Ven­te à emporter (AI)
  • 54% des deman­des ont obte­nu un accès com­plet ; les auto­ri­tés con­ti­nuent à uti­li­ser les excep­ti­ons léga­les dans une lar­ge mesure.
  • Les auto­ri­tés doi­vent moti­ver som­mai­re­ment les refus d’ac­cès ; les décis­i­ons peu­vent être moti­vées et fai­re l’ob­jet d’un recours.
  • Le grou­pe de tra­vail inter­dé­par­te­men­tal «Trans­pa­rence» et le maté­ri­el Edöb doi­vent pro­mou­voir une mise en œuvre uni­for­me et effi­cace de la LTrans.
  • Des recom­man­da­ti­ons sur l’har­mo­ni­sa­ti­on des taxes exi­stent ; le Par­le­ment exami­ne l’ac­cès gra­tuit et la révi­si­on par­ti­el­le de la LTrans.

Inter­pel­la­ti­on Fel­ler (16.3678) : Com­ment mieux appli­quer la loi sur la trans­pa­rence dans l’administration ?

Tex­te soumis

Le 27 juin der­nier, le Pré­po­sé fédé­ral à la pro­tec­tion des don­nées et à la trans­pa­rence (Edöb) a pré­sen­té son rap­port d’ac­ti­vi­té 2015 – 2016.

Selon le rap­port, 600 deman­des d’ac­cès à des docu­ments offi­ci­els ont été dépo­sées en 2015 dans le cad­re de la mise en œuvre de la loi sur la trans­pa­rence (LTrans). Cepen­dant, les auto­ri­tés n’ont accor­dé un accès com­plet aux docu­ments deman­dés que dans 319 cas (54 pour cent). Dans 127 cas (21 pour cent), un accès par­tiel a été accor­dé. Dans 98 cas (16 pour cent), l’ac­cès a été tota­le­ment refusé. Ces résul­tats ont amené l’E­döb à fai­re la remar­que sui­van­te : “Le pas­sa­ge du secret à la trans­pa­rence ne se fait pas sans dif­fi­cul­té. Les admi­ni­stra­ti­ons invo­quent enco­re trop sou­vent et sans justi­fi­ca­ti­on pré­cise le prin­ci­pe d’ex­cep­ti­on pour évi­ter la publi­ca­ti­on de docu­ments. Nous devons gar­der un œil sur cet­te que­sti­on”. (“24 heu­res”, 28 juin 2016).

En ce qui con­cer­ne la per­cep­ti­on d’é­mo­lu­men­ts, le rap­port indi­que à la page 77 : “Il est frap­pant de con­stater les dif­fé­ren­ces per­si­stan­tes dans le trai­te­ment des émo­lu­men­ts ent­re les dif­fé­ren­tes auto­ri­tés. Alors que la Chan­cel­le­rie fédé­ra­le et trois dépar­te­ments n’ont pas per­çu d’é­mo­lu­men­ts du tout, quat­re dépar­te­ments ont fac­tu­ré leur temps aux requé­rants respec­tifs, du moins en partie”.

Ces dif­fé­ren­ces sont sur­pren­an­tes, d’autant plus que l’ar­tic­le 16 et l’an­ne­xe 1 de l’or­don­nan­ce du Con­seil fédé­ral sur la trans­pa­rence four­nis­sent des direc­ti­ves rela­ti­ve­ment pré­cis­es con­cer­nant ces émoluments.

  1. Le Con­seil fédé­ral esti­me-t-il que la décis­i­on des auto­ri­tés de ne répond­re com­plè­te­ment aux deman­des que dans 54% des cas est com­pa­ti­ble avec les objec­tifs de trans­pa­rence et d’in­for­ma­ti­on du public visés par la LTrans ?
  2. Par quel­les mesu­res le Con­seil fédé­ral entend-il garan­tir qu’un refus de con­sul­ta­ti­on de docu­ments soit dûment et pré­cis­é­ment moti­vé par l’au­to­ri­té com­pé­ten­te dans tous les cas ?
  3. Par quel­les mesu­res le Con­seil fédé­ral entend-il garan­tir une mise en œuvre effi­cace, rapi­de et uni­for­me de la LTrans dans l’administration ?
  4. Par quel­les mesu­res le Con­seil fédé­ral entend-il har­mo­ni­s­er les taxes au sein de l’administration ?

Justi­fi­ca­ti­on

Avis du Con­seil fédéral

  1. A pre­miè­re vue, ces chif­fres peu­vent sem­bler insa­tis­faisants. Ils doi­vent cepen­dant être nuan­cés à plu­sieurs égards. Tout d’a­bord, le Pré­po­sé fédé­ral à la pro­tec­tion des don­nées et à la trans­pa­rence (PFPDT) a signa­lé dans plu­sieurs rap­ports d’ac­ti­vi­tés que les sta­ti­sti­ques rela­ti­ves aux deman­des d’ac­cès fon­dées sur la loi sur la trans­pa­rence (LTrans) ne sont pas très fia­bles. Cela s’ex­pli­que notam­ment par le fait que les auto­ri­tés com­pren­nent dif­fé­rem­ment la noti­on de “deman­de d’ac­cès” et qu’el­les ne con­sidè­rent sou­vent pas les deman­des d’ac­cès des médi­as com­me des deman­des fon­dées sur la LTrans. En out­re, il con­vi­ent de rele­ver que la remi­se de docu­ments cavi­ar­dés et le report de l’ac­cès aux docu­ments sont qua­li­fi­és d’oc­troi par­tiel de l’ac­cès, bien que le beso­in d’in­for­ma­ti­on du deman­deur ait été satis­fait pour l’e­s­sen­tiel. Enfin, le fait que l’ac­cès com­plet ait été accor­dé dans 54% des cas doit éga­le­ment être nuan­cé et con­sidé­ré dans le con­tex­te des nombreux inté­rêts publics et pri­vés qui, selon la LTrans, peu­vent s’op­po­ser à l’oc­troi de l’ac­cès aux docu­ments offi­ci­els. Le Con­seil fédé­ral est par con­sé­quent d’a­vis que la plu­part des auto­ri­tés fédé­ra­les font un usa­ge rai­sonnable des excep­ti­ons pré­vues par la loi et que l’ob­jec­tif de trans­pa­rence est glo­ba­le­ment atteint.
  2. Con­for­mé­ment à la loi sur la trans­pa­rence, la pri­se de posi­ti­on de l’au­to­ri­té sur une deman­de d’ac­cès con­ti­ent éga­le­ment une moti­va­ti­on som­mai­re (art. 12, al. 4, LTrans). Selon les cas, l’au­to­ri­té doit pré­cis­er sa pri­se de posi­ti­on dans le cad­re de la pro­cé­du­re de média­ti­on enga­gée à la suite d’un refus ou d’u­ne limi­ta­ti­on de l’ac­cès à des docu­ments offi­ci­els. La limi­ta­ti­on ou le refus défi­ni­tif de l’ac­cès aux docu­ments offi­ci­els se fait par l’ad­op­ti­on d’u­ne décis­i­on (art. 15 LTrans). En ver­tu de l’ar­tic­le 35 de la loi sur la pro­cé­du­re admi­ni­stra­ti­ve (RS 172.021), les auto­ri­tés sont tenues de moti­ver leurs décis­i­ons. La décis­i­on de l’ad­mi­ni­stra­ti­on peut fai­re l’ob­jet d’un recours et sa moti­va­ti­on peut, en con­sé­quence, être exami­née par un tri­bu­nal. Le Con­seil fédé­ral est d’a­vis que le système juri­di­que actuel est suf­fi­sant et qu’au­cu­ne mesu­re sup­p­lé­men­tai­re n’est nécessaire.
  3. Par décis­i­on du 1er avril 2015, le Con­seil fédé­ral a déci­dé de cré­er un grou­pe de tra­vail inter­dé­par­te­men­tal “Trans­pa­rence”. Out­re les conseillers/ères à la trans­pa­rence des dépar­te­ments et de la Chan­cel­le­rie fédé­ra­le, les Archi­ves fédé­ra­les et l’E­döb sont éga­le­ment repré­sen­tés dans ce grou­pe de tra­vail. Il doit notam­ment garan­tir une mise en œuvre effi­cace et uni­for­me de la LTrans au sein de l’ad­mi­ni­stra­ti­on. L’E­döb met éga­le­ment à la dis­po­si­ti­on de l’ad­mi­ni­stra­ti­on dif­fér­ents outils visa­nt à favo­ri­ser une appli­ca­ti­on uni­for­me de la LTrans (FAQ, gui­de d’éva­lua­ti­on des deman­des, modè­les de décis­i­ons, etc.) Pour une mise en œuvre rapi­de de la LTrans, la loi pré­voit une pro­cé­du­re rapi­de avec des délais courts. L’éva­lua­ti­on de la LTrans en 2014 a tou­te­fois mon­tré qu’il était par­fois dif­fi­ci­le pour l’E­döb de respec­ter le délai légal de tren­te jours pour mener la pro­cé­du­re de média­ti­on et émett­re une recom­man­da­ti­on. Le 1er jan­vier 2017, l’E­döb a intro­duit, sous la for­me d’un pro­jet pilo­te d’u­ne année, une nou­vel­le pro­cé­du­re pour le trai­te­ment des pro­cé­du­res de média­ti­on, qui dev­rait lui per­mett­re de rédui­re sen­si­blem­ent la durée de la procédure.
  4. La Con­fé­rence des secré­tai­res géné­raux a adop­té le 22 novembre 2013 des recom­man­da­ti­ons rela­ti­ves à la per­cep­ti­on d’é­mo­lu­men­ts pour l’ac­cès aux docu­ments offi­ci­els, dont le but est pré­cis­é­ment d’œu­vrer à l’uni­for­mi­sa­ti­on des pra­ti­ques admi­ni­stra­ti­ves en matiè­re de per­cep­ti­on d’é­mo­lu­men­ts. En out­re, le Par­le­ment dev­ra pro­chai­ne­ment se pro­non­cer sur l’initia­ti­ve par­le­men­tai­re Graf-Lit­scher 16.432, selon laquel­le l’ac­cès aux docu­ments offi­ci­els fon­dé sur la LTrans doit être gra­tuit. Une révi­si­on par­ti­el­le de la LTrans est actu­el­le­ment en pré­pa­ra­ti­on. La que­sti­on pour­ra être exami­née dans ce contexte.