Ven­te à emporter (AI)
  • Les com­mu­nes sont respons­ables de la coll­ec­te et du trans­port des déche­ts urbains et doi­vent cou­vr­ir les coûts en pré­le­vant des taxes auprès du pollueur.
  • La remi­se de don­nées aux com­mu­nes sert à l’exé­cu­ti­on des lois fédé­ra­les et can­to­na­les sur la pro­tec­tion de l’en­vi­ron­ne­ment et est sou­mi­se aux prin­cipes de la pro­tec­tion des données.
  • Migros a dû four­nir des don­nées d’i­den­ti­fi­ca­ti­on (numé­ros de car­te Cumu­lus), car cel­les-ci étai­ent néces­saires et pro­por­ti­onnées pour iden­ti­fier les per­son­nes à l’o­ri­gi­ne des déchets.

La responsa­bi­li­té de la coll­ec­te des déche­ts urbains et de leur trans­port vers les instal­la­ti­ons de trai­te­ment des déche­ts mises en place par le can­ton incom­be aux com­mu­nes, qui doi­vent en même temps garan­tir la cou­ver­tu­re de l’en­sem­ble des coûts de l’é­li­mi­na­ti­on des déche­ts et per­ce­voir à cet effet des taxes auprès des per­son­nes qui les pro­dui­sent. La remi­se de don­nées ordon­née à la Fédé­ra­ti­on des coopé­ra­ti­ves Migros est donc prin­ci­pa­le­ment liée à l’exé­cu­ti­on de la légis­la­ti­on fédé­ra­le et can­to­na­le sur la pro­tec­tion de l’en­vi­ron­ne­ment (con­sid. 2).

Il s’a­git donc d’un trai­te­ment de don­nées dans le cad­re d’u­ne pro­cé­du­re admi­ni­stra­ti­ve de pre­miè­re instance, rai­son pour laquel­le les prin­cipes de la pro­tec­tion des don­nées doi­vent être respec­tés. En revan­che, la coll­ec­te de ces don­nées per­son­nel­les dans le seul but de sanc­tion­ner le com­porte­ment des per­son­nes qui pro­dui­sent des déche­ts ne tom­berait pro­ba­blem­ent pas dans le champ d’ap­pli­ca­ti­on de la loi sur la pro­tec­tion des don­nées (con­sid. 3.1).

Tou­te per­son­ne est tenue de four­nir les rens­eig­ne­ments néces­saires à l’ap­pli­ca­ti­on de la légis­la­ti­on sur la pro­tec­tion de l’en­vi­ron­ne­ment (art. 46, al. 1 LPE). En prin­ci­pe, tou­te per­son­ne dis­po­sant d’in­for­ma­ti­ons per­ti­nen­tes pour l’exé­cu­ti­on est tenue de four­nir des rens­eig­ne­ments. Dans le respect du prin­ci­pe de pro­por­ti­on­na­li­té, seuls les rens­eig­ne­ments néces­saires à l’exé­cu­ti­on peu­vent être deman­dés (con­sid. 3.2).

Etant don­né que la com­mu­ne n’a pas pu iden­ti­fier elle-même les auteurs des déche­ts en rai­son du con­te­nu des sacs pou­bel­les dépo­sés sans tim­bres-taxe, il était et il est indis­pensable que leur iden­ti­fi­ca­ti­on se fas­se sur la base des numé­ros de car­te Cumu­lus trou­vés dans les déche­ts. Migros est donc tenue de four­nir les don­nées qu’el­le a deman­dées (con­sid. 4).

Source : Can­ton de Bâle-Cam­pa­gne – Tri­bu­nal can­to­nal BL : Juris­pru­dence 2007