Ven­te à emporter (AI)
  • La numé­ri­sa­ti­on de l’ad­mi­ni­stra­ti­on des cais­ses de pen­si­on est déjà lar­ge­ment répan­due, notam­ment dans les gran­des institutions.
  • Les outils numé­ri­ques per­met­tant une inter­ac­tion direc­te avec les assu­rés amé­lio­rent la trans­pa­rence et la com­pré­hen­si­on de la pré­voy­an­ce professionnelle.
  • L’ob­li­ga­ti­on pour les assu­rés d’an­non­cer l’adres­se de trans­fert de la pre­sta­ti­on de sor­tie reste néces­saire ; il n’est pas pos­si­ble d’y renoncer.
  • L’é­ch­an­ge élec­tro­ni­que de don­nées ent­re insti­tu­ti­ons de pré­voy­an­ce est juri­di­quement pos­si­ble ; aucu­ne adap­t­ati­on léga­le n’est néces­saire, la Con­fé­dé­ra­ti­on sou­ti­ent la numérisation.

Inter­pel­la­ti­on Wyss (22.4011) : Numé­ri­sa­ti­on de la LPP. Une plus-value pour tous ?

Tex­te soumis

Chaque année, plus de 15 pour cent des per­son­nes chan­gent d’em­ploi (700 000 chan­ge­ments d’em­ploi). Beau­coup d’ent­re eux chan­gent d’em­ployeur et donc de caisse de pen­si­on (CP). La pro­cé­du­re est enco­re très basée sur le papier. La per­son­ne assu­rée reçoit un cour­ri­er de son anci­en­ne caisse de pension.

Afin de faci­li­ter l’é­ch­an­ge d’in­for­ma­ti­ons sur la LPP ent­re les CP, la LPP Insti­tu­ti­on sup­p­lé­ti­ve a créé une pla­te­for­me : LPP-Exch­an­ge. Celui-ci per­met de trans­mett­re numé­ri­quement les don­nées des per­son­nes assu­rées dès qu’il est clair que la per­son­ne pas­se de la CP A à la CP B. Les CP gagn­ent ain­si jus­qu’à 80% de temps lors du traitement.

Ce qui reste, c’est le cour­ri­er adres­sé à la per­son­ne assu­rée par l’an­ci­en­ne CP, afin que cel­le-ci sache où l’a­voir de vieil­les­se doit être trans­fé­ré. Cet­te étape pour­rait éga­le­ment être numé­ri­sée. La nou­vel­le CP a déjà été infor­mée par l’em­ployeur de l’en­trée d’u­ne nou­vel­le per­son­ne assu­rée. Si elle par­ta­ge ces don­nées sur une pla­te­for­me, la CP cédan­te peut iden­ti­fier la nou­vel­le et trans­fé­rer l’a­voir de vieil­les­se et les infor­ma­ti­ons à la nou­vel­le CP sans aucu­ne inter­ven­ti­on de la per­son­ne assurée.

Le Con­seil fédé­ral est prié de répond­re aux que­sti­ons suivantes :

a. Le Con­seil fédé­ral est-il d’a­vis qu’u­ne tel­le numé­ri­sa­ti­on de la pré­voy­an­ce pro­fes­si­on­nel­le peut opti­mi­ser de maniè­re signi­fi­ca­ti­ve les pro­ce­s­sus et donc les coûts de la prévoyance ?

b. Le Con­seil fédé­ral est-il d’a­vis qu’u­ne numé­ri­sa­ti­on de la pré­voy­an­ce per­met­trait d’en amé­lio­rer l’ac­cès et la com­pré­hen­si­on par la population ?

c. Actu­el­le­ment, l’ar­tic­le 1, ali­néa 2, de l’or­don­nan­ce sur le lib­re pas­sa­ge exi­ge que l’assu­ré trans­met­te les don­nées à l’an­ci­en­ne et à la nou­vel­le insti­tu­ti­on de pré­voy­an­ce : le Con­seil fédé­ral serait-il dis­po­sé à modi­fier la dis­po­si­ti­on de l’or­don­nan­ce de maniè­re à ce que la numé­ri­sa­ti­on soit pos­si­ble, mais qu’en même temps l’assu­ré pui­s­se renon­cer à une tel­le numé­ri­sa­ti­on en cas d’an­non­ce proac­ti­ve (opt-out) ?

d. Exi­ste-t-il d’aut­res dis­po­si­ti­ons d’or­don­nan­ce ou de loi qui dev­rai­ent être adap­tées pour per­mett­re la numé­ri­sa­ti­on ? Le Con­seil fédé­ral est-il prêt à prend­re les mesu­res néces­saires à cet effet ?

Avis du Con­seil fédé­ral du 16.11.22

Il exi­ste en Sui­s­se envi­ron 1500 insti­tu­ti­ons de pré­voy­an­ce et de lib­re pas­sa­ge, qui se distin­guent for­te­ment les unes des aut­res par leur struc­tu­re et leur orga­ni­sa­ti­on. Elles dis­po­sent d’u­ne lar­ge auto­no­mie d’or­ga­ni­sa­ti­on pour l’ac­com­plis­se­ment de leurs tâches.

a) Le degré de numé­ri­sa­ti­on de l’ad­mi­ni­stra­ti­on des cais­ses de pen­si­on est déjà très éle­vé. De nombreu­ses insti­tu­ti­ons, en par­ti­cu­lier les plus gran­des, ont déjà numé­ri­sé l’é­ch­an­ge de don­nées et d’in­for­ma­ti­ons, tant ent­re elles qu’a­vec les assu­rés et les employeurs. Tou­tes les pro­cé­du­res répé­ti­ti­ves et auto­ma­tis­ables sont déjà lar­ge­ment effec­tuées de maniè­re numé­ri­que. L’ad­mi­ni­stra­ti­on des entrées et des sor­ties d’assu­rés, évo­quée par l’in­ter­pel­la­tri­ce, ne repré­sen­te qu’u­ne peti­te par­tie des tâches admi­ni­stra­ti­ves des insti­tu­ti­ons de pré­voy­an­ce. Même pour l’é­ch­an­ge de don­nées et d’in­for­ma­ti­ons dans ce domaine par­tiel, les insti­tu­ti­ons doi­vent pou­voir déci­der elles-mêmes, en fonc­tion de leurs con­di­ti­ons orga­ni­sa­ti­on­nel­les et admi­ni­stra­ti­ves, com­ment elles gèrent l’é­ch­an­ge de don­nées et d’in­for­ma­ti­ons ent­re elles. Elles ont tout inté­rêt à orga­ni­s­er cela aus­si de maniè­re effi­cace et avec un bon rap­port coûts/bénéfices, afin de main­te­nir leurs frais admi­ni­stra­tifs aus­si bas que possible.

b) Le Con­seil fédé­ral est con­sci­ent que la matiè­re de la pré­voy­an­ce pro­fes­si­on­nel­le est exi­ge­an­te. Les insti­tu­ti­ons de pré­voy­an­ce peu­vent con­tri­buer à une meil­leu­re com­pré­hen­si­on de leurs assu­rés par une com­mu­ni­ca­ti­on simp­le, clai­re et trans­pa­ren­te. A cet égard, les initia­ti­ves numé­ri­ques qui ren­for­cent la trans­pa­rence sur la pré­voy­an­ce vieil­les­se per­son­nel­le sont les bien­ve­nues. Plus que l’é­ch­an­ge numé­ri­que ent­re insti­tu­ti­ons de pré­voy­an­ce, les outils qui per­met­tent aux assu­rés d’in­ter­agir direc­te­ment avec les insti­tu­ti­ons de pré­voy­an­ce par voie numé­ri­que et d’ob­te­nir en ligne un aper­çu immé­di­at d’u­ne future ren­te de vieil­les­se basée sur les évé­ne­ments de la vie con­sti­tu­ent un pas vers des infor­ma­ti­ons enco­re plus trans­pa­ren­tes vis-à-vis des assu­rés. Cela pour­rait notam­ment inci­ter les jeu­nes à s’in­té­res­ser à la pré­voy­an­ce vieil­les­se à un sta­de précoce.

c/d) Selon l’or­don­nan­ce sur le lib­re pas­sa­ge (ordon­nan­ce sur le lib­re pas­sa­ge dans la pré­voy­an­ce pro­fes­si­on­nel­le vieil­les­se, sur­vi­vants et inva­li­di­té ; RS 831.425), les sala­riés doi­vent uni­quement indi­quer à leur insti­tu­ti­on de pré­voy­an­ce à quel­le nou­vel­le insti­tu­ti­on de pré­voy­an­ce ou de lib­re pas­sa­ge ils doi­vent trans­fé­rer leur pre­sta­ti­on de sor­tie. Cet­te obli­ga­ti­on d’an­non­cer est une con­di­ti­on pré­alable pour que les insti­tu­ti­ons de pré­voy­an­ce impli­quées pui­s­sent éch­an­ger les infor­ma­ti­ons néces­saires au trai­te­ment des cas de lib­re pas­sa­ge, car seuls les assu­rés dis­po­sent de ces con­nais­sances. On ne peut donc pas renon­cer à l’ob­li­ga­ti­on d’an­non­cer des assu­rés. Les dis­po­si­ti­ons en vigueur ne s’op­po­sent tou­te­fois pas à un éch­an­ge élec­tro­ni­que d’in­for­ma­ti­ons. Le Con­seil fédé­ral saluer­ait éga­le­ment des efforts de numé­ri­sa­ti­on accrus dans ce domaine éga­le­ment. Tou­tes les aut­res obli­ga­ti­ons d’in­for­ma­ti­on en cas de lib­re pas­sa­ge, com­me par exemp­le la com­mu­ni­ca­ti­on de l’a­voir de vieil­les­se obli­ga­toire, con­cer­nent exclu­si­ve­ment les insti­tu­ti­ons con­cer­nées. Cet éch­an­ge de don­nées ent­re les insti­tu­ti­ons, néces­saire pour les entrées et les sor­ties, se fait déjà aujour­d’hui sou­vent par voie numé­ri­que (voir répon­se a). Le droit en vigueur le per­met déjà, con­for­mé­ment aux exi­gen­ces exi­stan­tes en matiè­re de pro­tec­tion des don­nées, et ne néces­si­te pas de modi­fi­ca­ti­ons sup­p­lé­men­tai­res de l’or­don­nan­ce ou de la loi.