- Le Conseil fédéral charge le DFJP d’élaborer un avant-projet de révision de la loi sur la protection des données (LPD), en tenant compte des développements européens.
- La question du “droit à l’oubli” est examinée dans le cadre de la révision en cours de la LPD.
- Le projet de consultation prévu pour la révision de la LPD sera présenté au Conseil fédéral d’ici fin août 2016.
- La Suisse est représentée dans le groupe de travail Dapix de l’UE et tient compte des réformes de l’UE visant à préserver la circulation transfrontalière des données.
Interpellation Munz (15.3657) : Droit à l’oubli pour les internautes
Fait (25.09.2015)
Texte soumis
1. où en est la mise en œuvre du postulat Schwaab 12.3152, “Droit à l’oubli sur Internet” ?
2. des modifications législatives sont-elles prévues et quand sont-elles attendues ?
3. l’UE élabore actuellement des normes communes pour la protection des données sur Internet. La Suisse est-elle impliquée dans ce processus ?
Justification
De nouvelles normes de protection des données sur Internet devraient bientôt être appliquées en Europe, et ce de manière identique pour les 28 États membres de l’UE. Les ministres de la Justice de l’UE se sont récemment mis d’accord sur une réforme en ce sens. Les utilisateurs européens d’Internet devraient ainsi bénéficier de plus de droits et d’une meilleure protection de leurs données personnelles face aux grands groupes Internet comme Google et Facebook. Le “droit à l’oubli” doit être au cœur de la réforme. Il doit permettre de faire effacer des données personnelles et des photos sur le web selon certains critères. Il sera par exemple possible d’exiger des moteurs de recherche qu’ils suppriment, lors de recherches en ligne, les références à des contenus qui violent le droit à la vie privée et à la protection des données.
Comme les groupes Internet ont tendance à s’installer dans des pays où les normes de protection des données sont faibles, il est important, pour des raisons de protection des consommateurs, de disposer de normes européennes ou internationales.
Avis du Conseil fédéral
Le 1er avril 2015, le Conseil fédéral a chargé le DFJP d’élaborer un avant-projet de révision de la loi fédérale sur la protection des données (LPD ; RS 235.1), en tenant compte également des développements au niveau européen. Avec la révision de la LPD, le Conseil fédéral entend notamment améliorer le contrôle et la maîtrise des données par les personnes au sujet desquelles des données sont traitées.
Comme le Conseil fédéral l’a indiqué dans son avis sur le postulat Schwaab 12.3152, “Droit à l’oubli sur Internet”, la demande du postulat est examinée dans le cadre des travaux de révision en cours de la LPD. Le “droit à l’oubli” a par ailleurs fait l’objet des réflexions du groupe d’accompagnement mis en place par l’Office fédéral de la justice, qui a discuté de septembre 2012 à octobre 2014 de la nécessité de légiférer sur la LPD. Les résultats des discussions de ce groupe d’accompagnement ont été résumés dans un rapport (cf. www.bj.admin.ch/bj/de/home/staat/gesetzgebung/datenschutzstaerkung.html).
2. il est prévu que le DFJP soumette au Conseil fédéral, d’ici fin août 2016, un projet de consultation pour une révision de la LPD.
3. dans le cadre des réformes de la protection des données actuellement en cours dans l’UE, la Suisse est représentée au sein du groupe de travail compétent du Conseil “Echange d’informations et protection des données” (Dapix), dans la mesure où ces projets de réforme constituent pour notre pays un développement de l’acquis de Schengen. Par ailleurs, les réformes de l’UE en matière de protection des données sont également prises en compte dans les travaux de révision de la LPD. Certes, la Suisse n’est liée aux nouveaux actes législatifs de l’UE en matière de protection des données que dans le cadre de l’association à Schengen/Dublin. Toutefois, les facilités de circulation transfrontalière des données avec l’UE sont en principe soumises à la condition que l’UE reconnaisse le niveau de protection des données de la Suisse comme adéquat. Pour cette raison également, la Suisse a donc intérêt à renforcer ses dispositions en matière de protection des données à la lumière des normes européennes.