Ven­te à emporter (AI)
  • Main­ti­en de l’ar­tic­le 11 : per­met des cer­ti­fi­ca­ti­ons indé­pen­dan­tes des cen­tres de don­nées afin de garan­tir un niveau éle­vé de sécu­ri­té des don­nées et de pro­mou­voir un éco­sy­stème de confiance.
  • Con­tro­ver­se autour de l’ar­tic­le 3b : le Con­seil fédé­ral pro­po­se de renon­cer à la pro­tec­tion des don­nées per­son­nel­les des per­son­nes mora­les afin de faci­li­ter les éch­an­ges trans­fron­ta­liers de données.

Moti­on Béglé (16.3379) : Pro­mou­voir la Sui­s­se en tant que cof­f­re-fort vir­tuel uni­ver­sel de données

Tex­te soumis

Le Con­seil fédé­ral est char­gé de main­te­nir les deux dis­po­si­ti­ons léga­les sui­van­tes afin de garan­tir un niveau opti­mal de pro­tec­tion des don­nées et de posi­ti­on­ner ain­si la Sui­s­se com­me un cof­f­re-fort vir­tuel uni­ver­sel de don­nées. Sur cet­te base, un “éco­sy­stème” d’entre­pri­ses inno­van­tes pour­rait alors être créé, ce qui con­tri­buer­ait à la pro­spé­ri­té éco­no­mi­que du pays.

Dans le cad­re de la révi­si­on en cours de la loi sur la pro­tec­tion des don­nées (LPD), il est essen­tiel que deux artic­les de la loi actu­el­le­ment en vigueur soi­ent maintenus :

1. l’ar­tic­le 3b stipu­le que la pro­tec­tion des don­nées con­cer­ne les per­son­nes phy­si­ques et mora­les. La Sui­s­se est l’un des rares pays à offrir aux ent­re­pri­ses une pro­tec­tion des don­nées aus­si éle­vée. Il s’a­git donc d’un grand avan­ta­ge pour la place numé­ri­que sui­s­se, qu’il ne faut pas abandonner.

2. l’ar­tic­le 11 pré­voit que les ent­re­pri­ses acti­ves dans le domaine de la coll­ec­te de don­nées et de la

-Les cen­tres de don­nées peu­vent fai­re éva­luer la sécu­ri­té de leurs don­nées par des orga­nis­mes de cer­ti­fi­ca­ti­on recon­nus et indé­pen­dants. L’as­so­cia­ti­on Vigis­wiss a déjà fait des efforts dans ce sens pour cer­ti­fier les cen­tres de don­nées qui sont mem­bres de l’as­so­cia­ti­on. Si ces artic­les de loi sont main­te­nus, cela per­met­trait à une tel­le asso­cia­ti­on d’in­ten­si­fier son tra­vail sur l’assu­rance qua­li­té et de con­tri­buer à ce que la Sui­s­se devi­en­ne un cof­f­re-fort numé­ri­que de don­nées. De plus, cela serait en accord avec les artic­les 38 et 39 du futur règle­ment euro­pé­en sur la pro­tec­tion des don­nées qui encou­r­agent le déve­lo­p­pe­ment d’un code de con­duite et la mise en place d’u­ne pro­cé­du­re de cer­ti­fi­ca­ti­on en matiè­re de pro­tec­tion des données.

Justi­fi­ca­ti­on

Cer­ta­ins géants de l’In­ter­net ont actu­el­le­ment l’in­ten­ti­on de lier obli­ga­toire­ment les don­nées au ser­veur. Cela don­ner­ait enco­re plus d’im­portance à l’em­pla­ce­ment des ser­ve­urs. Dans une tel­le situa­ti­on, la Sui­s­se doit sai­sir cet­te oppor­tu­ni­té histo­ri­que. Elle occupe déjà la 5e place du clas­se­ment des pays euro­pé­ens dis­po­sant du plus grand nombre de cen­tres de don­nées, et les cen­tres de don­nées sui­s­ses abri­tent 25% des don­nées européennes.

Une loi qui per­met­trait un haut niveau de pro­tec­tion des don­nées en garan­tis­sant une bon­ne qua­li­té d’hé­ber­ge­ment et des con­di­ti­ons cad­res dur­a­bles aug­m­en­ter­ait enco­re l’at­trac­ti­vi­té de la Suisse.

Un tel envi­ron­ne­ment atti­rerait tout un “éco­sy­stème” de socié­tés de ser­vices dans les domain­es du trai­te­ment, de l’ana­ly­se, du trans­fert, de l’au­then­ti­fi­ca­ti­on et du cryp­ta­ge des données.

La Sui­s­se pour­rait ain­si jouer un rôle important de lea­der mon­di­al dans le domaine du stocka­ge numé­ri­que des données.

Répon­se du Con­seil fédé­ral du 24.8.2016

Le Con­seil fédé­ral est con­sci­ent qu’il est important de posi­ti­on­ner la Sui­s­se com­me un pays fia­ble et inno­vant dans le domaine de la pro­tec­tion des données.

Il prend posi­ti­on com­me suit sur les deux points men­ti­onnés dans la motion :

1. le Con­seil fédé­ral esti­me qu’il est important de tenir comp­te de l’é­tat de la légis­la­ti­on sur la pro­tec­tion des don­nées dans le cad­re du Con­seil de l’Eu­ro­pe et de l’U­ni­on euro­pé­en­ne. C’est pour­quoi il est pré­vu de renon­cer à la pro­tec­tion des don­nées per­son­nel­les des per­son­nes mora­les. Cela per­met d’a­mé­lio­rer la cir­cula­ti­on trans­fron­ta­liè­re des don­nées, car la com­mu­ni­ca­ti­on de don­nées de per­son­nes mora­les à l’étran­ger n’est plus liée à la con­di­ti­on qu’u­ne pro­tec­tion des don­nées appro­priée soit garan­tie dans le pays de desti­na­ti­on (art. 6 LPD). La majo­ri­té des spé­cia­li­stes inter­ro­gés dans le cad­re de l’ana­ly­se d’im­pact de la révi­si­on de la loi sur la pro­tec­tion des don­nées se sont éga­le­ment pro­non­cés en faveur de l’a­ban­don de la pro­tec­tion des don­nées per­son­nel­les des per­son­nes mora­les. La por­tée pra­tique de cet­te pro­tec­tion pré­vue à l’ar­tic­le 2, ali­néa 1, et à l’ar­tic­le 3, lett­re b, LPD est d’ail­leurs limi­tée. En effet, les per­son­nes mora­les ne font que très rare­ment valoir leurs droits en rai­son d’un trai­te­ment illi­ci­te de leurs don­nées. Le Pré­po­sé fédé­ral à la pro­tec­tion des don­nées et à la trans­pa­rence n’a jamais eu non plus l’oc­ca­si­on d’é­mett­re une recom­man­da­ti­on à ce sujet. De plus, les artic­les 28 et sui­vants du Code civil sur les att­ein­tes à la per­son­na­li­té, la loi fédé­ra­le cont­re la con­cur­rence déloya­le (LCD), la loi fédé­ra­le sur le droit d’au­teur (LDA) ain­si que les règles con­cer­nant le secret pro­fes­si­on­nel, le secret d’af­fai­res et le secret de fab­ri­ca­ti­on restent inchan­gés et con­ti­nuent de pro­té­ger les per­son­nes mora­les. Enfin, le Con­seil fédé­ral dou­te que les ent­re­pri­ses sui­s­ses béné­fi­ci­ent d’un avan­ta­ge con­cur­ren­tiel en rai­son de l’ar­tic­le 3, lett­re b LPD : Ce sont plutôt la sta­bi­li­té poli­tique et éco­no­mi­que, les nor­mes éle­vées de pro­tec­tion des don­nées et la recon­nais­sance par les aut­res Etats de l’a­dé­qua­ti­on de la légis­la­ti­on sui­s­se en matiè­re de pro­tec­tion des don­nées qui jouent un rôle décisif pour les ent­re­pri­ses suisses.

2. le Con­seil fédé­ral n’en­vi­sa­ge pas, dans le cad­re des travaux de révi­si­on de la légis­la­ti­on fédé­ra­le sur la pro­tec­tion des don­nées, de remett­re en que­sti­on la pos­si­bi­li­té d’u­ne certification.