Ven­te à emporter (AI)
  • Le Con­seil fédé­ral char­ge le pro­jet de loi sur l’i­den­ti­té élec­tro­ni­que de con­tri­buer à la numé­ri­sa­ti­on en couvrant l’en­sem­ble du territoire.
  • Les auto­ri­tés qui appli­quent le droit fédé­ral doi­vent accep­ter les E‑ID recon­nues par l’E­tat pour les inscrip­ti­ons en ligne (art.16).
  • Des pre­scrip­ti­ons juri­di­ques et tech­ni­ques uni­for­mes ain­si que des pro­to­co­les stan­dard favo­ri­sent l’in­teropé­ra­bi­li­té et rédui­sent les coûts d’intégration.
  • Des obli­ga­ti­ons d’ac­cep­t­ati­on plus éten­dues au niveau cantonal/communal néces­si­terai­ent des modi­fi­ca­ti­ons con­sti­tu­ti­on­nel­les ; les ser­vices spé­cia­li­sés exami­nent d’aut­res beso­ins législatifs.

Inter­pel­la­ti­on Dobler (17.4089) : E‑ID com­me alter­na­ti­ve à part entiè­re à la car­te d’i­den­ti­té et au passeport

Tex­te soumis

Pour que la numé­ri­sa­ti­on réus­sis­se en Sui­s­se, il faut une iden­ti­té élec­tro­ni­que géné­ra­li­sée. La loi sur l’e-ID est un pre­mier pas dans la bon­ne direc­tion. Les répon­ses à la con­sul­ta­ti­on mont­rent tou­te­fois qu’il exi­ste un poten­tiel d’op­ti­mi­sa­ti­on pour une intro­duc­tion rapi­de et à gran­de échelle.

L’uti­li­sa­ti­on de l’E-ID dans les rela­ti­ons avec les auto­ri­tés est décisi­ve pour son suc­cèsLes auto­ri­tés (fédé­ra­les, can­to­na­les et com­mu­na­les) doi­vent mon­trer l’exemp­le et accep­ter l’E-ID com­me une alter­na­ti­ve à part entiè­re aux moy­ens maté­ri­els d’i­den­ti­fi­ca­ti­on et d’au­then­ti­fi­ca­ti­on, tels que la car­te d’i­den­ti­té et le pas­se­port. De cet­te maniè­re, la con­fi­ance de la popu­la­ti­on dans l’E-ID sera ren­for­cée et la dif­fu­si­on de l’E-ID sera encouragée.

Le Con­seil fédé­ral est prié de répond­re aux que­sti­ons suivantes :

1. est-il prêt à don­ner la prio­ri­té, dans la loi sur l’e-ID, à l’uti­li­sa­ti­on de l’e-ID dans les éch­an­ges avec les auto­ri­tés ain­si que dans les ent­re­pri­ses pro­ches de l’État ?

2. com­ment pré­voit-il de pro­mou­voir l’ac­cep­t­ati­on et l’in­tro­duc­tion de l’E-ID recon­nue par l’É­tat auprès des auto­ri­tés au niveau fédé­ral, can­to­nal et com­mu­nal ? Est-il prêt à mett­re en place des mesu­res incitatives ?

3. s’ef­forcera-t-il, dans la loi sur l’e-ID, d’in­tro­dui­re des obli­ga­ti­ons aus­si lar­ges que pos­si­ble pour l’ac­cep­t­ati­on de l’e-ID dans les éch­an­ges avec les autorités ?

4. en dehors de la loi sur la car­te d’i­den­ti­té élec­tro­ni­que, est-il néces­saire de légifé­rer pour que la car­te d’i­den­ti­té élec­tro­ni­que soit accep­tée com­me un moy­en d’i­den­ti­fi­ca­ti­on et d’au­then­ti­fi­ca­ti­on à part entiè­re, au même tit­re que la car­te d’i­den­ti­té et le pas­se­port (par exemp­le dans la loi sur les docu­ments d’i­den­ti­té, LDI) ?

Avis du Con­seil fédé­ral du 14.2.2018

Le Con­seil fédé­ral est con­sci­ent de l’im­portance de l’e-ID pour la numé­ri­sa­ti­on en Sui­s­se. C’est pour­quoi, le 15 novembre 2017, après avoir pris con­nais­sance des résul­tats de la con­sul­ta­ti­on, il a char­gé le DFJP d’é­la­bo­rer un pro­jet de loi fédé­ra­le sur les ser­vices d’i­den­ti­fi­ca­ti­on élec­tro­ni­que (loi sur l’I­DE) d’i­ci à l’é­té 2018. Pour le Con­seil fédé­ral, le suc­cès de l’E-ID ne dépend pas en pre­mier lieu de son uti­li­sa­ti­on dans les rela­ti­ons avec les auto­ri­tés.En effet, il faut nor­ma­le­ment autant de cont­acts avec les auto­ri­tés par an que de cont­acts avec l’é­co­no­mie par jour. Il est tou­te­fois con­sci­ent qu’en Euro­pe, ce sont sur­tout les solu­ti­ons d’i­den­ti­fi­ca­ti­on élec­tro­ni­que per­met­tant une uti­li­sa­ti­on dans les éch­an­ges avec les auto­ri­tés et dans les cont­acts avec l’é­co­no­mie qui se sont impo­sées, com­me le pré­voyait déjà le pro­jet mis en consultation.

A la lumiè­re de ces remar­ques pré­li­mi­n­aires, les répon­ses aux que­sti­ons de l’in­ter­pel­la­teur sont les suivantes :

1/3 Le pro­jet de loi sur l’I­DE mis en con­sul­ta­ti­on pré­voit déjà à l’ar­tic­le 16 que les auto­ri­tés qui exé­cu­tent le droit fédé­ral et exi­gent une iden­ti­fi­ca­ti­on élec­tro­ni­que doi­vent accep­ter tout IDE recon­nu par l’É­tat. Donc, dès que ces auto­ri­tés pré­voi­ent un accès à leurs ser­vices avec une inscrip­ti­on en ligne, ils doi­vent éga­le­ment accep­ter l’E-ID recon­nu par l’É­tat. Cet­te régle­men­ta­ti­on doit être repri­se dans le pro­jet de loi qui sera sou­mis au Par­le­ment. Une con­train­te plus importan­te pour les auto­ri­tés can­to­na­les et com­mu­na­les néces­si­terait une modi­fi­ca­ti­on de la Constitution.

2. la créa­ti­on de pre­scrip­ti­ons juri­di­ques et tech­ni­ques uni­for­mes pour les E‑ID recon­nues par l’E­tat, pré­vue par la loi sur l’E-ID, per­met de romp­re avec les “solu­ti­ons en silo” actu­el­les et de cré­er une interopé­ra­bi­li­té. Ceci et la pos­si­bi­li­té ain­si offer­te de renon­cer à une solu­ti­on pro­pre coûteu­se cré­ent déjà une gran­de inci­ta­ti­on. Grâ­ce à l’uti­li­sa­ti­on pré­vue de pro­to­co­les tech­ni­ques stan­dard, les coûts d’in­té­gra­ti­on de la fonc­tion­na­li­té E‑ID dans les solu­ti­ons de la Con­fé­dé­ra­ti­on, des can­tons et des com­mu­nes seront main­te­nus à un bas niveau. En out­re, la dif­fu­si­on de l’e-ID doit être encou­ra­gée par une com­mu­ni­ca­ti­on inten­si­fi­ée avec tou­tes les par­ties pren­an­tes concernées.

L’E-ID est en out­re une con­tri­bu­ti­on con­crè­te à la réa­li­sa­ti­on des objec­tifs de la cyber­ad­mi­ni­stra­ti­on sui­s­se et de la stra­té­gie du Con­seil fédé­ral pour une Sui­s­se numé­ri­que. Tou­tes les par­ties pren­an­tes per­ti­nen­tes ont été invi­tées à par­ti­ci­per à un dia­lo­gue struc­tu­ré “Sui­s­se numé­ri­que”, qui a été lan­cé en même temps que la nou­vel­le stra­té­gie. Dans ce con­tex­te, il con­vi­ent éga­le­ment de noter que la Con­fé­dé­ra­ti­on et les can­tons sou­ti­en­nent déjà l’in­tro­duc­tion de l’E-ID dans le plan prio­ri­taire com­mun 2017 – 2019 de la cyber­ad­mi­ni­stra­ti­on sui­s­se. En out­re, la Con­fé­dé­ra­ti­on fera éga­le­ment de la mise en œuvre et de l’uti­li­sa­ti­on de l’e-ID un axe important lors du renou­vel­le­ment de la stra­té­gie de cyber­ad­mi­ni­stra­ti­on de la Con­fé­dé­ra­ti­on, des can­tons et des communes.

4. il incom­be aux offices et ser­vices respons­ablesLe Con­seil fédé­ral a déci­dé d’ex­ami­ner la néces­si­té d’u­ne inter­ven­ti­on légis­la­ti­ve pour la trans­for­ma­ti­on numé­ri­que de ses ser­vices et de régle­men­ter l’ac­cep­t­ati­on de l’e-ID. L’é­la­bo­ra­ti­on de la loi sur l’E-ID don­ne l’im­pul­si­on néces­saire. Selon le con­cept régle­men­tai­re actuel, une E‑ID a pour but de pou­voir s’i­den­ti­fier et s’au­then­ti­fier dans le mon­de élec­tro­ni­que. Elle ne per­met pas de fran­chir les fron­tiè­res nationales.