 6941, 7038) .

Pour déci­der si un État, un ter­ri­toire, un sec­teur spé­ci­fi­que au sein d’un État ou un orga­ne inter­na­tio­nal assu­re une pro­tec­tion adé­qua­te des don­nées, il con­vi­ent de prend­re en comp­te, ent­re aut­res, les critères sui­vants (artic­le 8, para­gra­phe 2, du RGPD) :

Les obli­ga­ti­ons inter­na­tio­na­les de l’E­tat con­cer­né ou de l’or­ga­ne inter­na­tio­nal, en par­ti­cu­lier dans le domaine de la pro­tec­tion des don­nées (al. 2, let. a) : il s’a­git notam­ment de la con­ven­ti­on STE 108 révi­sée. Les accords dans le domaine de la pro­tec­tion des don­nées ne sont tou­te­fois pas les seuls à être importants, rai­son pour laquel­le l’ex­pres­si­on “notam­ment” est uti­li­sée (voir éga­le­ment le com­men­tai­re rela­tif à la let. c). Par exemp­le, les accords régis­sant l’é­ch­an­ge d’in­for­ma­ti­ons peu­vent éga­le­ment jouer un rôle.

l’É­tat de droit et le respect des droits de l’hom­me (al. 2, let. b) : La lett­re b uti­li­se le ter­me “droits de l’hom­me” afin d’em­ployer la même ter­mi­no­lo­gie que cel­le uti­li­sée dans la CEDH et le Pac­te II de l’O­NU. Le Con­seil fédé­ral dis­po­se de la mar­ge d’ap­pré­cia­ti­on néces­saire pour déter­mi­ner si un État garan­tit une pro­tec­tion adé­qua­te des don­nées, même s’il ne respec­te pas plei­ne­ment les droits de l’hom­me recon­nus au niveau inter­na­tio­nal. Il est important à cet égard que la pro­tec­tion cont­re les ingé­ren­ces dis­pro­por­ti­onnées dans la vie pri­vée soit garan­tie, même si l’É­tat ne respec­te pas par exemp­le en tous points les exi­gen­ces de la CEDH.

La légis­la­ti­on en vigueur, notam­ment en matiè­re de pro­tec­tion des don­nées, ain­si que sa mise en œuvre et la juris­pru­dence per­ti­nen­te (al. 2, let. c) : en rai­son de l’ex­pres­si­on “notam­ment”, la légis­la­ti­on sec­to­ri­el­le est éga­le­ment visée. Cel­les-ci con­ti­en­nent sou­vent des règles (direc­tes et/ou indi­rec­tes) rela­ti­ves à la pro­tec­tion des don­nées. C’est le cas, par exemp­le, des États qui n’ont pas de loi-cad­re sur la pro­tec­tion des don­nées, mais uni­quement un code civil. Dans cer­ta­ins cas, ces États ont des lois sec­to­ri­el­les qui con­ti­en­nent des dis­po­si­ti­ons rela­ti­ves à la pro­tec­tion des don­nées. Il est important que les lois appli­ca­bles soi­ent appli­quées. Par con­sé­quent, l’ac­cent est mis sur la légis­la­ti­on géné­ra­le et spé­ci­fi­que per­ti­nen­te de l’É­tat, y com­pris cel­le rela­ti­ve à la sécu­ri­té publi­que, à la défen­se, à la sécu­ri­té natio­na­le, au droit pénal et à l’ac­cès des auto­ri­tés aux don­nées personnelles.

la garan­tie effec­ti­ve des droits des per­son­nes con­cer­nées et de la pro­tec­tion juri­di­que (al. 2, let. d) : il ne s’a­git pas seu­le­ment de véri­fier que les droits des per­son­nes con­cer­nées sont con­te­nus dans des bases léga­les, mais aus­si de s’assurer que ces droits sont effec­ti­ve­ment mis en œuvre.

le fonc­tion­ne­ment effec­tif d’u­ne ou de plu­sieurs auto­ri­tés indé­pen­dan­tes char­gées de la pro­tec­tion des don­nées dans l’É­tat con­cer­né ou pla­cées sous l’au­to­ri­té d’un orga­ne inter­na­tio­nal et dis­po­sant de pou­voirs et de com­pé­ten­ces suf­fi­sants. En ce sens, les exi­gen­ces mini­ma­les de la Con­ven­ti­on STE 108 révi­sée doi­vent être rem­plies (al. 2, let. e).

Le troi­siè­me ali­néa stipu­le que le PFPDT est con­sul­té pour tou­te éva­lua­ti­on du carac­tère adé­quat. Son avis n’est pas con­traignant pour le Con­seil fédé­ral, mais il doit être pris en comp­te, notam­ment dans le cad­re de la con­sul­ta­ti­on des offices. Le PFPDT peut en out­re publier son avis. Le Con­seil fédé­ral peut éga­le­ment tenir comp­te d’u­ne éva­lua­ti­on du niveau de pro­tec­tion effec­tuée par une auto­ri­té étran­gè­re com­pé­ten­te en matiè­re de pro­tec­tion des don­nées (et appar­tenant à un Etat offrant un niveau de pro­tec­tion adé­quat) ou par un orga­ne inter­na­tio­nal. Un orga­ne inter­na­tio­nal au sens du pré­sent para­gra­phe peut être, ent­re aut­res, le comi­té des par­ties insti­tué par la con­ven­ti­on STE 108 révi­sée. Les éva­lua­tions effec­tuées par la Com­mis­si­on euro­pé­en­ne peu­vent éga­le­ment ser­vir de source d’information.

Le qua­triè­me para­gra­phe pré­voit que le niveau de pro­tec­tion dans l’É­tat ou l’in­sti­tu­ti­on con­cer­né est rééva­lué périodiquement.

Suite aux dif­fér­ents avis expri­més dans le cad­re de la pro­cé­du­re de con­sul­ta­ti­on, un nou­vel ali­néa 5 pré­voit que les éva­lua­tions effec­tuées par l’Of­fice fédé­ral de la justi­ce soi­ent publiées. La noti­on d’éva­lua­ti­on com­prend aus­si bien l’éva­lua­ti­on que la rééva­lua­ti­on d’É­tats, de ter­ri­toires, de sec­teurs spé­ci­fi­ques dans un État ou d’or­ga­nes inter­na­ti­on­aux qui figu­rent déjà sur la liste et qui font l’ob­jet d’u­ne nou­vel­le éva­lua­ti­on. Une nou­vel­le dis­po­si­ti­on tran­si­toire (art. 46, al. 2) pré­cise que les éva­lua­tions effec­tuées avant l’en­trée en vigueur de la DSV ne sont pas publiées.

Le règle­ment intro­duit la mise en balan­ce des inté­rêts, qui per­met d’a­gir en urgence lorsqu’il peut être con­clu que le carac­tère adé­quat n’est plus garan­ti. Le para­gra­phe 6 pré­voit que l’an­ne­xe 1 est modi­fi­ée s’il est éta­b­li que la pro­tec­tion des don­nées ne peut plus être assu­rée dans un État, un ter­ri­toire, un sec­teur spé­ci­fi­que d’un État ou une insti­tu­ti­on inter­na­tio­na­le. Dans le cas des États-Unis, par exemp­le, l’ar­rêt “Schrems II” de la CJUE de juil­let 2020 a amené le PFPDT à recon­sidé­rer son appré­cia­ti­on et à modi­fier sa liste. Si des infor­ma­ti­ons lais­sent sup­po­ser qu’un Etat con­cer­né n’assu­re plus une pro­tec­tion adé­qua­te des don­nées (par exemp­le en rai­son d’u­ne cri­se éta­tique), le Con­seil fédé­ral peut modi­fier d’ur­gence la liste sans avoir pro­cé­dé à un examen for­mel et com­plet. En effet, selon l’ar­tic­le 7, ali­néa 3 de la LPubl, les publi­ca­ti­ons urgen­tes sont pos­si­bles. Cela ne vaut tou­te­fois que pour une radia­ti­on de la liste. En cas d’a­jout à la liste, il faut sui­v­re la pro­cé­du­re d’éva­lua­ti­on (al. 1 et 2). La modi­fi­ca­ti­on n’a aucu­ne inci­dence sur les com­mu­ni­ca­ti­ons de don­nées déjà effectuées.

Art. 9 Clau­ses de pro­tec­tion des don­nées et garan­ties spécifiques

1 Les clau­ses de pro­tec­tion des don­nées dans un cont­rat au sens de l’art. 16, al. 2, let. b, LPD et les garan­ties spé­ci­fi­ques au sens de l’art. 16, al. 2, let. c, LPD doi­vent con­te­nir au moins les points suivants :

a. l’ap­pli­ca­ti­on des prin­cipes de la léga­li­té, de la bon­ne foi, de la pro­por­ti­on­na­li­té, de la trans­pa­rence, de la fina­li­té et de l’exactitude ;
b. les caté­go­ries de don­nées per­son­nel­les com­mu­ni­quées ain­si que les per­son­nes concernées ;
c. la natu­re et le but de la com­mu­ni­ca­ti­on des don­nées personnelles ;
d. le cas échéant, le nom des Etats ou des orga­nes inter­na­ti­on­aux aux­quels les don­nées per­son­nel­les sont com­mu­ni­quées, ain­si que les exi­gen­ces aux­quel­les la com­mu­ni­ca­ti­on est soumise ;
e. les exi­gen­ces rela­ti­ves à la con­ser­va­ti­on, à l’effa­ce­ment et à la des­truc­tion des don­nées personnelles ;
f. les desti­na­tai­res ou les caté­go­ries de destinataires ;
g. les mesu­res visa­nt à garan­tir la sécu­ri­té des données ;
h. l’ob­li­ga­ti­on de signal­er les vio­la­ti­ons de la sécu­ri­té des données ;
i. si les desti­na­tai­res sont des respons­ables du trai­te­ment : l’ob­li­ga­ti­on d’in­for­mer les per­son­nes con­cer­nées du traitement ;

j. les droits de la per­son­ne con­cer­née, notamment :

1. le droit d’ac­cès et le droit à la resti­tu­ti­on ou à la trans­mis­si­on des données,
2. le droit de s’op­po­ser à la com­mu­ni­ca­ti­on des données,
3. le droit de rec­ti­fier, d’effacer ou de détrui­re leurs données,
4. le droit de deman­der une pro­tec­tion juri­di­que à une auto­ri­té indépendante.
2 Le responsable du trai­te­ment et, en cas de clau­ses de pro­tec­tion des don­nées dans un cont­rat, le sous-trai­tant doi­vent prend­re des mesu­res appro­priées pour s’assurer que le desti­na­tai­re respec­te ces clau­ses ou les garan­ties spécifiques.

3 Si le PFPDT a été infor­mé des clau­ses de pro­tec­tion des don­nées dans un cont­rat ou des garan­ties spé­ci­fi­ques, l’ob­li­ga­ti­on d’in­for­ma­ti­on est con­sidé­rée com­me rem­plie pour tou­tes les com­mu­ni­ca­ti­ons ulté­ri­eu­res qui :

a. sont effec­tuées sous les mêmes clau­ses ou garan­ties de pro­tec­tion des don­nées, pour autant que les caté­go­ries de desti­na­tai­res, la fina­li­té du trai­te­ment et les caté­go­ries de don­nées restent pour l’e­s­sen­tiel inchan­gées ; ou
b. ont lieu au sein de la même per­son­ne mora­le ou socié­té, ou ent­re des ent­re­pri­ses appar­tenant au même groupe.

Rap­port explicatif

Selon l’art. 16, al. 2, nLPD, des don­nées per­son­nel­les peu­vent être com­mu­ni­quées à un Etat qui ne figu­re pas à l’an­ne­xe 1 de l’or­don­nan­ce – c’est-à-dire sans que le Con­seil fédé­ral ait recon­nu le carac­tère adé­quat de la pro­tec­tion des don­nées – si une pro­tec­tion des don­nées appro­priée est garan­tie. Dans le sec­teur pri­vé, cel­le-ci peut être assu­rée par une clau­se de pro­tec­tion des don­nées figu­rant dans un cont­rat con­clu ent­re le responsable du trai­te­ment ou le sous-trai­tant et son cocon­trac­tant (art. 16, al. 2, let. b, nLPD), dans le sec­teur public par des garan­ties spé­ci­fi­ques éla­bo­rées par l’or­ga­ne fédé­ral com­pé­tent (art. 16, al. 2, let. c, nLPD).

Con­trai­re­ment aux aut­res instru­ments men­ti­onnés à l’al. 2 de l’art. 16 nLPD, les respons­ables du trai­te­ment et les sous-trai­tants ne doi­vent pas fai­re approu­ver ces garan­ties par le PFPDT, mais seu­le­ment les lui com­mu­ni­quer avant la com­mu­ni­ca­ti­on de don­nées à l’étran­ger. Il exi­ste un cer­tain ris­que que les respons­ables du trai­te­ment et les sous-trai­tants éva­lu­ent dif­fé­rem­ment le niveau de pro­tec­tion que ces garan­ties sont cen­sées att­eind­re, et cela vaut aus­si bien pour le sec­teur pri­vé que pour le sec­teur public.

Le Con­seil fédé­ral esti­me donc qu’il con­vi­ent de fixer cer­tai­nes nor­mes de pro­tec­tion des don­nées et pré­cise à l’ar­tic­le 9, para­gra­phe 1, art. ce que ces clau­ses de pro­tec­tion des don­nées ou ces garan­ties spé­ci­fi­ques doi­vent au moins régler.

Il s’a­git des points suivants :

L’ap­pli­ca­ti­on des prin­cipes de léga­li­té, de bon­ne foi, de pro­por­ti­on­na­li­té, de trans­pa­rence, de fina­li­té et d’e­xac­ti­tu­de (let. a).

Les caté­go­ries de don­nées per­son­nel­les com­mu­ni­quées et les per­son­nes con­cer­nées (let. b).

la natu­re et le but de la com­mu­ni­ca­ti­on des don­nées per­son­nel­les (let. c).

Le cas échéant, le nom des États ou des orga­nes inter­na­ti­on­aux vers les­quels ou au pro­fit des­quels les don­nées per­son­nel­les sont com­mu­ni­quées, ain­si que les exi­gen­ces en matiè­re de com­mu­ni­ca­ti­on (let. d) : l’ex­pres­si­on “le cas échéant” off­re la pos­si­bi­li­té de s’ad­ap­ter aux cir­con­stances d’un trai­té. Dans cer­ta­ins cont­rats très limi­tés, cet­te lett­re n’ent­re pas en ligne de comp­te. Par exemp­le, si aucu­ne don­née n’est com­mu­ni­quée à un orga­ne inter­na­tio­nal dans le cad­re du cont­rat, une tel­le men­ti­on serait évi­dem­ment superflue.

Les exi­gen­ces rela­ti­ves à la con­ser­va­ti­on, à l’effa­ce­ment et à la des­truc­tion des don­nées per­son­nel­les (let. e).

les desti­na­tai­res ou les caté­go­ries de desti­na­tai­res (let. f) : Les caté­go­ries de desti­na­tai­res peu­vent être uti­les, même si elles sont indi­quées sous une for­me géné­ri­que, lorsque cela est néces­saire (par exemp­le : repré­sen­tants et repré­sen­tan­tes, per­son­nes char­gées du trai­te­ment des com­man­des, core­spons­ables, méde­cins trai­tants, com­mu­nes, orga­ni­sa­ti­ons par­ten­aires exter­nes, etc.)

Les mesu­res visa­nt à garan­tir la sécu­ri­té des don­nées (let. g).

L’ob­li­ga­ti­on de noti­fier les vio­la­ti­ons de la sécu­ri­té des don­nées (let. h).

Si les desti­na­tai­res sont des respons­ables : l’ob­li­ga­ti­on d’in­for­mer les per­son­nes con­cer­nées du trai­te­ment (let. i) : Le desti­na­tai­re en tant que sous-trai­tant peut ne pas être responsable et satis­fai­re à cet­te obligation.

les droits de la per­son­ne con­cer­née (let. j), en par­ti­cu­lier : le droit d’ac­cès et le droit à la remi­se ou à la trans­mis­si­on des don­nées (ch. 1), le droit de s’op­po­ser à la com­mu­ni­ca­ti­on des don­nées (ch. 2), le droit de rec­ti­fier, d’effacer ou de détrui­re ses don­nées (ch. 3) et le droit de deman­der une pro­tec­tion juri­di­que à une auto­ri­té indé­pen­dan­te (auto­ri­té de pro­tec­tion des don­nées ou tri­bu­nal) (ch. 4).

Tous ces points cor­re­spon­dent aux bases de la nLPD. L’al. 2 pré­cise en out­re qu’en cas de com­mu­ni­ca­ti­on de don­nées per­son­nel­les à l’étran­ger, le responsable du trai­te­ment doit prend­re des mesu­res appro­priées pour s’assurer que le desti­na­tai­re respec­te les clau­ses de pro­tec­tion des don­nées figu­rant dans un cont­rat ou les garan­ties spé­ci­fi­ques ; le sous-trai­tant doit éga­le­ment s’en assurer en cas de clau­ses de pro­tec­tion des don­nées figu­rant dans un cont­rat (le trai­te­ment sur man­dat ne s’ap­pli­que pas aux garan­ties spé­ci­fi­ques). Ain­si, cet ali­néa (qui reprend en sub­stance l’art. 6, al. 2 et 4 OLPD) per­met de s’assurer que le desti­na­tai­re des don­nées com­mu­ni­quées respec­te le cad­re de pro­tec­tion des don­nées en vigueur en Suisse.

Un troi­siè­me ali­néa reprend l’ar­tic­le 6, 2e ali­néa, OLPD, rela­tif au devoir d’in­for­ma­ti­on du responsable. Il n’est adap­té que sur le plan réd­ac­tion­nel (par exemp­le, le ter­me “maît­re du fichier” est rem­pla­cé dans la ver­si­on fran­çai­se), en sup­p­ri­mant la deu­xiè­me par­tie de la phra­se de l’art. 6, al. 2, let. b, OLPD. De tou­te façon, une com­mu­ni­ca­ti­on à l’étran­ger n’est auto­ri­sée que si les clau­ses de pro­tec­tion des don­nées ou les garan­ties assu­rent une pro­tec­tion appro­priée, en répond­ant notam­ment aux exi­gen­ces de l’ar­tic­le 9, 1er ali­néa, art. Il n’est donc pas néces­saire de le men­ti­on­ner une nou­vel­le fois à l’art. 9, al. 3, let. b, art.

Art. 10 Clau­ses stan­dard de pro­tec­tion des données 
1 Si le responsable ou le sous-trai­tant com­mu­ni­que des don­nées per­son­nel­les à l’étran­ger au moy­en de clau­ses stan­dard de pro­tec­tion des don­nées au sens de l’art. 16, al. 2, let. d, LPD, il prend des mesu­res appro­priées pour s’assurer que le desti­na­tai­re respec­te ces clauses.
2 Le PFPDT publie une liste des clau­ses stan­dard de pro­tec­tion des don­nées qu’il a approu­vées, déli­v­rées ou recon­nues. Il com­mu­ni­que le résul­tat de l’ex­amen des clau­ses stan­dard de pro­tec­tion des don­nées qui lui sont sou­mi­ses dans les 90 jours.

Rap­port explicatif

Com­me pour la com­mu­ni­ca­ti­on de don­nées à l’étran­ger, qui se fon­de sur des clau­ses de pro­tec­tion des don­nées dans un cont­rat et sur des garan­ties spé­ci­fi­ques, la com­mu­ni­ca­ti­on de don­nées au moy­en de clau­ses stan­dard de pro­tec­tion des don­nées (art. 16, al. 2, let. d, nLPD) doit respec­ter les dis­po­si­ti­ons sui­s­ses de pro­tec­tion des don­nées. Ain­si, l’ar­tic­le 10, 1er ali­néa, art., qui cor­re­spond en prin­ci­pe à l’ar­tic­le 6, 4e ali­néa, OLPD, pré­cise que le responsable du trai­te­ment ou le sous-trai­tant doit prend­re des mesu­res appro­priées pour s’assurer que le desti­na­tai­re respec­te effec­ti­ve­ment les clau­ses stan­dard. Dans le com­men­tai­re de l’Of­fice fédé­ral de la justi­ce rela­tif à l’OLPD, ce devoir de dili­gence est pré­cisé com­me suit : “L’a­dé­qua­ti­on des mesu­res exi­gées est fonc­tion des cir­con­stances du cas con­cret et de l’é­tat de la tech­ni­que. S’il s’a­git de don­nées per­son­nel­les sen­si­bles ou de pro­fils de la per­son­na­li­té, les exi­gen­ces sont plus éle­vées que s’il s’a­git de simp­les don­nées per­son­nel­les”. Le ter­me “pro­fils de per­son­na­li­té” n’est cer­tes plus uti­li­sé dans la nLPD, mais l’ex­pli­ca­ti­on reste per­ti­nen­te pour com­prend­re que les mesu­res doi­vent être adap­tées aux cir­con­stances con­crè­tes. Il s’a­git là d’un devoir de dili­gence et le responsable ou le sous-trai­tant doit veil­ler à ce que les mesu­res soi­ent pri­ses et con­trô­ler leur mise en œuvre.

L’al. 2 con­cer­ne l’ap­pro­ba­ti­on par le PFPDT des clau­ses stan­dard de pro­tec­tion des don­nées éla­bo­rées par une per­son­ne pri­vée ou un orga­ne fédé­ral. Le PFPDT émet un avis et publie sur son site inter­net une liste des clau­ses stan­dard de pro­tec­tion des don­nées qu’il a approu­vées, déli­v­rées ou recon­nues. Les clau­ses stan­dard doi­vent être con­for­mes aux exi­gen­ces sui­s­ses en matiè­re de pro­tec­tion des don­nées et pou­voir être inter­pré­tées con­for­mé­ment à la légis­la­ti­on sui­s­se en la matiè­re. Le PFPDT “com­mu­ni­que le résul­tat de l’ex­amen des clau­ses stan­dard de pro­tec­tion des don­nées qui lui sont sou­mi­ses dans un délai de 90 jours”.

Art. 11 Règles inter­nes à l’entre­pri­se con­traignan­tes en matiè­re de pro­tec­tion des données
1 Les pre­scrip­ti­ons inter­nes con­traignan­tes en matiè­re de pro­tec­tion des don­nées selon l’art. 16, al. 2, let. e, LPD s’ap­pli­quent à tou­tes les ent­re­pri­ses appar­tenant au même groupe.

2 Elles com­pren­nent au moins les élé­ments visés à l’ar­tic­le 9, para­gra­phe 1, ain­si que les infor­ma­ti­ons suivantes :

a. l’or­ga­ni­sa­ti­on et les coor­don­nées du grou­pe et de ses entreprises ;
b. les mesu­res pri­ses au sein du grou­pe pour respec­ter les dis­po­si­ti­ons con­traignan­tes inter­nes à l’entre­pri­se en matiè­re de pro­tec­tion des données.
3 Le PFPDT com­mu­ni­que dans un délai de 90 jours le résul­tat de l’ex­amen des règles inter­nes con­traignan­tes en matiè­re de pro­tec­tion des don­nées qui lui ont été soumises.

Rap­port explicatif

Des règles con­traignan­tes inter­nes à l’entre­pri­se en matiè­re de pro­tec­tion des don­nées s’ap­pli­quent à tou­tes les ent­re­pri­ses appar­tenant au même grou­pe et doi­vent être respec­tées par cel­les-ci. Ces règles doi­vent non seu­le­ment com­prend­re les points men­ti­onnés à l’art. 9, al. 1, art. 2, mais aus­si des infor­ma­ti­ons sur l’or­ga­ni­sa­ti­on et les coor­don­nées du grou­pe et de cha­cu­ne de ses enti­tés (al. 2, let. a), ain­si que des infor­ma­ti­ons sur les mesu­res pri­ses au sein du grou­pe pour garan­tir le respect des règles inter­nes à l’entre­pri­se (al. 2, let. b).

Ces pre­scrip­ti­ons inter­nes à l’entre­pri­se doi­vent en out­re être sou­mi­ses au PFPDT con­for­mé­ment à l’art. 16, al. 2, let. e, nLPD.

L’ar­tic­le 11 Art. com­prend un nou­vel ali­néa 3 selon lequel le PFPDT “com­mu­ni­que dans un délai de 90 jours le résul­tat de l’ex­amen des règles con­traignan­tes de pro­tec­tion des don­nées inter­nes à l’entre­pri­se qui lui ont été soumises”.

Art. 12 Codes de con­duite et certifications
1 Les don­nées per­son­nel­les peu­vent être com­mu­ni­quées à l’étran­ger si un code de con­duite ou une cer­ti­fi­ca­ti­on garan­tit une pro­tec­tion des don­nées appropriée.
2 Le code de con­duite doit être pré­ala­blem­ent sou­mis au PFPDT pour approbation.
3 le code de con­duite ou la cer­ti­fi­ca­ti­on doit être assorti(e) d’un enga­ge­ment con­traignant et exé­cu­toire du responsable du trai­te­ment ou du sous-trai­tant dans le pays tiers à appli­quer les mesu­res qu’il contient

Rap­port explicatif

Con­for­mé­ment à l’art. 16, al. 3, nLPD, le Con­seil fédé­ral peut pré­voir d’aut­res garan­ties appro­priées per­met­tant la com­mu­ni­ca­ti­on de don­nées à l’étran­ger. Ain­si, une pro­tec­tion des don­nées appro­priée peut éga­le­ment être assu­rée par un code de con­duite ou une cer­ti­fi­ca­ti­on (al. 1).

Cet­te nou­vel­le mesu­re inci­te les ent­re­pri­ses à mett­re en place un tel code ou à fai­re cer­ti­fier leurs systè­mes, pro­duits ou ser­vices. Com­me pour les clau­ses stan­dard de pro­tec­tion des don­nées et les règles inter­nes con­traignan­tes des ent­re­pri­ses, il est sti­pulé, pour des rai­sons de cohé­rence, que les codes de con­duite doi­vent être approu­vés par le PFPDT (al. 2). En effet, ces instru­ments doi­vent être exami­nés quant à leur adé­qua­ti­on. Pour son examen, le PFPDT peut s’in­spi­rer des critères de l’art. 9, al. 1, art. L’ap­pro­ba­ti­on des codes de con­duite par le PFPDT n’est pas en con­tra­dic­tion avec l’art. 11 nLPD, qui pré­voit de maniè­re géné­ra­le que le PFPDT don­ne son avis sur les codes de con­duite qui lui sont sou­mis, mais ne les approuve pas. Dans le cas con­cret où un responsable s’ap­pu­ie sur son code de con­duite pour com­mu­ni­quer des don­nées à l’étran­ger, il est indi­qué, com­me pour les clau­ses stan­dard de pro­tec­tion des don­nées et les règles inter­nes con­traignan­tes de l’entre­pri­se, que le PFPDT approuve cet instru­ment. Selon l’or­don­nan­ce du 28 sep­tembre 2007 sur les cer­ti­fi­ca­ti­ons en matiè­re de pro­tec­tion des don­nées, seu­les les cer­ti­fi­ca­ti­ons étran­gè­res doi­vent être recon­nues par le PFPDT. Cet­te dis­po­si­ti­on est main­te­nue dans l’or­don­nan­ce tota­le­ment révi­sée. Cela ne signi­fie tou­te­fois pas que la cer­ti­fi­ca­ti­on ne doit pas répond­re aux exi­gen­ces de l’or­don­nan­ce sur les cer­ti­fi­ca­ti­ons en matiè­re de pro­tec­tion des données.

En out­re, le responsable ou le sous-trai­tant qui se trouve dans un pays tiers doit prend­re l’en­ga­ge­ment con­traignant et exé­cu­toire d’ap­pli­quer les mesu­res con­te­nues dans le code de con­duite ou dans la cer­ti­fi­ca­ti­on (al. 3).

Abro­ga­ti­on des artic­les 5 et 7 OLPD

Les artic­les 5 et 7 OLPD ne sont pas repris. La pre­miè­re dis­po­si­ti­on a été insé­rée dans la nLPD (art. 18). La secon­de, qui attri­buait au PFPDT la com­pé­tence d’é­ta­b­lir une liste des Etats offrant un niveau de pro­tec­tion adé­quat des don­nées, est obsolè­te puis­que c’est désor­mais le Con­seil fédé­ral qui a cet­te com­pé­tence (art. 16, al. 1, nLPD).

Cha­pit­re 2 Obli­ga­ti­ons du responsable

Art. 13 Moda­li­tés de l’ob­li­ga­ti­on d’information

Le responsable doit com­mu­ni­quer à la per­son­ne con­cer­née les infor­ma­ti­ons rela­ti­ves à la coll­ec­te de don­nées per­son­nel­les sous une for­me pré­cise, trans­pa­ren­te, com­pré­hen­si­ble et aisé­ment accessible.

Rap­port explicatif

L’ob­li­ga­ti­on d’in­for­ma­ti­on du responsable est inscri­te à l’ar­tic­le 19 nLPD. Les excep­ti­ons et les limi­ta­ti­ons sont défi­nies à l’ar­tic­le 20 nLPD. L’ar­tic­le 19, para­gra­phe 1, nLPD pré­voit que la per­son­ne con­cer­née doit être infor­mée de maniè­re “adé­qua­te”. Cela signi­fie que l’in­for­ma­ti­on doit être com­mu­ni­quée, dans la mesu­re du pos­si­ble, sous une for­me pré­cise, trans­pa­ren­te, com­pré­hen­si­ble et faci­le­ment accessible.

En d’aut­res ter­mes, lors du choix de la for­me d’in­for­ma­ti­on, le responsable doit veil­ler à ce que la per­son­ne con­cer­née obti­en­ne tou­jours les infor­ma­ti­ons les plus importan­tes au pre­mier niveau de com­mu­ni­ca­ti­on lors de la coll­ec­te de ses don­nées per­son­nel­les. Si la com­mu­ni­ca­ti­on se fait par exemp­le via un site inter­net, une bon­ne pra­tique peut con­si­ster à ce que tou­tes les infor­ma­ti­ons essen­ti­el­les soi­ent dis­po­ni­bles en un coup d’œil, par exemp­le sous la for­me d’un aper­çu struc­tu­ré. Pour obte­nir des infor­ma­ti­ons sup­p­lé­men­tai­res, la per­son­ne con­cer­née peut ensuite cli­quer sur les infor­ma­ti­ons affi­chées en pre­mier lieu, ce qui ouvre une fenêt­re con­tenant des infor­ma­ti­ons plus détail­lées. Il con­vi­ent tou­te­fois de noter que la com­mu­ni­ca­ti­on via un site web n’est pas tou­jours suf­fi­san­te : La per­son­ne con­cer­née doit savoir qu’el­le peut trou­ver les infor­ma­ti­ons sur un site web spé­ci­fi­que. Dans le cas d’u­ne con­ver­sa­ti­on télé­pho­ni­que, les infor­ma­ti­ons peu­vent éga­le­ment être com­mu­ni­quées ora­le­ment et éven­tu­el­le­ment com­plé­tées par un lien vers un site web. Dans le cas d’in­for­ma­ti­ons enre­gi­strées, la per­son­ne con­cer­née doit avoir la pos­si­bi­li­té d’écou­ter des infor­ma­ti­ons plus détail­lées. Dans le cas où la per­son­ne est fil­mée par un système de vidé­o­sur­veil­lan­ce ou un dro­ne, elle doit en être infor­mée, par exemp­le par un pan­neau ou dans le cad­re d’u­ne cam­pa­gne d’information.

Con­for­mé­ment à l’art. 19, al. 1, nLPD, l’art. 13 s’adres­se uni­quement au responsable du trai­te­ment et non au sous-trai­tant. Il con­vi­ent tou­te­fois de pré­cis­er ici que l’in­for­ma­ti­on du responsable doit éga­le­ment con­te­nir des indi­ca­ti­ons sur les desti­na­tai­res ou les caté­go­ries de desti­na­tai­res, con­for­mé­ment à l’art. 19, al. 2, let. c, nLPD. Selon les expli­ca­ti­ons du mes­sa­ge rela­tif à la loi sur la pro­tec­tion des don­nées, le sous-trai­tant fait éga­le­ment par­tie des desti­na­tai­res au sens de l’art. 19, al. 2, let. c, nLPD (FF 2017 6941, 7051). Lors de la coll­ec­te de don­nées per­son­nel­les, le responsable doit donc éga­le­ment infor­mer la per­son­ne con­cer­née du fait que les don­nées seront com­mu­ni­quées à un sous-traitant.

Art. 14 Con­ser­va­ti­on de l’ana­ly­se d’im­pact rela­ti­ve à la pro­tec­tion des données

Le responsable du trai­te­ment doit con­ser­ver l’ana­ly­se d’im­pact rela­ti­ve à la pro­tec­tion des don­nées pen­dant au moins deux ans après la fin du trai­te­ment des données.

Rap­port explicatif

La nor­me con­cré­ti­se la durée de con­ser­va­ti­on de l’ana­ly­se d’im­pact rela­ti­ve à la pro­tec­tion des don­nées au sens de l’ar­tic­le 22 nLPD. Cel­le-ci doit être con­ser­vée pen­dant au moins 2 ans. La rai­son pour laquel­le l’ana­ly­se d’im­pact rela­ti­ve à la pro­tec­tion des don­nées doit être con­ser­vée au-delà du trai­te­ment des don­nées est qu’el­le con­sti­tue un instru­ment cen­tral de la pro­tec­tion des don­nées. Elle peut notam­ment être importan­te lors de la cla­ri­fi­ca­ti­on de vio­la­ti­ons de la sécu­ri­té des don­nées ou de l’éva­lua­ti­on de la punis­sa­bi­li­té d’un com­porte­ment. Ain­si, l’ana­ly­se d’im­pact rela­ti­ve à la pro­tec­tion des don­nées rens­eig­ne sur la maniè­re dont les ris­ques pour la per­son­na­li­té ou les droits fon­da­men­taux ont été éva­lués et sur les mesu­res qui ont été pri­ses. Pour les orga­nes fédé­raux qui ne peu­vent en prin­ci­pe trai­ter des don­nées qu’en se fond­ant sur des bases léga­les, il peut arri­ver, en rai­son de la per­ma­nence de cer­tai­nes bases léga­les, qu’u­ne ana­ly­se d’im­pact rela­ti­ve à la pro­tec­tion des don­nées doi­ve être con­ser­vée sur une très longue période.<

Dans le cas des orga­nes fédé­raux, il fau­dra en out­re rég­ler la maniè­re dont l’ana­ly­se d’im­pact sur la pro­tec­tion des don­nées doit être coor­don­née dans le temps avec la pro­cé­du­re légis­la­ti­ve visa­nt à cré­er les bases léga­les pour le trai­te­ment des don­nées. Il est pré­vu que les orga­nes fédé­raux doi­vent joind­re l’ana­ly­se d’im­pact sur la pro­tec­tion des don­nées à leurs pro­jets d’ac­tes légis­la­tifs et qu’ils doi­vent con­si­gner les résul­tats de l’ana­ly­se d’im­pact sur la pro­tec­tion des don­nées dans le mes­sa­ge du Con­seil fédé­ral. Mais com­me la régle­men­ta­ti­on n’a qu’un carac­tère d’ins­truc­tion au sein de l’ad­mi­ni­stra­ti­on fédé­ra­le, elle ne doit pas être réglée au niveau d’u­ne ordon­nan­ce. Il est pré­vu de mett­re en œuvre la régle­men­ta­ti­on dans les direc­ti­ves rela­ti­ves aux affai­res du Con­seil fédé­ral (“clas­seur rouge”) et dans le gui­de du message.

Pour la mise en œuvre de l’ana­ly­se d’im­pact rela­ti­ve à la pro­tec­tion des don­nées, le PFPDT peut fai­re usa­ge de sa com­pé­tence pour éla­bo­rer des instru­ments de tra­vail sous for­me de recom­man­da­ti­ons de bon­nes pra­ti­ques à l’in­ten­ti­on des respons­ables de trai­te­ment au sens de l’art. 58, al. 1, let. g, nLPD. Il dis­po­se à cet égard d’u­ne cer­taine mar­ge d’appréciation.

Art. 15 Noti­fi­ca­ti­on des vio­la­ti­ons de la sécu­ri­té des données

1 La noti­fi­ca­ti­on d’u­ne vio­la­ti­on de la sécu­ri­té des don­nées au PFPDT doit con­te­nir les infor­ma­ti­ons suivantes :

a. la natu­re de la violation ;
b. dans la mesu­re du pos­si­ble, la date et la durée ;
c. dans la mesu­re du pos­si­ble, les caté­go­ries et le nombre appro­xi­ma­tif de don­nées per­son­nel­les concernées ;
d. dans la mesu­re du pos­si­ble, les caté­go­ries et le nombre appro­xi­ma­tif de per­son­nes concernées ;
e. les con­sé­quen­ces, y com­pris les ris­ques éven­tuels, pour les per­son­nes concernées ;
f. quel­les mesu­res ont été pri­ses ou sont pré­vues pour remé­dier au défaut et en atté­nuer les con­sé­quen­ces, y com­pris les ris­ques éventuels ;
g. le nom et les coor­don­nées d’u­ne per­son­ne de contact.
2 Si le responsable n’est pas en mesu­re de com­mu­ni­quer tou­tes les don­nées en même temps, il four­nit les don­nées man­quan­tes dans les meil­leurs délais.
3 Lorsque le responsable est tenu d’in­for­mer la per­son­ne con­cer­née, il lui com­mu­ni­que, dans un lan­ga­ge simp­le et com­pré­hen­si­ble, au moins les infor­ma­ti­ons visées à l’al. 1, let. a et e‑g
4 Le responsable doit docu­men­ter les vio­la­ti­ons. La docu­men­ta­ti­on doit con­te­nir les faits liés aux inci­dents, leurs con­sé­quen­ces et les mesu­res pri­ses. Elle doit être con­ser­vée pen­dant au moins deux ans à comp­ter de la date de noti­fi­ca­ti­on visée à l’a­li­néa 1.

Rap­port explicatif

L’art. 24, al. 2, nLPD con­ti­ent les exi­gen­ces mini­ma­les aux­quel­les doit répond­re la noti­fi­ca­ti­on au PFPDT par le responsable d’u­ne vio­la­ti­on de la sécu­ri­té des don­nées : il s’a­git notam­ment du type de vio­la­ti­on, de ses con­sé­quen­ces et des mesu­res pri­ses ou pré­vues. Le con­te­nu de cet­te noti­fi­ca­ti­on au PFPDT est défi­ni à l’art. 15, al. 1, art. (anci­en­ne­ment art. 19, al. 1, P‑LPD) pré­cise enco­re davan­ta­ge. Il con­vi­ent de noter que, con­for­mé­ment à l’art. 24, al. 1, nLPD, la noti­fi­ca­ti­on au PFPDT est limi­tée aux vio­la­ti­ons de la sécu­ri­té des don­nées qui ent­raî­nent vrais­em­bla­blem­ent un ris­que éle­vé pour la per­son­na­li­té ou les droits fon­da­men­taux de la per­son­ne con­cer­née. Seu­les les vio­la­ti­ons devant être noti­fi­ées doi­vent l’être.

L’a­li­néa 1 con­ti­ent le cata­lo­gue d’in­for­ma­ti­ons sui­vant : Out­re le type de vio­la­ti­on de la sécu­ri­té des don­nées déjà men­ti­onné dans la loi (let. a), il est éga­le­ment pré­vu que, dans la mesu­re du pos­si­ble, le moment et la durée de la vio­la­ti­on de la sécu­ri­té des don­nées doi­vent éga­le­ment être com­mu­ni­qués (let. b). Dans la mesu­re du pos­si­ble, les caté­go­ries et le nombre appro­xi­ma­tif de don­nées per­son­nel­les con­cer­nées par la vio­la­ti­on de la sécu­ri­té des don­nées (let. c) doi­vent éga­le­ment être com­mu­ni­quées, de même que les caté­go­ries et le nombre appro­xi­ma­tif de per­son­nes con­cer­nées (let. d). Ces infor­ma­ti­ons sont d’u­ne importance fon­da­men­ta­le pour pou­voir éva­luer l’am­pleur de la vio­la­ti­on. Il est notam­ment néces­saire de savoir quel­les caté­go­ries de don­nées per­son­nel­les sont con­cer­nées par la vio­la­ti­on (p. ex. adres­ses, infor­ma­ti­ons sur les car­tes de cré­dit, don­nées rela­ti­ves à la san­té), afin que les expli­ca­ti­ons sur les con­sé­quen­ces, les ris­ques et les mesu­res soi­ent com­pré­hen­si­bles. Dans le cad­re de la noti­fi­ca­ti­on des con­sé­quen­ces et des ris­ques pour les per­son­nes con­cer­nées (let. e) et des mesu­res pri­ses par le responsable du trai­te­ment (let. f), ce der­nier doit, lors de l’in­for­ma­ti­on de la per­son­ne con­cer­née, pré­cis­er ent­re aut­res quel­les caté­go­ries de don­nées per­son­nel­les sont con­cer­nées par la vio­la­ti­on dans son cas. Cela per­met à la per­son­ne con­cer­née de prend­re elle-même des mesu­res con­crè­tes (p. ex. chan­ge­ment immé­di­at du mot de pas­se si des don­nées de con­ne­xi­on ont été déro­bées ou blo­ca­ge de la car­te de cré­dit). Enfin, le responsable doit com­mu­ni­quer le nom et les coor­don­nées d’u­ne per­son­ne de cont­act (let. g), qui ser­vi­ra de point de cont­act pour la com­mu­ni­ca­ti­on avec le PFPDT ain­si qu’a­vec les per­son­nes concernées.

L’al. 2 per­met au responsable de mett­re les infor­ma­ti­ons à la dis­po­si­ti­on du PFPDT par étapes, au cas où il ne serait pas pos­si­ble de four­nir simul­ta­né­ment tou­tes les infor­ma­ti­ons visées à l’al. 1 dès la décou­ver­te de la vio­la­ti­on de la sécu­ri­té des don­nées. Com­me le responsable est tenu d’en­voy­er la com­mu­ni­ca­ti­on “dans les meil­leurs délais” con­for­mé­ment à l’art. 24, al. 1, nLPD, le pro­blè­me se pose­ra régu­liè­re­ment dans la pra­tique, en par­ti­cu­lier pour les infor­ma­ti­ons visées à l’al. 1, let. b à d, qui ne sont sou­vent pas enco­re dis­po­ni­bles immé­dia­te­ment après la décou­ver­te de la vio­la­ti­on de la sécu­ri­té des don­nées. C’est pour­quoi le responsable a la pos­si­bi­li­té, dans un pre­mier temps, de ne four­nir que les infor­ma­ti­ons de base dont il a con­nais­sance lors de la décou­ver­te de la vio­la­ti­on. En ce qui con­cer­ne la noti­fi­ca­ti­on ulté­ri­eu­re, le responsable est tenu – com­me le pré­voit l’ar­tic­le 24, 1er ali­néa, nLPD – de com­mu­ni­quer les infor­ma­ti­ons restan­tes “dans les meil­leurs délais”. Dès que les infor­ma­ti­ons man­quan­tes sont dis­po­ni­bles, le responsable doit les mett­re à la dis­po­si­ti­on du PFPDT par une com­mu­ni­ca­ti­on ulté­ri­eu­re. Si les don­nées doi­vent enco­re être obte­nues, il doit s’en occup­er sans délai.

L’al. 3 pré­cise les infor­ma­ti­ons qui doi­vent être four­nies à la per­son­ne con­cer­née si une infor­ma­ti­on doit lui être trans­mi­se con­for­mé­ment à l’art. 24, al. 4, nLPD. En out­re, cet­te infor­ma­ti­on doit être com­mu­ni­quée dans un lan­ga­ge aus­si simp­le et com­pré­hen­si­ble que pos­si­ble – par rap­port à la com­mu­ni­ca­ti­on au pré­po­sé -, car on ne peut pas par­tir du prin­ci­pe qu’u­ne per­son­ne con­cer­née moy­enne est fami­lia­ri­sée avec le jar­gon de cet­te matiè­re à carac­tère tech­ni­que. Le con­te­nu de la com­mu­ni­ca­ti­on au PFPDT est un peu plus lar­ge que celui de l’in­for­ma­ti­on aux per­son­nes con­cer­nées, car le pre­mier doit pou­voir se fai­re une idée de l’am­pleur d’u­ne vio­la­ti­on de la sécu­ri­té des données.

L’al. 4 pré­voit que les faits liés à la vio­la­ti­on de la sécu­ri­té des don­nées signa­lée, ses con­sé­quen­ces et les mesu­res pri­ses doi­vent être docu­men­tés. Les docu­ments doi­vent être con­ser­vés pen­dant au moins deux ans à comp­ter de la date de noti­fi­ca­ti­on de la vio­la­ti­on de la sécu­ri­té des données.

En ce qui con­cer­ne la mise en œuvre pra­tique de l’ob­li­ga­ti­on de noti­fi­ca­ti­on pré­vue à l’ar­tic­le 24 nLPD, il con­vi­ent de noter que, sur la base des expé­ri­en­ces fai­tes par des auto­ri­tés de sur­veil­lan­ce étran­gè­res lors de la mise en œuvre de l’ob­li­ga­ti­on de noti­fi­ca­ti­on de con­cep­ti­on simi­lai­re pré­vue à l’ar­tic­le 33 du règle­ment (UE) 2016/679, on peut s’at­tendre à un grand nombre de noti­fi­ca­ti­ons annuel­les. Ain­si, l’é­ch­an­ge avec l’Of­fice bava­rois de sur­veil­lan­ce de la pro­tec­tion des don­nées, dont les chif­fres peu­vent être à peu près pro­je­tés sur la Sui­s­se, a révé­lé qu’en­vi­ron 6000 noti­fi­ca­ti­ons pour­rai­ent être reçues chaque année. Afin d’offrir aux respons­ables une pos­si­bi­li­té de noti­fi­ca­ti­on struc­tu­rée et de trai­ter la mas­se des noti­fi­ca­ti­ons de la maniè­re la plus effi­cace pos­si­ble, le PFPDT tra­vail­le actu­el­le­ment au déve­lo­p­pe­ment d’u­ne inter­face de noti­fi­ca­ti­on basée sur le web, pro­ba­blem­ent sous la for­me d’un for­mu­lai­re inter­ac­tif. Dans le cad­re de ce pro­jet, le PFPDT exami­ne éga­le­ment actu­el­le­ment la pos­si­bi­li­té de cré­er un por­tail d’an­non­ce com­mun avec d’aut­res orga­nes fédé­raux qui pré­voi­ent des obli­ga­ti­ons ou des pos­si­bi­li­tés d’an­non­ce simi­lai­res dans le domaine de la sécu­ri­té des don­nées (p. ex. pour l’an­non­ce dans le cas d’in­fras­truc­tures cri­ti­ques). Un tel por­tail de noti­fi­ca­ti­on per­met­trait de rédui­re la char­ge de tra­vail pour le responsable si celui-ci doit effec­tuer des noti­fi­ca­ti­ons auprès de plu­sieurs ser­vices fédéraux.

Cha­pit­re 3 Droits de la per­son­ne concernée

Rap­port explicatif

Le cha­pit­re sur les droits de la per­son­ne con­cer­née ne com­pre­nait dans la P‑LPD que le droit d’ac­cès et ses rest­ric­tions. Le Par­le­ment a ajou­té un droit à la resti­tu­ti­on et à la trans­mis­si­on des don­nées. En con­sé­quence, le règle­ment pré­cise ces deux types de droits de la per­son­ne con­cer­née dans des sec­tions distinctes.

La sec­tion 1 trai­te du droit d’ac­cès. Après con­cer­ta­ti­on avec le Dépar­te­ment fédé­ral des affai­res étran­gè­res et le Dépar­te­ment fédé­ral de la défen­se, de la pro­tec­tion de la popu­la­ti­on et des sports, le con­te­nu de l’art. 14 OLPD n’a pas été repris dans l’art. C’est pour­quoi le droit d’ac­cès est désor­mais réglé pour les deux sec­teurs, pri­vé et public, dans le même cha­pit­re. Celui-ci suit la sys­té­ma­tique de la nLPD et se rat­ta­che aux dis­po­si­ti­ons rela­ti­ves aux obli­ga­ti­ons du responsable.

Les dif­fér­ents aspects du droit d’ac­cès sont désor­mais répar­tis dans plu­sieurs artic­les. Un pre­mier artic­le se con­cent­re sur les moda­li­tés du droit d’ac­cès, notam­ment la for­me de la com­mu­ni­ca­ti­on des infor­ma­ti­ons. Un deu­xiè­me artic­le règ­le le droit d’ac­cès lorsque plu­sieurs respons­ables trai­tent con­join­te­ment des don­nées per­son­nel­les ou lorsque des don­nées sont trai­tées par un sous-trai­tant. Un troi­siè­me artic­le fixe les délais et un qua­triè­me artic­le règ­le les excep­ti­ons à la gra­tui­té du droit d’accès.

La sec­tion 2 trai­te du droit à l’é­di­ti­on ou à la trans­mis­si­on de don­nées. Elle com­prend les artic­les sui­vants : L’ar­tic­le 20 Art. trai­te de l’é­ten­due du droit, l’ar­tic­le 21 Art. des exi­gen­ces tech­ni­ques de mise en œuvre et l’ar­tic­le 22 Art. (anci­en­ne­ment art. 24 P‑ODSG) pré­cise, sous Délai, moda­li­tés et com­pé­tence, dans quel­le mesu­re les dis­po­si­ti­ons rela­ti­ves au droit d’ac­cès s’ap­pli­quent au droit à la remi­se ou à la trans­mis­si­on de données.

Sec­tion 1 Droit d’accès

Art. 16 Modalités
1 Tou­te per­son­ne qui deman­de au responsable de lui indi­quer si des don­nées per­son­nel­les la con­cer­nant sont trai­tées doit le fai­re par écrit. Si le responsable est d’ac­cord, la deman­de peut éga­le­ment être com­mu­ni­quée oralement.
2 L’in­for­ma­ti­on est four­nie par écrit ou sous la for­me sous laquel­le les don­nées sont dis­po­ni­bles. En accord avec le responsable du trai­te­ment, la per­son­ne con­cer­née peut con­sul­ter ses don­nées sur place. L’in­for­ma­ti­on peut être four­nie ora­le­ment si la per­son­ne con­cer­née y consent.
3 La deman­de d’ac­cès et la com­mu­ni­ca­ti­on des infor­ma­ti­ons peu­vent se fai­re par voie électronique
4 Les infor­ma­ti­ons doi­vent être four­nies à la per­son­ne con­cer­née sous une for­me compréhensible.
5 Le responsable doit prend­re des mesu­res rai­sonn­ables pour iden­ti­fier la per­son­ne con­cer­née. Cel­le-ci est tenue de coopérer

Rap­port explicatif

Cet­te dis­po­si­ti­on con­cré­ti­se les moda­li­tés du droit d’ac­cès pré­vues à l’ar­tic­le 25 nLPD. Elle reprend en par­tie l’art. 8, al. 5, LPD ain­si que l’art. 1, al. 1 à 3, OLPD.

Ali­néa 1

L’ar­tic­le 16 Art. (anci­en­ne­ment art. 20 P‑ODSG) se con­cent­re, à l’a­li­néa 1, sur la for­me de la deman­de d’ac­cès. “Par écrit” au sens de l’art. 16, al. 1, art. com­prend tou­te for­me per­met­tant d’ap­por­ter la preuve par un tex­te. Il ne s’a­git en revan­che pas de la for­me écri­te dite simp­le au sens des artic­les 13 à 15 du code des obli­ga­ti­ons. Cel­le-ci requiert une signa­tu­re manu­scri­te ou une signa­tu­re élec­tro­ni­que qua­li­fi­ée asso­ciée à un horo­da­ta­ge qua­li­fié, con­for­mé­ment à la loi fédé­ra­le du 18 mars 2016 sur la signa­tu­re élec­tro­ni­que. L’art. 16, al. 1, art. exi­ge en revan­che uni­quement la pré­sence d’un tex­te écrit. L’art. 16, al. 1, art. reprend pour l’e­s­sen­tiel le con­te­nu de l’art. 1, al. 1, OLPD, selon lequel la per­son­ne doit “en règ­le géné­ra­le deman­der son droit d’ac­cès sous for­me écri­te”. Le com­men­tai­re de l’OLPD de l’Of­fice fédé­ral de la justi­ce pré­cise déjà que dans cer­ta­ins cas et sous réser­ve de l’ac­cord du maît­re du fichier (désor­mais le responsable), la for­me ora­le est suf­fi­san­te. Pour plus de clar­té, l’ar­tic­le 16 a été refor­mulé en con­sé­quence. En out­re, l’art. 1, al. 1, OLPD a été adap­té sur le plan rédactionnel.

Ali­néa 2

Par rap­port au droit en vigueur, l’art. 16, al. 2, art. (anci­en­ne­ment art. 20, al. 2, P‑LPD) stipu­le désor­mais expli­ci­te­ment que les rens­eig­ne­ments peu­vent être four­nis non seu­le­ment sous for­me écri­te, mais aus­si sous la for­me sous laquel­le les don­nées sont dis­po­ni­bles. En règ­le géné­ra­le, il s’a­git de don­nées per­son­nel­les sous for­me écri­te. En revan­che, si les don­nées exi­stent par exemp­le sous for­me d’i­mages ou d’en­re­gi­stre­ments sono­res, la per­son­ne con­cer­née reçoit les don­nées sous cet­te for­me. Com­me indi­qué ci-des­sus, le ter­me “écrit” doit être com­pris, dans le pré­sent con­tex­te, com­me exi­geant la pré­sence d’un tex­te écrit.

Com­me le pré­voit l’ar­tic­le 1er , 3e ali­néa, OLPD, les don­nées per­son­nel­les peu­vent éga­le­ment être con­sul­tées sur place, notam­ment lorsqu’el­les sont répar­ties dans dif­fér­ents dos­siers ou qu’el­les sont par­ti­cu­liè­re­ment volu­mi­neu­ses ou enco­re lorsque les rens­eig­ne­ments deman­dés néces­si­tent des expli­ca­ti­ons. Con­trai­re­ment à l’ar­tic­le 1er , 3e ali­néa, OLPD, le pas­sa­ge selon lequel la con­sul­ta­ti­on sur place a lieu sur pro­po­si­ti­on du responsable a été sup­p­ri­mé. Pour la con­sul­ta­ti­on sur place, il est tou­jours néces­saire que le responsable et la per­son­ne con­cer­née soi­ent d’ac­cord. En revan­che, la pro­po­si­ti­on de la per­son­ne con­cer­née n’est pas déter­mi­nan­te pour la con­sul­ta­ti­on sur place. En cas de con­sul­ta­ti­on sur place, la per­son­ne con­cer­née doit néan­mo­ins avoir la pos­si­bi­li­té de deman­der une pho­to­co­pie de cer­tai­nes piè­ces de son dos­sier. Com­me le Tri­bu­nal fédé­ral l’a con­sta­té dans l’ATF 119 III 141, la remi­se de docu­ments écrits (y com­pris élec­tro­ni­ques) peut être extrê­me­ment importan­te pour la per­son­ne con­cer­née. La com­mu­ni­ca­ti­on ora­le d’in­for­ma­ti­ons, par exemp­le par télé­pho­ne, est éga­le­ment pos­si­ble si la per­son­ne con­cer­née a don­né son con­sen­te­ment. Une infor­ma­ti­on sous for­me résu­mée (“agré­gée”) n’est pas autorisée.

al. 3

L’al. 3 reprend l’art. 1, al. 2, OLPD sous une for­me adap­tée. Il règ­le notam­ment la for­me de la trans­mis­si­on de la deman­de de rens­eig­ne­ments et de la com­mu­ni­ca­ti­on des rens­eig­ne­ments. Ain­si, la deman­de de rens­eig­ne­ments et la com­mu­ni­ca­ti­on de rens­eig­ne­ments peu­vent éga­le­ment être effec­tuées par voie élec­tro­ni­que. La per­son­ne con­cer­née peut par exemp­le envoy­er sa deman­de par cour­ri­er élec­tro­ni­que ou via une pla­te­for­me en ligne d’u­ne ent­re­pri­se (par exemp­le les comp­tes cli­ents répan­dus). Con­for­mé­ment aux règles géné­ra­les, il incom­be à l’ex­pé­di­teur de prou­ver que son mes­sa­ge a att­eint le desti­na­tai­re. La trans­mis­si­on élec­tro­ni­que étant éga­le­ment auto­ri­sée sans base léga­le, l’a­li­néa 3 est une dis­po­si­ti­on déclaratoire.

al. 4

Si les don­nées per­son­nel­les sont four­nies sous une for­me tech­ni­que, par exemp­le dans un for­mat de fichier non habi­tuel, qui n’est pas lisi­ble et/ou com­pré­hen­si­ble pour la per­son­ne con­cer­née, le responsable doit être en mesu­re de lui four­nir des expli­ca­ti­ons com­plé­men­tai­res, par exemp­le oralement.

al. 5

Le responsable doit prend­re des mesu­res rai­sonn­ables pour garan­tir l’i­den­ti­fi­ca­ti­on de la per­son­ne con­cer­née. Cel­le-ci doit donc coopé­rer à son iden­ti­fi­ca­ti­on. Pour pou­voir garan­tir l’i­den­ti­fi­ca­ti­on de la per­son­ne con­cer­née, le responsable du trai­te­ment doit dis­po­ser des infor­ma­ti­ons néces­saires de la part de la per­son­ne con­cer­née. Dans le cas d’u­ne infor­ma­ti­on ora­le, le responsable s’assu­re, que­sti­on par que­sti­on (par exemp­le en indi­quant le numé­ro AVS), qu’il four­nit l’in­for­ma­ti­on à la bon­ne per­son­ne. Artic­le 16, para­gra­phe 5 Art. (anci­en­ne­ment art. 20, al. 4, P‑ODP) rem­place l’e­xi­gence pré­vue à l’art. 1, al. 1, OLPD, selon laquel­le la per­son­ne con­cer­née doit justi­fier de son identité.

Aut­res aspects

L’al. 4 de l’art. 1 OLPD, qui con­cer­ne le délai pour la com­mu­ni­ca­ti­on des rens­eig­ne­ments, est trans­for­mé en un artic­le indé­pen­dant (voir art. 18 art., anci­en­ne­ment art. 22 P‑OLPD ci-des­sous). Il en va de même pour l’art. 1, al. 5 et 6, OLPD (voir art. 17 art., anci­en­ne­ment art. 21 P‑OLPD ci-dessous).

Art. 17 Compétence
1 Si plu­sieurs respons­ables trai­tent des don­nées per­son­nel­les en com­mun, la per­son­ne con­cer­née peut exer­cer son droit d’ac­cès auprès de chaque responsable
2 si la deman­de con­cer­ne des don­nées trai­tées par un sous-trai­tant, le sous-trai­tant aide le responsable du trai­te­ment à four­nir l’in­for­ma­ti­on, dans la mesu­re où il ne répond pas à la deman­de pour le comp­te du responsable du traitement

Rap­port explicatif

Un artic­le sépa­ré a été pré­vu pour pré­cis­er la com­pé­tence dans les cas où plu­sieurs respons­ables trai­tent con­join­te­ment des don­nées personnelles.

Ali­néa 1

L’al. 1 reprend l’al. 5 de l’art. 1 OLPD sous une for­me adap­tée. D’un point de vue ter­mi­no­lo­gi­que, la noti­on de “maît­re du fichier” a été rem­pla­cée par cel­le de “responsable”. L’ex­cep­ti­on à la pos­si­bi­li­té d’e­xer­cer le droit d’ac­cès auprès de chaque responsable a été sup­p­ri­mée. Ain­si, la per­son­ne con­cer­née peut désor­mais tou­jours fai­re valoir son droit d’ac­cès auprès de tout responsable. Con­trai­re­ment à l’ar­tic­le 1er , 5e ali­néa, OLPD, l’ar­tic­le 17, 1er ali­néa, art. n’ob­li­ge plus les respons­ables à trans­mett­re les deman­des ; ils doi­vent au con­trai­re four­nir des rens­eig­ne­ments dans tous les cas. L’a­li­néa cor­re­spond à l’art. 21, al. 2, de la direc­ti­ve (UE) 2016/680 et à l’art. 26, al. 3, RGPD.

Ali­néa 2

L’al. 2 reprend l’art. 1, al. 6, OLPD sous une for­me adap­tée. La noti­on de “sous-trai­tant” intro­duite dans la nLPD (art. 5, let. k, nLPD) est repri­se et le ter­me de “maît­re du fichier” est rem­pla­cé par celui de “responsable”. Con­for­mé­ment à l’art. 25, al. 4, nLPD, le responsable reste tenu de four­nir des rens­eig­ne­ments même s’il fait trai­ter les don­nées per­son­nel­les par un sous-trai­tant. Le sous-trai­tant n’est donc pas tenu par la loi de répond­re lui-même aux deman­des de rens­eig­ne­ments. C’est pour­quoi, à la dif­fé­rence de l’OLPD, l’art. 17, al. 2, pré­voit désor­mais que le sous-trai­tant assi­ste le responsable du trai­te­ment dans sa répon­se, pour autant qu’il ne répon­de pas à la deman­de sur man­dat du responsable du trai­te­ment. Cela signi­fie que le responsable du trai­te­ment doit four­nir les don­nées au responsable si ce der­nier ne les pos­sè­de pas lui-même.

Art. 18 Délai
1 Les infor­ma­ti­ons doi­vent être four­nies dans un délai de 30 jours à comp­ter de la récep­ti­on de la demande.
2 Si l’in­for­ma­ti­on ne peut être four­nie dans un délai de 30 jours, le responsable du trai­te­ment doit en infor­mer la per­son­ne con­cer­née et lui indi­quer le délai dans lequel l’in­for­ma­ti­on sera fournie.
3 Si le responsable refu­se, limi­te ou repor­te l’ac­cès, il doit le fai­re savoir dans le même délai.

Rap­port explicatif

L’art. 18 Art. (anci­en­ne­ment art. 22 P‑ODSG) reprend, sans modi­fi­ca­ti­on sub­stan­ti­el­le, le qua­triè­me ali­néa de l’art. 1 OLPD. Il pré­cise l’al. 7 ajou­té par le Par­le­ment à l’art. 25 nLPD, qui fixe au niveau de la loi le délai de 30 jours pré­vu jus­qu’i­ci dans l’or­don­nan­ce. La pré­cis­i­on selon laquel­le la décis­i­on rela­ti­ve à la limi­ta­ti­on du droit d’ac­cès doit être moti­vée a été sup­p­ri­mée, cet­te dis­po­si­ti­on ayant déjà été repri­se à l’art. 26, al. 4, nLPD. En out­re, le ter­me “requé­rant” est rem­pla­cé par “per­son­ne con­cer­née” afin que la ter­mi­no­lo­gie soit con­for­me à la nLPD.

En sub­stance, cet­te dis­po­si­ti­on signi­fie que le responsable doit four­nir à la per­son­ne con­cer­née les infor­ma­ti­ons deman­dées dans un délai de 30 jours ou l’in­for­mer dans ce délai qu’il refu­se, limi­te ou dif­fè­re l’ac­cès aux infor­ma­ti­ons. Dans le domaine public, la com­mu­ni­ca­ti­on de rens­eig­ne­ments ain­si que le refus, la limi­ta­ti­on ou l’a­jour­ne­ment des rens­eig­ne­ments con­sti­tu­ent une décis­i­on au sens de l’ar­tic­le 5 PA . L’a­li­néa 2 ne s’ap­pli­que que si le responsable n’est pas en mesu­re de four­nir les rens­eig­ne­ments dans les 30 jours sui­vant la récep­ti­on de la deman­de (et non dans le cas où il limi­te le droit d’ac­cès au sens de l’ar­tic­le 26 nLPD) : Dans ce cas, le responsable doit com­mu­ni­quer à temps, c’est-à-dire sans retard inju­sti­fié, le délai dans lequel les rens­eig­ne­ments seront fournis.

Art. 19 Excep­ti­on à la gratuité
1 Si la four­ni­tu­re de l’in­for­ma­ti­on impli­que des efforts dis­pro­por­ti­onnés, le responsable du trai­te­ment peut exi­ger de la per­son­ne con­cer­née qu’el­le par­ti­ci­pe aux frais de maniè­re appropriée.
2 La par­ti­ci­pa­ti­on s’é­lè­ve à 300 francs au maximum
3 Le responsable doit infor­mer la per­son­ne con­cer­née du mon­tant de la par­ti­ci­pa­ti­on avant de lui four­nir les infor­ma­ti­ons. Si la per­son­ne con­cer­née ne con­fir­me pas la deman­de dans un délai de dix jours, cel­le-ci est con­sidé­rée com­me reti­rée sans frais. Le délai visé à l’ar­tic­le 18, para­gra­phe 1, com­mence à cour­ir à l’ex­pi­ra­ti­on du délai de réfle­xi­on de dix jours.

Rap­port explicatif

Le tit­re de la dis­po­si­ti­on est modi­fié sur le plan réd­ac­tion­nel par rap­port à l’art. 2 OLPD.

Ali­néa 1

L’ar­tic­le 2, 1er ali­néa, lett­re a, OLPD, qui con­cer­ne les deman­des d’ac­cès qué­ru­len­tes, est abro­gé. De tels cas sont désor­mais réglés dans la nLPD, qui pré­voit à l’art. 26, al. 1, let. c, que le responsable peut refu­ser, rest­reind­re ou dif­fé­rer l’ac­cès si la deman­de de rens­eig­ne­ments est mani­fe­stem­ent quérulente.

L’art. 2, al. 1, let. b, et al. 2, OLPD est repris sous une for­me légè­re­ment adap­tée. L’ex­pres­si­on “à tit­re excep­ti­on­nel” est sup­p­ri­mée, car il est déjà que­sti­on d’ ”excep­ti­on” dans le tit­re de l’ar­tic­le ; le ter­me “requé­rant” (nou­vel al. 3) est rem­pla­cé par “per­son­ne con­cer­née” pour des rai­sons de con­cordance ter­mi­no­lo­gi­que avec la nLPD. L’ex­pres­si­on “char­ge de tra­vail par­ti­cu­liè­re­ment importan­te” est rem­pla­cée par “char­ge de tra­vail dis­pro­por­ti­onnée” afin que la for­mu­la­ti­on cor­re­spon­de aux modi­fi­ca­ti­ons appor­tées par le Con­seil natio­nal à l’art. 25, al. 6, nLPD. Par exemp­le, le fait que le responsable doi­ve don­ner accès à de nombreu­ses don­nées per­son­nel­les ne con­sti­tue pas une char­ge de tra­vail dis­pro­por­ti­onnée si son inté­rêt est pré­cis­é­ment de coll­ec­ter le plus de don­nées pos­si­ble. Il en va de même si la char­ge de tra­vail est importan­te par­ce que le responsable n’est pas orga­ni­sé de maniè­re suf­fi­sam­ment struc­tu­rée (non-respect du prin­ci­pe “pri­va­cy by design” ; en effet, selon ce prin­ci­pe, les respons­ables ou les per­son­nes char­gées du trai­te­ment des don­nées doi­vent dis­po­ser d’un système per­met­tant un accès aisé aux don­nées traitées).

Ali­néa 2

Le mon­tant de 300 francs reste inchan­gé. Selon l’in­di­ce des prix à la con­som­ma­ti­on, ce mon­tant n’a que très peu évo­lué depuis son intro­duc­tion dans l’or­don­nan­ce. De plus, il ne doit pas avoir d’ef­fet dissua­sif sur la per­son­ne concernée.

al. 3

Le responsable doit infor­mer la per­son­ne con­cer­née du mon­tant de la par­ti­ci­pa­ti­on avant de four­nir les infor­ma­ti­ons. Si le deman­deur ne con­fir­me pas la deman­de dans les dix jours, cel­le-ci est con­sidé­rée com­me reti­rée sans frais. Le délai pré­vu à l’art. 18, al. 1, art. (anci­en­ne­ment art. 22, al. 1, P‑LPD) com­mence à cour­ir à l’ex­pi­ra­ti­on du délai de réfle­xi­on de dix jours.

Sec­tion 2 Droit à l’é­di­ti­on ou à la trans­mis­si­on de données

Rap­port explicatif

Ces artic­les pré­cis­ent les dif­fé­ren­tes exi­gen­ces appli­ca­bles au droit à la resti­tu­ti­on ou à la trans­mis­si­on des don­nées, tel qu’il est intro­duit à l’ar­tic­le 28 nLPD. Comp­te tenu du fait que l’ob­jec­tif du légis­la­teur était de cré­er un régime simi­lai­re à celui du droit euro­pé­en, les règles appli­ca­bles au droit à la por­ta­bi­li­té des don­nées de l’ar­tic­le 20 du RGPD sont pri­ses en compte.

Le droit à la resti­tu­ti­on ou à la trans­mis­si­on des don­nées con­fè­re aux per­son­nes con­cer­nées le droit, sous cer­tai­nes con­di­ti­ons, de deman­der au responsable du trai­te­ment de leur resti­tuer les don­nées per­son­nel­les qu’el­les ont mises à sa dis­po­si­ti­on sous une for­me réutilisable.

Les don­nées per­son­nel­les deman­dées peu­vent être uti­li­sées à dif­fé­ren­tes fins : par exemp­le pour un usa­ge stric­te­ment per­son­nel (par exemp­le pour enre­gi­strer les don­nées sur un espace de stocka­ge per­son­nel), pour les trans­mett­re à un aut­re four­nis­seur de ser­vices en ligne ou pour chan­ger de plateforme.

D’aut­re part, le droit d’e­xi­ger le trans­fert de leurs don­nées per­son­nel­les con­fè­re aux per­son­nes con­cer­nées le droit de deman­der au responsable du trai­te­ment de trans­fé­rer direc­te­ment ces don­nées per­son­nel­les à un aut­re responsable du trai­te­ment (par exemp­le, pour per­mett­re à un nou­veau four­nis­seur de ser­vices en ligne d’é­tendre ces don­nées per­son­nel­les ou de pro­po­ser de nou­veaux ser­vices à la per­son­ne con­cer­née, ou pour con­ser­ver son pro­pre “histo­ri­que” en cas de chan­ge­ment de four­nis­seur), à con­di­ti­on que cela ne néces­si­te pas un effort disproportionné.

Le droit à la remi­se ou à la trans­mis­si­on de don­nées est à distin­guer du droit d’ac­cès pré­vu à l’ar­tic­le 25 nLPD. Le droit d’ac­cès per­met à la per­son­ne con­cer­née d’e­xi­ger du responsable du trai­te­ment qu’il lui indi­que quel­les don­nées per­son­nel­les il trai­te à son sujet. Cela per­met à la per­son­ne con­cer­née d’e­xi­ger la rec­ti­fi­ca­ti­on ou la sup­pres­si­on de ses don­nées per­son­nel­les en cas de trai­te­ment illi­ci­te de celles-ci.

En revan­che, le nou­veau droit à la remi­se ou à la trans­mis­si­on de don­nées vise à ren­forcer le con­trô­le des per­son­nes con­cer­nées sur leurs don­nées per­son­nel­les ain­si que sur leur uti­li­sa­ti­on ulté­ri­eu­re. Il lui per­met ain­si de dis­po­ser elle-même des don­nées per­son­nel­les remi­ses ou trans­mi­ses, de les réuti­li­ser ou de les trans­mett­re à d’aut­res respons­ables. En out­re, ce nou­veau droit per­met aux per­son­nes con­cer­nées de pas­ser plus faci­le­ment d’u­ne off­re à l’aut­re, ce qui favo­ri­se en out­re la con­cur­rence et l’innovation.

Pour les respons­ables, ce nou­veau droit fon­de l’ob­li­ga­ti­on de mett­re à dis­po­si­ti­on les don­nées per­son­nel­les deman­dées sous for­me agré­gée dans un délai rai­sonnable et de per­mett­re leur inté­gra­ti­on dans un nou­veau système sans effort dis­pro­por­ti­onné. Pour ce fai­re, ils doi­vent uti­li­ser des for­mats de fichiers cou­rants et mett­re en œuvre des systè­mes de gesti­on des don­nées cou­rants et stan­dar­di­sés afin que les don­nées restent réutilisables.

Tant lors de la remi­se des don­nées per­son­nel­les deman­dées que lors de leur trans­fert, les respons­ables doi­vent tenir comp­te des prin­cipes de la pro­tec­tion des don­nées ain­si que de leurs obli­ga­ti­ons en matiè­re de pro­tec­tion des données.

Art. 20 Éten­due du droit

1 Sont con­sidé­rées com­me des don­nées per­son­nel­les que la per­son­ne con­cer­née a com­mu­ni­quées au responsable du traitement :

a. don­nées qu’el­le met sciem­ment et volon­tai­re­ment à la dis­po­si­ti­on de ce dernier ;
b. Don­nées coll­ec­tées par le responsable du trai­te­ment sur la per­son­ne con­cer­née et son com­porte­ment dans le cad­re de l’uti­li­sa­ti­on d’un ser­vice ou d’un appareil.
2 Les don­nées per­son­nel­les géné­rées par le responsable du trai­te­ment par sa pro­pre ana­ly­se des don­nées per­son­nel­les four­nies ou obser­vées ne sont pas con­sidé­rées com­me des don­nées per­son­nel­les que la per­son­ne con­cer­née a com­mu­ni­quées au responsable du traitement.

Rap­port explicatif

Ali­néa 1

Cet­te dis­po­si­ti­on pré­cise quel­les don­nées per­son­nel­les relè­vent du droit à la remi­se ou à la trans­mis­si­on des don­nées. Le droit por­te sur les don­nées per­son­nel­les qui con­cer­nent la per­son­ne con­cer­née et qui sont trai­tées de maniè­re auto­ma­ti­sée et sur la base d’un con­sen­te­ment ou en rela­ti­on avec un cont­rat (art. 28, al. 1, nLPD).

En pre­mier lieu, les don­nées per­son­nel­les qui sont con­ser­vées sur papier sont exclues du droit.

Le droit ne s’ap­pli­que pas non plus aux respons­ables qui trai­tent des don­nées per­son­nel­les dans l’ac­com­plis­se­ment d’u­ne tâche publi­que ou dans l’in­té­rêt public. Cela cor­re­spond à la régle­men­ta­ti­on de l’ar­tic­le 20, para­gra­phe 3, RGPD ain­si qu’à l’ob­jec­tif prin­ci­pa­le­ment éco­no­mi­que du droit à la remi­se ou à la trans­mis­si­on de don­nées. Les orga­nes fédé­raux qui trai­tent des don­nées per­son­nel­les dans le cad­re de leurs tâches léga­les et sur la base d’u­ne base léga­le ne sont donc en prin­ci­pe pas con­cer­nés par le droit à la remi­se ou à la trans­mis­si­on de don­nées. Tou­te­fois, si des orga­nes fédé­raux trai­tent des don­nées per­son­nel­les, par exemp­le dans le cad­re d’u­ne con­cur­rence avec des par­ti­cu­liers, il est envi­sa­geable que ces don­nées per­son­nel­les soi­ent cou­ver­tes par le droit. Dans tous les cas, il appar­tient au responsable de véri­fier à quel­les don­nées per­son­nel­les qu’il trai­te le droit pour­rait s’ap­pli­quer et les­quel­les en sont exclues.

En out­re, les don­nées per­son­nel­les anony­mi­sées ou cel­les qui ne con­cer­nent pas la per­son­ne con­cer­née ne sont pas cou­ver­tes par le droit. En revan­che, les don­nées per­son­nel­les pseud­ony­mi­sées qui peu­vent être clai­re­ment mises en rela­ti­on avec la per­son­ne con­cer­née sont cou­ver­tes par l’art. 20, al. 1, let. a, LPD. Dans la pra­tique, il est pro­ba­ble que, dans de nombreux cas, des infor­ma­ti­ons com­prenant les don­nées per­son­nel­les de plu­sieurs per­son­nes soi­ent éga­le­ment con­cer­nées, com­me par exemp­le l’hi­sto­ri­que du comp­te d’un cli­ent ou des don­nées rela­ti­ves à des con­ver­sa­ti­ons télé­pho­ni­ques ou à des mes­sa­ges con­tenant des infor­ma­ti­ons sur des tiers. Dans le cad­re d’u­ne deman­de de remi­se ou de trans­fert de don­nées per­son­nel­les, ces enre­gi­stre­ments dev­rai­ent éga­le­ment être mis à la dis­po­si­ti­on du requé­rant ou de la requé­ran­te. Les don­nées per­son­nel­les de tiers ne doi­vent tou­te­fois pas être trai­tées à des fins qui por­terai­ent att­ein­te à leurs droits et liber­tés. Ce serait le cas si le nou­veau responsable uti­li­sait les don­nées per­son­nel­les trans­mi­ses par des tiers à ses pro­pres fins, par exemp­le pour leur pro­po­ser ses pro­pres ser­vices. En revan­che, il n’y aurait pas d’att­ein­te si, lors d’un trans­fert d’in­for­ma­ti­ons sur un nou­veau comp­te ban­cai­re à l’initia­ti­ve du titu­lai­re du comp­te, l’adres­se de cont­act figu­rant dans l’hi­sto­ri­que de son comp­te ban­cai­re con­ti­nu­ait à être uti­li­sée dans le même but, c’est-à-dire com­me adres­se de cont­act et pour son usa­ge personnel.

En out­re, l’art. 20, al. 1, ne con­cer­ne que les don­nées per­son­nel­les que la per­son­ne con­cer­née met acti­ve­ment à la dis­po­si­ti­on d’un responsable du trai­te­ment. Selon la let. a, cela con­cer­ne d’u­ne part les don­nées per­son­nel­les qu’el­le four­nit direc­te­ment et con­sciem­ment au responsable, com­me par exemp­le ses coor­don­nées via un for­mu­lai­re en ligne ou en cli­quant sur “J’ai­me”. Selon la lett­re b, le droit eng­lo­be d’aut­re part les don­nées per­son­nel­les que la per­son­ne con­cer­née génè­re indi­rec­te­ment, c’est-à-dire par ses acti­vi­tés lors de l’uti­li­sa­ti­on d’un ser­vice ou d’un appa­reil (sciem­ment ou non) et qui sont obser­vées par le responsable (don­nées dites d’uti­li­sa­ti­on ou don­nées “obser­vées”, com­me par exemp­le les requêtes de recher­che, les jour­naux d’ac­ti­vi­tés, l’hi­sto­ri­que de l’uti­li­sa­ti­on d’un site web).

Le fait que ces don­nées per­son­nel­les soi­ent inclu­ses dans le droit à la remi­se et à la trans­mis­si­on cor­re­spond à la régle­men­ta­ti­on euro­pé­en­ne ain­si qu’au sens et au but de la nor­me de l’ar­tic­le 28 nLPD, selon laquel­le la per­son­ne con­cer­née doit pou­voir deman­der la remi­se et la réuti­li­sa­ti­on des don­nées per­son­nel­les qu’el­le a mises à la dis­po­si­ti­on d’un responsable.

Ali­néa 2

L’al. 2 décrit les don­nées per­son­nel­les qui ne doi­vent pas être con­sidé­rées com­me des don­nées per­son­nel­les com­mu­ni­quées par la per­son­ne con­cer­née au sens de l’art. 28, al. 1, nLPD. Cet­te dis­po­si­ti­on pré­cise ain­si le champ d’ap­pli­ca­ti­on du droit à la remi­se ou à la trans­mis­si­on des don­nées. Ne sont donc pas con­cer­nées par ce droit les don­nées per­son­nel­les qu’un responsable déduit lui-même par déduc­tion des don­nées per­son­nel­les mises à dis­po­si­ti­on ou obser­vées par la per­son­ne con­cer­née au sens de l’art. 20, al. 1, let. a et b, ou qu’il génè­re par ses pro­pres ana­ly­ses de ces don­nées per­son­nel­les. On pen­se par exemp­le à l’éva­lua­ti­on de l’é­tat de san­té d’un uti­li­sa­teur, à des pro­fils d’uti­li­sa­teurs ou de ris­ques, à des ana­ly­ses de ris­ques de cré­dit, etc. Con­trai­re­ment aux don­nées per­son­nel­les mises à dis­po­si­ti­on, les pre­sta­ti­ons et les inve­stis­se­ments du responsable se rap­portent ici à l’ana­ly­se et à l’éva­lua­ti­on des don­nées mises à dis­po­si­ti­on et non à la coll­ec­te et au trai­te­ment des don­nées personnelles.

L’ex­clu­si­on de ces don­nées per­son­nel­les du droit à la remi­se ou à la trans­mis­si­on des don­nées cor­re­spond à la régle­men­ta­ti­on du droit euro­pé­en. L’ob­jec­tif de ce droit étant de per­mett­re à la per­son­ne con­cer­née de réuti­li­ser ses don­nées per­son­nel­les, il sem­ble justi­fié de pré­voir une excep­ti­on pour les don­nées per­son­nel­les qu’un responsable génè­re en explo­itant et en uti­li­sant ses pro­pres res­sour­ces (pre­sta­ti­ons pro­pres, inve­stis­se­ment per­son­nel, algo­rith­mes et pro­cé­dés d’ana­ly­se inter­nes à l’entre­pri­se). Con­trai­re­ment aux don­nées per­son­nel­les “mises à dis­po­si­ti­on” par la per­son­ne con­cer­née con­for­mé­ment à l’a­li­néa 1, l’in­té­rêt du responsable à pro­té­ger ses pro­pres pre­sta­ti­ons et son pro­pre inve­stis­se­ment est plus important pour ces don­nées per­son­nel­les géné­rées par le responsable. Ces don­nées per­son­nel­les n’ent­rent donc pas dans le champ d’ap­pli­ca­ti­on du droit à la remi­se ou à la trans­mis­si­on des données.

Dans le cad­re du droit d’ac­cès selon l’ar­tic­le 25 nLPD et les dis­po­si­ti­ons du règle­ment y affé­rent (art. 16 – 19 art.), la per­son­ne con­cer­née a tou­te­fois la pos­si­bi­li­té d’ob­te­nir du responsable des infor­ma­ti­ons sur ces don­nées per­son­nel­les, leur but de trai­te­ment, leur durée de con­ser­va­ti­on ain­si que, en pré­sence de décis­i­ons indi­vi­du­el­les auto­ma­ti­sées, sur la logi­que sur laquel­le repo­se cet­te décision.

Il est important de noter que la dis­po­si­ti­on de l’ar­tic­le 20, ali­néa 2, ne doit pas être com­pri­se com­me une rest­ric­tion du droit à la remi­se ou à la trans­mis­si­on de don­nées intro­duit à l’ar­tic­le 28 nLPD, mais qu’el­le sert à inter­pré­ter la dis­po­si­ti­on léga­le en pré­cisant le champ d’ap­pli­ca­ti­on du droit.

Au con­trai­re, en rai­son du ren­voi de l’ar­tic­le 29, 1er ali­néa, nLPD à l’ar­tic­le 26, 1er et 2e ali­né­as, nLPD, les motifs pré­vus pour la limi­ta­ti­on du droit d’ac­cès s’ap­pli­quent par ana­lo­gie éga­le­ment au refus, à la limi­ta­ti­on ou à l’a­jour­ne­ment de la remi­se ou du trans­fert des don­nées per­son­nel­les, par exemp­le pour pro­té­ger des inté­rêts prépon­dé­rants du responsable (par exemp­le en cas de secrets d’af­fai­res ou de pro­prié­té intellec­tu­el­le) ou pour pro­té­ger des inté­rêts prépon­dé­rants de tiers. Cela ne doit tou­te­fois pas con­dui­re à refu­ser tou­te trans­mis­si­on d’in­for­ma­ti­ons à la per­son­ne con­cer­née. Il con­vi­ent plutôt de déter­mi­ner au cas par cas, dans le cad­re d’un examen de la pro­por­ti­on­na­li­té et d’u­ne pesée des inté­rêts, si des don­nées per­son­nel­les doi­vent être remi­ses à la per­son­ne con­cer­née ou trans­fé­rées à un aut­re responsable, et si oui, lesquelles.

Si le responsable refu­se ou limi­te la remi­se ou la trans­mis­si­on de don­nées per­son­nel­les, ou s’il en dif­fè­re l’exé­cu­ti­on, il est tenu de moti­ver sa décis­i­on vis-à-vis de la per­son­ne con­cer­née, con­for­mé­ment à l’ar­tic­le 29, 2e ali­néa, nLPD.

Art. 21 Exi­gen­ces tech­ni­ques pour la mise en œuvre
1 Sont con­sidé­rés com­me for­mats élec­tro­ni­ques cou­rants les for­mats qui per­met­tent, moy­enn­ant un effort rai­sonnable, la trans­mis­si­on des don­nées per­son­nel­les et leur uti­li­sa­ti­on ulté­ri­eu­re par la per­son­ne con­cer­née ou par un aut­re responsable du traitement.
2 Le droit à l’é­di­ti­on ou à la trans­mis­si­on des don­nées ne crée pas pour le responsable de trai­te­ment l’ob­li­ga­ti­on d’ad­op­ter ou de con­ser­ver des systè­mes de trai­te­ment des don­nées tech­ni­quement compatibles.
3 Il y a effort dis­pro­por­ti­onné pour trans­fé­rer des don­nées per­son­nel­les à un aut­re responsable lorsque le trans­fert n’est pas tech­ni­quement possible

Rap­port explicatif

Ali­néa 1

Cet­te dis­po­si­ti­on pré­cise ce qui doit être con­sidé­ré com­me un for­mat élec­tro­ni­que cou­rant au sens de l’art. 28, al. 1, nLPD. Il s’a­git notam­ment des for­mats qui per­met­tent aux don­nées per­son­nel­les d’êt­re trans­mi­ses et réuti­li­sées par la per­son­ne con­cer­née ou par un aut­re responsable avec un effort proportionné.

Dans la mesu­re où les don­nées per­son­nel­les ne sont pas dis­po­ni­bles dans un for­mat lisi­ble par tous (notam­ment dans le cas de for­mats pro­prié­tai­res ou peu uti­li­sés), le responsable doit les con­ver­tir dans un for­mat élec­tro­ni­que cou­rant. Les for­mats de don­nées doi­vent per­mett­re à la per­son­ne con­cer­née de télé­char­ger ses don­nées dans un for­mat stan­dard lisi­ble par ordi­na­teur, direc­te­ment depuis son comp­te ou son espace per­son­nel. Il con­vi­ent donc de choi­sir des for­mats de don­nées adap­tés à la natu­re des don­nées con­cer­nées. Il con­vi­ent de pri­vilé­gier les for­mats ouverts et interopé­ra­bles, tels que XML et JSON pour les solu­ti­ons plus com­plè­tes, ain­si que CSV, ODT, ODS, etc. qui, dans de nombreux cas, con­vi­en­nent à l’é­di­ti­on et à la trans­mis­si­on de don­nées, car ils peu­vent être repris par d’aut­res respons­ables sans pro­blè­me de com­pa­ti­bi­li­té nota­ble. Les don­nées four­nies dans un for­mat dif­fi­ci­le à trai­ter (par exemp­le une image ou un PDF) ou dans un for­mat pro­prié­tai­re dont l’uti­li­sa­ti­on néces­si­te l’ac­qui­si­ti­on d’un logi­ciel ou d’u­ne licence payan­te ne con­sti­tu­ent a prio­ri pas un for­mat approprié.

En out­re, le con­te­nu des infor­ma­ti­ons trans­mi­ses doit être décrit avec pré­cis­i­on à l’ai­de de méta­don­nées appro­priées et com­pré­hen­si­bles, afin qu’el­les pui­s­sent être repri­ses de maniè­re per­ti­nen­te dans un nou­veau système. Les per­son­nes con­cer­nées et les respons­ables qui repren­nent les don­nées dans le cad­re d’un trans­fert de don­nées doi­vent com­prend­re de quel type de don­nées il s’a­git. Ces méta­don­nées doi­vent être suf­fi­sam­ment com­plè­tes pour per­mett­re l’uti­li­sa­ti­on et la réuti­li­sa­ti­on des don­nées sans divul­guer de secrets commerciaux.

Ali­néa 2

Con­for­mé­ment au droit euro­pé­en, cet­te dis­po­si­ti­on pré­cise que le droit de la per­son­ne con­cer­née de deman­der au responsable du trai­te­ment de lui four­nir des don­nées per­son­nel­les la con­cer­nant ou de les fai­re trans­fé­rer par celui-ci à un aut­re responsable du trai­te­ment ne crée pas pour le responsable du trai­te­ment l’ob­li­ga­ti­on d’ad­op­ter ou de con­ser­ver des systè­mes de trai­te­ment des don­nées tech­ni­quement compatibles.

Bien qu’il soit en prin­ci­pe pos­si­ble d’in­tro­dui­re des nor­mes pour les for­mats de don­nées, le for­mat le plus appro­prié dev­rait vari­er en fonc­tion de la bran­che et du sec­teur. Il sem­ble donc suf­fi­sant de pré­voir l’uti­li­sa­ti­on de for­mats cou­rants, sans spé­ci­fier ces for­mats de maniè­re plus détail­lée ou même exhaus­ti­ve. D’un point de vue tech­ni­que, il est néces­saire que les respons­ables cré­ent les con­di­ti­ons per­met­tant l’é­ch­an­ge de don­nées per­son­nel­les. En out­re, les don­nées per­son­nel­les échan­gées doi­vent pou­voir être uti­li­sées par la per­son­ne con­cer­née ou par le nou­veau responsable. Pour ce fai­re, les respons­ables doi­vent mett­re à dis­po­si­ti­on les don­nées per­son­nel­les dans des for­mats interopé­ra­bles et les décr­i­re à l’ai­de de méta­don­nées appro­priées de maniè­re com­pré­hen­si­ble pour la per­son­ne con­cer­née et le nou­veau responsable afin de per­mett­re leur réutilisation.

al. 3

L’al. 3 pré­cise quand, au sens de l’art. 28, al. 3, nLPD, un trans­fert exi­ge un effort dis­pro­por­ti­onné et quand le responsable n’est pas tenu de trans­fé­rer des don­nées per­son­nel­les à un aut­re responsable à la deman­de de la per­son­ne con­cer­née. Là enco­re, con­for­mé­ment au droit euro­pé­en, il faut par­tir du prin­ci­pe qu’un trans­fert néces­si­te un effort pro­por­ti­onné lorsque celui-ci est tech­ni­quement pos­si­ble et faisable.

Le responsable du trai­te­ment est donc tenu de trans­mett­re les don­nées per­son­nel­les direc­te­ment à un aut­re responsable du trai­te­ment, à la deman­de de la per­son­ne con­cer­née et dans un for­mat interopé­ra­ble. Même si l’aut­re responsable ne prend pas en char­ge ce for­mat, une trans­mis­si­on direc­te des don­nées peut éga­le­ment avoir lieu si la com­mu­ni­ca­ti­on ent­re deux systè­mes est pos­si­ble de maniè­re sécu­ri­sée et si le système desti­na­tai­re est tech­ni­quement en mesu­re de rece­voir les don­nées ent­ran­tes. Il con­vi­ent de véri­fier au cas par cas si une trans­mis­si­on est tech­ni­quement réa­li­sable. Il serait éga­le­ment envi­sa­geable que le responsable met­te à dis­po­si­ti­on une inter­face de pro­gram­me d’ap­pli­ca­ti­on (API) sécu­ri­sée afin de per­mett­re à l’aut­re responsable de récup­é­rer auto­ma­ti­quement les don­nées per­son­nel­les. Tou­te­fois, si la trans­mis­si­on direc­te des don­nées n’est pas pos­si­ble en rai­son d’ob­s­ta­cles tech­ni­ques, le responsable doit infor­mer la per­son­ne con­cer­née de ces obs­ta­cles (art. 29, al. 2, nLPD).

Le responsable du trai­te­ment ne doit tou­te­fois pas ent­ra­ver de maniè­re inju­sti­fi­ée la com­mu­ni­ca­ti­on des don­nées per­son­nel­les en pré­voyant des obs­ta­cles tech­ni­ques qui ralen­tis­sent ou empêchent l’ac­cès aux don­nées, leur trans­mis­si­on ou leur réuti­li­sa­ti­on par la per­son­ne con­cer­née ou par un aut­re responsable du trai­te­ment. Ce serait le cas, par exemp­le, si l’in­teropé­ra­bi­li­té des don­nées n’est pas assu­rée ou si l’ac­cès à un for­mat de don­nées, à une inter­face de pro­gram­ma­ti­on ou au for­mat four­ni n’est pas pro­po­sé, si des retards exce­s­sifs se pro­dui­sent ou si la con­sul­ta­ti­on de l’en­sem­ble des don­nées est trop com­pli­quée, si les don­nées sont déli­bé­ré­ment dis­si­mulées ou si des exi­gen­ces de nor­ma­li­sa­ti­on ou d’ac­cré­di­ta­ti­on sec­to­ri­el­les spé­ci­fi­ques ou non justi­fi­ées sont imposées.

Art. 22 Délai, moda­li­tés et compétence

Les artic­les 16, para­gra­phes 1 et 5, et 17 à 19 s’ap­pli­quent par ana­lo­gie au droit d’ob­te­nir ou de trans­mett­re des données.

Rap­port explicatif

En ce qui con­cer­ne les moda­li­tés du droit à la remi­se ou à la trans­mis­si­on des don­nées, diver­ses dis­po­si­ti­ons rela­ti­ves au droit d’ac­cès sont appli­ca­bles par ana­lo­gie. Cela con­cer­ne la for­me sous laquel­le la per­son­ne con­cer­née peut deman­der la remi­se ou la trans­mis­si­on de ses don­nées per­son­nel­les (art. 16, al. 1, art., anci­en­ne­ment art. 20, al. 1, P‑ODP), ain­si que les mesu­res appro­priées qui doi­vent être pri­ses pour garan­tir l’i­den­ti­fi­ca­ti­on de la per­son­ne con­cer­née (art. 16, al. 5, art., anci­en­ne­ment art. 20, al. 4, P‑ODP).

Les dis­po­si­ti­ons réglant les com­pé­ten­ces en cas de deman­des de rens­eig­ne­ments éma­n­ant de plu­sieurs respons­ables (art. 17, al. 1, art., anci­en­ne­ment art. 21, al. 1, P‑ODP) ou en cas de trai­te­ment des don­nées par un sous-trai­tant (art. 17, al. 2, art., anci­en­ne­ment art. 21, al. 2, P‑ODP) sont éga­le­ment appli­ca­bles par ana­lo­gie. Il con­vi­ent de noter que les don­nées per­son­nel­les trai­tées par des sous-trai­tants sont éga­le­ment sou­mi­ses au droit à la remi­se ou à la trans­mis­si­on des don­nées. Dans ce cas, il incom­be au responsable de mett­re en place les solu­ti­ons tech­ni­ques et orga­ni­sa­ti­on­nel­les per­met­tant de fai­re valoir ce droit. Le sous-trai­tant doit aider le responsable du trai­te­ment à rem­plir ses obli­ga­ti­ons en ce qui con­cer­ne le droit à la resti­tu­ti­on ou à la trans­mis­si­on des don­nées (art. 17, al. 2, art., anci­en­ne­ment art. 21, al. 2, P‑LPD).

Enfin, les dis­po­si­ti­ons rela­ti­ves aux délais (art. 18 art., anci­en­ne­ment art. 22 P‑LPD) et aux excep­ti­ons à la gra­tui­té (art. 19 art., anci­en­ne­ment art. 23 P‑LPD) en cas de deman­de de rens­eig­ne­ments s’ap­pli­quent par ana­lo­gie au droit de remi­se ou de trans­mis­si­on de données.

Cha­pit­re 4 Dis­po­si­ti­ons par­ti­cu­liè­res rela­ti­ves au trai­te­ment des don­nées par des per­son­nes privées

Art. 23 Con­seil­ler à la pro­tec­tion des données

Le responsable doit infor­mer le con­seil­ler à la pro­tec­tion des données :

a. mett­re à dis­po­si­ti­on les res­sour­ces nécessaires
b. don­ner accès à tous les rens­eig­ne­ments, docu­ments, regi­stres des acti­vi­tés de trai­te­ment et don­nées per­son­nel­les dont le con­seil­ler ou la con­seil­lè­re a beso­in pour accom­plir ses tâches ;
c. accor­der le droit d’in­for­mer l’or­ga­ne supé­ri­eur de direc­tion ou d’ad­mi­ni­stra­ti­on dans les cas importants.

Rap­port explicatif

L’art. 10, al. 2, nLPD règ­le de maniè­re non exhaus­ti­ve deux domain­es d’ac­ti­vi­té du con­seil­ler à la pro­tec­tion des don­nées d’un responsable pri­vé : Il for­me et con­seil­le le responsable pri­vé sur les que­sti­ons de pro­tec­tion des don­nées (let. a) et par­ti­ci­pe à l’exé­cu­ti­on des pre­scrip­ti­ons de pro­tec­tion des don­nées (let. b). Com­me ces domain­es d’ac­ti­vi­té décou­lent suf­fi­sam­ment con­crè­te­ment de la loi, ils ne seront pas à l’a­ve­nir défi­nis une nou­vel­le fois dans l’or­don­nan­ce, con­trai­re­ment au pro­jet mis en consultation.

Lett­res a et b

Le con­te­nu de ces dis­po­si­ti­ons cor­re­spond à celui de l’art. 12b, al. 2, let. b et c, OLPD.

L’é­nu­mé­ra­ti­on des docu­ments aux­quels le con­seil­ler à la pro­tec­tion des don­nées doit avoir accès a été adap­tée à la ter­mi­no­lo­gie de la nLPD. L’ac­cès n’est pas illi­mi­té, mais il ne doit être accor­dé qu’aux docu­ments dont le con­seil­ler à la pro­tec­tion des don­nées a effec­ti­ve­ment beso­in pour accom­plir sa tâche. Ain­si, l’ac­cès aux don­nées per­son­nel­les ne doit être accor­dé que si cel­les-ci sont néces­saires à l’ac­com­plis­se­ment de la tâche. Si le con­seil­ler à la pro­tec­tion des don­nées véri­fie par exemp­le de maniè­re géné­ra­le les pre­scrip­ti­ons inter­nes en matiè­re de pro­tec­tion des don­nées ou les pro­ce­s­sus de trai­te­ment des don­nées, il n’au­ra en règ­le géné­ra­le pas beso­in de con­sul­ter des don­nées personnelles.

En revan­che, l’art. 12b, al. 2, let. a, OLPD n’est pas repris, car l’e­xi­gence qu’il men­ti­on­ne est désor­mais pré­vue dans la loi (art. 10, al. 3, let. a, nLPD).

Lett­re c

Le responsable doit accor­der au con­seil­ler à la pro­tec­tion des don­nées le droit d’in­for­mer l’or­ga­ne supé­ri­eur de direc­tion ou d’ad­mi­ni­stra­ti­on dans les cas importants. Il s’a­git ici de la direc­tion suprê­me du responsable pri­vé, c’est-à-dire de l’or­ga­ne qui por­te éga­le­ment la responsa­bi­li­té du respect des pre­scrip­ti­ons en matiè­re de pro­tec­tion des don­nées. La dis­po­si­ti­on éta­blit un droit d’e­s­cala­de pour le con­seil­ler à la pro­tec­tion des don­nées. Cela est néces­saire pour que le con­seil­ler à la pro­tec­tion des don­nées, lors de con­trô­les inter­nes à l’entre­pri­se du respect des règles de pro­tec­tion des don­nées, ne doi­ve pas seu­le­ment se fier aux docu­ments dont il dis­po­se, mais pui­s­se éga­le­ment impo­ser l’ob­ten­ti­on d’in­for­ma­ti­ons et de docu­ments sup­p­lé­men­tai­res. En out­re, cela garan­tit que le con­seil­ler à la pro­tec­tion des don­nées pui­s­se, en cas de situa­tions com­ple­xes et de vio­la­ti­ons par­ti­cu­liè­re­ment gra­ves, fai­re rap­port aux orga­nes supé­ri­eurs du responsable ou du sous-trai­tant et obte­nir une décision.

Abro­ga­ti­on de l’ar­tic­le 12a OLPD

Cet­te dis­po­si­ti­on est abro­gée, car son con­te­nu est désor­mais inscrit dans la loi (art. 10, al. 3, let. b et c nLPD).

Art. 24 Déro­ga­ti­on à l’ob­li­ga­ti­on de tenir un regist­re des acti­vi­tés de traitement

Les ent­re­pri­ses et aut­res orga­ni­sa­ti­ons de droit pri­vé qui emploi­ent moins de 250 per­son­nes au 1er jan­vier d’u­ne année don­née, ain­si que les per­son­nes phy­si­ques, sont exemp­tées de l’ob­li­ga­ti­on de tenir un regist­re des acti­vi­tés de trai­te­ment, sauf si l’u­ne des con­di­ti­ons sui­van­tes est remplie :

a. Des don­nées per­son­nel­les sen­si­bles sont trai­tées à gran­de échelle.
b. Un pro­fi­la­ge à haut ris­que est effectué.

Rap­port explicatif

En ver­tu de l’ar­tic­le 12 nLPD, les respons­ables du trai­te­ment et les sous-trai­tants doi­vent tenir cha­cun un regist­re de leurs acti­vi­tés de trai­te­ment. Ce regist­re doit con­te­nir un cer­tain nombre d’in­for­ma­ti­ons mini­ma­les. Pour le regist­re du responsable, il s’a­git de : l’i­den­ti­té du responsable, le but du trai­te­ment, une descrip­ti­on des caté­go­ries de per­son­nes con­cer­nées et des caté­go­ries de don­nées per­son­nel­les trai­tées, les caté­go­ries de desti­na­tai­res, si pos­si­ble la durée de con­ser­va­ti­on des don­nées per­son­nel­les ou les critères de déter­mi­na­ti­on de cet­te durée ain­si qu’u­ne descrip­ti­on géné­ra­le des mesu­res pri­ses pour assurer la sécu­ri­té des don­nées con­for­mé­ment à l’art. 8 nLPD et, si les don­nées sont com­mu­ni­quées à l’étran­ger, l’in­di­ca­ti­on de l’E­tat ain­si que les garan­ties pré­vues à l’art. 16, al. 2 nLPD (art. 12, al. 2 nLPD).

Pour cer­tai­nes PME, la tenue d’un tel regist­re peut repré­sen­ter une char­ge admi­ni­stra­ti­ve dis­pro­por­ti­onnée par rap­port aux ris­ques poten­tiels que le trai­te­ment des don­nées peut ent­raî­ner pour la per­son­na­li­té des per­son­nes con­cer­nées. Com­me le Con­seil fédé­ral doit pré­voir des excep­ti­ons pour les ent­re­pri­ses, y com­pris les ent­re­pri­ses indi­vi­du­el­les, en ver­tu de l’art. 12, al. 5, nLPD, il est par con­sé­quent habi­li­té à appli­quer ces excep­ti­ons aux per­son­nes phy­si­ques et aux aut­res enti­tés juri­di­ques tel­les que les asso­cia­ti­ons et les fon­da­ti­ons. Cela sem­ble appro­prié, car la tenue du regist­re pour­rait repré­sen­ter pour elles, tout com­me pour les PME, une char­ge de tra­vail disproportionnée.

L’ar­tic­le 24 art. (anci­en­ne­ment art. 26 P‑LPD) con­cré­ti­se ain­si l’art. 12, al. 5, nLPD en déter­mi­nant à qui s’ap­pli­quent ces excep­ti­ons et dans quels cas les ris­ques d’att­ein­te à la per­son­na­li­té au sens de cet­te dis­po­si­ti­on sont fai­bles (cf. mes­sa­ge, FF 2017 7037). Il pré­voit que les ent­re­pri­ses et aut­res orga­ni­sa­ti­ons de droit pri­vé employant moins de 250 per­son­nes au 1er jan­vier d’u­ne année (indé­pen­dam­ment du taux d’oc­cu­pa­ti­on) ain­si que les per­son­nes phy­si­ques sont exemp­tées de l’ob­li­ga­ti­on de tenir un regist­re des acti­vi­tés de trai­te­ment. Tou­te­fois, cela ne vaut que si des don­nées per­son­nel­les sen­si­bles ne sont pas trai­tées à gran­de échel­le (let. a) et si aucun pro­fi­la­ge à haut ris­que n’est effec­tué (let. b). L’e­xi­gence de l’art. 24, let. a, cor­re­spond à l’art. 22, al. 2, let. a, nLPD. En d’aut­res ter­mes, seu­les les PME qui effec­tu­ent cer­ta­ins trai­te­ments de don­nées à haut ris­que sont tenues de tenir un regist­re des acti­vi­tés de trai­te­ment. L’é­nu­mé­ra­ti­on des trai­te­ments de don­nées à haut ris­que est exhaus­ti­ve dans cet­te dis­po­si­ti­on. En ce qui con­cer­ne l’e­xi­gence de la let. a, nous ren­vo­yons aux expli­ca­ti­ons rela­ti­ves à l’e­xi­gence de même natu­re de l’art. 5, al. 1, let. a, OLPD. (anci­en­ne­ment art. 4, al. 1, let. a, P‑ODSG) con­cer­nant l’ob­li­ga­ti­on pour les per­son­nes pri­vées d’é­ta­b­lir un règle­ment de traitement.

Sont notam­ment con­sidé­rés com­me des trai­te­ments de don­nées sen­si­bles à gran­de échel­le les trai­te­ments de don­nées qui con­cer­nent de gran­des quan­ti­tés de don­nées ou un grand nombre de personnes.

Les PME qui trai­tent des don­nées au sens de l’ar­tic­le 24, points a) et b), de la loi sur la pro­tec­tion des don­nées ne sont tenues de tenir un regist­re des acti­vi­tés de trai­te­ment que pour ces trai­te­ments de don­nées, et non pour d’aut­res. Bien enten­du, les PME exemp­tées de cet­te obli­ga­ti­on ne sont pas empê­chées de tenir volon­tai­re­ment un regist­re des acti­vi­tés de trai­te­ment. C’est justem­ent lorsqu’un responsable trai­te régu­liè­re­ment des don­nées per­son­nel­les qu’il s’a­git d’un instru­ment uti­le et simp­le pour gar­der une vue d’en­sem­ble des acti­vi­tés de trai­te­ment, ce qui peut éga­le­ment faci­li­ter le respect d’aut­res obli­ga­ti­ons par le responsable, com­me l’ob­li­ga­ti­on d’information.

Cha­pit­re 5 Dis­po­si­ti­ons par­ti­cu­liè­res rela­ti­ves au trai­te­ment des don­nées par les orga­nes fédéraux

Sec­tion 1 Con­seil­ler à la pro­tec­tion des données

Rap­port explicatif

Les artic­les 25 – 28 art. (anci­en­ne­ment art. 25 – 30 P‑OLPD) rem­pla­cent l’art. 23 OLPD, qui trai­te du con­seil­ler à la pro­tec­tion des don­nées des orga­nes fédéraux.

Art. 25 Nomination

Chaque orga­ne fédé­ral nom­me un con­seil­ler à la pro­tec­tion des don­nées. Plu­sieurs orga­nes fédé­raux peu­vent nom­mer ensem­ble un con­seil­ler à la pro­tec­tion des données.

Rap­port explicatif

L’art. 25 art. met en œuvre l’art. 10, al. 4, nLPD et l’art. 32 de la direc­ti­ve (UE) 2016/680. La régle­men­ta­ti­on selon laquel­le plu­sieurs orga­nes fédé­raux peu­vent dési­gner ensem­ble un con­seil­ler à la pro­tec­tion des don­nées doit per­mett­re en par­ti­cu­lier aux petits orga­nes fédé­raux ou aux dépar­te­ments dis­po­sant d’u­ne struc­tu­re orga­ni­sa­ti­on­nel­le cen­tra­li­sée d’ex­ploi­ter des syn­er­gies uti­les et per­met­tant d’é­co­no­mi­ser des res­sour­ces. En revan­che, on peut par exemp­le attendre des grands offices fédé­raux qu’ils dis­po­sent à eux seuls d’un con­seil­ler à la pro­tec­tion des don­nées. Bien enten­du, les orga­nes fédé­raux sont éga­le­ment libres de dési­gner plu­sieurs conseillers.

Art. 26 Exi­gen­ces et tâches

1 Le con­seil­ler à la pro­tec­tion des don­nées doit répond­re aux exi­gen­ces suivantes :

a. Il ou elle dis­po­se des con­nais­sances pro­fes­si­on­nel­les nécessaires.
b. Il ou elle exer­ce sa fonc­tion vis-à-vis de l’or­ga­ne fédé­ral de maniè­re pro­fes­si­on­nel­le­ment indé­pen­dan­te et sans rece­voir d’instructions.

2 Il ou elle doit s’ac­quit­ter des tâches suivantes :

a. Elle ou il par­ti­ci­pe à l’ap­pli­ca­ti­on des règles de pro­tec­tion des don­nées, notam­ment en

1. véri­fie le trai­te­ment des don­nées per­son­nel­les et recom­man­de des mesu­res cor­rec­ti­ves si une vio­la­ti­on des dis­po­si­ti­ons rela­ti­ves à la pro­tec­tion des don­nées est constatée,
2. con­seil­le le responsable du trai­te­ment dans l’é­la­bo­ra­ti­on de l’ana­ly­se d’im­pact rela­ti­ve à la pro­tec­tion des don­nées et véri­fie son exécution.
b. Il ou elle sert de point de cont­act pour les per­son­nes concernées.
c. Il ou elle for­me et con­seil­le les col­la­bo­ra­teurs de l’or­ga­ne fédé­ral sur les que­sti­ons de pro­tec­tion des données.

Rap­port explicatif

Ali­néa 1

L’ar­tic­le 26, 1er ali­néa, art. reprend à la lett­re a l’e­xi­gence de l’ar­tic­le 12a, 2e ali­néa, der­niè­re par­tie de la phra­se, OLPD. A la let. b, il est désor­mais pré­vu – com­me c’est le cas actu­el­le­ment à l’art. 12b, al. 2, let. a, OLPD et par ana­lo­gie avec la régle­men­ta­ti­on appli­ca­ble aux respons­ables pri­vés à l’art. 10, al. 3, let. a, nLPD – de maniè­re con­traignan­te pour tous les orga­nes fédé­raux (jus­qu’à pré­sent, seuls les orga­nes fédé­raux qui sou­hai­taient se libé­rer de l’ob­li­ga­ti­on de décla­rer leurs fichiers devai­ent rem­plir les exi­gen­ces des art. 12a et 12b OLPD, voir art. 23, al. 2, OLPD) que le con­seil­ler à la pro­tec­tion des don­nées exer­ce sa fonc­tion de maniè­re pro­fes­si­on­nel­le­ment indé­pen­dan­te et sans être sou­mis à des ins­truc­tions. Le rôle du con­seil­ler à la pro­tec­tion des don­nées est ain­si ren­for­cé et insti­tu­ti­on­na­li­sé au sein des orga­nes fédé­raux, qui sont habi­tu­el­le­ment hié­rar­chi­sés, afin qu’il pui­s­se accom­plir ses tâches de maniè­re effi­cace. Cer­tes, le rôle du con­seil­ler à la pro­tec­tion des don­nées n’est que con­sul­ta­tif et de sou­ti­en, et le poten­tiel de con­flit avec les orga­nes respons­ables et supé­ri­eurs doit donc être con­sidé­ré com­me réduit. Il faut néan­mo­ins garan­tir que le con­seil­ler à la pro­tec­tion des don­nées pui­s­se for­mu­ler libre­ment ses recom­man­da­ti­ons – même si, par natu­re, elles sont par­fois dés­ag­ré­a­bles – sans avoir à cra­ind­re de pré­ju­di­ces. L’in­dé­pen­dance impli­que éga­le­ment que le con­seil­ler à la pro­tec­tion des don­nées pui­s­se s’adress­er à la direc­tion suprê­me de l’or­ga­ne fédé­ral dans les cas importants, com­me le pré­voit expli­ci­te­ment l’art. 23, let. c, de la loi sur la pro­tec­tion des don­nées pour les par­ti­cu­liers. L’in­dé­pen­dance du con­seil­ler à la pro­tec­tion des don­nées doit être garan­tie avant tout par des mesu­res orga­ni­sa­ti­on­nel­les : Il con­vi­ent notam­ment d’é­vi­ter que l’ac­ti­vi­té de con­seil­ler à la pro­tec­tion des don­nées pui­s­se avoir des réper­cus­sions néga­ti­ves sur l’en­tre­ti­en d’évaluation.

Ali­néa 2

Les tâches du con­seil­ler à la pro­tec­tion des don­nées de l’or­ga­ne fédé­ral à l’al. 2 ont été har­mo­ni­sées sur le plan ter­mi­no­lo­gi­que avec la dis­po­si­ti­on appli­ca­ble aux respons­ables pri­vés (art. 10, al. 3, nLPD). L’al. 2, let. a, stipu­le que le con­seil­ler à la pro­tec­tion des don­nées par­ti­ci­pe à l’ap­pli­ca­ti­on des dis­po­si­ti­ons rela­ti­ves à la pro­tec­tion des don­nées, com­me le pré­voit déjà l’art. 10, al. 2, let. b, nLPD. Cela impli­que notam­ment que, selon le chif­fre 1, il véri­fie le trai­te­ment des don­nées per­son­nel­les et recom­man­de des mesu­res cor­rec­ti­ves si une vio­la­ti­on des pre­scrip­ti­ons de pro­tec­tion des don­nées est con­sta­tée ; et que, selon le chif­fre 2, il con­seil­le le responsable lors de l’é­la­bo­ra­ti­on de l’ana­ly­se d’im­pact rela­ti­ve à la pro­tec­tion des don­nées et véri­fie son exé­cu­ti­on. La par­ti­ci­pa­ti­on du con­seil­ler à la pro­tec­tion des don­nées peut con­tri­buer à déchar­ger le PFPDT. L’e­xi­gence du chif­fre 2 cor­re­spond à l’ar­tic­le 7, point c), de la direc­ti­ve (UE) 2016/680. Le con­seil­ler à la pro­tec­tion des don­nées doit être con­sidé­ré com­me un orga­ne de con­seil et d’as­si­stance et non com­me un orga­ne de sur­veil­lan­ce. En ce qui con­cer­ne la véri­fi­ca­ti­on des trai­te­ments et la recom­man­da­ti­on de mesu­res cor­rec­ti­ves, il con­vi­ent donc de souli­gner qu’il ne s’a­git pas d’in­tro­dui­re une obli­ga­ti­on de véri­fi­ca­ti­on acti­ve ou de pre­scr­i­re des con­trô­les sys­té­ma­ti­ques de tous les trai­te­ments de don­nées. Il suf­fit plutôt qu’il soit actif si, par exemp­le, les ser­vices respons­ables lui deman­dent de véri­fier un trai­te­ment de don­nées ou si des infor­ma­ti­ons lui par­vi­en­nent selon les­quel­les les pre­scrip­ti­ons en matiè­re de pro­tec­tion des don­nées ont été vio­lées. Bien enten­du, le con­seil­ler à la pro­tec­tion des don­nées peut éga­le­ment pro­cé­der à des con­trô­les proac­tifs. En out­re, le con­seil­ler à la pro­tec­tion des don­nées sert, con­for­mé­ment à l’a­li­néa 2, lett­re b, de point de cont­act pour les per­son­nes con­cer­nées, par exemp­le dans le cas d’u­ne deman­de de rens­eig­ne­ments selon l’ar­tic­le 25 nLPD.

Art. 27 Obli­ga­ti­ons de l’or­ga­ne fédéral

1 L’or­ga­ne fédé­ral a les obli­ga­ti­ons sui­van­tes envers le con­seil­ler à la pro­tec­tion des données :

a. Il lui don­ne accès à tous les rens­eig­ne­ments, docu­ments, listes des acti­vi­tés de trai­te­ment et don­nées per­son­nel­les dont il a beso­in pour accom­plir ses tâches.
b. Il veil­le à ce qu’il ou elle soit informé(e) d’u­ne vio­la­ti­on de la sécu­ri­té des données.
2 il publie sur Inter­net les coor­don­nées du con­seil­ler à la pro­tec­tion des don­nées et les com­mu­ni­que au PFPDT

Rap­port explicatif

L’art. 27, al. 1, let. a, art. (anci­en­ne­ment art. 29, al. 1, P‑LPD) est iden­tique à la régle­men­ta­ti­on con­cer­nant les respons­ables pri­vés à l’art. 22, let. b, art. (anci­en­ne­ment art. 25, al. 2, let. b, P‑ODSG). On peut donc se réfé­rer ici par ana­lo­gie aux expli­ca­ti­ons qui y sont don­nées. Si des bases léga­les spé­cia­les s’op­po­sent à l’ac­cès du con­seil­ler à la pro­tec­tion des don­nées à cer­tai­nes infor­ma­ti­ons, notam­ment à des don­nées per­son­nel­les, cel­les-ci pri­ment con­for­mé­ment au prin­ci­pe géné­ral de la lex spe­cia­lis. Le cas échéant, les don­nées per­son­nel­les doi­vent être cavi­ar­dées si le con­seil­ler à la pro­tec­tion des don­nées a beso­in d’ac­cé­der à des infor­ma­ti­ons con­tenant des don­nées per­son­nel­les pour l’ac­com­plis­se­ment de ses tâches. Con­for­mé­ment à l’art. 27, al. 1, let. b, art. LPD, l’or­ga­ne fédé­ral est désor­mais tenu de veil­ler à ce que le con­seil­ler soit infor­mé des vio­la­ti­ons de la sécu­ri­té des don­nées. Cet­te obli­ga­ti­on peut par exemp­le être garan­tie par le fait que l’or­ga­ne fédé­ral obli­ge ses col­la­bo­ra­teurs, par le biais de direc­ti­ves, à infor­mer le con­seil­ler en cas de vio­la­ti­on de la sécu­ri­té des don­nées. Cet­te obli­ga­ti­on ne con­cer­ne pas seu­le­ment les vio­la­ti­ons qui doi­vent être annon­cées au PFPDT sur la base de l’ar­tic­le 24 nLPD, mais s’ap­pli­que à tou­te vio­la­ti­on de la sécu­ri­té des don­nées. Le con­seil­ler à la pro­tec­tion des don­nées con­seil­le le responsable pour savoir si la vio­la­ti­on est sou­mi­se à une obli­ga­ti­on de noti­fi­ca­ti­on au sens de l’ar­tic­le 24 nLPD. La noti­fi­ca­ti­on en soi relè­ve tou­te­fois de la responsa­bi­li­té du responsable : C’est lui qui déci­de si et quel­les vio­la­ti­ons doi­vent être noti­fi­ées au PFPDT.

L’al. 2 a été ajou­té et pré­voit une règ­le ana­lo­gue à cel­le de l’art. 10, al. 3, let. d, nLPD pour les respons­ables pri­vés. Cet­te dis­po­si­ti­on vise à faci­li­ter l’e­xer­ci­ce des droits des per­son­nes con­cer­nées en leur per­met­tant d’i­den­ti­fier direc­te­ment au moins un interlo­cu­teur spé­cia­li­sé. Il n’est pas néces­saire de publier le nom du con­seil­ler à la pro­tec­tion des don­nées. Il suf­fit d’in­di­quer l’adres­se élec­tro­ni­que du ser­vice com­pé­tent. Les coor­don­nées du con­seil­ler à la pro­tec­tion des don­nées doi­vent éga­le­ment être com­mu­ni­quées au PFPDT.

Art. 28 Point de cont­act du PFPDT

Le con­seil­ler à la pro­tec­tion des don­nées sert de point de cont­act au PFPDT pour les que­sti­ons liées au trai­te­ment de don­nées per­son­nel­les par l’or­ga­ne fédé­ral concerné.

Rap­port explicatif

L’art. 28 Art. (anci­en­ne­ment art. 30 P‑ODSG) reprend, sous une for­me pré­cis­ée, le sens de l’art. 23, al. 3, OLPD. La for­mu­la­ti­on a tou­te­fois été adap­tée, car elle a été mal inter­pré­tée com­me une limi­ta­ti­on des cont­acts. Les orga­nes fédé­raux doi­vent rester libres de com­mu­ni­quer avec le PFPDT par l’in­ter­mé­di­ai­re d’aut­res ser­vices et pas seu­le­ment par l’in­ter­mé­di­ai­re du con­seil­ler à la pro­tec­tion des don­nées. Il ne s’a­git pas de con­sidé­rer ce der­nier com­me une per­son­ne de liai­son pour le PFPDT, mais com­me un point de cont­act, car il dis­po­se des con­nais­sances tech­ni­ques et inter­nes néces­saires pour les que­sti­ons liées au trai­te­ment de don­nées per­son­nel­les par son pro­pre orga­ne fédéral.

Sec­tion 2 : Obli­ga­ti­ons d’information

Art. 29 Devoir d’in­for­ma­ti­on lors de la com­mu­ni­ca­ti­on de don­nées personnelles

L’or­ga­ne fédé­ral infor­me le desti­na­tai­re de l’ac­tua­li­té, de la fia­bi­li­té et de l’ex­haus­ti­vi­té des don­nées per­son­nel­les qu’il a com­mu­ni­quées, dans la mesu­re où ces infor­ma­ti­ons ne res­sortent pas des don­nées elles-mêmes ou des circonstances.

Rap­port explicatif

Cet­te dis­po­si­ti­on cor­re­spond aux artic­les 12 et 26 OLPD et con­cer­ne la fia­bi­li­té des don­nées per­son­nel­les com­mu­ni­quées. Out­re l’ ”actua­li­té” et la “fia­bi­li­té” des don­nées per­son­nel­les, l’art. 29, al. 2, LPD (art. 15 LPD) men­ti­on­ne éga­le­ment la “sécu­ri­té” des don­nées. (anci­en­ne­ment art. 15 P‑ODSG) men­ti­on­ne désor­mais l’ ”exhaus­ti­vi­té”. Pour garan­tir la qua­li­té des don­nées, cel­les-ci doi­vent être actu­el­les, fia­bles et com­plè­tes (c’est-à-dire qu’el­les ne doi­vent être ni par­ti­el­les ni lacun­aires). La dis­po­si­ti­on est ain­si adap­tée à l’ar­tic­le 7, para­gra­phe 2, de la direc­ti­ve (UE) 2016/680. Elle com­plè­te l’ar­tic­le 6, para­gra­phe 5 nLPD.

Art. 30 Devoir d’in­for­ma­ti­on lors de la coll­ec­te sys­té­ma­tique de don­nées personnelles

Si la per­son­ne con­cer­née n’est pas tenue de four­nir des infor­ma­ti­ons, l’or­ga­ne fédé­ral responsable l’en infor­me en cas de coll­ec­te sys­té­ma­tique de don­nées personnelles.

Rap­port explicatif

Cet­te régle­men­ta­ti­on cor­re­spond à l’ac­tuel artic­le 24 OLPD : si la per­son­ne con­cer­née n’est pas tenue de four­nir des rens­eig­ne­ments, l’or­ga­ne fédé­ral responsable doit l’in­for­mer du carac­tère facul­ta­tif de la com­mu­ni­ca­ti­on de ces rens­eig­ne­ments. Con­for­mé­ment à la régle­men­ta­ti­on de l’art. 24 OLPD, cet­te obli­ga­ti­on s’ap­pli­que éga­le­ment uni­quement à la coll­ec­te sys­té­ma­tique de don­nées per­son­nel­les. Elle con­cer­ne en par­ti­cu­lier le domaine de la sta­ti­stique et de la recherche.

Sec­tion 3 Annon­ce au PFPDT des pro­jets de trai­te­ment auto­ma­ti­sé de don­nées personnelles

Art. 31
1 L’or­ga­ne fédé­ral responsable annon­ce au PFPDT les acti­vi­tés de trai­te­ment auto­ma­ti­sé pré­vues au moment de la décis­i­on de déve­lo­p­pe­ment ou d’au­to­ri­sa­ti­on du projet.
2 La décla­ra­ti­on doit con­te­nir les infor­ma­ti­ons visées à l’art. 12, al. 2, let. a à d, LPD, ain­si que la date pré­vue du début des acti­vi­tés de traitement.
3 Le PFPDT inscrit cet­te com­mu­ni­ca­ti­on dans le regist­re des acti­vi­tés de traitement.
4 L’or­ga­ne fédé­ral responsable met à jour la décla­ra­ti­on lors du pas­sa­ge à l’ex­plo­ita­ti­on pro­duc­ti­ve ou de l’ar­rêt du projet.

Rap­port explicatif

L’art. 31, al. 1, art. 2, pré­voit que l’or­ga­ne fédé­ral responsable doit annon­cer au PFPDT les acti­vi­tés de trai­te­ment auto­ma­ti­sé pré­vues au moment de la vali­da­ti­on du pro­jet ou de la décis­i­on de déve­lo­p­pe­ment. Par rap­port à l’an­non­ce sub­si­di­ai­re au PFPDT selon l’art. 20, al. 2, OLPD, qui vise à exami­ner le con­te­nu des pro­jets, la pré­sen­te annon­ce sert au con­trai­re au PFPDT à avoir une simp­le vue d’en­sem­ble des pro­jets pré­vus dans les­quels des don­nées per­son­nel­les seront trai­tées de maniè­re auto­ma­ti­sée. En pre­mier lieu, cet­te annon­ce doit per­mett­re au PFPDT d’a­voir une vue d’en­sem­ble des pro­jets pré­vus et d’op­ti­mi­ser ain­si la pla­ni­fi­ca­ti­on de ses res­sour­ces dans le domaine des acti­vi­tés de con­seil et d’ac­com­pa­gne­ment de pro­jets légis­la­tifs. En second lieu, cet­te annon­ce sert bien enten­du aus­si à la pro­tec­tion de la personnalité.

Etant don­né que les pro­jets se trou­vent enco­re à un sta­de pré­co­ce au moment de la noti­fi­ca­ti­on, le con­te­nu de la noti­fi­ca­ti­on visée à l’al. 2 se limi­te à un sous-ensem­ble des infor­ma­ti­ons requi­ses par l’art. 12, al. 2, nLPD, à savoir les let. a à d. Com­me pour la noti­fi­ca­ti­on des listes des acti­vi­tés de trai­te­ment déjà exi­stan­tes selon l’art. 12 nLPD, le PFPDT inscrit les noti­fi­ca­ti­ons des acti­vi­tés de trai­te­ment pré­vues dans le regist­re des acti­vi­tés de trai­te­ment selon l’art. 56 nLPD. Les infor­ma­ti­ons rela­ti­ves à la décla­ra­ti­on des acti­vi­tés de trai­te­ment pré­vues ne sont tou­te­fois pas publiées (voir art. 42, al. 2, art.). L’or­ga­ne fédé­ral responsable met à jour l’in­scrip­ti­on con­for­mé­ment à l’al. 4 lorsque le pro­jet est ache­vé avec suc­cès, c’est-à-dire lors du pas­sa­ge à l’ex­plo­ita­ti­on pro­duc­ti­ve (ou trans­for­me l’in­scrip­ti­on en une décla­ra­ti­on selon l’art. 12, al. 4, nLPD), ou lors de l’ar­rêt du pro­jet (c’est-à-dire de la sup­pres­si­on de l’in­scrip­ti­on). La décla­ra­ti­on n’est donc “visi­ble” pour le PFPDT qu’au moment de la vali­da­ti­on du pro­jet ou de la décis­i­on de le développer.

Sec­tion 4 Essais pilotes

Art. 32 Carac­tère indis­pensable du pro­jet pilote

Un essai pilo­te est indis­pensable si l’u­ne des con­di­ti­ons sui­van­tes est remplie :

a. L’ac­com­plis­se­ment d’u­ne tâche néces­si­te des inno­va­tions tech­ni­ques dont l’im­pact doit d’a­bord être évalué.
b. L’ac­com­plis­se­ment d’u­ne tâche néces­si­te des mesu­res orga­ni­sa­ti­on­nel­les ou tech­ni­ques importan­tes, dont l’ef­fi­ca­ci­té doit d’a­bord être véri­fi­ée, notam­ment en ce qui con­cer­ne la col­la­bo­ra­ti­on ent­re les orga­nes de la Con­fé­dé­ra­ti­on et des cantons.
c. L’ac­com­plis­se­ment d’u­ne tâche exi­ge que les don­nées per­son­nel­les soi­ent acce­s­si­bles par pro­cé­du­re d’appel.

Rap­port explicatif

En ver­tu de l’art. 35, al. 1, nLPD, le Con­seil fédé­ral peut auto­ri­ser, avant l’en­trée en vigueur d’u­ne loi au sens for­mel, le trai­te­ment auto­ma­ti­sé de don­nées per­son­nel­les sen­si­bles ou d’aut­res trai­te­ments de don­nées au sens de l’art. 34, al. 2, let. b et c, nLPD, si cer­tai­nes con­di­ti­ons cumu­la­ti­ves sont rem­plies. L’u­ne de ces con­di­ti­ons est qu’u­ne pha­se de test avant l’en­trée en vigueur est indis­pensable pour la mise en œuvre pra­tique du trai­te­ment des don­nées, notam­ment pour des rai­sons tech­ni­ques. Afin de rédui­re la den­si­té régle­men­tai­re de l’art. 35 nLPD, le Con­seil fédé­ral a dépla­cé ces pré­cis­i­ons de l’art. 17a, al. 2, LPD vers l’ordonnance.

L’ar­tic­le 32 Art. déter­mi­ne les cas dans les­quels une pha­se de test doit être con­sidé­rée com­me indis­pensable. Il reprend l’ar­tic­le 17a, ali­néa 2 LPD avec quel­ques modi­fi­ca­ti­ons réd­ac­tion­nel­les. Ain­si, la noti­on de “nou­veau­tés tech­ni­ques” doit être com­pri­se com­me jus­qu’à pré­sent : Il s’a­git d’u­ne part de l’uti­li­sa­ti­on de nou­vel­les tech­no­lo­gies, mais aus­si de l’uti­li­sa­ti­on de tech­no­lo­gies déjà con­nues dans un nou­vel envi­ron­ne­ment ou lors de la mise en œuvre de nou­vel­les solu­ti­ons. L’ap­pli­ca­ti­on Swis­s­Co­vid peut ser­vir d’exemp­le : Elle se base cer­tes sur des tech­no­lo­gies déjà con­nues, com­me Blue­tooth, mais qui n’ont enco­re jamais été uti­li­sées dans une solu­ti­on com­pa­ra­ble. Seu­le la lett­re c est adap­tée : Désor­mais, tous les pro­cé­dés d’ap­pel sont con­cer­nés par le libel­lé et non plus seu­le­ment ceux qui cré­ent un accès pour les auto­ri­tés can­to­na­les. Cet­te for­mu­la­ti­on rest­ric­ti­ve avait des rai­sons histo­ri­ques, mais sur le fond, ce n’est pas le cer­cle des desti­na­tai­res de la pro­cé­du­re d’ap­pel qui peut être déter­mi­nant, mais l’aspect tech­ni­que qui est au pre­mier plan pour admett­re l’in­dis­pensa­bi­li­té (cf. art. 35, al. 1, let. c, nLPD).

Au moins une des con­di­ti­ons men­ti­onnées aux points a à c doit être rem­plie, ce qui signi­fie notam­ment qu’un essai pilo­te ne doit pas être uti­li­sé uni­quement pour des rai­sons de temps.

Art. 33 Pro­cé­du­re d’au­to­ri­sa­ti­on du pro­jet pilote
1 Avant de con­sul­ter les unités admi­ni­stra­ti­ves inté­res­sées, l’or­ga­ne fédé­ral responsable du pro­jet pilo­te expo­se la maniè­re dont le respect des con­di­ti­ons fixées à l’art. 35 LPD sera assu­ré et invi­te le PFPDT à prend­re position.

2 Le PFPDT se pro­non­ce sur la que­sti­on de savoir si les con­di­ti­ons d’au­to­ri­sa­ti­on pré­vues à l’art. 35 LPD sont rem­plies. L’or­ga­ne fédé­ral met à sa dis­po­si­ti­on tous les docu­ments néces­saires à cet effet, en particulier

a. une descrip­ti­on géné­ra­le du pro­jet pilote ;
b. un rap­port démon­trant que l’ac­com­plis­se­ment des tâches pré­vues par la loi néces­si­te un trai­te­ment au sens de l’art. 34, al. 2, LPD et qu’u­ne pha­se de test avant l’en­trée en vigueur de la loi est indis­pensable au sens formel ;
c. une descrip­ti­on de l’or­ga­ni­sa­ti­on inter­ne et des pro­cé­du­res de trai­te­ment et de con­trô­le des données ;
d. une descrip­ti­on des mesu­res de sécu­ri­té et de pro­tec­tion des données ;
e. le pro­jet d’or­don­nan­ce réglant les moda­li­tés du trai­te­ment ou le con­cept d’ordonnance ;
f. la pla­ni­fi­ca­ti­on des dif­fé­ren­tes pha­ses de l’expé­ri­ence pilote.
3 Le PFPDT peut deman­der d’aut­res docu­ments et pro­cé­der à des cla­ri­fi­ca­ti­ons complémentaires
4 L’or­ga­ne fédé­ral infor­me le PFPDT de tou­te modi­fi­ca­ti­on importan­te con­cer­nant le respect des con­di­ti­ons fixées à l’ar­tic­le 35 LPD. Le PFPDT prend à nou­veau posi­ti­on, si nécessaire
5 L’a­vis du PFPDT doit être joint à la deman­de adres­sée au Con­seil fédéral.
6 Le trai­te­ment auto­ma­ti­sé des don­nées est régi par une ordonnance

Rap­port explicatif

Cet­te dis­po­si­ti­on reprend, avec quel­ques adap­t­ati­ons réd­ac­tion­nel­les, l’ar­tic­le 27 OLPD. Les ren­vois sont adap­tés à la nLPD lorsque cela est néces­saire. Un nou­vel al. 6 a été ajou­té, dans lequel il est pré­cisé – com­me c’est le cas actu­el­le­ment à l’art. 17a, al. 3, LPD – que le trai­te­ment auto­ma­ti­sé des don­nées est réglé dans une ordon­nan­ce. La trans­pa­rence des essais pilo­tes est ain­si garantie.

Art. 34 Rap­port d’évaluation
1 L’or­ga­ne fédé­ral com­pé­tent sou­met le pro­jet de rap­port d’éva­lua­ti­on au PFPDT pour avis au Con­seil fédéral.
2 il sou­met au Con­seil fédé­ral le rap­port d’éva­lua­ti­on accom­pa­gné de l’a­vis du PFPDT

Rap­port explicatif

Cet­te dis­po­si­ti­on reprend l’ar­tic­le 27a OLPD.

En ver­tu de l’art. 34, l’or­ga­ne fédé­ral com­pé­tent sou­met le pro­jet de rap­port d’éva­lua­ti­on au PFPDT pour avis. S’il l’e­sti­me néces­saire, l’or­ga­ne fédé­ral com­pé­tent adap­te le rap­port d’évaluation.

Sec­tion 5 Trai­te­ment des don­nées à des fins ne se rap­portant pas à des personnes

Art. 35

Lorsque des don­nées per­son­nel­les sont trai­tées à des fins ne se rap­portant pas à des per­son­nes, notam­ment à des fins de recher­che, de pla­ni­fi­ca­ti­on et de sta­ti­sti­ques, et en même temps dans un aut­re but, les excep­ti­ons pré­vues à l’art. 39, al. 2, LPD ne s’ap­pli­quent qu’au trai­te­ment effec­tué à des fins ne se rap­portant pas à des personnes.

Rap­port explicatif

Afin de garan­tir que l’ap­pli­ca­ti­on des excep­ti­ons pré­vues à l’art. 39, al. 2, nLPD ne dépas­se pas le cad­re légal, l’or­don­nan­ce pré­cise que, dans le cas d’un trai­te­ment de don­nées à des fins ne se rap­portant pas à des per­son­nes (par ex. pour la recher­che, la pla­ni­fi­ca­ti­on ou la sta­ti­stique) qui sert en même temps une aut­re fina­li­té, ces excep­ti­ons ne sont appli­ca­bles qu’au trai­te­ment effec­tué pour les fina­li­tés men­ti­onnées à l’art. 39 nLPD.

Cha­pit­re 6 Pré­po­sé fédé­ral à la pro­tec­tion des don­nées et à la transparence

Art. 36 Siè­ge et secré­ta­ri­at permanent
1 Le siè­ge du PFPDT se trouve à Berne
2 La légis­la­ti­on sur le per­son­nel de la Con­fé­dé­ra­ti­on s’ap­pli­que aux rap­ports de tra­vail des employés du secré­ta­ri­at per­ma­nent du PFPDT. Les employés sont assu­rés auprès de la Caisse fédé­ra­le de pen­si­ons dans le cad­re de la caisse de pré­voy­an­ce de la Confédération.

Rap­port explicatif

Cet­te dis­po­si­ti­on cor­re­spond en prin­ci­pe à l’ar­tic­le 30 OLPD.

L’art. 36, al. 1, art. (anci­en­ne­ment art. 37, al. 1, P‑LPD) reste maté­ri­el­le­ment inchan­gé. Il est tou­te­fois renon­cé ici à la men­ti­on actu­el­le du secré­ta­ri­at, car il résul­te déjà du chan­ge­ment de ter­mi­no­lo­gie de “pré­po­sé” à “PFPDT” qu’il s’a­git de l’au­to­ri­té dans son ensem­ble et qu’el­le com­prend donc éga­le­ment le secrétariat.

L’art. 36, al. 2, art. (anci­en­ne­ment art. 37, al. 1, P‑ODP) règ­le les rap­ports de tra­vail du secré­ta­ri­at per­ma­nent du PFPDT. Le con­te­nu de cet­te dis­po­si­ti­on cor­re­spond à l’ac­tuel art. 30, al. 2, OLPD. Par rap­port au droit en vigueur, elle con­ti­ent tou­te­fois des adap­t­ati­ons (ter­mi­no­lo­gi­ques) et un com­plé­ment. Le pré­po­sé et le secré­ta­ri­at per­ma­nent du PFPDT con­sti­tu­ent, même après la révi­si­on tota­le de la LPD, une unité admi­ni­stra­ti­ve décen­tra­li­sée sans per­son­na­li­té juri­di­que, rat­ta­chée admi­ni­stra­ti­ve­ment à la Chan­cel­le­rie fédé­ra­le (art. 43, al. 4, 2e phra­se, nLPD, art. 2, al. 1, let. e, [LPers] , art. 2, al. 3, de la loi du 21 mars 1997 sur l’or­ga­ni­sa­ti­on du gou­ver­ne­ment et de l’ad­mi­ni­stra­ti­on [LOGA] et art. 8, al. 1, let. b, en rela­ti­on avec l’art. 2, al. 2, let. b, de la loi fédé­ra­le sur la pro­tec­tion des don­nées [LPrD]). en rela­ti­on avec l’an­ne­xe 1, let. A, ch. 2.1.1 de l’or­don­nan­ce du 25 novembre 1998 sur l’or­ga­ni­sa­ti­on du gou­ver­ne­ment et de l’ad­mi­ni­stra­ti­on [OLOGA]). Com­me jus­qu’à pré­sent, l’art. 43, al. 5, 2e phra­se, nLPD pré­voit que le pré­po­sé enga­ge lui-même son per­son­nel et dis­po­se dans ce cad­re de cer­tai­nes com­pé­ten­ces. Ain­si, par exemp­le, les cont­rats de tra­vail du per­son­nel du PFPDT sont signés par le pré­po­sé. Tou­te­fois, le pré­po­sé n’est tou­jours pas con­sidé­ré par le secré­ta­ri­at du PFPDT com­me un employeur au sens de la LPers en matiè­re de per­son­nel ou de pré­voy­an­ce. Selon l’art. 3, al. 1, let. a, LPers, l’em­ployeur est le Con­seil fédé­ral. Les rap­ports de tra­vail des employés du secré­ta­ri­at per­ma­nent du PFPDT restent donc régis par la légis­la­ti­on sur le per­son­nel de la Con­fé­dé­ra­ti­on, con­for­mé­ment à l’art. 36, al. 2, 1re phra­se, de l’or­don­nan­ce sur le per­son­nel de la Con­fé­dé­ra­ti­on. Par con­sé­quent, l’or­don­nan­ce du 3 juil­let 2001 sur le per­son­nel de la Con­fé­dé­ra­ti­on (OPers), l’or­don­nan­ce du DFF du 6 décembre 2001 con­cer­nant l’or­don­nan­ce sur le per­son­nel de la Con­fé­dé­ra­ti­on (O‑OPers) et l’or­don­nan­ce du 22 novembre 2017 con­cer­nant la pro­tec­tion des don­nées per­son­nel­les du per­son­nel de la Con­fé­dé­ra­ti­on (OPDP) restent appli­ca­bles. L’ac­tuel art. 30, al. 2, OLPD ne subit à cet égard qu’u­ne adap­t­ati­on ter­mi­no­lo­gi­que (“employés du secré­ta­ri­at per­ma­nent du PFPDT” au lieu de “secré­ta­ri­at du pré­po­sé” et “légis­la­ti­on sur le per­son­nel de la Con­fé­dé­ra­ti­on” au lieu de “loi sur le per­son­nel de la Con­fé­dé­ra­ti­on […] ain­si que […] ses dis­po­si­ti­ons d’exé­cu­ti­on”). En out­re, la deu­xiè­me phra­se de l’art. 36, al. 2, pré­cise que les employés du secré­ta­ri­at per­ma­nent du PFPDT sont assu­rés auprès de la Caisse fédé­ra­le de pen­si­ons dans le cad­re de la Caisse de pré­voy­an­ce de la Con­fé­dé­ra­ti­on. Cet ajout n’ap­por­te aucu­ne modi­fi­ca­ti­on maté­ri­el­le, mais se con­tente de fixer expres­sé­ment la régle­men­ta­ti­on en matiè­re de pré­voy­an­ce qui exi­stait déjà pour le secré­ta­ri­at per­ma­nent du PFPDT (cf. art. 32a, al. 1, et art. 32d, al. 1, LPers). Le per­son­nel reste donc assu­ré con­for­mé­ment aux dis­po­si­ti­ons du règle­ment de pré­voy­an­ce du 15 juin 2007 pour les employés et les béné­fi­ci­ai­res de ren­tes de la caisse de pré­voy­an­ce de la Con­fé­dé­ra­ti­on (RPEC).

En ce qui con­cer­ne les rap­ports de tra­vail du secré­ta­ri­at per­ma­nent du PFPDT, le sta­tu quo est donc main­te­nu pour l’in­stant. Cela se justi­fie notam­ment par le fait que le rat­ta­che­ment admi­ni­stra­tif à la Chan­cel­le­rie fédé­ra­le per­met au PFPDT de con­cen­trer ses res­sour­ces sur le fonc­tion­ne­ment opé­ra­ti­on­nel. La col­la­bo­ra­ti­on ent­re la Chan­cel­le­rie fédé­ra­le et le PFPDT est orga­ni­sée de maniè­re à garan­tir l’in­dé­pen­dance du PFPDT. La que­sti­on se pose néan­mo­ins de savoir si le pré­po­sé doit dis­po­ser de com­pé­ten­ces d’em­ployeur en matiè­re de droit du per­son­nel et de droit de la pré­voy­an­ce à l’é­gard des employés du secré­ta­ri­at per­ma­nent. Cet­te que­sti­on dev­ra être cla­ri­fi­ée à la pro­chai­ne occa­si­on au niveau de la loi for­mel­le. L’ex­amen coor­don­né et l’ad­ap­t­ati­on des bases léga­les spé­cia­les rela­ti­ves aux don­nées des per­son­nes mora­les, qui doi­vent avoir lieu dans les cinq ans sui­vant l’en­trée en vigueur de la nLPD (cf. art. 71 nLPD), pour­rai­ent en être l’occasion.

En revan­che, les dis­po­si­ti­ons d’exé­cu­ti­on rela­ti­ves aux rap­ports de tra­vail du pré­po­sé ne doi­vent pas être édic­tées par le Con­seil fédé­ral, mais par l’As­sem­blée fédé­ra­le. En effet, les rap­ports de tra­vail du pré­po­sé sont désor­mais fon­dés sur son élec­tion par l’As­sem­blée fédé­ra­le (art. 43, al. 1, nLPD). Dans le cad­re de l’initia­ti­ve par­le­men­tai­re 21.443, la CIP‑N a adop­té le 27 jan­vier 2022 un pro­jet d’or­don­nan­ce de l’As­sem­blée fédé­ra­le qui con­ti­ent les dis­po­si­ti­ons d’exé­cu­ti­on rela­ti­ves aux rap­ports de tra­vail du pré­po­sé. En out­re, cer­tai­nes modi­fi­ca­ti­ons de la nLPD sont pré­vues dans ce con­tex­te. Le Par­le­ment a adop­té les pro­jets lors du vote final du 17 juin 2022.

L’art. 30, al. 3, OLPD n’a pas été con­ser­vé, car le PFPDT gère désor­mais un bud­get auto­no­me, qui est réglé de maniè­re exhaus­ti­ve à l’art. 45 nLPD et à l’art. 142, al. 2 et 3, de la loi du 13 décembre 2002 sur le Par­le­ment (nLParl).

Art. 37 Voie de communication
1 Le PFPDT com­mu­ni­que avec le Con­seil fédé­ral par l’in­ter­mé­di­ai­re du chan­ce­lier ou de la chan­ce­liè­re de la Con­fé­dé­ra­ti­on. Celui-ci trans­met les pro­po­si­ti­ons, avis et rap­ports au Con­seil fédé­ral sans les modifier.
2 Le PFPDT sou­met des rap­ports à l’As­sem­blée fédé­ra­le via les Ser­vices du Parlement

Rap­port explicatif

L’art. 37 Art. con­sti­tue en gran­de par­tie une repri­se de l’art. 31, al. 1 et 1bis OLPD. L’art. 31, al. 2, n’a pas été repris dans l’art. car il découle de tou­te façon de l’in­dé­pen­dance et du fait que le PFPDT n’est pas lié par des ins­truc­tions que le PFPDT peut com­mu­ni­quer direc­te­ment avec d’aut­res unités admi­ni­stra­ti­ves. La sup­pres­si­on n’en­traî­ne donc aucu­ne modi­fi­ca­ti­on du droit maté­ri­el. Par rap­port à l’art. 31 OLPD, le pre­mier ali­néa a été modi­fié. La nou­vel­le for­mu­la­ti­on vise à pré­cis­er que le PFPDT peut éga­le­ment ent­rer en cont­act avec le Con­seil fédé­ral pour des que­sti­ons qui ne figu­rent pas à l’ord­re du jour d’u­ne séan­ce du Con­seil fédé­ral, par exemp­le en lui trans­met­tant des pri­ses de posi­ti­on. Cela mis à part, le con­te­nu de l’al. 1 reste inchan­gé, car le chan­ce­lier de la Con­fé­dé­ra­ti­on doit trans­mett­re tou­tes les com­mu­ni­ca­ti­ons au Con­seil fédé­ral et n’a aucu­ne mar­ge de manœu­vre à cet égard. Cela vaut éga­le­ment pour la pro­cé­du­re de co-rap­port. Seu­le la for­mu­la­ti­on de l’al. 2 a été légè­re­ment adap­tée ; le con­te­nu de droit maté­ri­el cor­re­spond tou­te­fois à l’art. 31, al. 1bis , OLPD.

Art. 38 Com­mu­ni­ca­ti­on de décis­i­ons, de direc­ti­ves et de projets
1 Les dépar­te­ments et la Chan­cel­le­rie fédé­ra­le com­mu­ni­quent au PFPDT leurs décis­i­ons en matiè­re de pro­tec­tion des don­nées, sous for­me anony­me, ain­si que leurs directives.
2 Les orga­nes fédé­raux sou­met­tent au PFPDT tous les pro­jets légis­la­tifs qui con­cer­nent le trai­te­ment de don­nées per­son­nel­les, la pro­tec­tion des don­nées et l’ac­cès aux docu­ments officiels.

Rap­port explicatif

Cet­te dis­po­si­ti­on cor­re­spond à l’art. 32, al. 1, OLPD, à l’ex­cep­ti­on d’ad­ap­t­ati­ons ter­mi­no­lo­gi­ques et systématiques.

Ali­néa 2 : Le PFPDT doit être impli­qué le plus tôt pos­si­ble. Il doit être con­sul­té au plus tard dans le cad­re de la con­sul­ta­ti­on des offices.

Art. 39 Trai­te­ment des don­nées personnelles

Le PFPDT peut trai­ter des don­nées per­son­nel­les, y com­pris des don­nées per­son­nel­les sen­si­bles, notam­ment dans les buts suivants :

a. pour exer­cer ses acti­vi­tés de surveillance ;
b. pour exer­cer ses acti­vi­tés de conseil ;
c. pour col­la­bo­rer avec les auto­ri­tés fédé­ra­les, can­to­na­les et étrangères ;
d. pour accom­plir des tâches dans le cad­re des dis­po­si­ti­ons péna­les pré­vues par la LPD ;
e. pour mener des pro­cé­du­res de média­ti­on et émett­re des recom­man­da­ti­ons con­for­mé­ment à la loi du 17 décembre 2004 sur la trans­pa­rence (LTrans) ;
f. pour réa­li­ser des éva­lua­tions con­for­mé­ment à la LTrans ;
g. pour la mise en œuvre des pro­cé­du­res d’ac­cès aux docu­ments offi­ci­els pré­vues par la LTrans ;
h. pour infor­mer le con­trô­le parlementaire ;
i. pour infor­mer le public ;
j. pour exer­cer ses acti­vi­tés de formation.

Rap­port explicatif

Selon le droit en vigueur, l’art. 32, al. 2, OLPD pré­cise les fina­li­tés pour les­quel­les le PFPDT exploi­te un système d’in­for­ma­ti­on et de docu­men­ta­ti­on. Le nou­vel art. 57h LOGA, intro­duit dans le cad­re de la révi­si­on tota­le de la LPD, stipu­le tou­te­fois de maniè­re géné­ra­le que les unités de l’ad­mi­ni­stra­ti­on fédé­ra­le uti­li­sent des systè­mes élec­tro­ni­ques de gesti­on des affai­res pour gérer leurs docu­ments. A l’a­ve­nir, il ne sera donc pas néces­saire de men­ti­on­ner l’uti­li­sa­ti­on du système de gesti­on des affai­res dans l’art.

En revan­che, les fina­li­tés pour les­quel­les le PFPDT trai­te des don­nées per­son­nel­les sont désor­mais réglées de maniè­re plus détail­lée (al. 1). Il peut trai­ter des don­nées per­son­nel­les, y com­pris des don­nées sen­si­bles, notam­ment pour exer­cer ses acti­vi­tés de sur­veil­lan­ce (let. a), pour exer­cer ses acti­vi­tés de con­seil (let. b), pour col­la­bo­rer avec les auto­ri­tés fédé­ra­les, can­to­na­les et étran­gè­res (let. c), pour accom­plir des tâches dans le cad­re des dis­po­si­ti­ons péna­les de la LPD (let. d) et pour éta­b­lir des recom­man­da­ti­ons (let. e). d), pour mener des pro­cé­du­res de média­ti­on et émett­re des recom­man­da­ti­ons con­for­mé­ment à la loi fédé­ra­le du 17 décembre 2004 sur le prin­ci­pe de la trans­pa­rence dans l’ad­mi­ni­stra­ti­on (LTrans) (let. e), pour mener des éva­lua­tions con­for­mé­ment à la LTrans (let. f), pour mener des pro­cé­du­res d’ac­cès à des docu­ments offi­ci­els con­for­mé­ment à la LTrans (let. g), pour infor­mer la sur­veil­lan­ce par­le­men­tai­re (let. h), pour infor­mer le public (let. i) et pour exer­cer ses acti­vi­tés de for­ma­ti­on (let. j).

Art. 40 Autocontrôle

Le PFPDT éta­blit un règle­ment de trai­te­ment pour tous les trai­te­ments auto­ma­ti­sés ; l’ar­tic­le 6, para­gra­phe 1, n’est pas applicable.

Rap­port explicatif

L’ar­tic­le 48 nLPD pré­voit que le PFPDT doit s’assurer, par des mesu­res appro­priées, que les pre­scrip­ti­ons en matiè­re de pro­tec­tion des don­nées sont exé­cu­tées con­for­mé­ment au droit au sein de son auto­ri­té. Le mes­sa­ge rela­tif à la loi sur la pro­tec­tion des don­nées pré­cise que le Con­seil fédé­ral est char­gé de con­cré­ti­ser dans l’or­don­nan­ce les mesu­res que le PFPDT doit prend­re (FF 2017 6941, 7089).

Selon l’art. 40, al. 1, let. a, on attend du PFPDT qu’il éta­blis­se un règle­ment de trai­te­ment pour tous les trai­te­ments auto­ma­ti­sés qu’il effec­tue, et pas seu­le­ment dans les cas men­ti­onnés à l’art. 6, al. 1, let. a, com­me par exemp­le le trai­te­ment de don­nées per­son­nel­les sen­si­bles ou le pro­fi­la­ge. Même si cela n’est pas expres­sé­ment pré­cisé (con­trai­re­ment à ce qui était enco­re le cas à l’art. 41, al. 2, P‑LPDT), le PFPDT doit, à l’in­star des aut­res orga­nes fédé­raux tenus d’é­ta­b­lir un règle­ment de trai­te­ment (cf. art. 6, art.), pré­voir des pro­ce­s­sus inter­nes garan­tis­sant que ses trai­te­ments de don­nées sont effec­tués con­for­mé­ment au règle­ment de trai­te­ment et véri­fier le respect de ce règlement.

Art. 41 Col­la­bo­ra­ti­on avec le NCSC
1 Le PFPDT peut trans­mett­re la noti­fi­ca­ti­on d’u­ne vio­la­ti­on de la sécu­ri­té des don­nées au Cent­re natio­nal de cyber­sé­cu­ri­té (NCSC), avec l’ac­cord du responsable de la noti­fi­ca­ti­on, afin qu’il ana­ly­se l’in­ci­dent. La com­mu­ni­ca­ti­on peut con­te­nir des don­nées personnelles
2 Le PFPDT invi­te le NCSC à prend­re posi­ti­on avant d’or­don­ner à l’or­ga­ne fédé­ral de prend­re les mesu­res pré­vues à l’ar­tic­le 8 LPD.

Rap­port explicatif

Afin que le PFPDT pui­s­se ana­ly­ser une vio­la­ti­on de la sécu­ri­té des don­nées qui lui a été signa­lée par le responsable du trai­te­ment sur la base de l’art. 24 nLPD et de l’art. 15, al. 1, NCSP, le PFPDT a déci­dé d’é­ta­b­lir une liste de con­trô­le. (anci­en­ne­ment art. 19 P‑LPD), de fai­re appel aux spé­cia­li­stes tech­ni­ques du NCSC, l’art. 41, al. 1, let. a, LPD pré­voit que le NCSC peut fai­re appel à des spé­cia­li­stes tech­ni­ques. (anci­en­ne­ment art. 42 P‑ODSG) pré­voit que le PFPDT peut trans­mett­re au NCSC les infor­ma­ti­ons rela­ti­ves à la noti­fi­ca­ti­on d’u­ne vio­la­ti­on de la sécu­ri­té des don­nées. La trans­mis­si­on peut con­te­nir tou­tes les don­nées pré­vues à l’art. 15, al. 1, art. 2, mais doit en même temps se limi­ter aux don­nées néces­saires au NCSC pour l’ana­ly­se de l’in­ci­dent. La com­mu­ni­ca­ti­on du PFPDT au NCSC peut éga­le­ment con­te­nir des don­nées per­son­nel­les. La con­di­ti­on est que le responsable qui est tenu de com­mu­ni­quer au PFPDT ait don­né son accord pré­alable à la trans­mis­si­on. En out­re, la trans­mis­si­on ne doit pas avoir pour effet de con­tour­ner l’art. 24, al. 6, nLPD, selon lequel la com­mu­ni­ca­ti­on ne peut être uti­li­sée dans le cad­re d’u­ne pro­cé­du­re péna­le qu’a­vec l’ac­cord de la per­son­ne sou­mi­se à l’ob­li­ga­ti­on de com­mu­ni­quer. L’art. 41, al. 1, let. a, ne per­met pas au PFPDT de trans­mett­re sys­té­ma­ti­quement les com­mu­ni­ca­ti­ons au NCSC. Au con­trai­re, le PFPDT ne peut fai­re usa­ge de cet­te pos­si­bi­li­té que dans des cas par­ti­cu­liers, lorsque les con­nais­sances tech­ni­ques du NCSC sont néces­saires pour éluci­der un inci­dent. La dis­po­si­ti­on doit être trans­fé­rée au niveau de la loi à la pro­chai­ne occa­si­on. C’est pour­quoi un nou­vel art. 24, al. 5bis nLPD est pré­vu dans l’an­ne­xe de l’a­vant-pro­jet de modi­fi­ca­ti­on de la loi sur la sécu­ri­té de l’in­for­ma­ti­on du 18 décembre 2020 (LSI), que le Con­seil fédé­ral a mis en con­sul­ta­ti­on le 12 jan­vier 2022. Celui-ci doit éga­le­ment rég­ler la com­mu­ni­ca­ti­on par le PFPDT au NCSC de don­nées per­son­nel­les sen­si­bles con­cer­nant des pour­suites ou des sanc­tions admi­ni­stra­ti­ves ou péna­les du responsable sou­mis à l’ob­li­ga­ti­on de décla­rer. Si et dès que le nou­vel art. 24, al. 5bis nLPD ent­rera en vigueur, l’art. 41, al. 1 Art. pour­ra à nou­veau être abrogé.

L’art. 41, al. 2, let. a, pré­cise que le PFPDT et le NCSC se coor­don­nent dans les domain­es d’ac­ti­vi­té qui se recou­pent. Cet­te nor­me cor­re­spond en prin­ci­pe à l’art. 20, al. 3, 2e phra­se, OLPD. Le PFPDT est tenu d’in­vi­ter le NCSC à prend­re posi­ti­on avant d’or­don­ner à l’or­ga­ne fédé­ral de prend­re les mesu­res pré­vues à l’art. 8 nLPD. La base léga­le pour une tel­le injonc­tion est l’art. 51, al. 3, let. b, nLPD. L’ob­jec­tif est notam­ment d’é­vi­ter que le PFPDT et le NCSC n’im­po­sent des direc­ti­ves dif­fé­ren­tes aux orga­nes fédé­raux dans le même domaine. L’in­dé­pen­dance du PFPDT reste tou­te­fois garan­tie, puis­qu’il est uni­quement tenu de deman­der l’a­vis, et non de le prend­re en compte.

Art. 42 Regist­re des acti­vi­tés de trai­te­ment des orga­nes fédéraux
1 Le regist­re des acti­vi­tés de trai­te­ment des orga­nes fédé­raux con­ti­ent les infor­ma­ti­ons four­nies par les orga­nes fédé­raux con­for­mé­ment à l’art. 12, al. 2, LPD et à l’art. 31, al. 2, de la pré­sen­te ordonnance.
2 Il est publié sur l’in­ter­net. Ne sont pas publiées les inscrip­ti­ons au regist­re rela­ti­ves aux acti­vi­tés de trai­te­ment auto­ma­ti­sé envi­sa­gées, visées à l’ar­tic­le 31

Rap­port explicatif

En ver­tu de l’art. 12, al. 4, nLPD, les orga­nes fédé­raux doi­vent com­mu­ni­quer leurs listes d’ac­ti­vi­tés de trai­te­ment au PFPDT. L’ar­tic­le 56 nLPD exi­ge de ce der­nier qu’il tien­ne un regist­re des acti­vi­tés de trai­te­ment des orga­nes fédé­raux et qu’il le publie.

L’art. 42, al. 1, nLPDT pré­cise ce que doit con­te­nir le regist­re du PFPDT, à savoir les indi­ca­ti­ons que les orga­nes fédé­raux doi­vent four­nir con­for­mé­ment à l’art. 12, al. 2, nLPDT. En out­re, le regist­re con­ti­ent éga­le­ment les indi­ca­ti­ons rela­ti­ves aux acti­vi­tés de trai­te­ment auto­ma­ti­sé pré­vues par les orga­nes fédé­raux con­for­mé­ment à l’art. 31, al. 2, art.

Le deu­xiè­me ali­néa pré­cise que le regist­re du PFPDT doit être publié sur Inter­net. Les inscrip­ti­ons au regist­re con­cer­nant les acti­vi­tés de trai­te­ment auto­ma­ti­sé pré­vues par les orga­nes fédé­raux con­for­mé­ment à l’art. 31, al. 1, ne sont pas publiées, car elles ne peu­vent pas enco­re être con­sidé­rées com­me défi­ni­ti­ves au moment de leur inscrip­ti­on ou peu­vent enco­re fai­re l’ob­jet de modifications.

Art. 43 Codes de conduite 

Lorsqu’un code de con­duite est sou­mis au PFPDT, celui-ci indi­que dans son avis si le code de con­duite rem­plit les con­di­ti­ons fixées à l’art. 22, al. 5, let. a et b, LPD.

Rap­port explicatif

En ver­tu de l’art. 22, al. 5, nLPD, le responsable pri­vé peut renon­cer à l’é­ta­blis­se­ment d’u­ne ana­ly­se d’im­pact rela­ti­ve à la pro­tec­tion des don­nées s’il est cer­ti­fié con­for­mé­ment à l’art. 13 nLPD ou s’il respec­te un code de con­duite au sens de l’art. 11 nLPD, qui rem­plit cer­tai­nes con­di­ti­ons. Lorsqu’un code de con­duite est sou­mis au PFPDT, celui-ci indi­que dans son avis s’il esti­me que les con­di­ti­ons sont rem­plies pour renon­cer à l’é­ta­blis­se­ment d’u­ne ana­ly­se d’im­pact rela­ti­ve à la pro­tec­tion des don­nées. Cet­te dis­po­si­ti­on pré­cise qu’un responsable de trai­te­ment qui sou­hai­te renon­cer à une ana­ly­se d’im­pact rela­ti­ve à la pro­tec­tion des don­nées doit sou­mett­re son code de con­duite au PFPDT et que ce der­nier doit avoir la pos­si­bi­li­té d’éva­luer le code. Il ne s’a­git pas d’u­ne appro­ba­ti­on, mais si, con­trai­re­ment à l’a­vis du PFPDT, un responsable sou­hai­te fai­re usa­ge de l’ex­cep­ti­on pré­vue à l’art. 22, al. 5, let. a à c, le PFPDT peut ordon­ner, sur la base de l’art. 51, al. 3, let. d, nLPD, que le responsable procè­de à une ana­ly­se d’im­pact rela­ti­ve à la pro­tec­tion des données.

Art. 44 Emoluments
1 Les émo­lu­men­ts fac­tu­rés par le PFPDT sont cal­culés en fonc­tion du temps passé
2 Le tarif horai­re est de 150 à 250 francs, selon la fonc­tion du per­son­nel d’exécution.
3 En cas de pre­sta­ti­ons d’u­ne ampleur, d’u­ne dif­fi­cul­té ou d’u­ne urgence excep­ti­on­nel­les, des sup­p­lé­ments peu­vent être per­çus jus­qu’à con­cur­rence de 50 % de l’é­mo­lu­ment pré­vu à l’al. 2.
4 Si le ser­vice du PFPDT peut être réuti­li­sé à des fins com­mer­cia­les par la per­son­ne assu­jet­tie à l’é­mo­lu­ment, des sup­p­lé­ments peu­vent être per­çus jus­qu’à 100 % de l’é­mo­lu­ment pré­vu à l’al. 2.
5 Pour le reste, l’or­don­nan­ce géné­ra­le sur les taxes du 8 sep­tembre 2004 est applicable.

Rap­port explicatif

En ver­tu de l’art. 59, al. 1, nLPD, le PFPDT doit per­ce­voir des émo­lu­men­ts pour cer­tai­nes pre­sta­ti­ons qu’il four­nit à des per­son­nes pri­vées. Il s’a­git notam­ment de la pri­se de posi­ti­on sur un code de con­duite (let. a), de l’ap­pro­ba­ti­on de clau­ses stan­dard de pro­tec­tion des don­nées et de pre­scrip­ti­ons inter­nes con­traignan­tes en matiè­re de pro­tec­tion des don­nées dans les ent­re­pri­ses (let. b), de l’ex­amen de l’ana­ly­se d’im­pact rela­ti­ve à la pro­tec­tion des don­nées (let. c), des mesu­res pré­ven­ti­ves et des mesu­res pré­vues à l’art. 51 nLPD (let. d) ain­si que des con­seils en matiè­re de pro­tec­tion des don­nées (let. e).

L’ar­tic­le 59, ali­néa 2 nLPD char­ge le Con­seil fédé­ral de fixer le mon­tant des émoluments.

L’ar­tic­le 44, 1er ali­néa, art. (anci­en­ne­ment art. 44, al. 1, P‑ODSG) fixe le prin­ci­pe selon lequel les émo­lu­men­ts sont cal­culés en fonc­tion du temps con­sacré. Selon l’a­li­néa 2, un tarif horai­re de 150 à 250 francs s’ap­pli­que selon la fonc­tion du per­son­nel exé­cutant. Le mon­tant se base sur le tarif horai­re du per­son­nel de la fonc­tion requi­se pour pou­voir four­nir la pre­sta­ti­on. Le PFPDT cal­cu­le donc les émo­lu­men­ts sur la base des heu­res effec­tuées par le per­son­nel exé­cutant. Tou­te per­son­ne ayant con­tri­bué à la four­ni­tu­re de la pre­sta­ti­on doit être pri­se en comp­te. Selon l’al. 3, le PFPDT a la pos­si­bi­li­té de per­ce­voir des sup­p­lé­ments allant jus­qu’à 50 % de l’é­mo­lu­ment pré­vu à l’al. 2 en cas de pre­sta­ti­on d’u­ne ampleur, d’u­ne dif­fi­cul­té ou d’u­ne urgence excep­ti­on­nel­les. Cet­te règ­le pré­cise la pre­scrip­ti­on géné­ra­le de l’art. 5, al. 3, de l’or­don­nan­ce géné­ra­le sur les émo­lu­men­ts du 8 sep­tembre 2004 (OGE­mol). Si la pre­sta­ti­on du PFPDT peut être réuti­li­sée à des fins com­mer­cia­les par la per­son­ne assu­jet­tie à l’é­mo­lu­ment, le PFPDT peut, con­for­mé­ment à l’al. 4, per­ce­voir des sup­p­lé­ments allant jus­qu’à 100 % de l’é­mo­lu­ment pré­vu à l’al. 2. Par exemp­le, si le PFPDT éva­lue un outil qui peut être reven­du par le requé­rant en tant qu’ap­pli­ca­ti­on con­for­me aux exi­gen­ces de la pro­tec­tion des don­nées, le PFPDT doit avoir la pos­si­bi­li­té de majo­rer l’é­mo­lu­ment de sor­te qu’il cor­re­spon­de appro­xi­ma­ti­ve­ment au salai­re horai­re d’un avo­cat spé­cia­li­sé. L’é­lé­ment déter­mi­nant est de savoir si le ser­vice est sus­cep­ti­ble d’êt­re réuti­li­sé à des fins com­mer­cia­les, indé­pen­dam­ment du fait que cela se pro­dui­se effec­ti­ve­ment. La régle­men­ta­ti­on pré­vue à l’al. 4 con­cer­ne en par­ti­cu­lier le cas du con­seil au sens de l’art. 59, al. 1, let. e, nLPD. Néan­mo­ins, il est éga­le­ment envi­sa­geable que le PFPDT éva­lue des clau­ses stan­dard de pro­tec­tion des don­nées ou des codes de con­duite qui peu­vent être réuti­li­sés à des fins com­mer­cia­les, par exemp­le par­ce qu’ils peu­vent ser­vir de pro­to­ty­pe pour d’aut­res clau­ses stan­dard de pro­tec­tion des don­nées ou d’aut­res codes de con­duite. Le para­gra­phe 5 décla­re par ail­leurs l’Allg­Ge­bV appli­ca­ble. Pour sa part, l’Allg­Ge­bV règ­le notam­ment les prin­cipes de la per­cep­ti­on des émo­lu­men­ts, les excep­ti­ons à l’ob­li­ga­ti­on de payer des émo­lu­men­ts ain­si que la pro­cé­du­re de recouvrement.

Cha­pit­re 7 Dis­po­si­ti­ons finales

Art. 45 Abro­ga­ti­on et modi­fi­ca­ti­on d’aut­res actes législatifs

L’a­b­ro­ga­ti­on et la modi­fi­ca­ti­on d’aut­res actes légis­la­tifs sont réglées à l’an­ne­xe 2.

Rap­port explicatif

Com­me les dis­po­si­ti­ons rela­ti­ves à l’a­b­ro­ga­ti­on et à la modi­fi­ca­ti­on d’aut­res actes légis­la­tifs repré­sen­tent ensem­ble plus d’u­ne page impri­mée, elles sont pré­sen­tées dans une anne­xe. L’a­b­ro­ga­ti­on et la modi­fi­ca­ti­on d’aut­res actes légis­la­tifs sont com­men­tées au chif­fre 7.

Art. 46 Dis­po­si­ti­ons transitoires
1 Pour les trai­te­ments de don­nées qui ne relè­vent pas du champ d’ap­pli­ca­ti­on de la direc­ti­ve (UE) 2016/680, l’ar­tic­le 4, para­gra­phe 2, s’ap­pli­que au plus tard trois ans après l’en­trée en vigueur du pré­sent règle­ment ou au plus tard à la fin du cycle de vie du système. Dans l’in­ter­val­le, ces trai­te­ments sont sou­mis à l’ar­tic­le 4, para­gra­phe 1
2 L’ar­tic­le 8, para­gra­phe 5, ne s’ap­pli­que pas aux éva­lua­tions effec­tuées avant l’en­trée en vigueur du pré­sent règlement.
3 L’ar­tic­le 31 ne s’ap­pli­que pas aux acti­vi­tés de trai­te­ment auto­ma­ti­sé pla­ni­fi­ées pour les­quel­les la vali­da­ti­on du pro­jet ou la décis­i­on de déve­lo­p­pe­ment du pro­jet a déjà été pri­se au moment de l’en­trée en vigueur de la pré­sen­te ordonnance.

Rap­port explicatif

L’ar­tic­le 4, para­gra­phe 2, obli­ge les orga­nes fédé­raux respons­ables et leurs sous-trai­tants à jour­na­li­ser le trai­te­ment auto­ma­ti­sé des don­nées per­son­nel­les. Pour les trai­te­ments de don­nées rele­vant du champ d’ap­pli­ca­ti­on de la direc­ti­ve (UE) 2016/680, l’ob­li­ga­ti­on de jour­na­li­sa­ti­on s’ap­pli­que depuis l’en­trée en vigueur de la loi sur la pro­tec­tion des don­nées Schen­gen en ver­tu de l’art. 25 de ladi­te direc­ti­ve. Dif­fér­ents orga­nes fédé­raux ont signa­lé un sur­croît de tra­vail dans le cad­re de la mise en œuvre de l’ar­tic­le 4, para­gra­phe 2, de la loi sur la pro­tec­tion des don­nées. Pour tenir comp­te de ce sur­croît de tra­vail, l’ar­tic­le 46, para­gra­phe 1, pré­voit une péri­ode tran­si­toire de trois ans à comp­ter de l’en­trée en vigueur du règle­ment ou, au plus tard, à la fin du cycle de vie du système, pour les trai­te­ments de don­nées restants. Pen­dant cet­te péri­ode, l’ar­tic­le 4, para­gra­phe 1, du règle­ment s’ap­pli­que à ces trai­te­ments de données.

L’ar­tic­le 8, para­gra­phe 5, art. intro­duit l’ob­li­ga­ti­on de publier les éva­lua­tions. L’ar­tic­le 46, para­gra­phe 2, stipu­le que les éva­lua­tions effec­tuées avant l’en­trée en vigueur du règle­ment ne sont pas publiées.

Selon l’art. 31, les orga­nes fédé­raux doi­vent désor­mais annon­cer au PFPDT les acti­vi­tés de trai­te­ment auto­ma­ti­sé qu’ils pré­voi­ent d’ef­fec­tuer, et ce au moment de la vali­da­ti­on du pro­jet ou de la décis­i­on de déve­lo­p­pe­ment du pro­jet. L’al. 3 pré­voit donc, à tit­re tran­si­toire, que l’art. 31, al. 1, ne s’ap­pli­que pas aux acti­vi­tés de trai­te­ment auto­ma­ti­sé pla­ni­fi­ées pour les­quel­les la vali­da­ti­on du pro­jet ou la décis­i­on de déve­lo­p­pe­ment du pro­jet a déjà été pri­se au moment de l’en­trée en vigueur de l’ordonnance.

Art. 47 Entrée en vigueur

Le pré­sent règle­ment ent­re en vigueur le 1er sep­tembre 2023.

Anne­xes

Anne­xe 1 (art. 8, al. 1)

19.

1 Allemagne*.
2 Andorre***
3 Argentine***
4 Autriche*.
5 Belgique*.
6 Bulgarie***
7 Cana­da*** Une pro­tec­tion adé­qua­te des don­nées est con­sidé­rée com­me assu­rée lorsque la loi fédé­ra­le cana­di­en­ne “Loi sur la pro­tec­tion des rens­eig­ne­ments per­son­nels et les docu­ments élec­tro­ni­ques” du 13 avril 2000 s’ap­pli­que dans le domaine pri­vé ou lorsque la loi d’u­ne pro­vin­ce cana­di­en­ne cor­re­spond en gran­de par­tie à cet­te loi fédé­ra­le. La loi fédé­ra­le s’ap­pli­que aux don­nées per­son­nel­les coll­ec­tées, trai­tées ou com­mu­ni­quées dans le cad­re d’ac­ti­vi­tés com­mer­cia­les, qu’il s’a­gis­se d’or­ga­ni­sa­ti­ons tel­les que des asso­cia­ti­ons, des socié­tés de per­son­nes, des indi­vi­dus ou des syn­di­cats, ou d’entre­pri­ses régies par la loi fédé­ra­le tel­les que des instal­la­ti­ons, des usi­nes, des ent­re­pri­ses ou des acti­vi­tés com­mer­cia­les rele­vant de la com­pé­tence légis­la­ti­ve du Par­le­ment cana­di­en. Les pro­vin­ces du Qué­bec, de la Colom­bie-Bri­tan­ni­que et de l’Al­ber­ta ont adop­té une loi qui cor­re­spond en gran­de par­tie à la loi fédé­ra­le ; les pro­vin­ces de l’On­ta­rio, du Nou­veau-Bruns­wick, de Terre-Neuve-et-Labra­dor et de la Nou­vel­le-Écos­se ont adop­té une loi qui cor­re­spond en gran­de par­tie à cet­te loi dans le domaine des don­nées sur la san­té. Dans tou­tes les pro­vin­ces cana­di­en­nes, la loi fédé­ra­le s’ap­pli­que à tou­tes les don­nées per­son­nel­les coll­ec­tées, trai­tées ou com­mu­ni­quées par des ent­re­pri­ses régies par la loi fédé­ra­le, y com­pris les don­nées rela­ti­ves aux employés de ces ent­re­pri­ses. La loi fédé­ra­le s’ap­pli­que éga­le­ment aux don­nées per­son­nel­les trans­fé­rées vers une aut­re pro­vin­ce ou un aut­re pays dans le cad­re d’ac­ti­vi­tés commerciales.
8 Chypre***
9 Croatie***
10 Danemark*.
11 Espagne*.
12 Estonie*
13 Finlande*.
14 France*.
15 Gibraltar***
16 Grèce*.
17 Guernesey***
18 Hongrie*
19 Île de Man***
20 Îles Féroé***
21 Irlande***
22 Islande*
23 Israël***
24 Italie*.
25 Jersey***
26 Lettonie*
27 Liechtenstein*
28 Lituanie*.
29 Luxembourg*.
30 Malte
31 Monaco***
32 Norvège
33 Nouvelle-Zélande***
34 Pays-Bas*.
35 Pologne*.
36 Portugal
37 Répu­bli­que tchèque
38 Roumanie***
39 Royaume-Uni**
40 Slovaquie*
41 Slovénie*
42 Suède*.
43 Uruguay***

44 États-Unis*** – Pour les don­nées per­son­nel­les trai­tées par des orga­ni­sa­ti­ons cer­ti­fi­ées con­for­mé­ment aux prin­cipes du cad­re de pro­tec­tion des don­nées ent­re la Sui­s­se et les États-Uni­s9 , un niveau de pro­tec­tion adé­quat est répu­té assu­ré sur la base des garan­ties pré­vues par le règle­ment d’ap­pli­ca­ti­on 14086 du 7 octobre 2022, la règ­le sur le tri­bu­nal d’ex­amen de la pro­tec­tion des don­nées du pro­cur­eur géné­ral des États-Unis du 7 octobre 2022 et la règ­le sur le tri­bu­nal d’ex­amen de la pro­tec­tion des don­nées du pro­cur­eur géné­ral des États-Unis du 7 octobre 2022. octobre 2022 et de la direc­ti­ve 126 de la com­mun­au­té du rens­eig­ne­ment (pro­cé­du­re de mise en œuvre pour le méca­nis­me de recours en matiè­re de rens­eig­ne­ment selon le règle­ment d’ap­pli­ca­ti­on 14086), éta­b­lie par le bureau de la direc­tri­ce du rens­eig­ne­ment natio­nal le 6 décembre 2022, et en rai­son de la dési­gna­ti­on de la Sui­s­se le 7 juin 2024 en tant qu’É­tat béné­fi­ci­ant du méca­nis­me de recours à deux niveaux, y com­pris l’ac­cès au tri­bu­nal char­gé de l’ex­amen de la pro­tec­tion des données.

L’éva­lua­ti­on du carac­tère adé­quat de la pro­tec­tion des don­nées inclut la com­mu­ni­ca­ti­on de don­nées per­son­nel­les con­for­mé­ment à la direc­ti­ve (UE) 2016/680.

* L’éva­lua­ti­on du carac­tère adé­quat de la pro­tec­tion des don­nées inclut la com­mu­ni­ca­ti­on de don­nées per­son­nel­les con­for­mé­ment à une décis­i­on d’exé­cu­ti­on de la Com­mis­si­on euro­pé­en­ne éta­blis­sant le carac­tère adé­quat de la pro­tec­tion des don­nées con­for­mé­ment à la direc­ti­ve (UE) 2016/680.

** L’éva­lua­ti­on du carac­tère adé­quat de la pro­tec­tion des don­nées n’in­clut pas la com­mu­ni­ca­ti­on de don­nées per­son­nel­les dans le cad­re de la coopé­ra­ti­on pré­vue par la direc­ti­ve (UE) 2016/680.

Rap­port explicatif

En ver­tu de l’art. 16, al. 1, nLPD, le Con­seil fédé­ral est com­pé­tent en la matiè­re et a pour tâche d’éva­luer quel Etat (ou quel ter­ri­toire ou sec­teur spé­ci­fi­que d’un Etat) et quel orga­ne inter­na­tio­nal garan­tis­sent un niveau de pro­tec­tion adé­quat pour la com­mu­ni­ca­ti­on de don­nées per­son­nel­les à l’étranger.

Une liste des États est publiée en anne­xe du règle­ment. L’ob­jec­tif de cet­te liste est de cré­er un espace uni­que en matiè­re de pro­tec­tion des don­nées. La liste sera régu­liè­re­ment révi­sée afin de tenir comp­te, d’u­ne part, des pra­ti­ques d’aut­res États et, d’aut­re part, des déve­lo­p­pe­ments au niveau inter­na­tio­nal, notam­ment des rati­fi­ca­ti­ons de la Con­ven­ti­on STE 108 révi­sée. Par con­sé­quent, la liste n’est pas défi­ni­ti­ve et pour­rait enco­re être modi­fi­ée avant l’en­trée en vigueur du règlement.

L’éva­lua­ti­on du carac­tère adé­quat de la pro­tec­tion des don­nées n’in­clut la divul­ga­ti­on de don­nées à des fins répres­si­ves que si cela est indi­qué dans l’an­ne­xe. Ain­si, un asté­ris­que signi­fie que l’éva­lua­ti­on du carac­tère adé­quat de la pro­tec­tion des don­nées inclut la divul­ga­ti­on de don­nées per­son­nel­les con­for­mé­ment à la direc­ti­ve (UE) 2016/680, tan­dis que deux asté­ris­ques signi­fi­ent que la divul­ga­ti­on de don­nées per­son­nel­les con­for­mé­ment à une décis­i­on d’exé­cu­ti­on de la Com­mis­si­on euro­pé­en­ne con­stat­ant le carac­tère adé­quat de la pro­tec­tion des don­nées con­for­mé­ment à la direc­ti­ve (UE) 2016/680 est inclu­se (c’est actu­el­le­ment le cas pour le Royau­me-Uni). Enfin, trois asté­ris­ques signi­fi­ent que l’éva­lua­ti­on du carac­tère adé­quat de la pro­tec­tion des don­nées n’in­clut pas la com­mu­ni­ca­ti­on de don­nées per­son­nel­les dans le cad­re de la coopé­ra­ti­on pré­vue par la direc­ti­ve (UE) 2016/680.

18) États, ter­ri­toires, sec­teurs spé­ci­fi­ques d’un État et orga­nes inter­na­ti­on­aux dis­po­sant d’un niveau de pro­tec­tion des don­nées adéquat