Ven­te à emporter (AI)
  • Les assur­eurs-mala­die peu­vent con­fier des acti­vi­tés auxi­li­ai­res à des tiers, mais restent respons­ables du respect des prin­cipes de la LAMal et de la sur­veil­lan­ce par l’OFSP.
  • Les assur­eurs doi­vent garan­tir la pro­tec­tion des don­nées par cont­rat, infor­mer les assu­rés et l’OFSP peut édic­ter des sanc­tions et des direc­ti­ves en cas de non-respect.

Inter­pel­la­ti­on Dor­mond (03.3613) : Assu­rance mala­die et pro­tec­tion des données
Clas­sé (16.12.2005)

Tex­te soumis

Récem­ment, nous avons app­ris par la pres­se que cer­tai­nes cais­ses d’assu­rance mala­die con­fi­ent à des ent­re­pri­ses pri­vées le trai­te­ment des fac­tures rela­ti­ves aux pre­sta­ti­ons pré­vues par la loi fédé­ra­le sur l’assu­rance mala­die (LAMal). Ce tra­vail est donc en quel­que sor­te sous-traité.

Le Con­seil fédé­ral est prié de répond­re aux que­sti­ons suivantes :

1. a‑t-il été infor­mé de cet­te nou­vel­le pra­tique des assur­eurs qui gèrent l’assu­rance mala­die socia­le et l’a-t-il approu­vée au préalable ?

2. a‑t-il été con­sul­té sur la léga­li­té de cet­te nou­vel­le pra­tique et a‑t-il reçu l’assu­rance que les dis­po­si­ti­ons de la LAMal serai­ent respectées ?

3. a‑t-il don­né à ces sous-trai­tants l’au­to­ri­sa­ti­on de pra­ti­quer l’assu­rance mala­die de base, com­me il le fait pour les assu­ran­ces maladie ?

4. super­vi­se-t-il les ent­re­pri­ses qui trai­tent les fac­tures pour les pre­sta­ti­ons LAMal four­nies sur man­dat et déci­dent des rem­bour­se­ments, com­me il super­vi­se les cais­ses maladie ?

5. les fac­tures ne peu­vent être trai­tées de maniè­re fia­ble que si les don­nées des assu­rés sont con­nues (ent­re aut­res la fran­chise, la quo­te-part, les don­nées per­son­nel­les). Le Con­seil fédé­ral n’est-il pas d’a­vis que les cais­ses-mala­die aurai­ent dû infor­mer les mem­bres con­cer­nés de cet­te pra­tique d’externalisation ?

6. les assu­rés n’ont pas eu la pos­si­bi­li­té d’ap­prou­ver la démar­che des cais­ses de mala­die, d’autant plus qu’ils n’ont pas été infor­més de l’ex­ter­na­li­sa­ti­on. Dans quel­le mesu­re la loi fédé­ra­le sur la pro­tec­tion des don­nées (LPD) est-elle enco­re respec­tée dans ces circonstances ?

7. quels con­trô­les le Con­seil fédé­ral a‑t-il mis en place pour garan­tir le respect de la LPD ?

8. quels con­trô­les le Con­seil fédé­ral a‑t-il mis en place pour garan­tir le respect des dis­po­si­ti­ons de la LAMal ?

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h1>Raison d’êt­re

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Ces deux der­niè­res semain­es, la pres­se a révé­lé que les cais­ses mala­die sous-trai­tent le trai­te­ment des fac­tures con­cer­nant l’assu­rance de base à des ent­re­pri­ses pri­vées. C’est par exemp­le le cas de l’assu­rance KPT/CPT. Cel­le-ci a, selon la pres­se, sup­p­ri­mé 45 postes à temps plein dans ce domaine. Elle a pré­tex­té l’en­trée en vigueur du tarif médi­cal uni­fié (Tar­Med) et le trans­fert du trai­te­ment des fac­tures à une ent­re­pri­se pri­vée. La maniè­re de pro­cé­der des cais­ses mala­die recon­nues par la Con­fé­dé­ra­ti­on, qui trans­fè­rent une par­tie de leurs acti­vi­tés à des ent­re­pri­ses pri­vées qui – rap­pe­lons-le – ne sont pas sou­mi­ses aux mêmes exi­gen­ces, n’est tou­te­fois pas sans poser pro­blè­me. Out­re la per­te défi­ni­ti­ve des emplois de per­son­nes qui exer­çai­ent un con­trô­le sur les pre­sta­ti­ons LAMal payées et qui jouai­ent un rôle important dans le con­trô­le des coûts de la san­té, on peut se deman­der si les dis­po­si­ti­ons léga­les de la LAMal et de la LPD sont enco­re respec­tées. En ce qui con­cer­ne la LAMal, les ent­re­pri­ses qui tra­vail­lent en sous-trai­tance peu­vent, à l’in­su du légis­la­teur, con­tour­ner le secret pro­fes­si­on­nel inscrit dans la LAMal. En ce qui con­cer­ne la LPD, la que­sti­on de la trans­pa­rence se pose, et ce d’autant plus que les assu­rés n’ont pas app­ris les faits en que­sti­on par leurs com­pa­gnies d’assu­rance, mais par la presse.

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h1>Prise de posi­ti­on du Con­seil fédéral

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1. il est vrai que plu­sieurs assur­eurs-mala­die ont de plus en plus exter­na­li­sé des domain­es de leur gesti­on des pre­sta­ti­ons ces der­niè­res années, notam­ment pour rédui­re les coûts. Cer­ta­ins assur­eurs, struc­tu­rés en hol­dings, ont exter­na­li­sé des par­ties du trai­te­ment des pre­sta­ti­ons à l’u­ne de leurs socié­tés ; les cais­ses-mala­die plus peti­tes les font trai­ter en par­tie par leurs réassur­eurs, d’aut­res par des pre­sta­tai­res infor­ma­ti­ques. En règ­le géné­ra­le, l’au­to­ri­té de sur­veil­lan­ce en est informée.

2) Les assur­eurs-mala­die peu­vent en prin­ci­pe con­fier à des tiers des acti­vi­tés auxi­li­ai­res dans le domaine du trai­te­ment des pre­sta­ti­ons, car la loi fédé­ra­le sur l’assu­rance-mala­die (LAMal) leur con­fè­re une cer­taine indé­pen­dance orga­ni­sa­ti­on­nel­le : ils peu­vent conce­voir leur orga­ni­sa­ti­on de maniè­re appro­priée. Cet­te auto­no­mie trouve ses limi­tes lorsque les objec­tifs visés par la LAMal (prin­ci­pe de soli­da­ri­té, prin­ci­pe d’é­ga­li­té de trai­te­ment, prin­ci­pe de récipro­ci­té, affec­ta­ti­on des res­sour­ces, etc.) sont remis en que­sti­on ou con­tour­nés ; l’au­to­ri­té de sur­veil­lan­ce doit alors intervenir.

3. les assur­eurs-mala­die n’ont pas beso­in d’u­ne auto­ri­sa­ti­on de la Con­fé­dé­ra­ti­on pour con­fier des acti­vi­tés auxi­li­ai­res à des tiers. Les tiers eux-mêmes n’ont pas non plus beso­in d’au­to­ri­sa­ti­on pour exé­cu­ter les mandats.

4. le Con­seil fédé­ral a délé­gué la sur­veil­lan­ce de l’assu­rance-mala­die à l’Of­fice fédé­ral des assu­ran­ces socia­les lors de l’en­trée en vigueur de la LAMal et, depuis le 1er jan­vier 2004, à l’Of­fice fédé­ral de la san­té publi­que (OFSP). L’au­to­ri­té de sur­veil­lan­ce exi­ge des assur­eurs qu’el­le obti­en­ne les mêmes pos­si­bi­li­tés de con­trô­le sur les tiers qui exé­cu­tent des tâches des assur­eurs-mala­die que cel­les dont elle dis­po­se vis-à-vis des assur­eurs-mala­die. Les assur­eurs-mala­die doi­vent rég­ler cet­te pos­si­bi­li­té de con­trô­le par cont­rat avec les tiers.

5/6 Il n’est pas sans poser pro­blè­me que des tiers obti­en­nent des con­nais­sances con­sidé­ra­bles sur les don­nées per­son­nel­les des assu­rés en trai­tant des fac­tures, etc. En sub­dé­lé­gu­ant les tâches de l’assu­rance-mala­die socia­le, les assur­eurs-mala­die doi­vent con­ve­nir con­trac­tu­el­le­ment avec des tiers que ceux-ci peu­vent garan­tir une pro­tec­tion des don­nées équi­va­len­te. Ils doi­vent con­trô­ler le respect de la pro­tec­tion des don­nées par les tiers. En out­re, les assur­eurs-mala­die doi­vent infor­mer les assu­rés lorsqu’ils font trai­ter des tâches par des tiers. L’au­to­ri­té de sur­veil­lan­ce leur a notam­ment ordon­né de men­ti­on­ner dans leur rap­port annu­el les domain­es d’ac­ti­vi­té exter­na­li­sés ain­si que les ent­re­pri­ses man­da­tées et d’é­nu­mé­rer éga­le­ment les ent­re­pri­ses avec les­quel­les ils col­la­bo­rent dans un domaine élé­men­tai­re pour la mise en œuvre de l’assu­rance-mala­die socia­le, com­me la four­ni­tu­re de pre­sta­ti­ons, le con­trô­le des pre­sta­ti­ons, la gesti­on des coûts, la per­cep­ti­on des pri­mes et le mar­ke­ting, indé­pen­dam­ment du fait qu’il s’a­gis­se d’entre­pri­ses d’assu­rance de l’assu­rance-mala­die socia­le, d’assu­ran­ces pri­vées ou d’aut­res ent­re­pri­ses. Ces rap­ports d’ac­ti­vi­té doi­vent être four­nis sur deman­de, ce qui garan­tit que les per­son­nes inté­res­sées peu­vent s’in­for­mer sur les domain­es d’ac­ti­vi­té exter­na­li­sés. Si un assur­eur n’a pas ren­du une exter­na­li­sa­ti­on trans­pa­ren­te, il con­vi­ent d’ex­ami­ner au cas par cas s’il y a eu vio­la­ti­on des dis­po­si­ti­ons légales.

7) L’OFSP sur­veil­le la mise en œuvre de l’assu­rance-mala­die socia­le, qui com­prend éga­le­ment le respect de la pro­tec­tion des don­nées par l’assur­eur-mala­die. Si un assur­eur fait trai­ter des don­nées per­son­nel­les par un tiers, il reste responsable de la pro­tec­tion de ces don­nées et doit veil­ler à ce qu’el­les soi­ent trai­tées con­for­mé­ment au man­dat. Dans le cad­re de son acti­vi­té de sur­veil­lan­ce, l’OFSP peut éga­le­ment don­ner des ins­truc­tions aux assur­eurs dans le domaine de la pro­tec­tion des don­nées afin d’assurer une appli­ca­ti­on uni­for­me du droit fédé­ral (art. 21 LAMal). En cas de non-respect des pre­scrip­ti­ons léga­les, l’au­to­ri­té de sur­veil­lan­ce pren­dra, selon leur natu­re et leur gra­vi­té, les mesu­res appro­priées con­for­mé­ment à l’art. 21, al. 5 et 5bis LAMal.

8) L’au­to­ri­té de sur­veil­lan­ce con­trô­le les assur­eurs dès la recon­nais­sance et l’au­to­ri­sa­ti­on de pra­ti­quer l’assu­rance-mala­die socia­le et ensuite par des con­trô­les per­ma­nents. En cas de man­quements, l’au­to­ri­té de sur­veil­lan­ce peut prend­re les mesu­res qui s’im­po­sent ; elle peut émett­re des direc­ti­ves con­traignan­tes, inf­li­ger des amen­des d’ord­re et, en der­nier recours, reti­rer l’autorisation.