Ven­te à emporter (AI)
  • Le Con­seil fédé­ral attend de Swis­s­com une gesti­on d’entre­pri­se et une ori­en­ta­ti­on cli­ent, mais n’in­ter­vi­ent pas dans les acti­vi­tés opérationnelles.
  • Pro­tec­tion des don­nées : les four­nis­seurs doi­vent garan­tir l’opt-in/­opt-out ; les liens vers des don­nées per­son­nel­les néces­si­tent un con­sen­te­ment ou une base légale.

Inter­pel­la­ti­on Mar­ti (19.3659) : Swis­s­com lan­ce le pieu­vre de don­nées Beem : com­ment cela est-il com­pa­ti­ble avec la stra­té­gie de pro­prié­tai­re de la Confédération ?

Tex­te soumis

Ces der­niè­res semain­es, le public a été infor­mé de vastes chan­ge­ments tech­no­lo­gi­ques sur le mar­ché publi­ci­taire. Swis­s­com veut, avec Beem “rend­re les cam­pa­gnes publi­ci­taires clas­si­ques inter­ac­ti­ves et com­pa­ti­bles avec les smart­phones”, com­me cela a été annon­cé dans un com­mu­ni­qué de pres­se. Le fonc­tion­ne­ment est simi­lai­re pour “Aymo“Une off­re de la SGA : des signaux sono­res à hau­te fré­quence per­met­tent d’af­fi­cher des publi­ci­tés spé­ci­fi­ques à l’uti­li­sa­teur, en fonc­tion du con­te­nu con­som­mé dans l’ap­pli­ca­ti­on cor­re­spond­an­te (20 minu­tes, Wat­son, Blue­win). Alors que le lance­ment de Beem a été retar­dé par de nombreu­ses plain­tes, Amyo est déjà uti­li­sé aujour­d’hui et enre­gist­re ent­re aut­res la loca­li­sa­ti­on des uti­li­sa­teurs lorsque cel­le-ci a été vali­dée dans les apps cor­re­spond­an­tes. Bien que la SGA insi­ste sur le fait qu’el­le n’a pas accès à l’adres­se IP, au numé­ro de télé­pho­ne por­ta­ble, au nom et à l’adres­se e‑mail, elle éta­blit, selon ses pro­pres indi­ca­ti­ons, des pro­fils de grou­pes cibles.

Je prie le Con­seil fédé­ral de bien vou­loir répond­re aux que­sti­ons suivantes :

1. pour­quoi Beem n’a-t-il pas enco­re été con­trôlé par le PFPDT ?

2. la Con­fé­dé­ra­ti­on, en tant que pro­prié­tai­re de Swis­s­com, sou­ti­ent-elle de tel­les stra­té­gies com­mer­cia­les ? Pourquoi/pourquoi pas ?

3. com­bien d’aut­res off­res com­pa­ra­bles via Blue­tooth ou GPS exi­stent-elles en Suisse ?

4. dans quel­le mesu­re est-il garan­ti que, dans le cad­re de ces off­res, il n’y a effec­ti­ve­ment qu’un envoi vers le télé­pho­ne por­ta­ble et non une répon­se par le télé­pho­ne portable ?

5. dans quel­le mesu­re les four­nis­seurs peu­vent-ils être con­traints à un opt-ln/­opt-out actif (même en cas d’uti­li­sa­ti­on récurrente) ?

6. com­ment le Con­seil fédé­ral juge-t-il le fait que les dis­po­si­ti­ons de pro­tec­tion des don­nées de Beem n’ex­clu­ent pas expli­ci­te­ment la réuti­li­sa­ti­on par des tiers et rejet­tent tou­te responsa­bi­li­té sur les utilisateurs ?

7. que se pas­se-t-il lorsque des fichiers cor­re­spond­ants sont super­po­sés (site avec p. ex. des affi­lia­ti­ons à des asso­cia­ti­ons ou autres) ?

8. com­bien de per­son­nes et/ou d’ani­maux con­sidè­rent les ultra­sons com­me une nuisance ?

9. de tels ultra­sons doi­vent-ils être dif­fusés par la télé­vi­si­on publique ?

10. dans quel­le mesu­re le Con­seil fédé­ral pré­voit-il d’all­ouer des fonds de recher­che sur la cyber­sé­cu­ri­té des con­som­ma­teurs (au lieu de se limi­ter aux auto­ri­tés et aux entreprises) ?

Avis du Con­seil fédé­ral du 14.8.19

1) Afin d’a­mé­lio­rer la pro­tec­tion et la sécu­ri­té des don­nées, les fab­ri­cants de systè­mes ou de pro­gram­mes de trai­te­ment des don­nées ain­si que les per­son­nes pri­vées ou les orga­nes fédé­raux qui trai­tent des don­nées per­son­nel­les peu­vent sou­mett­re leurs systè­mes, leurs pro­cé­du­res et leur orga­ni­sa­ti­on à une éva­lua­ti­on effec­tuée par des orga­nis­mes de cer­ti­fi­ca­ti­on indé­pen­dants recon­nus. Le Pré­po­sé fédé­ral à la pro­tec­tion des don­nées et à la trans­pa­rence (PFPDT) lui-même ne peut pas pro­cé­der à des examens au sens de cer­ti­fi­ca­ti­ons de systè­mes de trai­te­ment des données.

Cepen­dant, le PFPDT con­seil­le et sur­veil­le les per­son­nes pri­vées et les orga­nes fédé­raux en ce qui con­cer­ne le respect des dis­po­si­ti­ons léga­les de pro­tec­tion des don­nées. Cela signi­fie que le PFPDT con­tri­bue d’u­ne part à sen­si­bi­li­ser les per­son­nes qui trai­tent des don­nées per­son­nel­les (donc les maîtres de fichiers), mais aus­si les per­son­nes au sujet des­quel­les des don­nées sont trai­tées (donc les per­son­nes con­cer­nées) aux aspects de la pro­tec­tion des don­nées et à les informer.

D’aut­re part, le pré­po­sé peut inter­ve­nir si les maîtres de fichiers ne respec­tent pas les prin­cipes de la pro­tec­tion des don­nées. C’est pour­quoi le PFPDT obser­ve la situa­ti­on de près et se réser­ve le droit de prend­re les mesu­res qui s’im­po­sent s’il devait s’a­vé­rer que Beem por­te att­ein­te de maniè­re illi­ci­te aux droits de la per­son­na­li­té des per­son­nes concernées.

2. Le Con­seil fédé­ral gère Swis­s­com en lui fix­ant des objec­tifs stra­té­giques. Il attend de Swis­s­com qu’el­le soit gérée de maniè­re éco­no­mi­que, com­pé­ti­ti­ve et ori­en­tée vers la cli­entèle.. De même, qu’el­le off­re avec suc­cès des infras­truc­tures de réseau et des ser­vices basés sur ces der­niè­res sur les mar­chés con­ver­gen­ts des télé­com­mu­ni­ca­ti­ons, des tech­no­lo­gies de l’in­for­ma­ti­on, de la radio­dif­fu­si­on, des médi­as et du diver­tis­se­ment, con­tri­buant ain­si à la numé­ri­sa­ti­on de tou­tes les régions de Sui­s­se. En revan­che, le Con­seil fédé­ral n’e­xer­ce aucu­ne influence sur les acti­vi­tés opérationnelles.

3. avec Blue­tooth, les signaux sont trans­mis direc­te­ment ent­re l’af­fi­che et le télé­pho­ne por­ta­ble. Les coor­don­nées GPS sont trai­tées à l’in­té­ri­eur du télé­pho­ne mobi­le. Ces deux opé­ra­ti­ons se font donc sans l’in­ter­ven­ti­on des four­nis­seurs de ser­vices de télé­com­mu­ni­ca­ti­on, qui sont sou­mis à la sur­veil­lan­ce de l’OF­COM en ver­tu de la loi sur les télé­com­mu­ni­ca­ti­ons (LTC ; RS 784.10), ni d’aut­res ent­re­pri­ses sou­mi­ses à une sur­veil­lan­ce offi­ci­el­le spé­ci­fi­que. Le Con­seil fédé­ral ne dis­po­se donc d’au­cu­ne infor­ma­ti­on sur le nombre d’off­res com­pa­ra­bles exi­stant en Suisse.

4. étant don­né qu’il ne s’a­git pas d’u­ne trans­mis­si­on élec­tro­ma­gné­tique au sens de la LTC, qui serait sou­mi­se à la sur­veil­lan­ce de l’OF­COM, mais d’u­ne trans­mis­si­on sono­re, le Con­seil fédé­ral ne dis­po­se d’au­cu­ne infor­ma­ti­on sur cet­te question.

5. La publi­ci­té appa­rais­sant sur les apps cor­re­spond­an­tes grâ­ce aux signaux Blue­tooth dev­rait con­sti­tuer une publi­ci­té de mas­se au sens de l’art. 3, al. 1, let. o, LCD.. L’an­non­ceur doit donc révé­ler son iden­ti­té et obte­nir le con­sen­te­ment du desti­na­tai­re avant de dif­fu­ser la publi­ci­té. (opt-in). En out­re, en cas de publi­ci­té récur­ren­te, il faut s’assurer qu’el­le com­por­te une pos­si­bi­li­té de refus simp­le et gra­tuite per­met­tant au desti­na­tai­re de mett­re fin à la publi­ci­té (opt-out). Dans cet­te mesu­re, les four­nis­seurs sont d’o­res et déjà tenus de pro­cé­der à un opt-in et à un opt-out actifs.

En out­re, le prin­ci­pe de clar­té et de véri­té dans la con­cur­rence dev­rait exi­ger que l’uti­li­sa­teur soit infor­mé du fait que la publi­ci­té est spé­ci­fi­que à l’uti­li­sa­teur..

6. en cas de com­mu­ni­ca­ti­on de don­nées per­son­nel­les à des tiers et de réuti­li­sa­ti­on de ces don­nées, les dis­po­si­ti­ons de la pro­tec­tion des don­nées doi­vent être respec­tées. Une trans­mis­si­on peut par exemp­le être justi­fi­ée par le con­sen­te­ment des per­son­nes con­cer­nées. Selon les infor­ma­ti­ons de Swis­s­com, les don­nées ne serai­ent trans­mi­ses qu’a­vec l’ac­cord expli­ci­te du cli­ent. Et ce uni­quement si la cli­entèle accep­te les direc­ti­ves de pro­tec­tion des don­nées des annonceurs.

7. en prin­ci­pe, chaque maît­re de fichier a l’ob­li­ga­ti­on de main­te­nir les dif­fér­ents fichiers clai­re­ment sépa­rés les uns des aut­res et de garan­tir la sécu­ri­té des don­nées par des mesu­res tech­ni­ques et orga­ni­sa­ti­on­nel­les appro­priées. Du point de vue de la pro­tec­tion des don­nées, les inter­con­ne­xi­ons ou les com­bi­nai­sons de don­nées pro­venant de dif­fé­ren­tes sources portent géné­ra­le­ment att­ein­te à la per­son­na­li­té des per­son­nes con­cer­nées. En ver­tu du prin­ci­pe de fina­li­té, les don­nées per­son­nel­les ne peu­vent être trai­tées que dans le but qui a été indi­qué lors de leur coll­ec­te, qui res­sort des cir­con­stances ou qui est pré­vu par la loi. Les per­son­nes con­cer­nées doi­vent donc être infor­mées en détail du trai­te­ment ulté­ri­eur des don­nées et pou­voir don­ner leur con­sen­te­ment avant la mise en rela­ti­on avec d’aut­res don­nées.. Sans un tel con­sen­te­ment, de tel­les com­bi­nai­sons ne sont pos­si­bles que si une loi le pré­voit ou si des inté­rêts pri­vés ou publics prépon­dé­rants sont en jeu..

8) Com­me indi­qué lors de l’heu­re des que­sti­ons sur Beem (19.5370 Mass­hardt), la gêne res­sen­tie par les humains et les ani­maux dépend for­te­ment de la fré­quence et de l’in­ten­si­té de ces sons. Les seuils de per­cep­ti­bi­li­té et de gêne importan­te sont très pro­ches pour ces sons. Ain­si, lorsqu’un tel son est audi­ble, il est géné­ra­le­ment déjà déran­geant. Pour les ani­maux aus­si, de tels signaux à hau­te fré­quence peu­vent être gênants ou effra­yants, ce qui est par exemp­le le cas des dis­po­si­tifs d’eff­arou­ch­e­ment pour chats et fouines.

Les offices fédé­raux com­pé­tents au sein du DETEC sont en train de cla­ri­fier si de tel­les per­tur­ba­ti­ons gênan­tes ou nui­si­bles peu­vent sur­ve­nir avec la nou­vel­le tech­ni­que publi­ci­taire. Out­re l’ex­per­ti­se de la con­cep­ti­on tech­ni­que de la tech­ni­que publi­ci­taire, ces cla­ri­fi­ca­ti­ons com­pren­nent éga­le­ment des mesu­res des sons émis par des appareils con­crets. Les résul­tats dev­rai­ent être dis­po­ni­bles dans le cou­rant de l’an­née et seront publiés sur les sites Inter­net de l’O­FEV et de l’OFCOM.

9. le Con­seil fédé­ral n’a pas con­nais­sance de pro­jets con­crets visa­nt à dif­fu­ser les sons des cam­pa­gnes publi­ci­taires inter­ac­ti­ves éga­le­ment sur les chaî­nes de télé­vi­si­on de la SSR.

10. selon la “Stra­té­gie natio­na­le pour la pro­tec­tion de la Sui­s­se cont­re les cyber-ris­ques 2018 – 2022“Jus­qu’à pré­sent, aucun finance­ment spé­ci­fi­que de la recher­che en matiè­re de cyber­sé­cu­ri­té n’est pré­vu pour les auto­ri­tés et les ent­re­pri­ses. Les fonds de recher­che sont mis à dis­po­si­ti­on par le biais des canaux et pro­ce­s­sus exi­stants (par ex. le Fonds natio­nal). Ils sont dis­po­ni­bles pour les deman­des de tous les domain­es, donc éga­le­ment pour les pro­jets en rap­port avec la cyber­sé­cu­ri­té des consommateurs.