Ven­te à emporter (AI)
  • La numé­ri­sa­ti­on de la comp­ta­bi­li­té de l’A­OS per­met­trait d’é­co­no­mi­ser plu­sieurs cen­tai­nes de mil­li­ons de francs par an, notam­ment grâ­ce au con­trô­le élec­tro­ni­que des fac­tures et à l’op­ti­mi­sa­ti­on des processus.
  • L’ex­ter­na­li­sa­ti­on vers des ser­vices moder­nes de cloud com­pu­ting est auto­ri­sée, à con­di­ti­on que la pro­tec­tion et la sécu­ri­té des don­nées soi­ent garan­ties ; le Con­seil fédé­ral salue les efforts de numérisation.

Inter­pel­la­ti­on Lohr (22.3998) : Numé­ri­sa­ti­on et maîtri­se des coûts de l’assu­rance-mala­die obligatoire

Tex­te soumis

Depuis son intro­duc­tion en 1996, l’assu­rance obli­ga­toire des soins (AOS) off­re un cata­lo­gue de pre­sta­ti­ons pre­scrit par la loi, qui est le même pour tou­tes les cais­ses mala­die. L’AOS est donc un seul et même pro­duit pro­po­sé par dif­fé­ren­tes cais­ses mala­die. Mais bien que les pre­sta­ti­ons de l’assu­rance de base obli­ga­toire soi­ent les mêmes par­tout, il y a des dif­fé­ren­ces con­sidé­ra­bles dans les coûts admi­ni­stra­tifs. En 2019, l’Of­fice fédé­ral de la san­té publi­que (OFSP) a enre­gi­stré 51 cais­ses-mala­die dans le domaine de l’A­OS. Les frais admi­ni­stra­tifs par per­son­ne vari­ai­ent ent­re 99 et 573 francs. Il y a là un grand poten­tiel de maîtri­se des coûts, sans que l’on inter­vi­en­ne dans des pre­sta­ti­ons importan­tes pour la san­té. Le site La numé­ri­sa­ti­on des comp­tes de l’A­OS peut appor­ter des avan­ta­ges con­crets dans ce domaine et con­dui­re à des éco­no­mies massives.

C’est pour­quoi je m’adres­se au Con­seil fédé­ral avec les que­sti­ons suivantes :

1. com­ment le Con­seil fédé­ral se posi­ti­on­ne-t-il par rap­port à l’ob­jec­tif d’ex­ploi­ter un poten­tiel d’é­co­no­mie annu­el de plu­sieurs cen­tai­nes de mil­li­ons de francs en opti­mi­sant les pro­ce­s­sus éco­no­mi­ques et tech­ni­ques de la comp­ta­bi­li­té de l’A­OS par une numé­ri­sa­ti­on moderne ?

2. cela pour­rait-il être réso­lu par une Exter­na­li­sa­ti­on de la comp­ta­bi­li­té de l’OPK vers un ser­vice de cloud moder­ne se fait-elle ?

3. le Con­seil fédé­ral est-il éga­le­ment d’a­vis qu’u­ne tel­le mesu­re con­dui­rait à plus de trans­pa­rence et d’efficacité ?

Justi­fi­ca­ti­on

Les pri­mes d’assu­rance mala­die aug­men­tent à nou­veau for­te­ment cet­te année. La popu­la­ti­on souf­fre par ail­leurs de la hausse des prix et de la per­te de pou­voir d’achat. Il est donc d’autant plus urgent de prend­re des mesu­res pour maîtri­ser les coûts. La pré­sen­te pro­po­si­ti­on doit être inté­g­rée dans le vaste débat.

Avis du Con­seil fédé­ral du 16.11.2022

1. le Con­seil fédé­ral veil­le, dans le cad­re de ses com­pé­ten­ces, à exploi­ter au mieux les poten­tiels d’é­co­no­mie. Les assur­eurs sont tenus par la loi de limi­ter leurs frais admi­ni­stra­tifs à ce qui est néces­saire pour une gesti­on éco­no­mi­que. Ces der­niè­res années, ils ont inve­sti dans les tech­no­lo­gies de l’in­for­ma­ti­on afin de rédui­re leurs frais admi­ni­stra­tifs à long ter­me. Les assur­eurs dis­po­sant d’un grand nombre d’assu­rés peu­vent ain­si pro­fi­ter d’é­co­no­mies d’é­chel­le pour amor­tir plus rapi­de­ment leurs inve­stis­se­ments. Mais les assur­eurs plus petits peu­vent éga­le­ment uti­li­ser les tech­no­lo­gies de l’in­for­ma­ti­on pour rédui­re leurs frais admi­ni­stra­tifs. En out­re, les coûts admi­ni­stra­tifs ont aus­si une con­t­re­par­tie. Par exemp­le, il vaut la pei­ne de ren­forcer le con­trô­le des fac­tures ou des pre­sta­ti­ons si les frais admi­ni­stra­tifs uti­li­sés à cet effet per­met­tent de réa­li­ser des éco­no­mies plus importan­tes sur les coûts des pre­sta­ti­ons et de rédui­re ain­si les coûts de l’A­OS dans son ensemble.

En tant qu’­au­to­ri­té de sur­veil­lan­ce, l’OFSP sou­ti­ent éga­le­ment les assur­eurs pour que les pro­ce­s­sus éco­no­mi­ques et tech­ni­ques soi­ent numé­ri­sés de maniè­re moder­ne. Le paquet de mesu­res de maîtri­se des coûts II pré­voit en out­re la mesu­re “Numé­ri­sa­ti­on du con­trô­le des fac­tures”. Ain­si, tous les four­nis­seurs de pre­sta­ti­ons dans les domain­es sta­ti­on­n­aire et ambu­la­toire seront tenus de trans­mett­re leurs fac­tures sous for­me élec­tro­ni­que. Il s’a­git d’u­ne mesu­re con­crè­te qui con­tri­bue de maniè­re importan­te à l’ex­plo­ita­ti­on des poten­tiels d’é­co­no­mie en matiè­re de frais administratifs.

2. il n’est pas pos­si­ble de répond­re de maniè­re géné­ra­le à la que­sti­on de savoir quel­les sont les solu­ti­ons tech­ni­ques effi­caces pour cer­ta­ins ser­vices et elles relè­vent de la responsa­bi­li­té des assur­eurs. Ceux-ci sont éga­le­ment en con­cur­rence ent­re eux et sont inci­tés à mett­re en œuvre la solu­ti­on la plus avan­ta­ge­u­se pour eux. Le Con­seil fédé­ral saluer­ait les efforts de numé­ri­sa­ti­on accrus des assur­eurs. En ver­tu de l’ar­tic­le 6 de la loi fédé­ra­le sur la sur­veil­lan­ce de l’assu­rance-mala­die socia­le (LSA­Mal ; RS 832.12), tous les assur­eurs ont la pos­si­bi­li­té d’ex­ter­na­li­ser, ent­re aut­res, leur comp­ta­bi­li­té AOS dans des pre­sta­ti­ons de ser­vices moder­nes en nuage, pour autant que la pro­tec­tion et la sécu­ri­té des don­nées soi­ent garanties.

3. com­me dans d’aut­res sec­teurs éco­no­mi­ques, on peut sup­po­ser que les assur­eurs n’in­ve­st­iront dans la numé­ri­sa­ti­on que si cela per­met de réa­li­ser des éco­no­mies de coûts. C’est pour­quoi le Con­seil fédé­ral salue tous les efforts de numé­ri­sa­ti­on visa­nt à rédui­re les frais admi­ni­stra­tifs des cais­ses-mala­die, ce qui per­met éga­le­ment de gagner en trans­pa­rence et en effi­ca­ci­té. Une pre­scrip­ti­on glo­ba­le de numé­ri­sa­ti­on n’en­traî­nerait tou­te­fois pas auto­ma­ti­quement une aug­men­ta­ti­on de l’efficacité.