Ven­te à emporter (AI)
  • La cyber­cri­mi­na­li­té est en aug­men­ta­ti­on et tou­che les par­ti­cu­liers, les jeu­nes et les ent­re­pri­ses avec de mul­ti­ples for­mes de délits.
  • Les ser­vices répres­sifs s’ad­apt­ent ; la con­nais­sance tech­ni­que con­ti­n­ue et la coopé­ra­ti­on inter­na­tio­na­le sont essentielles.
  • La Con­fé­dé­ra­ti­on et les can­tons tra­vail­lent en étroi­te col­la­bo­ra­ti­on : NEDIK, Cyber­board et KGCy ren­for­cent la coor­di­na­ti­on et l’é­ch­an­ge d’informations.
  • La for­ma­ti­on est inten­si­fi­ée ; les insti­tu­ti­ons can­to­na­les, les ISP, les uni­ver­si­tés et les hau­tes éco­les pro­po­sent des pro­gram­mes spé­cia­li­sés et des for­ma­ti­ons en ligne.

Inter­pel­la­ti­on Bregy (19.3288) : Cyber­cri­mi­na­li­té. Qu’en est-il notam­ment de la for­ma­ti­on des auto­ri­tés de pour­suite pénale ?

Tex­te soumis

La cyber­cri­mi­na­li­té con­ti­n­ue d’aug­men­ter. Les for­mes de délits sont très diver­ses et vont du har­cè­le­ment moral, de la por­no­gra­phie enfan­ti­ne, du tra­fic de dro­gues et d’ar­mes à la frau­de orga­ni­sée par des pro­fes­si­on­nels en matiè­re de pla­ce­ments et de com­man­des. Les auto­ri­tés de pour­suite péna­le sont con­fron­tées à de grands défis dans un envi­ron­ne­ment en rapi­de muta­ti­on. Out­re les enfants et les ado­le­s­cents, les uti­li­sa­teurs ordi­naires d’In­ter­net font désor­mais par­tie des vic­ti­mes, tout com­me les ent­re­pri­ses de dif­fé­ren­tes tail­les. Le Con­seil fédé­ral est donc prié de répond­re aux que­sti­ons suivantes :

1. com­ment le Con­seil fédé­ral éva­lue-t-il l’é­vo­lu­ti­on de la cyber­cri­mi­na­li­té et sa pour­suite en Suisse ?

2. les auto­ri­tés char­gées de l’ap­pli­ca­ti­on des lois sont-elles armées pour fai­re face à cet­te évo­lu­ti­on et, en par­ti­cu­lier, leur for­ma­ti­on est-elle suf­fi­san­te dans ce domaine ?

3. que peut fai­re le Con­seil fédé­ral pour amé­lio­rer la lut­te cont­re la cyber­cri­mi­na­li­té et sa répression ?

4. quel­le pour­rait être la for­me d’u­ne col­la­bo­ra­ti­on ou d’u­ne répar­ti­ti­on avec les can­tons, y com­pris dans le domaine de la for­ma­ti­on des auto­ri­tés de pour­suite péna­le spécialisées ?

5. com­ment la for­ma­ti­on des auto­ri­tés de pour­suite péna­le pour­rait-elle éven­tu­el­le­ment être amé­lio­rée dans le domaine de la cybercriminalité ?

6. un pro­gram­me de for­ma­ti­on ciblé sous l’é­gide de la Con­fé­dé­ra­ti­on serait-il éven­tu­el­le­ment une solu­ti­on possible ?

Avis du Con­seil fédé­ral du 22.5.2019

1 / 2 La numé­ri­sa­ti­on crois­s­an­te et l’uti­li­sa­ti­on des moy­ens de com­mu­ni­ca­ti­on numé­ri­ques ent­raî­nent une aug­men­ta­ti­on des for­mes de cri­mi­na­li­té numé­ri­que. Même la cri­mi­na­li­té clas­si­que (com­me les délits cont­re la vie et l’in­té­gri­té cor­po­rel­le) com­por­te aujour­d’hui sou­vent une com­po­san­te élec­tro­ni­que, par exemp­le sous la for­me de moy­ens de preuve dis­po­ni­bles sous for­me élec­tro­ni­que. La pour­suite péna­le sui­s­se s’ad­ap­te à l’é­vo­lu­ti­on de la situa­ti­on. Pour con­tin­uer à sui­v­re les évo­lu­ti­ons, il est essen­tiel de dis­po­ser de con­nais­sances tech­ni­ques par­ti­cu­liè­res et d’u­ne étroi­te col­la­bo­ra­ti­on natio­na­le et inter­na­tio­na­le avec les dif­fér­ents par­ten­aires. Une for­ma­ti­on con­ti­n­ue des pro­cur­eurs et de la poli­ce est donc indis­pensable. C’est pour­quoi les auto­ri­tés de pour­suite péna­le met­tent l’ac­cent sur la mise en place et le déve­lo­p­pe­ment de for­ma­ti­ons. Voir à ce sujet les répon­ses 5/6.

3 / 4 Le Con­seil fédé­ral encou­ra­ge et sou­ti­ent la mise en réseau des capa­ci­tés et des res­sour­ces exi­stan­tes ain­si que l’é­ch­an­ge d’in­for­ma­ti­ons de poli­ce judi­ciai­re ent­re les par­ten­aires nati­on­aux et inter­na­ti­on­aux. Aujour­d’hui déjà, les auto­ri­tés de pour­suite péna­le des can­tons et de la Con­fé­dé­ra­ti­on col­la­bo­rent étroi­te­ment dans la lut­te cont­re la cri­mi­na­li­té numé­ri­que. Le “Réseau d’ap­pui aux enquêtes sur la cri­mi­na­li­té numé­ri­que” (NEDIK), créé par la Con­fé­rence des com­man­dants des poli­ces can­to­na­les de Sui­s­se (CCPCS), sert de pla­te-for­me opé­ra­ti­on­nel­le pour inten­si­fier la coopé­ra­ti­on poli­ciè­re ent­re les can­tons et la Con­fé­dé­ra­ti­on. Un aut­re instru­ment important est le Cyber­board, où les poli­ces et les mini­stères publics de la Con­fé­dé­ra­ti­on et des can­tons col­la­bo­rent. En out­re, le nou­veau grou­pe cen­tral de cyber­sé­cu­ri­té (KGCy) déci­dé par le Con­seil fédé­ral ain­si que le comi­té de cyber­sé­cu­ri­té du Con­seil fédé­ral peu­vent assurer la coor­di­na­ti­on et le pilo­ta­ge des mesu­res natio­na­les en cas de cri­se cybernétique.

5 / 6 La for­ma­ti­on des auto­ri­tés de pour­suite péna­le (poli­ce et mini­stères publics) en matiè­re de cri­mi­na­li­té numé­ri­que sera pro­gres­si­ve­ment inten­si­fi­ée et adap­tée aux beso­ins actuels de la pour­suite péna­le. La for­ma­ti­on est en pre­mier lieu du res­sort des can­tons. L’In­sti­tut sui­s­se de poli­ce (ISP) est par exemp­le responsable de la mise en place et du déve­lo­p­pe­ment d’un pro­gram­me de for­ma­ti­on cont­re la cyber­cri­mi­na­li­té à l’é­chel­le natio­na­le. Un grou­pe de tra­vail com­po­sé de spé­cia­li­stes a été spé­cia­le­ment créé à cet effet. Le modu­le d’app­ren­tis­sa­ge en ligne éla­bo­ré par l’ISP, qui trai­te des bases de la lut­te cont­re la cri­mi­na­li­té numé­ri­que, a déjà été sui­vi par plus de 15 000 poli­ciers. Dans les can­tons romands, l’E­co­le roman­de de la Magi­stra­tu­re péna­le est char­gée de la for­ma­ti­on des pro­cur­eurs en tant que cent­re de com­pé­tence de la Hau­te éco­le de gesti­on Arc (HE-Arc). La cyber­cri­mi­na­li­té est l’un des modu­les de for­ma­ti­on. La HE-Arc pro­po­se éga­le­ment des for­ma­ti­ons à d’aut­res spé­cia­li­stes des auto­ri­tés de pour­suite péna­le, par­fois à la poli­ce. Dans les can­tons alé­ma­ni­ques, l’A­ca­dé­mie des pro­cur­eurs de l’Uni­ver­si­té de Lucer­ne pro­po­se une for­ma­ti­on com­pa­ra­ble pour les pro­cur­eurs. L’uni­ver­si­té de Lau­sanne pro­po­se un master en cri­mi­na­li­stique avec un cours sur la cyber­cri­mi­na­li­té, con­çu pour les futurs enquêteurs. En out­re, l’ETHZ et l’EPFL pro­po­sent un master en cyber­sé­cu­ri­té. Ces nou­vel­les off­res per­met­tent de com­bler une lacu­ne importan­te en matiè­re de prévention.