Ven­te à emporter (AI)
  • Le Con­seil fédé­ral doit cré­er ou adap­ter des dis­po­si­ti­ons léga­les pour la pro­tec­tion cont­re la dis­cri­mi­na­ti­on par des pro­cé­du­res de décis­i­on par­ti­el­le­ment ou entiè­re­ment automatisées.
  • La dis­cri­mi­na­ti­on peut être direc­te ou indi­rec­te (via pro­xy) et con­cer­ne de nombreu­ses per­son­nes en rai­son des effets d’échelle.
  • En fonc­tion du ris­que, il con­vi­ent de pré­voir des obli­ga­ti­ons de trans­pa­rence et de dili­gence rai­sonnable appro­priées ain­si que des éva­lua­tions d’impact.
  • L’ap­pli­ca­ti­on de la loi doit être garan­tie ; les pro­blè­mes de preuve liés à l’IA “boîte noi­re” doi­vent être abor­dés et inté­g­rés dans les pro­ce­s­sus législatifs.

Moti­on Glätt­li (24.3795) : Pro­tec­tion cont­re la dis­cri­mi­na­ti­on dans l’uti­li­sa­ti­on de l’IA et des algorithmes

Tex­te soumis

Le Con­seil fédé­ral est char­gé de cré­er ou d’ad­ap­ter les dis­po­si­ti­ons léga­les afin d’assurer une pro­tec­tion adé­qua­te cont­re la dis­cri­mi­na­ti­on résul­tant de pro­ce­s­sus décis­i­on­nels par­ti­el­le­ment ou entiè­re­ment automatisés.

Justi­fi­ca­ti­on

Il est recon­nu que l’un des plus grands ris­ques des pro­cé­du­res de décis­i­on entiè­re­ment ou par­ti­el­le­ment auto­ma­ti­sées rési­de dans la dis­cri­mi­na­ti­on. Cela a des con­sé­quen­ces importan­tes, par exemp­le, dans l’at­tri­bu­ti­on d’un loge­ment, le cal­cul des pri­mes d’assu­rance et de la sol­va­bi­li­té ou le trai­te­ment des can­di­da­tures à un emploi.

Mais mal­heu­reu­se­ment, le pro­tec­tion géné­ra­le cont­re la dis­cri­mi­na­ti­on de l’art. 8, al. 2, Cst. (qui, en rela­ti­on avec l’art. 35, al. 3, Cst., dev­rait éga­le­ment s’ap­pli­quer ent­re les par­ti­cu­liers) aujour­d’hui n’est pas con­cré­ti­sée dans la loi. Ceci doit être modi­fié. Dans le cas de pro­cé­du­res de décis­i­on (par­ti­el­le­ment) auto­ma­ti­sées, il faut notam­ment tenir comp­te du fait que les dis­cri­mi­na­ti­ons peu­vent être non seu­le­ment direc­tes, mais aus­si indi­rec­tes (via pro­xy), et qu’en rai­son de l’ef­fet d’é­chel­le, de très nombreu­ses per­son­nes peu­vent être con­cer­nées. Selon le ris­que de l’ap­pli­ca­ti­on, il faut donc aus­si des obli­ga­ti­ons de trans­pa­rence et de dili­gence rai­sonnable, y com­pris des éva­lua­tions d’im­pact.

Enfin, l’ap­pli­ca­ti­on du droit doit fai­re l’ob­jet d’u­ne atten­ti­on par­ti­cu­liè­re. Cel­le-ci ne doit pas échou­er par­ce qu’il est très dif­fi­ci­le, voi­re tech­ni­quement impos­si­ble, d’ap­por­ter des preu­ves indi­vi­du­el­les, sur­tout dans le cas d’ap­pli­ca­ti­ons d’IA sans méca­nis­me de décis­i­on trans­pa­rent et uni­vo­que (pro­blé­ma­tique de la boîte noi­re). Dans son man­dat du 22 novembre 2023, le Con­seil fédé­ral dres­se déjà un état des lieux inter­dé­par­te­men­tal de la régle­men­ta­ti­on de l’IA. La pro­tec­tion cont­re la dis­cri­mi­na­ti­on deman­dée ici peut, le cas échéant, être inté­g­rée dans les pro­cé­du­res légis­la­ti­ves qui sui­v­ront et, si pos­si­ble et judi­cieux, être har­mo­ni­sée avec les régle­men­ta­ti­ons internationales.