Ven­te à emporter (AI)
  • Depuis 2014, l’OFSP peut exi­ger des don­nées indi­vi­du­el­les pseud­ony­mi­sées des assur­eurs-mala­die pour l’ana­ly­se de la sur­veil­lan­ce et des effets de la LAMal.
  • La coll­ec­te des don­nées s’ap­pu­ie sur la loi (art. 21 LAMal, art. 28 OAMal) et s’ef­fec­tue de maniè­re anony­me ou pseud­ony­mi­sée, sans diagnostics.
  • Le sur­croît de tra­vail pour les assur­eurs serait mini­me ; la mise en rela­ti­on des don­nées et l’har­mo­ni­sa­ti­on avec les assur­eurs dev­rai­ent enco­re rédui­re les dépenses.

Inter­pel­la­ti­on Stahl (15.3850) : Don­nées des assur­eurs-mala­die deman­dées par l’OFSP
Pas enco­re trai­té au Conseil

Tex­te soumis

Les orga­nes char­gés de l’ap­pli­ca­ti­on, du con­trô­le ou de la sur­veil­lan­ce de l’ap­pli­ca­ti­on de la loi sur l’assu­rance-mala­die (LAMal) sont auto­ri­sés, en ver­tu de l’ar­tic­le 84 LAMal, à trai­ter ou à fai­re trai­ter des don­nées per­son­nel­les, y com­pris des don­nées sen­si­bles et des pro­fils de la per­son­na­li­té, aux fins pré­vues aux lett­res a à i de cet­te dis­po­si­ti­on, dont ils ont beso­in pour pou­voir accom­plir les tâches qui leur sont con­fiées en ver­tu de la loi.

Le degré de détail et l’é­ten­due des don­nées à four­nir ont été récem­ment et con­tin­uel­le­ment éten­dus par l’Of­fice fédé­ral de la san­té publi­que (OFSP). Ain­si, depuis 2014, les assur­eurs doi­vent four­nir à l’OFSP, en plus des don­nées finan­ciè­res, des don­nées indi­vi­du­el­les (p. ex. cer­tai­nes posi­ti­ons tarifai­res indi­vi­du­el­les pour cer­ta­ins tarifs).

Dans ce con­tex­te, je deman­de au Con­seil fédé­ral de répond­re aux que­sti­ons suivantes :

1. quel­les don­nées sont trai­tées et à quel­les fins ?

2. ces don­nées sont-elles néces­saires et appro­priées à l’e­xer­ci­ce de l’ac­ti­vi­té de sur­veil­lan­ce des assureurs-maladie ?

3. les bases léga­les pour la coll­ec­te de ces don­nées sont-elles suffisantes ?

4. dans quel­le mesu­re le respect des prin­cipes con­sti­tu­ti­on­nels de pro­por­ti­on­na­li­té et d’in­té­rêt public est-il con­ci­lié avec le trai­te­ment de don­nées sen­si­bles et de pro­fils de la personnalité ?

5. com­ment l’OFSP garan­tit-il en détail le respect des dis­po­si­ti­ons rela­ti­ves à la pro­tec­tion des données ?

6. les coûts admi­ni­stra­tifs sup­port­és par les assur­eurs pour la coll­ec­te de ces don­nées sont-ils pro­por­ti­on­nels à l’ob­jec­tif poursuivi ?

7. con­for­mé­ment à l’ar­tic­le 82, ali­néa 2, de l’or­don­nan­ce sur la sur­veil­lan­ce de l’assu­rance-mala­die (OSA­Mal), l’au­to­ri­té de sur­veil­lan­ce veil­le à ce que la mise à dis­po­si­ti­on des don­nées occa­si­on­ne le moins de frais pos­si­ble à l’assur­eur. Com­ment cet aspect est-il pris en compte ?

8. sur la base de l’ar­tic­le 82 P‑OAMal, il est pré­vu d’é­lar­gir enco­re l’é­ten­due des don­nées à four­nir. Com­ment justi­fier cet­te att­ein­te enco­re plus lar­ge à la vie pri­vée de chacun ?

9) Dans son rap­port d’ac­ti­vi­té publié le 29 juin 2015, le Pré­po­sé fédé­ral à la pro­tec­tion des don­nées et à la trans­pa­rence deman­de que les don­nées dont les assur­eurs-mala­die ont beso­in pour le con­trô­le des fac­tures soi­ent limi­tées. D’un aut­re côté, l’au­to­ri­té de sur­veil­lan­ce exi­ge tou­jours plus de don­nées de la part des assur­eurs-mala­die. Com­ment le Con­seil fédé­ral juge-t-il cet­te contradiction ?

Avis du Con­seil fédé­ral du 4.12.2015

1 – 3 Les assur­eurs-mala­die sont tenus de four­nir chaque année à l’Of­fice fédé­ral de la san­té publi­que (OFSP), dans le cad­re de la sur­veil­lan­ce de l’ap­pli­ca­ti­on de la LAMal, des indi­ca­ti­ons sur les don­nées qui sont pro­dui­tes dans le cad­re de la fac­tu­ra­ti­on des pre­sta­ti­ons et de l’ac­ti­vi­té d’assu­rance (art. 21, al. 4, LAMal ; RS 832.10). Ils sont auto­ri­sés par la loi à com­mu­ni­quer des don­nées notam­ment aux orga­nes char­gés de l’ap­pli­ca­ti­on ain­si que du con­trô­le ou de la sur­veil­lan­ce de l’ap­pli­ca­ti­on de la LAMal, si ces don­nées sont néces­saires à l’ac­com­plis­se­ment des tâches de ces orga­nes (art. 84a, al. 1, let. a, LAMal). Le but et l’é­ten­due de la four­ni­tu­re de don­nées sont défi­nis à l’ar­tic­le 28 de l’or­don­nan­ce sur l’assu­rance-mala­die (OAMal ; RS 832.102). Celui-ci obli­ge notam­ment les assur­eurs à trans­mett­re des don­nées par per­son­ne assu­rée (art. 28, al. 3, OAMal). Ce faisant, la liv­rai­son doit se fai­re en pré­ser­vant l’an­ony­mat des assu­rés (art. 28 al. 5 OAMal). Les don­nées ne ser­vent pas seu­le­ment à la sur­veil­lan­ce de l’ac­ti­vi­té des assur­eurs, mais aus­si à la sur­veil­lan­ce de l’exé­cu­ti­on de la LAMal, com­me le stipu­le la loi. L’OFSP sur­veil­le notam­ment, à l’ai­de des don­nées, l’ef­fi­ca­ci­té et l’ap­pli­ca­ti­on uni­for­me de la loi et garan­tit l’é­ga­li­té de trai­te­ment des assu­rés. Il con­trô­le éga­le­ment, à l’ai­de de ces don­nées, le carac­tère éco­no­mi­que des pre­sta­ti­ons four­nies. L’ar­tic­le 32 OAMal (ana­ly­se des effets) pré­voit une aut­re uti­li­sa­ti­on. Les nou­vel­les don­nées indi­vi­du­el­les coll­ec­tées sont néces­saires pour les con­trô­les qui ne peu­vent pas être effec­tués avec des don­nées agré­gées. Seu­les ces don­nées per­met­tent par exemp­le de déter­mi­ner les cor­rec­tions de pri­mes, de cal­cu­ler les pri­mes payées en trop ou en moins ou de fai­re des simu­la­ti­ons de la struc­tu­re tarifaire.

L’ar­tic­le 28 OAMal exi­ste pour l’e­s­sen­tiel depuis l’en­trée en vigueur de l’or­don­nan­ce le 1er jan­vier 1996. La modi­fi­ca­ti­on du 23 février 2000 a com­plé­té l’ar­tic­le et l’a pré­cisé en ce sens que les don­nées par per­son­ne assu­rée sont expli­ci­te­ment coll­ec­tées jus­qu’au niveau de la posi­ti­on tarifai­re, fac­tu­re avec indi­ca­ti­on du four­nis­seur de pre­sta­ti­ons. Pour des rai­sons tech­ni­ques et après la réa­li­sa­ti­on d’un pro­jet pilo­te, l’OFSP n’e­xi­ge tou­te­fois que main­tenant leur liv­rai­son ; les pre­miè­res don­nées indi­vi­du­el­les anony­mi­sées sont coll­ec­tées par l’OFSP depuis l’an­née 2014.

4/5 L’OFSP recu­eil­le des don­nées admi­ni­stra­ti­ves qui ne per­met­tent pas d’i­den­ti­fier des per­son­nes et qui sont docu­men­tées dans le cad­re de la fac­tu­ra­ti­on des pre­sta­ti­ons ou de l’ac­ti­vi­té d’assu­rance. Dans ce con­tex­te, les nou­vel­les don­nées indi­vi­du­el­les coll­ec­tées sur les pre­sta­ti­ons ne com­por­tai­ent jus­qu’à pré­sent aucu­ne indi­ca­ti­on détail­lée d’u­ne posi­ti­on tarifai­re, mais uni­quement des coûts totaux par péri­ode de cou­ver­tu­re. En out­re, la coll­ec­te de don­nées se limi­te aux fac­tures LAMal que les assur­eurs reçoi­vent et fac­tu­rent. Elles ne con­ti­en­nent pas de don­nées de san­té sup­p­lé­men­tai­res tel­les que les diagnostics.

Les don­nées indi­vi­du­el­les sont trans­mi­ses à l’OFSP sous for­me pseud­ony­mi­sée (c’est-à-dire com­plé­tées par un code de liai­son cryp­té par per­son­ne assu­rée pour le cal­cul des coûts par épi­so­de de trai­te­ment). Après le trai­te­ment et lors des ana­ly­ses, il n’est pas pos­si­ble d’i­den­ti­fier les assu­rés ou les four­nis­seurs de pre­sta­ti­ons indi­vi­du­els. Le pro­ce­s­sus de pré­pa­ra­ti­on est docu­men­té et le règle­ment de trai­te­ment y fait réfé­rence. L’OFSP met en œuvre les direc­ti­ves du gui­de sur les exi­gen­ces mini­ma­les rela­ti­ves au système de gesti­on des don­nées, qui s’ap­pli­quent aux fichiers de don­nées. Ce faisant, il respec­te éga­le­ment le prin­ci­pe de pro­por­ti­on­na­li­té de la loi sur la pro­tec­tion des don­nées (art. 4, al. 2, LPD ; RS 235.1).

6./9. Com­me les don­nées néces­saires à l’e­xer­ci­ce de l’ac­ti­vi­té d’assu­rance ou à d’aut­res enquêtes sont déjà en gran­de par­tie dis­po­ni­bles dans les systè­mes des assur­eurs et que les moda­li­tés de liv­rai­son des don­nées sont éga­le­ment dis­cu­tées avec les assur­eurs, la liv­rai­son des pre­miè­res don­nées indi­vi­du­el­les n’en­traî­ne qu’un sur­croît de tra­vail mini­me pour les assureurs.

La char­ge de tra­vail des four­nis­seurs de don­nées sera enco­re réduite, car de nombreu­ses ana­ly­ses ne devront plus être pré­pa­rées selon les dimen­si­ons les plus diver­ses pour le trai­te­ment de que­sti­ons indi­vi­du­el­les, mais pour­ront être éta­b­lies par l’OFSP lui-même à par­tir des don­nées indi­vi­du­el­les fournies.

Comp­te tenu des résul­tats de l’au­di­tion sur le pro­jet d’or­don­nan­ce sur la sur­veil­lan­ce de l’assu­rance-mala­die (OSA­Mal), les artic­les con­cer­nant les don­nées restent en gran­de par­tie inchan­gés dans l’O­AMal. Seu­le l’au­to­ri­té de sur­veil­lan­ce peut désor­mais reli­er les don­nées des assur­eurs à d’aut­res sources de don­nées afin de rédui­re la char­ge de tra­vail. Une exten­si­on à d’aut­res don­nées n’est pas prévue.

Pour l’an­née de rele­vé 2013, les détails du trai­te­ment tech­ni­que des don­nées indi­vi­du­el­les ont été con­ve­nus avec les assur­eurs. L’OFSP con­ti­n­ue de leur accor­der la pos­si­bi­li­té d’ad­hé­rer à un grou­pe d’ac­com­pa­gne­ment et de par­ti­ci­per à des rele­vés pilo­tes, de sor­te que les pos­si­bi­li­tés d’op­ti­mi­sa­ti­on du point de vue des assur­eurs pui­s­sent être iden­ti­fi­ées et mises en œuvre en vue d’u­ne amé­lio­ra­ti­on de la qua­li­té et d’u­ne réduc­tion de la char­ge de travail.