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Sec­tion 1 Dis­po­si­ti­ons communes

§ 1. objet et but
1 Cet­te loi régit le trai­te­ment des infor­ma­ti­ons par les orga­nes publics.
2 Il a pour objet,
a. rend­re l’ac­tion des orga­nes publics trans­pa­ren­te et garan­tir l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on, afin de favo­ri­ser la lib­re for­ma­ti­on de l’o­pi­ni­on et l’e­xer­ci­ce des droits démo­cra­ti­ques, ain­si que de faci­li­ter le con­trô­le de l’ac­tion publique,
b. pro­mou­voir l’ac­cès à des don­nées publi­ques ouvertes,
c. pro­té­ger les droits fon­da­men­taux des per­son­nes dont les don­nées sont trai­tées par les orga­nes publics, en par­ti­cu­lier le droit à l’au­to­dé­ter­mi­na­ti­on en matiè­re d’information.

Ali­néa 1Les domain­es du prin­ci­pe de trans­pa­rence et de la pro­tec­tion des don­nées doi­vent con­tin­uer à être réglés dans un seul acte légis­la­tif, rai­son pour laquel­le l’ob­jet et le but de la LDI ne doi­vent pas être fon­da­men­ta­le­ment modi­fi­és par la révi­si­on et que le con­te­nu du § 1 al. 1 LDI est trans­fé­ré dans la nou­vel­le régle­men­ta­ti­on. Les nor­mes rela­ti­ves au prin­ci­pe de trans­pa­rence et à la pro­tec­tion des don­nées sont cer­tes clai­re­ment sépa­rées dans le nou­vel acte légis­la­tif. Le «trai­te­ment des infor­ma­ti­ons» con­ti­n­ue cepen­dant de com­prend­re deux domaines :

- garan­tir l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on (mise en œuvre du prin­ci­pe de trans­pa­rence) et

- la pro­tec­tion des droits fon­da­men­taux des per­son­nes dans le trai­te­ment des infor­ma­ti­ons (pro­tec­tion des données).

Ali­néa 2 let. a : le § 1 al. 2 let. a de la LDI est repris, mais com­plé­té par l’a­jout «de garan­tir l’ac­cès aux infor­ma­ti­ons». L’art. 17 Cst. est ain­si mis en œuvre de maniè­re recon­naissa­ble dans sa finalité.

Lit. b : Désor­mais, la LDI doit éga­le­ment rég­ler le trai­te­ment des don­nées ouver­tes des auto­ri­tés (Open Govern­ment Data, OGD). L’ex­ten­si­on de la fina­li­té se justi­fie notam­ment par le fait que la men­ti­on expli­ci­te des OGD exprime la com­pré­hen­si­on (élar­gie ou ren­for­cée depuis l’in­tro­duc­tion de la LDI) des don­nées en tant que res­sour­ces. Dans ses décis­i­ons n° 1362/2021 et 1331/2022, le Con­seil d’E­tat a d’ail­leurs expres­sé­ment expri­mé sa volon­té de mett­re à dis­po­si­ti­on des OGD.

Les OGD ser­vent avant tout à la trans­pa­rence : les auto­ri­tés qui met­tent à dis­po­si­ti­on des don­nées non sen­si­bles sous for­me d’OGD rem­plis­sent leur mis­si­on d’in­for­ma­ti­on de maniè­re appro­priée et per­met­tent de dis­po­ser d’u­ne base d’in­for­ma­ti­on pré­pa­rée sous une for­me lisi­ble par machi­ne. Les OGD pour­rai­ent donc, dans le cad­re d’u­ne inter­pré­ta­ti­on lar­ge, être éga­le­ment sub­su­mées sous l’an­ci­en­ne fina­li­té. La lib­re réuti­li­sa­ti­on des don­nées par des tiers est tou­te­fois un aspect sup­p­lé­men­tai­re qui justi­fie une exten­si­on de la fina­li­té. La dis­po­si­ti­on pré­cise que les orga­nes publics doi­vent, dans la mesu­re du pos­si­ble, mett­re à dis­po­si­ti­on les don­nées des auto­ri­tés et que l’uti­li­sa­ti­on de ces don­nées par des par­ti­cu­liers doit éga­le­ment être encou­ra­gée. Cet­te exi­gence est mise en œuvre par les nou­vel­les dis­po­si­ti­ons rela­ti­ves aux don­nées ouver­tes des auto­ri­tés (cf. §§ 5, al. 5 et 15). La nou­vel­le dis­po­si­ti­on du § 44b OG RR s’ap­pli­que en out­re à l’ad­mi­ni­stra­ti­on cantonale.

Lit. c reprend l’ac­tu­el­le let. b avec une adap­t­ati­on lin­gu­istique («dont» au lieu de «sur les­quels»). En out­re, le droit fon­da­men­tal prin­ci­pa­le­ment con­cer­né, le droit à l’au­to­dé­ter­mi­na­ti­on en matiè­re d’in­for­ma­ti­on, qui fait par­tie du droit au respect de la vie pri­vée (cf. ATF 144 I 126), est énuméré.

La nLPD limi­te son champ d’ap­pli­ca­ti­on aux per­son­nes phy­si­ques. Ceci tout d’a­bord par­ce que les dis­po­si­ti­ons de l’U­ni­on euro­pé­en­ne et du Con­seil de l’Eu­ro­pe en matiè­re de pro­tec­tion des don­nées ne pré­voi­ent géné­ra­le­ment pas de pro­tec­tion pour les per­son­nes mora­les. La pro­tec­tion des per­son­nes mora­les est cer­tes garan­tie en pre­mier lieu par les art. 28 ss du Code civil du 10 décembre 1907 (RS 210 ; att­ein­tes à la per­son­na­li­té com­me par exemp­le l’att­ein­te à la répu­ta­ti­on), la loi fédé­ra­le du 19 décembre 1986 sur la con­cur­rence déloya­le (RS 241), la loi fédé­ra­le du 9 octobre 1992 sur le droit d’au­teur et les droits voisins (LDA ; RS 231.1) ou par les dis­po­si­ti­ons rela­ti­ves à la pro­tec­tion des secrets pro­fes­si­on­nels, d’af­fai­res et de fab­ri­ca­ti­on ain­si que par l’art. 13 Cst. au niveau con­sti­tu­ti­on­nel. Avec l’a­b­ro­ga­ti­on de la régle­men­ta­ti­on sur la pro­tec­tion des don­nées des per­son­nes mora­les dans la nLPD, des dis­po­si­ti­ons cor­re­spond­an­tes ont tou­te­fois été intro­dui­tes dans la loi sur l’or­ga­ni­sa­ti­on du gou­ver­ne­ment et de l’ad­mi­ni­stra­ti­on du 21 mars 1997 (RS 172.010). Une solu­ti­on cor­re­spond­an­te ne s’off­re pas dans le droit can­to­nal, car il n’e­xi­ste pas de loi uni­for­me sur l’or­ga­ni­sa­ti­on du gou­ver­ne­ment et de l’ad­mi­ni­stra­ti­on pour les deux niveaux de l’E­tat, can­ton et com­mu­nes. En out­re, on ne voit pas pour­quoi la pro­tec­tion des don­nées des per­son­nes mora­les ent­raî­nerait des com­pli­ca­ti­ons inju­sti­fi­ées et dans quel­le mesu­re cela pour­rait affai­blir la place éco­no­mi­que zurichoi­se, com­me cela est par­fois avan­cé (voir les remar­ques cor­re­spond­an­tes de Juli­an Powell, Die Revi­si­on der kan­to­na­len Daten­schutz­ge­set­ze, in : Jus­let­ter, 31 mai 2021). La LDI n’im­po­se pas d’ob­li­ga­ti­ons aux per­son­nes mora­les, cel­les-ci étant régies de maniè­re exhaus­ti­ve par la LPD. La LDI appor­te plutôt une pro­tec­tion sup­p­lé­men­tai­re aux per­son­nes mora­les dans la mesu­re où des orga­nes publics trai­tent leurs don­nées per­son­nel­les. Le champ d’ap­pli­ca­ti­on de la LDI doit donc, avec la pré­sen­te révi­si­on, engl­ober sans chan­ge­ment la pro­tec­tion de la per­son­na­li­té des per­son­nes phy­si­ques et des per­son­nes mora­les, même si la pro­tec­tion des don­nées des per­son­nes mora­les n’a qu’u­ne importance pra­tique limitée.

Champ d’ap­pli­ca­ti­on

§ 2. a. Principe
1 La pré­sen­te loi s’ap­pli­que aux orga­nes publics.
2 Dans la mesu­re où les orga­nes publics par­ti­ci­pent à la con­cur­rence éco­no­mi­que et agis­sent dans ce cad­re selon le droit pri­vé, la loi fédé­ra­le du 25 sep­tembre 2020 sur la pro­tec­tion des don­nées s’ap­pli­que par analogie.

La LDI régit le droit de la pro­tec­tion des don­nées en géné­ral. Sous le droit en vigueur, il exi­ste cer­tes par­fois une incer­ti­tu­de quant à la mesu­re dans laquel­le les règles de la LDI ou cel­les des lois spé­cia­les s’ap­pli­quent. Le prin­ci­pe selon lequel la LDI est une loi trans­ver­sa­le est tou­te­fois incon­te­sté. Si des lois spé­cia­les con­ti­en­nent un droit de pro­tec­tion des don­nées spé­ci­fi­que à un domaine ou règ­lent l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on (p. ex. §§ 3a ss. de la loi sur l’é­co­le obli­ga­toire du 7 février 2005 [LS 412.100]), les règles cor­re­spond­an­tes pri­ment sur cel­les de la LDI en ver­tu des règles géné­ra­les de con­flit de lois (cf. à ce sujet Beat Rudin, Über­hol­te Aus­nah­men beim Gel­tungs­be­reich, dig­ma 2016, 122 ss). Cer­tes, plu­sieurs lois can­to­na­les sur la pro­tec­tion des don­nées con­ti­en­nent des dis­po­si­ti­ons cor­re­spond­an­tes sur les con­flits de lois (cf. par exemp­le la loi sur l’in­for­ma­ti­on et la pro­tec­tion des don­nées du can­ton de Bâle-Cam­pa­gne du 10 février 2011 et la loi sur l’in­for­ma­ti­on et la pro­tec­tion des don­nées du can­ton de Bâle-Ville du 9 juin 2010). De tel­les dis­po­si­ti­ons léga­les ne sont tou­te­fois guè­re aptes à appor­ter plus de clar­té que les règles de con­flit de lois géné­ra­le­ment appli­ca­bles, car il faut néan­mo­ins déci­der pour chaque cas d’ap­pli­ca­ti­on par­ti­cu­lier dans quel­le mesu­re les dis­po­si­ti­ons de la loi spé­cia­le pri­ment sur les dis­po­si­ti­ons de la LDI. Il con­vi­ent donc de renon­cer à l’in­tro­duc­tion d’u­ne tel­le disposition.

Il con­vi­ent éga­le­ment de noter que les régle­men­ta­ti­ons exi­stan­tes dans des lois spé­cia­les qui déro­gent à la LDI con­cer­nent exclu­si­ve­ment l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on. Ain­si, au niveau can­to­nal, mais aus­si au niveau com­mu­nal, l’ac­cès aux infor­ma­ti­ons qui dévoi­lerai­ent le pro­ce­s­sus de for­ma­ti­on de l’o­pi­ni­on de l’or­ga­ne public est limi­té. Le § 23 ali­néa 2 lett­re b IDG (nou­veau : § 11) auto­ri­se expres­sé­ment des excep­ti­ons à cet égard. A tit­re d’exemp­le, on peut se réfé­rer à la régle­men­ta­ti­on du prin­ci­pe de col­lé­gia­li­té dans le droit d’or­ga­ni­sa­ti­on des auto­ri­tés con­cer­nées (cf. § 11 OG RR en rela­ti­on avec le § 23 IDG et le § 2 al. 2 IDV, ce qui per­met d’an­ti­ci­per la pesée des inté­rêts ; cf. éga­le­ment les remar­ques rela­ti­ves au § 11 al. 2 let. b et au § 18 let. a).

L’ob­jec­tif du § 2a al. 1 LDI est de régle­men­ter les droits de regard du Grand Con­seil et de ses com­mis­si­ons pour le domaine du con­trô­le par­le­men­tai­re par les com­mis­si­ons per­ma­nen­tes de sur­veil­lan­ce. Il s’a­git de faci­li­ter l’ac­ti­vi­té de sur­veil­lan­ce par­le­men­tai­re du gou­ver­ne­ment, de l’ad­mi­ni­stra­ti­on et d’aut­res respons­ables de tâches publi­ques, ain­si que la mar­che des affai­res des tri­bu­naux can­tonaux suprê­mes, et d’empêcher ces orga­nes d’in­vo­quer la LDI dans le domaine de l’ac­ti­vi­té de sur­veil­lan­ce du con­seil can­to­nal. Le § 111 al. 1 de la loi du 25 mars 2019 sur le Grand Con­seil (LGC ; LS 171.1) a créé à cet effet une dis­po­si­ti­on léga­le spé­cia­le suf­fi­san­te, qui prime sur la LDI. Les mem­bres du Con­seil d’E­tat, des tri­bu­naux suprê­mes, des orga­nes de direc­tion des éta­blis­se­ments auto­no­mes ain­si que les employés du can­ton sont tenus, en ver­tu du § 111 al. 1 LCo, de four­nir des rens­eig­ne­ments aux com­mis­si­ons de sur­veil­lan­ce du Grand Con­seil et de leur remett­re des dos­siers. On peut donc renon­cer à une dis­po­si­ti­on selon le § 2a al. 1 IDG. Le fait que le con­seil can­to­nal ne soit pas sou­mis à la sur­veil­lan­ce du pré­po­sé (§ 2a al. 2 LDI) est réglé dans les tâches du pré­po­sé (sec­tion 4, tit­re C. § 50 al. 2).

Ali­néa 1 est repris tel quel de l’an­ci­en droit (§ 2 IDG). En prin­ci­pe, la loi s’ap­pli­que à tous les orga­nes publics. Des excep­ti­ons sont pré­vues pour les orga­nes publics qui par­ti­ci­pent à la con­cur­rence éco­no­mi­que (ali­né­as 2 et 3) et pour les tri­bu­naux (§ 4), com­me dans le droit en vigueur. Une aut­re excep­ti­on résul­te en out­re de la prim­au­té du droit de pro­cé­du­re (§ 3).

Par sou­ci d’ex­haus­ti­vi­té, il con­vi­ent de pré­cis­er que la loi ne s’ap­pli­que pas aux regi­stres publics des rela­ti­ons de droit pri­vé, notam­ment au regist­re du com­mer­ce. Les regi­stres publics des rela­ti­ons juri­di­ques pri­vées, en par­ti­cu­lier l’ac­cès à ces regi­stres et les droits des per­son­nes con­cer­nées, sont régis par les dis­po­si­ti­ons des lois spé­cia­les de droit fédé­ral, con­for­mé­ment à l’art. 2, al. 4, nLPD. Si cel­les-ci ne con­ti­en­nent pas de régle­men­ta­ti­on, la nLPD s’ap­pli­que. Il con­vi­ent d’a­jou­ter que la sur­veil­lan­ce des auto­ri­tés can­to­na­les de regist­re est exer­cée par le pré­po­sé à la pro­tec­tion des don­nées. Celui-ci appli­que la nLPD dans la mesu­re où le droit des regi­stres est concerné.

Ali­néa 2 cor­re­spond au con­te­nu du § 2c IDG, mais la for­mu­la­ti­on a été adap­tée. Tant les dis­po­si­ti­ons sur la pro­tec­tion des don­nées que cel­les sur le prin­ci­pe de trans­pa­rence ne s’ap­pli­quent pas à ces orga­nes dans le domaine où ils par­ti­ci­pent à la con­cur­rence éco­no­mi­que. Un orga­ne public par­ti­ci­pe à la con­cur­rence éco­no­mi­que lorsqu’il off­re ses pre­sta­ti­ons sur le mar­ché en con­cur­rence avec d’aut­res four­nis­seurs et qu’il veut réa­li­ser un béné­fice par son action. De plus, l’or­ga­ne public doit agir selon le droit pri­vé. Cela signi­fie que les par­ten­aires con­trac­tuels doi­vent être libres de con­clu­re un cont­rat et que leurs droits et obli­ga­ti­ons ne décou­lent pas d’u­ne décis­i­on ou d’un cont­rat de droit admi­ni­stra­tif. En out­re, seuls les tri­bu­naux civils ent­rent en ligne de comp­te com­me instances de recours en cas de liti­ge. Si un orga­ne public par­ti­ci­pe à la con­cur­rence éco­no­mi­que par des actions de droit pri­vé, il ne devi­ent pas pour autant une per­son­ne pri­vée. S’il trai­te des don­nées per­son­nel­les, les dis­po­si­ti­ons de la nLPD s’ap­pli­quent par ana­lo­gie au trai­te­ment de don­nées par des per­son­nes pri­vées (cf. Beat Rudin, in Beat Rudin/Bruno Bae­ris­wyl [éd.], Pra­xis­kom­men­tar zum Infor­ma­ti­ons- und Daten­schutz­ge­setz des Kan­tons Basel-Stadt, 2014 [ci-après Pra­xis­kom­men­tar IDG BS], § 2 N. 12). L’ap­pli­ca­bi­li­té sim­ple­ment par ana­lo­gie s’ex­pli­que par le fait que le droit fédé­ral de la pro­tec­tion des don­nées ne s’ap­pli­que qu’aux orga­nes de la Con­fé­dé­ra­ti­on et aux par­ti­cu­liers. Le can­ton ne peut pas élar­gir ce champ d’ap­pli­ca­ti­on avec ses dis­po­si­ti­ons, mais il peut les décla­rer appli­ca­bles par ana­lo­gie. La deu­xiè­me phra­se du § 2c al. 2 IDG a été trans­fé­rée dans les dis­po­si­ti­ons rela­ti­ves aux tâches du ou de la préposé(e) à la pro­tec­tion des don­nées (§ 50 al. 1). Cet­te dis­po­si­ti­on stipu­le que le ou la préposé(e) sur­veil­le les orga­nes publics con­for­mé­ment au § 2. 

§ 3. b. Prim­au­té du droit procédural
Les droits des per­son­nes con­cer­nées et les droits de con­sul­ta­ti­on des tiers sont exclu­si­ve­ment régis par le droit de pro­cé­du­re appli­ca­ble en cas de
a. Pro­cé­du­res civi­les et pénales,
b. les pro­cé­du­res judi­ciai­res administratives,
c. les aut­res pro­cé­du­res de droit admi­ni­stra­tif qui ne sont pas enco­re clôtu­rées de maniè­re définitive.

Le con­te­nu de cet­te dis­po­si­ti­on cor­re­spond au § 2b IDG. Pour l’ac­cès aux infor­ma­ti­ons dans le domaine des pro­cé­du­res civi­les et péna­les, l’ap­pli­ca­ti­on de la LDI doit con­tin­uer à être exclue en ce qui con­cer­ne les droits des per­son­nes con­cer­nées ain­si que les droits de con­sul­ta­ti­on de tiers. Tou­te­fois, le lien est désor­mais éta­b­li avec les pro­cé­du­res et non plus avec les auto­ri­tés con­cer­nées (tri­bu­naux ou auto­ri­tés de pour­suite péna­le selon le § 86 al. 1 let. b et c de la loi sur l’or­ga­ni­sa­ti­on judi­ciai­re et les auto­ri­tés de la pro­cé­du­re civi­le et péna­le du 10 mai 2010 [GOG ; LS 211.1]). Ain­si, les pro­cé­du­res de con­ci­lia­ti­on sont désor­mais inclu­ses dans le domaine des pro­cé­du­res civi­les et les pro­cé­du­res d’a­men­des d’ord­re dans le domaine des pro­cé­du­res péna­les (let. a). Les pro­cé­du­res admi­ni­stra­ti­ves menées devant les tri­bu­naux (c’est-à-dire devant le tri­bu­nal admi­ni­stra­tif et les tri­bu­naux qui lui sont sub­or­don­nés ain­si que le tri­bu­nal des assu­ran­ces socia­les) sont éga­le­ment régies exclu­si­ve­ment par le droit de pro­cé­du­re appli­ca­ble (let. b). Les régle­men­ta­ti­ons cor­re­spond­an­tes dans les lois spé­cia­les sont exhaus­ti­ves. Pour les pro­cé­du­res péna­les, l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on est régi par les art. 100 s. du Code de pro­cé­du­re péna­le sui­s­se du 5 octobre 2007 (Code de pro­cé­du­re péna­le ; RS 312.0) et par les §§ 150 et sui­vants du GOG. GOG sont réglés. Pour les pro­cé­du­res civi­les, la régle­men­ta­ti­on se trouve au § 131 GOG. Pour la pro­cé­du­re devant le tri­bu­nal admi­ni­stra­tif et les tri­bu­naux qui lui sont sub­or­don­nés, le § 8 al. 3 VRG ren­voie, en ce qui con­cer­ne l’in­for­ma­ti­on sur les pro­cé­du­res judi­ciai­res et la con­sul­ta­ti­on des dos­siers par des tiers, à l’or­don­nan­ce de la com­mis­si­on plé­niè­re des tri­bu­naux con­for­mé­ment au § 73 al. 1 let. d GOG. En out­re, le § 71 VRG ren­voie au § 131 GOG, ce qui signi­fie que la même régle­men­ta­ti­on que pour les pro­cé­du­res civi­les s’ap­pli­que en prin­ci­pe. Pour le tri­bu­nal des assu­ran­ces socia­les, la régle­men­ta­ti­on cor­re­spond­an­te se trouve au § 22 al. 2 de la loi sur le tri­bu­nal des assu­ran­ces socia­les du 7 mars 1993 (LS 212.81). A tit­re de rest­ric­tion, il con­vi­ent de men­ti­on­ner que les exi­gen­ces con­sti­tu­ti­on­nel­les en matiè­re de publi­ci­té de la juris­pru­dence s’ap­pli­quent à la con­sul­ta­ti­on des juge­ments, des ordon­nan­ces péna­les et des ordon­nan­ces de non-lieu (cf. arrêts du Tri­bu­nal admi­ni­stra­tif VB.2010.00025 du 19 mai 2010 et VB.2018.00226 du 15 novembre 2018). Dans ce con­tex­te, il con­vi­ent tou­te­fois d’a­jou­ter que même dans le cas de juge­ments judi­ciai­res en prin­ci­pe acce­s­si­bles au public, il peut se justi­fier de ne rend­re les juge­ments acce­s­si­bles au public que de maniè­re limi­tée, par exemp­le en rendant les noms anony­mes, afin de pro­té­ger des inté­rêts publics ou pri­vés liés au secret (cf. ATF 141 I 201 con­sid. 4.5.2 avec d’aut­res ren­vois). Cet­te régle­men­ta­ti­on dans la LDI vise à cla­ri­fier la situa­ti­on et à exclu­re une appli­ca­ti­on, même sim­ple­ment com­plé­men­tai­re, de la LDI pour les droits des per­son­nes con­cer­nées et les droits de con­sul­ta­ti­on de tiers. En déro­ga­ti­on à l’ac­tuel § 2b LDI, il ne sera plus que­sti­on de «dis­po­si­ti­ons de lois spé­cia­les», mais de «droit de pro­cé­du­re appli­ca­ble». Il faut rete­nir que d’é­ven­tu­el­les dis­po­si­ti­ons de lois spé­cia­les en dehors des lois de pro­cé­du­re pro­pre­ment dites (Ordon­nan­ce de pro­cé­du­re civi­le du 19 décembre 2008 [RS 272], Code de pro­cé­du­re péna­le et LRCF) tom­bent éga­le­ment sous la noti­on de «droit de pro­cé­du­re appli­ca­ble» (ain­si par exemp­le les dis­po­si­ti­ons du LOG et de l’Or­don­nan­ce sur l’in­for­ma­ti­on et la con­sul­ta­ti­on des dos­siers des tri­bu­naux can­tonaux supé­ri­eurs du 12 juil­let 2021 [LS 211.15]). Tou­te­fois, à la dif­fé­rence de la for­mu­la­ti­on uti­li­sée dans la nLPD, le trai­te­ment des don­nées per­son­nel­les n’est pas sou­mis de maniè­re géné­ra­le au droit de pro­cé­du­re appli­ca­ble. Les prin­cipes du droit de la pro­tec­tion des don­nées (par ex. la sécu­ri­té de l’in­for­ma­ti­on) doi­vent s’ap­pli­quer par­al­lè­le­ment au droit de pro­cé­du­re. En effet, le droit pro­cé­du­ral (en par­ti­cu­lier le code de pro­cé­du­re péna­le, le code de pro­cé­du­re civi­le et la LRCF) ne con­ti­ent aucu­ne dis­po­si­ti­on à ce sujet. Par «tiers», on entend les per­son­nes dont les don­nées per­son­nel­les ne sont pas trai­tées dans la pro­cé­du­re con­cer­née, mais qui deman­dent à con­sul­ter des dos­siers, par exemp­le dans le cad­re d’u­ne deman­de d’é­di­ti­on. Pour ces per­son­nes éga­le­ment, seul le droit de pro­cé­du­re appli­ca­ble est valable.

Sur la base des répon­ses reçues dans le cad­re de la pro­cé­du­re de con­sul­ta­ti­on, la dis­po­si­ti­on a été com­plé­tée par le domaine des pro­cé­du­res admi­ni­stra­ti­ves non clôtu­rées par une décis­i­on entrée en force (jus­qu’i­ci régies par le § 20 al. 3 LDI). Il s’a­git de tou­tes les pro­cé­du­res admi­ni­stra­ti­ves visa­nt à l’ad­op­ti­on d’u­ne décis­i­on, ain­si que des pro­cé­du­res de recours et de récla­ma­ti­on de droit admi­ni­stra­tif, c’est-à-dire de tou­tes les pro­cé­du­res admi­ni­stra­ti­ves non clo­ses par une décis­i­on entrée en force et régies par la LRCF (Alain Grif­fel, in : Alain Grif­fel [éd.], Kom­men­tar zum Ver­wal­tungs­rechts­pfle­ge­ge­setz des Kan­tons Zürich [VRG], 3e édi­ti­on, Zurich/Bâle/Genève 2014 [zit. Kom­men­tar VRG], § 8 N. 7 et 23 ss). Pour le domaine de ces pro­cé­du­res admi­ni­stra­ti­ves éga­le­ment, la prim­au­té du droit de pro­cé­du­re con­ti­n­ue ain­si d’êt­re expres­sé­ment fixée dans la LDI. Le § 8 VRG règ­le la con­sul­ta­ti­on des dos­siers pour les pro­cé­du­res en cours. Seu­les les per­son­nes tou­chées par une décis­i­on ou ayant un inté­rêt digne de pro­tec­tion à son annu­la­ti­on ou à sa modi­fi­ca­ti­on peu­vent con­sul­ter le dos­sier. Pour la con­sul­ta­ti­on des dos­siers en dehors des pro­cé­du­res for­mel­les ou après l’e­xi­stence d’u­ne décis­i­on entrée en force, le droit de con­sul­ta­ti­on des dos­siers est en revan­che régi par la LDI, con­for­mé­ment au § 8 phra­se 2 VRG. Cela ne peut tou­te­fois s’ap­pli­quer que dans la mesu­re où aucu­ne loi spé­cia­le ne règ­le l’é­tat de fait en que­sti­on et où il n’e­xi­ste aucun droit fon­dé sur l’art. 29 al. 2 Cst.

Par sou­ci d’ex­haus­ti­vi­té, il con­vi­ent de pré­cis­er que l’ac­tu­el­le dis­po­si­ti­on d’ex­cep­ti­on rela­ti­ve à la sur­veil­lan­ce du pré­po­sé (§ 2b al. 3 LDI) est inscri­te dans la sec­tion rela­ti­ve au pré­po­sé à la trans­pa­rence et à la pro­tec­tion des don­nées (sec­tion 4, C. Tâches dans le domaine de la pro­tec­tion des don­nées, § 50 al. 2). Est éga­le­ment trans­fé­rée dans le nou­veau droit la régle­men­ta­ti­on du § 14 al. 3 LDI, qui défi­nit les cas dans les­quels des infor­ma­ti­ons peu­vent être four­nies sur des pro­cé­du­res non clo­ses par une décis­i­on entrée en force (§ 14 al. 2). 

§ 4. c. Tribunaux
Les dis­po­si­ti­ons rela­ti­ves au prin­ci­pe de trans­pa­rence ne s’ap­pli­quent aux tri­bu­naux que dans la mesu­re où ceux-ci accom­plis­sent des tâches admi­ni­stra­ti­ves.

Les tri­bu­naux doi­vent être exclus de l’ap­pli­ca­ti­on du prin­ci­pe de trans­pa­rence, com­me cela était le cas selon le § 2 al. 1 LDI dans la ver­si­on en vigueur jus­qu’au 31 mai 2020. Selon cet­te dis­po­si­ti­on, les tri­bu­naux n’é­tai­ent sou­mis à la LDI que dans la mesu­re où ils accom­plis­sai­ent des tâches admi­ni­stra­ti­ves (§ 2 al. 1 LDI dans la ver­si­on anté­ri­eu­re au 1er juin 2020). Cela est admis­si­ble, car les pre­scrip­ti­ons de la direc­ti­ve (UE) 2016/680 du Par­le­ment euro­pé­en et du Con­seil du 27 avril 2016 rela­ti­ve à la pro­tec­tion des per­son­nes phy­si­ques à l’é­gard du trai­te­ment des don­nées à carac­tère per­son­nel par les auto­ri­tés com­pé­ten­tes à des fins de pré­ven­ti­on et de détec­tion des infrac­tions péna­les, d’en­quêtes et de pour­suites en la matiè­re ou d’exé­cu­ti­on de sanc­tions péna­les, et à la lib­re cir­cula­ti­on de ces don­nées (direc­ti­ve UE 2016/680) et de la con­ven­ti­on STE 108 ne s’ap­pli­quent pas aux acti­vi­tés d’in­for­ma­ti­on des orga­nes publics. Pour les tri­bu­naux, le champ d’ap­pli­ca­ti­on du prin­ci­pe de trans­pa­rence peut donc être (à nou­veau) limi­té. Lors de la révi­si­on du 25 novembre 2019, cet­te deman­de n’a pas pu être réa­li­sée en rai­son du fait que l’an­ci­en­ne LDI ne con­nais­sait pas de sépa­ra­ti­on ent­re le prin­ci­pe de trans­pa­rence et la pro­tec­tion des don­nées. Il con­vi­ent en out­re de pré­cis­er que la loi fédé­ra­le du 17 décembre 2004 sur le prin­ci­pe de la trans­pa­rence dans l’ad­mi­ni­stra­ti­on (LTrans ; RS 152.3) ne s’ap­pli­que pas non plus aux tribunaux. 

§ 5. d. Con­seil cantonal
Les dis­po­si­ti­ons rela­ti­ves au prin­ci­pe de trans­pa­rence ne s’ap­pli­quent pas au Grand Con­seil et à ses com­mis­si­ons dans l’e­xer­ci­ce du con­trô­le parlementaire. 
§ 6. termes

Les défi­ni­ti­ons actu­el­les de l’art. 3 LDI doi­vent être trans­fé­rées dans une lar­ge mesu­re dans la nou­vel­le loi. Elles doi­vent tou­te­fois être com­plé­tées par une défi­ni­ti­on des don­nées ouver­tes des auto­ri­tés (al. 5). Il con­vi­ent de men­ti­on­ner que les noti­ons uti­li­sées jus­qu’à pré­sent ne cor­re­spon­dai­ent déjà pas entiè­re­ment à cel­les de la loi fédé­ra­le sur la pro­tec­tion des don­nées. En par­ti­cu­lier, la LDI par­le de «don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res», con­trai­re­ment à la nLPD qui uti­li­se le ter­me de «don­nées per­son­nel­les sen­si­bles». Com­me l’en­sem­ble de l’ord­re juri­di­que du can­ton de Zurich repo­se sur la défi­ni­ti­on actu­el­le des ter­mes, une modi­fi­ca­ti­on des ter­mes ent­raî­nerait des frais con­sidé­ra­bles. Etant don­né que le choix de la noti­on n’a pas de con­sé­quen­ces maté­ri­el­les et qu’il n’y a pas de gain important à attendre d’u­ne adap­t­ati­on de la noti­on, il est renon­cé à une tel­le adaptation.

Ali­néa 1 est repris tel quel de l’an­ci­en droit. Lit. a : Il con­vi­ent de men­ti­on­ner que cet­te dis­po­si­ti­on s’ap­pli­que éga­le­ment aux com­mu­nes asso­ciées en tant qu’or­ga­ne de réuni­on des syn­di­cats de com­mu­nes, sur la base du ren­voi du § 73, ali­néa 4, de la loi sur les com­mu­nes du 20 avril 2015 (GG ; LS 131.1).

1 Les orga­nes publics sont
a. le par­le­ment can­to­nal, les par­le­ments com­munaux et les assem­blées communales,
b. Auto­ri­tés et unités admi­ni­stra­ti­ves du can­ton et des communes,
c. les orga­ni­sa­ti­ons et les per­son­nes de droit public ou pri­vé, dans la mesu­re où elles sont char­gées de l’exé­cu­ti­on de tâches publiques.

Lit. c : Par­mi les per­son­nes mora­les de droit public can­to­nal et com­mu­nal, on trouve par exemp­le les cor­po­ra­ti­ons de droit public du can­ton sui­van­tes : Uni­ver­si­té de Zurich, Zür­cher Fach­hoch­schu­le ou les dif­fé­ren­tes hau­tes éco­les, Elek­tri­zi­täts­wer­ke des Kan­tons Zürich et Gebäu­de­ver­si­che­rung Kan­ton Zürich (cf. Beat Rudin, in : Bru­no Baeriswyl/Beat Rudin [éd.], Pra­xis­kom­men­tar zum Infor­ma­ti­ons- und Daten­schutz­ge­setz des Kan­tons Zürich [IDG], Zurich 2012 [zit. Pra­xis­kom­men­tar IDG], § 3 N. 5).

2 Les infor­ma­ti­ons sont tous les enre­gi­stre­ments qui con­cer­nent l’ac­com­plis­se­ment d’u­ne tâche publi­que, indé­pen­dam­ment de la for­me de pré­sen­ta­ti­on et du sup­port d’information.

Ali­néa 2 cor­re­spond à l’ac­tuel § 3 al. 2 phra­se 1 IDG.

Par enre­gi­stre­ments, on entend essen­ti­el­le­ment les «dos­siers» au sens du § 3 de la loi sur les archi­ves du 24 sep­tembre 1995 (LS 170.6) et donc tous les enre­gi­stre­ments écrits, élec­tro­ni­ques et aut­res des orga­nes publics ain­si que les docu­ments com­plé­men­tai­res, notam­ment les réper­toires cor­re­spond­ants. De plus, la LDI n’en­glo­be pas seu­le­ment les infor­ma­ti­ons lorsqu’el­les sont maté­ria­li­sées de maniè­re dura­ble. Les infor­ma­ti­ons qui ne sont «sai­siss­a­bles» que pen­dant une très cour­te péri­ode (com­me par exemp­le le simp­le moni­to­ring en cas de vidé­o­sur­veil­lan­ce) tom­bent éga­le­ment sous le coup de la LDI. Tou­te­fois, l’ac­cès à ces der­niè­res infor­ma­ti­ons n’est pas pos­si­ble, car il n’y a pas de stocka­ge. La que­sti­on de savoir si les infor­ma­ti­ons doi­vent être enre­gi­strées, c’est-à-dire maté­ria­li­sées et con­ser­vées en con­sé­quence, est déter­mi­née par les règles d’u­ne gesti­on appro­priée des infor­ma­ti­ons (tra­ça­bi­li­té et responsabilité).

L’ex­cep­ti­on pour les «enre­gi­stre­ments non ache­vés et les enre­gi­stre­ments desti­nés exclu­si­ve­ment à l’u­sa­ge per­son­nel» (§ 3 al. 2 phra­se 2 LDI), jus­qu’à pré­sent réglée dans cet­te dis­po­si­ti­on sous le droit en vigueur, est désor­mais régie par le § 18 let. c. Les prin­cipes de pro­tec­tion de la LDI (p. ex. la sécu­ri­té de l’in­for­ma­ti­on et la fina­li­té) doi­vent éga­le­ment s’ap­pli­quer à ces enre­gi­stre­ments, rai­son pour laquel­le ils ne doi­vent pas être exclus de maniè­re géné­ra­le du champ d’ap­pli­ca­ti­on. En out­re, les enre­gi­stre­ments non fina­li­sés sont bien des infor­ma­ti­ons de l’or­ga­ne public, mais ils doi­vent être (pro­vi­so­i­re­ment) exclus de l’ac­cès aux infor­ma­ti­ons (cf. Beat Rudin, in : Pra­xis­kom­men­tar IDG, § 3 N. 9). Ces deux types d’en­re­gi­stre­ments sont donc désor­mais exclus de l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on au § 18. Il con­vi­ent tou­te­fois de noter que les con­sé­quen­ces con­crè­tes sont mini­mes. A l’a­ve­nir éga­le­ment, les deman­des d’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on qui visent de tels enre­gi­stre­ments pour­ront être reje­tées sans que l’or­ga­ne public ne doi­ve pro­cé­der à une pesée des inté­rêts con­for­mé­ment au § 11.

3 Les don­nées per­son­nel­les sont des infor­ma­ti­ons qui se rap­portent à une per­son­ne iden­ti­fi­ée ou identifiable.

al. 3 est repri­se tel­le quel­le de la légis­la­ti­on en vigueur.

4 Sont con­sidé­rées com­me des don­nées per­son­nel­les particulières 
a. les infor­ma­ti­ons qui, en rai­son de leur importance, de la natu­re de leur trai­te­ment ou de la pos­si­bi­li­té de les asso­cier à d’aut­res infor­ma­ti­ons, pré­sen­tent un ris­que par­ti­cu­lier d’att­ein­te à la per­son­na­li­té, tel­les que les infor­ma­ti­ons con­cer­nant
1. les opi­ni­ons ou acti­vi­tés reli­gieu­ses, phi­lo­so­phi­ques, poli­ti­ques ou syndicales,
2. la san­té, la sphè­re inti­me, l’o­ri­gi­ne eth­ni­que ou les don­nées géné­ti­ques ou biométriques,
3. les mesu­res d’ai­de socia­le ain­si que les mesu­res de pro­tec­tion de l’en­fant et de l’adulte,
4) les pour­suites ou sanc­tions admi­ni­stra­ti­ves ou pénales,

Le pré­am­bu­le de l’al. 4 est repris du droit en vigueur avec une adap­t­ati­on lin­gu­istique. Il con­vi­ent de noter que les «don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res» décri­tes à l’al. 4 sont éga­le­ment des don­nées per­son­nel­les au sens de l’al. 3. Des règles par­ti­cu­liè­res s’ap­pli­quent tou­te­fois à ces don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res dans cer­ta­ins domain­es. Si tel est le cas, cela est expres­sé­ment men­ti­onné dans le tex­te de loi.

La nou­vel­le for­mu­la­ti­on exprime qu’en plus de la let. a, qui com­prend la défi­ni­ti­on cou­ran­te des don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res, le pro­fi­la­ge et l’é­ta­blis­se­ment de pro­fils de la per­son­na­li­té (let. b et c) doi­vent béné­fi­ci­er de la même pro­tec­tion que les don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res. Con­trai­re­ment à la nLPD, le pro­fi­la­ge et l’é­ta­blis­se­ment de pro­fils de la per­son­na­li­té ne sont donc volon­tai­re­ment pas con­sidé­rés com­me des caté­go­ries distinc­tes. Cela s’ex­pli­que notam­ment par le fait que la LDI – con­trai­re­ment au droit fédé­ral de la pro­tec­tion des don­nées – ne s’ap­pli­que qu’aux orga­nes publics. De plus, la clas­si­fi­ca­ti­on choi­sie per­met de ne pas tou­jours men­ti­on­ner les trois caté­go­ries. Il con­vi­ent en out­re de rete­nir que la défi­ni­ti­on du pro­fi­la­ge uti­li­sée dans le pro­jet cor­re­spond pour l’e­s­sen­tiel à l’art. 5, let. g, nLPD et donc au pro­fi­la­ge à haut risque.

La let. a con­ti­ent la défi­ni­ti­on cou­ran­te des don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res et est repri­se tel­le quel­le du droit en vigueur.

En ce qui con­cer­ne les opi­ni­ons ou acti­vi­tés pro­té­gées selon le point 1, il faut ajou­ter que leur pro­tec­tion est déjà assu­rée par la pro­tec­tion des droits fon­da­men­taux garan­tie par l’art. 8 al. 2 Cst. Ce qui est déter­mi­nant, c’est de savoir si, dans le con­tex­te en que­sti­on, il exi­ste un «ris­que par­ti­cu­lier d’att­ein­te à la per­son­na­li­té». La dis­po­si­ti­on de la LDI n’off­re par cont­re aucu­ne pro­tec­tion sup­p­lé­men­tai­re et pour­rait en prin­ci­pe être aban­don­née. On renon­ce tou­te­fois à omett­re le ch. 1, notam­ment au regard de la nLPD.

Il con­vi­ent de pré­cis­er que la pro­tec­tion de la per­son­na­li­té des per­son­nes publi­ques peut être limi­tée. Dans chaque cas, il con­vi­ent de déter­mi­ner, par une pesée des inté­rêts, si le trai­te­ment de don­nées rela­ti­ves à des per­son­nes publi­ques est auto­ri­sé ou non (cf. par exemp­le ATF 127 III 481 p. 488 ss).

Les don­nées rela­ti­ves à la «sphè­re inti­me» com­pren­nent notam­ment les don­nées rela­ti­ves à la vie sexu­el­le ou à l’o­ri­en­ta­ti­on sexu­el­le. Elles com­pren­nent éga­le­ment des infor­ma­ti­ons sur l’i­den­ti­té sexu­el­le (p. ex. tran­si­den­ti­té, iden­ti­té non bin­aire) ou sur des vari­an­tes du déve­lo­p­pe­ment sexu­el. Le sexe inscrit dans le regist­re d’é­tat civil ne con­sti­tue cepen­dant pas une don­née per­son­nel­le particulière.

Par «don­nées bio­mé­tri­ques» (ch. 2), on entend les don­nées per­son­nel­les qui sont obli­ga­toire­ment obte­nues par un pro­cé­dé tech­ni­que spé­ci­fi­que per­met­tant d’i­den­ti­fier ou d’au­then­ti­fier une per­son­ne phy­si­que de maniè­re uni­vo­que (FF 2017 6941). On peut citer com­me exemp­les les emprein­tes digi­ta­les numé­ri­ques, les images du visa­ge, les images de l’i­ris ou les enre­gi­stre­ments de la voix. Le trai­te­ment de don­nées bio­mé­tri­ques por­te att­ein­te au droit à l’au­to­dé­ter­mi­na­ti­on en matiè­re d’in­for­ma­ti­on et est donc sou­mis à la pro­tec­tion de l’art. 13, al. 2, Cst. Ain­si, le trai­te­ment de don­nées cor­re­spond­an­tes sup­po­se déjà, sur la base de la Con­sti­tu­ti­on fédé­ra­le, qu’il exi­ste une base léga­le suf­fi­san­te et que l’att­ein­te aux droits fon­da­men­taux soit justi­fi­ée par un inté­rêt public suf­fi­sant et pro­por­ti­onnée. En out­re, l’in­gé­rence ne doit pas por­ter att­ein­te à l’e­s­sence du droit fon­da­men­tal (art. 36 Cst.). Cet­te pro­tec­tion, fixée en prin­ci­pe par la Con­sti­tu­ti­on fédé­ra­le, est com­plé­tée par les lois sur la pro­tec­tion des don­nées de la Con­fé­dé­ra­ti­on et des can­tons et con­cré­ti­sée par la juris­pru­dence du Tri­bu­nal fédé­ral. Dans le can­ton de Zurich, les don­nées bio­mé­tri­ques sont déjà con­sidé­rées com­me des don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res depuis la révi­si­on de la LDI du 25 novembre 2019 (§ 3 al. 4 let. a ch. 2 LDI). Le pro­jet de loi ne modi­fie pas cet­te situa­ti­on. Le trai­te­ment de don­nées bio­mé­tri­ques n’est donc auto­ri­sé que si les con­di­ti­ons stric­tes rela­ti­ves au trai­te­ment de don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res sont respec­tées. Les exi­gen­ces posées au trai­te­ment de don­nées bio­mé­tri­ques dans le can­ton de Zurich cor­re­spon­dent ain­si à cel­les de la loi fédé­ra­le révi­sée sur la pro­tec­tion des don­nées (cf. éga­le­ment § 25).

Les exi­gen­ces sui­van­tes sont ain­si posées pour le trai­te­ment des don­nées biométriques :

En ce qui con­cer­ne les exi­gen­ces rela­ti­ves à la base juri­di­que du trai­te­ment de don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res (§ 25), une den­si­té nor­ma­ti­ve suf­fi­san­te, c’est-à-dire une base suf­fi­sam­ment pré­cise dans une loi for­mel­le, est requi­se (§ 25, let. a). En out­re, le trai­te­ment de don­nées bio­mé­tri­ques peut éga­le­ment avoir lieu, mais uni­quement s’il est indis­pensable à l’ac­com­plis­se­ment d’u­ne tâche défi­nie dans une loi, si le but du trai­te­ment ne pré­sen­te pas de ris­que par­ti­cu­lier pour les droits fon­da­men­taux de la per­son­ne con­cer­née et si le trai­te­ment des don­nées est en out­re réglé dans une ordon­nan­ce (§ 25, let. b). Une réfé­rence glo­ba­le à la garan­tie de la sécu­ri­té publi­que, à la pro­tec­tion des per­son­nes ou à l’ac­com­plis­se­ment de tâches poli­ciè­res ne peut donc pas être suf­fi­san­te pour justi­fier un trai­te­ment de don­nées bio­mé­tri­ques. La crain­te expri­mée par une par­tie des par­ti­ci­pan­ts à la con­sul­ta­ti­on que l’uti­li­sa­ti­on de don­nées bio­mé­tri­ques pro­dui­tes dans l’e­space public par des camé­ras de sur­veil­lan­ce pui­s­se con­dui­re à une rest­ric­tion des droits fon­da­men­taux (par exemp­le de la liber­té de réuni­on) est donc infon­dée : Une tel­le uti­li­sa­ti­on des don­nées serait liée à un dan­ger pour les droits fon­da­men­taux et néces­si­terait donc, selon la for­mu­la­ti­on du § 25, lett­re b, une base léga­le (for­mel­le). Il con­vi­ent en out­re de noter que la clau­se géné­ra­le de poli­ce ne justi­fie pas une sur­veil­lan­ce au moy­en de don­nées bio­mé­tri­ques, même sur la base de la juris­pru­dence du Tri­bu­nal fédé­ral. Dans l’ATF 146 I 11 rela­tif à l’ex­plo­ita­bi­li­té des enre­gi­stre­ments poli­ciers de la recher­che auto­ma­tique de véhi­cu­les et de la sur­veil­lan­ce du tra­fic dans le can­ton de Thur­go­vie, celui-ci a con­sta­té que la sai­sie de don­nées d’i­den­ti­fi­ca­ti­on par les auto­ri­tés can­to­na­les à l’ai­de de plaques de con­trô­le dans le cad­re d’un système de sur­veil­lan­ce du tra­fic et la mise en rela­ti­on de ces don­nées avec d’aut­res ban­ques de don­nées en l’e­space de quel­ques secon­des con­sti­tuai­ent une att­ein­te aux droits fon­da­men­taux selon l’art. 13 al. 2 Cst. Dans le cas en que­sti­on, le Tri­bu­nal fédé­ral a con­sidé­ré que la base léga­le n’é­tait pas suf­fi­san­te. Ces exi­gen­ces posées par le Tri­bu­nal fédé­ral en matiè­re de base léga­le dev­rai­ent s’ap­pli­quer à plus for­te rai­son si les auto­ri­tés can­to­na­les recou­rai­ent à un système de sur­veil­lan­ce et d’i­den­ti­fi­ca­ti­on par recon­nais­sance facia­le. Dans le can­ton de Zurich, la sur­veil­lan­ce audio­vi­su­el­le par la poli­ce avec pos­si­bi­li­té d’i­den­ti­fi­ca­ti­on des per­son­nes est en out­re régle­men­tée de maniè­re exhaus­ti­ve aux §§ 32b et 32c de la loi sur la poli­ce du 23 avril 2007 (PolG ; LS 550.1). Ces dis­po­si­ti­ons déli­mi­tent étroi­te­ment la sur­veil­lan­ce. Une sur­veil­lan­ce poli­ciè­re de mas­se au moy­en de systè­mes tech­ni­ques, redou­tée par une par­tie des par­ti­ci­pan­ts à la con­sul­ta­ti­on, n’est pas auto­ri­sée par ces dispositions.

Il con­vi­ent d’a­jou­ter que le prin­ci­pe de pro­por­ti­on­na­li­té dans le droit de la pro­tec­tion des don­nées pré­sup­po­se que le nombre de don­nées per­son­nel­les pro­dui­tes doit être le plus fai­ble pos­si­ble (§ 29, al. 3). En out­re, le prin­ci­pe de fina­li­té impo­se que les don­nées ne soi­ent trai­tées que dans le but pour lequel elles ont été coll­ec­tées (§ 26 al. 1, avec des excep­ti­ons de base juri­di­que ou de con­sen­te­ment). Pour chaque trai­te­ment de don­nées, la fina­li­té du trai­te­ment doit être défi­nie et respec­tée. L’uti­li­sa­ti­on de la recon­nais­sance facia­le auto­ma­tique à des fins de pré­ven­ti­on géné­ra­le des ris­ques por­terait att­ein­te à cet­te exi­gence, rai­son pour laquel­le elle vio­le­rait éga­le­ment le prin­ci­pe de proportionnalité.

Il res­sort de ce qui pré­cè­de que les orga­nes publics du can­ton ne peu­vent uti­li­ser la recon­nais­sance facia­le à des fins d’i­den­ti­fi­ca­ti­on dans l’e­space public que s’il exi­ste une base léga­le for­mel­le régis­sant expres­sé­ment le trai­te­ment des don­nées bio­mé­tri­ques. En plus de cet­te exi­gence de base léga­le, le trai­te­ment de don­nées bio­mé­tri­ques doit – com­me tou­te att­ein­te aux droits fon­da­men­taux – être justi­fié par un inté­rêt public suf­fi­sant et être pro­por­ti­onné. Ensuite, la sur­veil­lan­ce ne doit pas por­ter att­ein­te à l’e­s­sence des droits fon­da­men­taux con­cer­nés (art. 36 Cst.). D’un point de vue juri­di­que, il n’est donc pas néces­saire d’in­terd­ire expres­sé­ment l’uti­li­sa­ti­on par l’E­tat de la recon­nais­sance facia­le auto­ma­tique, com­me cela a été en par­tie deman­dé lors de la con­sul­ta­ti­on (Nad­ja Braun Binder/Eliane Kunz/Liliane Obrecht, Maschi­nel­le Gesichts­er­ken­nung im öffent­li­chen Raum, in : sui gene­ris 2022, ch. marg. 36). En out­re, une inter­dic­tion géné­ra­le n’ap­por­terait pas non plus une plus gran­de sécu­ri­té juri­di­que, car les excep­ti­ons pré­vues par des lois spé­cia­les resterai­ent pos­si­bles et pri­merai­ent sur une inter­dic­tion de prin­ci­pe dans la LDI en rai­son des règles géné­ra­les de con­flit de lois.

Il con­vi­ent en out­re de noter qu’u­ne inter­dic­tion géné­ra­le serait éga­le­ment con­trai­re à la neu­tra­li­té tech­no­lo­gi­que visée par la légis­la­ti­on sur la pro­tec­tion des don­nées. Les inno­va­tions doi­vent en prin­ci­pe être ren­dues pos­si­bles, mais les ris­ques qui y sont liés doi­vent être limi­tés. Dans le cas pré­sent, les exi­gen­ces con­sti­tu­ti­on­nel­les et léga­les men­ti­onnées répon­dent à cet objec­tif. Par sou­ci d’ex­haus­ti­vi­té, il con­vi­ent d’a­jou­ter que le trai­te­ment des don­nées bio­mé­tri­ques par des per­son­nes pri­vées est réglé de maniè­re exhaus­ti­ve par la loi fédé­ra­le sur la pro­tec­tion des don­nées. Le can­ton n’est donc pas com­pé­tent pour édic­ter des dis­po­si­ti­ons léga­les rela­ti­ves au trai­te­ment de don­nées bio­mé­tri­ques par des per­son­nes pri­vées, même s’il con­cer­ne l’e­space public.

Les chif­fres 3 et 4 cor­re­spon­dent au droit en vigueur. Au ch. 3, on par­le tou­te­fois désor­mais de «mesu­res d’ai­de socia­le» au lieu de «mesu­res d’ai­de sociale».

Au ch. 4, il est désor­mais que­sti­on de pour­suites ou de sanc­tions admi­ni­stra­ti­ves au lieu de pour­suites ou de sanc­tions admi­ni­stra­ti­ves. Cela cor­re­spond au § 44a al. 3 let. b OG RR et est uti­li­sé dans le § 59 al. 2 let. b de la loi sur la san­té du 2 avril 2007 (LS 810.1).

b. Com­pi­la­ti­on d’in­for­ma­ti­ons per­met­tant d’éva­luer des aspects essen­tiels de la per­son­na­li­té d’u­ne per­son­ne phy­si­que (pro­fil de la personnalité),

En ce qui con­cer­ne la lett­re b, il con­vi­ent de men­ti­on­ner que ni le droit euro­pé­en ni la nLPD ne con­nais­sent une pro­tec­tion par­ti­cu­liè­re du pro­fil de la per­son­na­li­té par rap­port aux don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res. La direc­ti­ve euro­pé­en­ne 2016/680 et la nLPD régle­men­tent le «pro­fi­la­ge» ou le «pro­fi­la­ge à haut ris­que», qui est un type de trai­te­ment par­ti­cu­lier devant répond­re aux mêmes exi­gen­ces que le trai­te­ment de don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res. Ces exi­gen­ces issues de la direc­ti­ve euro­pé­en­ne 2016/680 ont déjà été satis­fai­tes par la révi­si­on du 25 novembre 2019 (al. 4, let. c). La noti­on de pro­fil de la per­son­na­li­té peut tou­te­fois être main­te­nue à tit­re com­plé­men­tai­re (cf. Juli­an Powell, Die Revi­si­on der kan­to­na­len Daten­schutz­ge­set­ze, in : Jus­let­ter, 31 mai 2021, et Beat Rudin, Anpas­sungs­be­darf in den Kan­to­nen, dig­ma 2017, 58 ss).

c. l’éva­lua­ti­on auto­ma­ti­sée d’in­for­ma­ti­ons afin d’ana­ly­ser des carac­té­ri­sti­ques per­son­nel­les essen­ti­el­les ou de préd­ire des évo­lu­ti­ons per­son­nel­les (pro­fi­la­ge).

Lit. c : La défi­ni­ti­on uti­li­sée ici cor­re­spond au «pro­fi­la­ge à haut ris­que» selon l’art. 5, let. g, nLPD : si le trai­te­ment auto­ma­ti­sé de don­nées per­son­nel­les per­met d’ana­ly­ser des évo­lu­ti­ons per­son­nel­les essen­ti­el­les ou de préd­ire des évo­lu­ti­ons per­son­nel­les, cela justi­fie le même trai­te­ment que le trai­te­ment de don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res. L’ana­ly­se de carac­té­ri­sti­ques per­son­nel­les essen­ti­el­les ou la pré­vi­si­on d’é­vo­lu­ti­ons per­son­nel­les au moy­en d’éva­lua­tions auto­ma­ti­sées cor­re­spond au «trai­te­ment auto­ma­ti­sé … per­met­tant d’éva­luer des aspects essen­tiels de la per­son­na­li­té d’u­ne per­son­ne phy­si­que» régle­men­té par la nLPD (art. 5, let. g, en rela­ti­on avec la let. f nLPD).

5 Les don­nées publi­ques ouver­tes sont des infor­ma­ti­ons ren­dues libre­ment acce­s­si­bles par un orga­ne public, sous une for­me lisi­ble par machi­ne et uti­li­sable sans restriction.

ali­néa 5 : Les don­nées publi­ques ouver­tes (éga­le­ment appelées Open Govern­ment Data, OGD) ont pour but de rend­re les don­nées publi­ques acce­s­si­bles à la recher­che, à la socié­té civi­le et à l’é­co­no­mie afin de cré­er de la valeur ajou­tée et de ser­vir ain­si de res­sour­ces. Les infor­ma­ti­ons doi­vent donc être acce­s­si­bles gra­tui­te­ment et publiées sous une for­me lisi­ble par machine.

L’im­portance de l’ou­ver­tu­re des don­nées publi­ques a été recon­nue ces der­niè­res années par la socié­té et la légis­la­ti­on, tant au niveau natio­nal qu’in­ter­na­tio­nal. La mise à dis­po­si­ti­on de don­nées publi­ques ouver­tes est dans l’in­té­rêt de la trans­pa­rence et de l’ef­fi­ca­ci­té, de la démo­cra­tie et de la par­ti­ci­pa­ti­on, et pré­sen­te en out­re des avan­ta­ges éco­no­mi­ques pour le public. Le déve­lo­p­pe­ment de l’ou­ver­tu­re des don­nées des auto­ri­tés favo­ri­se en out­re la mise en place et l’op­ti­mi­sa­ti­on de pro­ce­s­sus axés sur les don­nées au sein de l’ad­mi­ni­stra­ti­on. Le Con­seil-exé­cu­tif a pris posi­ti­on dans plu­sieurs décis­i­ons et a fixé des gar­de-fous avec la stra­té­gie de l’ad­mi­ni­stra­ti­on numé­ri­que, les prin­cipes direc­teurs «ensem­ble sur la voie du numé­ri­que» et l’ob­jec­tif stra­té­gique de l’uti­li­sa­ti­on des don­nées des auto­ri­tés com­me res­sour­ce stra­té­gique (cf. ACE n° 390/2018, 1362/2021 et 1331/2022). En tant que loi trans­ver­sa­le régis­sant le trai­te­ment des infor­ma­ti­ons et la pro­tec­tion des don­nées, la LDI se prête bien à l’in­scrip­ti­on expli­ci­te de la pos­si­bi­li­té d’uti­li­ser l’OGD com­me instru­ment d’in­for­ma­ti­on et à la régle­men­ta­ti­on des prin­cipes. Une défi­ni­ti­on doit donc être insé­rée dans les noti­ons (§ 5 al. 5). Les droits et obli­ga­ti­ons des orga­nes publics en rap­port avec l’OGD sont réglés dans la par­tie rela­ti­ve à l’in­for­ma­ti­on et, pour l’ad­mi­ni­stra­ti­on can­to­na­le, dans l’OG RR (cf. ci-après § 15 ain­si que § 44b P‑OG RR).

L’im­portance des don­nées publi­ques ouver­tes est un sujet de dis­cus­sion à tous les niveaux de l’É­tat. Ain­si, la ville de Zurich a déjà adop­té des règle­ments sur l’OGD. Depuis le 1er sep­tembre 2021, le prin­ci­pe «open by default» est en vigueur dans la ville de Zurich (règle­ment sur l’ou­ver­tu­re des don­nées admi­ni­stra­ti­ves, AS 170.410 ; stadtzuerich.ch/portal/fr/index/politik_u_recht/amtliche_sammlung/inhaltsverzeichnis/1/1/170/410.html). Selon ce tex­te, l’ad­mi­ni­stra­ti­on doit mett­re à la lib­re dis­po­si­ti­on du public des jeux de don­nées exi­stants par défaut s’ils ne con­ti­en­nent pas de con­te­nus néces­si­tant une pro­tec­tion. Au niveau fédé­ral éga­le­ment, la loi fédé­ra­le sur l’uti­li­sa­ti­on de moy­ens élec­tro­ni­ques dans l’ac­com­plis­se­ment des tâches des auto­ri­tés (LMEB), adop­tée par les Cham­bres fédé­ra­les le 17 mars 2023, pré­voit à l’art. 10 le prin­ci­pe «open by default» (FF 2023 787). Enfin, il exi­ste déjà en Alle­ma­gne des nor­mes rela­ti­ves à l’OGD, qui pré­voi­ent éga­le­ment la publi­ca­ti­on stan­dar­di­sée des jeux de don­nées exi­stants (§ 12a de la loi sur la pro­mo­ti­on de l’ad­mi­ni­stra­ti­on élec­tro­ni­que ; www.gesetze-im-internet.de/ egovg/ 12a.html).

Par don­nées ouver­tes des auto­ri­tés, on entend des infor­ma­ti­ons qui sont libre­ment acce­s­si­bles et réuti­li­sables sans rest­ric­tion d’uti­li­sa­ti­on. Les infor­ma­ti­ons qui tou­ch­ent à la sphè­re pri­vée des per­son­nes phy­si­ques ou mora­les ou qui sont cri­ti­ques pour la sécu­ri­té ne peu­vent donc pas être mises à dis­po­si­ti­on en tant que don­nées publi­ques ouvertes.

Les droits de tiers (tels que les droits de pro­prié­té intellec­tu­el­le), qui limi­tent la lib­re réuti­li­sa­ti­on des infor­ma­ti­ons, empêchent éga­le­ment leur publi­ca­ti­on en tant qu’OGD. L’e­xi­gence de lib­re uti­li­sa­ti­on exclut la publi­ca­ti­on de don­nées qui sont pro­té­gées par le droit de la pro­prié­té intellec­tu­el­le. Ain­si, les œuvres au sens de l’art. 2 LDA, com­me les pho­tos, ne peu­vent pas être publiées en tant que don­nées publi­ques ouver­tes si elles sont sou­mi­ses au droit d’au­teur. Les pho­tos pri­ses sur man­dat de l’E­tat doi­vent tou­te­fois être libé­rées con­for­mé­ment à une moti­on sou­te­nue par le Con­seil fédé­ral et le Con­seil natio­nal (cf. moti­on 21.4195 de Ger­hard Andrey con­cer­nant la libé­ra­ti­on des pho­tos de la Con­fé­dé­ra­ti­on sur le por­tail Open Govern­ment Data). Si les sources doi­vent être indi­quées, les infor­ma­ti­ons ne sont libre­ment uti­li­sables qu’a­vec l’in­di­ca­ti­on de la source.

Les infor­ma­ti­ons doi­vent ensuite être publiées sous une for­me lisi­ble par une machi­ne. Par «for­me lisi­ble par machi­ne», on entend un for­mat de fichier qui per­met une réuti­li­sa­ti­on aisée. La lisi­bi­li­té par machi­ne dépend donc de l’é­tat de la tech­ni­que et peut tout à fait évo­luer. Le cas échéant, le Con­seil d’E­tat peut édic­ter des dis­po­si­ti­ons d’exé­cu­ti­on à ce sujet. Le trai­te­ment sous une for­me lisi­ble par machi­ne dev­ra notam­ment être effec­tué pour les sta­ti­sti­ques, les rap­ports de gesti­on, les bil­ans, les fac­tures et aut­res docu­ments similaires.

Il con­vi­ent de noter que la noti­on de don­nées ouver­tes des auto­ri­tés doit être distin­guée de la noti­on de fichiers d’in­for­ma­ti­ons, uti­li­sée au § 13, ali­néa 2. Selon la ter­mi­no­lo­gie du § 6 OID, la noti­on de fichiers d’in­for­ma­ti­ons com­prend les systè­mes de clas­se­ment et les coll­ec­tions de don­nées. Cet­te noti­on dev­ra être véri­fi­ée et, le cas échéant, adap­tée dans le cad­re de l’ad­ap­t­ati­on de l’or­don­nan­ce, comp­te tenu éga­le­ment du § 44a P‑OG RR. En revan­che, les don­nées ouver­tes des auto­ri­tés ne peu­vent être ni des «fichiers» ni des «ban­ques de don­nées», mais uni­quement leur con­te­nu. Les fichiers d’in­for­ma­ti­ons selon le § 14 al. 4 LDI (ou § 13 al. 2 du pro­jet) sont donc une con­di­ti­on pré­alable pour que les per­son­nes inté­res­sées sachent quel­les infor­ma­ti­ons sont dis­po­ni­bles auprès d’u­ne auto­ri­té et que l’or­ga­ne public sache les­quel­les doi­vent être mises à dis­po­si­ti­on en tant que don­nées ouver­tes des autorités.

6 Le trai­te­ment est tou­te mani­pu­la­ti­on d’in­for­ma­ti­ons, tel­le que la coll­ec­te, la con­ser­va­ti­on, la pri­se de con­nais­sance, l’uti­li­sa­ti­on, la modi­fi­ca­ti­on, la com­mu­ni­ca­ti­on ou la destruction.

Ali­néa 6 doit être repris tel quel du § 3 al. 5 LDI dans le nou­veau droit. Au lieu de «rema­nier», on uti­li­se le ter­me plus cou­rant de «modi­fier» et, en out­re, la pri­se de con­nais­sance est éga­le­ment men­ti­onnée expres­sé­ment. En com­plé­ment, il con­vi­ent de noter que la trans­mis­si­on d’in­for­ma­ti­ons aux archi­ves est réglée au § 9. Le trai­te­ment par les archi­ves relè­ve alors de la loi sur les archives.

7 Com­mu­ni­quer, c’est rend­re des infor­ma­ti­ons acce­s­si­bles, par exemp­le en per­met­tant leur con­sul­ta­ti­on, leur trans­mis­si­on ou leur publication.

al. 7 cor­re­spond à l’ac­tuel § 3 al. 6 LDI et doit être repris tel quel dans le nou­veau droit. 

§ 7. gesti­on de l’information
1 L’or­ga­ne public orga­ni­se le trai­te­ment des infor­ma­ti­ons de maniè­re à pou­voir infor­mer rapi­de­ment, de maniè­re com­plè­te et objective.
2 Il gère ses infor­ma­ti­ons de maniè­re à ce que ses actions soi­ent com­pré­hen­si­bles et qu’il pui­s­se en rend­re compte.
3 Le Con­seil d’E­tat règ­le l’exé­cu­ti­on pour l’ad­mi­ni­stra­ti­on can­to­na­le dans une ordon­nan­ce. Cel­le-ci s’ap­pli­que éga­le­ment aux com­mu­nes, dans la mesu­re où cel­les-ci n’é­dic­tent pas leurs pro­pres règles.

Le § 4 de la LDI doit être repris tel quel. Cet­te dis­po­si­ti­on ne fait que poser les bases pour que l’in­for­ma­ti­on pui­s­se être trans­pa­ren­te. Les orga­nes publics sont donc tenus de s’or­ga­ni­s­er de maniè­re à ce que l’in­for­ma­ti­on acti­ve du public ain­si que l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on et les rens­eig­ne­ments sur les don­nées per­son­nel­les pui­s­sent être accor­dés rapi­de­ment. Il res­sort de la place de la dis­po­si­ti­on dans la sec­tion 1, Dis­po­si­ti­ons géné­ra­les, que tous les orga­nes publics sont tenus d’a­gir de maniè­re trans­pa­ren­te et com­pré­hen­si­ble. La dis­po­si­ti­on s’ap­pli­que donc éga­le­ment aux tri­bu­naux, aux­quels les dis­po­si­ti­ons de la sec­tion 2 de la loi, Prin­ci­pe de trans­pa­rence (§§ 13 et sui­vants), ne sont pas applicables.

Out­re l’art. 17 Cst., cet­te dis­po­si­ti­on met éga­le­ment en œuvre un aspect de l’art. 49 Cst. Le § 6 met en œuvre le prin­ci­pe de trans­pa­rence et crée la base pour que les orga­nes publics pui­s­sent infor­mer de maniè­re com­plè­te et objec­ti­ve. Le § 6 est donc une base néces­saire à la mise en œuvre du prin­ci­pe de trans­pa­rence, mais ne peut pas être assi­milé à ce dernier.

Le droit de cha­cun et cha­cu­ne à l’ac­cès aux infor­ma­ti­ons est réglé par l’art. 17 Cst. et mis en œuvre dans le § 17.

al. 2 : Le con­te­nu de cet­te dis­po­si­ti­on est repris du § 5, ali­néa 1, phra­se 1 du droit en vigueur et s’ap­pli­que éga­le­ment à tous les orga­nes publics. Le con­seil can­to­nal et les tri­bu­naux sont éga­le­ment tenus de gérer les infor­ma­ti­ons de maniè­re appro­priée. La mise en œuvre pour les dif­fér­ents orga­nes publics se fait alors dans les lois spéciales.

ali­néa 3 : Com­me sous le droit en vigueur (§ 5 al. 4 IDG), le Con­seil d’E­tat doit édic­ter des dis­po­si­ti­ons d’exé­cu­ti­on pour l’ad­mi­ni­stra­ti­on can­to­na­le. Il a édic­té des règles cor­re­spond­an­tes dans l’or­don­nan­ce sur la gesti­on et la sécu­ri­té de l’in­for­ma­ti­on du 3 sep­tembre 2019 (IVSV ; LS 170.8). Le § 6 al. 1 portant sur le droit orga­ni­sa­ti­on­nel, les dis­po­si­ti­ons d’exé­cu­ti­on y affé­ren­tes relè­vent du domaine d’au­to­no­mie des dif­fér­ents orga­nes. Le droit en vigueur limi­te donc expres­sé­ment la com­pé­tence du Con­seil d’E­tat pour édic­ter des dis­po­si­ti­ons d’exé­cu­ti­on à l’ad­mi­ni­stra­ti­on can­to­na­le. Les com­mu­nes du can­ton de Zurich dis­po­sent d’u­ne gran­de auto­no­mie, qui doit être respec­tée. Tou­te­fois, les com­mu­nes sont de tail­les dif­fé­ren­tes et dis­po­sent de res­sour­ces en per­son­nel dif­fé­ren­tes. Il sem­ble donc judi­cieux que les règles du can­ton s’ap­pli­quent, au sens d’u­ne dis­po­si­ti­on de réfé­rence, à tou­tes les com­mu­nes qui n’é­dic­tent pas leurs pro­pres règles. Dans ce con­tex­te, les éven­tu­el­les dis­po­si­ti­ons des com­mu­nes doi­vent répond­re à un stan­dard mini­mal et ne doi­vent pas cont­red­ire le sens et le but de la LDI. Elles doi­vent donc au moins garan­tir que l’ac­tion admi­ni­stra­ti­ve soit com­pré­hen­si­ble et que la capa­ci­té à rend­re des comp­tes soit assu­rée. Si un règle­ment com­mu­nal ne satis­fai­sait pas aux exi­gen­ces d’u­ne gesti­on admi­ni­stra­ti­ve com­pré­hen­si­ble, il serait pos­si­ble d’in­ter­ve­nir dans le cad­re de la sur­veil­lan­ce des com­mu­nes. En com­plé­ment, il con­vi­ent de souli­gner que l’O­AI est déjà lar­ge­ment appli­quée par les com­mu­nes aujourd’hui. 

§ 8. régle­men­ta­ti­on de la compétence
Si plu­sieurs orga­nes publics trai­tent un fonds com­mun d’in­for­ma­ti­ons, ils règ­lent les compétences. 

La deu­xiè­me phra­se du § 5 al. 1 LDI est trans­fé­rée dans un para­gra­phe sépa­ré afin d’a­mé­lio­rer la clar­té et de mett­re en évi­dence la néces­si­té des régle­men­ta­ti­ons cor­re­spond­an­tes. La régle­men­ta­ti­on vise les com­pé­ten­ces orga­ni­sa­ti­on­nel­les et tech­ni­ques, rai­son pour laquel­le il n’est plus que­sti­on de «responsa­bi­li­té», mais désor­mais de «com­pé­tence». Les orga­nes publics doi­vent se con­cer­ter sur les tâches qu’ils doi­vent accom­plir : ils doi­vent ain­si rég­ler quel orga­ne public sur­veil­le les objec­tifs de pro­tec­tion. Dans la mesu­re du pos­si­ble, ils dev­rai­ent éga­le­ment défi­nir quel orga­ne trai­te les deman­des d’information.

§ 9. con­ser­va­ti­on et archivage
1 Si l’or­ga­ne public n’a plus beso­in d’in­for­ma­ti­ons pour son action admi­ni­stra­ti­ve, il les con­ser­ve pen­dant dix ans. Les dis­po­si­ti­ons léga­les par­ti­cu­liè­res sont réservées.
2 A l’ex­pi­ra­ti­on du délai de con­ser­va­ti­on, l’in­sti­tu­ti­on publi­que pro­po­se les infor­ma­ti­ons aux archi­ves com­pé­ten­tes. Il les détruit :
a. Infor­ma­ti­ons non repri­ses par les archives,
b. tou­tes les copies des infor­ma­ti­ons pri­ses en char­ge par les archives.

Le § 5 ali­néa 2 IDG règ­le le délai de con­ser­va­ti­on. Celui-ci sert à ce que l’or­ga­ne public pui­s­se garan­tir la tra­ça­bi­li­té et la capa­ci­té de rend­re comp­te même après la clôtu­re du dos­sier. Sous réser­ve d’u­ne régle­men­ta­ti­on dif­fé­ren­te dans une loi spé­cia­le, le délai de con­ser­va­ti­on est de dix ans. La loi sur les archi­ves con­ti­ent éga­le­ment une régle­men­ta­ti­on cor­re­spond­an­te (cf. § 8 al.1 de la loi sur les archi­ves : «En règ­le géné­ra­le, les orga­nes publics pro­po­sent leurs dos­siers aux archi­ves com­pé­ten­tes dans un délai de dix ans à par­tir du moment où ils n’en ont plus beso­in»). Cet­te dupli­ca­ti­on n’est pas judi­cieu­se. La con­ser­va­ti­on des dos­siers et la pro­po­si­ti­on des dos­siers aux archi­ves com­pé­ten­tes sont – avec l’é­ven­tu­el­le des­truc­tion – les der­niers actes d’un orga­ne public dans le cad­re de son action admi­ni­stra­ti­ve et relè­vent donc du champ d’ap­pli­ca­ti­on de la LDI. La régle­men­ta­ti­on doit donc être main­te­nue dans la LDI et le lien ent­re les lois doit être éta­b­li par un ren­voi dans la loi sur les archi­ves (cf. modi­fi­ca­ti­on cor­re­spond­an­te de la loi sur les archi­ves en anne­xe, modi­fi­ca­ti­on de la loi sur les archives).

al. 1 : Con­for­mé­ment au droit en vigueur (§ 5 al. 2 LDI), le délai de con­ser­va­ti­on de base doit être de dix ans. Si des délais de con­ser­va­ti­on dif­fér­ents sont néces­saires, ils doi­vent être réglés dans les lois spé­cia­les cor­re­spond­an­tes. Si les infor­ma­ti­ons ne sont plus néces­saires, elles sont con­ser­vées dans un fichier dit inter­mé­di­ai­re. Cela est néces­saire, car l’or­ga­ne public doit pou­voir rend­re des comp­tes pen­dant un cer­tain temps. Une des­truc­tion immé­dia­te des dos­siers ren­drait cela impos­si­ble. En out­re, il con­vi­ent de noter que l’ad­mi­ni­stra­ti­on dis­po­se éga­le­ment d’in­for­ma­ti­ons dont elle a beso­in en per­ma­nence pour agir (par exemp­le des avis sur cer­tai­nes que­sti­ons d’ac­tion admi­ni­stra­ti­ve). Elle peut con­ser­ver ces infor­ma­ti­ons en permanence.

al. 2 : A l’ex­pi­ra­ti­on du délai de con­ser­va­ti­on, les infor­ma­ti­ons sont pro­po­sées aux archi­ves com­pé­ten­tes et détrui­tes. Alors que la LDI par­le d«»informations”, le droit des archi­ves uti­li­se le ter­me de

«dos­siers» et les défi­nit dans l’ar­tic­le 3 de la loi sur les archi­ves com­me «les docu­ments écrits, élec­tro­ni­ques et aut­res des orga­nes publics ain­si que les docu­ments com­plé­men­tai­res, en par­ti­cu­lier les réper­toires cor­re­spond­ants». En ce qui con­cer­ne la con­ser­va­ti­on, les ter­mes se recou­pent. Afin d’uni­for­mi­ser l’uti­li­sa­ti­on des ter­mes dans la LDI, le ter­me «infor­ma­ti­ons» doit être conservé.

En ce qui con­cer­ne l’ob­li­ga­ti­on de pro­po­ser les docu­ments, il con­vi­ent de noter que les enre­gi­stre­ments non ter­mi­nés ne doi­vent être pro­po­sés aux archi­ves, con­for­mé­ment au § 18, lett­re c, que s’ils ne sont jamais ter­mi­nés et qu’un dos­sier est néan­mo­ins clos. En revan­che, si un enre­gi­stre­ment est ache­vé, c’est la ver­si­on ter­mi­née qui doit être archi­vée, car c’est la seu­le qui doit être ver­sée au dos­sier. Cela cor­re­spond à la pra­tique actuelle.

Il con­vi­ent d’a­jou­ter que l’in­sti­tu­ti­on publi­que doit détrui­re les infor­ma­ti­ons qu’el­le déti­ent dans ses dos­siers. Il s’en­su­it qu’il n’est pas tenu de détrui­re les infor­ma­ti­ons mises à la dis­po­si­ti­on du public en tant qu’OGD ou d’u­ne aut­re manière.

Lit. a : Les insti­tu­ti­ons publi­ques doi­vent détrui­re tou­tes les don­nées qui ne sont pas archivées.

Lit. b : Tou­tes les copies d’in­for­ma­ti­ons archi­vées doi­vent éga­le­ment être détrui­tes. Cela vaut en par­ti­cu­lier aus­si pour les dos­siers élec­tro­ni­ques et les copies de sau­vegar­de. Dans le cas des systè­mes élec­tro­ni­ques, cet­te opé­ra­ti­on peut être auto­ma­ti­sée au moy­en d’u­ne archi­tec­tu­re de système appropriée. 

§ 10. Trai­te­ment des infor­ma­ti­ons par des tiers
1 L’in­sti­tu­ti­on publi­que peut con­fier le trai­te­ment d’in­for­ma­ti­ons à des tiers si aucu­ne dis­po­si­ti­on juri­di­que ni aucun accord con­trac­tuel ne s’y oppose.
2 Il reste responsable du trai­te­ment des infor­ma­ti­ons con­for­mé­ment à la pré­sen­te loi. Il veil­le notam­ment à ce que les tiers
a. garan­tir de maniè­re adé­qua­te la sécu­ri­té de l’information,
b. ne trai­ter les infor­ma­ti­ons que dans la mesu­re où l’in­sti­tu­ti­on publi­que est auto­ri­sée à le fai­re elle-même,
c. ne con­fier le trai­te­ment à d’aut­res tiers qu’a­près auto­ri­sa­ti­on de l’or­ga­ne public.

Cet­te dis­po­si­ti­on s’ap­pli­que à tou­tes les infor­ma­ti­ons, donc éga­le­ment aux don­nées per­son­nel­les, et doit donc être inté­g­rée dans la par­tie géné­ra­le. L’al. 2 doit être com­plé­té en s’in­spi­rant de la régle­men­ta­ti­on de l’art. 9 nLPD.

al. 1 : Le § 6 al. 1 IDG doit être repris tel quel dans le nou­veau droit.

al. 2 : En rai­son de l’ex­ter­na­li­sa­ti­on crois­s­an­te du trai­te­ment des don­nées par les auto­ri­tés (notam­ment dans le cloud), il est justi­fié d’e­xi­ger des con­di­ti­ons plus stric­tes et sur­tout plus clai­res. Il con­vi­ent de souli­gner qu’il s’a­git ici – par exemp­le à la dif­fé­rence du § 7 – d’u­ne responsa­bi­li­té de l’or­ga­ne public et non d’u­ne simp­le compétence.

La let. a cor­re­spond pour l’e­s­sen­tiel à l’art. 9, al. 2 nLPD, la noti­on de sécu­ri­té de l’in­for­ma­ti­on étant uti­li­sée con­for­mé­ment à la ter­mi­no­lo­gie de la LDI.

La let. b reprend l’art. 9, al. 1, let. a nLPD. Cet­te dis­po­si­ti­on garan­tit en même temps que les tiers aux­quels des tâches sont con­fiées doi­vent être sou­mis à une légis­la­ti­on qui assu­re une pro­tec­tion des don­nées équi­va­len­te à cel­le de la LDI. Pour la com­mu­ni­ca­ti­on trans­fron­ta­liè­re de don­nées, il con­vi­ent de se réfé­rer en com­plé­ment au § 36.

La let. c garan­tit que la sous-trai­tance ne sera effec­tuée qu’a­vec l’ac­cord de l’or­ga­ne public responsable (cf. art. 9, al. 3, nLPD). La for­me sous laquel­le l’ac­cord doit être don­né peut être réglée par voie d’or­don­nan­ce. Aujour­d’hui déjà, le § 25 de l’O­ID exi­ge la for­me écri­te dans la mesu­re où le trai­te­ment des infor­ma­ti­ons par des tiers n’est pas réglé par la loi. 

§ 11. sécu­ri­té de l’information
1 L’in­sti­tu­ti­on publi­que pro­tège les infor­ma­ti­ons par des mesu­res orga­ni­sa­ti­on­nel­les et tech­ni­ques appropriées.
2 Les mesu­res se basent sur les objec­tifs de pro­tec­tion sui­vants :
a. Les infor­ma­ti­ons ne peu­vent pas être con­sul­tées par des per­son­nes non autorisées.
b. Les infor­ma­ti­ons sont exac­tes et complètes.
c. Des infor­ma­ti­ons sont dis­po­ni­bles si nécessaire.
d. Les trai­te­ments d’in­for­ma­ti­ons peu­vent être attri­bués à une personne.
e. Les modi­fi­ca­ti­ons des infor­ma­ti­ons sont recon­naissa­bles et compréhensibles.
3 Dans les mesu­res à prend­re, l’or­ga­ne public tient comp­te notam­ment de la natu­re de l’in­for­ma­ti­on, du ris­que que le trai­te­ment de l’in­for­ma­ti­on com­por­te pour les per­son­nes con­cer­nées et de l’é­tat de la technique.
4 Il con­trô­le régu­liè­re­ment les mesu­res prises.

Le § 7 al. 1 et 2 LDI peut être repris tel quel dans le nou­veau droit. Leur con­te­nu cor­re­spond à celui de l’art. 7, al. 1 nLPD.

Les objec­tifs de pro­tec­tion actuels sont repris avec de légè­res adap­t­ati­ons de la formulation.

ali­néa 3 : La nou­vel­le for­mu­la­ti­on de l’al. 3 vise à reprend­re dans la LDI l’appro­che basée sur les ris­ques qui est expri­mée dans les art. 7 et 8 nLPD. Les mesu­res doi­vent être déter­mi­nées en fonc­tion du ris­que que pré­sen­te le trai­te­ment de don­nées en que­sti­on pour la per­son­na­li­té et les droits fon­da­men­taux des per­son­nes con­cer­nées. Ce prin­ci­pe doit s’ap­pli­quer de maniè­re géné­ra­le, rai­son pour laquel­le la dis­po­si­ti­on doit être inté­g­rée dans la par­tie géné­ra­le de la LDI. Le prin­ci­pe de la pro­tec­tion des don­nées par défaut («pri­va­cy by default» ; art. 7, al. 3, nLPD) ne con­cer­ne que les don­nées per­son­nel­les et est réglé dans les dis­po­si­ti­ons rela­ti­ves à la pro­tec­tion des don­nées (§ 30, al. 3).

ali­néa 4 : Une sécu­ri­té de l’in­for­ma­ti­on effi­cace pré­sup­po­se éga­le­ment un con­trô­le régu­lier du respect des objec­tifs de pro­tec­tion. L’é­tu­de sur l’IA exi­ge d’ail­leurs expres­sé­ment une dis­po­si­ti­on cor­re­spond­an­te pour le domaine des éva­lua­tions auto­ma­ti­sées. Il va de soi que cet­te dis­po­si­ti­on doit tou­te­fois s’ap­pli­quer de maniè­re générale.

Il reste à ajou­ter que le Con­seil d’É­tat peut édic­ter des dis­po­si­ti­ons d’exé­cu­ti­on dans le cad­re de sa com­pé­tence d’exé­cu­ti­on selon l’art. 67, al. 2 Cst.

§ 12. mise en balan­ce des inté­rêts lors de la com­mu­ni­ca­ti­on d’informations
1 Avant de divul­guer une infor­ma­ti­on, l’or­ga­ne public exami­ne si une dis­po­si­ti­on léga­le ou un inté­rêt public ou pri­vé prépon­dé­rant s’op­po­se à la divulgation.
2 Il y a inté­rêt public notam­ment lorsque la com­mu­ni­ca­ti­on de l’in­for­ma­ti­on
a. com­pro­met l’ef­fet des mesu­res d’en­quête, de sécu­ri­té ou de surveillance,
b. Négo­cia­ti­ons con­trac­tu­el­les compromises,
c. por­te att­ein­te au pro­ce­s­sus de for­ma­ti­on de l’o­pi­ni­on d’un orga­ne public,
d. por­te att­ein­te aux rela­ti­ons ent­re les com­mu­nes, ent­re les com­mu­nes et le can­ton, avec un aut­re can­ton, avec la Con­fé­dé­ra­ti­on ou avec l’étranger,
e. ent­ra­ve la mise en œuvre con­for­me aux objec­tifs de mesu­res con­crè­tes pri­ses par les autorités.
3 Il y a inté­rêt pri­vé notam­ment lorsque la divul­ga­ti­on de l’in­for­ma­ti­on por­te att­ein­te à la vie pri­vée de tiers.

Cet­te dis­po­si­ti­on reprend la régle­men­ta­ti­on du § 23 al. 1 IDG. Selon cet­te dis­po­si­ti­on, l’or­ga­ne public est tenu de véri­fier, avant tou­te com­mu­ni­ca­ti­on d’u­ne infor­ma­ti­on, s’il ne doit pas la refu­ser par­ce qu’u­ne dis­po­si­ti­on juri­di­que ou un inté­rêt public ou pri­vé prépon­dé­rant s’op­po­se à la com­mu­ni­ca­ti­on. Le § 11 s’ap­pli­que en prin­ci­pe – com­me aujour­d’hui déjà le § 23 IDG – à tou­te com­mu­ni­ca­ti­on d’in­for­ma­ti­ons. En rai­son de cet­te por­tée géné­ra­le, une régle­men­ta­ti­on s’im­po­se dans les dis­po­si­ti­ons géné­ra­les. Ce n’est que dans des cas excep­ti­on­nels que la pesée des inté­rêts est déjà effec­tuée dans la loi et que la com­mu­ni­ca­ti­on d’in­for­ma­ti­ons est déjà exclue de par la loi (cf. § 18).

Dans le sens d’u­ne appli­ca­ti­on pro­por­ti­onnée de ce prin­ci­pe, la com­mu­ni­ca­ti­on d’in­for­ma­ti­ons peut éga­le­ment être par­ti­el­le­ment refusée ou dif­fé­rée sur la base de la pesée des inté­rêts. Ces pos­si­bi­li­tés sont expres­sé­ment men­ti­onnées au § 23 ali­néa 1 lett­re a. Les motifs du refus de com­mu­ni­ca­ti­on doi­vent être com­mu­ni­qués aux per­son­nes qui deman­dent à con­sul­ter les infor­ma­ti­ons. Cela peut se fai­re de maniè­re infor­mel­le. Ce n’est que si la per­son­ne qui deman­de à con­sul­ter le dos­sier n’est pas d’ac­cord avec le refus de com­mu­ni­ca­ti­on que les rai­sons sont expo­sées dans la décis­i­on (cf. § 23 ci-après).

Ali­néa 2 cor­re­spond au § 23 al. 2 IDG, l’ac­tu­el­le let. b devant être com­plé­tée par l’in­té­rêt public à la pro­tec­tion du prin­ci­pe de col­lé­gia­li­té. Les aut­res lett­res cor­re­spon­dent sans chan­ge­ment au droit en vigueur. Il con­vi­ent de noter que l’é­nu­mé­ra­ti­on n’est pas exhaus­ti­ve, rai­son pour laquel­le d’aut­res inté­rêts publics peu­vent éga­le­ment s’op­po­ser à la com­mu­ni­ca­ti­on d’in­for­ma­ti­ons. Il con­vi­ent en out­re d’a­jou­ter que les inté­rêts publics énu­mé­rés sont plutôt con­crets et défi­nis de maniè­re rest­ric­ti­ve. Le droit en vigueur renon­ce déjà à l’é­nu­mé­ra­ti­on d’in­té­rêts publics abstraits et très lar­ges, tels que la «coha­bi­ta­ti­on paci­fi­que» ou la «sécu­ri­té publi­que». De tels inté­rêts peu­vent bien enten­du s’op­po­ser à la divul­ga­ti­on d’in­for­ma­ti­ons. Ils sont tou­te­fois si abstraits que l’in­té­rêt en que­sti­on doit être décrit plus pré­cis­é­ment dans chaque cas par­ti­cu­lier, rai­son pour laquel­le une exten­si­on cor­re­spond­an­te de l’é­nu­mé­ra­ti­on ne serait pas un gain.

Il con­vi­ent de noter que la com­mu­ni­ca­ti­on d’in­for­ma­ti­ons ne peut pas être refusée au motif que l’in­for­ma­ti­on n’est pas per­ti­nen­te ou qu’il n’est pas oppor­tun de la four­nir. Le droit à l’in­for­ma­ti­on est de natu­re géné­ra­le et glo­ba­le, et il n’ap­par­tient pas à l’or­ga­ne public d’éva­luer si l’in­for­ma­ti­on est appro­priée ou non. Tou­te­fois, si des infor­ma­ti­ons sus­cep­ti­bles de con­dui­re à des con­clu­si­ons erro­n­ées sont divul­guées, l’or­ga­ne public peut le signal­er lors de la publi­ca­ti­on ou repla­cer les infor­ma­ti­ons dans leur contexte.

La for­mu­la­ti­on de la lett­re b (jus­qu’i­ci § 23 al. 2 let. a IDG) est sim­pli­fi­ée. Le critère déter­mi­nant doit être que les négo­cia­ti­ons con­trac­tu­el­les sont men­acées et non pas que «des posi­ti­ons dans les négo­cia­ti­ons con­trac­tu­el­les sont concernées».

Lit. c : La com­mu­ni­ca­ti­on d’u­ne infor­ma­ti­on ne doit plus seu­le­ment pou­voir être limi­tée lorsqu’u­ne com­mu­ni­ca­ti­on por­terait att­ein­te au pro­ce­s­sus de for­ma­ti­on d’o­pi­ni­on de l’or­ga­ne (cf. Bru­no Bae­ris­wyl, in : Pra­xis­kom­men­tar IDG, § 23 N. 16 s.). La pesée des inté­rêts doit désor­mais pou­voir inclu­re expres­sé­ment des con­sidé­ra­ti­ons rela­ti­ves à la pro­tec­tion du prin­ci­pe de col­lé­gia­li­té. La com­mu­ni­ca­ti­on d’in­for­ma­ti­ons importan­tes pour la for­ma­ti­on inter­ne de l’o­pi­ni­on d’un orga­ne col­lé­gial doit pou­voir être refusée pour pro­té­ger le prin­ci­pe de col­lé­gia­li­té, même après la fin du pro­ce­s­sus de for­ma­ti­on de l’o­pi­ni­on. Cela peut s’im­po­ser lorsque la com­mu­ni­ca­ti­on d’u­ne infor­ma­ti­on révé­lerait la posi­ti­on de cer­ta­ins mem­bres de l’or­ga­ne col­lé­gial d’u­ne maniè­re qui ren­drait dif­fi­ci­le ou com­pro­met­trait la future col­la­bo­ra­ti­on au sein du col­lè­ge ou la future liber­té d’ex­pres­si­on. Au § 18, lett­re a, la pesée des inté­rêts est déjà effec­tuée dans la loi pour un domaine par­tiel (décis­i­ons du con­seil de gou­ver­ne­ment et des comi­tés com­munaux), rai­son pour laquel­le il n’est plus néces­saire de pro­cé­der à une pesée des inté­rêts dans ces cas. Il con­vi­ent de noter que la com­mu­ni­ca­ti­on de l’in­for­ma­ti­on ne doit pas néces­saire­ment éma­ner de l’or­ga­ne dont le prin­ci­pe de col­lé­gia­li­té doit être pro­té­gé. Au con­trai­re, un orga­ne public qui a par­ti­ci­pé à la for­ma­ti­on col­lé­gia­le de la volon­té peut éga­le­ment refu­ser la com­mu­ni­ca­ti­on en invo­quant le prin­ci­pe de col­lé­gia­li­té (com­me par exemp­le une direc­tion du Con­seil d’E­tat con­cer­nant la for­ma­ti­on de la volon­té d’u­ne con­fé­rence intercantonale).

La let. d est com­plé­tée par l’a­jout «ent­re les com­mu­nes et le can­ton». De même, les rela­ti­ons ent­re les com­mu­nes et le can­ton ne doi­vent pas pou­voir être affec­tées par la com­mu­ni­ca­ti­on d’informations.

ali­néa 3 : Cet­te dis­po­si­ti­on souli­gne que, dans le cad­re de la pesée des inté­rêts, il con­vi­ent de tenir comp­te du droit des tiers à une per­son­na­li­té int­ac­te et donc de leur sphè­re pri­vée. Si une per­son­ne est sou­mi­se au secret pro­fes­si­on­nel, une com­mu­ni­ca­ti­on est pos­si­ble si une levée du secret pro­fes­si­on­nel (par l’au­to­ri­té com­pé­ten­te ou la per­son­ne con­cer­née) a été accor­dée ou si une base léga­le per­met la com­mu­ni­ca­ti­on. Il con­vi­ent de men­ti­on­ner que les secrets d’af­fai­res et de fab­ri­ca­ti­on relè­vent de la sphè­re pri­vée des per­son­nes mora­les. Il n’est donc pas néces­saire d’a­jou­ter expres­sé­ment ces inté­rêts particuliers. 

§ 13. consentement
Pour qu’il y ait con­sen­te­ment, il faut que
a. l’in­sti­tu­ti­on publi­que a infor­mé la per­son­ne con­cer­née de maniè­re adéquate,
b. la per­son­ne con­cer­née les don­ne volontairement,
c. elle se rap­por­te à un trai­te­ment de don­nées suf­fi­sam­ment précis.

Plu­sieurs par­ti­ci­pan­ts à la con­sul­ta­ti­on ont deman­dé l’in­tro­duc­tion de la pos­si­bi­li­té de con­sen­tir à un trai­te­ment de don­nées, et donc l’a­li­gne­ment sur la loi fédé­ra­le sur la pro­tec­tion des don­nées. Le pro­jet est donc com­plé­té par des dis­po­si­ti­ons cor­re­spond­an­tes (voir en détail les §§ 24, let. c, et 25, let. c). Les exi­gen­ces rela­ti­ves au con­sen­te­ment, qui est éga­le­ment men­ti­onné aux § 20 (impli­ca­ti­on des tiers con­cer­nés), § 26 (fina­li­té) et § 35 (droit de com­mu­ni­ca­ti­on), sont réglées dans les dis­po­si­ti­ons géné­ra­les. Cela s’im­po­se notam­ment par­ce que le con­sen­te­ment est éga­le­ment important dans le cad­re de l’im­pli­ca­ti­on des tiers con­cer­nés dans la sec­tion rela­ti­ve au prin­ci­pe de transparence.

Lit. a : Pour qu’un con­sen­te­ment soit don­né, il faut que la per­son­ne con­cer­née soit con­sci­en­te des con­sé­quen­ces de ce con­sen­te­ment et des objec­tifs pour­suivis par le trai­te­ment des don­nées. La per­son­ne con­cer­née doit donc dis­po­ser, dans le cas con­cret, de tou­tes les infor­ma­ti­ons néces­saires pour pou­voir prend­re une décis­i­on libre.

Lit. b : La con­di­ti­on sine qua non de tout con­sen­te­ment est le carac­tère volon­tai­re. Tout con­sen­te­ment doit donc se carac­té­ri­ser par le fait que le recours à un acte éta­tique en que­sti­on et le trai­te­ment de don­nées per­son­nel­les qui en découle sont à la dis­po­si­ti­on de la per­son­ne con­cer­née et ne vont pas à l’en­cont­re de ses inté­rêts (cf. Phil­ip Glass, Die rechts­staat­li­che Bear­bei­tung von Per­so­nen­da­ten in der Schweiz, Diss. Bâle 2016, p. 228). En prin­ci­pe, le con­sen­te­ment est éga­le­ment révo­ca­ble (cf. ATF 136 III 401 con­sid. 5.2.2 avec ren­vois). Cet­te révo­ca­ti­on ne peut tou­te­fois avoir des effets que pour l’a­ve­nir et peut en out­re, par ana­lo­gie avec l’art. 404 al. 2 CO, ent­raî­ner une obli­ga­ti­on de dom­mages-inté­rêts de la part de l’au­teur de la révocation.

Lit. c : Le con­sen­te­ment ne peut être don­né que pour un type de trai­te­ment de don­nées pré­cis. Il est donc exclu de deman­der un con­sen­te­ment géné­ral pour le trai­te­ment de tou­tes les don­nées per­son­nel­les dans un domaine admi­ni­stra­tif étendu. 

Sec­tion 2 Prin­ci­pe de transparence

La sec­tion rela­ti­ve au prin­ci­pe de trans­pa­rence com­prend l’ac­ti­vi­té d’in­for­ma­ti­on d’of­fice (§§ 13 et sui­vants), qui per­met notam­ment de mett­re en œuvre le prin­ci­pe de trans­pa­rence inscrit à l’art. 49 Cst. Dans cet­te sec­tion, le droit des orga­nes publics de publier des infor­ma­ti­ons en tant que don­nées ouver­tes des auto­ri­tés est désor­mais expres­sé­ment régle­men­té (§ 15). Enfin, la sec­tion con­ti­ent la com­mu­ni­ca­ti­on d’in­for­ma­ti­ons sur deman­de (§§ 17 et sui­vants), qui met en œuvre l’art. 17 Cst.

A. Acti­vi­té d’in­for­ma­ti­on d’office

Remar­ques pré­li­mi­n­aires sur les §§ 13 et sui­vants de la loi sur la pro­tec­tion des données.

Étant don­né que des dis­po­si­ti­ons rela­ti­ves à l’ou­ver­tu­re des don­nées des auto­ri­tés ont été intro­dui­tes dans la loi, plu­sieurs para­gra­phes ont été cré­és à par­tir de l’ac­tuel § 14 IDG afin d’en amé­lio­rer la struc­tu­re. Dans un pre­mier para­gra­phe, on règ­le quel­les infor­ma­ti­ons géné­ra­les sur la struc­tu­re de l’ad­mi­ni­stra­ti­on, les stocks d’in­for­ma­ti­ons et les types de trai­te­ment par­ti­cu­liers (systè­mes de décis­i­on auto­ma­ti­sés) doi­vent être mises à dis­po­si­ti­on. Le § 13 sert à la trans­pa­rence de l’ad­mi­ni­stra­ti­on publi­que (jus­qu’à pré­sent § 14 al. 2 et 4 IDG). Il est désor­mais com­plé­té par une dis­po­si­ti­on sur les systè­mes de décis­i­on algo­rith­mi­ques, pour les­quels un regist­re public doit éga­le­ment être créé. Un deu­xiè­me para­gra­phe (§ 14) règ­le l’ob­li­ga­ti­on d’in­for­mer sur les acti­vi­tés de l’or­ga­ne public et fixe en même temps les cir­con­stances dans les­quel­les des infor­ma­ti­ons peu­vent éga­le­ment être four­nies sur des pro­cé­du­res non clôtu­rées de maniè­re défi­ni­ti­ve. Ces dis­po­si­ti­ons cor­re­spon­dent au § 14, ali­né­as 1 et 3 de la LDI. 

§ 14. infor­ma­ti­ons générales
1 L’in­sti­tu­ti­on publi­que four­nit des infor­ma­ti­ons sur sa struc­tu­re, ses com­pé­ten­ces et les moy­ens de la contacter.
2 Il tient un regist­re acce­s­si­ble au public de ses fichiers d’in­for­ma­ti­ons et de leurs fina­li­tés. Il signa­le les fichiers d’in­for­ma­ti­ons qui con­ti­en­nent des don­nées personnelles.
3 Il tient un regist­re acce­s­si­ble au public des systè­mes de décis­i­on algo­rith­mi­ques qu’il uti­li­se et qui peu­vent avoir une inci­dence sur les droits fon­da­men­taux des per­son­nes. Le Con­seil d’E­tat règ­le les détails pour tous les orga­nes publics dans une ordonnance.

Sur la base de ce con­cept, il con­vi­ent d’ex­ami­ner si le § 14 al. 2 et 4 IDG doit être main­te­nu. Lors de l’éva­lua­ti­on de cet­te que­sti­on, il con­vi­ent éga­le­ment de prend­re en comp­te la nou­vel­le régle­men­ta­ti­on de la Con­fé­dé­ra­ti­on. Con­for­mé­ment à l’art. 12 nLPD, les orga­nes fédé­raux doi­vent con­tin­uer à tenir un regist­re de leurs acti­vi­tés de trai­te­ment. Le rap­port expli­ca­tif indi­que ce qui suit : «L’ob­li­ga­ti­on de l’or­ga­ne fédé­ral de décla­rer une acti­vi­té de trai­te­ment de don­nées cor­re­spond pour l’e­s­sen­tiel à son obli­ga­ti­on de décla­rer un fichier. Il s’a­git d’u­ne adap­t­ati­on ter­mi­no­lo­gi­que suite à la sup­pres­si­on de la noti­on de »fichier’ (art. 3, let. g, nLPD) dans la pré­sen­te révi­si­on. La nou­vel­le ter­mi­no­lo­gie cor­re­spond éga­le­ment à cel­le de l’ar­tic­le 24 de la direc­ti­ve (UE) 2016/680 et de l’ar­tic­le 30 du règle­ment (UE) 2016/679″. L’uti­li­sa­ti­on de la ter­mi­no­lo­gie de la nLPD dans la LDI ne s’a­vè­re pas appro­priée, étant don­né que la LDI régle­men­te non seu­le­ment le trai­te­ment des don­nées per­son­nel­les, mais aus­si l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on. Com­me jus­qu’à pré­sent, un inven­tai­re de tous les fichiers d’in­for­ma­ti­ons doit donc être exi­gé. Les infor­ma­ti­ons qui con­ti­en­nent des don­nées per­son­nel­les doi­vent être signa­lées de maniè­re particulière.

al. 1 : Pour des rai­sons de trans­pa­rence, chaque insti­tu­ti­on publi­que est tenue de mett­re à dis­po­si­ti­on des infor­ma­ti­ons sur sa struc­tu­re et ses mis­si­ons. Les justi­cia­bles ont ain­si la pos­si­bi­li­té de se fai­re une idée géné­ra­le de la struc­tu­re de l’or­ga­ne public. Ils sont éga­le­ment infor­més de l’en­droit où des infor­ma­ti­ons peu­vent être obte­nues au sein d’un orga­ne public. Il n’est pas néces­saire d’in­di­quer une «per­son­ne de cont­act» ou un «ser­vice» pré­cis. Au con­trai­re, il s’im­po­se sou­vent de renon­cer à les men­ti­on­ner dans cer­ta­ins con­tex­tes pour des rai­sons de pro­tec­tion des col­la­bo­ra­teurs. La for­mu­la­ti­on choi­sie con­fè­re à l’or­ga­ne public la mar­ge d’ap­pré­cia­ti­on nécessaire.

al. 2 : Selon la ter­mi­no­lo­gie uti­li­sée dans le § 6 de l’O­ID, la noti­on de fonds d’in­for­ma­ti­on com­prend les systè­mes de clas­se­ment et les coll­ec­tions de don­nées. Un système de clas­se­ment est une struc­tu­re le plus sou­vent hié­rar­chi­que, ori­en­tée vers les tâches, qui met à dis­po­si­ti­on une posi­ti­on de clas­se­ment appro­priée pour tous les cas d’af­fai­res qui se pré­sen­tent (cf. JO 2019-09-13). Il permet

- une recher­che ciblée et structurée,

- l’at­tri­bu­ti­on pré­cise des infor­ma­ti­ons à chaque dos­sier (pas de clas­se­ment multiple),

- la gesti­on simp­le des métadonnées,

- la pré­ser­va­ti­on à long ter­me du con­tex­te de créa­ti­on et d’uti­li­sa­ti­on de l’information,

- la gesti­on uni­for­me de dif­fér­ents sup­ports d’information.

L’uti­li­sa­ti­on de la noti­on de stocks d’in­for­ma­ti­ons dans le § 6 ODI et les exi­gen­ces qui y sont fixées quant au con­te­nu des réper­toires devront être exami­nées et éven­tu­el­le­ment adap­tées dans le cad­re de la révi­si­on de l’or­don­nan­ce, comp­te tenu éga­le­ment du § 44a P‑OG RR, de l’art. 12 nLPD ain­si que de l’art. 24 de la direc­ti­ve (UE) 2016/680 et de l’art. 30 du règle­ment (UE) 2016/679. Ain­si, l’art. 24 de la direc­ti­ve (UE) 2016/680, qui est déter­mi­nant pour la Sui­s­se, pré­voit cer­tai­nes indi­ca­ti­ons qui ne sont pas expres­sé­ment men­ti­onnées au § 6 de l’O­ID. Il s’a­git ent­re aut­res d’in­di­ca­ti­ons sur les caté­go­ries de don­nées con­cer­nées, l’uti­li­sa­ti­on du pro­fi­la­ge, la base juri­di­que du trai­te­ment des don­nées, l’effa­ce­ment des don­nées ain­si que des indi­ca­ti­ons sur une descrip­ti­on géné­ra­le des mesu­res visa­nt à garan­tir la sécu­ri­té des données.

L’uti­li­té des annu­ai­res a été mise en dou­te dans le cad­re de l’éva­lua­ti­on de la LDI, com­me nous l’a­vons men­ti­onné. Ces cri­ti­ques se fon­dent tou­te­fois prin­ci­pa­le­ment sur les décla­ra­ti­ons des mem­bres de l’ad­mi­ni­stra­ti­on, alors que le public, qui peut avoir un inté­rêt à con­sul­ter ces réper­toires, n’a pas été impli­qué dans l’éva­lua­ti­on. Il con­vi­ent de noter qu’un inven­tai­re des infor­ma­ti­ons ne doit pas néces­saire­ment con­te­nir des détails et que son éta­blis­se­ment n’im­pli­que donc pas de dépen­ses exce­s­si­ves pour l’in­sti­tu­ti­on publi­que. Tou­te­fois, cer­tai­nes infor­ma­ti­ons, à pré­cis­er dans le règle­ment, sont néces­saires pour att­eind­re la trans­pa­rence visée. En out­re, l’en­tre­ti­en de la liste, c’est-à-dire sa mise à jour per­ma­nen­te, est tout à fait lié à une cer­taine char­ge de tra­vail pour les orga­nes publics. En revan­che, un tel réper­toire faci­li­te l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on pour les per­son­nes inté­res­sées, voi­re le rend pos­si­ble. Le main­ti­en de cet­te dis­po­si­ti­on sem­ble donc justifié.

Il con­vi­ent d’a­jou­ter que le § 44a P‑OG RR crée une régle­men­ta­ti­on selon laquel­le l’ad­mi­ni­stra­ti­on can­to­na­le gère un cata­lo­gue de don­nées com­mun. Le Con­seil d’E­tat a ensuite pré­cisé que la trans­for­ma­ti­on numé­ri­que de l’ad­mi­ni­stra­ti­on can­to­na­le devait être pilo­tée par le biais des cinq initia­ti­ves stra­té­giques. Il a for­mulé des ambi­ti­ons et défi­ni des champs d’ac­tion. Un champ d’ac­tion dans le cad­re de l’initia­ti­ve stra­té­gique Don­nées trai­te du cata­lo­gue de méta­don­nées et du regist­re pour les systè­mes de décis­i­on auto­ma­ti­sés (ACE n° 1331/2022, p. 11, champ d’ac­tion 4). Le cata­lo­gue de méta­don­nées con­sti­tue ici la base de l’uti­li­sa­ti­on mul­ti­ple des don­nées de base et de l’har­mo­ni­sa­ti­on des don­nées de réfé­rence. Il per­met notam­ment d’a­voir une vue d’en­sem­ble du pay­sa­ge des don­nées et con­tri­bue en out­re à amé­lio­rer la trans­pa­rence et l’ef­fi­ca­ci­té, à favo­ri­ser la col­la­bo­ra­ti­on ent­re les auto­ri­tés et à aug­men­ter la qua­li­té des pre­sta­ti­ons (op. cit.). Si un tel cata­lo­gue de don­nées est géré, il rem­plit, en se réfé­rant à des stocks d’in­for­ma­ti­ons dis­po­ni­bles de maniè­re struc­tu­rée, les exi­gen­ces posées aux inven­tai­res des stocks d’in­for­ma­ti­ons. L’ad­mi­ni­stra­ti­on can­to­na­le ne doit donc tenir des réper­toires sup­p­lé­men­tai­res que pour les systè­mes de classement.

Les systè­mes décis­i­on­nels algo­rith­mi­ques (AES) per­met­tent d’ana­ly­ser des infor­ma­ti­ons et de déve­lo­p­per et pro­po­ser des solu­ti­ons à cer­ta­ins pro­blè­mes ou domain­es (cf. Insti­tut alle­mand des droits de l’hom­me, Algo­rith­mi­sche Ent­schei­dungs­sy­ste­me, Men­schen­recht­li­che Vor­ga­ben und Ent­wick­lun­gen auf inter­na­tio­na­ler Ebe­ne ; institut-fuer-menschenrechte.de/fileadmin/Redaktion/Publikationen/Information/Information_Algorithmische_Entscheidungssysteme.pdf). Dans ce con­tex­te, les algo­rith­mes peu­vent jouer un rôle dif­fé­rent, en ce sens qu’ils sou­ti­en­nent ou façon­nent la décis­i­on humaine de dif­fé­ren­tes maniè­res. Une vari­an­te par­ti­cu­liè­re­ment mar­quée est cel­le des décis­i­ons indi­vi­du­el­les auto­ma­ti­sées, dans les­quel­les des décis­i­ons sont géné­rées – sans inter­ven­ti­on humaine (éga­le­ment : décis­i­ons déter­mi­nées par algo­rith­me, op. cit.). Cet­te der­niè­re néces­si­terait une base dans le droit de pro­cé­du­re, car le droit de pro­cé­du­re admi­ni­stra­ti­ve en vigueur est axé sur l’ac­tion des auto­ri­tés admi­ni­stra­ti­ves, c’est-à-dire des êtres humains (cf. par ex. § 4 VRG). Il con­vi­ent tou­te­fois de noter que tou­tes les décis­i­ons pri­ses à l’ai­de d’un algo­rith­me ou par un algo­rith­me n’ont pas un impact sur les droits fon­da­men­taux des per­son­nes (p. ex. l’au­to­ma­tisa­ti­on d’u­ne étape de pro­ce­s­sus ou l’éva­lua­ti­on auto­ma­ti­sée de don­nées climatiques).

Out­re la pro­tec­tion des droits fon­da­men­taux des per­son­nes dont les don­nées sont trai­tées, la LDI a pour but de pro­mou­voir, par la trans­pa­rence, la lib­re for­ma­ti­on de l’o­pi­ni­on et l’e­xer­ci­ce des droits démo­cra­ti­ques, ain­si que de faci­li­ter le con­trô­le de l’ac­tion de l’E­tat (§ 1 al. 2 let. a et c). En con­sé­quence, il exi­ste un inté­rêt con­sidé­ra­ble à la divul­ga­ti­on de l’uti­li­sa­ti­on de systè­mes de décis­i­on algo­rith­mi­ques qui peu­vent avoir une influence sur les droits fon­da­men­taux. Cela vaut indé­pen­dam­ment du fait qu’il s’a­gis­se de systè­mes com­ple­xes qui fonc­tion­nent par recon­nais­sance de for­mes ou de systè­mes simp­les qui agis­sent selon des règles fixes sans mar­ge de décis­i­on. Les AES peu­vent notam­ment avoir un impact sur les droits fon­da­men­taux lorsque des don­nées per­son­nel­les ou même des don­nées per­son­nel­les anony­mi­sées sont exploi­tées au moy­en d’AES ou lorsque des AES sont uti­li­sés lors du trai­te­ment de don­nées per­son­nel­les (par exemp­le, uti­li­sa­ti­on d’AES pour l’ex­plo­ita­ti­on de dos­siers de can­di­da­tu­re). Ain­si, de gran­des quan­ti­tés de don­nées per­son­nel­les sont régu­liè­re­ment trai­tées dans la recher­che, la pla­ni­fi­ca­ti­on ou la sta­ti­stique. L’ob­jec­tif de ce trai­te­ment n’est cer­tes pas de per­mett­re des décla­ra­ti­ons sur des per­son­nes indi­vi­du­el­les. Les éva­lua­tions et les résul­tats ne doi­vent pas per­mett­re de fai­re de tel­les décla­ra­ti­ons. Le ris­que d’att­ein­te à la per­son­na­li­té est con­sidé­ré com­me fai­ble, rai­son pour laquel­le des règles par­ti­cu­liè­res s’ap­pli­quent (cf. § 26, al. 2). Tou­te­fois, de tels trai­te­ments au moy­en d’AES pré­sen­tent un ris­que par­ti­cu­lier de dis­cri­mi­na­ti­on. La base de don­nées revêt une gran­de importance (pro­blè­me des “biais” dans les don­nées). Ain­si, cer­ta­ins AES qui repo­sent sur des don­nées d’en­traî­ne­ment repré­sen­tant la socié­té actu­el­le peu­vent app­rend­re des com­porte­ments ou des modè­les déjà exi­stants dans la socié­té. Si la base de don­nées est insuf­fi­san­te (par exemp­le incom­plè­te ou obsolè­te), cela peut con­dui­re à des résul­tats dis­cri­mi­na­toires ou faus­sés d’u­ne aut­re maniè­re (voir l’é­tu­de sur l’IA, p. 40 s., avec des exemp­les et d’aut­res ris­ques). Il con­vi­ent donc d’ac­cor­der une gran­de importance à la pro­tec­tion cont­re la dis­cri­mi­na­ti­on, en tenant comp­te notam­ment du mode de fonc­tion­ne­ment et de la base de don­nées de l’al­go­rith­me (voir à ce sujet le rap­port d’ac­ti­vi­té 2020 du ser­vice de pro­tec­tion des don­nées de la ville de Zurich sur l’al­go­rith­me con­cer­nant la mixi­té dans les éco­les publi­ques ; www.gemeinderat-zuerich.ch/dokumente/5f630e4cd50648f99dc94a3480e4f53e-332?filename= 2021_0197). Il res­sort de ces con­sidé­ra­ti­ons que la pro­tec­tion des droits fon­da­men­taux dans ce con­tex­te doit être inter­pré­tée de maniè­re lar­ge et qu’el­le va au-delà du droit à l’au­to­dé­ter­mi­na­ti­on en matiè­re d’in­for­ma­ti­on et à l’ac­cès aux infor­ma­ti­ons selon l’art. 17 Cst. Out­re la pro­tec­tion cont­re la dis­cri­mi­na­ti­on, il faut pen­ser par exemp­le à la liber­té d’o­pi­ni­on, aux droits poli­ti­ques ou aux droits fon­da­men­taux de pro­cé­du­re. Il reste à ajou­ter que la pos­si­bi­li­té pour un AES de por­ter att­ein­te aux droits fon­da­men­taux doit déjà suf­fi­re : Comp­te tenu de la trans­pa­rence visée et de la fina­li­té de la LDI, le seuil doit être fixé à un niveau bas.

L’é­tu­de KI fait éga­le­ment état de la néces­si­té d’u­ne liste d’AES pour garan­tir la trans­pa­rence. Cet­te néces­si­té exi­ste pour tous les orga­nes publics, rai­son pour laquel­le une régle­men­ta­ti­on dans l’OG RR, tel­le que pro­po­sée dans le pro­jet mis en con­sul­ta­ti­on et qui ne serait valable que pour l’ad­mi­ni­stra­ti­on can­to­na­le, sem­ble insuf­fi­san­te. Il faut rete­nir qu’au sein de l’ad­mi­ni­stra­ti­on can­to­na­le, le ser­vice de coor­di­na­ti­on LDI peut assu­mer une fonc­tion de mise en réseau et de sur­veil­lan­ce. Au sein des direc­tions, les con­seil­lers à la pro­tec­tion des don­nées seront char­gés de veil­ler à ce que cet­te dis­po­si­ti­on soit éga­le­ment respec­tée (cf. § 44c P‑OG RR).

Le Con­seil d’E­tat doit être char­gé d’é­dic­ter des dis­po­si­ti­ons d’exé­cu­ti­on pour tous les orga­nes publics. L’or­don­nan­ce doit notam­ment pré­cis­er que la base de don­nées et le fonc­tion­ne­ment de l’AES doi­vent être com­mu­ni­qués. Cela sem­ble néces­saire, car les don­nées uti­li­sées peu­vent être insuf­fi­san­tes (par exemp­le, erro­n­ées, incom­plè­tes ou obsolè­tes), ce qui peut fau­sser les résul­tats. L’in­dé­pen­dance des tri­bu­naux n’est pas affec­tée par cet­te dis­po­si­ti­on, étant don­né que des critères pure­ment for­mels doi­vent être réglementés.

Il con­vi­ent d’a­jou­ter que la con­nais­sance de l’uti­li­sa­ti­on d’AES sans rap­port avec les droits fon­da­men­taux peut éga­le­ment pré­sen­ter un inté­rêt. Une régle­men­ta­ti­on cor­re­spond­an­te dev­rait tou­te­fois – là où elle est sou­hai­tée – avoir lieu en dehors de la LDI dans les actes légis­la­tifs spé­ci­aux correspondants. 

§ 15. infor­ma­ti­ons sur les activités
1 L’in­sti­tu­ti­on publi­que infor­me de sa pro­pre initia­ti­ve sur ses acti­vi­tés d’in­té­rêt général.
2 Il ne peut infor­mer sur des pro­cé­du­res non clo­ses défi­ni­ti­ve­ment que si cela est néces­saire pour rec­ti­fier ou évi­ter des infor­ma­ti­ons erro­n­ées ou si, dans un cas par­ti­cu­liè­re­ment gra­ve ou reten­tis­sant, l’in­for­ma­ti­on immé­dia­te est indiquée.

Ali­néa 1 de l’ac­tuel § 14 IDG doit être main­te­nue sans chan­ge­ment. Les orga­nes publics doi­vent infor­mer acti­ve­ment de leur pro­pre initia­ti­ve. Il s’a­git tou­te­fois d’u­ne simp­le obli­ga­ti­on de l’or­ga­ne public. Cet­te dis­po­si­ti­on ne fon­de pas un droit indi­vi­du­el et exi­gi­ble en justi­ce (cf. Mar­co Fey, in : Pra­xis­kom­men­tar IDG, § 14 N. 5).

Au para­gra­phe 2 la régle­men­ta­ti­on du § 14 al. 3 IDG est repri­se. La noti­on de pro­cé­du­re «pen­dan­te» est alors rem­pla­cée par la noti­on de pro­cé­du­re «non clôtu­rée par une décis­i­on entrée en force». Une affai­re en tant que tel­le reste pen­dan­te tant que la décis­i­on atta­quée n’est pas entrée en force (Ruth Herzog/Michel Daum [éd.], Kom­men­tar zum Gesetz über die Ver­wal­tungs­rechts­pfle­ge im Kan­ton Bern, 2e édi­ti­on, Ber­ne 2020, art. 16 n. 7 ; cf. ATF 127 II 215 con­sid. 2). La for­mu­la­ti­on «non clôtu­rée par une décis­i­on entrée en force» est plus par­lan­te que le ter­me de pro­cé­du­re «pen­dan­te», rai­son pour laquel­le il sera doréna­vant que­sti­on dans cet­te dis­po­si­ti­on – com­me au § 3 – de «pro­cé­du­res non clôtu­rées par une décis­i­on entrée en force».

§ 14, ali­néa 2 stipu­le qu’en prin­ci­pe, aucu­ne infor­ma­ti­on n’est don­née sur les pro­cé­du­res non clôtu­rées de maniè­re défi­ni­ti­ve. Si une infor­ma­ti­on est indis­pensable pour rec­ti­fier des infor­ma­ti­ons erro­n­ées ou s’il s’a­git d’un cas par­ti­cu­liè­re­ment gra­ve ou reten­tis­sant qui néces­si­te une infor­ma­ti­on immé­dia­te, une infor­ma­ti­on est excep­ti­on­nel­le­ment auto­ri­sée. L’or­ga­ne public qui sou­hai­te com­mu­ni­quer l’in­for­ma­ti­on doit déci­der si tel est le cas en se basant sur une pesée des inté­rêts con­for­mé­ment au § 11. Il s’a­git notam­ment de peser la sphè­re pri­vée des tiers con­cer­nés (par exemp­le lorsqu’u­ne infor­ma­ti­on doit être don­née sur une pro­cé­du­re en cours en matiè­re de droit du per­son­nel en cas de soup­çon de cor­rup­ti­on). Dans cer­ta­ins cas, la pro­tec­tion de la con­fi­ance dans les auto­ri­tés peut avoir plus de poids que la pro­tec­tion de la sphè­re pri­vée du col­la­bo­ra­teur con­cer­né. L’uti­li­sa­ti­on du ver­be «pou­voir» indi­que expres­sé­ment qu’il s’a­git d’u­ne auto­ri­sa­ti­on de l’in­sti­tu­ti­on et non d’u­ne obligation.

Le secret de fonc­tion joue régu­liè­re­ment un rôle dans la com­mu­ni­ca­ti­on de tel­les infor­ma­ti­ons (cf. art. 320 du Code pénal sui­s­se [CP ; RS 311.0]). Le champ d’ap­pli­ca­ti­on de l’art. 320 CP eng­lo­be tous les faits qui ne sont ni notoires ni acce­s­si­bles à tous et pour les­quels le déten­teur du secret a non seu­le­ment un inté­rêt légiti­me, mais aus­si la volon­té expres­se ou taci­te de gar­der le secret (ATF 142 IV 67). Les faits sou­mis au secret ne peu­vent en prin­ci­pe pas être publiés. L’in­frac­tion selon l’art. 320 CP est une révé­la­ti­on illi­ci­te de con­nais­sances secrè­tes à des tiers non auto­ri­sés (cf. Bern­hard Isen­ring, in : Andre­as Donatsch [éd.], StGB/JStG Kom­men­tar, 21e édi­ti­on, Zurich 2022, art. 320 CP N. 15). Selon l’art. 320 CP, une levée écri­te du secret de fonc­tion est donc néces­saire pour justi­fier une publi­ca­ti­on. Tou­te­fois, selon Ste­fan Trechsel/Hans Vest, d’aut­res motifs de justi­fi­ca­ti­on ent­rent en ligne de comp­te (Ste­fan Trechsel/Mark Pieth [éd.], Schwei­ze­ri­sches Straf­ge­setz­buch, Pra­xis­kom­men­tar, 4e éd., Zurich 2021, Art. 320 N. 13). En l’oc­cur­rence, il doit s’a­gir de la défen­se d’in­té­rêts légiti­mes (ATF 94 IV 70). En cas d’in­té­rêts publics prépon­dé­rants à la rec­ti­fi­ca­ti­on de fausses infor­ma­ti­ons, une infor­ma­ti­on est admis­si­ble, mais en cas de dou­te, il con­vi­ent de deman­der à être délié du secret de fonction. 

§ 16. don­nées publi­ques ouvertes
1 Les orga­nes publics peu­vent publier des infor­ma­ti­ons qui sont struc­tu­rées et stockées sous for­me élec­tro­ni­que en tant que don­nées publi­ques ouver­tes, si aucu­ne dis­po­si­ti­on léga­le ni aucun inté­rêt public ou pri­vé prépon­dé­rant ne s’y opposent.
2 Le Con­seil-exé­cu­tif encou­ra­ge la publi­ca­ti­on de don­nées ouver­tes des auto­ri­tés par les orga­nes publics et dési­gne le ser­vice compétent.

Dans les défi­ni­ti­ons du § 5, l’a­li­néa 5 men­ti­on­ne désor­mais les don­nées ouver­tes des auto­ri­tés. Les détails doi­vent être réglés dans la pré­sen­te dis­po­si­ti­on ain­si que, pour l’ad­mi­ni­stra­ti­on can­to­na­le, au § 44b P‑OG RR.

La con­cep­ti­on actu­el­le d’u­ne acti­vi­té admi­ni­stra­ti­ve trans­pa­ren­te part d’u­ne obli­ga­ti­on de publi­ca­ti­on aus­si lar­ge que pos­si­ble. Une poli­tique d’in­for­ma­ti­on plus acti­ve de la part des auto­ri­tés per­met de rédui­re le nombre de deman­des d’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on : Une poli­tique d’in­for­ma­ti­on acti­ve per­met sou­vent d’é­vi­ter les deman­des des per­son­nes sou­mi­ses au droit, ce qui aug­men­te l’ef­fi­ca­ci­té de l’ad­mi­ni­stra­ti­on et éco­no­mi­se des res­sour­ces. En fin de comp­te, c’est l’or­ga­ne public qui déti­ent les don­nées qui déci­de si les infor­ma­ti­ons se prêtent ou non à la publi­ca­ti­on en tant que don­nées publi­ques ouver­tes. Une publi­ca­ti­on proac­ti­ve per­met de gagner en con­fi­ance et d’a­mé­lio­rer la répu­ta­ti­on de l’ad­mi­ni­stra­ti­on à l’in­té­ri­eur com­me à l’ex­té­ri­eur. Le § 15 vise à auto­ri­ser expres­sé­ment les orga­nes publics à publier les don­nées cor­re­spond­an­tes. Il con­vi­ent de noter que plu­sieurs coll­ec­ti­vi­tés publi­ques vont déjà plus loin aujour­d’hui : La Con­fé­dé­ra­ti­on et la ville de Zurich ont ain­si intro­duit le prin­ci­pe «open by default». Les orga­nes publics de l’ad­mi­ni­stra­ti­on can­to­na­le doi­vent éga­le­ment être tenus de publier des don­nées appro­priées (§ 44b P‑OG RR).

al. 1 : Cet­te dis­po­si­ti­on stipu­le expres­sé­ment que les orga­nes publics sont auto­ri­sés à mett­re à dis­po­si­ti­on des infor­ma­ti­ons en tant que don­nées d’au­to­ri­té ouver­tes. Cet­te régle­men­ta­ti­on va dans le sens du prin­ci­pe de léga­li­té. Les infor­ma­ti­ons qui peu­vent être mises à dis­po­si­ti­on en tant qu’OGD décou­lent de la défi­ni­ti­on figu­rant au § 5, ali­néa 5.

Avant de mett­re des infor­ma­ti­ons à la dis­po­si­ti­on du public sans rest­ric­tion, il con­vi­ent de véri­fier si une dis­po­si­ti­on d’u­ne loi ou d’u­ne ordon­nan­ce ne s’op­po­se pas à la publi­ca­ti­on. Si la légis­la­ti­on spé­cia­le stipu­le que les don­nées ne peu­vent pas être uti­li­sées ou trans­mi­ses libre­ment par l’or­ga­ne public ou qu’el­les ne peu­vent pas être uti­li­sées libre­ment par des tiers, une publi­ca­ti­on en tant que don­nées publi­ques ouver­tes est exclue. On pen­se ici en par­ti­cu­lier aux dis­po­si­ti­ons rela­ti­ves à la pro­tec­tion cont­re la divul­ga­ti­on de don­nées per­son­nel­les (§ 35). Les don­nées per­son­nel­les et les don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res ne peu­vent par con­sé­quent pas fai­re par­tie des infor­ma­ti­ons à publier. En out­re, il faut tou­jours pro­cé­der à une pesée des inté­rêts : Ce n’est que si cel­le-ci ne s’op­po­se pas à la publi­ca­ti­on que les infor­ma­ti­ons peu­vent être mises à disposition.

Seu­les les infor­ma­ti­ons stockées sous for­me élec­tro­ni­que et struc­tu­rées peu­vent être publiées en tant que don­nées ouver­tes des auto­ri­tés. Ain­si, les infor­ma­ti­ons dis­po­ni­bles dans des tableaux, des listes ou des bases de don­nées, par exemp­le les chif­fres clés des rap­ports annu­els déjà publiés au for­mat PDF, doi­vent être mises à dis­po­si­ti­on. En revan­che, les docu­ments de tex­te indi­vi­du­els au for­mat Word ne doi­vent pas être publiés en tant qu’OGD. Les com­pi­la­ti­ons ou les jeux de don­nées sou­hai­tés par des tiers, qui n’e­xi­stent pas et qui dev­rai­ent être ras­sem­blés par les orga­nes publics au prix d’un tra­vail sup­p­lé­men­tai­re, ne doi­vent pas être publiés.

al. 2 : Le Con­seil d’E­tat doit pro­mou­voir la publi­ca­ti­on des don­nées cor­re­spond­an­tes auprès de tous les orga­nes publics. A cet­te fin, un ser­vice de l’ad­mi­ni­stra­ti­on can­to­na­le doit être char­gé de con­seil­ler les orga­nes publics et de mett­re notam­ment à leur dis­po­si­ti­on des gui­des et aut­res outils. Il exi­ste déjà aujour­d’hui le «ser­vice spé­cia­li­sé et de coor­di­na­ti­on OGD» et le comi­té spé­cia­li­sé «Open Govern­ment Data», qui tra­vail­lent sur man­dat du Con­seil d’Etat. 

§ 17. médias
1 Dans son acti­vi­té d’in­for­ma­ti­on, l’or­ga­ne public tient comp­te, dans la mesu­re du pos­si­ble, des beso­ins des médias.
2 Il peut pré­voir l’ac­cré­di­ta­ti­on des journalistes.

Cet­te dis­po­si­ti­on est repri­se tel­le quel­le du § 15 IDG.

B. Com­mu­ni­ca­ti­on sur demande

§ 18. principe
1 Tou­te per­son­ne a le droit d’ac­cé­der aux infor­ma­ti­ons déte­nues par un orga­nis­me public.
2 Si l’in­for­ma­ti­on est déjà publi­que et dis­po­ni­ble de maniè­re appro­priée, l’in­sti­tu­ti­on publi­que indi­que l’en­droit où elle a été trouvée.
3 Il ne sera pas don­né suite aux deman­des qué­ru­len­tes ou abusives.

Tou­te com­mu­ni­ca­ti­on d’in­for­ma­ti­ons sup­po­se une pesée des inté­rêts. Ce prin­ci­pe est donc réglé dans les dis­po­si­ti­ons géné­ra­les (§ 11). Pour le reste, la com­mu­ni­ca­ti­on d’in­for­ma­ti­ons doit être réglée de maniè­re lar­ge­ment iden­tique à cel­le du droit en vigueur pour l’ac­cès aux don­nées et infor­ma­ti­ons per­son­nel­les. C’est pour­quoi la par­tie rela­ti­ve à la pro­tec­tion des don­nées ren­voie en par­tie à la régle­men­ta­ti­on de la sec­tion rela­ti­ve au prin­ci­pe de trans­pa­rence et décla­re les dis­po­si­ti­ons cor­re­spond­an­tes appli­ca­bles par ana­lo­gie (cf. ci-après § 38, al. 5). Afin d’ex­pri­mer plus clai­re­ment les dif­fé­ren­ces exi­stan­tes, la noti­on de «droit d’ac­cès» sera (ré)introduite à l’a­ve­nir pour l’ac­cès à ses pro­pres don­nées per­son­nel­les. Cela per­met de faci­li­ter la com­pré­hen­si­on et d’é­vi­ter les malen­ten­dus. De plus, le can­ton de Zurich uti­li­se ain­si la même ter­mi­no­lo­gie que la Con­fé­dé­ra­ti­on (art. 25 nLPD).

Il con­vi­ent en out­re de souli­gner que la dis­po­si­ti­on du § 20 al. 3 LDI («Dans les pro­cé­du­res admi­ni­stra­ti­ves et de justi­ce admi­ni­stra­ti­ve non clo­ses par une décis­i­on entrée en force, le droit d’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on est régi par le droit de pro­cé­du­re déter­mi­nant») a été insé­rée dans le § 3. Bien que ce prin­ci­pe ne dise fina­le­ment rien d’aut­re que ce qui s’ap­pli­quer­ait de tou­te façon selon les règles géné­ra­les de con­flit de lois, les régle­men­ta­ti­ons des lois spé­cia­les pri­ment sur la LDI.

al. 1 : Le § 20 al. 1 IDG met en œuvre l’art. 17 Cst. au niveau de la loi. La dis­po­si­ti­on doit donc être trans­po­sée dans le nou­veau droit en gran­de par­tie sans modi­fi­ca­ti­on. Le droit d’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on ne doit pas dépend­re de la preuve d’un inté­rêt digne de pro­tec­tion, et aucu­ne justi­fi­ca­ti­on ne peut être exi­gée, par exemp­le pour l’uti­li­sa­ti­on de l’in­for­ma­ti­on. C’est pour­quoi le droit est en prin­ci­pe incon­di­ti­on­nel et exi­ste donc en prin­ci­pe aus­si lorsque la deman­de d’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on est moti­vée par la simp­le curio­si­té. Tou­te­fois, l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on peut être limi­té dans cer­tai­nes cir­con­stances (cf. al. 2 et § 18). Si, dans cer­ta­ins domain­es admi­ni­stra­tifs, une com­mu­ni­ca­ti­on limi­tée sem­ble indi­quée, l’ac­cès peut être rest­reint en con­sé­quence dans la loi spé­cia­le correspondante.

al. 2 : Le con­te­nu du § 25 al. 2 IDG doit éga­le­ment être lar­ge­ment repris dans le droit en vigueur. L’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on exi­ste cer­tes en prin­ci­pe sans preuve d’in­té­rêt. Selon la pré­sen­te dis­po­si­ti­on, une déro­ga­ti­on à cet accès à l’in­for­ma­ti­on, en prin­ci­pe sans con­di­ti­on, doit tou­te­fois être pos­si­ble, à tit­re excep­ti­on­nel, lorsque l’oc­troi de l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on est lié à de très grands efforts. Con­trai­re­ment à la régle­men­ta­ti­on actu­el­le, seul l’ef­fort à four­nir par l’or­ga­ne public doit être déter­mi­nant pour l’e­xi­gence de la vrais­em­blan­ce d’un inté­rêt digne de pro­tec­tion. Dans un pre­mier temps, cet effort ne doit pas être mis en balan­ce avec l’in­té­rêt con­cret du requé­rant, car le droit d’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on exi­ste en prin­ci­pe sans con­di­ti­on. Pour ce fai­re, l’or­ga­ne public dev­ra éva­luer les moy­ens en per­son­nel à mett­re en œuvre pour le trai­te­ment de la deman­de. Si le trai­te­ment de la deman­de néces­si­te un effort très important – notam­ment par rap­port aux moy­ens en per­son­nel dis­po­ni­bles – l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on peut être sub­or­don­né à la vrais­em­blan­ce d’un inté­rêt digne de pro­tec­tion. Con­trai­re­ment au pro­jet mis en con­sul­ta­ti­on, il n’est donc pas exi­gé de prou­ver, mais seu­le­ment de rend­re vrais­em­bla­ble un inté­rêt digne de pro­tec­tion. L’in­té­rêt à fai­re valoir peut éga­le­ment être un inté­rêt public, c’est-à-dire un inté­rêt qui n’ap­par­tient pas uni­quement au requé­rant. Celui-ci doit tou­te­fois aller au-delà du simp­le droit à l’in­for­ma­ti­on. Ensuite, l’in­té­rêt ren­du cré­di­ble doit être mis en balan­ce avec l’in­té­rêt à un fonc­tion­ne­ment effi­cace de l’ad­mi­ni­stra­ti­on, qui ne doit pas ent­raî­ner de dépen­ses exce­s­si­ves. La pré­sen­te dis­po­si­ti­on doit notam­ment per­mett­re de fai­re face aux deman­des de rens­eig­ne­ments dites «ency­clo­pé­di­ques», qui occa­si­on­nent une char­ge de tra­vail très importan­te pour l’ad­mi­ni­stra­ti­on (cf. éga­le­ment Beat Rudin, Kein «enzy­klo­pä­di­scher Infor­ma­ti­ons­zu­gang», in dig­ma 2019, p. 32 ss, p. 34). Il reste à ajou­ter que l’a­bus de droit con­sti­tue tou­jours une limi­te aux deman­des d’in­for­ma­ti­on, les exi­gen­ces pour un refus d’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on fon­dé sur l’a­bus de droit étant très éle­vées. Celui-ci con­sti­tue éga­le­ment une bar­riè­re pour les per­son­nes qui dépo­sent sans ces­se de nou­vel­les deman­des d’ac­cès à l’information.

ali­néa 3 : Le con­te­nu de la dis­po­si­ti­on cor­re­spond lar­ge­ment au § 25 al. 1 IDG. L’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on est accor­dé par la com­mu­ni­ca­ti­on de la réfé­rence. Il con­vi­ent de noter qu’u­ne infor­ma­ti­on doit déjà être dis­po­ni­ble «de maniè­re appro­priée». Ain­si, un com­mu­ni­qué de pres­se n’est pas suf­fi­sant, car l’in­for­ma­ti­on qu’il con­ti­ent n’est pas enco­re publique.

Etant don­né qu’au­cun examen de la deman­de ne doit être néces­saire dans ces cas, la dis­po­si­ti­on est sys­té­ma­ti­quement clas­sée dif­fé­rem­ment que dans le droit en vigueur. La que­sti­on de savoir si une décis­i­on for­mel­le doit être ren­due trouve sa répon­se au § 23.

§ 19. exceptions
1 Sont exclus de l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on
a. pour les affai­res du Con­seil-exé­cu­tif et des exé­cu­tifs com­munaux, les pro­po­si­ti­ons, les co-rap­ports, les pri­ses de posi­ti­on et les procès-verbaux,
b. les enre­gi­stre­ments qui ne sont pas ache­vés ou qui sont desti­nés exclu­si­ve­ment à un usa­ge personnel.
2 Les com­mu­nes peu­vent limi­ter les excep­ti­ons ou les décla­rer non applicables.

Dans le cas des excep­ti­ons à l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on selon le § 18, l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on peut être refusé sans que l’or­ga­ne public doi­ve pro­cé­der à une pesée des inté­rêts. Ain­si, ces infor­ma­ti­ons ne sont tou­te­fois pas exclues de maniè­re géné­ra­le de l’ap­pli­ca­ti­on de la LDI. En par­ti­cu­lier, les prin­cipes de pro­tec­tion de la LDI (par ex. la sécu­ri­té de l’in­for­ma­ti­on) sont éga­le­ment appli­ca­bles à ce type d’in­for­ma­ti­ons. Les enre­gi­stre­ments uti­li­sés uni­quement à des fins pri­vées ne sont tou­te­fois pas clas­sés dans l’entre­pri­se et ne sont donc pas archivés.

Lit. a : Cet­te dis­po­si­ti­on est en prin­ci­pe déjà con­te­nue aujour­d’hui dans le § 2 al. 2 OID pour les affai­res du Con­seil d’E­tat en tant que dis­po­si­ti­on d’exé­cu­ti­on du § 23 LID. La dis­po­si­ti­on du § 2 al. 2 OID doit désor­mais être réglée dans une loi for­mel­le et être éten­due aux orga­nes exé­cu­tifs des com­mu­nes. Cet­te dis­po­si­ti­on doit per­mett­re de pro­té­ger le prin­ci­pe de col­lé­gia­li­té des orga­nes exé­cu­tifs du can­ton et des com­mu­nes, sans qu’il soit néces­saire de pro­cé­der à un examen au cas par cas. Il con­vi­ent de noter que la pro­tec­tion ne se limi­te pas aux pro­po­si­ti­ons, cor­ap­ports et pri­ses de posi­ti­on des mem­bres du Con­seil d’E­tat et des exé­cu­tifs com­munaux, mais qu’el­le eng­lo­be éga­le­ment les docu­ments de leurs col­la­bo­ra­teurs. En out­re, les procès-ver­baux sont éga­le­ment exclus de l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on. Le pro­ce­s­sus de for­ma­ti­on d’o­pi­ni­on de ces orga­nes col­lé­gi­aux est donc enco­re pro­té­gé après une éven­tu­el­le pri­se de décis­i­on. Après une éven­tu­el­le décis­i­on, l’or­ga­ne public peut tou­te­fois déci­der, sur la base d’u­ne pesée des inté­rêts, que cer­ta­ins docu­ments seront mis à la dis­po­si­ti­on du public. Il con­vi­ent de pré­cis­er en com­plé­ment que les com­mu­nes peu­vent, en con­sé­quence de l’au­to­no­mie com­mu­na­le, fixer dans leurs décrets des excep­ti­ons plus lar­ges à l’ac­cès à l’information.

Lit. b : En ce qui con­cer­ne les aut­res orga­nes publics, les procès-ver­baux des réuni­ons non publi­ques doi­vent être exclus de l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on, sans qu’il soit néces­saire de pro­cé­der à un examen des inté­rêts. Il con­vi­ent de pré­cis­er que ces orga­nes peu­vent eux aus­si exclu­re davan­ta­ge enco­re de l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on la for­ma­ti­on de leur opi­ni­on. Tou­te­fois, s’ils ne dis­po­sent pas d’u­ne base léga­le spé­cia­le, cela doit se fai­re au cas par cas sur la base d’u­ne pesée des inté­rêts con­for­mé­ment au § 11 ali­néa 2 lett­re b. La seu­le excep­ti­on con­cer­ne les orga­nes des asso­cia­ti­ons à but déter­mi­né : Pour ces der­niers, les dis­po­si­ti­ons rela­ti­ves aux com­mu­nes sont appli­ca­bles par ana­lo­gie, dans la mesu­re où elles sont com­pa­ti­bles avec les par­ti­cu­la­ri­tés de l’as­so­cia­ti­on à but déter­mi­né (§ 73 al. 4 GG). En l’oc­cur­rence, il con­vi­ent de répond­re par l’affirmative.

Lit. c : Cet­te régle­men­ta­ti­on était jus­qu’à pré­sent con­te­nue dans l’ar­tic­le 3 ali­néa 2 de la LDI dans la défi­ni­ti­on de l’in­for­ma­ti­on. Mais com­me il s’a­git, pour les enre­gi­stre­ments non ter­mi­nés et les enre­gi­stre­ments à usa­ge per­son­nel, d’u­ne rest­ric­tion de l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on réglée par la loi et non d’un domaine par­tiel de la noti­on, la régle­men­ta­ti­on cor­re­spond­an­te doit désor­mais figu­rer dans la com­mu­ni­ca­ti­on d’in­for­ma­ti­ons (cf. Beat Rudin, in : Pra­xis­kom­men­tar IDG, § 3 N. 10). Les excep­ti­ons doi­vent per­mett­re à l’or­ga­ne public de déve­lo­p­per les pro­jets et les travaux avec la liber­té néces­saire. Mais elles aident aus­si à exclu­re les ris­ques qui peu­vent résul­ter de la publi­ca­ti­on de docu­ments à carac­tère provisoire.

La crain­te expri­mée lors de la con­sul­ta­ti­on que l’ad­mi­ni­stra­ti­on – afin d’empêcher la com­mu­ni­ca­ti­on de docu­ments – ne les achè­ve jamais, sem­ble infon­dée, car l’ad­mi­ni­stra­ti­on est tenue d’a­gir con­for­mé­ment à la loi, de maniè­re effi­cace, coopé­ra­ti­ve et dans l’in­té­rêt des citoy­ens (cf. art. 70, al. 2, Cst.). De plus, le recours pour déni de justi­ce ou le recours pour déni de justi­ce est dis­po­ni­ble cont­re les refus répé­tés au motif que les enre­gi­stre­ments ne sont pas enco­re ter­mi­nés. Ensuite, on ne peut pas sup­po­ser à la légè­re qu’un docu­ment est à l’é­tat de pro­jet. Tou­te­fois, la noti­on d«»enregistrements qui ne sont pas ache­vés” est une noti­on juri­di­que indé­ter­mi­née qui est liée à une mar­ge d’ap­pré­cia­ti­on (cf. Beat Rudin, in : Pra­xis­kom­men­tar IDG BS, § 25 N. 32). Com­me sous l’an­ci­en droit, la déli­mi­ta­ti­on ent­re l’a­vant-pro­jet et l’en­re­gi­stre­ment ache­vé se fera sur la base de la signa­tu­re ou de l’ap­pro­ba­ti­on par la per­son­ne offi­ci­el­le habi­li­tée, mais aus­si sur la base de la trans­mis­si­on à un aut­re orga­ne public ou à une per­son­ne extérieure.

Par notes «à usa­ge per­son­nel», on entend les docu­ments de tra­vail que les col­la­bo­ra­teurs éta­blis­sent pour eux-mêmes en tant qu’ou­tils de tra­vail per­son­nels et qui ne sont pas archi­vés. Cet­te excep­ti­on con­cer­ne les outils de tra­vail per­son­nels tels que les car­nets de notes uti­li­sés pour effec­tuer le tra­vail de maniè­re rati­on­nel­le (cf. ATF 142 II 324 p. 331 ss ; BVR 1992 p. 80 E. 4c, 2008 p. 49 E. 4.3), ou enco­re l’im­pres­si­on d’u­ne piè­ce du dos­sier sur laquel­le une col­la­bora­tri­ce a ajou­té des notes pour une dis­cus­sion ora­le. C’est au cas par cas qu’il faut déci­der si une for­me de com­mu­ni­ca­ti­on par­ti­cu­liè­re (par exemp­le les histo­ri­ques de chat sur les télé­pho­nes por­ta­bles) relè­ve de ce type d’enregistrement. 

§ 20. demande
1 Les deman­des d’ac­cès à une infor­ma­ti­on peu­vent être for­mulées de maniè­re infor­mel­le. L’in­for­ma­ti­on à laquel­le l’ac­cès est deman­dé doit être décri­te de maniè­re suf­fi­sam­ment précise.
2 Si le trai­te­ment impli­que un tra­vail con­sidé­ra­ble, si des tiers doi­vent être impli­qués ou si une décis­i­on doit être pri­se, l’or­ga­ne public exi­ge une deman­de écrite.

Ali­néa 1Le § 24 al. 1 IDG stipu­le que qui­con­que sou­hai­te accé­der à des infor­ma­ti­ons con­for­mé­ment au § 20 al. 1 IDG (accès aux infor­ma­ti­ons déte­nues par un orga­ne public) doit pré­sen­ter une deman­de écri­te. Cet­te for­mu­la­ti­on pour­rait lais­ser pen­ser que l’e­xi­gence de la for­me écri­te ne s’ap­pli­que qu’à l’ac­cès aux infor­ma­ti­ons et non au droit d’ac­cès aux don­nées per­son­nel­les. Or, con­for­mé­ment à la régle­men­ta­ti­on de l’or­don­nan­ce, la for­me écri­te s’ap­pli­que en prin­ci­pe aus­si au droit d’ac­cès (cf. § 16 al. 1 OID). La for­me de la deman­de doit donc être cla­ri­fi­ée et réglée dans la loi pour les deux types d’accès.

Les exi­gen­ces posées à la deman­de écri­te d’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on sont réglées dans le droit en vigueur au § 8 de l’O­DI. Aujour­d’hui déjà, des exi­gen­ces éle­vées en matiè­re de for­me écri­te ne sont pas requi­ses et une deman­de écri­te peut être envoy­ée par cour­ri­er, par e‑mail ou par fax. Si la voie élec­tro­ni­que est choi­sie, des exi­gen­ces qua­li­fi­ées doi­vent éven­tu­el­le­ment être posées à l’i­den­ti­fi­ca­ti­on du requé­rant ou de la requé­ran­te, selon le con­te­nu de l’in­for­ma­ti­on deman­dée. Les orga­nes publics peu­vent en out­re encou­ra­ger la pro­cé­du­re élec­tro­ni­que, par exemp­le en met­tant à dis­po­si­ti­on sur leur site Inter­net un for­mu­lai­re de deman­de élec­tro­ni­que stan­dar­di­sé (JO 2008, 916 ss., 928).

Désor­mais, les deman­des d’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on doi­vent pou­voir être for­mulées de maniè­re infor­mel­le, par exemp­le par télé­pho­ne, car l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on doit être le plus faci­le pos­si­ble. Les deman­des infor­mel­les, notam­ment par télé­pho­ne, per­met­tent d’ob­te­nir au pré­alable des rens­eig­ne­ments géné­raux sur l’ac­ti­vi­té des orga­nes publics (cf. § 7 OID). Dès que des dis­po­si­ti­ons doi­vent être pri­ses con­for­mé­ment à l’a­li­néa 2, une deman­de écri­te doit être déposée.

Con­for­mé­ment à la doc­tri­ne et à la juris­pru­dence domi­nan­tes (cf. Beat Rudin, in : dig­ma 2019, p. 32 ss), les deman­des doi­vent se réfé­rer à un cas par­ti­cu­lier, l’in­for­ma­ti­on à laquel­le l’ac­cès est deman­dé devant être décri­te de maniè­re suf­fi­sam­ment pré­cise. Il n’e­xi­ste donc pas de droit à obte­nir un aper­çu géné­ral de l’ac­ti­vi­té de l’E­tat par le biais d’u­ne deman­de d’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on, c’est-à-dire un droit à un «accès ency­clo­pé­di­que à l’information».

Com­me dans le droit en vigueur, on renon­ce à dési­gner une fonc­tion cen­tra­le de responsable de l’in­for­ma­ti­on au sein de l’ad­mi­ni­stra­ti­on. La tâche et la responsa­bi­li­té doi­vent être con­fiées de maniè­re aus­si décen­tra­li­sée que pos­si­ble aux orga­nes qui éta­blis­sent eux-mêmes les faits per­tin­ents en matiè­re d’in­for­ma­ti­on et qui, en rai­son de leur com­pé­tence maté­ri­el­le en matiè­re de tâches et de leur pro­xi­mi­té avec le sujet, sont éga­le­ment les mieux à même d’ex­pli­quer les que­sti­ons qui se posent dans ce con­tex­te. Si plu­sieurs orga­nes publics sont con­cer­nés par une deman­de, ils se con­cer­tent d’of­fice pour savoir quel orga­ne exer­ce l’ac­ti­vi­té d’information.

al. 2 : Dès que les deman­des ne peu­vent pas être trai­tées sans aut­re, l’or­ga­ne public exi­ge une deman­de écri­te répond­ant aux exi­gen­ces de la LRCF. C’est par exemp­le le cas lorsque des tiers doi­vent être impli­qués dans la répon­se à la deman­de (§ 20) et qu’u­ne pesée des inté­rêts doit être effec­tuée ou que d’aut­res cla­ri­fi­ca­ti­ons sont néces­saires. Une deman­de écri­te est éga­le­ment néces­saire lorsque le trai­te­ment de la deman­de est lié à un tra­vail par­ti­cu­lier et ent­raî­ne donc des con­sé­quen­ces finan­ciè­res (§ 22) ou lorsque l’or­ga­ne public doit prend­re une décis­i­on pour d’aut­res rai­sons (§ 23). Cela se justi­fie par le fait que l’au­to­ri­té admi­ni­stra­ti­ve ne doit four­nir un effort plus important que s’il y a clar­té sur l’i­den­ti­té de la per­son­ne qui deman­de les infor­ma­ti­ons. En out­re, il faut s’assurer qu’u­ne éven­tu­el­le décis­i­on pui­s­se être vala­blem­ent noti­fi­ée au requé­rant. Si le requé­rant n’est pas prêt à fai­re une deman­de écri­te en ce sens, cela indi­que qu’il n’a pas d’in­té­rêt sérieux à obte­nir l’in­for­ma­ti­on. Un exer­ci­ce abu­sif du droit d’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on peut éga­le­ment être limi­té de cet­te maniè­re. En fin de comp­te, c’est l’au­to­ri­té admi­ni­stra­ti­ve qui déci­de si elle doit exi­ger une deman­de écri­te formelle. 

§ 21. impli­ca­ti­on des tiers concernés
1 Si l’or­ga­ne public a l’in­ten­ti­on de don­ner accès à des infor­ma­ti­ons con­tenant des don­nées per­son­nel­les, cel­les-ci doi­vent être ren­dues anony­mes ou sup­p­ri­mées dans la mesu­re néces­saire. Si cela n’est pas pos­si­ble, il don­ne aux tiers con­cer­nés la pos­si­bi­li­té de prend­re posi­ti­on dans un délai raisonnable.
2 Il accor­de l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on lorsque
a. si les tiers con­cer­nés y con­sen­tent, ou
b. l’in­té­rêt de l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on l’em­por­te sur les inté­rêts invo­qués par les tiers concernés.

Il con­vi­ent tout d’a­bord de souli­gner que l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on – dans la mesu­re où des don­nées per­son­nel­les (et donc aus­si des don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res) sont con­cer­nées – se trouve dans un rap­port de ten­si­on avec la com­mu­ni­ca­ti­on de don­nées per­son­nel­les. Selon le § 35, la com­mu­ni­ca­ti­on de don­nées per­son­nel­les et de don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res est auto­ri­sée en pré­sence d’u­ne base juri­di­que suf­fi­san­te. Une tel­le base est éga­le­ment le droit à l’in­for­ma­ti­on garan­ti par la Con­sti­tu­ti­on (art. 17 Cst.), qui est con­cré­ti­sé aux §§ 17 et suivants.

Ali­néa 1 cor­re­spond pour l’e­s­sen­tiel au § 26 al. 1 IDG. Tou­te­fois, il est désor­mais expres­sé­ment men­ti­onné qu’en cas d’an­ony­mi­sa­ti­on ou de sup­pres­si­on pré­alable des don­nées per­son­nel­les, il n’est pas néces­saire d’im­pli­quer les tiers. L’an­ony­mi­sa­ti­on signi­fie que la réfé­rence per­son­nel­le des don­nées est sup­p­ri­mée de maniè­re irré­ver­si­ble. Les infor­ma­ti­ons ne peu­vent ensuite plus être attri­buées à une per­son­ne ou seu­le­ment au prix d’ef­forts dis­pro­por­ti­onnés. L’an­ony­mi­sa­ti­on doit être effec­tuée de maniè­re à ce qu’el­le ne pui­s­se plus être annulée ou seu­le­ment au prix d’ef­forts dis­pro­por­ti­onnés. Les exi­gen­ces con­crè­tes en matiè­re d’an­ony­mi­sa­ti­on ne doi­vent pas être fixées par la loi, mais dépen­dent plutôt de l’é­tat de la tech­ni­que. Si la réi­den­ti­fi­ca­ti­on ne peut être évi­tée, les tiers con­cer­nés doi­vent être impli­qués. Il con­vi­ent de noter que les col­la­bo­ra­teurs des orga­nes publics ne sont pas con­sidé­rés com­me des «tiers» devant être for­mel­le­ment con­sul­tés. Cet­te impli­ca­ti­on peut se fai­re de maniè­re infor­mel­le. Un avis expri­mé ora­le­ment ou par cour­ri­er élec­tro­ni­que peut éga­le­ment être uti­li­sé, à con­di­ti­on qu’il soit documenté.

Pour chaque deman­de d’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on, l’or­ga­ne public doit pro­cé­der à une pesée des inté­rêts (§ 11). Il s’a­git de véri­fier si les infor­ma­ti­ons aux­quel­les l’ac­cès est deman­dé con­ti­en­nent des don­nées con­fi­den­ti­el­les ou des don­nées per­son­nel­les, de sor­te que l’ac­cès doit éven­tu­el­le­ment être tota­le­ment refusé ou du moins limi­té. Le fait que les infor­ma­ti­ons soi­ent «clas­si­fi­ées com­me con­fi­den­ti­el­les» (cf. § 26 al. 1 IDG) n’est pas déter­mi­nant. Ce qui est essen­tiel, c’est de savoir si les infor­ma­ti­ons ont droit à la con­fi­den­tia­li­té au moment d’u­ne deman­de spé­ci­fi­que et si elles ont donc beso­in d’êt­re pro­té­gées. Il con­vi­ent de véri­fier si c’est le cas dans le cad­re du trai­te­ment de la deman­de au moy­en de la pesée des inté­rêts (§ 11). En com­plé­ment, il con­vi­ent de souli­gner que tou­tes les infor­ma­ti­ons fon­da­men­ta­le­ment con­fi­den­ti­el­les et tou­tes les don­nées per­son­nel­les ne s’op­po­sent pas sans aut­re à l’oc­troi de l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on. Si, sur la base de la pesée des inté­rêts, l’or­ga­ne public par­vi­ent à la con­clu­si­on que l’in­for­ma­ti­on sou­hai­tée est con­fi­den­ti­el­le ou qu’el­le con­ti­ent des don­nées per­son­nel­les qui néces­si­tent une pro­tec­tion, il sup­p­rime les don­nées con­fi­den­ti­el­les dans la mesu­re néces­saire ou rend les don­nées per­son­nel­les anony­mes. Ce der­nier prin­ci­pe, qui fait déjà par­fois par­tie de la pra­tique actu­el­le, est expres­sé­ment inscrit dans la loi, par ana­lo­gie avec la régle­men­ta­ti­on pré­vue à l’art. 9 LTrans. Dans ce con­tex­te, il con­vi­ent de noter que la per­son­ne qui tra­vail­le dans le cad­re d’u­ne fonc­tion auprès de l’or­ga­ne public ne peut pas exi­ger la pro­tec­tion de sa sphè­re pri­vée dans la même mesu­re qu’u­ne per­son­ne pri­vée lorsque ses don­nées per­son­nel­les sont con­te­nues dans des infor­ma­ti­ons (cf. arrêt du Tri­bu­nal admi­ni­stra­tif VB.2012.00510 du 4 sep­tembre 2013, con­sid. 3.7). Tou­te­fois, seu­le la per­son­ne responsable de l’in­for­ma­ti­on doit être nom­mée. La men­ti­on des noms d’aut­res par­ti­ci­pan­ts qui ont éga­le­ment con­tri­bué à la réa­li­sa­ti­on de cet­te infor­ma­ti­on peut en revan­che s’a­vé­rer dis­pro­por­ti­onnée, ce qui impli­que que les don­nées per­son­nel­les cor­re­spond­an­tes doi­vent être anony­mi­sées ou sup­p­ri­mées. En out­re, l’in­sti­tu­ti­on publi­que doit, en tant qu’em­ployeur, assu­mer son devoir d’as­si­stance. Les col­la­bo­ra­teurs ont donc droit à une pro­tec­tion appro­priée, qui varie en fonc­tion de leur posi­ti­on hié­rar­chi­que. Si un col­la­bo­ra­teur est mis en dan­ger par la com­mu­ni­ca­ti­on de ses don­nées per­son­nel­les, il faut en tenir comp­te dans le cad­re de la pesée des intérêts.

Il con­vi­ent d’a­jou­ter que la LDI pro­tège éga­le­ment les per­son­nes mora­les. Les secrets pro­fes­si­on­nels et com­mer­ci­aux sont pro­té­gés dans le cad­re de la sphè­re pri­vée des per­son­nes mora­les et doi­vent être clas­sés dans les «don­nées per­son­nel­les» pour les per­son­nes morales.

On pour­rait dédui­re de la for­mu­la­ti­on actu­el­le du § 26 al. 2 LDI qu’u­ne com­mu­ni­ca­ti­on peut avoir lieu sur la base d’u­ne pesée des inté­rêts dans le cas de don­nées per­son­nel­les, mais qu’el­le doit tou­jours être refusée dans le cas de don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res si aucun con­sen­te­ment exprès n’est don­né et que les tiers con­cer­nés ont pour ain­si dire un «droit de veto» («Si la deman­de con­cer­ne des don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res, l’or­ga­ne public rejet­te la deman­de si les tiers con­cer­nés ne don­nent pas leur con­sen­te­ment exprès à l’ac­cès»). Selon la doc­tri­ne et la juris­pru­dence, une infor­ma­ti­on doit éga­le­ment être pos­si­ble en cas de refus des tiers con­cer­nés, sur la base d’u­ne pesée des inté­rêts, lorsque l’in­for­ma­ti­on con­cer­ne des don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res (juge­ments du Tri­bu­nal admi­ni­stra­tif VB.2010.00025 du 19 mai 2010 et VB.2014.00341 du 19 mars 2015 ; Alain Grif­fel, in : Kom­men­tar VRG, § 8 N. 26 avec d’aut­res réfé­ren­ces ; Urs Thö­nen, in : Pra­xis­kom­men­tar IDG, § 26 N. 19). Cela cor­re­spond éga­le­ment à la régle­men­ta­ti­on de l’art. 6 de l’or­don­nan­ce du 24 mai 2006 sur le prin­ci­pe de la trans­pa­rence dans l’ad­mi­ni­stra­ti­on (RS 152.31), selon laquel­le une pesée des inté­rêts est éga­le­ment pos­si­ble dans de tels cas. La for­mu­la­ti­on de la dis­po­si­ti­on est donc adap­tée. L’al. 2 pré­cise donc, pour tou­tes les don­nées per­son­nel­les (dont font par­tie les don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res), que l’ac­cès aux infor­ma­ti­ons peut être accor­dé sur la base d’u­ne pesée des inté­rêts, même sans le con­sen­te­ment ou en cas d’op­po­si­ti­on expres­se des per­son­nes con­cer­nées (let. b), dans la mesu­re où l’in­té­rêt à l’ac­cès aux infor­ma­ti­ons l’em­por­te sur les inté­rêts con­tra­dic­toires con­crè­te­ment invo­qués par des tiers. Si des inté­rêts publics prépon­dé­rants s’op­po­sent à l’oc­troi de l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on, l’ac­cès doit éga­le­ment être refusé. Dans ce cas, il n’est pas néces­saire d’im­pli­quer les tiers.

Lit. a : Si les tiers con­cer­nés accept­ent la deman­de d’in­for­ma­ti­on, l’ac­cès doit en prin­ci­pe être accor­dé. Le § 12 s’ap­pli­que aux exi­gen­ces rela­ti­ves au consentement.

Lit. b : Il con­vi­ent tout d’a­bord de pré­cis­er que l’in­té­rêt à l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on dont il est que­sti­on ici est l’in­té­rêt géné­ral et abstrait du public à l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on et non l’in­té­rêt éven­tuel du requé­rant à un accès à l’in­for­ma­ti­on par­ti­cu­lier. Dans ce con­tex­te, il con­vi­ent donc uni­quement d’ex­ami­ner si les inté­rêts pri­vés de tiers l’em­portent sur cet inté­rêt abstrait à l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on. Le simp­le fait d’in­di­quer que des don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res sont con­cer­nées ne suf­fit pas à cet égard. Si des don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res sont con­cer­nées, il con­vi­ent de l’ap­pré­cier en con­sé­quence dans le cad­re de la pesée des intérêts.

Si l’or­ga­ne public con­clut qu’il ne peut pas accor­der l’ac­cès aux infor­ma­ti­ons ou que celui-ci doit être accor­dé cont­re la volon­té des tiers, il rend une décis­i­on (voir § 23).

L’oc­troi de l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on sous con­di­ti­ons et char­ges n’est pas pré­vu, con­trai­re­ment au sou­hait de plu­sieurs par­ti­ci­pan­ts à la con­sul­ta­ti­on. Une tel­le dis­po­si­ti­on serait tou­jours en con­tra­dic­tion avec l’art. 17 Cst. si l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on, qui dev­rait en prin­ci­pe être approu­vé sur la base de la pesée des inté­rêts, était limi­té par des con­di­ti­ons ou des char­ges (cf. arrêt du Tri­bu­nal fédé­ral 1C_33/2016 du 17 novembre 2016, con­sid. 5.5). Selon la juris­pru­dence du Tri­bu­nal fédé­ral, l’oc­troi de l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on sous con­di­ti­ons n’est admis­si­ble que s’il n’e­xi­ste pas de droit d’ac­cès à un docu­ment, car l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on doit être refusé après avoir pro­cé­dé à la pesée des inté­rêts. Dans un tel cas, l’or­ga­ne public peut déci­der libre­ment si et, le cas échéant, de quel­le maniè­re l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on peut mal­gré tout être justi­fié (cf. arrêt du Tri­bu­nal fédé­ral 1C_33/2016 du 17 novembre 2016, con­sid. 5.6 avec réfé­rence à Bru­no Bae­ris­wyl, in : Pra­xis­kom­men­tar IDG, § 23 N. 5 ss). Ce n’est que dans de tels cas que l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on peut éga­le­ment être sou­mis à des char­ges ou des con­di­ti­ons. Cel­les-ci ne néces­si­tent pas obli­ga­toire­ment une base léga­le expli­ci­te, mais leur admis­si­bi­li­té peut aus­si résul­ter direc­te­ment du but de la loi et de l’in­té­rêt public qui s’y rat­ta­che (ATF 138 V 310 con­sid. 5.2 p. 317 s. ; 131 I 166 con­sid. 4.4 p. 175 ; dans chaque cas avec réfé­ren­ces). Si, dans ces cas, l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on est accor­dé sous con­di­ti­ons, il faut tou­te­fois tenir comp­te du fait qu’il n’e­xi­ste aucun con­trô­le sur l’uti­li­sa­ti­on d’u­ne infor­ma­ti­on com­mu­ni­quée : Lorsqu’u­ne infor­ma­ti­on est par­ve­nue à un public – même rest­reint -, l’or­ga­ne public n’a plus la pos­si­bi­li­té de con­trô­ler sa trans­mis­si­on ou sa non-trans­mis­si­on. Une men­ace au sens de l’art. 292 CP (dés­o­bé­is­sance à une décis­i­on offi­ci­el­le) ne peut pas, dans la plu­part des cas, offrir une pro­tec­tion suffisante. 

§ 22. délais
1 L’or­ga­ne public accor­de l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on dans un délai de 30 jours à comp­ter de la récep­ti­on de la deman­de ou rend un avis som­mai­re dans le même délai.
2 Si l’or­ga­ne public ne peut pas respec­ter le délai, il infor­me le requé­rant, avant l’ex­pi­ra­ti­on de celui-ci, de la date à laquel­le une décis­i­on sur la deman­de ou une pri­se de posi­ti­on som­mai­re sera dis­po­ni­ble, en indi­quant les motifs.

Ali­néa 1: L’ar­tic­le 12, para­gra­phe 3 du RGPD pré­voit que les respons­ables doi­vent respec­ter les droits des per­son­nes con­cer­nées con­for­mé­ment aux artic­les 15 à 22 du RGPD dans un délai d’un mois, avec une pos­si­bi­li­té de pro­lon­ga­ti­on de deux mois. Les artic­les 15 à 22 du RGPD régis­sent le droit d’ac­cès, le droit de rec­ti­fi­ca­ti­on et d’effa­ce­ment, etc. de la per­son­ne con­cer­née. Cet­te dis­po­si­ti­on n’est cer­tes pas déter­mi­nan­te pour l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on. Une régle­men­ta­ti­on ana­lo­gue s’im­po­se tou­te­fois pour l’oc­troi de l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on. Cer­tes, le prin­ci­pe géné­ral du droit admi­ni­stra­tif (cf. éga­le­ment § 4a VRG) selon lequel il faut agir dans un délai rai­sonnable s’ap­pli­que, ce qui ne rend pas néces­saire une régle­men­ta­ti­on expres­se. Cepen­dant, le délai déjà ancré dans le droit en vigueur selon le § 28 IDG doit être main­te­nu au sens d’un délai d’ord­re – éga­le­ment en accord avec le droit de l’UE.

Ali­néa 2 est une con­sé­quence du fait que le délai à respec­ter n’est qu’un délai d’ord­re. Celui-ci doit en prin­ci­pe être respec­té. Si cela n’est pas pos­si­ble (ce qui est sou­vent le cas lors de cla­ri­fi­ca­ti­ons importan­tes ou lorsque des tiers sont impli­qués), le requé­rant doit être infor­mé de la rai­son pour laquel­le la répon­se est tar­di­ve et de la date à laquel­le la répon­se peut être attendue. 

§ 23. avis sommaire
1 L’in­sti­tu­ti­on publi­que infor­me les per­son­nes con­cer­nées par la pro­cé­du­re, par un avis som­mai­re­ment moti­vé, lorsqu’el­le ne peut accé­der à l’in­for­ma­ti­on deman­dée.
a. refu­se, limi­te ou reporte,
b. cont­re la volon­té des tiers concernés.
2 Les per­son­nes impli­quées dans la pro­cé­du­re peu­vent deman­der une média­ti­on ou une décis­i­on à l’or­ga­ne public dans un délai de 20 jours auprès du ou de la préposé‑e à la trans­pa­rence (préposé‑e).
3 Si aucu­ne des per­son­nes impli­quées dans la pro­cé­du­re ne deman­de de média­ti­on ou d’in­jonc­tion, l’or­ga­ne public accor­de l’ac­cès aux infor­ma­ti­ons deman­dées con­for­mé­ment à son avis.
4 Le Con­seil d’E­tat règ­le les détails de la pro­cé­du­re dans une ordonnance.
§ 24 – Pro­cé­du­re de conciliation
1 Le pré­po­sé arbi­t­re sur deman­de
a. d’u­ne per­son­ne dont la deman­de d’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on doit être refusée, limi­tée ou reportée,
b. d’u­ne per­son­ne qui a été enten­due en tant que tiers con­for­mé­ment à l’ar­tic­le 21, para­gra­phe 1, si l’ac­cès aux infor­ma­ti­ons doit être accor­dé cont­re sa volonté.
2 La deman­de de média­ti­on doit être for­mulée par écrit.
3 L’in­sti­tu­ti­on publi­que est tenue de par­ti­ci­per à la pro­cé­du­re de con­ci­lia­ti­on. Les per­son­nes impli­quées dans la pro­cé­du­re peu­vent renon­cer à y participer.
§ 25. résul­tat de la pro­cé­du­re de conciliation
1 Si les per­son­nes impli­quées dans la pro­cé­du­re et l’or­ga­ne public par­vi­en­nent à un accord, la pro­cé­du­re de con­ci­lia­ti­on est close.
2 Si une per­son­ne impli­quée dans la pro­cé­du­re renon­ce à par­ti­ci­per à la pro­cé­du­re de média­ti­on ou si aucun accord n’est trou­vé, le pré­po­sé émet une recom­man­da­ti­on écrite.
3 Les per­son­nes impli­quées dans la pro­cé­du­re peu­vent deman­der à l’or­ga­ne public de rend­re une décis­i­on dans les 30 jours sui­vant la récep­ti­on de la recommandation.
4 Si aucu­ne de ces per­son­nes ne deman­de de décis­i­on et si l’or­ga­ne public est d’ac­cord avec la recom­man­da­ti­on, il accor­de l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on con­for­mé­ment à la recommandation.
§ 26. frais
1 En règ­le géné­ra­le, l’ac­cès aux infor­ma­ti­ons est gra­tuit. Sont réser­vées les dis­po­si­ti­ons léga­les rela­ti­ves aux infor­ma­ti­ons qui se prêtent à des uti­li­sa­ti­ons éco­no­mi­ques particulières.
2 L’or­ga­ne public com­pé­tent peut mett­re des frais à la char­ge du requé­rant si le trai­te­ment de la deman­de ent­raî­ne des dépen­ses con­sidé­ra­bles et que cel­les-ci sont dis­pro­por­ti­onnées par rap­port à l’in­té­rêt public.
3 Il atti­re l’at­ten­ti­on du requé­rant sur le mon­tant pro­ba­ble des frais.

Ali­néa 1: Par décis­i­on du 15 novembre 2021, le Grand Con­seil a déci­dé la gra­tui­té de prin­ci­pe des deman­des d’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on (JO 2020-12-18). Selon la dis­po­si­ti­on en vigueur, il est pos­si­ble d’im­po­ser des frais si «le trai­te­ment de la deman­de (ent­raî­ne) des coûts con­sidé­ra­bles et … les dépen­ses de l’or­ga­ne public (sont) hors de pro­por­ti­on avec l’in­té­rêt public». Cet­te dis­po­si­ti­on est en vigueur depuis le 1er octobre 2022. Le prin­ci­pe de gra­tui­té est repris dans le pro­jet de loi, même si sa for­mu­la­ti­on est quel­que peu adap­tée. Com­me nous l’a­vons déjà expli­qué, comp­te tenu du fait qu’il exi­ste un droit d’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on sans qu’il soit néces­saire de fai­re valoir un inté­rêt qui dépas­se le simp­le droit à l’in­for­ma­ti­on, une obli­ga­ti­on de payer doit dépend­re uni­quement du (très grand) tra­vail de trai­te­ment (cf. § 17 al. 2). Le prin­ci­pe fixé jus­qu’au 1er octobre 2022 dans le § 29 al. 2 let. b IDG, selon lequel l’ac­cès à ses pro­pres don­nées per­son­nel­les (droit d’ac­cès, § 38) doit tou­jours être gra­tuit, est désor­mais réglé dans la par­tie rela­ti­ve à la pro­tec­tion des don­nées (cf. § 38 al. 3).

Con­for­mé­ment à l’ar­tic­le 29, ali­néa 3 de la LDI, les infor­ma­ti­ons qui se prêtent à une uti­li­sa­ti­on com­mer­cia­le peu­vent fai­re l’ob­jet d’u­ne rému­n­é­ra­ti­on cal­culée en fonc­tion de leur valeur mar­chan­de. Il ne s’a­git pas d’u­ne taxe. Il s’a­git plutôt d’in­dem­ni­s­er la valeur mar­chan­de de l’in­for­ma­ti­on, l’au­to­ri­té qui four­nit les don­nées étant lib­re d’e­xi­ger ou non une rému­n­é­ra­ti­on. Selon la direc­ti­ve rela­ti­ve à la LDI, une base dans une loi for­mel­le est néces­saire en plus de la régle­men­ta­ti­on du § 29 al. 4 LDI pour qu’u­ne rému­n­é­ra­ti­on pui­s­se être per­çue (JO 2005-11-25, p. 1321 ; de même Urs Thö­nen, in : Pra­xis­kom­men­tar IDG, § 29 N. 30 s.). C’est pour­quoi il est désor­mais expres­sé­ment sti­pulé dans la loi que des régle­men­ta­ti­ons déro­ga­toires sont auto­ri­sées dans des lois spé­cia­les pour les uti­li­sa­ti­ons éco­no­mi­ques. Ain­si, les com­mu­nes ont la pos­si­bi­li­té d’ad­op­ter des régle­men­ta­ti­ons cor­re­spond­an­tes. Le ter­me «com­mer­cial», quel­que peu rest­ric­tif, est rem­pla­cé par le ter­me «éco­no­mi­que».

al. 2 : Il con­vi­ent tout d’a­bord de souli­gner que l’im­po­si­ti­on de frais pour l’e­xer­ci­ce d’un droit fon­da­men­tal est en prin­ci­pe admis­si­ble. C’est par exemp­le incon­te­sté pour l’e­xer­ci­ce de la garan­tie des voies de droit (cf. Gio­van­ni Biag­gi­ni, in : Isa­bel­le Häner/Markus Rüssli/Evi Schwar­zen­bach [éd.], Kom­men­tar zur Zür­cher Kan­tons­ver­fas­sung [zit. KV-Kom­men­tar], Art. 17 N. 17). La régle­men­ta­ti­on en vigueur avant la for­mu­la­ti­on du § 26 IDG adop­tée par le Grand Con­seil le 15 novembre 2021 rési­stait donc déjà à l’art. 17 Cst. A l’a­ve­nir, pour qu’il y ait obli­ga­ti­on de payer, il fau­dra sim­ple­ment que la recher­che de l’in­for­ma­ti­on sou­hai­tée et l’ex­amen de l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on ain­si que le trai­te­ment de l’in­for­ma­ti­on soi­ent liés à une char­ge de tra­vail très importan­te. L’éva­lua­ti­on de la char­ge de tra­vail est une que­sti­on d’ap­pré­cia­ti­on qui ne peut pas être déter­mi­née sur la base de critères objec­tifs. Con­trai­re­ment à la régle­men­ta­ti­on actu­el­le, seul l’ef­fort à four­nir par l’or­ga­ne public doit être déter­mi­nant. Il ne sera plus néces­saire d’in­vo­quer un inté­rêt public prépon­dé­rant pour l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on. Cet­te solu­ti­on per­met d’é­ta­b­lir une con­cordance avec la régle­men­ta­ti­on de la Con­fé­dé­ra­ti­on et de résoud­re la con­tra­dic­tion ent­re le fait que l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on peut être exi­gé sans con­di­ti­on et le fait que la gra­tui­té de l’ac­cès est sub­or­don­née à la preuve d’un inté­rêt par­ti­cu­lier. Dans la pra­tique, il dev­rait en out­re être dif­fi­ci­le de défi­nir l’in­té­rêt public qui don­ne droit à un accès gra­tuit. Il faut rete­nir que la régle­men­ta­ti­on pré­vue va plus loin que la modi­fi­ca­ti­on du § 29 IDG déci­dée par le Grand Con­seil le 15 novembre 2021, qui per­met d’éva­luer non seu­le­ment les dépen­ses de l’or­ga­ne public, mais aus­si l’in­té­rêt public à accé­der à l’in­for­ma­ti­on. Al. 3 : Si le trai­te­ment de la deman­de d’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on occa­si­on­ne un tra­vail très important à l’or­ga­ne com­pé­tent et que celui-ci sou­hai­te fac­tu­rer les frais au requé­rant, l’or­ga­ne public doit indi­quer le mon­tant pro­ba­ble des frais. La pos­si­bi­li­té d’e­xi­ger une avan­ce de frais doit être aban­don­née – con­for­mé­ment à la modi­fi­ca­ti­on du § 29 IDG déci­dée par le Grand Con­seil le 15 novembre 2021. 

§ 27. décision
L’or­ga­ne public rend une décis­i­on lorsque
a. une per­son­ne impli­quée dans la pro­cé­du­re le deman­de après la noti­fi­ca­ti­on de l’a­vis som­mai­re ou après avoir reçu une recommandation,
b. il refu­se, limi­te, dif­fè­re ou accor­de cont­re la volon­té des tiers con­cer­nés l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on en s’é­car­tant de la recom­man­da­ti­on du préposé,
c. il lie l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on à une obli­ga­ti­on de payer.

En gui­se d’in­tro­duc­tion, il con­vi­ent de pré­cis­er que les décis­i­ons selon le § 10a let. b et c LRCF peu­vent éga­le­ment être ren­dues sans fon­de­ment si les par­ties à la pro­cé­du­re sont infor­mées qu’el­les peu­vent deman­der une moti­va­ti­on par écrit dans les dix jours sui­vant la com­mu­ni­ca­ti­on ou si la pos­si­bi­li­té de fai­re oppo­si­ti­on leur est accor­dée. Cet­te pro­cé­du­re per­met d’é­vi­ter des dépen­ses sans pour autant rest­reind­re les droits des par­ties. Cela vaut en par­ti­cu­lier par­ce que la deman­de de moti­va­ti­on n’en­traî­ne pas de frais.

Le con­te­nu de cet­te dis­po­si­ti­on cor­re­spond au § 27 IDG et doit s’ap­pli­quer éga­le­ment au droit d’ac­cès par le biais d’un ren­voi (cf. § 38 al. 5). Il con­vi­ent de rete­nir que le pro­non­cé de la décis­i­on est régi par la LRCF.

Il est donc éga­le­ment pos­si­ble de rend­re une décis­i­on non moti­vée au pré­alable, en accordant une pos­si­bi­li­té d’op­po­si­ti­on ou la pos­si­bi­li­té de deman­der ulté­ri­eu­re­ment une motivation.

Lit. a : Si l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on est refusé, n’est pas accor­dé dans son inté­gra­li­té ou est dif­fé­ré, l’or­ga­ne public doit rend­re une décis­i­on cor­re­spond­an­te afin que la léga­li­té du refus, de la limi­ta­ti­on ou du report pui­s­se être con­trôlée par l’in­stance de recours et éga­le­ment par le tri­bu­nal. Il con­vi­ent de noter que tou­te anony­mi­sa­ti­on ne signi­fie pas néces­saire­ment une rest­ric­tion du droit d’ac­cès. Ce n’est le cas que si la deman­de d’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on se réfè­re expres­sé­ment aux don­nées per­son­nel­les anony­mi­sées. S’il n’est pas clair que la deman­de d’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on se réfè­re aux don­nées per­son­nel­les, il est pos­si­ble de cla­ri­fier ce point de maniè­re infor­mel­le en con­sul­tant le requé­rant ou la requérante.

Lit. b : Si la deman­de d’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on con­cer­ne (éga­le­ment) des don­nées per­son­nel­les, ce qui est éga­le­ment le cas lorsque des don­nées per­son­nel­les de tiers ne sont pas direc­te­ment deman­dées, mais sont en rap­port avec l’in­for­ma­ti­on deman­dée et ne peu­vent pas être sup­p­ri­mées ou ren­dues anony­mes (cf. § 38 al. 4 et 5 ; cf. éga­le­ment § 20), et si l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on doit être accor­dé sur la base d’u­ne pesée des inté­rêts con­trai­re à la volon­té des tiers con­cer­nés, l’or­ga­ne public doit éga­le­ment rend­re une décis­i­on. Les tiers con­cer­nés ont ain­si la pos­si­bi­li­té de fai­re véri­fier la pesée des inté­rêts par l’au­to­ri­té supé­ri­eu­re et, le cas échéant, par les tri­bu­naux. Il con­vi­ent de noter qu’il est jugé inu­tile d’a­jou­ter une nor­me ana­lo­gue à l’art. 12, al. 3, LTrans, selon laquel­le l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on n’a lieu qu’a­près l’en­trée en force. Il s’a­git là d’u­ne con­sé­quence de l’ef­fet sus­pen­sif des recours, qui va donc de soi.

Lit. c : Les frais doi­vent tou­jours être impo­sés par voie de décis­i­on. Par sou­ci d’ex­haus­ti­vi­té, il con­vi­ent de le men­ti­on­ner expres­sé­ment au § 23 (cf. § 27 IDG). 

Sec­tion 3 Pro­tec­tion des données

A. Prin­cipes rela­tifs au trai­te­ment des don­nées personnelles

Remar­ques pré­li­mi­n­aires sur les §§ 24 s.

Selon la nou­vel­le doc­tri­ne, les lois sont des nor­mes géné­ra­les et abstrai­tes qui ont été édic­tées dans le cad­re d’u­ne pro­cé­du­re légis­la­ti­ve par­ti­cu­liè­re, alors que les ordon­nan­ces sont des actes légis­la­tifs d’un niveau infé­ri­eur à la loi. Il fau­drait renon­cer à fai­re une distinc­tion ent­re les lois au sens for­mel ou maté­ri­el, car cela ne cor­re­spon­drait plus à la ter­mi­no­lo­gie de la Con­sti­tu­ti­on fédé­ra­le (Ulrich Häfelin/Georg Müller/Felix Uhl­mann, All­ge­mei­nes Ver­wal­tungs­recht, 8e édi­ti­on, Zurich 2020, n. 62 ss). Cet­te ter­mi­no­lo­gie récen­te est éga­le­ment uti­li­sée dans l’art. 38 Cst. Selon cet artic­le, «tou­tes les règles importan­tes du droit can­to­nal […] sont édic­tées sous la for­me de la loi». La loi sur le Grand Con­seil uti­li­se elle aus­si exclu­si­ve­ment le ter­me de «loi» pour dési­gner les lois au sens for­mel (§ 76 al. 1 LGC). Ain­si, le ter­me uti­li­sé dans la doc­tri­ne est éga­le­ment intro­duit dans le can­ton de Zurich et peut être uti­li­sé ain­si. Le ter­me de «loi» doit être uti­li­sé exclu­si­ve­ment pour les lois au sens de l’art. 38 Cst. et rem­pla­cer le ter­me de loi au sens for­mel. Pour le trai­te­ment de don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res, il faut donc exi­ger une base dans une loi et non plus dans une loi for­mel­le. Pour le trai­te­ment des aut­res don­nées per­son­nel­les, une base dans une ordon­nan­ce doit en out­re suf­fi­re. Si une ordon­nan­ce suf­fit com­me base, cela est expres­sé­ment men­ti­onné pour des rai­sons de trans­pa­rence. Il con­vi­ent de noter que les ordon­nan­ces sont des régle­men­ta­ti­ons géné­ra­les et abstrai­tes qui con­ti­en­nent des règles de droit d’im­portance second­ai­re, notam­ment pour l’exé­cu­ti­on des lois (cf. art. 38, al. 2, Cst.). 

§ 28. don­nées personnelles
L’or­ga­ne public peut trai­ter des don­nées per­son­nel­les si
a. il exi­ste une base dans une loi ou une ordonnance,
b. si cela est néces­saire à l’ac­com­plis­se­ment d’u­ne tâche défi­nie par une loi ou un règle­ment, ou
c. si cela est appro­prié pour l’exé­cu­ti­on d’u­ne tâche défi­nie par une loi ou un règle­ment et si la per­son­ne con­cer­née y con­sent au cas par cas.

Cet­te dis­po­si­ti­on règ­le, com­me jus­qu’à pré­sent le § 8 al. 1 LDI, quand un orga­ne public peut trai­ter des don­nées per­son­nel­les. Dans ce con­tex­te, il con­vi­ent de souli­gner une fois de plus que la mise en œuvre du prin­ci­pe «once only» ne peut pas se fai­re dans le cad­re de la révi­si­on de la LDI (cf. supra, A.). En ce qui con­cer­ne le trai­te­ment de don­nées per­son­nel­les par l’ad­mi­ni­stra­ti­on can­to­na­le, il con­vi­ent de se réfé­rer au § 44 al. 3 OG RR, selon lequel «tous les ser­vices de l’ad­mi­ni­stra­ti­on can­to­na­le [ont] accès [aux don­nées per­son­nel­les] dans la mesu­re où ils en ont beso­in pour accom­plir leurs tâches». Cet­te dis­po­si­ti­on con­cor­de éga­le­ment avec le § 23 de la loi sur l’en­re­gi­stre­ment et les regi­stres des habi­tants du 11 mai 2015 (LS 142.1), selon lequel les auto­ri­tés et l’ad­mi­ni­stra­ti­on du can­ton peu­vent con­sul­ter des don­nées par voie élec­tro­ni­que sur la pla­te­for­me can­to­na­le des don­nées des habi­tants et se fai­re com­mu­ni­quer les modi­fi­ca­ti­ons de don­nées, dans la mesu­re où cela est néces­saire à l’ac­com­plis­se­ment de leurs tâches légales.

Lit. a : Le trai­te­ment de don­nées per­son­nel­les est tou­jours auto­ri­sé lorsqu’u­ne loi ou une ordon­nan­ce auto­ri­se ou obli­ge l’or­ga­ne public à le fai­re. Ceci est déjà cou­vert aujour­d’hui par le § 8 al. 1 IDG. La sub­di­vi­si­on en deux lit­té­raux met tou­te­fois en évi­dence le fait qu’u­ne auto­ri­sa­ti­on ou une obli­ga­ti­on expres­se n’est justem­ent pas une con­di­ti­on pré­alable à l’ad­mis­si­bi­li­té du trai­te­ment des données.

Lit. b : Cet­te dis­po­si­ti­on stipu­le que pour que le trai­te­ment de don­nées per­son­nel­les par les orga­nes publics soit lici­te, il suf­fit que les tâches pour l’ac­com­plis­se­ment des­quel­les un trai­te­ment de don­nées per­son­nel­les est néces­saire soi­ent réglées dans une loi ou une ordon­nan­ce. Il n’est pas néces­saire de men­ti­on­ner expres­sé­ment que le trai­te­ment des don­nées doit être appro­prié à l’ac­com­plis­se­ment des tâches. Il découle du prin­ci­pe de pro­por­ti­on­na­li­té qu’u­ne action de l’É­tat doit tou­jours être appro­priée pour att­eind­re l’ob­jec­tif visé afin d’êt­re tout sim­ple­ment admis­si­ble. Cela découle de l’ar­tic­le 5, para­gra­phe 2, de la Con­sti­tu­ti­on fédé­ra­le, selon lequel tou­te action de l’É­tat doit ser­vir l’in­té­rêt public et être pro­por­ti­onnée. Com­me le prin­ci­pe de pro­por­ti­on­na­li­té fait désor­mais l’ob­jet d’u­ne dis­po­si­ti­on spé­ci­fi­que dans la LPD (§ 27), il n’est pas néces­saire de pré­cis­er dans la pré­sen­te dis­po­si­ti­on que le trai­te­ment des don­nées doit être appro­prié. Le ter­me «néces­saire» eng­lo­be les critères d«»adéquation« et de »néces­si­té«. Dans les lois zurichoi­ses, les ter­mes »néces­saire« et »appro­prié et néces­saire” sont uti­li­sés dans le même sens (voir par exemp­le § 26 al. 3 de la loi sur l’exé­cu­ti­on des pei­nes et des mesu­res du 19 juin 2006 [LS 331] ou § 6 de la loi sur la pro­cé­du­re de con­ci­lia­ti­on pour les liti­ges rele­vant de la loi sur l’é­ga­li­té dans les rap­ports de tra­vail de droit public du 10 mai 2010 [LS 177.12]).

Il reste à ajou­ter que l’on a renon­cé à rég­ler dans la loi le cas où l’or­ga­ne public peut trai­ter les don­nées si la per­son­ne con­cer­née a ren­du ses don­nées acce­s­si­bles à tous et ne s’est pas expres­sé­ment oppo­sée à leur trai­te­ment (cf. art. 34, al. 4, let. b, nLPD pour les orga­nes fédé­raux). Etant don­né qu’un trai­te­ment de don­nées ne peut de tou­te façon être envi­sa­gé que s’il sert à l’ac­com­plis­se­ment de la tâche de l’or­ga­ne public et qu’u­ne base léga­le est à son tour obli­ga­toire pour cet­te tâche, les cas réglés à l’art. 34, al. 4, let. b nLPD sont déjà cou­verts par le § 23, let. b.

Lit. c : Le droit actuel con­naît déjà le con­sen­te­ment, même s’il est limi­té au cas par­ti­cu­lier de la com­mu­ni­ca­ti­on de don­nées per­son­nel­les (§§ 16 al. 1 let. b et 17 al. 1 let. b LDI). Un tel con­sen­te­ment est éga­le­ment com­pa­ti­ble avec la pro­tec­tion des droits fon­da­men­taux (art. 13 al. 2 Cst. ; cf. ATF 138 I 331 con­sid. 6 avec ren­vois). C’est ain­si que la nLPD pré­voit la pos­si­bi­li­té du con­sen­te­ment pour le trai­te­ment des don­nées par les orga­nes fédé­raux (art. 6, al. 6 en rela­ti­on avec l’art. 34, al. 4, let. b nLPD). Le con­sen­te­ment est par­ti­cu­liè­re­ment important dans le con­tex­te de la numé­ri­sa­ti­on. Si, par exemp­le, des don­nées d’un regist­re (p. ex. casier judi­ciai­re) ou des don­nées fis­ca­les (p. ex. dans le cad­re d’u­ne pro­cé­du­re de natu­ra­li­sa­ti­on) sont néces­saires pour une pre­sta­ti­on de l’au­to­ri­té, leur obten­ti­on et leur trai­te­ment par l’au­to­ri­té pour­rai­ent être ren­dus pos­si­bles par le biais du con­sen­te­ment. Cela impli­que beau­coup moins de tra­vail pour la per­son­ne con­cer­née et peut éga­le­ment ent­raî­ner des éco­no­mies pour l’ad­mi­ni­stra­ti­on. Un tel accès direct à cer­tai­nes don­nées peut éga­le­ment ser­vir à éco­no­mi­ser les don­nées, car seu­les les don­nées essen­ti­el­les doi­vent être con­sul­tées et trai­tées de maniè­re ciblée, et non des ensem­bles de don­nées entiers (par exemp­le la décla­ra­ti­on d’impôt com­plè­te). A l’a­ve­nir, la pos­si­bi­li­té de trai­ter des don­nées per­son­nel­les par con­sen­te­ment doit être pos­si­ble de maniè­re géné­ra­le et ne plus être limi­tée au cas par­ti­cu­lier de la com­mu­ni­ca­ti­on de don­nées per­son­nel­les. C’est ce qu’ont deman­dé plu­sieurs par­ti­ci­pan­ts à la con­sul­ta­ti­on, en s’a­li­gnant sur la loi fédé­ra­le sur la pro­tec­tion des données.

Une base juri­di­que est tou­jours néces­saire pour une tâche éta­tique. Cel­le-ci peut éga­le­ment ser­vir de base au trai­te­ment de don­nées per­son­nel­les chaque fois que le trai­te­ment de don­nées per­son­nel­les est néces­saire à l’ac­com­plis­se­ment de la tâche (cf. § 24, let. b) ou lorsque le trai­te­ment de don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res est indis­pensable à l’ac­com­plis­se­ment de la tâche et que les exi­gen­ces du § 25, let. a et b, sont en out­re rem­plies. Tou­te­fois, si le trai­te­ment sou­hai­té des don­nées per­son­nel­les va au-delà de ce qui est néces­saire ou indis­pensable à l’ac­com­plis­se­ment de la tâche, la défi­ni­ti­on de la tâche com­me base léga­le pour ce trai­te­ment des don­nées per­son­nel­les ne peut pas suf­fi­re. La pré­sen­te dis­po­si­ti­on doit per­mett­re, dans de tels cas, le trai­te­ment des don­nées sur la base du con­sen­te­ment des per­son­nes con­cer­nées. La con­di­ti­on pré­alable à un tel con­sen­te­ment est que le trai­te­ment des don­nées soit effec­tué dans le cad­re de l’ac­com­plis­se­ment d’u­ne tâche éta­tique, même si le trai­te­ment n’est pas indis­pensable à cet effet. Le con­sen­te­ment per­met de cla­ri­fier pour les per­son­nes con­cer­nées le type d’uti­li­sa­ti­on de leurs don­nées : Si une base juri­di­que ne per­met pas de déter­mi­ner clai­re­ment le type de trai­te­ment de don­nées néces­saire, l’or­ga­ne public peut deman­der à la per­son­ne sou­mi­se au droit de don­ner son con­sen­te­ment. Cet­te dis­po­si­ti­on est donc éga­le­ment uti­le aux per­son­nes sou­mi­ses au droit.

Con­for­mé­ment à la juris­pru­dence du Tri­bu­nal fédé­ral, le con­sen­te­ment ne doit être auto­ri­sé qu’au cas par cas. Con­for­mé­ment à l’art. 6 nLPD, aucu­ne exi­gence de for­me n’est requi­se pour le trai­te­ment de don­nées per­son­nel­les (et non de don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res). Le con­sen­te­ment est donc notam­ment pos­si­ble de maniè­re impli­ci­te (cf. rap­port expli­ca­tif rela­tif à l’a­vant-pro­jet de loi fédé­ra­le sur la révi­si­on tota­le de la loi sur la pro­tec­tion des don­nées et la modi­fi­ca­ti­on d’aut­res actes légis­la­tifs rela­tifs à la pro­tec­tion des don­nées du 21 décembre 2016, p. 47). Pour les exi­gen­ces fon­da­men­ta­les en matiè­re de con­sen­te­ment, voir § 12). 

§ 29. don­nées per­son­nel­les particulières
L’or­ga­ne public peut trai­ter des don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res si
a.il exi­ste une base suf­fi­sam­ment pré­cise dans une loi,
b. si cela est indis­pensable à l’ac­com­plis­se­ment d’u­ne tâche défi­nie par une loi, si
1) la fina­li­té du trai­te­ment ne pré­sen­te pas de ris­que par­ti­cu­lier pour les droits fon­da­men­taux de la per­son­ne con­cer­née, et que
2. le trai­te­ment des don­nées est régi par une ordonnance,
c. si cela est appro­prié pour l’exé­cu­ti­on d’u­ne tâche défi­nie par une loi et si la per­son­ne con­cer­née y con­sent expres­sé­ment dans un cas particulier.

Le con­te­nu de cet­te dis­po­si­ti­on cor­re­spond dans une lar­ge mesu­re au droit en vigueur et règ­le le prin­ci­pe de léga­li­té en matiè­re de pro­tec­tion des don­nées en ce qui con­cer­ne les don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res, prin­ci­pe qui figu­rait jus­qu’à pré­sent au § 8 al. 2 LDI. A l’a­ve­nir éga­le­ment, une base dans une loi (for­mel­le) sera néces­saire com­me auto­ri­sa­ti­on pour le trai­te­ment de don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res ; tou­te­fois, pour s’ad­ap­ter à la ter­mi­no­lo­gie uti­li­sée dans les lois les plus récen­tes, seul le ter­me de «loi» sera utilisé.

La pro­tec­tion de la vie pri­vée et la pro­tec­tion cont­re l’uti­li­sa­ti­on abu­si­ve de don­nées per­son­nel­les (par­ti­cu­liè­res) sont un bien pré­cieux. La pro­tec­tion de la vie pri­vée se situe au même niveau que les aut­res droits fon­da­men­taux. Cela signi­fie que la pro­tec­tion des don­nées n’a pas de valeur par­ti­cu­liè­re en ce sens qu’u­ne régle­men­ta­ti­on plus com­plè­te ou plus détail­lée du trai­te­ment des don­nées et des infor­ma­ti­ons au niveau de la loi serait néces­saire par rap­port aux rest­ric­tions d’aut­res droits fon­da­men­taux. Une meil­leu­re trans­pa­rence et une meil­leu­re pro­tec­tion des don­nées, asso­ciées à une exé­cu­ti­on effi­cace et effec­ti­ve de l’ac­ti­vi­té des auto­ri­tés et de l’ad­mi­ni­stra­ti­on, sont lar­ge­ment com­pro­mi­ses par des régle­men­ta­ti­ons com­plè­tes et détail­lées au niveau de la loi. Une tel­le régle­men­ta­ti­on con­duit au con­trai­re à un man­que de fle­xi­bi­li­té de l’ac­tion admi­ni­stra­ti­ve et à un beso­in fré­quent d’ad­ap­t­ati­on des lois, car c’est pré­cis­é­ment dans le domaine du trai­te­ment des don­nées que de nou­veaux beso­ins (justi­fi­és) appa­rais­sent régu­liè­re­ment. En out­re, il n’est pas rare que le choix des moy­ens ne soit pos­si­ble que sur la base de la con­cré­ti­sa­ti­on dans un cas par­ti­cu­lier. En prin­ci­pe, le trai­te­ment de don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res doit être con­sidé­ré com­me une att­ein­te gra­ve aux droits fon­da­men­taux, rai­son pour laquel­le il doit res­sor­tir clai­re­ment de la loi (for­mel­le) que l’or­ga­ne public est auto­ri­sé à trai­ter les don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res pour accom­plir ses tâches (ATF 144 I 126 con­sid. 5.1, ATF 139 I 280 con­sid. 5.1 ; dans les deux cas avec ren­vois). Out­re la régle­men­ta­ti­on expres­se du trai­te­ment de don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res dans une loi (let. a), la défi­ni­ti­on d’u­ne tâche pour l’ac­com­plis­se­ment de laquel­le le trai­te­ment de don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res est indis­pensable doit éga­le­ment con­sti­tuer – sous réser­ve d’e­xi­gen­ces stric­tes – une base léga­le suf­fi­san­te pour le trai­te­ment de don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res (let. b). Sur la base des répon­ses à la con­sul­ta­ti­on, l’al. 2 a été for­mulé de maniè­re enco­re plus con­crè­te que dans le pro­jet mis en con­sul­ta­ti­on et le con­te­nu régle­men­tai­re de l’art. 34, al. 2, let. a et b, nLPD a été repris.

Lit. a : La noti­on de «base suf­fi­sam­ment déter­mi­née» est sujet­te à inter­pré­ta­ti­on. Il con­vi­ent de noter à ce pro­pos qu’u­ne cer­taine ouver­tu­re de la nor­ma­li­sa­ti­on répond ici aus­si – com­me dans d’aut­res domain­es de l’ac­tion admi­ni­stra­ti­ve touch­ant aux droits fon­da­men­taux – au but légiti­me d’ac­cor­der aux unités admi­ni­stra­ti­ves une mar­ge d’ap­pré­cia­ti­on appro­priée et de per­mett­re une action fle­xi­ble. Les dis­po­si­ti­ons léga­les ne doi­vent donc pas régle­men­ter tou­tes les caté­go­ries de don­nées, chaque fina­li­té de trai­te­ment des don­nées, chaque auto­ri­té ou ser­vice auto­ri­sé à trai­ter des don­nées et chaque maniè­re ima­gi­nable de trai­ter les don­nées. Il en résul­terait une den­si­té régle­men­tai­re énor­me, dans laquel­le pra­ti­quement aucun aut­re domaine de l’ac­tion admi­ni­stra­ti­ve n’est régle­men­té par la loi, même si, com­me la pro­tec­tion des don­nées, il est per­ti­nent pour les droits fon­da­men­taux. La régle­men­ta­ti­on au niveau de la loi peut par con­sé­quent se limi­ter aux prin­cipes. La régle­men­ta­ti­on ne doit pas néces­saire­ment se fai­re dans une seu­le loi. Dans de nombreux cas, les actes d’or­ga­ni­sa­ti­on de cer­tai­nes auto­ri­tés peu­vent éga­le­ment être pris en comp­te pour déter­mi­ner si une base léga­le est suf­fi­sam­ment pré­cise. Pour l’ad­mi­ni­stra­ti­on can­to­na­le, il con­vi­ent de signal­er dans ce con­tex­te que le § 44 OG RR con­ti­ent une base léga­le géné­ra­le pour le trai­te­ment de don­nées per­son­nel­les, y com­pris de don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res. Cel­le-ci men­ti­on­ne éga­le­ment les fina­li­tés pos­si­bles du trai­te­ment. Cet­te nor­me – asso­ciée à la descrip­ti­on des tâches dans les lois sec­to­ri­el­les respec­ti­ves et à d’aut­res actes légis­la­tifs éven­tuels rele­vant du droit orga­ni­sa­ti­on­nel – con­sti­tue en règ­le géné­ra­le une base léga­le suf­fi­sam­ment pré­cise pour le trai­te­ment de don­nées per­son­nel­les (par­ti­cu­liè­res) dans un domaine de tâches et de com­pé­ten­ces déter­mi­né (p. ex. pour­suite péna­le, exé­cu­ti­on de la justi­ce). Il en va de même lorsque, à cer­tai­nes étapes de l’ac­com­plis­se­ment des tâches, dif­fér­ents orga­nes sont char­gés de trai­ter des don­nées per­son­nel­les (out­re les orga­nes habi­li­tés à accom­plir les tâches, les orga­nes de sur­veil­lan­ce, le per­son­nel admi­ni­stra­tif, voi­re des tiers exter­nes à l’ad­mi­ni­stra­ti­on, dans la mesu­re où ils sont impli­qués dans l’ac­com­plis­se­ment des tâches éta­ti­ques pré­vues par la loi, par exemp­le des experts dans le cad­re d’u­ne pro­cé­du­re administrative).

Les détails du trai­te­ment des don­nées peu­vent être réglés par voie d’or­don­nan­ce. Cela est par­ti­cu­liè­re­ment néces­saire dans le pré­sent domaine, car il faut sou­vent rég­ler des détails tech­ni­ques dans un domaine qui évo­lue rapi­de­ment. La nor­ma­li­sa­ti­on détail­lée au niveau de la loi des caté­go­ries de don­nées per­son­nel­les (par­ti­cu­liè­res) uti­li­sées dans un domaine d’ac­ti­vi­té don­né sem­ble peu judi­cieu­se et inad­ap­tée à l’é­che­lon con­cer­né. Sou­vent, les caté­go­ries de don­nées per­son­nel­les trai­tées décou­lent sans aut­re de la fina­li­té d’un trai­te­ment de don­nées don­né, sans qu’u­ne régle­men­ta­ti­on sépa­rée ne soit néces­saire. Lorsque ce n’est pas le cas, il est recom­man­dé de régle­men­ter au niveau de l’or­don­nan­ce, tout en intro­dui­sant une nor­me de délé­ga­ti­on dans la loi sec­to­ri­el­le elle-même. Les régle­men­ta­ti­ons rela­ti­ves aux mesu­res de sécu­ri­té de l’in­for­ma­ti­on sur le plan tech­ni­que et orga­ni­sa­ti­on­nel (par ex. cryp­ta­ge, sau­vegar­de, jour­na­li­sa­ti­on, con­cepts d’ac­cès, régle­men­ta­ti­on du clas­se­ment des dos­siers) doi­vent en prin­ci­pe être édic­tées par voie d’or­don­nan­ce, pour autant qu’el­les soi­ent enco­re néces­saires en plus des pre­scrip­ti­ons déjà exi­stan­tes dans le domaine con­cer­né. En règ­le géné­ra­le, le Con­seil d’E­tat est déjà com­pé­tent en la matiè­re en ver­tu de sa com­pé­tence d’é­dic­ter des ordon­nan­ces d’exé­cu­ti­on (art. 38, al. 3 et 67, al. 2 Cst.). La délé­ga­ti­on de com­pé­ten­ces régle­men­tai­res à des instances infé­ri­eu­res au Con­seil-exé­cu­tif, notam­ment à une direc­tion ou à un office, doit tou­te­fois être pré­vue dans la loi elle-même en rai­son de l’in­ter­dic­tion de la subdélégation.

Lit. b : Out­re la régle­men­ta­ti­on expli­ci­te de l’au­to­ri­sa­ti­on de trai­ter des don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res, la loi doit désor­mais sti­pu­ler expres­sé­ment que le trai­te­ment de don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res est éga­le­ment auto­ri­sé lorsque la loi règ­le la tâche pour l’ac­com­plis­se­ment de laquel­le le trai­te­ment des don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res est indis­pensable. Pour ce fai­re, la natu­re des tâches qui néces­si­tent le trai­te­ment de don­nées per­son­nel­les doit être suf­fi­sam­ment con­cré­ti­sée au niveau de la loi. En out­re, les règles rela­ti­ves au trai­te­ment des don­nées doi­vent être fixées au niveau de l’or­don­nan­ce (ch. 2). La régle­men­ta­ti­on met en œuvre le prin­ci­pe con­sti­tu­ti­on­nel selon lequel seuls les prin­cipes juri­di­ques importants doi­vent être réglés dans la loi (art. 38, al. 1, Cst.). Il con­vi­ent de noter à cet égard que la juris­pru­dence du Tri­bu­nal fédé­ral rela­ti­ve aux exi­gen­ces en matiè­re de base léga­le est abond­an­te (cf. 146 I 11 con­sid. 3 avec ren­vois). L’ad­mis­si­bi­li­té du trai­te­ment des don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res doit résul­ter clai­re­ment d’u­ne base léga­le. Avec cet­te exi­gence, le trai­te­ment de don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res sup­po­se un lien direct avec la tâche décri­te dans la loi. Il n’est donc admis­si­ble que si les per­son­nes con­cer­nées doi­vent s’at­tendre à ce que les don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res soi­ent trai­tées dans le cad­re de l’ac­com­plis­se­ment des tâches défi­nies par la loi (cf. ATF 122 I 360 ss, con­sid. 5).

Les flux de don­nées et d’in­for­ma­ti­ons sont étroi­te­ment liés à l’ac­com­plis­se­ment des tâches de l’E­tat et aux règles de com­pé­tence pré­vues par le droit orga­ni­sa­ti­on­nel. Si les tâches à accom­plir et les com­pé­ten­ces cor­re­spond­an­tes sont réglées de maniè­re suf­fi­sam­ment con­crè­te dans la loi, de sor­te qu’il faut s’at­tendre à ce que des don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res soi­ent trai­tées et que les flux de don­nées et d’in­for­ma­ti­ons soi­ent trans­par­ents, il n’est pas néces­saire d’in­tro­dui­re au niveau de la loi des défi­ni­ti­ons de fina­li­tés et des règles de com­pé­tence sup­p­lé­men­tai­res dans les dis­po­si­ti­ons rela­ti­ves au trai­te­ment des don­nées. Au con­trai­re, une nor­me de délé­ga­ti­on au niveau de la loi et la régle­men­ta­ti­on du trai­te­ment des don­nées au niveau de l’or­don­nan­ce sont suf­fi­san­tes. Cela cor­re­spond éga­le­ment aux exi­gen­ces posées en prin­ci­pe à la délé­ga­ti­on de com­pé­ten­ces légis­la­ti­ves. L’art. 38 al. 1 Cst. pre­scrit la for­me de la loi pour les «règles de droit importan­tes». La que­sti­on de savoir si des règles de droit sont importan­tes doit être déter­mi­née sur la base de critères. Out­re la gra­vi­té de l’att­ein­te à la situa­ti­on juri­di­que des desti­na­tai­res de la nor­me, c’est notam­ment le carac­tère fon­da­men­tal qui est important : la loi doit fixer des décis­i­ons de prin­ci­pe sur les gran­des lignes de la poli­tique et lais­ser les détails au pou­voir régle­men­tai­re (cf. Chri­sti­an Schuh­ma­cher, in : Com­men­tai­re de la Cst., art. 38 n. 12 et 15). En ce qui con­cer­ne la délé­ga­ti­on de com­pé­ten­ces légis­la­ti­ves, le Tri­bu­nal fédé­ral a décrit dans une riche pra­tique les exi­gen­ces con­sti­tu­ti­on­nel­les fédé­ra­les rela­ti­ves à la base léga­le néces­saire (cf. par exemp­le ATF 128 I 327 con­sid. 4). La pos­si­bi­li­té d’u­ne délé­ga­ti­on est géné­ra­le­ment recon­nue lorsqu’el­le est con­te­nue dans une loi, qu’el­le n’est pas exclue par le droit can­to­nal, qu’el­le se limi­te à un domaine déter­mi­né et que la loi con­ti­ent elle-même les gran­des lignes de la régle­men­ta­ti­on, dans la mesu­re où la posi­ti­on des per­son­nes sou­mi­ses au droit est gra­ve­ment tou­chée (ATF 128 I 113 con­sid. 3c p. 122, 118 Ia 245 con­sid. 3b p. 247 s., 305 con­sid. 2b p. 310 s. ; tou­jours avec réfé­ren­ces). Ces prin­cipes rela­tifs à la délé­ga­ti­on de com­pé­ten­ces légis­la­ti­ves s’ap­pli­quent éga­le­ment en ver­tu du droit con­sti­tu­ti­on­nel can­to­nal (Chri­sti­an Schuh­ma­cher, op. cit., n. 40). S’il faut par­tir du prin­ci­pe que le trai­te­ment de don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res tou­che en géné­ral gra­ve­ment la situa­ti­on juri­di­que des per­son­nes sou­mi­ses au droit, cela signi­fie que les gran­des lignes de la tâche à accom­plir doi­vent être décri­tes dans la loi et que la loi con­ti­ent une nor­me de délé­ga­ti­on se rap­portant à l’ac­com­plis­se­ment de la tâche – et donc aus­si au trai­te­ment des don­nées. Ceci est désor­mais expres­sé­ment sti­pulé à la lett­re b.

Si les orga­nes publics sou­hai­tent trai­ter des don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res que les per­son­nes sou­mi­ses au droit ne doi­vent pas s’at­tendre à voir trai­tées en rai­son de la tâche défi­nie dans la loi, il con­vi­ent donc de cré­er une base expli­ci­te dans la loi. Si le trai­te­ment de don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res fait obs­ta­cle à un domaine d’ac­ti­vi­té déter­mi­né (et donc à la fina­li­té du trai­te­ment des don­nées) – par exemp­le si un orga­ne admi­ni­stra­tif com­mu­ni­que des don­nées per­son­nel­les à un aut­re orga­ne admi­ni­stra­tif dont les tâches relè­vent d’u­ne aut­re com­pé­tence (dépas­se­ment des limi­tes des tâches et des com­pé­ten­ces) – la com­mu­ni­ca­ti­on ou l’ob­ten­ti­on de don­nées néces­si­te une base léga­le (for­mel­le). Les exemp­les sui­vants peu­vent être cités à cet égard :

- Le main­ti­en de la sécu­ri­té et de l’ord­re publics, le sou­ti­en des auto­ri­tés dans l’ap­pli­ca­ti­on de l’ord­re juri­di­que, les mesu­res pré­ven­ti­ves visa­nt à aug­men­ter la sécu­ri­té rou­tiè­re ain­si que la pour­suite des infrac­tions au droit de la cir­cula­ti­on ne suf­fi­sent pas com­me base suf­fi­san­te pour l’ex­plo­ita­bi­li­té des enre­gi­stre­ments de poli­ce de la recher­che auto­ma­tique de véhi­cu­les et de la sur­veil­lan­ce du tra­fic (ATF 146 I 11 con­sid. 3). Dans ce con­tex­te, le Tri­bu­nal fédé­ral a indi­qué que le but d’uti­li­sa­ti­on des don­nées coll­ec­tées devait décou­ler de la base légale.

- Des don­nées sont régu­liè­re­ment com­mu­ni­quées et obte­nues (droits et obli­ga­ti­ons de com­mu­ni­ca­ti­on) par des orga­nes admi­ni­stra­tifs ayant un aut­re domaine de tâches et de com­pé­ten­ces. Ces com­mu­ni­ca­ti­ons et retraits de don­nées doi­vent être distin­gués des com­mu­ni­ca­ti­ons de don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res dans le cad­re de l’en­trai­de admi­ni­stra­ti­ve, qui sont cou­ver­tes par l’ar­tic­le 35, para­gra­phe 3, lett­re b, qui ont lieu au cas par cas et qui ne néces­si­tent pas de régle­men­ta­ti­on sup­p­lé­men­tai­re dans des lois matérielles.

- Un orga­ne public com­mu­ni­que des don­nées dans un domaine sou­mis à un secret pro­fes­si­on­nel selon l’art. 321 CP ou à un aut­re secret pré­vu par une loi spé­cia­le (p. ex. secret fis­cal, secret de l’ai­de socia­le, secret de la pro­tec­tion de l’en­fant et de l’a­dul­te). Pour que, dans ces cas, les auto­ri­tés et orga­nes qui com­mu­ni­quent (déten­teurs du secret) ne vio­lent pas leurs pre­scrip­ti­ons en matiè­re de secret en les com­mu­ni­quant à d’aut­res fins, il faut une base léga­le com­me motif justi­fi­ca­tif (par exemp­le au sens de l’art. 14 CP). Le secret de fonc­tion selon l’art. 320 CP n’est pas important à cet égard.

Ch. 1 : Lors de la pro­cé­du­re de con­sul­ta­ti­on, diver­ses cri­ti­ques ont été émi­ses à l’en­cont­re de la régle­men­ta­ti­on pré­vue. Il a été don­né suite à ces cri­ti­ques en ajoutant un critère sup­p­lé­men­tai­re, à savoir que le but du trai­te­ment ne doit pas pré­sen­ter de ris­que par­ti­cu­lier pour les droits fon­da­men­taux de la per­son­ne con­cer­née. La régle­men­ta­ti­on cor­re­spond ain­si à l’art. 34, al. 3 nLPD. Il res­sort de la juris­pru­dence du Tri­bu­nal fédé­ral que les exi­gen­ces rela­ti­ves au niveau et à la den­si­té de la nor­me sont d’autant plus éle­vées que l’att­ein­te aux droits fon­da­men­taux est importan­te (ATF 141 I 201 con­sid. 4). Ce der­nier prin­ci­pe est expres­sé­ment trans­po­sé dans la LDI par la lett­re a. Il reste en out­re à ajou­ter que, selon la juris­pru­dence du Tri­bu­nal fédé­ral, l’uti­li­sa­ti­on de tech­no­lo­gies intel­li­gen­tes de trai­te­ment des don­nées, notam­ment à des fins de sur­veil­lan­ce, est sou­mi­se à des exi­gen­ces éle­vées en matiè­re de bases léga­les (cf. ATF 146 I 11). La dis­po­si­ti­on nou­vel­le­ment for­mulée garan­tit notam­ment que l’uti­li­sa­ti­on de systè­mes de recon­nais­sance bio­mé­tri­que, qui sont con­sidé­rés com­me un trai­te­ment de don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res selon le § 5 al. 4 let. a ch. 2, n’est pos­si­ble que si une base léga­le (for­mel­le) l’au­to­ri­se expres­sé­ment. Cela répond à la deman­de des moti­on­n­aires de la moti­on CRN n° 329/2022 con­cer­nant la pro­tec­tion des droits fon­da­men­taux et de la sphè­re pri­vée dans l’e­space public : si l’uti­li­sa­ti­on de systè­mes de recon­nais­sance bio­mé­tri­que n’est pas expres­sé­ment pré­vue par la loi, elle est interdite.

Chif­fre 2 : L’e­xi­gence d’u­ne régle­men­ta­ti­on du trai­te­ment des don­nées dans une ordon­nan­ce crée la trans­pa­rence sur la natu­re des trai­te­ments de don­nées et garan­tit en out­re qu’u­ne con­te­sta­ti­on de la régle­men­ta­ti­on géné­ra­le et abstrai­te est possible.

Lit. c : On peut d’a­bord ren­voy­er aux expli­ca­ti­ons rela­ti­ves au § 24, lett­re c. Tou­te­fois, les don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res ne peu­vent être trai­tées sur la base d’un con­sen­te­ment que si elles ser­vent à l’ac­com­plis­se­ment d’u­ne tâche défi­nie dans une loi (for­mel­le). En out­re, le con­sen­te­ment au trai­te­ment de don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res sup­po­se un con­sen­te­ment exprès. Cet­te for­mu­la­ti­on est con­for­me à l’art. 6, al. 6 et 7 nLPD et répond éga­le­ment aux exi­gen­ces de la Con­ven­ti­on STE 108 (art. 5, al. 2). Le règle­ment (UE) 2016/679 (règle­ment géné­ral sur la pro­tec­tion des don­nées, RGPD ; art. 4, ch. 11 et art. 6, ch. 1, let. a) choi­sit lui aus­si une for­mu­la­ti­on simi­lai­re. La distinc­tion ent­re don­nées per­son­nel­les et don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res cor­re­spond éga­le­ment à cel­le qui est fai­te dans le droit en vigueur pour la com­mu­ni­ca­ti­on aux §§ 16 al. 1 let. a et 17 al. 1 let. a IDG.

Les exi­gen­ces en matiè­re de con­sen­te­ment sont réglées de maniè­re uni­for­me pour tou­tes les don­nées per­son­nel­les au § 12.

§ 30. affec­ta­ti­on à un but précis
1 L’or­ga­ne public ne peut trai­ter des don­nées per­son­nel­les que dans le but pour lequel elles ont été coll­ec­tées. Le trai­te­ment dans un aut­re but est auto­ri­sé si une base juri­di­que le per­met con­for­mé­ment aux §§ 28 s. ou si la per­son­ne con­cer­née don­ne son con­sen­te­ment au cas par cas.
2 Dans un but non per­son­nel, l’or­ga­ne public peut trai­ter des don­nées per­son­nel­les à con­di­ti­on que cel­les-ci soi­ent ren­dues anony­mes ou effa­cées dès que et dans la mesu­re où le but du trai­te­ment le per­met, et que les résul­tats ne soi­ent publiés que de maniè­re à ce que les per­son­nes con­cer­nées ne soi­ent pas identifiables.

Ali­néa 1Cet­te dis­po­si­ti­on cor­re­spond dans une lar­ge mesu­re au con­te­nu de l’ar­tic­le 9, ali­néa 1 de la LDI et de l’ar­tic­le 6, ali­néa 3 de la nLPD. La fina­li­té signi­fie que les don­nées per­son­nel­les ne sont trai­tées que dans le but pour lequel elles ont été coll­ec­tées. C’est une con­sé­quence du fait que le trai­te­ment des don­nées ne peut être effec­tué que sur la base d’un fon­de­ment juri­di­que, les exi­gen­ces rela­ti­ves au fon­de­ment juri­di­que étant dif­fé­ren­tes pour les don­nées per­son­nel­les (§ 24) et les don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res (§ 25). Le fait que les don­nées per­son­nel­les doi­vent être sai­sies à chaque fois par un grand nombre d’au­to­ri­tés ent­raî­ne une char­ge admi­ni­stra­ti­ve qui pour­rait être évi­tée. La direc­ti­ve (UE) 2016/680 ne per­met pas de limi­ter la stric­te limi­ta­ti­on de la fina­li­té aux don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res, rai­son pour laquel­le tout trai­te­ment plus pous­sé de don­nées per­son­nel­les est sou­mis aux mêmes exi­gen­ces en matiè­re de base léga­le que le trai­te­ment dans le but pour lequel les don­nées ont été coll­ec­tées. Le trai­te­ment dans un aut­re but n’est auto­ri­sé que si une base léga­le ou un con­sen­te­ment selon les §§ 24 s. le permet.

Le trai­te­ment à une aut­re fin est auto­ri­sé si la per­son­ne con­cer­née a don­né son con­sen­te­ment. Les exi­gen­ces des §§ 24 let. c et 25 let. c ain­si que du § 12 s’ap­pli­quent au con­sen­te­ment. Le con­sen­te­ment ne peut donc pas être obte­nu de maniè­re glo­ba­le et d’em­blée, mais il n’est admis­si­ble qu’au cas par cas. Par sou­ci d’ex­haus­ti­vi­té, il con­vi­ent de pré­cis­er qu’u­ne mise en œuvre com­plè­te du prin­ci­pe «once only» ne sera pas abor­dée dans le cad­re de la pré­sen­te révi­si­on de la LDI, mais dans le cad­re de l’initia­ti­ve stra­té­gique Don­nées glo­ba­les (ACE n° 1331/2022 ; cf. éga­le­ment supra, A.). Pour l’ad­mi­ni­stra­ti­on can­to­na­le, il con­vi­ent tou­te­fois de se réfé­rer éga­le­ment dans ce con­tex­te au § 44 al. 3 OG RR, qui con­sti­tue – en rela­ti­on avec la base léga­le pour l’ac­com­plis­se­ment des tâches – une base léga­le suf­fi­san­te pour le trai­te­ment de don­nées per­son­nel­les (simp­les) dans un aut­re but.

Ali­néa 2 cor­re­spond pour l’e­s­sen­tiel au § 9 al. 2 IDG. En com­plé­ment, il est tout d’a­bord pré­cisé que l’an­ony­mi­sa­ti­on doit avoir lieu dès que le but du trai­te­ment le per­met. Cet­te for­mu­la­ti­on cor­re­spond lar­ge­ment à l’art. 31, al. 2, let. e, ch. 1 nLPD. En out­re, le ter­me «dans la mesu­re» a été ajou­té à la dis­po­si­ti­on léga­le. Ce com­plé­ment con­fè­re à la pre­scrip­ti­on d’an­ony­mi­sa­ti­on une com­po­san­te de con­te­nu en plus de la com­po­san­te tem­po­rel­le et cor­re­spond ain­si au libel­lé du § 9 de la loi du 11 mai 2015 sur la sta­ti­stique (StatG, LS 431.1). La dis­po­si­ti­on garan­tit ain­si qu’il n’est pas pos­si­ble de tirer des con­clu­si­ons sur les per­son­nes con­cer­nées à par­tir des résul­tats publiés.

La com­mu­ni­ca­ti­on de don­nées per­son­nel­les à des fins non per­son­nel­les est expres­sé­ment réglée au § 37, com­me dans le droit en vigueur (§ 18 IDG). 

§ 31. proportionnalité
Les orga­nes publics peu­vent trai­ter des don­nées per­son­nel­les dans la mesu­re où cela est appro­prié et néces­saire à l’ac­com­plis­se­ment de leurs tâches et peut être rai­sonnablem­ent exi­gé de la per­son­ne concernée. 

Le prin­ci­pe de pro­por­ti­on­na­li­té découle de la Con­sti­tu­ti­on fédé­ra­le et s’ap­pli­que à tou­te action admi­ni­stra­ti­ve. Tou­te­fois, sa men­ti­on expres­se dans la LDI revêt une importance par­ti­cu­liè­re. Dans la pra­tique, la mesu­re du trai­te­ment des don­nées per­son­nel­les revêt une gran­de importance. Jus­qu’à pré­sent, le prin­ci­pe était déjà impli­ci­te­ment con­te­nu dans le § 8 al. 1 LDI, qui ren­voie, pour le trai­te­ment de don­nées per­son­nel­les, au fait que celui-ci doit être «appro­prié et néces­saire» à l’ac­com­plis­se­ment de la tâche. Con­trai­re­ment à la LDI en vigueur, le prin­ci­pe doit être trans­fé­ré dans un para­gra­phe distinct et sépa­ré de l’e­xi­gence rela­ti­ve à la base léga­le. Il faut rete­nir qu’un trai­te­ment de don­nées per­son­nel­les n’est d’em­blée auto­ri­sé que si le trai­te­ment est néces­saire à l’ac­com­plis­se­ment de la tâche publi­que et que le mode de trai­te­ment sem­ble éga­le­ment appro­prié à cet effet. En out­re, le trai­te­ment doit être effec­tué de maniè­re appro­priée. Cela s’ex­prime par exemp­le dans l’é­ten­due de la coll­ec­te de don­nées per­son­nel­les et dans la durée de con­ser­va­ti­on auto­ri­sée des don­nées per­son­nel­les coll­ec­tées. Enfin, le trai­te­ment doit être rai­sonnablem­ent exi­gi­ble de la part de la per­son­ne con­cer­née (cf. par exemp­le ATF 149 II 1 con­sid. 2.6, ATF 137 I 327 con­sid. 5.4).

La men­ti­on du prin­ci­pe de la bon­ne foi, tel qu’il figu­re par exemp­le à l’art. 6, al. 2, nLPD et dans dif­fé­ren­tes lois can­to­na­les sur la pro­tec­tion des don­nées, n’ap­pa­raît pas com­me néces­saire. Il n’est guè­re pos­si­ble de don­ner des con­tours clairs à ce prin­ci­pe dans le con­tex­te du trai­te­ment de don­nées per­son­nel­les et d’en dédui­re des exi­gen­ces clai­res pour les per­son­nes qui trai­tent les don­nées. Sou­vent, le prin­ci­pe de la bon­ne foi eng­lo­be aus­si de maniè­re géné­ra­le l’e­xi­gence de trans­pa­rence, ce qui n’ap­por­te aucu­ne valeur ajou­tée nor­ma­ti­ve comp­te tenu de l’ob­li­ga­ti­on d’in­for­mer sur la coll­ec­te de don­nées per­son­nel­les selon le § 31 (§ 12 IDG). 

Essais pilo­tes

§ 32. a. Principe
1 Le Con­seil-exé­cu­tif peut auto­ri­ser par voie d’or­don­nan­ce le trai­te­ment de don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res sous for­me d’es­sais pilo­tes avant l’é­dic­tion d’u­ne base juri­di­que con­for­mé­ment au § 29, si
a. les tâches sur la base des­quel­les le trai­te­ment doit être effec­tué sont régies par une loi,
b. des mesu­res suf­fi­san­tes sont pri­ses pour limi­ter les ingé­ren­ces dans les droits fon­da­men­taux des per­son­nes con­cer­nées ; et
c. un essai pilo­te est indis­pensable pour la mise en œuvre pra­tique du trai­te­ment des don­nées, notam­ment pour des rai­sons techniques.
2 Les essais pilo­tes sont auto­ri­sés pour une durée maxi­ma­le de cinq ans.
3 Cet­te dis­po­si­ti­on s’ap­pli­que par ana­lo­gie aux com­mu­nes. Le con­seil com­mu­nal se sub­sti­tue au con­seil d’État.

Ali­néa 1La régle­men­ta­ti­on s’ap­pu­ie sur la dis­po­si­ti­on de la nLPD révi­sée. Le Con­seil d’E­tat doit pou­voir auto­ri­ser par voie d’or­don­nan­ce le trai­te­ment de don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res dans le cad­re d’es­sais pilo­tes avant l’ad­op­ti­on d’u­ne base juri­di­que con­for­mé­ment au § 25. Cela peut par exemp­le être le cas lorsque, en rai­son du ris­que par­ti­cu­lier pour les droits fon­da­men­taux des per­son­nes con­cer­nées, une base suf­fi­sam­ment pré­cise pour le trai­te­ment des don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res serait néces­saire dans une loi (§ 25 let. a, cf. ci-après let. a). Un trai­te­ment de don­nées dans le cad­re d’un essai pilo­te peut en out­re être auto­ri­sé lorsque le trai­te­ment des don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res doit cer­tes être effec­tué dans le cad­re d’u­ne tâche régle­men­tée par une loi et qu’il ne pré­sen­te pas de dan­ger par­ti­cu­lier pour les droits fon­da­men­taux des per­son­nes con­cer­nées (cf. § 24, let. a), mais que le trai­te­ment des don­nées n’est pas «indis­pensable» à la tâche (§ 25, let. b). Il faut éga­le­ment pen­ser au cas où les con­di­ti­ons pré­vues au § 25, lett­re a, sont cer­tes rem­plies, mais où le trai­te­ment des don­nées n’est pas enco­re régle­men­té dans une ordon­nan­ce (§ 25, lett­re b, chif­fre 2). Dans de tels cas éga­le­ment, un trai­te­ment des don­nées per­son­nel­les dans le cad­re d’un essai pilo­te fon­dé sur les §§ 28 s. peut s’im­po­ser, car il n’est par­fois pas enco­re pos­si­ble d’éva­luer com­ment le trai­te­ment des don­nées doit être réglé au niveau de l’or­don­nan­ce con­for­mé­ment au § 25, let. b, ch. 2 (même à plus long terme).

Le trai­te­ment de don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res dans le cad­re d’es­sais pilo­tes ne doit être auto­ri­sé que si les tâches qui néces­si­tent le trai­te­ment en que­sti­on sont elles-mêmes réglées dans une loi (let. a). En out­re, des mesu­res suf­fi­san­tes doi­vent être pri­ses pour pré­ve­nir les att­ein­tes à la per­son­na­li­té afin de limi­ter autant que pos­si­ble les att­ein­tes aux droits fon­da­men­taux des per­son­nes con­cer­nées (let. b). Enfin, la pha­se de test doit être néces­saire à la mise en œuvre pra­tique du trai­te­ment des don­nées (let. c). Ces con­di­ti­ons sont cumulatives.

Lit. a : La tâche est cer­tes réglée dans la loi, mais elle est défi­nie de maniè­re plus géné­ra­le que ce qui est exi­gé dans les bases selon le § 25. Cela peut par exemp­le être le cas pour les tâches de poli­ce : ain­si, l’uti­li­sa­ti­on de camé­ras mobi­les que les poli­ciers portent sur eux lors d’in­ter­ven­ti­ons poli­ciè­res et qui per­met­tent d’en­re­gi­strer des séquen­ces n’est pas cou­ver­te par le § 3 PolG, car leur uti­li­sa­ti­on ne sem­ble pas indis­pensable à l’ac­com­plis­se­ment des tâches léga­les (§ 52, al. 2 PolG ; cf. § 25, let. b). Il peut donc s’a­vé­rer uti­le, avant de cré­er une base léga­le spé­ci­fi­que, de tester dans le cad­re d’un pro­jet pilo­te si les résul­tats justi­fi­ent l’uti­li­sa­ti­on des caméras.

Lit. b : Dans ce con­tex­te, il faut tenir comp­te de tous les droits fon­da­men­taux et pas seu­le­ment du droit à l’au­to­dé­ter­mi­na­ti­on en matiè­re d’in­for­ma­ti­on. Lit. c : Les essais pilo­tes ne sont auto­ri­sés que si des pha­ses de test sont néces­saires. Cel­les-ci peu­vent s’im­po­ser notam­ment pour des rai­sons techniques.

al. 2 : La limi­ta­ti­on des essais pilo­tes à cinq ans a pour con­sé­quence qu’u­ne base juri­di­que doit être mise en vigueur au plus tard cinq ans après le début de l’es­sai pilo­te, con­for­mé­ment au § 25. Une pro­lon­ga­ti­on des essais pilo­tes n’est pas pré­vue, rai­son pour laquel­le les orga­nes publics doi­vent ent­amer à temps le pro­ce­s­sus légis­la­tif : Si les règles cor­re­spond­an­tes n’ent­rent pas en vigueur avant l’ex­pi­ra­ti­on du délai de cinq ans, l’es­sai pilo­te ne peut plus être pour­suivi. Il n’est pas néces­saire de rég­ler expres­sé­ment cet­te évi­dence dans la loi.

ali­néa 3 : Pour l’uti­li­sa­ti­on de systè­mes de recon­nais­sance bio­mé­tri­que dans l’e­space public, les essais pilo­tes ne doi­vent en prin­ci­pe pas être auto­ri­sés. Il s’en­su­it que l’uti­li­sa­ti­on de ces moy­ens doit tou­jours repo­ser sur une base juri­di­que con­for­mé­ment au § 25. Ceci est éga­le­ment par­ti­el­le­ment mis en œuvre par la moti­on CRN n° 329/2022 con­cer­nant la pro­tec­tion des droits fon­da­men­taux et de la vie pri­vée dans l’e­space public.

ali­néa 4 : Les com­mu­nes doi­vent éga­le­ment pou­voir réa­li­ser des essais pilo­tes sur la base de la LDI. C’est l’exé­cu­tif com­mu­nal qui est com­pé­tent. Il con­vi­ent de noter que cet­te dis­po­si­ti­on ne con­fè­re aucu­ne com­pé­tence aux orga­nes de direc­tion d’aut­res orga­nes publics, tels que les éta­blis­se­ments publics. Les essais pilo­tes cor­re­spond­ants dev­rai­ent être ordon­nés par le Con­seil d’E­tat par le biais d’u­ne ordon­nan­ce. Si un orga­ne public devait per­mett­re des essais pilo­tes par ses pro­pres orga­nes de direc­tion, cela dev­rait être réglé dans la loi spé­cia­le cor­re­spond­an­te de l’or­ga­ne public. 

§ 33. b. Pro­cé­du­re et évaluation
1 L’a­vis du ou de la préposé(e) est solli­ci­té avant l’ad­op­ti­on du règlement.
2 Chaque pro­jet pilo­te fait l’ob­jet d’u­ne éva­lua­ti­on. L’or­ga­ne public com­pé­tent sou­met le rap­port d’éva­lua­ti­on au Con­seil d’E­tat au plus tard trois ans après le lance­ment du pro­jet pilote.

Il con­vi­ent tout d’a­bord de noter que le ren­voi con­cer­nant les com­mu­nes figu­rant à l’ar­tic­le 28, para­gra­phe 4, s’ap­pli­que éga­le­ment à l’ar­tic­le 29 en tant que dis­po­si­ti­on générale.

al. 1 : En ce qui con­cer­ne la régle­men­ta­ti­on dans l’or­don­nan­ce, il con­vi­ent de deman­der au pré­alable l’a­vis du ou de la préposé(e). La mise en œuvre du pro­jet pilo­te, c’est-à-dire le trai­te­ment effec­tif des don­nées, est sou­mi­se au con­trô­le pré­alable, com­me tous les aut­res trai­te­ments de don­nées pré­sen­tant des ris­ques particuliers.

al. 2 : Dans le cas d’es­sais pilo­tes, une éva­lua­ti­on est indis­pensable, car elle doit ser­vir de base à la décis­i­on d’u­ne intro­duc­tion défi­ni­ti­ve. En règ­le géné­ra­le, l’éva­lua­ti­on doit com­men­cer dès le début de la pha­se expé­ri­men­ta­le. Com­me une base juri­di­que doit être cré­ée dans un délai de cinq ans con­for­mé­ment au § 25, l’éva­lua­ti­on doit en règ­le géné­ra­le être ter­mi­née au plus tard deux ans avant l’ex­pi­ra­ti­on de ce délai de cinq ans, afin de per­mett­re l’ad­op­ti­on de la base juri­di­que dans le délai imparti. 

B. Obli­ga­ti­ons par­ti­cu­liè­res con­cer­nant le trai­te­ment des don­nées personnelles

§ 34 – Pro­tec­tion des don­nées par l’or­ga­ni­sa­ti­on, la con­cep­ti­on tech­ni­que et les paramè­tres par défaut favor­ables à la pro­tec­tion des données
1 L’in­sti­tu­ti­on publi­que assu­re le respect des dis­po­si­ti­ons rela­ti­ves à la pro­tec­tion des don­nées, notam­ment par des règles d’organisation.
2 il con­çoit le trai­te­ment des don­nées sur le plan tech­ni­que et orga­ni­sa­ti­on­nel de maniè­re à ce que les dis­po­si­ti­ons rela­ti­ves à la pro­tec­tion des don­nées soi­ent respectées.
3 Il s’assu­re, par des pré­rég­la­ges appro­priés, que le trai­te­ment des don­nées per­son­nel­les est limi­té à ce qui est néces­saire au but du traitement.
4 Il peut fai­re con­trô­ler et éva­luer son orga­ni­sa­ti­on, sa con­cep­ti­on tech­ni­que et ses pré­rég­la­ges par un orga­nis­me indé­pen­dant et reconnu.

Le § 11 IDG n’est pas repris dans le nou­veau droit. Cet­te dis­po­si­ti­on (en par­ti­cu­lier l’al. 2) se réfé­rait aux don­nées dites péri­phé­ri­ques, c’est-à-dire aux don­nées géné­rées lors du trai­te­ment et néces­saires au fonc­tion­ne­ment du système (cf. Bru­no Bae­ris­wyl, in : Pra­xis­kom­men­tar IDG, § 11 N. 1). En lieu et place, les prin­cipes de «pri­va­cy by design», c’est-à-dire de pro­tec­tion des don­nées par la con­cep­ti­on tech­ni­que (al. 2), et de «pri­va­cy by default», c’est-à-dire de pro­tec­tion des don­nées par des paramè­tres par défaut favor­ables à la pro­tec­tion des don­nées (al. 3), sont désor­mais expres­sé­ment men­ti­onnés dans la loi. Il s’a­git de prin­cipes étab­lis dans le droit euro­pé­en de la pro­tec­tion des don­nées. Leur intro­duc­tion dans la LDI per­met de répond­re aux exi­gen­ces de l’ar­tic­le 20 de la direc­ti­ve (UE) 2016/680. Le règle­ment géné­ral sur la pro­tec­tion des don­nées de l’UE (art. 25 RGPD) ain­si que la Con­fé­dé­ra­ti­on dans la nLPD révi­sée (art. 7 nLPD) con­nais­sent des dis­po­si­ti­ons cor­re­spond­an­tes. La pré­sen­te dis­po­si­ti­on com­plè­te spé­ci­fi­quement le § 10, qui régit la sécu­ri­té de l’in­for­ma­ti­on et s’ap­pli­que au trai­te­ment de tou­tes les infor­ma­ti­ons, dans le domaine de la pro­tec­tion des données.

al. 1 : Cet­te dis­po­si­ti­on est trans­fé­rée tel­le quel­le du § 13 al. 1 IDG dans le nou­veau droit. Con­for­mé­ment aux artic­les 4 et 8 de la direc­ti­ve (UE) 2016/680, les dis­po­si­ti­ons rela­ti­ves à la pro­tec­tion des don­nées doi­vent com­porter l’e­xi­gence de pou­voir prou­ver le respect des dis­po­si­ti­ons rela­ti­ves à la pro­tec­tion des don­nées. Il con­vi­ent de rete­nir que cet­te preuve doit être appor­tée notam­ment par l’ad­op­ti­on de règles d’or­ga­ni­sa­ti­on, de direc­ti­ves de sécu­ri­té de l’in­for­ma­ti­on et de con­cepts d’ac­cès appro­priés. Les pro­ce­s­sus et pro­cé­du­res des orga­nes publics doi­vent être réglés de maniè­re à ce que les dis­po­si­ti­ons rela­ti­ves à la pro­tec­tion des don­nées soi­ent respec­tées. Les exi­gen­ces rela­ti­ves à la mise en œuvre (p. ex. le degré de détail des con­cepts d’ac­cès) doi­vent cor­re­spond­re au ris­que lié au trai­te­ment des don­nées per­son­nel­les con­cer­nées. Les exi­gen­ces seront moins éten­dues pour les don­nées per­son­nel­les ordi­naires que pour les don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res. Il con­vi­ent de noter qu’il n’e­xi­ste aucu­ne obli­ga­ti­on pour les orga­nes publics de mett­re en place des systè­mes de gesti­on des don­nées certifiés.

Les dépen­ses sup­p­lé­men­tai­res pour la mise en œuvre de ces exi­gen­ces ne dev­rai­ent pas être importan­tes, car l’ad­op­ti­on de règles d’or­ga­ni­sa­ti­on, de direc­ti­ves de sécu­ri­té de l’in­for­ma­ti­on et de con­cepts d’ac­cès est déjà cou­ran­te aujourd’hui.

Ali­néa 2 régit le prin­ci­pe de «pri­va­cy by design». Il exi­ge de l’or­ga­ne public qu’il con­çoi­ve le trai­te­ment des don­nées sur le plan tech­ni­que et orga­ni­sa­ti­on­nel dès la pla­ni­fi­ca­ti­on, de maniè­re à ce que les pre­scrip­ti­ons en matiè­re de pro­tec­tion des don­nées pui­s­sent être respec­tées. Alors que l’al. 1 régle­men­te les règles d’or­ga­ni­sa­ti­on géné­ra­les des orga­nes publics, tel­les que les direc­ti­ves de sécu­ri­té de l’in­for­ma­ti­on ou les con­cepts d’ac­cès (par exemp­le en ce qui con­cer­ne les systè­mes de gesti­on des affai­res), l’al. 2 con­cer­ne la con­cep­ti­on de trai­te­ments de don­nées con­crets, c’est-à-dire la con­cep­ti­on tech­ni­que et orga­ni­sa­ti­on­nel­le des pro­ce­s­sus de trai­te­ment cor­re­spond­ants. Selon le prin­ci­pe de la pro­tec­tion des don­nées par la con­cep­ti­on tech­ni­que, les mesu­res tech­ni­ques et orga­ni­sa­ti­on­nel­les pour un trai­te­ment de don­nées doi­vent être défi­nies et mises en œuvre dès le début.

Les dis­po­si­ti­ons tech­ni­ques jouent un rôle par­ti­cu­lier à cet égard. Les tech­no­lo­gies respec­tueu­ses de la pro­tec­tion des don­nées sont indis­pens­ables à la mise en œuvre pra­tique des règles de pro­tec­tion des don­nées. Les dimen­si­ons tou­jours plus grandes

Les quan­ti­tés de don­nées ne peu­vent être trai­tées en con­for­mi­té avec les règles de pro­tec­tion des don­nées que si des mesu­res tech­ni­ques adé­qua­tes sont pri­ses. La tech­ni­que per­met par exemp­le de veil­ler à ce que les don­nées qui ne sont pas sou­mi­ses à l’ob­li­ga­ti­on de con­ser­va­ti­on et de pro­po­si­ti­on aux archi­ves (par exemp­le les don­nées mar­gi­na­les) soi­ent effa­cées à inter­val­les régu­liers ou ren­dues anony­mes ou pseud­ony­mes de maniè­re stan­dard. En ver­tu du prin­ci­pe de pro­por­ti­on­na­li­té, cer­tai­nes infor­ma­ti­ons qui per­dent de leur importance en rai­son de l’é­cou­le­ment du temps doi­vent être effa­cées. L’ob­li­ga­ti­on de pro­po­ser les docu­ments aux archi­ves ne signi­fie pas que tou­tes les infor­ma­ti­ons clas­sées une fois dans le dos­sier doi­vent y rester, même si elles sont dépas­sées. Le prin­ci­pe de pro­por­ti­on­na­li­té doit éga­le­ment être respec­té dans le cad­re de l’ob­li­ga­ti­on de pro­po­ser les docu­ments. Le trai­te­ment des don­nées doit en out­re être con­çu dès le départ de maniè­re à ne pas coll­ec­ter et trai­ter plus de don­nées ou des don­nées dif­fé­ren­tes de cel­les qui sont cou­ver­tes par le but du trai­te­ment (mini­mi­sa­ti­on des don­nées ; voir éga­le­ment le mes­sa­ge rela­tif à la loi fédé­ra­le sur la révi­si­on tota­le de la loi sur la pro­tec­tion des don­nées et la modi­fi­ca­ti­on d’aut­res actes légis­la­tifs rela­tifs à la pro­tec­tion des don­nées, FF 2017 6941, 7029).

al. 3 régit le prin­ci­pe de «pri­va­cy by default». Au moy­en de pré­rég­la­ges appro­priés, l’or­ga­ne public doit veil­ler à ce que seu­les les don­nées néces­saires à l’uti­li­sa­ti­on pré­vue soi­ent trai­tées. Les paramè­tres par défaut sont les paramè­tres, notam­ment des logi­ciels, qui sont appli­qués par défaut, c’est-à-dire si l’uti­li­sa­teur ne les modi­fie pas. Le prin­ci­pe de la pro­tec­tion des don­nées par des paramè­tres par défaut favor­ables à la pro­tec­tion des don­nées ne joue tou­te­fois qu’un rôle second­ai­re pour les orga­nes publics, car le trai­te­ment des don­nées par les orga­nes publics repo­se moins sur le con­sen­te­ment de la per­son­ne con­cer­née que sur des obli­ga­ti­ons léga­les. L’ob­jec­tif régle­men­tai­re de mini­mi­sa­ti­on des don­nées pour­suivi par ce prin­ci­pe doit tou­te­fois éga­le­ment être pris en comp­te lors de la con­cep­ti­on tech­ni­que con­for­mé­ment à l’al. 2.

ali­néa 4 : La régle­men­ta­ti­on cor­re­spond­an­te se trouve au § 13 ali­néa 2 IDG. En out­re, il doit être pos­si­ble de fai­re con­trô­ler l’or­ga­ni­sa­ti­on (dérou­le­ments, pro­ce­s­sus), la tech­ni­que uti­li­sée et les pré­rég­la­ges choi­sis par un orga­nis­me exter­ne indé­pen­dant. En revan­che, il n’est pas pré­vu d’in­tro­dui­re une obli­ga­ti­on de con­trô­le par un orga­nis­me indé­pen­dant. Une tel­le «cer­ti­fi­ca­ti­on» ne sem­ble pas néces­saire dans le domaine public, où les dis­po­si­ti­ons léga­les doi­vent impé­ra­ti­ve­ment être appli­quées. Le respect des pre­scrip­ti­ons cor­re­spond­an­tes est en effet assu­ré par les moy­ens de sur­veil­lan­ce et de con­trô­le du pré­po­sé à la pro­tec­tion des don­nées. Dans cer­ta­ins cas, un con­trô­le exter­ne peut tou­te­fois s’a­vé­rer utile. 

§ 35. infor­ma­ti­on sur l’acquisition
1 L’or­ga­ne public infor­me les per­son­nes con­cer­nées de la coll­ec­te de don­nées per­son­nel­les. Cela vaut éga­le­ment pour la coll­ec­te auprès de tiers.
2 L’in­for­ma­ti­on con­ti­ent des don­nées sur
a. l’or­ga­ne public compétent,
b. les don­nées per­son­nel­les coll­ec­tées ou leurs catégories,
c. la base juri­di­que et la fina­li­té du traitement,
d. les desti­na­tai­res des don­nées ou les caté­go­ries de desti­na­tai­res des don­nées, si les don­nées per­son­nel­les sont com­mu­ni­quées à des tiers,
e. les droits de la per­son­ne concernée,
f. l’uti­li­sa­ti­on éven­tu­el­le de systè­mes de décis­i­on algo­rith­mi­ques lors de l’acquisition.
3 L’ob­li­ga­ti­on d’in­for­ma­ti­on ne s’ap­pli­que pas si
a. la per­son­ne con­cer­née dis­po­se déjà des infor­ma­ti­ons visées à l’al. 2,
b. la coll­ec­te des don­nées per­son­nel­les est pré­vue par la loi,
c. l’in­for­ma­ti­on n’est pas pos­si­ble ou néces­si­terait un effort très important,
d. une dis­po­si­ti­on léga­le ou un inté­rêt public ou pri­vé prépon­dé­rant s’op­po­se à l’information.

Le § 12 LDI a été adap­té lors de la révi­si­on du 25 novembre 2019 con­for­mé­ment aux exi­gen­ces de la direc­ti­ve euro­pé­en­ne 2016/680 (cf. gui­de 5.2 et 5.3) et doit être repris tel quel. Il con­vi­ent de rete­nir que, selon l’al. 3, let. b, l’ob­li­ga­ti­on d’in­for­mer est tou­jours sup­p­ri­mée lorsque la coll­ec­te des don­nées per­son­nel­les est pré­vue par la loi. Com­me il s’a­git là de la règ­le, la per­ti­nence pra­tique de la dis­po­si­ti­on est fai­ble. La dis­po­si­ti­on a une cer­taine importance en cas d’uti­li­sa­ti­on de camé­ras vidéo. La dis­po­si­ti­on obli­ge les per­son­nes qui enre­gi­st­rent à appo­ser une men­ti­on cor­re­spond­an­te, même si aucu­ne don­née n’est enregistrée.

Dans le cad­re de la pos­si­bi­li­té nou­vel­le­ment intro­duite de con­sen­tir à un trai­te­ment de don­nées (§ 12), la nor­me revêt tou­te­fois une plus gran­de importance. Une infor­ma­ti­on pré­alable «appro­priée» sur le trai­te­ment de don­nées pré­vu est en effet une con­di­ti­on pré­alable pour que le con­sen­te­ment pui­s­se être vala­blem­ent don­né. Le § 12 exi­ge ain­si que la per­son­ne con­cer­née soit con­sci­en­te des con­sé­quen­ces de son con­sen­te­ment et des objec­tifs pour­suivis par le trai­te­ment des don­nées. Un con­sen­te­ment ne peut être don­né qu’en con­nais­sance des cir­con­stances con­crè­tes. En out­re, la per­son­ne con­cer­née doit tou­jours être infor­mée que son con­sen­te­ment peut être révo­qué. Si des don­nées per­son­nel­les doi­vent être coll­ec­tées sur la base d’un con­sen­te­ment, il en résul­te un devoir d’in­for­ma­ti­on sur la coll­ec­te con­for­mé­ment au § 31, al. 1.

Une infor­ma­ti­on est éga­le­ment indi­quée dans les cas d’en­trai­de admi­ni­stra­ti­ve géné­ra­le (cf. ci-des­sous al. 3). Dans le cas de l’as­si­stance admi­ni­stra­ti­ve géné­ra­le, l’in­for­ma­ti­on est cer­tes fon­dée sur une dis­po­si­ti­on léga­le, mais elle n’est pas recon­naissa­ble pour les per­son­nes concernées.

Il con­vi­ent ensuite d’a­jou­ter que la maniè­re dont l’in­for­ma­ti­on doit être four­nie n’est pas fixée. Les orga­nes publics peu­vent éga­le­ment uti­li­ser les tech­no­lo­gies moder­nes (par exemp­le les codes QR), pour autant que l’on pui­s­se sup­po­ser que les per­son­nes con­cer­nées dis­po­sent des outils néces­saires pour prend­re con­nais­sance de l’information.

al. 3 let. b : la com­mu­ni­ca­ti­on de don­nées per­son­nel­les n’est pas néces­saire si une dis­po­si­ti­on léga­le spé­cia­le pré­voit la com­mu­ni­ca­ti­on (cf. par ex. § 47c de la loi sur l’ai­de socia­le du 14 juin 1981 [LS 851.1]). En revan­che, une com­mu­ni­ca­ti­on fon­dée sur l’en­trai­de admi­ni­stra­ti­ve géné­ra­le selon le § 35 al. 3 let. b ne dis­pen­se pas de l’ob­li­ga­ti­on d’informer.

al. 3 lit. c : Le coût de l’in­for­ma­ti­on des per­son­nes con­cer­nées par le ser­vice admi­ni­stra­tif doit être déter­mi­nant. Celui-ci doit être très important pour qu’u­ne infor­ma­ti­on ne soit pas néces­saire. Cela se mesu­re aux moy­ens en per­son­nel dis­po­ni­bles. Une pesée des inté­rêts n’est pas exi­gée, car les inté­rêts des per­son­nes con­cer­nées ne sont pas con­nus et ne peu­vent pas non plus être connus.

Il con­vi­ent d’ad­ap­ter le ren­voi à l’al. 3 let. d : jus­qu’à pré­sent, le § 12 al. 3 let. d LDI était libel­lé «dans les cas visés au § 23» et se réfé­rait à un refus de com­mu­ni­ca­ti­on fon­dé sur une pesée des inté­rêts. L’ad­ap­t­ati­on du § 23 LDI (nou­veau : pesée des inté­rêts lors de la com­mu­ni­ca­ti­on d’in­for­ma­ti­ons au § 11) ent­raî­ne éga­le­ment un beso­in d’ad­ap­t­ati­on de la pré­sen­te dis­po­si­ti­on : les «cas» men­ti­onnés dans la for­mu­la­ti­on actu­el­le sont des infor­ma­ti­ons qui ne sont pas auto­ri­sées sur la base d’u­ne pesée des intérêts. 

§ 36 – Éva­lua­ti­on de l’im­pact sur les droits fondamentaux
Lorsqu’el­le envi­sa­ge d’uti­li­ser des systè­mes décis­i­on­nels algo­rith­mi­ques, l’in­sti­tu­ti­on publi­que éva­lue les ris­ques qu’ils pré­sen­tent pour les droits fon­da­men­taux des per­son­nes concernées. 
§ 37. ana­ly­se d’im­pact sur la pro­tec­tion des don­nées et con­trô­le préalable
1 L’in­sti­tu­ti­on publi­que réa­li­se une ana­ly­se d’im­pact rela­ti­ve à la pro­tec­tion des don­nées lorsqu’un trai­te­ment envi­sa­gé de don­nées per­son­nel­les est sus­cep­ti­ble d’en­gend­rer un ris­que éle­vé pour les droits fon­da­men­taux des per­son­nes concernées.
2 il sou­met un pro­jet de trai­te­ment de don­nées per­son­nel­les pré­sen­tant un ris­que éle­vé pour les droits fon­da­men­taux des per­son­nes con­cer­nées au pré­po­sé pour con­trô­le préalable.

Le § 10 IDG est repris tel quel du droit en vigueur. En com­plé­ment, il con­vi­ent de souli­gner que l’or­ga­ne public doit, lors de la pla­ni­fi­ca­ti­on de trai­te­ments de don­nées, prend­re en con­sidé­ra­ti­on, dans le cad­re de son ana­ly­se des bases juri­di­ques, les ris­ques pour l’en­sem­ble des droits fon­da­men­taux, y com­pris la pro­tec­tion cont­re la dis­cri­mi­na­ti­on, qui revêt une importance par­ti­cu­liè­re dans le con­tex­te de l’uti­li­sa­ti­on de systè­mes décis­i­on­nels algo­rith­mi­ques. Cet­te pro­tec­tion glo­ba­le des droits fon­da­men­taux n’est en revan­che pas l’ob­jec­tif de la LDI. En con­sé­quence, la pro­tec­tion cont­re la dis­cri­mi­na­ti­on ne peut pas non plus fai­re l’ob­jet d’un con­trô­le préalable. 

Vio­la­ti­ons de la pro­tec­tion des données

§ 38. a. Com­mu­ni­ca­ti­on au préposé
1 L’or­ga­ne public com­pé­tent signa­le immé­dia­te­ment au pré­po­sé le trai­te­ment non auto­ri­sé de don­nées per­son­nel­les ou la vio­la­ti­on de la sécu­ri­té des don­nées lorsque les droits fon­da­men­taux de la per­son­ne con­cer­née sont menacés.
2 Il y a vio­la­ti­on de la sécu­ri­té des don­nées lorsque des don­nées per­son­nel­les
a. se perdent,
b. sont sup­p­ri­mées, détrui­tes ou modi­fi­ées de maniè­re acci­den­tel­le ou illicite,
c. être com­mu­ni­quées ou ren­dues acce­s­si­bles à des per­son­nes non autorisées,
d. être por­tées à la con­nais­sance de per­son­nes non autorisées.
3 La noti­fi­ca­ti­on con­ti­ent au moins des infor­ma­ti­ons sur le trai­te­ment non auto­ri­sé ou le type de vio­la­ti­on de la sécu­ri­té des don­nées et ses con­sé­quen­ces, ain­si que sur les mesu­res pri­ses ou prévues.

Ali­néa 1Le § 12a IDG a été intro­duit lors de la révi­si­on du 25 novembre 2019 dans le cad­re de l’ad­ap­t­ati­on aux exi­gen­ces de la direc­ti­ve euro­pé­en­ne 2016/680 (cf. gui­de 6.4). Con­for­mé­ment à la direc­ti­ve, tou­te vio­la­ti­on de la sécu­ri­té des don­nées n’est pas sou­mi­se à l’ob­li­ga­ti­on de noti­fi­ca­ti­on. Les inci­dents qui n’en­traî­nent vrais­em­bla­blem­ent aucun ris­que pour les droits fon­da­men­taux des per­son­nes con­cer­nées ne sont pas sou­mis à l’ob­li­ga­ti­on de noti­fi­ca­ti­on (art. 30, al. 1 ; cf. Juli­an Powell, Die Revi­si­on der kan­to­na­len Daten­schutz­ge­set­ze, in : Jus­let­ter, 31 mai 2021, p. 9). La Con­fé­dé­ra­ti­on défi­nit à l’art. 5, let. h, nLPD la noti­on de sécu­ri­té des don­nées com­me «une att­ein­te à la sécu­ri­té qui a pour con­sé­quence que des don­nées per­son­nel­les sont acci­den­tel­le­ment ou illi­ci­te­ment per­dues, effa­cées, détrui­tes ou modi­fi­ées ou qu’el­les sont divul­guées ou ren­dues acce­s­si­bles à des per­son­nes non auto­ri­sées». L’art. 24, al. 1, nLPD stipu­le ensuite qu’u­ne vio­la­ti­on de la sécu­ri­té des don­nées doit être noti­fi­ée si elle «est sus­cep­ti­ble d’en­gend­rer un ris­que important pour la per­son­na­li­té ou les droits fon­da­men­taux de la per­son­ne con­cer­née». L’ob­li­ga­ti­on de noti­fi­ca­ti­on incom­be à l’or­ga­ne com­pé­tent, la com­pé­tence décou­lant du droit organisationnel.

Com­me dans le droit en vigueur, les trai­te­ments non auto­ri­sés de don­nées per­son­nel­les doi­vent éga­le­ment être décla­rés dans le can­ton de Zurich. Il con­vi­ent de souli­gner que le droit zurichois va sur ce point au-delà des exi­gen­ces de la direc­ti­ve euro­pé­en­ne et de la nLPD. Pour être sou­mis à l’ob­li­ga­ti­on de noti­fi­ca­ti­on, le trai­te­ment non auto­ri­sé doit éga­le­ment pré­sen­ter un ris­que important pour les droits fon­da­men­taux de la per­son­ne con­cer­née. Com­me exemp­les de trai­te­ments de don­nées non auto­ri­sés, on peut citer la coll­ec­te d’in­for­ma­ti­ons auprès des habi­tants sans base léga­le ou une coll­ec­te de don­nées sen­si­bles non néces­saires au moy­en de modè­les de for­mu­lai­res ou de deman­des par un ser­vice administratif.

§ L’ar­tic­le 12a IDG pré­sup­po­se un ris­que pour les droits fon­da­men­taux. Désor­mais, sur le modè­le de l’art. 24 al. 1 nLPD, un «ris­que important pour les droits fon­da­men­taux» doit être déter­mi­nant. Com­me tout trai­te­ment non auto­ri­sé de don­nées com­por­te en prin­ci­pe un ris­que pour les droits fon­da­men­taux, il se justi­fie – com­me le fait la Con­fé­dé­ra­ti­on – de ne pré­voir une obli­ga­ti­on de décla­ra­ti­on qu’en cas de ris­ques importants. Les con­sé­quen­ces néga­ti­ves pos­si­bles pour la per­son­ne con­cer­née d’u­ne vio­la­ti­on de la sécu­ri­té des don­nées ou d’un trai­te­ment non auto­ri­sé des don­nées sont déter­mi­nan­tes pour l’éva­lua­ti­on du ris­que. Les con­sé­quen­ces néga­ti­ves peu­vent être de dif­fér­ents types. On peut pen­ser par exemp­le à un pré­ju­di­ce finan­cier, à des incon­vé­ni­ents soci­aux (p. ex. att­ein­te à la répu­ta­ti­on), à des incon­vé­ni­ents éco­no­mi­ques (per­tes finan­ciè­res) ou à une dis­cri­mi­na­ti­on (cf. David Rosen­thal, Die Tücken spon­ta­ner Daten­schutz­be­ur­tei­lun­gen und was sich dage­gen tun kann, in : Jus­let­ter, 28 février 2022, p. 4 s.).

al. 2 : Cet­te dis­po­si­ti­on pré­cise quand il y a vio­la­ti­on de la sécu­ri­té des don­nées, les faits énu­mé­rés ne néces­si­tant pas d’ex­pli­ca­ti­ons sup­p­lé­men­tai­res. Le con­te­nu de cet­te dis­po­si­ti­on cor­re­spond à celui de l’art. 5, let. h, nLPD.

Con­cer­nant la lett­re d, il con­vi­ent d’a­jou­ter que cet­te dis­po­si­ti­on cou­vre notam­ment la pri­se de con­nais­sance par des pira­tes informatiques.

al. 3 règ­le le con­te­nu de la noti­fi­ca­ti­on. Le con­te­nu de cet­te dis­po­si­ti­on cor­re­spond à celui de l’art. 24, al. 2, nLPD en ce qui con­cer­ne la vio­la­ti­on de la sécu­ri­té des don­nées ; elle est donc ajou­tée ici. La noti­fi­ca­ti­on doit rens­eig­ner sur le type de trai­te­ment non auto­ri­sé des don­nées (par exemp­le la sup­pres­si­on de don­nées) ou sur la vio­la­ti­on de la sécu­ri­té des don­nées (par exemp­le la publi­ca­ti­on de don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res sans base léga­le cor­re­spond­an­te) et énu­mé­rer éga­le­ment les mesu­res pri­ses ou prévues. 

§ 39. b. Infor­ma­ti­on de la per­son­ne concernée
1 L’in­sti­tu­ti­on publi­que infor­me la per­son­ne con­cer­née des vio­la­ti­ons de la sécu­ri­té des don­nées si cela est néces­saire pour la pro­té­ger ou si le délé­gué le demande.
2 L’in­for­ma­ti­on con­ti­ent les don­nées de la décla­ra­ti­on con­for­mé­ment à l’ar­tic­le 38, para­gra­phe 3.
3 L’or­ga­ne public peut limi­ter ou renon­cer à tout ou par­tie de l’in­for­ma­ti­on de la per­son­ne con­cer­née si
a. une dis­po­si­ti­on léga­le ou un inté­rêt public ou pri­vé prépon­dé­rant s’op­po­se à l’information,
b. l’in­for­ma­ti­on n’est pas pos­si­ble ou néces­si­terait un effort très important,
c. l’in­for­ma­ti­on de la per­son­ne con­cer­née est assu­rée de maniè­re com­pa­ra­ble par un avis public.

Ali­néa 1Con­trai­re­ment au droit de l’UE, l’ob­li­ga­ti­on d’in­for­mer est plus lar­ge dans le can­ton de Zurich, en ce sens qu’el­le ne con­cer­ne pas seu­le­ment les inci­dents de sécu­ri­té, mais aus­si les trai­te­ments de don­nées non auto­ri­sés sus­cep­ti­bles d’en­traî­ner un ris­que important pour les droits fon­da­men­taux des per­son­nes con­cer­nées. L’ob­li­ga­ti­on d’in­for­mer la per­son­ne con­cer­née sert ici – con­for­mé­ment aux pre­scrip­ti­ons des artic­les 30 et 31 de la direc­ti­ve (UE) 2016/680 – en pre­mier lieu à limi­ter les dom­mages. Les per­son­nes con­cer­nées doi­vent être infor­mées si cela est néces­saire pour leur pro­tec­tion, en par­ti­cu­lier si elles peu­vent évi­ter ou limi­ter un dom­mage immi­nent par leurs pro­pres mesu­res (par exemp­le en modi­fi­ant un mot de pas­se). En out­re, en cas de vio­la­ti­on de la sécu­ri­té des don­nées, le délé­gué à la pro­tec­tion des don­nées peut, dans le cad­re de ses com­pé­ten­ces de sur­veil­lan­ce et de con­trô­le, exi­ger une infor­ma­ti­on de la per­son­ne con­cer­née ou du public (§§ 50 et sui­vants). Mais cela n’ent­re pro­ba­blem­ent en ligne de comp­te que si l’or­ga­ne public n’e­xer­ce pas son pou­voir d’ap­pré­cia­ti­on con­for­mé­ment à ses obligations.

al. 2 : La noti­fi­ca­ti­on doit en prin­ci­pe con­te­nir les mêmes élé­ments que la noti­fi­ca­ti­on au pré­po­sé, mais elle peut être limi­tée (al. 3).

ali­néa 3 : Le § 12a al. 3 IDG est repris, mais élar­gi con­for­mé­ment aux exi­gen­ces de l’art. 31 de la direc­ti­ve (UE) 2016/680 et à la régle­men­ta­ti­on de l’art. 24 al. 5 nLPD.

La let. b cor­re­spond lar­ge­ment à l’art. 24, al. 5, let. b nLPD. Le cas où une infor­ma­ti­on est impos­si­ble n’est pas repris. Cet­te évi­dence ne doit pas être réglée dans la loi.

La let. c cor­re­spond à l’art. 24, al. 5, let. c nLPD. Il con­vi­ent de rete­nir que la com­mu­ni­ca­ti­on doit être appro­priée. La simp­le pos­si­bi­li­té pour les per­son­nes con­cer­nées de s’in­for­mer n’est pas suffisante. 

C. Com­mu­ni­ca­ti­on de don­nées personnelles

Remar­ques préliminaires

Com­me dans le droit en vigueur, des règles par­ti­cu­liè­res s’ap­pli­quent à la com­mu­ni­ca­ti­on de don­nées per­son­nel­les, qui con­sti­tue un cas par­ti­cu­lier de trai­te­ment de don­nées per­son­nel­les. Les dis­po­si­ti­ons actu­el­les des §§ 16 s. IDG sont réor­ga­ni­sées afin que la dif­fé­rence ent­re la com­mu­ni­ca­ti­on de don­nées per­son­nel­les et la com­mu­ni­ca­ti­on de don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res soit plus clai­re et plus faci­le à comprendre.

Lors de chaque com­mu­ni­ca­ti­on de don­nées, un orga­ne public doit pro­cé­der à une pesée des inté­rêts et véri­fier s’il exi­ste des inté­rêts ou des dis­po­si­ti­ons léga­les con­trai­res qui s’op­po­sent à la com­mu­ni­ca­ti­on des don­nées per­son­nel­les (§ 11 ; § 23 IDG). C’est en prin­ci­pe aus­si le cas lorsque la com­mu­ni­ca­ti­on de don­nées s’ap­pu­ie sur une base juri­di­que cor­re­spond­an­te (al. 1). Dans ces cas, l’ex­amen est tou­te­fois natu­rel­le­ment limi­té, car la légis­la­ti­on spé­cia­le qui régit la com­mu­ni­ca­ti­on des don­nées a déjà pro­cé­dé à une pre­miè­re pesée des intérêts.

La com­mu­ni­ca­ti­on à des fins non per­son­nel­les est réglée sépa­ré­ment. Des exi­gen­ces rédui­tes s’ap­pli­quent à ces com­mu­ni­ca­ti­ons (voir § 37). 

§ 40. Autorisation
1 L’or­ga­ne public peut com­mu­ni­quer des don­nées per­son­nel­les s’il exi­ste une base dans une loi ou une ordonnance.
2 Il peut com­mu­ni­quer des don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res s’il exi­ste une base léga­le suf­fi­sam­ment pré­cise à cet effet.
3 Dans des cas par­ti­cu­liers, il peut en out­re com­mu­ni­quer des don­nées per­son­nel­les et des don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res si
a. la per­son­ne con­cer­née a don­né son consentement,
b. un aut­re orga­ne public ou un orga­ne d’un aut­re can­ton ou de la Con­fé­dé­ra­ti­on le deman­de et prouve qu’il est auto­ri­sé à trai­ter les données,
c. ceci afin d’é­vi­ter un dan­ger immi­nent
1. est indis­pensable pour la vie et l’in­té­gri­té cor­po­rel­le ou
2. est néces­saire pour d’aut­res biens juri­di­ques de haut niveau et peut être rai­sonnablem­ent exi­gée de la per­son­ne concernée.

Com­me dans le droit en vigueur, la com­mu­ni­ca­ti­on de don­nées per­son­nel­les ne peut avoir lieu que s’il exi­ste une base cor­re­spond­an­te dans une loi ou une ordon­nan­ce (jus­qu’i­ci § 16 al. 1 let. a LDI : «dis­po­si­ti­on léga­le»). L’e­xi­gence pour la com­mu­ni­ca­ti­on des don­nées per­son­nel­les est donc plus stric­te que pour leur trai­te­ment qui, selon le § 24 let. b, est éga­le­ment auto­ri­sé si cela est néces­saire à l’ac­com­plis­se­ment d’u­ne tâche défi­nie dans une loi ou une ordon­nan­ce. Cela se justi­fie notam­ment par le fait que la com­mu­ni­ca­ti­on à d’aut­res orga­nes publics peut se fai­re par le biais de l’en­trai­de admi­ni­stra­ti­ve (cf. al. 3, let. b) et que la com­mu­ni­ca­ti­on à des fins non per­son­nel­les est éga­le­ment sou­mi­se à des exi­gen­ces rédui­tes (cf. § 37).

En ce qui con­cer­ne l’ad­mi­ni­stra­ti­on can­to­na­le, il con­vi­ent de men­ti­on­ner le § 44 al. 3 OG RR, selon lequel tous les ser­vices de l’ad­mi­ni­stra­ti­on can­to­na­le «ont accès aux don­nées per­son­nel­les dans la mesu­re où elles sont néces­saires à l’ac­com­plis­se­ment de leurs tâches». Au sein de l’ad­mi­ni­stra­ti­on can­to­na­le, les don­nées per­son­nel­les doi­vent donc être com­mu­ni­quées dans la mesu­re où la tâche pour laquel­le elles sont néces­saires dis­po­se d’u­ne base léga­le dans une loi ou une ordon­nan­ce. La com­mu­ni­ca­ti­on de don­nées per­son­nel­les à d’aut­res orga­nes publics dans le cad­re de l’en­trai­de admi­ni­stra­ti­ve est ensuite régle­men­tée à l’a­li­néa 3, lett­re b.

al. 2 : La con­di­ti­on pré­alable à la com­mu­ni­ca­ti­on de don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res est, com­me dans le droit en vigueur, une base suf­fi­sam­ment pré­cise dans une loi (au sens for­mel). L’e­xi­gence est donc plus stric­te pour la com­mu­ni­ca­ti­on de don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res que pour leur trai­te­ment, qui est éga­le­ment auto­ri­sé sous cer­tai­nes con­di­ti­ons s’il est indis­pensable à l’ac­com­plis­se­ment d’u­ne tâche défi­nie dans une loi (cf. § 25, let. b).

ali­néa 3 : Les let. a et b de cet ali­néa énumè­rent cer­ta­ins cas par­ti­cu­liers dans les­quels la com­mu­ni­ca­ti­on de don­nées per­son­nel­les, y com­pris de don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res, est auto­ri­sée au cas par cas.

La let. a cor­re­spond au droit en vigueur (§§ 16 al. 1 let. b et 17 al. 1 let. b IDG). Pour le con­sen­te­ment, il con­vi­ent de se réfé­rer à la nou­vel­le dis­po­si­ti­on du § 12. En exi­geant un con­sen­te­ment exprès pour les don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res, cet­te dis­po­si­ti­on cor­re­spond au droit en vigueur.

La let. b règ­le l’en­trai­de admi­ni­stra­ti­ve géné­ra­le dans la mesu­re où elle con­cer­ne des don­nées per­son­nel­les. Il con­vi­ent de pré­cis­er que l’ob­ten­ti­on de rens­eig­ne­ments impli­que la plu­part du temps obli­ga­toire­ment la com­mu­ni­ca­ti­on de don­nées per­son­nel­les au ser­vice solli­ci­té pour que celui-ci pui­s­se four­nir un rens­eig­ne­ment. Ce type de com­mu­ni­ca­ti­on de don­nées est en prin­ci­pe admis­si­ble – en tant que con­di­ti­on pré­alable à la coll­ec­te de don­nées par le biais de l’as­si­stance admi­ni­stra­ti­ve – et con­sti­tue avant tout une que­sti­on de proportionnalité.

Sur la base des réac­tions majo­ri­taire­ment cri­ti­ques expri­mées lors de la con­sul­ta­ti­on, la com­mu­ni­ca­ti­on de tou­tes les don­nées per­son­nel­les au tit­re de l’en­trai­de admi­ni­stra­ti­ve ne doit avoir lieu qu’au cas par cas, com­me dans le droit en vigueur. L’au­to­ri­sa­ti­on de trai­ter les don­nées per­son­nel­les pré­sup­po­se l’e­xi­stence d’u­ne base juri­di­que con­for­mé­ment aux §§ 24 et sui­vants. Si une com­mu­ni­ca­ti­on régu­liè­re est néces­saire, c’est-à-dire si l’en­trai­de admi­ni­stra­ti­ve doit être dis­so­ciée des cas indi­vi­du­els, l’or­ga­ne public est tenu de cré­er une base léga­le correspondante.

Selon la régle­men­ta­ti­on actu­el­le de l’en­trai­de admi­ni­stra­ti­ve, la que­sti­on se pose régu­liè­re­ment de savoir dans quel­le mesu­re l’or­ga­ne qui com­mu­ni­que les don­nées est responsable de l’ex­amen de la con­di­ti­on pré­vue aux §§ 16 al. 2 et 17 al. 2 LDI, c’est-à-dire si l’or­ga­ne requé­rant a «beso­in de ces don­nées per­son­nel­les pour accom­plir ses tâches léga­les». La que­sti­on se pose éga­le­ment de savoir si l’or­ga­ne qui com­mu­ni­que les don­nées est en mesu­re de pro­cé­der à un tel examen. A l’a­ve­nir, la dis­po­si­ti­on rela­ti­ve à l’en­trai­de admi­ni­stra­ti­ve dev­ra donc s’o­ri­en­ter plus clai­re­ment sur l’au­to­ri­sa­ti­on de l’or­ga­ne requé­rant à trai­ter des don­nées. Il sera exi­gé de l’or­ga­ne deman­deur qu’il prouve sa légiti­mi­té à trai­ter des don­nées ain­si que la fina­li­té et la pro­por­ti­on­na­li­té de ce trai­te­ment. Cet­te exi­gence était déjà la règ­le dans le droit en vigueur, mais elle n’é­tait pas expres­sé­ment men­ti­onnée dans la loi. Les exi­gen­ces rela­ti­ves à la base léga­le sont déter­mi­nées par les §§ 24 s. (§ 8 IDG). Cet­te preuve de la légiti­ma­ti­on avec la deman­de d’en­trai­de admi­ni­stra­ti­ve con­duit à la fois à une régle­men­ta­ti­on plus clai­re en ce qui con­cer­ne la responsa­bi­li­té des orga­nes impli­qués et à la con­gru­ence ent­re la légiti­ma­ti­on pour la com­mu­ni­ca­ti­on de don­nées per­son­nel­les selon le § 35 et la légiti­ma­ti­on pour le trai­te­ment de don­nées per­son­nel­les selon les §§ 24 f.

Il con­vi­ent de tenir comp­te, lors de la com­mu­ni­ca­ti­on, de l’ob­li­ga­ti­on d’in­for­mer sur la coll­ec­te con­for­mé­ment au § 31 (anci­en­ne­ment § 12 IDG). L’or­ga­ne qui coll­ec­te les don­nées dans le cad­re de l’en­trai­de admi­ni­stra­ti­ve géné­ra­le est tenu d’in­for­mer sur la coll­ec­te. Cet­te obli­ga­ti­on d’in­for­ma­ti­on ne s’ap­pli­que pas en cas de com­mu­ni­ca­ti­on de don­nées selon les ali­né­as 1 et 2, c’est-à-dire lorsqu’il exi­ste une base léga­le spé­cia­le suf­fi­san­te. Il est donc éga­le­ment dans l’in­té­rêt des orga­nes publics de cré­er des bases léga­les pré­cis­es pour la coll­ec­te de don­nées, car cela sup­p­rime l’ob­li­ga­ti­on d’informer.

Lit. c : Cet­te dis­po­si­ti­on cor­re­spond éga­le­ment au droit en vigueur (§§ 16 al. 1 let. c et 17 al. 1 let. c LDI). Selon la pre­miè­re par­tie de cet­te dis­po­si­ti­on, la com­mu­ni­ca­ti­on de don­nées doit être indis­pensable pour écar­ter un dan­ger pour la vie ou l’in­té­gri­té cor­po­rel­le. Si d’aut­res moy­ens sont donc dis­po­ni­bles pour écar­ter le dan­ger, ils doi­vent être choi­sis. En com­plé­ment, il con­vi­ent de noter que la pro­tec­tion des «aut­res biens juri­di­ques essen­tiels» dans la deu­xiè­me par­tie de la dis­po­si­ti­on eng­lo­be éga­le­ment l’in­for­ma­ti­on du public, dans la mesu­re où cel­le-ci est néces­saire pour pro­té­ger la con­fi­ance en l’E­tat. Il arri­ve que les orga­nes de l’É­tat soi­ent con­fron­tés à des repro­ches qu’il est néces­saire de réfu­ter afin de ne pas saper la con­fi­ance dans le fonc­tion­ne­ment de l’É­tat. Dans cer­tai­nes con­di­ti­ons, la com­mu­ni­ca­ti­on de don­nées per­son­nel­les doit alors être pos­si­ble, et ce indé­pen­dam­ment du con­sen­te­ment de la per­son­ne con­cer­née. Il va de soi que dans un tel cas, l’in­té­rêt public à l’in­for­ma­ti­on doit l’em­porter sur l’in­té­rêt à la pro­tec­tion de la vie pri­vée de la per­son­ne con­cer­née. La pesée des inté­rêts doit se fai­re en fonc­tion des don­nées à com­mu­ni­quer : Plus le ris­que d’att­ein­te à la per­son­na­li­té est grand, plus l’in­té­rêt public doit être important. Dans le cad­re de la rec­ti­fi­ca­ti­on d’in­for­ma­ti­ons erro­n­ées notam­ment, il est par­fois indis­pensable de com­mu­ni­quer des don­nées per­son­nel­les, voi­re des don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res. On peut pen­ser par exemp­le à une infor­ma­ti­on sur une enquête admi­ni­stra­ti­ve clôtu­rée. Les résul­tats d’u­ne tel­le enquête et les mesu­res pri­ses à l’é­gard des per­son­nes con­cer­nées doi­vent pou­voir être com­mu­ni­qués. Dans ce con­tex­te, il n’est par­fois pas pos­si­ble de rend­re les don­nées anonymes. 

§ 41 – Publi­ca­ti­on transfrontalière
L’or­ga­ne public peut com­mu­ni­quer des don­nées per­son­nel­les à des desti­na­tai­res qui ne sont pas sou­mis à la Con­ven­ti­on du 28 jan­vier 1981 pour la pro­tec­tion des per­son­nes à l’é­gard du trai­te­ment auto­ma­ti­sé des don­nées à carac­tère per­son­nel, si
a. si une base léga­le le per­met et si cela sert à pro­té­ger les inté­rêts de la per­son­ne con­cer­née ou des inté­rêts publics prépondérants,
b. une pro­tec­tion adé­qua­te du trai­te­ment des don­nées est garan­tie dans l’É­tat desti­na­tai­re ; ou
c. il a con­ve­nu de mesu­res de sécu­ri­té appro­priées avec les destinataires.

Cet­te dis­po­si­ti­on est repri­se tel­le quel­le du droit en vigueur (§ 19 LDI), à l’ex­cep­ti­on d’u­ne modi­fi­ca­ti­on de la lett­re a. Selon le droit en vigueur, la com­mu­ni­ca­ti­on de don­nées per­son­nel­les à des desti­na­tai­res non sou­mis à la Con­ven­ti­on STE 108 est auto­ri­sée si une pro­tec­tion adé­qua­te est garan­tie dans l’E­tat desti­na­tai­re pour la trans­mis­si­on des don­nées. La pro­tec­tion adé­qua­te dans l’É­tat desti­na­tai­re ne doit pas seu­le­ment cou­vr­ir la trans­mis­si­on de don­nées en tant que pro­ce­s­sus, mais éga­le­ment garan­tir la pro­tec­tion des don­nées trans­mi­ses, rai­son pour laquel­le une adap­t­ati­on cor­re­spond­an­te est pro­po­sée. Les don­nées per­son­nel­les des per­son­nes mora­les peu­vent éga­le­ment être trans­mi­ses à l’étran­ger si les desti­na­tai­res sont sou­mis à la con­ven­ti­on STE 108. Cela est valable bien que la con­ven­ti­on STE 108 ne pré­voie pas de pro­tec­tion pour les don­nées per­son­nel­les des per­son­nes mora­les. Cela s’ex­pli­que par le fait que, d’u­ne part, cer­tai­nes exi­gen­ces en matiè­re de trai­te­ment des don­nées, garan­ties par la Con­ven­ti­on, s’ap­pli­quent à tous les types de trai­te­ment de don­nées. D’aut­re part, on peut par­tir du prin­ci­pe que ces États garan­tis­sent géné­ra­le­ment le respect de l’É­tat de droit et la pro­tec­tion des droits des per­son­nes mora­les, tels que les droits de la per­son­na­li­té, les droits d’au­teur ain­si que les secrets pro­fes­si­on­nels, d’af­fai­res et de fabrication.

Lit. a : Une com­mu­ni­ca­ti­on peut excep­ti­on­nel­le­ment avoir lieu vers des pays ne dis­po­sant pas d’un niveau de pro­tec­tion cor­re­spond­ant, si une base léga­le le per­met et si cela sert les inté­rêts de la per­son­ne con­cer­née ou si cela est dans l’in­té­rêt public prépondérant.

Lit. b : Si la com­mu­ni­ca­ti­on de don­nées doit avoir lieu dans des pays offrant un niveau de pro­tec­tion des don­nées adé­quat, il n’est pas néces­saire de dis­po­ser d’u­ne base léga­le expres­se ni de pro­cé­der à une pesée des inté­rêts con­for­mé­ment à la lett­re a.

Lit. c : Une com­mu­ni­ca­ti­on à des pays ne dis­po­sant pas d’un niveau de pro­tec­tion cor­re­spond­ant est en out­re pos­si­ble si le néces­saire est pré­vu par contrat.

§ 42. fina­li­tés non personnelles
L’in­sti­tu­ti­on publi­que peut com­mu­ni­quer des don­nées per­son­nel­les en vue de leur trai­te­ment à des fins non per­son­nel­les si
a. aucu­ne dis­po­si­ti­on léga­le ne l’exclut,
b. les don­nées per­son­nel­les soi­ent ren­dues anony­mes ou effa­cées dès que et dans la mesu­re où la fina­li­té du trai­te­ment le permet,
c. les résul­tats ne soi­ent publiés que de maniè­re à ce que les per­son­nes con­cer­nées ne soi­ent pas identifiables.

Ali­néa 1La recher­che, les sta­ti­sti­ques et la pla­ni­fi­ca­ti­on néces­si­tent une mul­ti­tu­de d’in­for­ma­ti­ons qui sont sou­vent liées aux per­son­nes. L’ob­jec­tif est tou­te­fois d’ob­te­nir des éva­lua­tions ou des décla­ra­ti­ons qui ne sont pas liées aux per­son­nes indi­vi­du­el­les et qui sont sou­vent d’in­té­rêt public géné­ral pour la socié­té, l’é­co­no­mie et la poli­tique. Ain­si, un bon état des don­nées (par exemp­le des sta­ti­sti­ques) per­met notam­ment aux respons­ables poli­ti­ques et admi­ni­stra­tifs de prend­re des décis­i­ons mieux infor­mées, favo­ri­se l’in­no­va­ti­on et la trans­pa­rence. L’im­portance des don­nées s’est for­te­ment accrue dans le cad­re de la trans­for­ma­ti­on numé­ri­que et leur poten­tiel est aujour­d’hui lar­ge­ment recon­nu. En rai­son de cet­te dif­fé­rence de fina­li­té et des ris­ques moind­res qui en décou­lent pour les droits fon­da­men­taux des per­son­nes con­cer­nées, les trai­te­ments de don­nées à des fins non per­son­nel­les sont sou­mis à des allé­ge­ments. Cela vaut à con­di­ti­on que les don­nées soi­ent ren­dues anony­mes et que les résul­tats ne soi­ent publiés que de maniè­re à ce que les per­son­nes con­cer­nées ne soi­ent pas iden­ti­fi­a­bles (cf. § 26, al. 2). Des allè­ge­ments ana­lo­gues sont éga­le­ment indi­qués pour la com­mu­ni­ca­ti­on de don­nées à carac­tère per­son­nel. Pour que les bases de don­nées néces­saires à la recher­che, à la sta­ti­stique et à la pla­ni­fi­ca­ti­on pui­s­sent être cré­ées, il est sou­vent néces­saire de reli­er les don­nées de dif­fér­ents ser­vices. En con­sé­quence, les orga­nes publics doi­vent en prin­ci­pe com­mu­ni­quer des don­nées per­son­nel­les à des fins ne se rap­portant pas à des per­son­nes – con­trai­re­ment à ce que pré­voit le § 35 – dans la mesu­re où les con­di­ti­ons pré­vues à l’a­li­néa 2 pour la pro­tec­tion des droits fon­da­men­taux des per­son­nes con­cer­nées sont rem­plies et qu’au­cu­ne dis­po­si­ti­on juri­di­que n’ex­clut une tel­le com­mu­ni­ca­ti­on de données.

Lit. a : Si la com­mu­ni­ca­ti­on de don­nées doit éga­le­ment être exclue à des fins non per­son­nel­les, cela peut être réglé par une loi spéciale.

Lit. b et c : Com­me au § 26, ali­néa 2, il est ajou­té que l’an­ony­mi­sa­ti­on doit avoir lieu dès que et dans la mesu­re où le but du trai­te­ment le per­met (cf. éga­le­ment les remar­ques rela­ti­ves au § 26 avec le ren­voi au § 9 StatG). Il con­vi­ent de noter que l’an­ony­mi­sa­ti­on signi­fie que tou­tes les don­nées brutes sont ren­dues anony­mes et qu’il n’est plus pos­si­ble de se réfé­rer à des per­son­nes sur la base de l’en­sem­ble des don­nées dis­po­ni­bles (cf. supra § 20). Par rap­port à la ver­si­on actu­el­le du § 18 al. 2 LDI, la men­ti­on selon laquel­le «les don­nées per­son­nel­les initia­les doi­vent être détrui­tes après l’ana­ly­se» est sup­p­ri­mée. Grâ­ce à l’an­ony­mi­sa­ti­on, les don­nées «ori­gi­na­les» ou les don­nées brutes n’e­xi­stent plus du tout. Une des­truc­tion des don­nées brutes n’est donc plus pos­si­ble. Il con­vi­ent d’a­jou­ter que les desti­na­tai­res des don­nées ne sont pas auto­ri­sés à copi­er les don­nées brutes. 

D. Droits des per­son­nes concernées

Droit d’ac­cès

§ 43. a. Principe
1 Tou­te per­son­ne a le droit d’ac­cé­der aux don­nées per­son­nel­les qu’un orga­ne public trai­te à son sujet. L’or­ga­ne public indi­que notam­ment l’uti­li­sa­ti­on de systè­mes décis­i­on­nels algorithmiques.
2 Sont exclus du droit d’ac­cès les enre­gi­stre­ments qui ne sont pas ache­vés ou qui sont desti­nés exclu­si­ve­ment à un usa­ge personnel.
3 L’ac­cès à ses pro­pres don­nées per­son­nel­les est gratuit.

L’ac­cès aux don­nées per­son­nel­les se distin­gue de l’ac­cès aux infor­ma­ti­ons. C’est pour­quoi il est réglé dans la sec­tion 3 sur la pro­tec­tion des don­nées, sous la rubri­que «droit d’accès».

Ali­néa 1 éta­blit le droit de tou­te per­son­ne d’ac­cé­der aux don­nées per­son­nel­les la con­cer­nant qui sont trai­tées par un orga­ne public. La deman­de doit être adres­sée à l’or­ga­ne qui trai­te les don­nées. Le droit d’ac­cès com­prend tou­tes les infor­ma­ti­ons déte­nues par un orga­ne public don­né sur la per­son­ne qui deman­de des infor­ma­ti­ons. La per­son­ne con­cer­née a en out­re le droit d’êt­re infor­mée de la base juri­di­que et de la fina­li­té du trai­te­ment des don­nées. Elle doit en out­re être infor­mée des orga­nes qui par­ti­ci­pent au trai­te­ment des don­nées et des ser­vices qui reçoi­vent régu­liè­re­ment les infor­ma­ti­ons cor­re­spond­an­tes. Par rap­port au droit en vigueur, il a été ajou­té que la per­son­ne qui deman­de des infor­ma­ti­ons doit être infor­mée si les don­nées per­son­nel­les sont trai­tées au moy­en de systè­mes de décis­i­on algo­rith­mi­ques. Il s’a­git ain­si de répond­re au beso­in légiti­me de trans­pa­rence con­cer­nant l’uti­li­sa­ti­on de tels systèmes.

al. 2 : Con­trai­re­ment au droit d’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on, l’i­den­ti­fi­ca­ti­on du deman­deur est indis­pensable pour le droit d’ac­cès. La for­me sous laquel­le la per­son­ne s’i­den­ti­fie peut prend­re dif­fé­ren­tes for­mes. Il est tou­te­fois essen­tiel que l’i­den­ti­fi­ca­ti­on soit véri­fia­ble, car c’est le seul moy­en de garan­tir que les don­nées per­son­nel­les ne soi­ent pas trans­mi­ses à des per­son­nes non autorisées.

Il est éga­le­ment envi­sa­geable de s’i­den­ti­fier auprès d’un ser­vice cen­tral au moy­en d’un comp­te citoy­en (par exemp­le «Mon comp­te» dans la ville de Zurich ou «Comp­te zurichois» dans le can­ton de Zurich).

ali­néa 3 : Com­me sous le droit actuel, l’ac­cès à ses pro­pres don­nées per­son­nel­les doit être gratuit.

ali­néa 4 : Selon la doc­tri­ne domi­nan­te (cf. Urs Thö­nen, in : Pra­xis­kom­men­tar IDG, § 26 N. 18), les tiers con­cer­nés ne doi­vent pas obli­ga­toire­ment être enten­dus. Si des don­nées per­son­nel­les de plu­sieurs per­son­nes sont trai­tées dans un dos­sier, les don­nées doi­vent être attri­buées aux dif­fé­ren­tes per­son­nes. Le con­te­nu des docu­ments qui con­cer­nent des tiers et qui ne peu­vent pas être qua­li­fi­és de don­nées per­son­nel­les pro­pres à la par­tie qui deman­de les infor­ma­ti­ons doit être exclu de l’ac­cès ou le con­te­nu doit être par­ti­el­le­ment anony­mi­sé. Si des don­nées per­son­nel­les révè­lent éga­le­ment des infor­ma­ti­ons sur des tiers (p. ex. des don­nées dans le cad­re d’u­ne pro­cé­du­re de pro­tec­tion de l’en­fant), il con­vi­ent de pro­cé­der à une pesée des inté­rêts (Beat Rudin, in : Pra­xis­kom­men­tar IDG, § 20 N. 26 ss.). L’or­ga­ne public déci­de alors, sur la base de cet­te pesée des inté­rêts, si la deman­de d’a­vis est néces­saire dans le cas par­ti­cu­lier. Si l’or­ga­ne public esti­me qu’il est néces­saire de deman­der une pri­se de posi­ti­on pour pro­cé­der à la pesée des inté­rêts, aucu­ne pro­cé­du­re for­mel­le n’est néces­saire. La deman­de d’a­vis ne signi­fie donc pas (con­trai­re­ment à l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on) une impli­ca­ti­on for­mel­le dans la pro­cé­du­re. Le § 20 s’ap­pli­que donc par analogie.

L’ac­cès à ses pro­pres don­nées per­son­nel­les est réglé dif­fé­rem­ment de l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on sur quel­ques points essen­tiels. Con­trai­re­ment au droit d’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on, le droit d’ac­cès ne doit en prin­ci­pe pas être sub­or­don­né à la justi­fi­ca­ti­on d’un inté­rêt digne de pro­tec­tion de la part du requé­rant, même en cas d’ef­fort très important. L’ac­cès à ses pro­pres don­nées per­son­nel­les doit béné­fi­ci­er à cet égard d’u­ne pro­tec­tion plus éle­vée que l’ac­cès aux infor­ma­ti­ons. § L’ar­tic­le 17, para­gra­phe 2, n’est donc pas appli­ca­ble au droit d’ac­cès. Tou­te­fois, en cas d’e­xer­ci­ce abu­sif du droit d’ac­cès, il n’e­xi­ste aucun droit à la pro­tec­tion et l’or­ga­ne public peut refu­ser de four­nir les don­nées en se fond­ant sur l’in­ter­dic­tion de l’a­bus de droit. Les exi­gen­ces rela­ti­ves à la preuve de l’a­bus de droit sont tou­te­fois strictes.

Par ana­lo­gie, les mêmes règles s’ap­pli­quent aux enre­gi­stre­ments non ter­mi­nés (§ 18, let. c) ain­si qu’aux dis­po­si­ti­ons de pro­cé­du­re con­cer­nant les délais (§ 21) et la décis­i­on en cas de refus, de limi­ta­ti­on ou d’a­jour­ne­ment des rens­eig­ne­ments (§ 23, let. a). Les dis­po­si­ti­ons rela­ti­ves aux frais (§ 22) ne sont pas appli­ca­bles, étant don­né que la régle­men­ta­ti­on spé­cia­le de l’a­li­néa 3 s’ap­pli­que aux deman­des de rens­eig­ne­ments. Il con­vi­ent de noter que les tiers ne sont pas impli­qués dans le droit d’ac­cès con­for­mé­ment au § 20 (cf. ci-des­sus, al. 4). Sous le droit en vigueur, cela ne vaut que pour les deman­des d’ac­cès aux infor­ma­ti­ons, même si cela ne res­sor­tait pas clai­re­ment de la régle­men­ta­ti­on léga­le (§ 26 LDI). Ain­si, le § 20 LDI règ­le l’ac­cès aux pro­pres don­nées per­son­nel­les et aux infor­ma­ti­ons sous la rubri­que «accès aux infor­ma­ti­ons» et aucu­ne dif­fé­ren­cia­ti­on n’est fai­te dans la régle­men­ta­ti­on de la pro­cé­du­re sous le tit­re «pro­cé­du­re d’ac­cès aux infor­ma­ti­ons» (§§ 24 ss. LDI). 

§ 44. b. Procédure
1 Tou­te per­son­ne qui deman­de des infor­ma­ti­ons doit s’i­den­ti­fier auprès de l’or­ga­ne public compétent.
2 Si ses pro­pres don­nées per­son­nel­les con­cer­nent éga­le­ment des infor­ma­ti­ons sur des tiers, l’or­ga­ne public peut deman­der à ces der­niers de prend­re posi­ti­on. Si une pri­se de posi­ti­on est deman­dée, l’ar­tic­le 21, para­gra­phe 2, s’ap­pli­que par analogie.
3 L’or­ga­ne public four­nit les infor­ma­ti­ons dans un délai de 30 jours à comp­ter de la récep­ti­on de la deman­de. S’il n’est pas en mesu­re de respec­ter ce délai, il infor­me le deman­deur, avant l’ex­pi­ra­ti­on de celui-ci, de la date à laquel­le une décis­i­on sur la deman­de sera ren­due, en indi­quant les motifs.
4 S’il refu­se, limi­te ou repor­te l’in­for­ma­ti­on, il rend une décision.
§ 45. pro­tec­tion de ses pro­pres don­nées personnelles
1 La per­son­ne con­cer­née peut deman­der à l’in­sti­tu­ti­on publi­que de
a. les don­nées per­son­nel­les inexac­tes sont rec­ti­fi­ées ou détruites,
b. s’ab­sti­ent de trai­ter des don­nées per­son­nel­les de maniè­re illicite,
c. éli­mi­ne les con­sé­quen­ces du trai­te­ment illicite,
d. con­sta­te le carac­tère illi­ci­te du traitement.
2 Lorsque la rec­ti­fi­ca­ti­on ou la des­truc­tion de don­nées per­son­nel­les est deman­dée et que ni leur exac­ti­tu­de ni leur inexac­ti­tu­de ne peu­vent être éta­b­lies, l’or­ga­ne public appo­se la men­ti­on que l’e­xac­ti­tu­de est con­te­stée et limi­te le traitement.

Cet­te dis­po­si­ti­on est repri­se tel­le quel­le du droit en vigueur (§ 21 IDG).

§ 46. blo­ca­ge des don­nées personnelles
1 La per­son­ne con­cer­née peut fai­re blo­quer la com­mu­ni­ca­ti­on de ses don­nées per­son­nel­les à des per­son­nes pri­vées si l’or­ga­ne public peut com­mu­ni­quer des don­nées per­son­nel­les sans con­di­ti­on en ver­tu d’u­ne loi ou d’u­ne ordonnance.
2 L’or­ga­ne public com­mu­ni­que des don­nées per­son­nel­les mal­gré le blo­ca­ge si le blo­ca­ge empêche le requé­rant de fai­re valoir ses pro­pres droits vis-à-vis de la per­son­ne concernée.

Cet­te dis­po­si­ti­on cor­re­spond au droit en vigueur (§ 22 IDG). La ter­mi­no­lo­gie est adap­tée en fonc­tion de la régle­men­ta­ti­on du § 34 (auto­ri­sa­ti­on de com­mu­ni­ca­ti­on) (loi ou ordon­nan­ce au lieu de «dis­po­si­ti­on léga­le spé­cia­le»). Une com­mu­ni­ca­ti­on sans con­di­ti­on à des tiers sur la base d’u­ne ordon­nan­ce n’est tou­te­fois pas envi­sa­geable pour des don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res. En out­re, le droit en vigueur ne con­naît lui aus­si de tel­les com­mu­ni­ca­ti­ons par le biais de lois spé­cia­les que dans des cas excep­ti­on­nels et iso­lés (cf. par exemp­le les §§ 122 et 171a de la loi fis­ca­le du 8 juin 1997 [LS 631.1]).

La pro­cé­du­re de blo­ca­ge est régie par les dis­po­si­ti­ons géné­ra­les du droit admi­ni­stra­tif et ne doit pas fai­re l’ob­jet d’u­ne régle­men­ta­ti­on supplémentaire. 

Sec­tion 4 Préposé(e) à la trans­pa­rence et à la pro­tec­tion des données

Remar­ques préliminaires

Les con­seil­lè­res can­to­na­les Judith Anna Sto­fer et Sil­via Rigo­ni, Zurich, ont dépo­sé le 21 jan­vier 2019 une moti­on pour l’in­tro­duc­tion d’un ou d’u­ne préposé(e) à la trans­pa­rence (KR-No 23/2019). Selon le tex­te de la moti­on, cet­te per­son­ne devrait

- être responsable de tou­tes les que­sti­ons rela­ti­ves au prin­ci­pe de transparence,

- sur­veil­ler l’ap­pli­ca­ti­on des pre­scrip­ti­ons déter­mi­nan­tes et con­seil­ler les auto­ri­tés dans leur application,

- four­nir aux par­ti­cu­liers des infor­ma­ti­ons sur leurs droits,

- trai­ter les plain­tes et les deman­des des per­son­nes concernées,

- prend­re posi­ti­on sur les pro­jets de loi qui ont une inci­dence sur le prin­ci­pe de transparence,

- ser­vir de média­teur ent­re les auto­ri­tés et les par­ti­cu­liers en cas de conflit.

Le pro­jet pré­voit l’in­tro­duc­tion d’un pré­po­sé au prin­ci­pe de trans­pa­rence. La liste des tâches du pré­po­sé à la trans­pa­rence éta­b­lie par les moti­on­n­aires est cepen­dant très lar­ge. La com­pé­tence pour «tou­tes les que­sti­ons rela­ti­ves au prin­ci­pe de trans­pa­rence» est notam­ment très ouver­te. En ce qui con­cer­ne la tâche deman­dée de trai­ter les dénon­cia­ti­ons et les requêtes, il faut en out­re men­ti­on­ner que chaque orga­ne public est tenu de trai­ter les dénon­cia­ti­ons et les requêtes des per­son­nes con­cer­nées. Cela découle déjà de la doc­tri­ne et de la juris­pru­dence rela­ti­ves aux plain­tes en matiè­re de sur­veil­lan­ce (cf. Mar­tin Bert­schi, in : Kom­men­tar VRG, Vor­be­mer­kun­gen zu §§ 19 – 28a, N. 61 ss). Comp­te tenu de cet­te situa­ti­on juri­di­que, il a été renon­cé, lors de la révi­si­on de la LDI du 25 novembre 2019, à une régle­men­ta­ti­on cor­re­spond­an­te pour les tâches du pré­po­sé à la pro­tec­tion des don­nées. Il con­vi­ent donc de renon­cer éga­le­ment à une défi­ni­ti­on des tâches dans le domaine du prin­ci­pe de transparence.

En out­re, il est pré­vu de renon­cer à l’in­tro­duc­tion d’u­ne pro­cé­du­re de con­ci­lia­ti­on for­mel­le. Cer­tes, la Con­fé­dé­ra­ti­on et plu­sieurs can­tons (com­me le can­ton de Soleu­re) con­nais­sent, out­re l’in­for­ma­ti­on et le sou­ti­en des par­ti­cu­liers, une pro­cé­du­re de con­ci­lia­ti­on for­mel­le. L’in­tro­duc­tion d’u­ne tel­le pro­cé­du­re a d’ail­leurs été exami­née dans le cad­re de l’é­la­bo­ra­ti­on du pro­jet mis en con­sul­ta­ti­on. Mais fina­le­ment, les dis­po­si­ti­ons cor­re­spond­an­tes ont été reje­tées. Les pro­cé­du­res for­mel­les de con­ci­lia­ti­on retar­dent régu­liè­re­ment l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on et le can­ton d’Ar­go­vie a sup­p­ri­mé une régle­men­ta­ti­on cor­re­spond­an­te. Com­me le droit d’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on peut être mis en œuvre par voie de recours, une aut­re pro­cé­du­re for­mel­le ne sem­ble pas néces­saire. Il faut en out­re tenir comp­te du fait que les par­ties qui craign­ent d’êt­re débou­tées peu­vent uti­li­ser une pro­cé­du­re de média­ti­on pour retar­der la répon­se à une deman­de d’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on. Il con­vi­ent donc de renon­cer à une tel­le dis­po­si­ti­on. Il con­vi­ent tou­te­fois de rete­nir que le pré­po­sé peut et doit jouer un rôle de média­teur infor­mel ent­re les par­ties en cas de deman­de d’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on liti­gieu­se (cf. § 48, let. d). Il dis­po­se à cet égard d’un lar­ge pou­voir d’appréciation.

L’in­tro­duc­tion d’u­ne pré­po­sée ou d’un pré­po­sé au prin­ci­pe de trans­pa­rence – même si les tâches dans le domaine du prin­ci­pe de trans­pa­rence et dans le domaine de la pro­tec­tion des don­nées doi­vent être exer­cées par la même pré­po­sée ou le même pré­po­sé (voir ci-après § 41 al. 1) – ent­raî­ne­ra cer­ta­ins coûts sup­p­lé­men­tai­res. Il faut s’at­tendre à ce qu’au moins deux postes à plein temps doi­vent être cré­és auprès du pré­po­sé pour l’ac­com­plis­se­ment de cet­te tâche.

Afin de cla­ri­fier la struc­tu­re, le droit orga­ni­sa­ti­on­nel (tit­re A.) et les dis­po­si­ti­ons rela­ti­ves aux tâches (tit­res B. et C.) doi­vent être séparés. 

A. Orga­ni­sa­ti­on

§ 47. élec­tion et statut
1 Le Grand Con­seil élit une pré­po­sée ou un pré­po­sé au prin­ci­pe de la trans­pa­rence et à la pro­tec­tion des don­nées (pré­po­sée ou pré­po­sé) pour une péri­ode admi­ni­stra­ti­ve de quat­re ans.
2 Il peut révo­quer le pré­po­sé avant la fin de son man­dat en cas de man­quement gra­ve aux obli­ga­ti­ons de sa fonc­tion ou d’in­suf­fi­sance pro­fes­si­on­nel­le, sur pro­po­si­ti­on de sa direc­tion. Cet­te décis­i­on requiert une majo­ri­té de deux tiers des mem­bres du Grand Conseil.
3 Le ou la délégué(e) est rattaché(e) admi­ni­stra­ti­ve­ment à la direc­tion du Grand Conseil.

Ali­néa 1Cet­te dis­po­si­ti­on est repri­se du droit en vigueur (§ 30 IDG) et com­plé­tée par la nou­vel­le fonc­tion de préposé(e) à la trans­pa­rence. Il est ain­si éta­b­li que le ou la préposé‑e à la pro­tec­tion des don­nées doit désor­mais éga­le­ment rem­plir la fonc­tion de préposé‑e à la trans­pa­rence. Le regrou­pe­ment des deux tâches au sein d’un même ser­vice crée des syn­er­gies, car les que­sti­ons d’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on sont sou­vent liées aux que­sti­ons de pro­tec­tion des don­nées. En out­re, le pré­po­sé à la pro­tec­tion des don­nées dis­po­se déjà d’u­ne gran­de com­pé­tence en matiè­re d’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on, puis­qu’il a déjà répon­du à des deman­des dans ce domaine.

al. 2 : La for­mu­la­ti­on cor­re­spond à la ver­si­on adop­tée par le Grand Con­seil le 12 décembre 2022 (JO 2022-12-16) et doit être repri­se tel­le quel­le dans le nou­veau droit.

ali­néa 3 : Le sta­tut admi­ni­stra­tif est repris tel quel du § 30, al. 3, 2e phra­se de la LDI. Sur la base du nou­vel ali­néa 2, une adap­t­ati­on gram­ma­ti­cale est tou­te­fois néces­saire. L’in­dé­pen­dance est réglée dans un § 42 séparé. 

§ 48 – Indé­pen­dance et secret professionnel
1 Le ou la délégué(e) est indépendant(e).
2 Le pré­po­sé et ses col­la­bo­ra­teurs sont tenus au même devoir de dis­cré­ti­on que l’or­ga­ne public trai­tant les infor­ma­ti­ons dont ils pren­nent con­nais­sance dans le cad­re de leur activité.

Ali­néa 1 cor­re­spond au § 30 ali­néa 3 phra­se 1 IDG. En rai­son de son importance, cet­te dis­po­si­ti­on est dépla­cée dans un para­gra­phe sépa­ré. L’in­dé­pen­dance du pré­po­sé doit être com­pri­se au sens lar­ge et être com­pa­ra­ble à l’in­dé­pen­dance des tri­bu­naux. Elle a pour con­sé­quence que d’aut­res insti­tu­ti­ons de l’E­tat ne peu­vent pas influen­cer l’e­xer­ci­ce de l’ac­ti­vi­té du pré­po­sé, qu’il n’est pas sou­mis à des ins­truc­tions et qu’il doit être doté de moy­ens suffisants.

al. 2 : Cet­te dis­po­si­ti­on est repri­se du droit en vigueur avec une légè­re adap­t­ati­on lin­gu­istique (§ 38 IDG). 

§ 49. délé­gués dans les com­mu­nes et les organisations
1 Les com­mu­nes et les orga­ni­sa­ti­ons visées au § 6 ali­néa 1 lett­re c peu­vent dési­gner leurs pro­pres pré­po­sés. Elles peu­vent dési­gner dif­fé­ren­tes per­son­nes pour les tâches rela­ti­ves au prin­ci­pe de trans­pa­rence et à la pro­tec­tion des données.
2 Ils règ­lent la nomi­na­ti­on et l’or­ga­ni­sa­ti­on et s’assu­rent que les pré­po­sés dis­po­sent des qua­li­fi­ca­ti­ons pro­fes­si­on­nel­les néces­saires et qu’ils sont indé­pen­dants dans l’e­xer­ci­ce de leurs tâches et de leurs com­pé­ten­ces. Le pré­po­sé can­to­nal exer­ce la sur­veil­lan­ce supérieure.
3 Les com­mu­nes comp­tant au moins 50 000 habi­tants désign­ent un pré­po­sé à la pro­tec­tion des données.

Ali­néa 1Cet­te dis­po­si­ti­on est repri­se en gran­de par­tie du droit en vigueur (§ 33 LDI). Une adap­t­ati­on est effec­tuée, car la LDI pré­voit désor­mais un pré­po­sé éga­le­ment pour le domaine du prin­ci­pe de transparence.

Les com­mu­nes et les orga­ni­sa­ti­ons selon le § 5 ali­néa 1 lett­re c peu­vent dési­gner leurs pro­pres pré­po­sés, mais n’y sont pas obli­gées (excep­ti­on selon l’a­li­néa 3). Elles sont éga­le­ment libres de dési­gner un(e) préposé(e) dans un seul domaine (pro­tec­tion des don­nées ou prin­ci­pe de trans­pa­rence). En ver­tu de l’au­to­no­mie com­mu­na­le, les com­mu­nes sont en out­re libres de dési­gner des per­son­nes dif­fé­ren­tes pour les tâches rele­vant du prin­ci­pe de trans­pa­rence et cel­les rele­vant de la pro­tec­tion des données.

al. 2 : Le con­te­nu de cet­te dis­po­si­ti­on cor­re­spond au droit en vigueur. Le ter­me de «hau­te sur­veil­lan­ce» est tou­te­fois rem­pla­cé par celui de «sur­veil­lan­ce supé­ri­eu­re», car «hau­te sur­veil­lan­ce» est réser­vé à la hau­te sur­veil­lan­ce par­le­men­tai­re du Grand Con­seil. Dans d’aut­res lois, on uti­li­se «sur­veil­lan­ce» et «sur­veil­lan­ce supé­ri­eu­re» (cf. par ex. par exemp­le le § 27 de la loi sur l’au­to­dé­ter­mi­na­ti­on du 28 février 2022 [SLBG ; OS 78, 81], en vigueur à par­tir du 1er jan­vier 2024).

ali­néa 3 : A l’a­ve­nir, tou­tes les com­mu­nes dépas­sant le seuil de 50000 habi­tants seront tenues par la loi de dési­gner un ou une préposé(e) à la pro­tec­tion des don­nées. Une décis­i­on cor­re­spond­an­te du Con­seil d’E­tat ne sera plus néces­saire. Cet­te dis­po­si­ti­on per­met d’u­ne part de déchar­ger le pré­po­sé can­to­nal et d’aut­re part de par­tir du prin­ci­pe qu’à par­tir de ce nombre d’ha­bi­tants, un ser­vice de pro­tec­tion des don­nées peut être occu­pé – au moins à temps par­tiel. Dans les vil­les de Zurich et Win­ter­thur, les seu­les vil­les du can­ton de Zurich qui compt­ent plus de 50000 habi­tants, les com­mis­saires à la pro­tec­tion des don­nées sont étab­lis. La plus gran­de com­mu­ne sui­van­te, Uster, comp­tait 35723 habi­tants en 2022.

Etant don­né que les tâches dans le domaine de la pro­tec­tion des don­nées sont net­te­ment plus éten­dues que cel­les dans le domaine du prin­ci­pe de trans­pa­rence, il ne faut pas non plus s’at­tendre à ce que l’e­xer­ci­ce de ces tâches con­dui­se à une surchar­ge de tra­vail dans ce der­nier domaine. Il n’est donc pas néces­saire d’ob­li­ger les gran­des com­mu­nes à dési­gner éga­le­ment un pré­po­sé à la transparence. 

§ 50. salai­re et personnel
1 Le salai­re du ou de la man­da­tai­re cor­re­spond au mon­tant maxi­mal de la clas­se de salai­re 27 des employés cantonaux.
2 Le droit du per­son­nel du can­ton s’ap­pli­que au pré­po­sé et à son per­son­nel. Les dis­po­si­ti­ons de la pré­sen­te loi sont réservées.
3 Le ou la délégué(e) est compétent(e) pour l’en­ga­ge­ment et la pro­mo­ti­on de son per­son­nel dans le cad­re du bud­get approu­vé par le Grand Conseil.

Ali­néa 1: Cet­te dis­po­si­ti­on est repri­se du § 30 al. 2 IDG, comp­te tenu de la modi­fi­ca­ti­on du 12 décembre 2022 (JO 2022-12-16). Il appar­tient au Grand Con­seil de déci­der si le clas­se­ment dans cet­te clas­se de salai­re sem­ble éga­le­ment appro­prié comp­te tenu de la nou­vel­le tâche dans le domaine du prin­ci­pe de transparence.

La dis­po­si­ti­on tran­si­toire de la modi­fi­ca­ti­on du 12 décembre 2022, qui pré­voit que la modi­fi­ca­ti­on n’ent­re en vigueur qu’à l’ex­pi­ra­ti­on du man­dat en cours du Pré­po­sé à la pro­tec­tion des don­nées, ne doit pas être repri­se, car la réélec­tion du Pré­po­sé aura lieu fin avril 2024. Il ne faut pas s’at­tendre à ce que la pré­sen­te loi ent­re en vigueur d’i­ci là.

Ali­néa 2 et 3 : ces dis­po­si­ti­ons sont repri­ses tel­les quel­les du droit en vigueur (§ 31 IDG). 

§ 51. pro­tec­tion juridique
1 Les décis­i­ons du ou de la préposé‑e en matiè­re de droit du per­son­nel ou d’ad­mi­ni­stra­ti­on peu­vent fai­re l’ob­jet d’un recours auprès de la Délé­ga­ti­on admi­ni­stra­ti­ve du Grand Conseil.
2 L’ob­li­ga­ti­on de gar­der le secret con­for­mé­ment au § 48 al. 2 s’ap­pli­que éga­le­ment aux instances de recours.
3 Pour le reste, la pro­tec­tion juri­di­que est régie par la loi sur la pro­cé­du­re et la juri­dic­tion admi­ni­stra­ti­ves du 24 mai 1959.

Le § 39a IDG est repris. Con­for­mé­ment à la ter­mi­no­lo­gie uti­li­sée dans la loi sur le Grand Con­seil, on ne par­le plus que de la «délé­ga­ti­on admi­ni­stra­ti­ve du Grand Con­seil» (§ 16 al. 1 let. c et § 24 LCR). La même adap­t­ati­on ter­mi­no­lo­gi­que est effec­tuée dans la LCR et dans la loi sur le con­trô­le des finan­ces du 30 octobre 2000 (LS 614). 

§ 52. gesti­on bud­gé­tai­re, con­trô­le de gesti­on et comptabilité
1 Le ou la préposé(e) est soumis(e) à la loi sur le con­trô­le de gesti­on et la comp­ta­bi­li­té du 9 jan­vier 2006 (LCC) et aux décrets d’ap­pli­ca­ti­on du Con­seil-exé­cu­tif y afférents.
2 Il ou elle est assimilé(e) au Con­seil d’E­tat en ce qui con­cer­ne les com­pé­ten­ces en matiè­re de dépen­ses. Les §§ 19 – 25 CRG s’ap­pli­quent par analogie.
3 Le ou la man­da­tai­re tient sa pro­pre comp­ta­bi­li­té. Il ou elle sou­met chaque année au Grand Con­seil un aper­çu de l’é­vo­lu­ti­on des pre­sta­ti­ons et des finan­ces, un pro­jet de bud­get ain­si que les comptes.

Cet­te dis­po­si­ti­on est repri­se du droit en vigueur avec une légè­re adap­t­ati­on de la for­mu­la­ti­on (§ 32 IDG). La refor­mu­la­ti­on «et les décrets d’ap­pli­ca­ti­on y affér­ents» per­met de pré­cis­er qu’il s’a­git des décrets d’ap­pli­ca­ti­on de la loi sur le con­trô­le de gesti­on et la comp­ta­bi­li­té du 9 jan­vier 2006 (LS 611). 

§ 53. rapport
1 Le ou la préposé‑e rend comp­te chaque année de l’é­ten­due et des prio­ri­tés de ses acti­vi­tés, des con­sta­ta­ti­ons ou éva­lua­tions importan­tes ain­si que des effets de la loi.
2 Le rap­port est sou­mis à l’ap­pro­ba­ti­on du Grand Con­seil et publié.

Ali­néa 1L’ob­li­ga­ti­on d’é­ta­b­lir un rap­port ain­si que son éten­due et son con­te­nu sont repris du droit en vigueur (§ 39 IDG).

al. 2 : Désor­mais, l’or­ga­ne public con­cer­né par les recom­man­da­ti­ons ou les éva­lua­tions du pré­po­sé doit être invi­té par ce der­nier à prend­re posi­ti­on avant la publi­ca­ti­on du rap­port. Dans sa pri­se de posi­ti­on, l’or­ga­ne public peut notam­ment pré­cis­er quel­les mesu­res ont été pré­vues, enga­gées ou déjà pri­ses. La pri­se de posi­ti­on de l’or­ga­ne public doit être annexée au rap­port du préposé.

ali­néa 3 : Aujour­d’hui déjà, le Grand Con­seil approuve le rap­port du pré­po­sé. Désor­mais, la loi le stipu­le expres­sé­ment. La publi­ca­ti­on du rap­port cor­re­spond éga­le­ment au droit en vigueur. Com­me la dis­po­si­ti­on ne s’ap­pli­que pas aux com­mu­nes, l’or­ga­ne de nomi­na­ti­on est rem­pla­cé par le «con­seil can­to­nal». Les com­mu­nes qui désign­ent un(e) délégué(e) règ­lent de maniè­re auto­no­me son élec­tion et son sta­tut (§ 43). Le rap­port en fait éga­le­ment par­tie. Les com­mu­nes sont libres de décla­rer les dis­po­si­ti­ons de la pré­sen­te loi appli­ca­bles par ana­lo­gie. Le rap­port est désor­mais exi­gé chaque année (au lieu de «péri­odi­quement»). Cela cor­re­spond à l’u­sa­ge en vigueur. 

B. Tâches dans le domaine du prin­ci­pe de transparence

Remar­ques préliminaires

L’ac­ti­vi­té du Pré­po­sé au prin­ci­pe de la trans­pa­rence et cel­le du Pré­po­sé à la pro­tec­tion des don­nées seront à l’a­ve­nir réglées cha­cu­ne dans un tit­re sépa­ré (B. Tâches dans le domaine du prin­ci­pe de la trans­pa­rence, § 48 ; et C. Tâches dans le domaine de la pro­tec­tion des don­nées, §§ 49 ss ; jus­qu’i­ci §§ 34 ss. IDG). Les tâches de sur­veil­lan­ce qui exi­staient déjà sous le droit en vigueur doi­vent en out­re être dési­gnées plus clai­re­ment com­me tel­les. Les pou­voirs de con­trô­le éten­dus du pré­po­sé à la pro­tec­tion des don­nées l’au­to­ri­sent à deman­der aux orga­nes publics et aux tiers man­da­tés selon le § 9 des rens­eig­ne­ments sur le trai­te­ment des don­nées, à con­sul­ter les don­nées et à se fai­re pré­sen­ter les trai­te­ments, dans la mesu­re où cela est néces­saire à son acti­vi­té (§ 50), indé­pen­dam­ment d’u­ne éven­tu­el­le obli­ga­ti­on de gar­der le secret. Une obli­ga­ti­on de sur­veil­lan­ce aus­si éten­due ne s’a­vè­re pas néces­saire dans le domaine du prin­ci­pe de trans­pa­rence (cf. ensuite § 48).

§ 54
Le ou la délégué(e)
a. sou­ti­ent et con­seil­le les orga­nes publics sur les que­sti­ons d’ac­cès à l’information,
b. con­seil­le les par­ti­cu­liers sur leurs droits,
c. sur­veil­le l’appro­che géné­ra­le des orga­nes publics en matiè­re d’ac­cès à l’information,
d. mène des pro­cé­du­res de con­ci­lia­ti­on ent­re les per­son­nes con­cer­nées et les orga­nes publics en cas de liti­ges con­cer­nant l’ac­cès à l’information,
e. infor­me le public sur le prin­ci­pe de transparence,
f. prend posi­ti­on sur les lois et les ordon­nan­ces qui con­cer­nent le prin­ci­pe de transparence.

Les tâches du pré­po­sé dans le domaine du prin­ci­pe de trans­pa­rence s’o­ri­en­tent sur cel­les du pré­po­sé dans le domaine de la pro­tec­tion des don­nées. Dans le domaine du prin­ci­pe de trans­pa­rence, ce sont tou­te­fois les tâches de con­seil à bas seuil qui sont au pre­mier plan. Les instru­ments de sur­veil­lan­ce ou les pou­voirs d’in­ter­ven­ti­on pré­vus dans le domaine de la pro­tec­tion des don­nées ne se prêtent pas à une appli­ca­ti­on dans le domaine du prin­ci­pe de trans­pa­rence. Cela s’ex­pli­que en pre­mier lieu par le fait que dans le domaine du prin­ci­pe de trans­pa­rence, l’ac­cès à des infor­ma­ti­ons con­crè­tes dans des cas par­ti­cu­liers est au pre­mier plan et que la pro­cé­du­re admi­ni­stra­ti­ve est dis­po­ni­ble pour l’im­po­ser. Les prin­cipes géné­raux dont le respect doit être véri­fié (com­me par exemp­le la sécu­ri­té de l’in­for­ma­ti­on) ne sont pas au pre­mier plan. Dans le domaine du prin­ci­pe de trans­pa­rence, le pré­po­sé n’a donc que (mais tout de même) le droit de sur­veil­ler le trai­te­ment géné­ral de l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on (let. c). Il n’est notam­ment pas néces­saire que le pré­po­sé pui­s­se rend­re des décis­i­ons, puis­que les per­son­nes qui deman­dent des infor­ma­ti­ons aux orga­nes publics dis­po­sent d’un droit de recours cont­re les décis­i­ons de refus. Le cas échéant, le pré­po­sé peut agir en ver­tu du droit de la sur­veil­lan­ce, c’est-à-dire qu’il peut dépo­ser une plain­te auprès de l’au­to­ri­té supérieure.

Lit. a : Le pré­po­sé doit sen­si­bi­li­ser les orga­nes publics aux que­sti­ons d’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on et les sou­te­nir par des con­seils lors du trai­te­ment de cas par­ti­cu­liers. Dans le cad­re de ses con­seils, le pré­po­sé émet éga­le­ment des recom­man­da­ti­ons sur l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on. Dans ce con­tex­te, des for­ma­ti­ons con­ti­nues peu­vent éga­le­ment être pro­po­sées. Cela cor­re­spond au § 34 let. a IDG et, dans le nou­veau droit, au § 49 let. a pour le domaine de la pro­tec­tion des données.

Si le pré­po­sé con­sta­te des irré­gu­la­ri­tés ou même un simp­le poten­tiel d’a­mé­lio­ra­ti­on dans ce domaine, il peut en fai­re part à l’or­ga­ne public et sug­gé­rer d’aut­res façons de procéder.

Lit. b : Out­re le sou­ti­en et le con­seil aux orga­nes publics (let. a), les par­ti­cu­liers doi­vent éga­le­ment pou­voir se fai­re con­seil­ler par le pré­po­sé sur une deman­de con­crè­te d’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on. Dans le cas de deman­des d’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on liti­gieu­ses, ils doi­vent éga­le­ment pou­voir deman­der une pri­se de posi­ti­on au pré­po­sé. Selon la LDI en vigueur, aucun ser­vice n’est pré­vu pour con­seil­ler les par­ti­cu­liers et les com­mu­nes : Ni le ser­vice de coor­di­na­ti­on LDI (cf. § 28 ODI) ni le ou la préposé(e) à la pro­tec­tion des don­nées ne se voi­ent con­fier cet­te tâche. Cet­te tâche cor­re­spond au con­seil actuel dans le domaine de la pro­tec­tion des don­nées (§ 34 let. b LDI) et est déjà assu­mée par la pré­po­sée à la pro­tec­tion des données.

Lit. c : La sur­veil­lan­ce selon la lett­re c est une sur­veil­lan­ce à bas seuil de l’at­ti­tu­de géné­ra­le des orga­nes publics vis-à-vis du droit d’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on. Le prin­ci­pe de trans­pa­rence se com­po­se d’u­ne part de l’in­for­ma­ti­on acti­ve par les orga­nes publics et d’aut­re part du droit indi­vi­du­el d’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on. La sur­veil­lan­ce doit ici se limi­ter à l’uti­li­sa­ti­on du droit d’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on, qui se fon­de sur l’art. 17 Cst. En revan­che, l’in­for­ma­ti­on acti­ve des orga­nes publics ne se prête pas à une sur­veil­lan­ce par le pré­po­sé. Une éva­lua­ti­on de l’ac­ti­vi­té d’in­for­ma­ti­on des orga­nes publics sup­po­se­rait une sur­veil­lan­ce de l’ac­ti­vi­té des orga­nes publics, qui ne pour­rait guè­re être effec­tuée par le pré­po­sé comp­te tenu de son ampleur et qui ne peut pas non plus être l’af­fai­re du pré­po­sé comp­te tenu de la com­po­san­te politique.

Le pré­po­sé au prin­ci­pe de trans­pa­rence peut émett­re des recom­man­da­ti­ons sur la maniè­re dont les orga­nes publics gèrent l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on en géné­ral. Dans le cad­re de la sur­veil­lan­ce, il ou elle n’in­ter­vi­en­dra tou­te­fois pas dans des cas indi­vi­du­els et ne pren­dra pas posi­ti­on sur le fond. Les cas indi­vi­du­els sont trai­tés dans le cad­re de la pro­cé­du­re admi­ni­stra­ti­ve con­crè­te. La média­ti­on selon la let. d demeu­re réservée.

Lit. d : La média­ti­on ne cor­re­spond pas à une pro­cé­du­re de con­ci­lia­ti­on for­mel­le (cf. supra, remar­ques pré­li­mi­n­aires). La pro­cé­du­re de média­ti­on doit être – com­me c’est déjà le cas aujour­d’hui dans le domaine de la pro­tec­tion des don­nées – une pro­cé­du­re infor­mel­le (§ 34 let. d IDG, § 49 let. d). Une régle­men­ta­ti­on for­mel­le de la pro­cé­du­re ne sem­ble pas néces­saire. En prin­ci­pe, une per­son­ne ou un orga­ne public peut deman­der une média­ti­on sur tou­te que­sti­on rele­vant de la com­pé­tence du Pré­po­sé fédé­ral à la trans­pa­rence. A cet égard, la per­son­ne ou l’or­ga­ne peut éga­le­ment s’adress­er au pré­po­sé de maniè­re infor­mel­le. Il n’est donc pas néces­saire d’é­nu­mé­rer les cas dans les­quels une deman­de de média­ti­on peut être for­mulée. Il faut rete­nir qu’u­ne média­ti­on en cours suf­fit à justi­fier le non-respect du délai d’ord­re selon le § 21.

En revan­che, si une pro­cé­du­re de média­ti­on for­mel­le était intro­duite, il fau­drait d’a­bord déci­der à quel moment elle dev­rait avoir lieu. Une pro­cé­du­re de con­ci­lia­ti­on ne sem­ble judi­cieu­se que si l’or­ga­ne public ne veut pas don­ner suite à la deman­de d’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on ou seu­le­ment en par­tie. Pour pou­voir pro­cé­der à une tel­le éva­lua­ti­on, l’or­ga­ne public doit tou­te­fois pro­cé­der à tou­tes les cla­ri­fi­ca­ti­ons néces­saires. Il doit en out­re com­mu­ni­quer à la per­son­ne con­cer­née les motifs de sa décis­i­on (ce n’est qu’a­lors que cet­te per­son­ne peut déci­der d’ac­cep­ter ou non le refus d’ac­cès). Au cours de l’e­xer­ci­ce 2021, le Pré­po­sé fédé­ral à la pro­tec­tion des don­nées et à la trans­pa­rence a mené 149 pro­cé­du­res (edoeb.admin.ch/dam/edoeb/fr/ Dokumente/deredoeb/29_Taetigkeitsbericht_2021-2022_FR.pdf). Par­mi ceux-ci, 44% ont pu être réglés à l’a­miable. Il res­sort tou­te­fois aus­si du rap­port que l’ob­jec­tif de règle­ment en 30 jours n’a pas pu être att­eint et que la pro­cé­du­re a néces­si­té des moy­ens con­sidé­ra­bles. Dans l’ad­mi­ni­stra­ti­on can­to­na­le, 212 deman­des for­mel­les d’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on ont été dépo­sées en 2022 sur la base de la LDI (2021 : 237 ; 2020 : 231). Dans 109 cas (2021 : 140 ; 2020 : 126), l’ac­cès a été entiè­re­ment accor­dé et dans 27 cas (2021 : 27 ; 2020 : 15), il a été par­ti­el­le­ment accor­dé. 48 deman­des ont été reje­tées (2021 : 59 ; 2020 : 75). 26 cas ont été réglés d’u­ne aut­re maniè­re (2021 : 23 ; 2020 : 12 ; voir la sta­ti­stique des deman­des LDI con­cer­nant l’ad­mi­ni­stra­ti­on can­to­na­le : zh.ch/fr/politik-staat/kanton/kantonale-verwaltung/oeffentlichkeitsprinzip.html). Le Tri­bu­nal admi­ni­stra­tif a reçu 14 plain­tes en 2021 et 15 en 2020 dans le domaine de l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on (voir les comp­tes ren­dus 2021 et 2020 du Tri­bu­nal admi­ni­stra­tif). L’ad­mi­ni­stra­ti­on can­to­na­le ne rejet­te donc com­plè­te­ment qu’en­vi­ron 20% des deman­des. Envi­ron 10% de ces décis­i­ons sont por­tées devant le tri­bu­nal admi­ni­stra­tif. Une pro­cé­du­re de con­ci­lia­ti­on ne per­met­trait donc guè­re de déchar­ger con­sidé­ra­blem­ent le tri­bu­nal admi­ni­stra­tif, com­me cela a été avan­cé com­me objec­tif lors de la con­sul­ta­ti­on. D’aut­re part, la pro­cé­du­re de média­ti­on ent­raî­nerait un sur­croît de tra­vail con­sidé­ra­ble pour le pré­po­sé et l’ad­mi­ni­stra­ti­on can­to­na­le : Le pré­po­sé dev­rait mener les pro­cé­du­res et l’ad­mi­ni­stra­ti­on dev­rait d’a­bord moti­ver som­mai­re­ment les deman­des (par­ti­el­le­ment) reje­tées ou les deman­des qui doi­vent être accor­dées con­trai­re­ment à la deman­de des tiers con­cer­nés, puis rend­re en plus une décis­i­on (moti­vée). Des pro­cé­du­res de média­ti­on aurai­ent été envi­sa­ge­ables dans envi­ron 75 cas en 2022 dans le can­ton de Zurich (2021 : 85 ; 2020 : 90), aux­quel­les s’a­jou­ter­ai­ent les pro­cé­du­res des aut­res orga­nes publics. Le ou la préposé‑e aurait beso­in de moy­ens sup­p­lé­men­tai­res con­sidé­ra­bles pour mener à bien les pro­cé­du­res de con­ci­lia­ti­on, qui néces­si­tent par­fois des négo­cia­ti­ons ora­les. Il n’est guè­re pos­si­ble d’e­sti­mer aujour­d’hui le mon­tant des frais néces­saires. On peut tou­te­fois par­tir du prin­ci­pe qu’il s’a­git d’en­vi­ron deux postes à plein temps (350 000 francs par an).

Lit. e : Out­re le con­seil aux orga­nes publics, l’in­for­ma­ti­on géné­ra­le du public sur les que­sti­ons rela­ti­ves au prin­ci­pe de trans­pa­rence, en par­ti­cu­lier l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on, fait éga­le­ment par­tie des tâches du pré­po­sé. Il peut s’a­gir d’in­for­ma­ti­ons sur le site Inter­net, de fiches d’in­for­ma­ti­on ou, le cas échéant, de la mise à dis­po­si­ti­on de for­mu­lai­res pour l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on. Cet­te tâche cor­re­spond au § 34 let. e IDG ou, selon le nou­veau droit, au § 49 let. e pour le domaine de la pro­tec­tion des données.

Lit. f : Con­trai­re­ment au domaine de la pro­tec­tion des don­nées, le pré­po­sé ne doit prend­re posi­ti­on, dans le domaine du prin­ci­pe de trans­pa­rence, que sur des bases léga­les, c’est-à-dire des lois et des ordon­nan­ces. Les «pro­jets» ne sont pas men­ti­onnés, car ils con­cer­nent prin­ci­pa­le­ment la pro­tec­tion des don­nées – en par­ti­cu­lier dans le domaine de la numé­ri­sa­ti­on – et guè­re l’ac­cès aux infor­ma­ti­ons dans des cas par­ti­cu­liers. La lett­re f se limi­te donc essen­ti­el­le­ment aux nou­vel­les lois et ordon­nan­ces à édic­ter. Dans cer­ta­ins cas, il est tou­te­fois éga­le­ment envi­sa­geable d’éva­luer des bases léga­les exi­stan­tes, par exemp­le lorsque cel­les-ci pré­sen­tent une lacune. 

C. Tâches dans le domaine de la pro­tec­tion des données

§ 55. tâches générales
Le ou la délégué(e)
a. sou­ti­ent et con­seil­le les orga­nes publics sur les que­sti­ons rela­ti­ves à la pro­tec­tion des don­nées,
b. con­seil­le les par­ti­cu­liers sur leurs droits,
c. con­trô­le l’ap­pli­ca­ti­on des dis­po­si­ti­ons léga­les rela­ti­ves à la pro­tec­tion des données,
d. joue le rôle de média­teur ent­re les per­son­nes con­cer­nées et les orga­nes publics en cas de liti­ge con­cer­nant la pro­tec­tion des données,
e. infor­me le public sur la pro­tec­tion des données,
f. prend posi­ti­on sur les lois et les ordon­nan­ces ain­si que sur les pro­jets qui con­cer­nent la pro­tec­tion des données,
g. pro­po­se des for­ma­ti­ons et des for­ma­ti­ons con­ti­nues sur les que­sti­ons de pro­tec­tion des données.

Cet­te dis­po­si­ti­on est repri­se tel­le quel­le du § 34 IDG. Lit. c : la sur­veil­lan­ce de l’ap­pli­ca­ti­on des dis­po­si­ti­ons léga­les com­prend éga­le­ment les ordon­nan­ces admi­ni­stra­ti­ves et est donc for­mulée de maniè­re plus lar­ge que la let. f.

Lit. f : Dans le cad­re de l’éva­lua­ti­on, le sou­hait a été expri­mé que le ou la délégué‑e soit informé‑e de tous les pro­jets légis­la­tifs et de tou­tes les pro­cé­du­res de con­sul­ta­ti­on con­cer­nant des pro­jets fédé­raux. Cet­te exi­gence va trop loin. Il ne peut pas incom­ber à l’ad­mi­ni­stra­ti­on can­to­na­le d’in­for­mer le ou la préposé‑e sur tous les pro­jets de la Con­fé­dé­ra­ti­on. Cela est d’autant plus vrai que les infor­ma­ti­ons cor­re­spond­an­tes sont faci­le­ment dis­po­ni­bles (par exemp­le en s’abon­nant aux news­let­ters de la Con­fé­dé­ra­ti­on). En ver­tu de la lett­re f, il est cepen­dant tou­jours néces­saire d’as­so­cier le pré­po­sé aux pro­jets fédé­raux lorsque ceux-ci ont un lien avec la pro­tec­tion des don­nées. Le § 48, lett­re f, doit en out­re cré­er une nor­me cor­re­spond­an­te pour le domaine du prin­ci­pe de trans­pa­rence. Le pré­po­sé doit donc con­tin­uer à être impli­qué dans les con­sul­ta­ti­ons fédé­ra­les cor­re­spond­an­tes. La direc­tion char­gée de l’é­la­bo­ra­ti­on de la con­sul­ta­ti­on doit invi­ter le pré­po­sé – com­me les direc­tions et la Chan­cel­le­rie d’É­tat (cf. § 39 de l’or­don­nan­ce sur l’or­ga­ni­sa­ti­on du Con­seil d’É­tat et l’ad­mi­ni­stra­ti­on can­to­na­le du 18 juil­let 2007 [LS 172.11]) – à pré­sen­ter un co-rap­port. L’im­pli­ca­ti­on du pré­po­sé ou de la pré­po­sée dans les pro­cé­du­res de con­sul­ta­ti­on rela­ti­ves à des pro­jets can­tonaux ayant un lien avec la pro­tec­tion des don­nées est éga­le­ment obli­ga­toire en ver­tu du § 49, let. f, et est éga­le­ment réglée de maniè­re plus géné­ra­le au § 15 de l’or­don­nan­ce sur les dis­po­si­ti­ons légis­la­ti­ves du 29 novembre 2000 (LS 172.16). L’im­pli­ca­ti­on du ou de la préposé(e) est ain­si garan­tie. Par sou­ci d’ex­haus­ti­vi­té, il con­vi­ent de noter que le pro­jet con­ti­ent, com­me le droit en vigueur, une obli­ga­ti­on d’ana­ly­se d’im­pact sur la pro­tec­tion des don­nées et de con­trô­le pré­alable (§ 32 ; § 10 IDG). Le fait que les pro­jets légis­la­tifs can­tonaux soi­ent menés selon la métho­de de gesti­on de pro­jet «Her­mes» et qu’u­ne ana­ly­se d’im­pact sur la pro­tec­tion des don­nées doi­ve être effec­tuée très tôt dans le pro­ce­s­sus garan­tit en out­re que l’on procè­de effec­ti­ve­ment de la sor­te. Pour les pro­jets dans les­quels des que­sti­ons per­ti­nen­tes en matiè­re de pro­tec­tion des don­nées doi­vent être éva­luées et qui ne doi­vent pas déjà être sou­mi­ses au pré­po­sé dans le cad­re d’un con­trô­le pré­alable, ce der­nier est impli­qué dans la pro­cé­du­re de con­sul­ta­ti­on. L’im­pli­ca­ti­on du pré­po­sé est ain­si déjà suf­fi­sam­ment garan­tie par le droit en vigueur et une modi­fi­ca­ti­on de la dis­po­si­ti­on ne sem­ble pas nécessaire. 

Super­vi­si­on

§ 56. a. en général
1 Le pré­po­sé sur­veil­le le trai­te­ment des don­nées per­son­nel­les par les orga­nes publics, même lorsque ceux-ci par­ti­ci­pent à la con­cur­rence éco­no­mi­que et agis­sent dans ce cad­re selon le droit privé.
2 Le pré­po­sé n’a pas de pou­voir de sur­veil­lan­ce à l’é­gard du Grand Con­seil et des tribunaux.

Ali­néa 1Le ou la délégué(e) doit être expres­sé­ment établi(e) com­me auto­ri­té de sur­veil­lan­ce. Cet­te fonc­tion lui est déjà attri­buée par le droit en vigueur, notam­ment à la suite des modi­fi­ca­ti­ons juri­di­ques décou­lant de l’ad­ap­t­ati­on aux bases juri­di­ques euro­pé­en­nes du 25 novembre 2019. Il con­vi­ent de pré­cis­er expres­sé­ment que le pré­po­sé exer­ce éga­le­ment la sur­veil­lan­ce con­for­mé­ment au § 2 al. 2, c’est-à-dire dans la mesu­re où des orga­nes publics par­ti­ci­pent à la con­cur­rence éco­no­mi­que et agis­sent dans ce cad­re selon le droit pri­vé. Dans ces cas, il ou elle appli­que tou­te­fois la loi fédé­ra­le sur la pro­tec­tion des don­nées. Cela a déjà été éta­b­li ain­si lors de la révi­si­on du 25 novembre 2019.

Le pré­po­sé ne doit pas non plus dis­po­ser à l’a­ve­nir de com­pé­ten­ces de sur­veil­lan­ce à l’é­gard du Grand Con­seil et des tri­bu­naux. Le con­te­nu de cet­te régle­men­ta­ti­on cor­re­spond au droit en vigueur, qui exclut des com­pé­ten­ces réglées dans dif­fé­ren­tes dis­po­si­ti­ons de la sur­veil­lan­ce vis-à-vis du Grand Con­seil et des tri­bu­naux (§§ 2a al. 2 et 2b al. 3 en rela­ti­on avec §§ 10 al. 2, 12a al. 1 et 2, 34 let. c, d et f ain­si que 35 – 36a LDI).

Il résul­te de la sys­té­ma­tique que l’ex­cep­ti­on s’ap­pli­que à tou­te acti­vi­té de sur­veil­lan­ce, donc éga­le­ment aux pou­voirs de con­trô­le (§ 51), aux recom­man­da­ti­ons (§ 52) et aux mesu­res admi­ni­stra­ti­ves (§ 53). 

§ 57. b. Pou­voirs de contrôle
1 Le pré­po­sé peut deman­der des rens­eig­ne­ments sur le trai­te­ment de don­nées auprès d’or­ga­nes publics et de tiers con­for­mé­ment au § 10, con­sul­ter les don­nées et se fai­re pré­sen­ter les traitements.
2 Les orga­nes publics et les tiers par­ti­ci­pent à l’é­ta­blis­se­ment des faits.
3 Les obli­ga­ti­ons de con­fi­den­tia­li­té ne s’ap­pli­quent pas à l’é­gard du ou des mandataires.

Le con­te­nu de cet­te dis­po­si­ti­on est repris tel quel du droit en vigueur (§ 35 IDG). Pour une meil­leu­re com­pré­hen­si­on, la réser­ve de l’ob­li­ga­ti­on de gar­der le secret est tou­te­fois dépla­cée dans un ali­néa sépa­ré (al. 3).

§ 58. c. Recommandations
1 Si le pré­po­sé con­sta­te une vio­la­ti­on des dis­po­si­ti­ons léga­les rela­ti­ves à la pro­tec­tion des don­nées, il recom­man­de à l’or­ga­ne public les mesu­res à prendre.
2 Si l’or­ga­ne public ne suit pas une recom­man­da­ti­on, il en infor­me le pré­po­sé en indi­quant les motifs.

Cet­te dis­po­si­ti­on est repri­se en gran­de par­tie tel­le quel­le du droit en vigueur (§ 36 IDG). Par rap­port au droit en vigueur, il est pré­cisé qu’il s’a­git de dis­po­si­ti­ons «juri­di­ques».

§ 59. d. Mesu­res administratives
1 Si, en cas de vio­la­ti­on gra­ve des dis­po­si­ti­ons léga­les rela­ti­ves à la pro­tec­tion des don­nées, l’in­sti­tu­ti­on publi­que ne suit pas une recom­man­da­ti­on, le pré­po­sé peut ordon­ner que
a. le trai­te­ment est adap­té, inter­rom­pu ou annulé en tout ou en par­tie ; et
b. les don­nées per­son­nel­les sont effa­cées ou détrui­tes, en tout ou en partie.
2 L’or­ga­ne public peut con­te­ster les décis­i­ons du pré­po­sé par un recours devant le tri­bu­nal admi­ni­stra­tif. Les par­ties sont le pré­po­sé et l’or­ga­ne public concerné.

Ali­néa 1 et 2 de cet­te dis­po­si­ti­on sont repris tels quels du droit en vigueur (§ 36a IDG). Pour des rai­sons d’uni­for­mi­sa­ti­on, le ter­me «juri­di­que» est ajou­té avant les dispositions. 

§ 60. coopération
Le ou la préposé‑e col­la­bo­re avec les orga­nes des com­mu­nes, des aut­res can­tons, de la Con­fé­dé­ra­ti­on et de l’étran­ger qui accom­plis­sent les mêmes tâches. 

Cet­te dis­po­si­ti­on est repri­se du droit en vigueur (§ 37 IDG), mais la col­la­bo­ra­ti­on du pré­po­sé ne doit plus être limi­tée à la tâche de con­trô­le. En out­re, il est expres­sé­ment men­ti­onné que la col­la­bo­ra­ti­on doit éga­le­ment avoir lieu avec les orga­nes des communes. 

Sec­tion 5 Dis­po­si­ti­ons finales

§ 61. dis­po­si­ti­on pénale
1 Qui­con­que, en tant que tiers ou tiers selon le § 10, uti­li­se des don­nées per­son­nel­les pour lui-même ou pour d’aut­res, ou les com­mu­ni­que à d’aut­res, sans auto­ri­sa­ti­on expres­se de l’or­ga­ne public qui l’a man­da­té, est pas­si­ble d’u­ne amende.
2 L’en­quête et le juge­ment des infrac­tions incom­bent aux préfectures.

Ali­néa 1Cet­te dis­po­si­ti­on est repri­se tel­le quel­le du droit en vigueur (§ 40 IDG). Il con­vi­ent de noter que la modi­fi­ca­ti­on de l’art. 320 CP, adop­tée en tant que modi­fi­ca­ti­on acces­soire de la loi fédé­ra­le du 18 décembre 2020 sur la sécu­ri­té de l’in­for­ma­ti­on au sein de la Con­fé­dé­ra­ti­on (RS 128), per­met désor­mais de punir éga­le­ment les auxi­li­ai­res con­for­mé­ment à l’art. 320 CP. Par con­sé­quent, cet­te dis­po­si­ti­on ne cou­vre pas entiè­re­ment les faits régis jus­qu’i­ci par le § 40 IDG : le § 55 sanc­tion­ne éga­le­ment l’uti­li­sa­ti­on des don­nées per­son­nel­les pour soi-même ou pour autrui, alors que l’art. 320 StGB ne sanc­tion­ne que la «révé­la­ti­on». En out­re, com­me cet­te dis­po­si­ti­on n’est pas enco­re en vigueur, le § 40 IDG doit être main­te­nu dans sa por­tée actu­el­le. Si la ver­si­on modi­fi­ée de l’art. 320 StGB ent­re en vigueur avant la pré­sen­te loi, le pas­sa­ge «ou fait con­naît­re à d’aut­res» pour­rait tou­te­fois être sup­p­ri­mé du tex­te de loi.

Ali­néa 2 stipu­le que l’ins­truc­tion et le juge­ment des infrac­tions relè­vent de la com­pé­tence des pré­fec­tures. Il est ain­si exclu de trans­fé­rer cet­te com­pé­tence aux auto­ri­tés com­mu­na­les (cf. § 89, al. 2 GOG).

§ 62. abro­ga­ti­on et modi­fi­ca­ti­on du droit en vigueur
1 La loi sur l’in­for­ma­ti­on et la pro­tec­tion des don­nées du 12 février 2007 est abrogée.
2 Le droit en vigueur est modi­fié con­for­mé­ment à l’annexe.
II. La pré­sen­te loi est sou­mi­se au réfé­ren­dum facultatif.
III. En cas de réfé­ren­dum, le rap­port expli­ca­tif est rédi­gé par le Con­seil d’E­tat. L’a­vis mino­ri­taire du Grand Con­seil est rédi­gé par sa direction.
IV. Il est pris acte du fait que la moti­on CR n° 23/2019 con­cer­nant le ren­force­ment du prin­ci­pe de trans­pa­rence est liquidée.
V. Le postu­lat CA n° 9/2022 con­cer­nant la trans­pa­rence sur l’uti­li­sa­ti­on de l’in­tel­li­gence arti­fi­ci­el­le dans l’ad­mi­ni­stra­ti­on est clas­sé com­me étant liquidé.

Com­me il y a une révi­si­on tota­le, la loi actu­el­le doit être abrogée.

La modi­fi­ca­ti­on du droit en vigueur figu­re en annexe. 

Zurich, le 15 jan­vier 2026

Anne­xe

- 1. loi sur les com­mu­nes du 20 avril 2015 (LS 131.1)

Les ren­vois à la LDI doi­vent être adaptés.

Le § 8 doit être for­mulé dif­fé­rem­ment en rai­son de la descrip­ti­on dif­fé­ren­te de la pesée des inté­rêts au § 11. 

- 2. la loi sur l’en­re­gi­stre­ment et les regi­stres des habi­tants du 11 mai 2015 (LS 142.1)

La modi­fi­ca­ti­on ne con­ti­ent que des adap­t­ati­ons de ren­vois. Com­me il ne peut s’a­gir au § 25 al. 1 que de don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res, le ren­voi doit être plus pré­cis (§ 23 al. 4 let. a).

- 3. loi sur la responsa­bi­li­té du 14 sep­tembre 1969 (LS 170.1)

La modi­fi­ca­ti­on ne con­ti­ent que des adap­t­ati­ons de renvois.

- 4. loi sur les publi­ca­ti­ons offi­ci­el­les du 30 novembre 2015 (LS 170.5)

La modi­fi­ca­ti­on ne con­ti­ent que des adap­t­ati­ons de renvois.

- 5. loi sur les archi­ves du 24 sep­tembre 1995 (LS 170.6)

1Remarque pré­li­mi­n­aire

Il a été dit à plu­sieurs repri­ses que le § 11a ali­néa 1 lett­re e de la loi sur l’ar­chivage ne men­ti­on­nait pas qu’u­ne pesée des inté­rêts était néces­saire. Il n’est pas néces­saire d’a­jou­ter cet­te pré­cis­i­on, car l’ob­li­ga­ti­on de peser les inté­rêts est déjà con­te­nue dans le tex­te en vigueur, même si le choix des mots est légè­re­ment dif­fé­rent de celui de la LDI : les inté­rêts doi­vent être «par­ti­cu­liè­re­ment» dignes de pro­tec­tion. Cela signi­fie tout sim­ple­ment qu’ils doi­vent être «plus dignes de pro­tec­tion» que ceux de la per­son­ne con­cer­née. Pour pou­voir en déci­der, il est impé­ra­tif de pro­cé­der à une pesée des inté­rêts, rai­son pour laquel­le il n’est pas néces­saire de la compléter. 

§ 8. pri­se en char­ge des dos­siers par les archives

L’ob­li­ga­ti­on de pro­po­ser des ser­vices est désor­mais réglée de maniè­re exhaus­ti­ve au § 8 E‑IDG.

§ 10. Accès au dossier

Out­re l’ad­ap­t­ati­on du ren­voi (aban­don de la date pour le ren­voi à la LDI), le ren­voi aux aut­res dis­po­si­ti­ons (il s’a­git de cel­les de la loi sur les archi­ves) est plus clair.

- 6. loi sur le Grand Con­seil du 25 mars 2019 (LS 171.1)

Les modi­fi­ca­ti­ons ne con­ti­en­nent que des adap­t­ati­ons de réfé­ren­ces et de ter­mes. Ces modi­fi­ca­ti­ons peu­vent être effec­tuées au moy­en d’u­ne ins­truc­tion générale.

- 7. loi sur l’or­ga­ni­sa­ti­on du Con­seil d’E­tat et de l’ad­mi­ni­stra­ti­on can­to­na­le du 6 juin 2005 (LS 172.1)

§ 44a. Cata­lo­gue de don­nées Remar­ques préliminaires

Un cata­lo­gue de don­nées com­mun con­ti­ent des méta­don­nées (p. ex. tit­re, descrip­ti­on, thè­me, but du trai­te­ment, base léga­le ou auto­ri­sa­ti­on d’ac­cès). Il per­met ent­re aut­res de voir quels sont les stocks d’in­for­ma­ti­ons gérés au sein de l’ad­mi­ni­stra­ti­on can­to­na­le, qui en est responsable, sur quel­les bases léga­les se fon­dent les dif­fér­ents stocks d’in­for­ma­ti­ons et qui est auto­ri­sé à y accé­der. Le cata­lo­gue de don­nées com­prend des don­nées ouver­tes (OGD), des don­nées par­ta­gées (don­nées aux­quel­les d’aut­res ser­vices sont auto­ri­sés à accé­der sur la base d’u­ne base juri­di­que) et des don­nées fer­mées (don­nées qui ne sont dis­po­ni­bles que pour le ser­vice qui les trai­te). Le cata­lo­gue de don­nées off­re ain­si la base d’u­ne uti­li­sa­ti­on mul­ti­ple des don­nées et d’u­ne har­mo­ni­sa­ti­on des don­nées de réfé­rence. Le cata­lo­gue de don­nées est d’u­ne gran­de importance pour la numé­ri­sa­ti­on, car il per­met de déter­mi­ner la source de don­nées adé­qua­te et actu­el­le en ter­mes de con­te­nu. En out­re, une uti­li­sa­ti­on cor­rec­te et minu­ti­eu­se des don­nées par les dif­fér­ents orga­nes publics n’est envi­sa­geable que si ces der­niers dis­po­sent d’u­ne vue d’en­sem­ble des don­nées qu’ils trai­tent. La tenue d’un cata­lo­gue com­mun de don­nées sert éga­le­ment cet objec­tif (cf. éga­le­ment ACE n° 1362/2021 et 1331/2022).

En out­re, un cata­lo­gue de don­nées com­mun sert la trans­pa­rence : la popu­la­ti­on peut se fai­re une idée des infor­ma­ti­ons dis­po­ni­bles en lib­re accès et des ser­vices qui trai­tent ses don­nées à l’ai­de du cata­lo­gue de don­nées. Le cata­lo­gue sert donc éga­le­ment à la popu­la­ti­on pour la réa­li­sa­ti­on de l’ac­cès à ses pro­pres don­nées per­son­nel­les ain­si que pour l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on. En out­re, le cata­lo­gue de don­nées est un avan­ta­ge pour l’e­xer­ci­ce de l’en­trai­de admi­ni­stra­ti­ve ou l’é­ch­an­ge de don­nées au sein de l’ad­mi­ni­stra­ti­on et faci­li­te en out­re la tenue de l’in­ven­tai­re des infor­ma­ti­ons con­for­mé­ment au § 13 al. 2 de la LDEI ain­si que l’éva­lua­ti­on des ris­ques éven­tuels lors du trai­te­ment des données.

L’uti­li­sa­ti­on de la noti­on de «stocks d’in­for­ma­ti­ons» doit être véri­fi­ée et éven­tu­el­le­ment adap­tée dans le cad­re de l’ad­ap­t­ati­on de l’or­don­nan­ce, com­me indi­qué dans les expli­ca­ti­ons rela­ti­ves au § 13 al. 2 P‑LDI.

L’ad­mi­ni­stra­ti­on can­to­na­le est tenue de gérer un cata­lo­gue de don­nées com­mun pour tou­tes les infor­ma­ti­ons struc­tu­rées dis­po­ni­bles. Tous les «stocks d’in­for­ma­ti­ons struc­tu­rées» sont aujour­d’hui dis­po­ni­bles sous for­me électronique.

Le cata­lo­gue de don­nées doit en out­re per­mett­re de voir dans quels fichiers d’in­for­ma­ti­ons les don­nées per­son­nel­les sont trai­tées (p. ex. nom, pré­nom, état civil). Les don­nées des per­son­nes indi­vi­du­el­les ne sont pas visi­bles dans le cata­lo­gue de don­nées (p. ex. Modè­le, Félix, marié). Le cata­lo­gue de don­nées ne con­ti­ent que les descrip­ti­ons (méta­don­nées) des stocks d’in­for­ma­ti­ons dis­po­ni­bles de maniè­re structurée.

Les exi­gen­ces con­crè­tes rela­ti­ves au cata­lo­gue de don­nées, tel­les que le stan­dard mini­mal des méta­don­nées, le ryth­me de mise à jour, etc. doi­vent être défi­nies. Il n’est pas pos­si­ble de fixer ces exi­gen­ces dans la loi, rai­son pour laquel­le cet­te tâche doit être con­fiée au Con­seil d’Etat. 

§ 44b. Don­nées publi­ques ouvertes

Ali­néa 1Con­trai­re­ment aux aut­res orga­nes publics, l’ad­mi­ni­stra­ti­on can­to­na­le doit être tenue de publier les don­nées ouver­tes des auto­ri­tés. Com­me le stipu­le le § 15 al. 1 E‑IDG, cela sup­po­se que les infor­ma­ti­ons soi­ent enre­gi­strées sous for­me élec­tro­ni­que. Par con­sé­quent, il n’e­xi­ste pas d’ob­li­ga­ti­on de sai­sie élec­tro­ni­que par­ti­cu­liè­re ni de créa­ti­on de nou­veaux enre­gi­stre­ments. Com­me pour le droit d’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on (§ 20 al. 1 IDG ; § 17 al. 1 E‑IDG), l’ad­mi­ni­stra­ti­on can­to­na­le n’est pas non plus tenue de publier cer­tai­nes infor­ma­ti­ons dont elle peut éven­tu­el­le­ment prend­re con­nais­sance ou qu’el­le peut déter­mi­ner, même en tant que don­nées ouver­tes des auto­ri­tés. Au con­trai­re, l’ad­mi­ni­stra­ti­on can­to­na­le est «seu­le­ment» tenue de publier les infor­ma­ti­ons appro­priées exi­stan­tes en tant que don­nées ouver­tes des auto­ri­tés. Tou­tes les infor­ma­ti­ons stockées sous for­me élec­tro­ni­que ne se prêtent pas à une publi­ca­ti­on en tant que don­nées publi­ques ouver­tes. Ain­si, la mise à dis­po­si­ti­on de don­nées ouver­tes des auto­ri­tés ne com­prend notam­ment pas la publi­ca­ti­on de dos­siers ou de docu­ments indi­vi­du­els qu’ils con­ti­en­nent. Il s’a­git plutôt de publier, sous une for­me lisi­ble par une machi­ne, des listes, des tableaux ou des bases de don­nées qui sont de tou­te façon étab­lis dans le cad­re du man­dat d’un orga­ne public défi­ni par la loi, qui sont déjà stockés sous for­me élec­tro­ni­que et qui sont struc­tu­rés dans des coll­ec­tions ordon­nées (cf. § 5 al. 5 E‑IDG).

al. 2 : Le Con­seil d’E­tat doit rég­ler les critères de publi­ca­ti­on afin d’assurer une appli­ca­ti­on uni­for­me et pra­ti­ca­ble. Il con­vi­ent de tenir comp­te du fait que les don­nées dis­po­ni­bles dif­fè­rent par­fois for­te­ment en ter­mes de qua­li­té, d’ac­tua­li­té et d’in­té­rêt atten­du. Tous les jeux de don­nées n’ont pas le même inté­rêt pour le public. Selon les critères défi­nis, la publi­ca­ti­on peut éga­le­ment être hié­rar­chi­sée, avec la pos­si­bi­li­té de ne publier que sur deman­de les jeux de don­nées haute­ment prio­ri­taires. Con­for­mé­ment à la régle­men­ta­ti­on de l’art. 10 LEMO, la publi­ca­ti­on peut être omi­se si elle appa­raît dis­pro­por­ti­onnée au vu des moy­ens maté­ri­els et humains nécessaires.

Le Con­seil d’E­tat peut ensuite déter­mi­ner dans quel­le mesu­re les jeux de don­nées dont le con­te­nu est digne de pro­tec­tion doi­vent être pré­pa­rés pour pou­voir être publiés en tant que OGD. On peut pen­ser par exemp­le à l’an­ony­mi­sa­ti­on de don­nées per­son­nel­les, au regrou­pe­ment d’in­for­ma­ti­ons (agré­ga­ti­on) ou à l’o­mis­si­on de con­te­nus. Lors de la défi­ni­ti­on des critères, le Con­seil d’E­tat doit notam­ment prend­re en comp­te le rap­port ent­re le coût de la publi­ca­ti­on et l’uti­li­té des infor­ma­ti­ons pour la socié­té, l’en­vi­ron­ne­ment et l’é­co­no­mie. Tant la ville de Zurich (cf. art. 11 Regle­ment über offe­ne Ver­wal­tungs­da­ten) que la Con­fé­dé­ra­ti­on (cf. art. 10 EMBAG) con­nais­sent des régle­men­ta­ti­ons correspondantes.

Des critères doi­vent éga­le­ment être défi­nis pour la publi­ca­ti­on d’in­for­ma­ti­ons déjà dis­po­ni­bles avant l’en­trée en vigueur de cet­te dis­po­si­ti­on. Leur mise à dis­po­si­ti­on ulté­ri­eu­re en tant que don­nées ouver­tes des auto­ri­tés peut être en par­tie tout à fait judi­cieu­se. Comp­te tenu de la quan­ti­té d’in­for­ma­ti­ons dis­po­ni­bles, il n’est tou­te­fois pas pos­si­ble de mett­re à dis­po­si­ti­on tou­tes les infor­ma­ti­ons déjà dis­po­ni­bles avant l’en­trée en vigueur, car cela ent­raî­nerait une char­ge admi­ni­stra­ti­ve exce­s­si­ve. Étant don­né que la publi­ca­ti­on pose cer­tai­nes exi­gen­ces aux ser­vices admi­ni­stra­tifs et qu’el­le néces­si­te éven­tu­el­le­ment un effort de for­ma­ti­on, un délai tran­si­toire de cinq ans est fixé pour la sai­sie des infor­ma­ti­ons déjà exi­stan­tes, pour autant qu’el­les rem­plis­sent les critères à défi­nir par le Con­seil d’É­tat (cf. dis­po­si­ti­on tran­si­toire). Afin de dis­po­ser de suf­fi­sam­ment de temps pour la pré­pa­ra­ti­on, l’or­don­nan­ce doit déjà être dis­po­ni­ble au moment de l’en­trée en vigueur. Afin de ne pas retar­der inu­tile­ment l’en­trée en vigueur du décret, cet­te dis­po­si­ti­on pour­rait éven­tu­el­le­ment être mise en vigueur plus tard.

Les exi­gen­ces tech­ni­ques ne doi­vent pas être régle­men­tées. Cel­les-ci sont déter­mi­nées en gran­de par­tie par l’é­tat de la technique.

La mise à dis­po­si­ti­on de don­nées publi­ques ouver­tes sous une for­me lisi­ble par machi­ne doit être effec­tuée par les ser­vices admi­ni­stra­tifs com­pé­tents dans le cad­re de l’exé­cu­ti­on nor­ma­le de leurs tâches. Il faut éga­le­ment tenir comp­te du fait que la char­ge de tra­vail néces­saire à cet effet est com­pen­sée par le fait que la mise à dis­po­si­ti­on répé­tée en cas de nou­vel­les deman­des et le con­seil en cas de deman­des simp­les ne sont plus néces­saires. En out­re, un effort éven­tu­el­le­ment un peu plus important se justi­fie par la sim­pli­fi­ca­ti­on de l’ac­cès, qui est éga­le­ment un avan­ta­ge pour les ser­vices admi­ni­stra­tifs. Ensuite, des for­ma­ti­ons gra­tui­tes sont d’o­res et déjà pro­po­sées aux col­la­bo­ra­teurs de l’ad­mi­ni­stra­ti­on par le ser­vice spé­cia­li­sé et de coor­di­na­ti­on OGD.

L’ob­li­ga­ti­on de publier les don­nées ouver­tes des auto­ri­tés peut en prin­ci­pe être impo­sée par une deman­de d’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on. Cel­le-ci peut – si les infor­ma­ti­ons rem­plis­sent les exi­gen­ces posées à l’OGD (§ 5 al. 5 E‑IDG) – être liée à la deman­de de publi­ca­ti­on sous une for­me lisi­ble par machine. 

§ 44c. Con­seil en matiè­re de pro­tec­tion des données

La modi­fi­ca­ti­on du 25 novembre 2019 (pro­jet 5471) a per­mis d’ad­ap­ter la LDI et d’aut­res lois à la direc­ti­ve (UE) 2016/680. A cet­te occa­si­on, des con­seil­lers à la pro­tec­tion des don­nées ont été insti­tués dans le domaine de la pour­suite péna­le et de l’exé­cu­ti­on des pei­nes. Leur tâche con­si­ste à con­seil­ler et à sou­te­nir les col­la­bo­ra­teurs des unités admi­ni­stra­ti­ves con­cer­nées lors du trai­te­ment de don­nées per­son­nel­les et, en par­ti­cu­lier, à pro­cé­der à des examens pré­al­ables de pro­tec­tion des don­nées pour les unités admi­ni­stra­ti­ves. En out­re, les con­seil­lers à la pro­tec­tion des don­nées doi­vent ser­vir d’in­ter­face avec le pré­po­sé. Au cours de l’ex­amen du pro­jet 5471, une sous-com­mis­si­on for­mée par la direc­tion et la com­mis­si­on de gesti­on du Grand Con­seil a deman­dé que des con­seil­lers à la pro­tec­tion des don­nées soi­ent éga­le­ment nom­més dans les direc­tions du Con­seil d’E­tat et de la Chan­cel­le­rie d’E­tat. Cet­te deman­de n’a pas été rete­nue par la com­mis­si­on com­pé­ten­te du Grand Con­seil pour des rai­sons de temps, rai­son pour laquel­le elle est trai­tée dans le cad­re du pré­sent projet.

Com­me cet­te deman­de vise l’or­ga­ni­sa­ti­on de l’ad­mi­ni­stra­ti­on can­to­na­le, elle ne doit pas être mise en œuvre dans la LDI, mais sera réa­li­sée par une modi­fi­ca­ti­on de la loi sur l’or­ga­ni­sa­ti­on du Con­seil d’E­tat et de l’ad­mi­ni­stra­ti­on can­to­na­le. En out­re, les con­seil­lers à la pro­tec­tion des don­nées doi­vent notam­ment sur­veil­ler la tenue des regi­stres con­for­mé­ment au § 13 al. 2 et 3 de la P‑IDG. Les direc­tions sont libres de con­fier aux per­son­nes char­gées du con­seil en matiè­re de pro­tec­tion des don­nées éga­le­ment des tâches rele­vant du prin­ci­pe de trans­pa­rence. Une obli­ga­ti­on des direc­tions de dési­gner un interlo­cu­teur cen­tral pour le domaine du prin­ci­pe de trans­pa­rence exi­ste déjà aujour­d’hui et doit être main­te­nue en con­sé­quence (cf. § 28 al. 3 OID).

Lit. a : Les tâches sont réglées de maniè­re ana­lo­gue à cel­les des con­seil­lers à la pro­tec­tion des don­nées auprès des auto­ri­tés de pour­suite péna­le et d’exé­cu­ti­on des peines.

Lit. b : Une par­tie importan­te des tâches con­si­ste à sou­te­nir les unités admi­ni­stra­ti­ves dans la réa­li­sa­ti­on d’éva­lua­tions d’im­pact sur la pro­tec­tion des don­nées au sein des Direc­tions et de la Chan­cel­le­rie d’E­tat : les éva­lua­tions d’im­pact sur la pro­tec­tion des don­nées doi­vent être réa­li­sées en pre­mier lieu par les unités admi­ni­stra­ti­ves com­pé­ten­tes, qui sont char­gées des bases juri­di­ques per­ti­nen­tes ain­si que des pro­ce­s­sus de l’u­ni­té admi­ni­stra­ti­ve con­cer­née. La per­son­ne responsable du con­seil en matiè­re de pro­tec­tion des don­nées doit tou­te­fois les sou­te­nir dans cet­te tâche.

Lit. c : Les con­seil­lers à la pro­tec­tion des don­nées doi­vent ser­vir d’in­ter­face avec le ou la responsable de la pro­tec­tion des don­nées et éch­an­ger avec lui ou elle sur les que­sti­ons rela­ti­ves à la pro­tec­tion des données. 

Dis­po­si­ti­on transitoire

L’ad­mi­ni­stra­ti­on can­to­na­le doit dis­po­ser d’un délai de cinq ans pour publier ses don­nées publi­ques ouver­tes. Etant don­né qu’u­ne ordon­nan­ce du Con­seil d’E­tat sera néces­saire pour la régle­men­ta­ti­on des OGD, il est pos­si­ble de pré­voir une entrée en vigueur éche­lon­née en plus de cet­te dis­po­si­ti­on. Le § 44b ne pour­rait donc ent­rer en vigueur qu’a­près l’é­la­bo­ra­ti­on de l’ordonnance.

Le délai de tran­si­ti­on est notam­ment néces­saire dans la mesu­re où des infor­ma­ti­ons déjà exi­stan­tes doi­vent être mises à dis­po­si­ti­on en tant qu’OGD, con­for­mé­ment aux critères fixés par le Con­seil d’E­tat dans l’ordonnance. 

- 8. loi sur la pro­cé­du­re et la juri­dic­tion admi­ni­stra­ti­ves du 24 mai 1959 (LS 175.2)

Une adap­t­ati­on des ter­mes doit être effec­tuée au § 19b.

Les dési­gna­ti­ons sont adap­tées à la let. g (con­cer­nant la noti­on de délé­ga­ti­on admi­ni­stra­ti­ve, cf. remar­ques rela­ti­ves au § 45 P‑LDI) ain­si qu’aux ch. 1, 2 et 4. 

Remar­ques préliminaires

Sur la que­sti­on de la remi­se des dos­siers au média­teur, le média­teur et le pré­po­sé à la pro­tec­tion des don­nées de l’é­po­que ont expri­mé des avis juri­di­ques diver­gen­ts – en se fond­ant sur un cas con­cret. Le média­teur a défen­du le point de vue selon lequel les dos­siers qu’il avait deman­dés devai­ent être remis sans pesée sup­p­lé­men­tai­re des inté­rêts con­for­mé­ment au § 23 LDI, car des dis­po­si­ti­ons léga­les spé­cia­les excluai­ent l’ap­pli­ca­ti­on des dis­po­si­ti­ons plus géné­ra­les de la LDI sur la remi­se d’in­for­ma­ti­ons (même si elles con­ti­en­nent des don­nées per­son­nel­les). Ce point de vue est éga­le­ment défen­du pour l’e­s­sen­tiel par Tobi­as Jaag/Markus Rüss­li, Ombuds­ver­fah­ren und Daten­schutz, in : SJZ 112/2016, p. 89 ss. En revan­che, le pré­po­sé à la pro­tec­tion des don­nées de l’é­po­que a défen­du le point de vue selon lequel tou­te com­mu­ni­ca­ti­on de don­nées per­son­nel­les, même si elle a lieu sur la base des §§ 16 al. 1 let. a ou 17 al. 1 let. a LDI, est sou­mi­se à la réser­ve qu’en cas d’in­té­rêt public ou pri­vé prépon­dé­rant ou de dis­po­si­ti­on léga­le con­trai­re, il n’y ait pas de com­mu­ni­ca­ti­on ou que la com­mu­ni­ca­ti­on soit limi­tée (§ 23 LDI). Un orga­ne public doit donc pro­cé­der à une pesée des inté­rêts lors de chaque com­mu­ni­ca­ti­on de don­nées et véri­fier s’il exi­ste des inté­rêts contraires. 

§ 92. b. Enquêtes

Le § 92 al. 2 est une base léga­le selon les §§ 16 al. 1 let. a et 17 al. 1 let. a IDG (ou § 35 al. 1 E‑IDG). Il en résul­te que les dos­siers récla­més doi­vent en prin­ci­pe être remis. Tou­te­fois, même lorsque le média­teur deman­de la com­mu­ni­ca­ti­on de docu­ments, il doit tou­jours pro­cé­der à une pesée (limi­tée) des inté­rêts publics en jeu dans la cla­ri­fi­ca­ti­on d’un cas et des éven­tuels inté­rêts publics ou pri­vés prépon­dé­rants qui s’y oppo­sent (cf. ci-des­sus, remar­ques pré­li­mi­n­aires rela­ti­ves au § 35 E‑IDG). Comp­te tenu de la décis­i­on léga­le du § 92 al. 2, selon laquel­le le média­teur a droit à la remi­se des dos­siers, seuls des inté­rêts extrê­me­ment gra­ves peu­vent empêcher la remi­se des dos­siers. Si, dans un cas d’ap­pli­ca­ti­on, la remi­se du dos­sier est refusée, le média­teur dis­po­se en out­re de la voie de la plain­te en matiè­re de sur­veil­lan­ce : il peut se défend­re auprès de l’au­to­ri­té supé­ri­eu­re cont­re le refus de remi­se du dos­sier. Cela per­met éga­le­ment de s’assurer que l’au­to­ri­té à qui l’on deman­de la com­mu­ni­ca­ti­on des dos­siers ne fait pas inju­stem­ent obs­ta­cle à l’ac­com­plis­se­ment de la tâche du média­teur. Une cla­ri­fi­ca­ti­on ou une adap­t­ati­on de la dis­po­si­ti­on léga­le ne s’im­po­se donc pas. Il con­vi­ent éga­le­ment de noter que l’on ne con­naît qu’un seul cas dans lequel un con­flit portant sur la remi­se de dos­siers a don­né lieu à une plain­te de sur­veil­lan­ce du média­teur. Dans ce cas, la pré­sen­ta­ti­on d’un grand nombre de dos­siers per­son­nels de per­son­nes non impli­quées dans la pro­cé­du­re de média­ti­on a été exi­gée. En out­re, la pré­sen­ta­ti­on des dos­siers n’a pas été refusée de maniè­re géné­ra­le, mais des expli­ca­ti­ons ont été deman­dées sur la mesu­re dans laquel­le les dos­siers de tiers étai­ent déter­mi­nants pour la pro­cé­du­re de média­ti­on con­crè­te, afin que les dos­siers pui­s­sent être ren­dus acce­s­si­bles dans une mesu­re limi­tée. Ce cas par­ti­cu­lier ne con­vi­ent pas com­me base d’u­ne adap­t­ati­on de la loi. En out­re, l’ex­clu­si­on de l’ap­pli­ca­ti­on du § 11 P‑LDI (ou du § 23 LDI) ne chan­ge­rait rien au fait que l’ac­tion du média­teur doit éga­le­ment être pro­por­ti­onnée et que le ser­vice admi­ni­stra­tif solli­ci­té peut refu­ser de four­nir un dos­sier inap­pro­prié si tel n’é­tait pas le cas. Il con­vi­ent ensuite de rete­nir que le ren­voi au § 92 al. 4, qui stipu­le que le média­teur «est tenu au secret à l’é­gard des tiers et du requé­rant dans la même mesu­re» que les auto­ri­tés con­cer­nées, ne peut pas non plus con­dui­re à la con­clu­si­on qu’u­ne pesée des inté­rêts est exclue. Tou­tes les auto­ri­tés aux­quel­les des dos­siers doi­vent être remis dans le cad­re de l’as­si­stance admi­ni­stra­ti­ve sont sou­mi­ses au secret de fonc­tion et, dans ces cas éga­le­ment, l’au­to­ri­té qui remet les dos­siers doit pro­cé­der à une pesée des intérêts.

Une cla­ri­fi­ca­ti­on de la que­sti­on juri­di­que dans la loi ne s’im­po­se donc pas – con­trai­re­ment au man­dat du concept.

al. 2 : Com­me nous l’a­vons expli­qué plus haut, le média­teur a en prin­ci­pe le droit, dans les pro­cé­du­res pen­dan­tes devant lui, de se fai­re remett­re les dos­siers, même si ceux-ci con­ti­en­nent des don­nées per­son­nel­les de tiers. L’au­to­ri­té ne peut donc refu­ser au média­teur la con­sul­ta­ti­on du dos­sier que dans des cas excep­ti­on­nels, en se fond­ant sur des inté­rêts publics prépon­dé­rants ou sur les droits de tiers con­cer­nés, con­for­mé­ment au § 11 P‑LDI (§ 23 LDI). L’ap­pli­ca­bi­li­té de la LDI ne doit pas être exclue, puis­que le § 92 al. 2 con­ti­ent justem­ent une base léga­le selon le § 35 al. 1 et 2 P‑LDI (§§ 16 al. 1 let. a et 17 al. 1 let. a LDI). En ce sens, les régle­men­ta­ti­ons sont har­mo­ni­sées ent­re elles. Il est tou­te­fois pos­si­ble de com­plé­ter le § 92 al. 2 en pré­cisant qu’u­ne invo­ca­ti­on du secret de fonc­tion ne peut pas ser­vir à refu­ser la remi­se du dos­sier. En out­re, la deu­xiè­me phra­se de la dis­po­si­ti­on peut être sup­p­ri­mée : Les dis­po­si­ti­ons du droit fédé­ral pri­ment de tou­te façon tou­jours sur le droit can­to­nal. C’é­tait déjà le cas lors de l’ad­op­ti­on de la dis­po­si­ti­on en 1977 (en vigueur depuis le 1er sep­tembre 1978) et la direc­ti­ve du Con­seil d’E­tat ne con­ti­ent éga­le­ment que cet­te phra­se, sans aut­res com­plé­ments (cf. JO 1975, 980). La deu­xiè­me phra­se de la ver­si­on en vigueur n’a donc aucu­ne signi­fi­ca­ti­on et peut être abrogée.

Si – con­trai­re­ment à la situa­ti­on juri­di­que actu­el­le – l’au­to­ri­té à qui l’on deman­de de pro­dui­re des docu­ments devait être tenue de le fai­re sans pro­cé­der à une pesée des inté­rêts con­for­mé­ment au § 11 de la P‑LDI (§ 23 de la LDI), cela dev­rait être expres­sé­ment ajou­té au tex­te de loi. Une régle­men­ta­ti­on cor­re­spond­an­te pour­rait être for­mulée com­me suit :

2 Les auto­ri­tés aux­quel­les le média­teur s’adres­se dans un cas pré­cis sont tenues de lui four­nir des rens­eig­ne­ments et de lui pré­sen­ter le dos­sier. La remi­se du dos­sier ne peut être refusée en invo­quant le secret de fonc­tion ou l’ar­tic­le 11 de la loi sur l’in­for­ma­ti­on et la pro­tec­tion des données.

Il con­vi­ent tou­te­fois de noter que même une tel­le régle­men­ta­ti­on per­met, en ver­tu du prin­ci­pe de pro­por­ti­on­na­li­té géné­ra­le­ment appli­ca­ble, un cer­tain con­trô­le de la pro­por­ti­on­na­li­té de la part de l’au­to­ri­té requi­se, par exemp­le en ce qui con­cer­ne l’é­ten­due des dos­siers à pré­sen­ter au médiateur. 

- 9. loi sur le per­son­nel du 27 sep­tembre 1998 (LS 177.10)

- 11. loi sur l’exé­cu­ti­on des pei­nes et des mesu­res du 19 juin 2006 (LS 331)

- 12. loi sur les éco­les second­ai­res du 13 juin 1999 (LS 413.21)

- 13. loi d’in­tro­duc­tion de la loi sur la for­ma­ti­on pro­fes­si­on­nel­le du 14 jan­vier 2008 (LS 413.31)

- 14. loi sur les hau­tes éco­les spé­cia­li­sées du 2 avril 2007 (LS 414.10)

- 15. loi sur l’uni­ver­si­té du 15 mars 1998 (LS 415.11)

- 16e loi sur la poli­ce du 23 avril 2007 (LS 550.1)

- 17e loi sur le Con­trô­le des finan­ces du 30 octobre 2000 (LS 614)

- 18. loi can­to­na­le sur la géo­in­for­ma­ti­on du 24 octobre 2011 (LS 704.1)

- 19e loi sur l’ai­de à l’en­fan­ce et à la jeu­nesse du 14 mars 2011 (LS 852.1)

- 20. loi sur les foy­ers pour enfants et ado­le­s­cents du 27 novembre 2017 (LS 852.2)