Ven­te à emporter (AI)
  • La moti­on Gös­si deman­de une pro­tec­tion tech­no­lo­gi­quement neu­tre des œuvres pro­té­gées par le droit d’au­teur cont­re les abus de l’IA tout en pré­ser­vant l’in­no­va­ti­on et la compétitivité.
  • La CSEC‑N et le Con­seil natio­nal ont adop­té une ver­si­on modi­fi­ée : une pro­tec­tion com­plè­te est sou­hai­tée, mais ouver­te à la con­nec­ti­vi­té inter­na­tio­na­le et à diver­ses solutions.
  • La dis­cus­sion met l’ac­cent sur les modè­les de licence opt-out/­coll­ec­tifs, l’é­qui­lib­re ent­re la pro­tec­tion des indu­stries créa­ti­ves et la pré­ven­ti­on des obs­ta­cles à l’innovation.

SR Petra Gös­si a quit­té ses fonc­tions le 20 décembre 2024. Moti­on 24.4596 : Mieux pro­té­ger la pro­prié­té intellec­tu­el­le cont­re les abus de l’IA a été dépo­sée. En février de cet­te année, le Con­seil fédé­ral a pro­po­sé d’ac­cep­ter la motion.

La moti­on aurait mani­fe­stem­ent des con­sé­quen­ces importan­tes, ce que Mar­tin Stei­ger, ent­re aut­res, a souli­g­né dans sa Blog et dans le Ent­re­ti­en avec David Rosen­thal ce der­nier éga­le­ment dans un artic­le de blog détail­lé et Prof. Sala­thé sur Lin­ke­dIn. Les asso­cia­ti­ons cul­tu­rel­les et les cinq socié­tés de gesti­on sui­s­ses ont expri­mé leur sou­ti­en (Swis­s­cul­tu­re, Sui­sa). Elle n’est cer­tai­ne­ment pas seu­le­ment une cla­ri­fi­ca­ti­on, com­me elle le dit de maniè­re quel­que peu trom­peu­se. Mais elle est sur­tout une inter­pel­la­ti­on dans le débat plus lar­ge sur le trai­te­ment des œuvres dis­po­ni­bles publi­quement, qui est éga­le­ment mené de maniè­re inten­si­ve en Suisse.

Adop­ti­on au Con­seil des Etats (20.3.2025)

Tout d’a­bord, le 20 mars 2025, le Con­seil des États a adop­té la moti­on après un bref débat et sans cont­re-pro­jet. accep­té:

Gös­si a tout d’a­bord justi­fié la motion :

[…] L’ob­jec­tif de la moti­on est d’a­mé­lio­rer not­re Force d’in­no­va­ti­on en trou­vant un juste équi­lib­re ent­re les inté­rêts d’un titu­lai­re de droits de pro­prié­té intellec­tu­el­le d’u­ne part et ceux des four­nis­seurs d’IA d’aut­re part. […] […] L’in­té­gra­ti­on des don­nées est com­bi­née avec l’app­ren­tis­sa­ge auto­ma­tique. C’est pour­quoi la Moti­on est d’u­ne importance exi­sten­ti­el­le non seu­le­ment pour le sec­teur des médi­as, mais aus­si pour celui du ciné­ma, de la musi­que ou de la littérature. […]

La solu­ti­on doit être neu­tre sur le plan tech­no­lo­gi­que. […] [La moti­on] vise uni­quement à obte­nir une cla­ri­fi­ca­ti­on dans le sens de la neu­tra­li­té tech­no­lo­gi­que et, le cas échéant, une mise à jour de la pro­tec­tion du droit d’au­teur pour les nou­veaux cas d’utilisation. […]

SR Chas­sot (au cent­re) s’est ral­lié à la moti­on (ori­gi­nal en français) :

Le droit d’au­teur est l’un des piliers de tou­te éco­no­mie libé­ra­le, car il garan­tit la pro­prié­té, dans not­re cas la pro­prié­té intellec­tu­el­le. Par cet­te garan­tie, le droit d’au­teur assu­re un inté­rêt éco­no­mi­que à la créa­ti­on artistique […]. 

La deman­de […] s’ap­pli­que aux con­te­nus jour­na­li­sti­ques ain­si qu’à tou­tes les œuvres et pre­sta­ti­ons pro­té­gées par le droit d’au­teur. Cela con­cer­ne par exemp­le les œuvres lit­té­rai­res, sci­en­ti­fi­ques ou musi­cal­es […]. Pour la mise en œuvre de cet­te deman­de […] il serait […] judi­cieux de s’in­spi­rer des règles qui sont actu­el­le­ment déve­lo­p­pées à l’étran­ger […]. […] Un regard sur l’Al­le­ma­gne me sem­ble appro­prié, car ce pays, com­me d’aut­res, étu­die la pos­si­bi­li­té pour les titu­lai­res de droits de Cré­er des licen­ces que les opé­ra­teurs de modè­les géné­ra­tifs d’in­tel­li­gence arti­fi­ci­el­le peu­vent acquérir. Un tel système per­met­trait notam­ment de pré­ser­ver la valeur cré­ée par le droit d’au­teur tout en explo­itant plei­ne­ment le poten­tiel de l’in­tel­li­gence arti­fi­ci­el­le ; cela me sem­ble être une solu­ti­on équitable.

CE Stark (UDC) :

[…] L’aspect posi­tif de cet­te for­mu­la­ti­on est qu’el­le per­met de tou­te l’é­co­no­mie créa­ti­ve est impli­qué […]. L’aspect néga­tif est que les con­te­nus jour­na­li­sti­ques sont pla­cés au cent­re et qu’il y a donc une sor­te de prio­ri­sa­ti­on. […] J’ai­merais donc invi­ter le Con­seil fédé­ral à prend­re en comp­te, lors de la mise en œuvre de la moti­on, les inté­rêts légiti­mes de l’en­sem­ble des indu­stries créa­ti­ves sui­s­ses dans leur ensem­ble et de maniè­re éga­le, c’est-à-dire les inté­rêts des bran­ches de la lit­té­ra­tu­re, des médi­as, du ciné­ma, de la musi­que, des jeux, etc. […]

En sou­tenant la moti­on Gös­si, le Con­seil fédé­ral répond aux pré­oc­cu­pa­ti­ons que j’ai expri­mées dans mon rap­port. Inter­pel­la­ti­on 24.3839Régle­men­ta­ti­on de l’IA. Les indu­stries créa­ti­ves sui­s­ses dépen­dent de l’ap­pli­ca­ti­on du droit d’auteur”. […]

Dis­cus­sion pré­alable à la CSEC‑N (5.9.2025)

La Com­mis­si­on de la sci­ence, de l’é­du­ca­ti­on et de la cul­tu­re du Con­seil natio­nal (CSEC‑N) a ensuite pro­cé­dé à l’ex­amen pré­alable de la moti­on le 5 sep­tembre 2025 (Rap­port de la com­mis­si­on). Elle deman­de la modi­fi­ca­ti­on sui­van­te de la demande :

Le Con­seil fédé­ral est char­gé de cré­er les con­di­ti­ons néces­saires pour que les con­te­nus jour­na­li­sti­ques et les aut­res œuvres et pre­sta­ti­ons cou­ver­tes par le droit d’au­teur pui­s­sent, lorsqu’ils sont uti­li­sés par des four­nis­seurs d’IA une pro­tec­tion com­plè­te. Il faut s’assurer que le site éco­no­mi­que et d’in­no­va­ti­on qu’est la Sui­s­se n’est pas affai­blie ou désa­van­ta­gée par rap­port à la con­cur­rence inter­na­tio­na­le en ce qui con­cer­ne la recher­che, le déve­lo­p­pe­ment et la com­mer­cia­li­sa­ti­on de l’IA sera.

Cet­te modi­fi­ca­ti­on dev­rait vider la moti­on de sa sub­stance. La pro­tec­tion “glo­ba­le” qui reste deman­dée ne dit rien en soi. En revan­che, l’in­no­va­ti­on ne doit pas être affai­blie. La CSEC‑N était appa­rem­ment d’a­vis que la moti­on Gös­si exi­ge­ait une pro­tec­tion du con­te­nu ou de l’in­for­ma­ti­on – une inter­pré­ta­ti­on poli­ti­quement moti­vée. La moti­on deman­de plutôt la pro­tec­tion de “pre­sta­ti­ons créa­ti­ves ori­gi­na­les”, ce qui doit être com­pris com­me un ren­voi juri­di­que à la pro­tec­tion par le droit d’auteur.

En tout état de cau­se, la CPS‑N moti­ve sa deman­de com­me suit :

[…] Lors de l’au­di­tion, il a été con­fir­mé que le le droit d’au­teur ne pro­tège pas l’in­for­ma­ti­on ou le con­te­nu en tant que telsmais exclu­si­ve­ment leur for­me. En out­re, il est appa­ru clai­re­ment que les systè­mes d’IA s’in­té­res­sent en pre­mier lieu à l’in­for­ma­ti­on – qui n’est pas cou­ver­te par le droit d’au­teur – et non à sa forme.
[…] Une appro­che basée sur une solu­ti­on coll­ec­ti­ve avec une la par­ti­ci­pa­ti­on auto­ma­tique et la pos­si­bi­li­té d’opt-out.est con­sidé­ré com­me le plus pro­met­teur. Mais cer­tai­nes réser­ves sub­si­stent, notam­ment en ce qui con­cer­ne la par­ti­ci­pa­ti­on éven­tu­el­le des socié­tés de gesti­on coll­ec­ti­ve à un tel mécanisme.
La Com­mis­si­on recon­naît donc qu’en ce qui con­cer­ne la pro­tec­tion de la pro­prié­té intellec­tu­el­le cont­re les abus de l’in­tel­li­gence arti­fi­ci­el­le (IA) Néces­si­té d’a­gir c’est pour­quoi elle sou­ti­ent l’ob­jet de la moti­on. Elle con­sidè­re qu’il est tout aus­si important que la Sui­s­se main­ti­en­ne les con­di­ti­ons néces­saires au main­ti­en de la com­pé­ti­ti­vi­té de sa place éco­no­mi­que et de sa force d’in­no­va­ti­on, mais esti­me que la moti­on, dans sa ver­si­on initia­le, rest­reint trop la mar­ge de manœu­vre. Elle sou­hai­te que d’aut­res solu­ti­ons soi­ent exami­nées, afin de per­mett­re une adap­t­ati­on aux évo­lu­ti­ons futures et de garan­tir que l’appro­che sui­s­se soit cohé­ren­te avec les efforts de régle­men­ta­ti­on d’aut­res Etats et de l’UE. Elle a donc déci­dé, par 18 voix cont­re 6 et 1 abst­en­ti­on, de pro­po­ser à son con­seil d’ad­op­ter la moti­on dans une ver­si­on modi­fi­ée. […]

La mino­ri­té pro­po­se de rejeter la motion.

Adop­ti­on au CN (16.9.25)

Le Con­seil natio­nal a débat­tu de la moti­on le 16 sep­tembre 2025 et l’a adop­tée à la majo­ri­té des deux tiers dans la ver­si­on modi­fi­ée par la CSEC‑N. Le Con­seil des Etats a adop­té la moti­on à la majo­ri­té des deux tiers.

Tout d’a­bord, il justi­fie NR Christ (GLP) a reje­té la pro­po­si­ti­on de la Com­mis­si­on avec une distinc­tion inté­res­s­an­te ent­re la jouis­sance de l’œu­vre par l’hom­me et par la machine :

[…] les systè­mes d’IA absor­bent en gran­de quan­ti­té et à gran­de vites­se des con­te­nus jour­na­li­sti­ques et aut­res con­te­nus pro­té­gés, les trai­tent et les exploi­tent dans leurs pro­pres répon­ses. En prin­ci­pe, ce pro­ce­s­sus ne dif­fè­re pas de ce que les humains font depuis tou­jours : Nous lisons, app­re­nons, nous nous lais­sons inspi­rer et cré­ons de nou­vel­les cho­ses à par­tir de là. Le droit d’au­teur l’au­to­ri­se sans con­te­ste. Ce qui pose pro­blè­me, c’est que l’IA peut le fai­re dans une mesu­re incon­nue jus­qu’à pré­sent et en une frac­tion de secon­de. C’est pré­cis­é­ment cet­te vites­se et cet­te mas­se qui ent­raî­nent des décala­ges éco­no­mi­ques et la men­ace d’u­ne défail­lan­ce du mar­ché.La créa­ti­on de con­te­nu humain devi­ent de moins en moins rentable.

La for­mu­la­ti­on initia­le de la moti­on aurait ent­raî­né des inci­ta­ti­ons mas­si­ves et erro­n­ées. Elle a exi­gé une obli­ga­ti­on de con­sen­te­ment pré­alable pour tou­te uti­li­sa­ti­on de con­te­nus par l’IA et la sup­pres­si­on de tou­tes les rest­ric­tions au droit d’au­teur.. Un prin­ci­pe cen­tral de not­re droit aurait ain­si été affai­b­li : C’est la for­me d’ex­pres­si­on indi­vi­du­el­le qui est pro­té­gée, pas l’in­for­ma­ti­on elle-même. En out­re, il con­vi­ent de noter que Les modè­les d’IA ne repro­dui­sent pas les con­te­nus, mais génè­rent du nou­veau à par­tir de modè­les. On peut donc se deman­der si l’en­traî­ne­ment con­sti­tue une uti­li­sa­ti­on rele­vant du droit d’au­teur. Une obli­ga­ti­on de con­sen­te­ment dès l’uti­li­sa­ti­on des infor­ma­ti­ons aurait brouil­lé la fron­tiè­re ent­re la for­me pro­té­gée et le con­te­nu libre­ment uti­li­sable et aurait créé une gran­de insé­cu­ri­té juri­di­que. Une tel­le solu­ti­on aurait en out­re été pra­ti­quement impos­si­ble à mett­re en œuvre, étant don­né que les modè­les glo­baux sont ent­raî­nés sur des mil­li­ards de contenus.

Dans les faits, cela aurait équiva­lu à une inter­dic­tionLa Sui­s­se n’est pas en mesu­re d’im­po­ser une tel­le poli­tique, avec des con­sé­quen­ces gra­ves pour la recher­che, l’in­no­va­ti­on et la capa­ci­té de con­ne­xi­on inter­na­tio­na­le. Aucun pays au mon­de ne suit une ligne aus­si rest­ric­ti­ve […]. Cer­tes, il faut une solu­ti­on d’opt-out con­traignan­te qui cla­ri­fie la volon­té des titu­lai­res de droits. Mais un tel instru­ment dev­rait peut-être même être réglé dans le droit pénal ou dans les nor­mes d’exé­cu­ti­on plutôt qu’au cœur du droit d’au­teur. Mais même si les blo­ca­ges étai­ent respec­tés et l’ap­pli­ca­ti­on amé­lio­rée, le pro­blè­me éco­no­mi­que fon­da­men­tal sub­si­sterait. L’IA se sub­sti­tue aux con­te­nus et met en péril leur refinancement.

Le véri­ta­ble ris­que est une défail­lan­ce du marché […]. 

La mis­si­on reste la même. Mais le fait d’a­bor­der le pro­blè­me est désor­mais déli­bé­ré­ment for­mulé de maniè­re ouver­te, pour que des solu­ti­ons pui­s­sent être déve­lo­p­pées à dif­fér­ents niveaux. La Com­mis­si­on sou­hai­te en out­re qu’il soit clai­re­ment éta­b­li que l’uti­li­sa­ti­on par les four­nis­seurs d’IA con­cer­ne tou­te uti­li­sa­ti­on de l’œu­vre dans le con­tex­te de l’IA, aus­si bien à des fins de for­ma­ti­on que d’ap­pli­ca­ti­on. Sur cet­te base, la Com­mis­si­on attend une mise en œuvre qui soit com­pa­ti­ble au niveau inter­na­tio­nal et qui tien­ne comp­te à la fois de la pro­tec­tion et de l’in­no­va­ti­on. Les solu­ti­ons peu­vent être diver­ses, par exemp­le, des nor­mes tech­ni­ques tel­les que des méca­nis­mes d’opt-out lisi­bles par machi­ne, des obli­ga­ti­ons de trans­pa­rence et d’in­for­ma­ti­on pour les four­nis­seurs de modè­les, des modè­les de licence ou d’aut­res modè­les de rému­n­é­ra­ti­on coll­ec­tifs ou légaux, ain­si que des instru­ments d’exé­cu­ti­on et de sur­veil­lan­ceIl faut donc trou­ver des solu­ti­ons. Les pré­oc­cu­pa­ti­ons des médi­as et des indu­stries créa­ti­ves sont à prend­re au sérieux, mais les solu­ti­ons doi­vent être effi­caces, pro­por­ti­onnées et com­pa­ti­bles au niveau international.

[…]

NR Revaz (PS ; future pré­si­den­te de Suis­se­cul­tu­re ; éga­le­ment pour la Com­mis­si­on(l’o­ri­gi­nal est en français) :

[…] L’in­tel­li­gence arti­fi­ci­el­le ne crée rien de nou­veau. […] Ce qu’el­le pro­duit reste une syn­thè­se du pas­sé sans véri­ta­ble impul­si­on créa­ti­ve. […] La majo­ri­té de la com­mis­si­on souli­gne l’im­portance de pré­ser­ver les con­di­ti­ons néces­saires à la créa­ti­on humaine, que ce soit dans le domaine arti­stique ou journalistique.

Par­al­lè­le­ment, la Com­mis­si­on souli­gne la néces­si­té de main­te­nir la com­pé­ti­ti­vi­té de la place éco­no­mi­que sui­s­se et de pro­mou­voir l’in­no­va­ti­on. […] […] Lorsqu’u­ne œuvre pro­té­gée est effec­ti­ve­ment uti­li­sée, que ce soit à des fins de for­ma­ti­on, de pro­duc­tion direc­te ou pour tou­te aut­re rai­son, le droit d’au­teur doit pou­voir s’ap­pli­quer. Un solu­ti­on coll­ec­ti­ve basée sur un système d’ad­hé­si­on auto­ma­tique avec pos­si­bi­li­té de “opt-out”. a été citée com­me une appro­che prometteuse. […] […]

NR Riem (UDC), pour les Mino­ri­té:

[…] Pre­miè­re­ment, c’est trop tôt pour une régle­men­ta­ti­on détail­lée. Le Con­seil fédé­ral tra­vail­le déjà sur une stra­té­gie glo­ba­le en matiè­re d’in­tel­li­gence arti­fi­ci­el­le, qui dev­rait être dis­po­ni­ble en 2026. […] Deu­xiè­me­ment : une régle­men­ta­ti­on trop pré­co­ce frei­ne l’in­no­va­ti­on. […] Même avec des déro­ga­ti­ons pour la recher­che, le trans­fert vers l’é­co­no­mie serait blo­qué. […] Nous saluons donc l’ad­ap­t­ati­on de la CSC qui per­met une voie ouver­te, mais expri­mons tou­jours des réser­ves très clai­res à ce sujet. Troi­siè­me­ment : Les instru­ments exi­stants fonc­tion­nentIl est dif­fi­ci­le d’im­po­ser de nou­veaux instru­ments. […] […] Je vous deman­de donc de sou­te­nir la mino­ri­té de rejet et de per­mett­re ain­si un examen minutieux.

BR Jans:

Le 12 février der­nier, le Con­seil fédé­ral a déci­dé d’éva­luer de maniè­re sec­to­ri­el­le le beso­in de régle­men­ta­ti­on dans le domaine de l’in­tel­li­gence arti­fi­ci­el­le. L’un de ces sec­teurs est le droit d’au­teur. Les systè­mes d’IA sont sou­vent avec des œuvres pro­té­gées par le droit d’au­teur, et ces mêmes systè­mes d’IA cré­ent ensuite des con­te­nus qui con­cur­ren­cent les œuvres avec les­quel­les ils ont été for­més. Ce n’est pas cor­rectLes droits d’au­teur ne sont pas un luxe, sur­tout si les cré­a­teurs ne sont pas rému­n­é­rés pour l’uti­li­sa­ti­on de leurs œuvres. […] 

Le Con­seil fédé­ral vous pro­po­se d’ac­cep­ter la moti­on. Les rai­sons en sont les sui­van­tes : La moti­on veut que lors de l’uti­li­sa­ti­on d’ap­pli­ca­ti­ons et de résul­tats de l’IA les droits d’au­teur doi­vent être respec­tés. Elle reprend ain­si une reven­dica­ti­on essen­ti­el­le des indu­stries créa­ti­ves. Le Con­seil fédé­ral entend mett­re en œuvre cet­te deman­de. Mais pour le Con­seil fédé­ral, il est éga­le­ment clair, d’u­ne part, que les droits des cré­a­teurs cul­tu­rels et créa­tifs ne doi­vent pas être com­plè­te­ment vidés de leur sub­stance en appli­quant les excep­ti­ons pré­vues dans la loi pour l’uti­li­sa­ti­on de l’IA. D’aut­re part, il ne veut pas non plus rest­reind­re inu­tile­ment la Sui­s­se en tant que pôle de recher­che, de sci­ence et d’in­no­va­ti­on. C’est pour­quoi nous devons d’a­bord exami­ner de près l’en­sem­ble des excep­ti­ons.Je pen­se qu’il est important de main­te­nir un système équi­li­bré. Il est éga­le­ment important pour moi qu’un éven­tuel déve­lo­p­pe­ment du droit d’au­teur ne se fas­se pas de maniè­re iso­lée. Nous devrons éga­le­ment tenir comp­te des dis­cus­sions en cours dans d’aut­res pays, notam­ment dans l’UE et aux États-Unis. Je suis per­sua­dé que nous trou­ve­rons une solu­ti­on qui appor­te­ra la sécu­ri­té néces­saire aux cré­a­teurs cul­tu­rels et créa­tifs, tout en tenant comp­te des inté­rêts légiti­mes de l’é­co­no­mie numé­ri­que et du pôle de recher­che, de sci­ence et d’in­no­va­ti­on suisse.

Vot­re com­mis­si­on con­sul­ta­ti­ve sou­met main­tenant une pro­po­si­ti­on d’a­men­de­ment, car elle esti­me que la moti­on est trop détail­lée et qu’el­le anti­ci­pe des décis­i­ons qui doi­vent enco­re être exami­nées de maniè­re appro­fon­die. Même si le Con­seil fédé­ral recom­man­de d’ac­cep­ter la moti­on, la moti­on modi­fi­ée ouvre éga­le­ment la voie à une adap­t­ati­on judi­cieu­se du droit d’au­teur, et le Con­seil fédé­ral peut très bien s’ac­com­mo­der de cet­te vari­an­te.. L’a­men­de­ment don­ne à l’ad­mi­ni­stra­ti­on la mar­ge de manœu­vre néces­saire pour la mise en œuvre. Une solu­ti­on pour­rait con­si­ster à per­mett­re aux auteurs d’ex­ploi­ter leurs œuvres éga­le­ment dans le con­tex­te de l’IA et à amé­na­ger cet­te explo­ita­ti­on de maniè­re à ne pas ent­ra­ver le déve­lo­p­pe­ment tech­no­lo­gi­que en Suisse.