Ven­te à emporter (AI)
  • La révi­si­on de la loi sur la pro­tec­tion des don­nées (LPD) exami­ne l’aug­men­ta­ti­on des tâches et des moy­ens du PFPDT ; les décis­i­ons défi­ni­ti­ves seront pri­ses dans le message.
  • Le Con­seil fédé­ral pré­voit de pré­sen­ter le pro­jet de révi­si­on d’i­ci fin août 2016 ; retard dû à des initia­ti­ves légis­la­ti­ves euro­pé­en­nes et à l’AIR.
  • Le Con­seil fédé­ral recon­naît les chan­ces et les ris­ques des Big Data ; encou­ra­ge la recher­che (PNR 75) et le grou­pe d’ex­perts sur la sécu­ri­té des don­nées et la santé.
  • Objec­tif de la révi­si­on : ren­forcer la pro­tec­tion des don­nées par la trans­pa­rence et le con­trô­le afin de favo­ri­ser la con­fi­ance et l’é­ch­an­ge de données.

Inter­pel­la­ti­on Der­der (15.4253) : Pro­té­ger les don­nées pour mieux les uti­li­ser. Une néces­si­té urgen­te et une chance

Tex­te soumis

La quan­ti­té de don­nées pro­dui­tes par les citoy­ens est en très for­te aug­men­ta­ti­on. Nous pro­dui­sons, le plus sou­vent incon­sciem­ment, des don­nées de plus en plus nombreu­ses et de plus en plus sen­si­bles (big data). La pro­tec­tion des liber­tés indi­vi­du­el­les fon­da­men­ta­les, plus men­acées que jamais, devi­ent une prio­ri­té dans not­re Etat de droit et la tâche du Pré­po­sé fédé­ral à la pro­tec­tion des don­nées et à la trans­pa­rence (PFPDT) n’a jamais été aus­si importante.

J’ai deman­dé au Con­seil fédé­ral si le man­dat du PFPDT ne devait pas être revu et si davan­ta­ge de moy­ens devai­ent être mis à sa dis­po­si­ti­on (que­sti­on 15.5562). Dans sa répon­se, le Con­seil fédé­ral a rap­pelé qu’il est pré­vu de trai­ter la que­sti­on des tâches et des moy­ens du PFPDT dans le cad­re de la révi­si­on de la loi fédé­ra­le sur la pro­tec­tion des don­nées avant août 2016. Il ne s’est tou­te­fois pas pro­non­cé con­crè­te­ment sur le con­te­nu de la que­sti­on posée, bien que le nou­veau PFPDT soit con­fir­mé dans sa fonc­tion lors de la pro­chai­ne session.

Dans ce con­tex­te, je deman­de au Con­seil fédé­ral de bien vou­loir répond­re aux que­sti­ons suivantes :

1. il sem­ble iné­vi­ta­ble que les tâches du PFPDT aug­men­tent éga­le­ment en rai­son de l’ex­plo­si­on des don­nées pro­dui­tes. Les moy­ens néces­saires seront-ils mis à sa disposition ?

2. pour­quoi la révi­si­on de la loi en cours est-elle retar­dée ? Le pro­jet sera-t-il prêt d’i­ci août 2016 ? Ne dev­rait-il pas être fina­li­sé plus tôt, étant don­né que la posi­ti­on de prin­ci­pe de l’UE sur ce sujet est connue ?

3. le Con­seil fédé­ral est-il con­sci­ent des pos­si­bi­li­tés excep­ti­on­nel­les offer­tes par le Big Data, notam­ment dans les domain­es de la san­té, de la méde­ci­ne de pré­cis­i­on et du trai­te­ment des mala­dies gra­ves ? Pour exploi­ter ces pos­si­bi­li­tés, il faut encou­ra­ger le par­ta­ge des don­nées per­son­nel­les. La pro­tec­tion de ces don­nées et de la sphè­re pri­vée doit donc être amé­lio­rée afin de ren­forcer la con­fi­ance de la popu­la­ti­on dans ce système. Le Con­seil fédé­ral en est-il conscient ?

4. le Con­seil fédé­ral est-il con­sci­ent de l’im­portance et de l’ur­gence de ce dos­sier à une épo­que pla­cée sous le signe de la numé­ri­sa­ti­on et des données ?

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h1>Prise de posi­ti­on du Con­seil fédéral

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1. la que­sti­on de l’aug­men­ta­ti­on des res­sour­ces du Pré­po­sé fédé­ral à la pro­tec­tion des don­nées et à la trans­pa­rence (PFPDT) sera exami­née dans le cad­re de la révi­si­on de la loi sur la pro­tec­tion des don­nées (LPD ; RS 235.1) et dépen­dra des tâches qui lui seront con­fiées. Le Con­seil fédé­ral ne peut pas se pro­non­cer sur ce point à l’heu­re actu­el­le, mais il le fera dans le message.

2. le Con­seil fédé­ral pré­voit de mett­re le pro­jet de révi­si­on en con­sul­ta­ti­on com­me pré­vu d’i­ci fin août 2016. Les révi­si­ons au niveau euro­pé­en – tant les pro­jets de direc­ti­ve et de règle­ment de l’U­ni­on euro­pé­en­ne que le pro­jet de moder­ni­sa­ti­on de la Con­ven­ti­on n° 108 du Con­seil de l’Eu­ro­pe – seront adop­tés dans le cou­rant de cet­te année. Pour cet­te rai­son, le Con­seil fédé­ral esti­me qu’il n’est pas judi­cieux d’an­ti­ci­per les travaux. En out­re, le Con­seil fédé­ral a l’in­ten­ti­on de tenir comp­te, dans la mesu­re du pos­si­ble, des résul­tats atten­dus au prin­temps d’u­ne ana­ly­se d’im­pact de la régle­men­ta­ti­on (AIR) actu­el­le­ment en cours.

3. le Con­seil fédé­ral est con­sci­ent des oppor­tu­ni­tés offer­tes par le big data, mais aus­si des nou­veaux défis qui en décou­lent dans le domaine de la pro­tec­tion des don­nées (voir notam­ment sa répon­se du 25 février 2015 à l’in­ter­pel­la­ti­on Graf-Lit­scher 14.4194). Afin de mieux appré­hen­der ce phé­nomè­ne, il a lan­cé en juin 2015 un pro­gram­me natio­nal de recher­che visa­nt à poser les bases d’u­ne uti­li­sa­ti­on effi­cace et appro­priée des volu­mes de don­nées tou­jours plus importants dans tous les domain­es de la socié­té (PNR 75 “Big Data”). Le modu­le 3 de ce pro­gram­me sou­ti­ent le déve­lo­p­pe­ment d’ap­pli­ca­ti­ons Big Data dans dif­fér­ents domain­es de la socié­té, notam­ment dans le domaine de la méde­ci­ne. En répon­se à la moti­on Rech­stei­ner 13.3841, le DFF a en out­re mis en place le grou­pe d’ex­perts “Ave­nir du trai­te­ment et de la sécu­ri­té des don­nées”, qui exami­ne notam­ment les aspects soci­aux, poli­ti­ques et éco­no­mi­ques du big data. Ce grou­pe d’ex­perts se pen­che­ra éga­le­ment sur des thè­mes spé­ci­fi­ques dans le domaine de la san­té, notam­ment sur le dos­sier élec­tro­ni­que du pati­ent. Le big data et la néces­si­té de don­ner plus d’au­to­no­mie aux per­son­nes con­cer­nées en ren­for­çant les mesu­res cont­re les abus et le con­trô­le de l’E­tat, ent­re aut­res dans le domaine de la san­té, seront en out­re un thè­me de la nou­vel­le stra­té­gie numé­ri­que du Con­seil fédé­ral. Cel­le-ci sera pro­ba­blem­ent adop­tée au cours du pre­mier semest­re de cet­te année. Enfin, l’AIR menée dans le cad­re de la révi­si­on de la LPD dev­rait éga­le­ment four­nir des indi­ca­ti­ons uti­les sur le big data.

Avec la révi­si­on de la LPD, le Con­seil fédé­ral entend ren­forcer la pro­tec­tion des don­nées, notam­ment par une plus gran­de trans­pa­rence du trai­te­ment des don­nées et un meil­leur con­trô­le des per­son­nes con­cer­nées sur leurs don­nées. La révi­si­on doit faci­li­ter la créa­ti­on ou le main­ti­en d’un cli­mat de con­fi­ance qui pour­rait favo­ri­ser l’é­ch­an­ge de don­nées personnelles.

4. le thè­me de la pro­tec­tion des don­nées est d’u­ne importance capi­ta­le pour le Con­seil fédé­ral, com­me le mont­rent les travaux en cours men­ti­onnés au chif­fre 3, notam­ment la mise en place du grou­pe d’ex­perts “Ave­nir du trai­te­ment et de la sécu­ri­té des don­nées”. Par ail­leurs, dans le domaine légis­la­tif, l’ou­ver­tu­re de la pro­cé­du­re de con­sul­ta­ti­on sur la révi­si­on de la LPD fait par­tie des objec­tifs du Con­seil fédé­ral pour l’an­née 2016 (objec­tif 2).