Ven­te à emporter (AI)
  • Le Con­seil fédé­ral doit pré­sen­ter une loi qui obli­ge les four­nis­seurs de pre­sta­ti­ons à tenir les dos­siers des pati­ents de maniè­re struc­tu­rée et élec­tro­ni­que et à éch­an­ger les don­nées per­ti­nen­tes par voie électronique.
  • La docu­men­ta­ti­on élec­tro­ni­que aug­men­te l’ef­fi­ca­ci­té, la qua­li­té et la sécu­ri­té des pati­ents, réduit les dou­blons, les err­eurs de médi­ca­ti­on et faci­li­te les rens­eig­ne­ments sur les patients.
  • La mise en œuvre s’ap­pu­ie sur des stra­té­gies natio­na­les (stra­té­gie San­té 2020, eHe­alth Sui­s­se 2.0) et sur la com­pé­tence can­to­na­le ain­si que sur des dis­po­si­ti­ons de révi­si­on de la LAMal.

Moti­on Hum­bel (18.3650) : Amé­lio­rer la sécu­ri­té des pati­ents grâ­ce à la docu­men­ta­ti­on élec­tro­ni­que et à l’é­ch­an­ge élec­tro­ni­que de don­nées médicales

Tex­te soumis

Le Con­seil fédé­ral est char­gé de sou­mett­re au Par­le­ment une base léga­le pré­voyant que les dos­siers médi­caux des pati­ents soi­ent gérés de maniè­re struc­tu­rée par voie élec­tro­ni­que et que les docu­ments importants pour le trai­te­ment, tels que les ordon­nan­ces, les trans­ferts et les rap­ports d’ex­amen, soi­ent trans­mis par voie élec­tro­ni­que sous une for­me structurée.

Justi­fi­ca­ti­on

Le rap­port du grou­pe d’ex­perts “Mesu­res de maîtri­se des coûts pour allé­ger l’assu­rance obli­ga­toire des soins” pré­voit, avec la mesu­re 38, la sup­pres­si­on du dou­ble volon­ta­ri­at con­cer­nant l’uti­li­sa­ti­on du dos­sier élec­tro­ni­que du pati­ent. Indé­pen­dam­ment du fait que le DEP devi­en­ne obli­ga­toire ou non pour les méde­cins, il doit être pos­si­ble pour les méde­cins d’uti­li­ser le DEP. l’ob­li­ga­ti­on pour les pre­sta­tai­res de ser­vices, de tenir des dos­siers de pati­ents sous for­me élec­tro­ni­que et d’é­ch­an­ger des don­nées per­ti­nen­tes pour le trai­te­ment sous for­me élec­tro­ni­que. Pour la codi­fi­ca­ti­on et la struc­tu­ra­ti­on, il con­vi­ent d’ap­pli­quer, dans la mesu­re du pos­si­ble, les nor­mes inter­na­tio­na­les en vigueur.

L’ob­li­ga­ti­on de tenir un dos­sier élec­tro­ni­que du pati­ent se réfè­re uni­quement à la tenue d’un dos­sier médi­cal élec­tro­ni­que dans un système dit pri­ma­i­re, com­me par exemp­le un système d’in­for­ma­ti­on de cabi­net médi­cal. Elle con­sti­tue la base d’u­ne pri­se en char­ge coor­don­née et crée la con­di­ti­on tech­ni­que pour la mise en réseau élec­tro­ni­que du sec­teur ambu­la­toire. Elle crée la pos­si­bi­li­té d’uti­li­ser le DEP.

Le pas­sa­ge de don­nées manu­scri­tes à des don­nées élec­tro­ni­ques aug­men­te l’ef­fi­ca­ci­té et la qua­li­té de la four­ni­tu­re de pre­sta­ti­ons, con­tri­bue à la sécu­ri­té des pati­ents et réduit les coûts. Les inef­fi­ca­ci­tés tel­les que la dou­ble sai­sie des mêmes don­nées, les deman­des de pré­cis­i­ons en cas d’é­cri­tu­re illi­si­ble ou les err­eurs de médi­ca­ti­on qui en résul­tent peu­vent être évi­tées. Le droit des pati­ents d’ob­te­nir une copie de leur dos­sier médi­cal peut éga­le­ment être garan­ti plus faci­le­ment. La mise en œuvre de la moti­on per­mettra d’att­eind­re l’ob­jec­tif du Con­seil fédé­ral de la stra­té­gie San­té 2020, à savoir évi­ter les err­eurs de médi­ca­ti­on et garan­tir la sécu­ri­té des patients.

Les dos­siers médi­caux élec­tro­ni­ques ain­si que l’é­ch­an­ge élec­tro­ni­que de don­nées importan­tes sur les pati­ents con­tri­buent à l’assu­rance qua­li­té, pre­scri­te par l’ar­tic­le 58 de la LAMal et ren­due obli­ga­toire par la révi­si­on de la LAMal “Qua­li­té et économicité”.

Avis du Con­seil fédé­ral du 5.9.18

Com­pa­ré à d’aut­res pays, le système de san­té sui­s­se n’est que peu numé­ri­sé. Cela con­cer­ne en par­ti­cu­lier le domaine médi­cal ambu­la­toire. Seuls 35% des cabi­nets médi­caux gèrent la docu­men­ta­ti­on des trai­te­ments de maniè­re entiè­re­ment élec­tro­ni­que. Cet­te situa­ti­on est pro­blé­ma­tique dans la mesu­re où la numé­ri­sa­ti­on dans l’en­vi­ron­ne­ment ambu­la­toire doit con­tri­buer à amé­lio­rer la qua­li­té des trai­te­ments. Dans une étu­de publiée en 2015 pour la Sui­s­se, 57 pour cent de tous les méde­cins qui docu­men­tent élec­tro­ni­quement ont indi­qué que la qua­li­té de leur tra­vail s’é­tait amé­lio­rée avec la numé­ri­sa­ti­on du cabi­net (Sima Dja­la­li et al, Undi­rec­ted health IT imple­men­ta­ti­on in ambu­la­to­ry care favors paper-based work­arounds and limits health data exch­an­ge, in Inter­na­tio­nal Jour­nal of Medi­cal Infor­ma­tics, 2015). D’aut­res pays ont obli­gé depuis des années les méde­cins à docu­men­ter numé­ri­quement les trai­te­ments (p. ex. : Suè­de, Cana­da). Une étu­de d’éva­lua­ti­on des avan­ta­ges de l’in­for­ma­ti­on numé­ri­que sur la san­té réa­li­sée au Cana­da mont­re des effets posi­tifs en ter­mes de qua­li­té, d’ac­cès et de pro­duc­ti­vi­té (Gart­ner : Con­nec­ted Health Infor­ma­ti­on in Cana­da : A Bene­fits Eva­lua­ti­on Stu­dy, Report Pre­pared for Cana­da Health Info­way, avril 2018).

L’ob­jec­tif de la moti­on est en accord avec les prio­ri­tés du Con­seil fédé­ral en matiè­re de poli­tique de la san­té, à savoir pro­mou­voir la qua­li­té des pre­sta­ti­ons et des soins en ren­for­çant notam­ment la cybers­an­té (Stra­té­gie San­té 2020 du 23 jan­vier 2013). De la stra­té­gie San­té 2020 découle la stra­té­gie com­mu­ne de la Con­fé­dé­ra­ti­on et des can­tons eHe­alth Sui­s­se 2.0 du 1er mars 2018, qui vise notam­ment à intro­dui­re et à pro­mou­voir acti­ve­ment le dos­sier élec­tro­ni­que du pati­ent. Les can­tons sont donc acti­ve­ment impli­qués dans les travaux en cours dans le domaine de la numé­ri­sa­ti­on du système de santé.

Le devoir de dili­gence des pro­fes­si­on­nels de la san­té selon l’ar­tic­le 40, lett­re a, de la loi fédé­ra­le du 23 juin 2006 sur les pro­fes­si­ons médi­cal­es uni­ver­si­taires (LPMéd ; RS 811.11) com­prend éga­le­ment l’ob­li­ga­ti­on de docu­men­ter et de tenir un histo­ri­que de la mala­die. Elle sert à la pro­tec­tion des pati­ents et est moti­vée par des rai­sons de poli­ce sani­taire. En ver­tu de la répar­ti­ti­on con­sti­tu­ti­on­nel­le des com­pé­ten­ces, les pre­scrip­ti­ons de poli­ce sani­taire relè­vent de la com­pé­tence des can­tons (art. 3 de la Con­sti­tu­ti­on fédé­ra­le du 18 avril 1999 de la Con­fé­dé­ra­ti­on sui­s­se ; RS 101). En con­sé­quence, les can­tons ont déjà régle­men­té la docu­men­ta­ti­on du trai­te­ment à plu­sieurs repri­ses. Il incom­be donc aux can­tons de trans­po­ser dans leur pro­pre droit la numé­ri­sa­ti­on pro­mue par la Stra­té­gie Cybers­an­té Sui­s­se 2.0.

Du point de vue du droit de l’assu­rance-mala­die, ces ori­en­ta­ti­ons peu­vent être pri­ses en comp­te dans le cad­re du pro­jet de révi­si­on de la loi sur l’assu­rance-mala­die. Révi­si­on par­ti­el­le de la loi fédé­ra­le sur l’assu­rance-mala­die con­cer­nant l’ad­mis­si­on des four­nis­seurs de pre­sta­ti­ons (18.047), qui est actu­el­le­ment débat­tue au Par­le­ment. Ain­si, le Con­seil fédé­ral dev­rait à l’a­ve­nir édic­ter des con­di­ti­ons dans le domaine ambu­la­toire, notam­ment en ce qui con­cer­ne la qua­li­té et l’é­co­no­mic­i­té. Un élé­ment pos­si­ble de la gesti­on de la qua­li­té pour­rait être le dos­sier médi­cal informatisé.