Ven­te à emporter (AI)
  • Le Con­seil fédé­ral doit reprend­re les prin­ci­paux objec­tifs et con­te­nus de l’EU-AI-Act pour la Sui­s­se, tout en garan­tis­sant une gran­de com­pa­ti­bi­li­té avec le droit européen.
  • Une ana­ly­se détail­lée des effets n’au­ra lieu qu’a­près la con­clu­si­on des négo­cia­ti­ons avec l’UE et le Con­seil de l’Eu­ro­pe (pro­ba­blem­ent début 2024) ; exami­ner la néces­si­té d’a­gir d’i­ci fin 2024.

Moti­on du grou­pe socia­li­ste (23.3807) : Repri­se de la régle­men­ta­ti­on de l’UE dans le domaine de l’in­tel­li­gence artificielle

Tex­te soumis

Le Con­seil fédé­ral est char­gé de cré­er les bases léga­les néces­saires pour que de reprend­re les prin­ci­paux objec­tifs et con­te­nus de l’AI Act euro­pé­en pour la Sui­s­se. Il veil­le à la plus gran­de com­pa­ti­bi­li­té pos­si­ble avec le droit européen.

Justi­fi­ca­ti­on

Les déve­lo­p­pe­ments dans le domaine de l’in­tel­li­gence arti­fi­ci­el­le et des systè­mes algo­rith­mi­ques sont rapi­des. Out­re de gran­des oppor­tu­ni­tés, ces tech­no­lo­gies com­portent quel­ques ris­ques. C’est pour­quoi des efforts sont en cours, tant au sein de l’U­ni­on euro­pé­en­ne qu’à d’aut­res niveaux inter­na­ti­on­aux, pour intro­dui­re des régle­men­ta­ti­ons qui limi­tent ces ris­ques. La Sui­s­se, avec ses hau­tes éco­les mais aus­si ses ent­re­pri­ses inno­van­tes, est acti­ve et en pre­miè­re ligne dans le déve­lo­p­pe­ment de l’in­tel­li­gence arti­fi­ci­el­le. Il est donc dans l’in­té­rêt de la place éco­no­mi­que sui­s­se, notam­ment en ter­mes de sécu­ri­té juri­di­que, de mett­re en place des régle­men­ta­ti­ons com­pa­ti­bles et com­pa­ra­bles, com­me cela a été fait par exemp­le dans le domaine de la pro­tec­tion des données.

Avis du Con­seil fédé­ral du 30.8.2023

Le Con­seil fédé­ral suit de près la pro­po­si­ti­on de règle­ment visa­nt à éta­b­lir des règles har­mo­ni­sées en matiè­re d’in­tel­li­gence arti­fi­ci­el­le (appelée “AI Act”). Actu­el­le­ment, l’ ”AI Act” de l’UE en est enco­re au sta­de du pro­ce­s­sus légis­la­tif et divers points con­cer­nant la for­me con­crè­te de l’or­don­nan­ce sont enco­re en sus­pens. Le Con­seil fédé­ral s’at­tend à ce que ces travaux soi­ent ache­vés d’i­ci fin 2023 ou début 2024.

Dans le domaine de la numé­ri­sa­ti­on, la Sui­s­se pour­su­it, com­me l’UE, une poli­tique visa­nt à per­mett­re l’ex­plo­ita­ti­on du poten­tiel éco­no­mi­que et social des tech­no­lo­gies tout en respec­tant les droits indi­vi­du­els. Une poli­tique auto­no­me L’ad­ap­t­ati­on du cad­re juri­di­que sui­s­se à l’ ”AI Act” néces­si­te une ana­ly­se détail­lée des con­sé­quen­ces pour la Sui­s­se et une pesée appro­fon­die des inté­rêts. Une tel­le ana­ly­se ne peut avoir lieu qu’a­près la fin des acti­vi­tés légis­la­ti­ves et sur la base du tex­te finalisé.

Il faut en out­re tenir comp­te du fait qu’out­re le “AI Act”, d’aut­res déve­lo­p­pe­ments régle­men­tai­res con­cer­nant l’IA sont en cours. La Sui­s­se défend au mieux ses inté­rêts et ses valeurs dans ces acti­vi­tés. Les négo­cia­ti­ons au sein du Con­seil de l’Eu­ro­pe en vue d’un pre­mier accord inter­na­tio­nal con­traignant sur l’IA sont par­ti­cu­liè­re­ment importan­tes pour la Sui­s­se. La Sui­s­se est acti­ve­ment impli­quée dans ce pro­ce­s­sus, dans lequel des pays lea­ders dans le domaine de l’IA com­me les Etats-Unis, le Japon ou Israël par­ti­ci­pent éga­le­ment aux négo­cia­ti­ons. Le Con­seil fédé­ral part actu­el­le­ment du prin­ci­pe que les négo­cia­ti­ons au sein du Con­seil de l’Eu­ro­pe pour­ront être con­clues au prin­temps 2024. En cas de rati­fi­ca­ti­on par la Sui­s­se de l’ac­cord négo­cié, la Sui­s­se serait ensuite tenue de le mett­re en œuvre au niveau national.

L’ ”AI Act” et la con­ven­ti­on du Con­seil de l’Eu­ro­pe sur l’IA ne seront donc pas dis­po­ni­bles avant début 2024 au plus tôt. Le Con­seil fédé­ral ne pour­ra éva­luer l’im­pact de ces deux régle­men­ta­ti­ons euro­pé­en­nes sur la Sui­s­se que lorsque les résul­tats de ces pro­ce­s­sus seront con­nus sont

En con­sé­quence, le Con­seil fédé­ral a déjà indi­qué dans sa répon­se à la Postu­lat Dobler (23.3201) a lais­sé ent­re­voir qu’il éla­bo­rerait un état des lieux poli­tique dans le cad­re des orga­nes exi­stants de l’ad­mi­ni­stra­ti­on fédé­ra­le (notam­ment le grou­pe inter­dé­par­te­men­tal de coor­di­na­ti­on de la poli­tique numé­ri­que de l’UE, la pla­te­for­me tri­par­ti­te, le moni­to­ring des lignes direc­tri­ces de l’IA par la Con­fé­dé­ra­ti­on ain­si que le réseau de com­pé­ten­ces en intel­li­gence arti­fi­ci­el­le de l’OFS (CNAI)) et en impli­quant tous les ser­vices fédé­raux respons­ables des domain­es juri­di­ques con­cer­nés, et qu’il met­trait en évi­dence, d’i­ci fin 2024, les mesu­res à prend­re ain­si que les opti­ons pos­si­bles pour des mesu­res sec­to­ri­el­les et, si néces­saire, horizontales.