Ven­te à emporter (AI)
  • Le Con­seil fédé­ral ne voit pas de men­ace pour la sou­ve­rai­ne­té sui­s­se dans le RGPD, bien que son champ d’ap­pli­ca­ti­on pui­s­se s’é­tendre aux respons­ables de trai­te­ment étab­lis en Suisse.
  • Le Con­seil fédé­ral sou­ti­ent une col­la­bo­ra­ti­on effi­cace avec l’UE et est prêt à ent­amer en temps vou­lu des ent­re­ti­ens explo­ra­toires pour coor­don­ner la sur­veil­lan­ce de la pro­tec­tion des données.

La CN Doris Fia­la a fait une décla­ra­ti­on dans la Moti­on 16.3752 (“Cont­re les dou­blons dans la pro­tec­tion des don­nées”) pro­po­se de char­ger le Con­seil fédéral

[…] dans la per­spec­ti­ve de la révi­si­on de la loi fédé­ra­le sur la pro­tec­tion des don­nées (LPD) et de l’en­trée en vigueur du règle­ment géné­ral sur la pro­tec­tion des don­nées de l’UE, de recher­cher avec l’UE un accord sur la coor­di­na­ti­on de l’ap­pli­ca­ti­on du droit de la pro­tec­tion des don­nées en vigueur par les auto­ri­tés de pro­tec­tion des don­nées com­pé­ten­tes et de mener des ent­re­ti­ens explo­ra­toires à ce sujet, dans le but de résoud­re les pro­blè­mes résul­tant de l’ab­sence de déli­mi­ta­ti­on ter­ri­to­ria­le de la com­pé­tence en matiè­re de sur­veil­lan­ce en cas d’ap­pli­ca­ti­on par­al­lè­le du RGPD et de la LPD pour l’é­co­no­mie et les auto­ri­tés de sur­veil­lan­ce de la Sui­s­se et de l’UE.

Nous avons en fait état. Le Con­seil fédé­ral pro­po­se main­tenant d’ac­cep­ter la moti­on, bien qu’il ne soit pas d’a­vis que la déli­mi­ta­ti­on ter­ri­to­ria­le de la com­pé­tence en matiè­re de sur­veil­lan­ce pose pro­blè­me. Le 9.11.16, il a décla­ré ce qui suit à ce sujet a pris posi­ti­on:

Le règle­ment (UE) 2016/679 rela­tif à la pro­tec­tion des per­son­nes phy­si­ques à l’é­gard du trai­te­ment des don­nées à carac­tère per­son­nel et à la lib­re cir­cula­ti­on de ces don­nées s’ap­pli­que au trai­te­ment des don­nées dans le cad­re des acti­vi­tés des respons­ables du trai­te­ment ou des sous-trai­tants étab­lis dans l’UE. Ceci indé­pen­dam­ment du fait que le trai­te­ment ait lieu à l’in­té­ri­eur ou à l’ex­té­ri­eur de l’UE. Dans les cas visés à l’ar­tic­le 3, para­gra­phe 2, le règle­ment s’ap­pli­que éga­le­ment, lorsque des respons­ables du trai­te­ment ou des sous-trai­tants non étab­lis dans l’UE trai­tent des don­nées de per­son­nes con­cer­néesqui se trou­vent dans l’UE. Le champ d’ap­pli­ca­ti­on du règle­ment et les com­pé­ten­ces des auto­ri­tés de con­trô­le de l’UE peu­vent donc effec­ti­ve­ment s’é­tendre aux respons­ables du trai­te­ment. s’é­ten­dent aux per­son­nes éta­b­lies en Sui­s­seLe règle­ment pré­voit que les auto­ri­tés de con­trô­le de l’UE peu­vent inter­ve­nir en cas de trai­te­ment de don­nées per­son­nel­les de per­son­nes se trou­vant sur le ter­ri­toire de l’UE. Cela ne signi­fie pas pour autant que les auto­ri­tés de con­trô­le euro­pé­en­nes peu­vent inter­ve­nir sur le ter­ri­toire sui­s­se (voir notam­ment l’art. 55 du règle­ment, qui pré­voit que chaque auto­ri­té de con­trô­le est com­pé­ten­te pour exer­cer les pou­voirs qui lui sont con­fé­rés sur le ter­ri­toire de son pro­pre État membre). Le Con­seil fédé­ral ne con­clut donc pas, com­me l’au­teur de la moti­on, que le règle­ment (UE) 2016/679 por­te att­ein­te à la sou­ve­rai­ne­té de la Sui­s­se.. En revan­che, il est éga­le­ment d’a­vis qu’u­ne coopé­ra­ti­on effi­cace en vue d’u­ne bon­ne mise en œuvre des légis­la­ti­ons respec­ti­ves à l’è­re du numé­ri­que serait dans l’in­té­rêt tant des auto­ri­tés sui­s­ses que des auto­ri­tés de l’UE. C’est pour­quoi le Con­seil fédé­ral est prêt, le moment venu, à ent­amer des dis­cus­sions explo­ra­toires avec l’UEcom­me le deman­de la moti­on. Par ail­leurs, con­for­mé­ment au con­sidé­rant 116 du règle­ment (UE) 2016/679, la Com­mis­si­on et les auto­ri­tés de con­trô­le de l’UE sont tenues de coopé­rer avec les auto­ri­tés de con­trô­le des pays tiers. Cela pour­rait con­sti­tuer une base pour la suite de l’ac­tion de la Suisse.