Ven­te à emporter (AI)
  • Les cer­ti­fi­cats de tra­vail ne peu­vent trai­ter que des don­nées con­cer­nant l’ap­ti­tu­de à rem­plir le cont­rat de tra­vail, dans le respect de l’ar­tic­le 328b CO et de la LPD.
  • Les décla­ra­ti­ons de mala­die sont auto­ri­sées si la mala­die a con­sidé­ra­blem­ent affec­té la per­for­mance, le com­porte­ment ou l’ap­ti­tu­de ou si les absen­ces pro­lon­gées ont repré­sen­té une part importan­te de la durée du contrat.
  • Des indi­ca­ti­ons con­crè­tes sur des péri­odes de mala­die iso­lées ne sont pas admis­si­bles, car elles con­sti­tu­ent une insi­stance exce­s­si­ve et non un com­plé­ment néces­saire au tableau général.
  • Les infor­ma­ti­ons rela­ti­ves au main­ti­en du salai­re ne font pas par­tie du con­te­nu mini­mal et ne doi­vent pas être men­ti­onnées dans le cer­ti­fi­cat de travail.

Dans l’ar­rêt 810 23 48 du 15 novembre 2023, le tri­bu­nal can­to­nal du can­ton de Bâle-Cam­pa­gne s’é­tait pen­ché sur la que­sti­on de savoir si un Cer­ti­fi­cat de tra­vail Indi­ca­ti­ons sur la mala­die peut con­te­nir. Il résu­me à cet égard les prin­cipes con­nus, notam­ment en ce qui con­cer­ne la que­sti­on de savoir quand un cer­ti­fi­cat final (plus néga­tif) peut s’é­car­ter con­sidé­ra­blem­ent d’un cer­ti­fi­cat inter­mé­di­ai­re (beau­coup plus positif).

La que­sti­on de savoir à quel moment un cer­ti­fi­cat peut s’ex­pri­mer sur la mala­die a notam­ment été contestée :

10.2.1 L’é­ta­blis­se­ment d’un cer­ti­fi­cat de tra­vail pré­sup­po­se que l’em­ployeur soit auto­ri­sé à trai­ter les don­nées de l’em­ployé néces­saires à cet effet. Les bases léga­les se trou­vent d’u­ne part à l’art. 328b CO, d’aut­re part dans la loi fédé­ra­le sur la pro­tec­tion des don­nées (LPD) du 25 sep­tembre 2020, qui est décla­rée appli­ca­ble à l’art. 328b, phra­se 2, CO. L’art. 328b CO fixe des limi­tes au prin­ci­pe de l’ex­haus­ti­vi­té dans la mesu­re où, dans le cas du cer­ti­fi­cat de tra­vail, seu­les les don­nées con­cer­nant l’em­ployé et rela­ti­ves à ses apti­tu­des à rem­plir son emploi peu­vent être trai­tées. En rai­son de la décla­ra­ti­on d’ap­pli­ca­bi­li­té de la LPD, ses prin­cipes doi­vent éga­le­ment être respec­tés. Ain­si, il découle du prin­ci­pe de pro­por­ti­on­na­li­té que les inci­dents qui ne sont pas repré­sen­ta­tifs de l’i­mage glo­ba­le de l’em­ployé ne doi­vent pas être trai­tés ou inscrits dans le cer­ti­fi­cat de travail […].

10.2.2 Le Tri­bu­nal fédé­ral admet qu’il est admis­si­ble de men­ti­on­ner la mala­die dans le cer­ti­fi­cat de tra­vail dans deux cas de figu­re. Pre­miè­re­ment, une men­ti­on s’im­po­se lorsque la mala­die con­sti­tue un une influence con­sidé­ra­ble sur la per­for­mance, le com­porte­ment et l’ap­ti­tu­de du tra­vail­leur à exer­cer ses fonc­tions et qu’el­le con­sti­tuait un motif objec­tif de licen­cie­ment. Deu­xiè­me­ment, les absen­ces pro­lon­gées pour cau­se de mala­die doi­vent être men­ti­onnées lorsqu’el­les con­sti­tu­ent un motif de licen­cie­ment. une part importan­te de la durée tota­le du cont­rat et ce, indé­pen­dam­ment du fait que la mala­die ait un lien avec le poste de tra­vail. La rai­son en est que, dans le cas con­trai­re, le cer­ti­fi­cat de tra­vail ne rens­eig­ne pas cor­rec­te­ment sur l’expé­ri­ence pro­fes­si­on­nel­le acqui­se. En fin de comp­te, ce sont les cir­con­stances du cas d’e­spè­ce qui sont déter­mi­nan­tes dans ces grou­pes de cas […]. Si les con­di­ti­ons sont rem­plies, il faut veil­ler, lors de la for­mu­la­ti­on, à ce que les expli­ca­ti­ons soi­ent aus­si con­cis­es que pos­si­ble. Il con­vi­ent notam­ment de renon­cer à un expo­sé détail­lé des détails médi­caux (sym­ptô­mes, diagnostic) […].

En l’oc­cur­rence, il n’é­tait pas con­te­sté que la mala­die pou­vait être men­ti­onnée com­me motif de licen­cie­ment. Mais il n’é­tait pas admis­si­ble de pré­cis­er Indi­ca­ti­on des péri­odes de mala­die:

10.3.2. […] Les dif­fé­ren­tes men­ti­ons des dates respec­ti­ves des absen­ces met­tent trop l’ac­cent sur l’empêche­ment d’ac­com­plir le tra­vail en rai­son de la mala­die, comp­te tenu notam­ment de la briè­ve­té du cer­ti­fi­cat de tra­vail. L’é­nu­mé­ra­ti­on des absen­ces exac­tes n’est pas non plus néces­saire à l’ap­pré­cia­ti­on de l’i­mage glo­ba­le de la recou­ran­te. De même, l’o­mis­si­on de la liste pré­cise n’a pas pour effet de rend­re le cer­ti­fi­cat faux ou incom­plet, ou de ne pas rens­eig­ner cor­rec­te­ment sur l’expé­ri­ence pro­fes­si­on­nel­le accu­mulée. […] Il en résul­te que le cer­ti­fi­cat doit tout à fait men­ti­on­ner que, suite à une longue absence pour cau­se de mala­die et à un réta­blis­se­ment impré­vi­si­ble, les rap­ports de tra­vail […] ont été rési­liés. Il con­vi­ent tou­te­fois d’o­mett­re la liste pré­cise des absen­ces pour cau­se de maladie.

Il était éga­le­ment inad­mis­si­ble de Indi­ca­ti­on du main­ti­en du salai­re:

10.4.3 La men­ti­on dans le cer­ti­fi­cat de tra­vail que la recou­ran­te a con­tin­ué à per­ce­voir son salai­re jus­qu’au […] ne fait pas par­tie du con­te­nu mini­mal d’un cer­ti­fi­cat de tra­vail et ne sert ni à son avance­ment pro­fes­si­on­nel ni à un futur employeur à obte­nir une image aus­si fidè­le que pos­si­ble de l’ac­ti­vi­té, des pre­sta­ti­ons et du com­porte­ment de la recou­ran­te. Par con­sé­quent, le main­ti­en du salai­re ne doit pas être men­ti­onné dans le cer­ti­fi­cat de travail.