Le 23 mars 2026, le Grand Con­seil du can­ton de Zurich a adop­té la révi­si­on tota­le de la LDI (loi sur l’in­for­ma­ti­on et la pro­tec­tion des don­nées) par 153 voix cont­re 24 :

Nous avons fait ver­si­on actu­el­le avec à chaque fois les extraits de la pro­po­si­ti­on du Con­seil d’E­tat rassemblés.

La loi tota­le­ment révi­sée n’est pas enco­re en vigueur et la date d’en­trée en vigueur n’est pas enco­re fixée, l’or­don­nan­ce d’ap­pli­ca­ti­on (OID) devant être éla­bo­rée au pré­alable. Il faut s’at­tendre à une date mi-2027. D’i­ci là, les règles sui­van­tes s’ap­pli­quent l’IDG d’au­jour­d’hui et l’IDV continue.

Con­tex­te

La LDI du can­ton de Zurich date de 2007 et régle­men­te aus­si bien la pro­tec­tion des don­nées que le prin­ci­pe de trans­pa­rence. Le Con­seil d’E­tat a lan­cé la révi­si­on tota­le en 2020, en s’ap­pu­yant sur une éva­lua­ti­on (2013−2017), des inter­ven­ti­ons par­le­men­tai­res, des pre­scrip­ti­ons de droit euro­pé­en (Con­ven­ti­on 108+ du Con­seil de l’Eu­ro­pe, Schen­gen) et la révi­si­on tota­le de la LPD de la Con­fé­dé­ra­ti­on. En 2019, une révi­si­on par­ti­el­le avait déjà mis en œuvre les exi­gen­ces mini­ma­les du droit européen.

La con­sul­ta­ti­on a débu­té le 28 juin 2022 et le 5 juil­let 2023, le Con­seil d’E­tat a adop­té le pro­jet 5923. Le plus grand point de dis­cor­de a été par la suite un pas­sa­ge pro­po­sé par le Con­seil d’E­tat, selon lequel les procès-ver­baux des séan­ces non publi­ques, et pour l’exé­cu­tif, les pro­po­si­ti­ons, co-rap­ports et pri­ses de posi­ti­on, devai­ent géné­ra­le­ment rester sous clé. La déli­bé­ra­ti­on sui­van­te a modi­fié ce point sur pro­po­si­ti­on de la Com­mis­si­on des insti­tu­ti­ons poli­ti­ques (CIP).

Le Grand Con­seil a débat­tu du pro­jet lors de plu­sieurs séan­ces (15 sep­tembre et 24 novembre 2025).

Prin­ci­pa­les nouveautés

  • Responsable du prin­ci­pe de trans­pa­rence et de la pro­tec­tion des don­nées : L’an­ci­en­ne CPD se voit attri­buer une dou­ble fonc­tion, elle con­seil­le désor­mais éga­le­ment les auto­ri­tés et les com­mu­nes sur le prin­ci­pe de trans­pa­rence et peut mener une pro­cé­du­re de con­ci­lia­ti­on en cas de liti­ge sur l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on. L’in­sti­tu­ti­on publi­que est tenue d’y participer.
  • Excep­ti­ons à l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­onPour les affai­res du Con­seil-exé­cu­tif et des exé­cu­tifs com­munaux, les pro­po­si­ti­ons, les co-rap­ports, les pri­ses de posi­ti­on et les procès-ver­baux sont exclus de l’ac­cès à l’in­for­ma­ti­on. Les com­mu­nes peu­vent limi­ter ces excep­ti­ons ou les décla­rer non applicables.
  • Don­nées du gou­ver­ne­ment ouvert : Les don­nées publi­ques ouver­tes sont des infor­ma­ti­ons qu’un orga­ne public rend libre­ment acce­s­si­bles sous une for­me lisi­ble par machi­ne et qui peu­vent être uti­li­sées sans rest­ric­tion. Les orga­nes publics peu­vent publier de tel­les don­nées ; l’ad­mi­ni­stra­ti­on cen­tra­le doit le fai­re, pour autant qu’au­cu­ne loi ou qu’au­cun inté­rêt public ou pri­vé prépon­dé­rant ne s’y oppose.
  • Regist­re des IAChaque insti­tu­ti­on publi­que doit tenir un regist­re acce­s­si­ble au public des systè­mes décis­i­on­nels algo­rith­mi­ques qu’el­le uti­li­se, dans la mesu­re où ceux-ci peu­vent avoir un impact sur les droits fon­da­men­taux – le seuil est volon­tai­re­ment bas, la pos­si­bi­li­té d’u­ne vio­la­ti­on des droits fon­da­men­taux suf­fit déjà. La noti­on de „systè­mes décis­i­on­nels algo­rith­mi­ques“ eng­lo­be déli­bé­ré­ment aus­si bien les systè­mes basés sur des règles que les systè­mes d’app­ren­tis­sa­ge auto­ma­tique. Les indi­ca­ti­ons mini­ma­les doi­vent être réglées par le Con­seil d’E­tat dans l’ordonnance.
  • Obli­ga­ti­on de noti­fi­ca­ti­on en cas de trai­te­ment par IA : Lors de la coll­ec­te de don­nées per­son­nel­les, l’or­ga­ne public doit infor­mer acti­ve­ment de l’uti­li­sa­ti­on éven­tu­el­le de systè­mes décis­i­on­nels algo­rith­mi­ques et, lors d’u­ne deman­de d’in­for­ma­ti­on, les per­son­nes con­cer­nées doi­vent être infor­mées si leurs don­nées ont été trai­tées à l’ai­de d’u­ne IA.
  • Éva­lua­ti­on de l’im­pact sur les droits fon­da­men­taux : Une ana­ly­se d’im­pact sur les droits fon­da­men­taux (AIRF) doit être réa­li­sée pour chaque uti­li­sa­ti­on de systè­mes algo­rith­mi­ques afin d’i­den­ti­fier et de rédui­re les ris­ques pour les droits fon­da­men­taux. Le cas échéant, l’ACRP s’a­jou­te à la DSFA (mais elle peut aus­si être combinée).
  • Essais pilo­tesLes orga­nes publics peu­vent trai­ter des don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res dans le cad­re d’es­sais pilo­tes sans base léga­le for­mel­le, avec l’au­to­ri­sa­ti­on du Con­seil d’E­tat (pour les com­mu­nes, de l’exé­cu­tif com­mu­nal) et pour une durée maxi­ma­le de cinq ans.
  • con­sen­te­ment : Les orga­nes publics peu­vent trai­ter des don­nées si la per­son­ne con­cer­née y con­sent, par ana­lo­gie avec l’art. 34 LPD. Pour les don­nées per­son­nel­les par­ti­cu­liè­res, un con­sen­te­ment expli­ci­te est nécessaire.
  • Pro­fi­la­ge : Le pro­fi­la­ge (défi­ni com­me l’éva­lua­ti­on auto­ma­ti­sée d’in­for­ma­ti­ons en vue d’ana­ly­ser des carac­té­ri­sti­ques per­son­nel­les essen­ti­el­les ou de préd­ire des évo­lu­ti­ons per­son­nel­les) néces­si­te désor­mais une base dans une loi formelle.
  • Pro­por­ti­on­na­li­té : Ce prin­ci­pe fait désor­mais l’ob­jet d’un para­gra­phe spécifique.
  • Trai­te­ment des infor­ma­ti­ons par des tiers: le trai­te­ment des com­man­des se durcit un peu, en rai­son de l’ex­ter­na­li­sa­ti­on crois­s­an­te vers le cloud.