Ven­te à emporter (AI)
  • La RFID per­met un trai­te­ment des don­nées sans cont­act ; le ris­que de créa­ti­on de pro­fils d’achat et de dépla­ce­ment néces­si­te une infor­ma­ti­on trans­pa­ren­te des per­son­nes con­cer­nées en cas de don­nées personnelles.
  • La loi sur la pro­tec­tion des don­nées est neu­tre sur le plan tech­no­lo­gi­que – aucu­ne mesu­re légis­la­ti­ve n’est néces­saire pour le moment ; les aspects envi­ron­ne­men­taux et sani­taires sont sur­veil­lés et, si néces­saire, abor­dés par des mesu­res de précaution.

Inter­pel­la­ti­on Pia Hol­len­stein (05.3067) : L’uti­li­sa­ti­on de l’i­den­ti­fi­ca­ti­on par radio­fré­quence (RFID) men­ace-t-elle la pro­tec­tion des données ?

Sta­tut : clas­sé le 23.3.2007.

Tex­te déposé :

On s’at­tend à ce que la tech­no­lo­gie RFID devi­en­ne omni­pré­sen­te. Les crain­tes de con­sé­quen­ces néga­ti­ves pour l’au­to­dé­ter­mi­na­ti­on des habi­tants en matiè­re d’in­for­ma­ti­on sont répan­dues et vont enco­re aug­men­ter. C’est pour­quoi je deman­de au Con­seil fédé­ral de répond­re aux que­sti­ons suivantes :

  1. Quels ris­ques voit-il pour la pro­tec­tion des don­nées en ce qui con­cer­ne les pos­si­bi­li­tés d’ap­pli­ca­ti­on de la tech­no­lo­gie RFID dans le domaine de la consommation ?
  2. Voit-il une néces­si­té d’a­gir dans la loi sur la pro­tec­tion des don­nées en ce qui con­cer­ne l’ap­pli­ca­ti­on future pos­si­ble de la tech­no­lo­gie RFID ?
  3. L’uti­li­sa­ti­on mas­si­ve d’é­ti­quet­tes RFID aura-t-elle des réper­cus­sions sur le recy­cla­ge et l’é­li­mi­na­ti­on des déchets ?
  4. Com­ment éva­lue-t-il l’ex­po­si­ti­on sup­p­lé­men­tai­re aux champs élec­tro­ma­gné­ti­ques due à l’uti­li­sa­ti­on ubi­qui­taire des lec­teurs RFID ?
  5. Que comp­te-t-il fai­re pour iden­ti­fier à temps les ris­ques éven­tuels et pou­voir prend­re d’é­ven­tu­el­les mesu­res préventives ?

Avis du Con­seil fédéral :

1) L’uti­li­sa­ti­on de la tech­no­lo­gie RFID per­met de trai­ter des don­nées à l’ai­de d’on­des radio sur une cer­taine distance, sans qu’u­ne con­ne­xi­on (visu­el­le) direc­te avec la puce soit néces­saire ou que la per­son­ne con­cer­née doi­ve inter­ve­nir acti­ve­ment dans un pro­ce­s­sus. Dans la mesu­re où les per­son­nes con­cer­nées ne savent pas dans quels objets des trans­pon­deurs sont implé­men­tés, elles ne peu­vent pas non plus savoir quel­les don­nées sont trai­tées. Les infor­ma­ti­ons stockées dans les trans­pon­deurs RFID non détruits ou effa­cés peu­vent être lues à l’ai­de de lec­teurs (invi­si­bles). Les don­nées ain­si obte­nues peu­vent à leur tour être reliées ent­re elles. Il exi­ste donc par exemp­le un ris­que de créa­ti­on de pro­fils d’achat ou de dépla­ce­ment (citoy­ens trans­par­ents). Si des don­nées per­son­nel­les sont trai­tées par des systè­mes RFID, les per­son­nes con­cer­nées doi­vent être infor­mées de maniè­re trans­pa­ren­te et com­plè­te, notam­ment sur le trai­te­ment des don­nées, sur le but du trai­te­ment ain­si que sur le droit d’ac­cès et de rectification.

2. la loi sur la pro­tec­tion des don­nées (LPD) est une loi tech­no­lo­gi­quement neu­tre qui don­ne des direc­ti­ves sur le trai­te­ment des don­nées et donc aus­si sur l’uti­li­sa­ti­on de la tech­no­lo­gie RFID. Cela signi­fie que les explo­itants de systè­mes RFID doi­vent tenir comp­te des exi­gen­ces léga­les de la LPD. Il n’est pas néces­saire d’a­gir en matiè­re de légis­la­ti­on sur la pro­tec­tion des données.

3) Pour éva­luer l’im­pact envi­ron­ne­men­tal des puces RFID usa­gées, il faut tenir comp­te de dif­fér­ents paramè­tres tels que leur com­po­si­ti­on, leur tail­le et leur con­som­ma­ti­on d’é­ner­gie. L’im­pact sur l’en­vi­ron­ne­ment de l’é­li­mi­na­ti­on des puces avec les déche­ts urbains dans des sacs à ordu­res peut être con­sidé­ré com­me glo­ba­le­ment non pro­blé­ma­tique. En revan­che, cer­ta­ins pro­blè­mes peu­vent sur­ve­nir lors du recy­cla­ge d’ob­jets munis de puces RFID (p. ex. recy­cla­ge du ver­re : déco­lo­ra­ti­on, défauts de maté­ri­aux), à moins que des mesu­res pré­ven­ti­ves ne soi­ent pri­ses. Le Con­seil fédé­ral peut, sur la base de l’ar­tic­le 30a de la loi sur la pro­tec­tion de l’en­vi­ron­ne­ment, interd­ire l’uti­li­sa­ti­on de sub­stances qui com­pli­quent con­sidé­ra­blem­ent l’é­li­mi­na­ti­on. Il n’est tou­te­fois pas néces­saire d’a­gir en ce sens à l’heu­re actu­el­le. Une coll­ec­te sépa­rée des puces néces­si­terait d’é­nor­mes efforts logi­sti­ques et tech­ni­ques. Le recy­cla­ge des puces ne vaut guè­re la pei­ne en rai­son de leur minia­tu­ri­sa­ti­on et est en out­re ren­du beau­coup plus dif­fi­ci­le par la diver­si­té des substances.

4. si les lec­teurs RFID sont mon­tés et uti­li­sés cor­rec­te­ment, con­for­mé­ment aux ins­truc­tions et aux remar­ques, les valeurs limi­tes des nor­mes cor­re­spond­an­tes dev­rai­ent pou­voir être respec­tées. Les fab­ri­cants des instal­la­ti­ons sont respons­ables de la cons­truc­tion con­for­me aux nor­mes. Il est dif­fi­ci­le d’e­sti­mer le niveau d’ex­po­si­ti­on réel, car les appli­ca­ti­ons sont très dif­fé­ren­tes (d’u­ne part, par exemp­le, les systè­mes anti­vol à l’é­ta­la­ge avec émis­si­on per­ma­nen­te, d’aut­re part, par exemp­le, la con­sul­ta­ti­on d’i­den­ti­fi­ants de baga­ges ou de puces cani­nes avec des temps d’é­mis­si­on très courts). L’ex­po­si­ti­on de la popu­la­ti­on aux champs élec­tro­ma­gné­ti­ques des lec­teurs RFID n’a pas enco­re été éva­luée, ni au niveau inter­na­tio­nal ni au niveau natio­nal. Le Con­seil fédé­ral ne dis­po­se donc pas enco­re de bases pour une éva­lua­ti­on des ris­ques. L’Of­fice fédé­ral de la san­té publi­que pré­voit, en col­la­bo­ra­ti­on avec d’aut­res offices impli­qués, de recen­ser et d’ana­ly­ser les expo­si­ti­ons et les ris­ques sani­taires poten­tiels des lec­teurs RFID. Tou­te­fois, fau­te de res­sour­ces en per­son­nel, cet­te étu­de ne pour­ra être menée qu’a­près l’é­la­bo­ra­ti­on du rap­port “Ris­ques poten­tiels des réseaux sans fil” (rap­port en répon­se au postu­lat Alle­mann 04.3594).

5) Le Con­seil fédé­ral est con­sci­ent que, comp­te tenu du déve­lo­p­pe­ment de nou­vel­les tech­no­lo­gies et des incer­ti­tu­des qui en décou­lent quant aux ris­ques, il con­vi­ent d’ex­ami­ner la pri­se de mesu­res pré­ven­ti­ves. Pour ce fai­re, il s’ap­pu­ie­ra prin­ci­pa­le­ment sur les résul­tats du rap­port men­ti­onné à la que­sti­on 4. D’aut­res bases dev­rai­ent être four­nies par le rap­port “Pro­tec­tion de la san­té cont­re les RNI en Sui­s­se” (rap­port en répon­se au postu­lat Som­ma­ru­ga 00.3565). Le Con­seil fédé­ral pro­cé­de­ra à une éva­lua­ti­on de la situa­ti­on sur la base de ces rapports.