Inter­pel­la­ti­on Mich­aud Gigon (26.3479) : Sou­ve­rai­ne­té numé­ri­que, coût de l’in­dé­pen­dance et pos­si­bi­li­tés d’in­fluence dans les mar­chés publics

Tex­te soumis

Un grou­pe de tra­vail inter­dé­par­te­men­tal (IDAG) doit fai­re rap­port au Con­seil fédé­ral sur la maniè­re de gérer les ris­ques décou­lant de la dépen­dance numé­ri­que de la Sui­s­se vis-à-vis de cer­tai­nes ent­re­pri­ses se sont révé­lés. Dans sa répon­se à ma Moti­on 25.4120 «Sou­ve­rai­ne­té numé­ri­que. Sou­ti­en aux acteurs éco­no­mi­ques sui­s­ses», le Con­seil fédé­ral écrit qu’il ne pré­voit actu­el­le­ment aucu­ne mesu­re éco­no­mi­que pour sou­te­nir les acteurs éco­no­mi­ques sui­s­ses actifs dans le domaine de la numé­ri­sa­ti­on, mais qu’il exi­ste néan­mo­ins des pos­si­bi­li­tés de ren­forcer la sou­ve­rai­ne­té numé­ri­que de maniè­re ciblée, notam­ment par la défi­ni­ti­on de spé­ci­fi­ca­ti­ons tech­ni­ques particulières.

Dans ce con­tex­te, je pose les que­sti­ons sui­van­tes au Con­seil fédéral :

  1. Le Con­seil fédé­ral men­ti­on­ne les coûts poten­tiels des mesu­res éco­no­mi­ques éta­ti­ques. Peut-il éga­le­ment pro­po­ser une Ana­ly­se des coûts éco­no­mi­ques qui sur­vi­en­nent s’il n’a­git pas ? En effet, la dépen­dance crois­s­an­te vis-à-vis des four­nis­seurs étran­gers dans les domain­es cri­ti­ques (cloud, logi­ciels, don­nées et infras­truc­tu­re numé­ri­que) est liée à des ris­ques éco­no­mi­ques et stra­té­giques ain­si qu’à des ris­ques pour la sécu­ri­té. Si oui, jus­qu’à quand ? Si non, pourquoi ?
  2. Sur quel­le péri­ode et selon quels critères le paramèt­re stra­té­gique «coûts et ren­ta­bi­li­té».», Com­ment le Con­seil fédé­ral a‑t-il éva­lué le niveau de sécu­ri­té de l’ad­mi­ni­stra­ti­on fédé­ra­le, tel qu’il est défi­ni dans les lignes direc­tri­ces numé­ri­ques pour la sou­ve­rai­ne­té numé­ri­que dans l’ad­mi­ni­stra­ti­on fédé­ra­le du 11 décembre 2025 ?
  3. Pour les cen­tres de don­nées en Sui­s­se, il n’y a tou­jours pas d’ob­li­ga­ti­ons léga­les en 2026 en matiè­re de «Green IT» (infor­ma­tique ver­te)». Con­trai­re­ment à la direc­ti­ve sur l’ef­fi­ca­ci­té éner­gé­tique de l’UE, qui obli­ge tous les cen­tres de cal­cul d’u­ne puis­sance supé­ri­eu­re à 500 kW à éta­b­lir un rap­port, la Sui­s­se ne con­naît pas de direc­ti­ves cor­re­spond­an­tes. Que comp­te fai­re le Con­seil fédé­ral pour que cet­te lacu­ne légis­la­ti­ve ne pui­s­se pas être exploi­tée par des four­nis­seurs moins efficaces ?
  4. L’im­portance des que­sti­ons rela­ti­ves à la numé­ri­sa­ti­on aug­men­te et, par con­sé­quent, la néces­si­té pour les offices fédé­raux de s’en­tendre ent­re eux coor­don­nent. Le Con­seil fédé­ral a‑t-il l’in­ten­ti­on de nom­mer un interlo­cu­teur pour les que­sti­ons juri­di­ques poli­ti­ques afin de rele­ver ce défi stratégique ?
  5. Quel Adap­t­ati­ons du droit des mar­chés publics serait-il néces­saire d’in­clu­re des critères tech­ni­ques qui favo­ri­sent struc­tu­rel­le­ment les acteurs indé­pen­dants, notam­ment en exi­geant des stra­té­gies de sor­tie et en éva­lu­ant mieux les solu­ti­ons qui se pas­sent de fidé­li­sa­ti­on tech­no­lo­gi­que des cli­ents (effet de ver­rouil­la­ge) et d’ac­cès à distance pour décon­nec­ter les com­po­sants d’in­fras­truc­tu­re cri­ti­ques, ou en éva­lu­ant moins bien les pra­ti­ques qui ent­raî­nent une plus gran­de dépen­dance à long terme ?