Ven­te à emporter (AI)
  • La noti­on de dépôt dans la LB et l’OB doit être déli­mi­tée en fonc­tion des ris­ques et clai­re­ment défi­nie afin d’é­vi­ter une qua­li­fi­ca­ti­on ban­cai­re inutile.
  • L’in­ter­pré­ta­ti­on lar­ge qu’en fait actu­el­le­ment la FINMA ent­ra­ve les start-ups de la block­chain et empêche les examens de l’in­no­va­ti­on et du mar­ché des nou­veaux modè­les commerciaux.
  • Seuls les modè­les d’af­fai­res com­portant des ris­ques ban­cai­res typi­ques (p. ex. opé­ra­ti­ons d’in­té­rêts) doi­vent être cou­verts ; la con­ser­va­ti­on ou l’é­mis­si­on de mon­naies numé­ri­ques ne doi­vent pas être auto­ma­ti­quement des acti­vi­tés bancaires.

Moti­on Grü­ter (16.3472) : Déli­mi­ta­ti­on et défi­ni­ti­on de la noti­on de dépôt en fonc­tion des risques
Pas enco­re trai­té au Conseil 

Tex­te soumis

Le Con­seil fédé­ral est char­gé de déli­mi­ter et de défi­nir la noti­on de dépôt figu­rant à l’art. 1, al. 2, LB et à l’art. 2, let. a, OB en fonc­tion des ris­ques. L’in­ter­pré­ta­ti­on lar­ge qu’en don­ne actu­el­le­ment la Fin­ma ent­ra­ve les start-up inno­van­tes dans le domaine de la block­chain, dont les modè­les d’af­fai­res sont qua­li­fi­és d’ac­ti­vi­tés ban­cai­res, sans que l’i­dée de pro­tec­tion qui sous-tend la noti­on de dépôt ne l’exige.

Justi­fi­ca­ti­on

Pour l’a­ve­nir de la place finan­ciè­re sui­s­se, il est essen­tiel d’êt­re à la poin­te des der­niè­res évo­lu­ti­ons tech­no­lo­gi­ques. La block­chain est l’u­ne de ces tech­no­lo­gies, com­me l’a indi­qué le Con­seil fédé­ral dans son com­mu­ni­qué de pres­se du 20 avril 2016. Grâ­ce à leur histo­ri­que com­plet et non modi­fia­ble, les block­chains per­met­tent d’ap­por­ter une preuve irré­futa­ble des tran­sac­tions. De nombreu­ses tran­sac­tions pour­rai­ent ain­si être effec­tuées direc­te­ment ent­re deux par­ties con­trac­tan­tes, alors qu’el­les néces­si­taient jus­qu’à pré­sent l’in­ter­ven­ti­on d’un inter­mé­di­ai­re (p. ex. un pre­sta­tai­re de ser­vices de pai­ement). Cet­te tech­no­lo­gie recè­le un grand poten­tiel, qui ne pour­ra tou­te­fois être exploi­té que si les inno­va­tions cor­re­spond­an­tes peu­vent être testées sur le mar­ché. La Sui­s­se a la pos­si­bi­li­té de deve­nir un site lea­der mon­di­al pour les start-ups de la blockchain.

Une pra­tique qui y fait actu­el­le­ment obs­ta­cle est l’in­ter­pré­ta­ti­on lar­ge de la noti­on de dépôt selon la légis­la­ti­on ban­cai­re. Cel­le-ci a pour con­sé­quence que de nombreu­ses start-up dans le domaine de la block­chain sont inu­tile­ment qua­li­fi­ées de banques.

La noti­on de dépôt repo­se sur l’in­té­rêt de pro­té­ger les dépo­sants. Selon l’ap­pli­ca­ti­on actu­el­le de la noti­on, même les éta­blis­se­ments non ban­cai­res sont tenus de respec­ter des obli­ga­ti­ons de dili­gence éten­dues et des exi­gen­ces de fonds pro­pres de plu­sieurs mil­li­ons. Cet­te situa­ti­on n’est pas satis­fais­an­te pour les start­ups FinTech :

1. une licence ban­cai­re n’est pas néces­saire pour pro­té­ger le cli­ent des nou­veaux ser­vices ; et

2. aucu­ne jeu­ne start-up ne peut se per­mett­re d’ob­te­nir une licence bancaire.

La noti­on de dépôt doit être déli­mi­tée – notam­ment dans la per­spec­ti­ve de la “Licence ban­cai­re allé­gée” actu­el­le­ment en cours d’é­la­bo­ra­ti­on par la Fin­ma – de maniè­re à ne cou­vr­ir que les modè­les d’af­fai­res qui pré­sen­tent pour le cli­ent des ris­ques liés aux opé­ra­ti­ons ban­cai­res typi­ques (opé­ra­ti­ons d’in­té­rêts). L’ac­cep­t­ati­on de valeurs patri­mo­nia­les à des fins pré­dé­fi­nies et néces­si­tant une fai­ble pro­tec­tion – par exemp­le l’ac­cep­t­ati­on et la remi­se de mon­naies numé­ri­ques ou leur stocka­ge (con­ser­va­ti­on) par ana­lo­gie aux cof­f­res-forts – ne doit pas tom­ber sous le coup de la LB.